Édition du
26 March 2017

«Oultache a grièvement blessé Tounsi et d’autres l’ont achevé»

Maître Belarif et Dilem. Avocats de Chouaib Oultache

«Oultache a grièvement blessé Tounsi et d’autres l’ont achevé»

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El Watan le 24.02.11 | 01h00

Maîtres Hacène Belarif et Youcef Dilem, avocats de Chouaib Oultache, contestent l’accusation d’homicide volontaire avec préméditation.

Votre mandant, Chouaib Oultache, passera incessamment devant le tribunal criminel pour homicide volontaire avec préméditation. Contestez-vous toujours la version contenue dans le dossier judiciaire ?
Dès le début nous avons contesté l’orientation de l’enquête et de l’instruction. Leur vérité n’est pas la nôtre. Nous allons demander la présence d’une liste de témoins, qui vont battre en brèche les expertises de la police judiciaire mais également l’instruction judiciaire. Il s’agit d’experts en balistique, en biologie et de médecins légistes qui vont surprendre tout le monde et lever le voile sur les contrevérités.

 

Remettez-vous en cause la thèse de l’acte isolé ?
Le problème n’est pas là. Oultache reconnaît avoir tiré dans les circonstances qu’il a bien décrites. Il a tiré sur le côté droit du défunt Ali Tounsi, qui tenait un coupe-papier dans sa main droite. Il n’a jamais tiré sur la tête de la victime. Un fait qui peut être facilement démontré. Il  affirme avoir tiré cinq balles, dont une en sommation au plafond, les impacts visibles le prouvent, et quatre balles sur le flanc droit. La victime porte deux impacts de balle dans la tête qui ne proviennent pas de l’arme de Oultache.
Voulez-vous dire que les balles qui ont tué Ali Tounsi ne sont pas celles de Oultache ?
La police judiciaire elle-même a battu en brèche la thèse qu’elle a avancée. Elle ne peut retrouver quatre balles intactes dans le barillet du Smith de Oultache et, en même temps, retrouver deux projectiles dans le bureau et un autre retiré du corps de la victime, sachant que l’arme ne peut contenir que six balles. Ce qui me pousse à dire qu’il y a une lourde suspicion sur l’enquête et l’expertise de la police…

 

Selon vous, quelqu’un d’autre aurait tué Ali Tounsi ?
A la lumière des éléments que nous avons, il est impossible que Oultache ait touché le défunt à la tête. Il l’a grièvement blessé et d’autres l’ont achevé.

 

Qui, à votre avis ?
Je ne sais pas. Néanmoins, je peux affirmer qu’après que Oultache ait été grièvement blessé, inconscient et affaissé sur une chaise, il y a eu de nombreux tirs dans le bureau de Tounsi où 32 impacts de balles de calibres différents ont été relevés et en plusieurs endroits. Pourquoi tous ces tirs ? Ce n’est certainement pas pour maîtriser Oultache, il était déjà blessé, affaissé sur une chaise, en train de perdre son sang, inconscient.
Pensez-vous qu’il puisse y avoir un lien direct ou indirect avec la crise qui a envenimé les relations entre le défunt Ali Tounsi et l’ex-ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni ?
Je représente la défense de l’accusé. Je ne m’appuie que sur les faits qui lui sont reprochés. La relation entre feu Ali Tounsi et Yazid Zerhouni peut éventuellement être mise en relief à travers une enquête sérieuse. Il y a des points d’interrogation énormes qui pèsent sur le dossier. Par exemple, le cas des coffres-forts du bureau de la victime ouverts avec une tronçonneuse, en violation des règles du code de procédure pénale. Il est quand même bizarre que ces coffres, qui devaient contenir des documents et objets confidentiels relevant du secret de la sûreté et dont les clefs devaient logiquement être entre les mains de l’homme de confiance de Ali Tounsi, en l’occurrence son secrétaire particulier, aient été ouverts de la sorte. Cette mise en scène doit cacher des choses, parce que même les brigands n’utilisent pas ces procédés pour ouvrir un coffre.
Récusez-vous la préméditation ?
Tous les éléments que j’ai en ma possession n’ont pas conclu à la préméditation. C’était un concours de circonstances malheureuses. Il y a eu un échange de propos assez durs, le défunt s’est levé avec un coupe-papier à la main et les évènements se sont bousculés de manière dramatique. D’ailleurs, la chambre d’accusation ne retient comme mobile que l’altercation entre les deux protagonistes.

