Édition du
29 July 2017

Entre les plans des uns et la liberté de tous

In Radio Kalima. Algérie

Vendredi 25 février 2011

Par Yahia Bounouar
La contestation à travers tout le pays se développe. Partout, dans les villes et villages, les algériens protestent, ferment des routes, occupent des APC, des Dairas, manifestent leurs mécontentement,  les grèves se multiplient dans divers secteur, les chômeurs s’organisent et réclament un travail et de la dignité.
Face à ce climat, qu’il faut bien qualifier de « pré-insurrectionnel » le régime algérien, comme à son habitude, louvoie, promet travail et logement, annonce des milliards de dollars de distribution de la richesse nationale. Ces mesures adoptées dans le désordre et la précipitation, sans réflexion ni stratégie, sont de toute évidence vouées à l’échec. Elles n’ont pas été décidées pour régler des problèmes structurels, non solutionnées depuis 10 ans, mais seulement pour tenter d’apaiser la colère et accréditer l’idée que la revendication n’est que sociale.
Cela n’empêche pas cependant, les états-majors, politiques et militaires, d’ouvrir des pistes qui mèneraient à une transition démocratique. Ainsi, les initiatives, les négociations en coulisses se multiplient également. Incapables d’accepter l’idée de laisser au peuple le choix de prendre en main son destin, les dirigeants algériens ressortent les vieilles recettes. Des scénarios sont élaborés, certains publiques et d’autres secrets. On reparle de Hamrouche, de Mehri même d’aller ressortir Liamine Zeroual de sa paisible retraite.
Comme si de rien n’était, revoilà toujours les mêmes, ceux qui ont mené le pays au bord de l’explosion, qui se mettent aujourd’hui à vouloir lui concocter la démocratie, la leur, bien entendu.
Pourtant la levée de l’état d’urgence devrait signifier la fin des ces pratiques.
Elle signifie également que les services de renseignements n’ont plus à s’ingérer dans la vie politique, syndicale, médiatique et associative, que cela se fasse pour le compte du chef de l’état ou pour leur propre compte. Cette mission est anticonstitutionnelle puisque la constitution reconnaît au citoyen algérien le droit de participer à la vie publique de son pays, en toute liberté, et sans surveillance. Ce retrait des services de renseignements de la vie publique ainsi que l’ouverture réelle des champs politique et surtout médiatique changera presque mécaniquement, en tous cas naturellement, l’offre politique et le personnel politique. Elle permettra aux citoyens d’avoir accès à de nouveaux discours, à de nouvelles têtes. Elle permettra à la jeunesse de s’impliquer, de participer à la construction du pays et de se projeter dans son avenir.
C’est cette liberté qui fera émerger rapidement, du plus profond de la société algérienne, des nouveaux leaders syndicaux, politiques, universitaires, hommes et femmes de culture: une nouvelle génération qui prendra en main le destin de l’Algérie.
C’est cela la démocratie, simplement cela. Elle n’a besoin ni de plan, ni d’homme providentiel,  seulement de liberté.
Alors, gardez donc vos scénarios et vos plans et laissez les algériens vivre librement dans leur propre pays, ils se chargeront du reste.

Yahia Bounouar


Nombre de lectures : 1567
14 Commentaires sur cet article
  • Amar
    27 février 2011 at 19 h 04 min -

    La liberté:le mot est dit.Laissez-nous respirer ,laissez-nous décider de notre destin.Laissez-nous marcher si on veut marcher,ou faire du sur-place pour ne pas reculer.Mais foutez-nous la paix,c’est tout.
    A J+4 de la levée de l’état d’urgence,rien n’a changé:on continue toujours de bastonner ce qui veulent marcher pour avancer un tant soit peu.Par contre on bloque toujours ceux qui veulent circuler librement.J’ai sillonné nos routes et j’ai constaté que les barrages filtrants sont toujours là pour nous filtrer et nous bloquer, murets en bétons et herses métalliques à l’appui, en plus de l’appareil magique détecteur d’explosifs qui n’a jamais rien détecté alors que les explosions sont notre pain quotidien (au sens propre et au sens social).La circulation se fait au pas d’escargot,les trains bloqués à quai pour ne pas transporter des marcheurs et les marcheurs sommés de faire leur mouvement vers l’arrière pour éviter les coups de matraque.
    Mais j’ai constaté un mouvement vers l’avant ces jours-ci:plusieurs khobzistes professionnels,toujours à l’affût ont entendu parler d’un pactole de §50milliards sont entrain de se diriger au pas de course vers les officines de distribution pour déposer leur dossiers d’investisseurs et vers les compagnies d’assurance ,facture-proforma en main pour assurer déjà leur acquis.C’est ce qu’on appelle les marches qui rapportent.




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  • jeune DZ
    27 février 2011 at 19 h 11 min -

    LIBÉREZ LES MÉDIAS
    et toute ira bien




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  • Amad Malik
    27 février 2011 at 19 h 50 min -

    ENTRE PLANS PERVERS DU POUVOIR ET LIBERTE.
    Tres juste Mr. Bounouar. Le pouvoir criminel algerien a vouloir trop en faire en reprimant violemment des manifestations et des etudiants pacifiques, en concoctant « des cocktails explosifs » dans ses laboratoires durant les longues soirees d´El Mouradia court le risque evident de les voir exploser sur leurs gueules comme cela a ete le cas de leur « ami et complice » Muammar Kaddhafi qui a voulu « devancer » l´opposition Lybienne. On connait les resultats maintenant.
    On peut d´ores et deja dire que le pouvoir algerien pervers, incompetent, corrompu, criminel EST SUR LA BONNE VOIE DE SON CRUEL DESTIN. C´est une question de jours.
    La Tunisie qui est « un petit pays » avec ses 5 millions d´habitants vient d´entrer dans l´histoire grace a SON GRAND PEUPLE revolutionnaire en donnant une lecon au monde entier, mais surtout en ouvrant la voie aux autres peuples Arabes spolies et opprimes par leurs dirigeant corrompus et criminels.
    depuis deux mois, le grand peuple Tunisien poursuit sa contestation en mobilisant plus de cent milles manifestants a Tunis pour demander le depart inconditionnel du « cancer Ghannouchi ». Et il vient de reussir aujourd´hui a le « faire tomber », lui et ses valets.
    Quelle lecon de perseverance et de courage.
    En Algerie la contestation est partout, la grogne est palpable, mais c´est le statu-quo… Le pouvoir criminel algerien en mobilisant plus de 40.000 policiers, miliciens vient d´innover en recrutant des voyous toxicomanes, des filles de rues sans scrupules pour diviser, reprimer et contrer les manifestants pacifiques.
    Cela nous rappelle les methodes initiees par « LEUR AMI ET COMPLICE » Muammar Kaddhafi usant de milliers de mercenaires pour massacrer ses opposants.
    Qu´a cela ne tienne, 50.000, 100.000 policiers, miliciens , voyous ou pas, NOUS LES ETUDIANTS, INTELLECTUELS, CHOMMEURS, ISSUS DE L´IMMENSE JEUNESSE DES 35 MILLIONS « DU PETIT PEUPLE » ALGERIEN N´ACCEPTERONS JAMAIS D´ETRE « DRIVER » PAR LA MINORITE, UNE POIGNEE DE CHAROGNARDS DU FLN, RND ET LEURS VALETS.
    Comme a dit le GRAND PEUPLE EGYPTIEN, la SOLUTION C´EST LA TUNISIE…
    La jeunesse algerienne est immense ET C´EST LE PEUPLE QUI DECIDE DE SON AVENIR, pas les « cadavres » que le pouvoir pervers veut deterrer pour diriger a nouveau notre pays. Nous ne sommes pas « des morts vivants », mais des hommes epris de liberte qu´on ne peut manipuler a sa guise par des incompetents pervers.
    NOUS SAVONS TOUT ET NOUS AVONS TOUS COMPRIS!
    RIEN NE PEUT ARRETER LA JEUNESSE, LE PEUPLE ALGERIEN POUR RETROUVER SA LIBERTE, SA DIGNITE.
    La solution c´est la Tunisie…Soyons de plus en plus nombreux car c´est le moment ou jamais!
    VIVE LA JEUNESSE ALGERIENNE, VIVE LA LIBERTE, VIVE LA DEMOCRATIE…NIDHAL!NIDHAL! HATA YASKOUT NIDHAM!
    MALIK




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  • Rachid
    27 février 2011 at 20 h 19 min -

    @jeune DZ,
    En Algerie, la police politique (DRS)a pense a tout ce qui touche de pres ou de loin a la vie democratique des citoyens. Ils (DRS) ont la main mise sur tout qui peut unifier le peuple y compris des partis politique, pseudo democrates, syndicalists, organisations de droit de l’homme, Imams, terroristes tous concu au labo et surtout des journaux de l’intox pour semer la confusion et le doute entre les enfants du pays. Ces acteurs ont justifier l’arret du processus democratique de Janvier 92 et ont applaudi l’extermination de plus de 200,000 Algeriens innocents et la disparution de plusieur de dizaine de milliers d’autre. Le constat est que tout le monde se mefie de l’autre (Arabes vs Kabyles, Islamist vs democrates, etc…). Le mal reside la!

    Rachid




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  • kamel
    27 février 2011 at 20 h 50 min -

    épargnez nous sil vous plait ces visages d’en haut, ils sont tous des pions du système, et du régime




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  • Alilou
    27 février 2011 at 21 h 39 min -

    Normale qu’ils pensent et decident a notre place, nous sommes a leurs yeux des etre sans tete juste un ventre a remplir et des intestins a assouvire….