 

Et sur quoi portait-elle ?
Sur l’état d’avancement des projets de réalisation engagés dans le cadre de la modernisation des services qui dépendaient de Oultache. Ces projets, faut-il le préciser, faisaient l’objet de beaucoup de résistances. Des groupes d’intérêt échauffaient les esprits à travers des intimidations, des plaintes, des lettres de dénonciation, la protestation…
Pensez-vous que l’information publiée le jour même de l’assassinat de Tounsi, sur la suspension de Oultache, faisait partie de cette guerre ?
Oultache ne lit pas la presse arabophone, mais Ali Tounsi, avait eu écho de cette information par le biais de ses cadres, qui lui en avaient fait une traduction. Mais cette affaire est absolument incohérente. On a essayé de faire accréditer la thèse d’une collusion d’intérêt entre les deux hommes, mais rien n’est vrai…

 

Pourtant, il y a l’affaire ABM, cette société qui appartient au gendre de Oultache, concernée par une enquête et qui a obtenu des marchés auprès de la Sûreté nationale…
ABM appartient à 99% à Antri Bouzar. Le gendre de Oultache y travaille en tant que directeur général adjoint chargé de l’organisation. En cette qualité, il détient 1,2 pour 1000 des actions. Sa quote-part est vraiment infime pour pouvoir dire qu’elle lui appartient. L’enquête sur cette affaire est toujours en cours et aucun élément susceptible de la lier à l’assassinat de Ali Tounsi n’est encore établi. Il faut préciser que Oultache, son équipe et l’ensemble des représentants des structures de la DGSN font partie de la commission d’évaluation technique des offres qui siège au niveau de sa direction. Ils établissent un tableau comparatif des soumissions et le transmettent à la direction générale de l’administration, qui décide du choix de l’offre en tant que service contractant. L’opération est très simple : il suffit de voir les soumissions et d’enquêter sur les marchés pour constater s’il y a eu ou non des privilégiés.
Telle que l’enquête a été menée, selon vous, il ne faut pas s’attendre à l’éclatement de la vérité ?
Ce n’est pas certain. Avec le manque de fonctionnement de la justice, rien n’indique que la vérité soit connue. L’affaire est symptomatique de l’arbitraire de la police et de l’instance judiciaire. Nous n’avons pas cessé de dénoncer les violations grossières de la procédure aussi bien au niveau de l’enquête préliminaire de la police judiciaire et de l’expertise qu’au niveau de l’instruction judiciaire et de l’examen par la chambre d’accusation.
Celle-ci n’a répondu à aucun de nos moyens de droit soulevés. L’arrêt qu’elle a rendu est un chef-d’œuvre de confusion et d’évacuation de la notion de droit. On pensait que la Cour suprême, pour l’honneur de la justice,  avait le devoir de réformer l’arrêt ne serait-ce que pour sa présentation. Mais hélas, la Cour suprême a maintenu le déni de droit. La précipitation dans le traitement du dossier est vraiment symptomatique de la façon avec laquelle il a été orienté.

Salima Tlemçani

Nombre de lectures : 1475
9 Commentaires sur cet article
  • azzeddine
    24 février 2011 at 15 h 38 min -

    ya lala salima tu traite que les cas de gaut lieu
    Pourquoi ta jamais parle des disparus ou ils sont leurs corps.
    tu ne dira jamais rien et j’en suis plus que sur




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  • Ait Mohand Ouwidir
    24 février 2011 at 16 h 08 min -

    Qui sont ces « ..AUTRES.. » maîtres Belarif et Dilem ? Soyez plus clairs pour les communs des mortels que nous sommes, s’il vous plaît.

    Ou bien sera-ce parce que vous êtes interviewés par la « générale » du DRS, Salima OUBOUCHOU alias Salima Tlemçani ?

    Si ces « autres » sont les tueurs du DRS, ils vous faut juste nous le confirmer !

    CHOSE QUE TOUT LE MONDE EN ALGERIE CONNAIT DEJA…

    Ayez le courage de vos opinions, messieurs les « DEFENSEURS » (!?) vous qui avez prêté serment AU NOM DU PEUPLE ! DE LA REPUBLIQUE ALGERIENNE ! ET DES CHOUHADAS !!!

    Tanmirth.




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  • slimane
    24 février 2011 at 20 h 01 min -

    C’est une affaire entre gangsters, laissons-les régler leur compte. On ne s’occupe même pas de ce qui nous regarde, pourquoi s’encombrer de ces histoires de malfrats ?




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  • Aghiles(El-Kseur)
    24 février 2011 at 22 h 26 min -

    « pourquoi s’encombrer de ces histoires de malfrats »
    Bien dit Slimane !!!




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  • Brahim
    24 février 2011 at 23 h 26 min -

    Vrai que oultache avait blesse Ali tounsi mais il a ete acheve par des elements de la DGSN pour le compte du criminel zerhouni qui dans les minutes qui suivaient avait affirme que oultache pris par une crise de folie avait assassine tounsi!
    Zerhouni l’avait fait pour rendre service et plaire au dictateur et criminel voleur boutesrika qui ne pouvait point mettre a la retraite tounsi soutenu par toufik.
    Criminels de la presidence criminels du DRS degagez vous etes des sionistes degagez




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  • nomade
    25 février 2011 at 11 h 55 min -

    comme tu vis , comme tu meurs .




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  • abon
    25 février 2011 at 14 h 49 min -

    Salam.
    De deux choses l’une. Soit Monsieur Oultache qui reconnait avoir tiré sur le defunt Tounsi est seul criminel dans cet affaire soit il fait parti d’une bande de criminels; rien ne peut l’excuser. Il nous apprend aussi qu’il y a eu tricherie dans la fourniture d’équipements informatique (faire du neuf avec du vieux, classique chez nous) avec l’implication d’une entreprise dans laquelle son gendre a des intérêts. Celà nous rappel aussi une autre histoire de gendre, dans laquelle feu Tounsi serait implqué avec un certain Kouidri….(suivaient le fil). Mais bien sur tout ça ne vaut pas la vie d’un homme, hélas chez nous les hommes sont rares et les cadavres par milliers. Et en matière de scandale, Monsieur Cherif Rahmani dors tranquilles, trop absorbé par son travail tout comme les gouvernants, ils n’ont pas le temps de lire les cansans.




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  • salmi
    25 février 2011 at 19 h 25 min -

    vous oubliez BOUDIAF allah yarahmou, meme ses propres enfants ont abdiqués et abandonnés la recherche de vérité sur les assassins de leur père. Les régimes arabes ont tous été à la même école malheureusement pour nous.

    DB: A ma connaissance, Nacer n’a jamais abdiqué.




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  • papouche
    4 mars 2011 at 11 h 56 min -

    alors y’a des reglement de comptes entre eux la societe est pour rien, elle a un marcher commme n’importe quelle societe c’est un coumenté pour nuir a la societe cest tout , cette societe gene plusieurs personnes , elle est une premiere dans son domaine alors y’a des gens aiment pas que les gens reussissent dan sleurs vie ou est la justice ;;; c’est ingras et vous dites y’a une justice dans ce pays ‘ y’a d’autres qui bouffent de l’argent facile et personne ne les juges alors cette justice elle est applique pour le peuple seuleument , ma mere est comdamner et son traitement se trouve a l’etranger mais personne ne lui donne une prise en charge total at pourtant été enseigante pendant 35 ANS ? OU EST ELLE LA JUSTICE ;;;;; alors les responsables ou ets vous,,,,?????




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