    Quelque part ils n’ont pas vraiment tort…




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  • amel
    27 février 2011 at 23 h 23 min -

    Il n’est pas interdit de rêver monsieur Bounouar
    une Algérie démocratique ? quand nous serons plus de ce monde , ces bigorneaux visqueux ne s’en iront en enfer qu’après nous avoir tous éliminés




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  • tete noire
    28 février 2011 at 0 h 37 min -

    des manifestations pacifiques qui commencent hors d’Alger qui rejoignent Alger ensuite cela prendra 2 à 3 semaines mais nous arriverons.Dégagez on a marre de vous vous etes des hs.C’est l’heurs, les jeunes les harragas doivent prendre leurs destins en mains




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  • Djahida
    28 février 2011 at 15 h 41 min -

    La démocratie interviendra sûrement en Algérie.C’est une question de temps et de prix à payer.Pour les Algériens sincères qui veulent accélérer sa survenue, ils se doivent d’intégrer certaines données importantes.Si on accuse le pouvoir seul,on risque de faire un mauvais diagnostic et par conséquent une mauvaise approche de solution du problème car le vrai pouvoir est non transparent, dilué et marécageux.
    Remontant un peu l’Histoire.A part l’épisode Massinissa , lui même militaire sous les ordres de Carthage ensuite de Rome et principal artisan de la défaite dramatique d’Hannibal grâce à la puissante cavalerie berbère , l’Histoire de l’Algérie a été une succession de périodes de tyrannie où le peuple a fait l’objet de « Hogra » et a toujours répondu par la révolte(remarquer que le mot hogra n’est utilisé que chez nous)
    Carthaginois, romains, vandales,byzantins , arabes , turcs , français se sont succédés.A part les arabes , qui avaient une culture proche de celles des berbères et qui se sont fondus dans la population comme le disait si bien l’historien M.Mahfoud KEDDACHE , les autres conquérants ont manifesté un mépris total et permanent pour les autochtones et n’ont jamais initié une quelconque politique d’intégration des peuples berbères se limitant à l’utilisation , selon l’urgence , de supplétifs dont quelques uns devinrent célèbres.
    Après près d’un demi-siècle de pouvoir FLN (il n’y a jamais eu de vrai multipartisme en Algérie ni de partage du pouvoir depuis 1962)comment peut on expliquer qu’ aux 4 coins du pays , toutes les catégories sociales, du haut responsable au vendeur à la sauvette ont dit à une occasion ou une autre qu’ils ont subi la « Hogra » wa tahmich (exclusion).Il y , au bas mot , plus de 99% d’insatisfaits du système de gouvernance en Algérie.L’opportunisme et la réaction violente et multiforme à tout avis différent du système a établi un faux semblant de paix sociale, au demeurant très précaire.
    Il est évident qu’il y a chez nous un système à 2 collèges ATYPE , PERVERS et REDUCTEUR.Si les européens et les turcs méprisaient les indigènes parce qu’ils étaient convaincus de leur puissance militaire et de leur avancée civilisationnelle présumées et disposaient , quoique réduite,d’une noblesse de rang et une noblesse militaire qui justifiaient leur arrogance,on ne peut l’admettre d’une oligarchie issue , souvent accidentellement d’une révolution paysanne dont la majorité des authentiques héros, qui ont eu leurs lettres de noblesse au feu, ont disparu avant l’indépendance.
    Comme disait un éminent scientifique , plus on est fort dans son domaine , plus on devient modeste et respectueux envers ses étudiants même les plus faibles.
    Donc c’est la première fois dans l’Histoire de l’Algérie que les Haggarine sont issus du peuple ORDINAIRE.Ce qui explique la complexité du problème , le ressentiment, les harragas , les immolations( le harrag dit: »comment quelqu’un qui n’a ni valeur professionnelle ni valeur morale plus que les miennes me dépasse et me ravit quelque chose qui m’était naturellement destinée( femme, emploi, lieu etc..) M.CHADLI lui même , le plus puissant des présidents(en matière de prérogatives), a dit un jour »le problème,chez nous, c’est le système ») , Donc le problème n’est pas résumé à un tyran et un peuple opprimé , il s’agit d’un système Haggarine_Mahgourine tous les 2 issus du même peuple et c’est le système inique qui désigne et PERPETUE le camp des haggarine sur des critères souvent amoraux.Ceci aboutit obligatoirement à ce que tout combat pour la liberté et la citoyenneté passe par une guerre civile comme l »évoquait M.MEDELCI à propos d’octobre 88.A moins que les quelques patriotes sincères du système mettent fin à cette honte du système des 2 collèges et du clan toxique en envoyant au musée toute la toile d’araignée du parti unique et ses prolongements DANS TOUTES LES INSTITUTIONS.
    LE PEUPLE ALGERIEN DOIT DEVENIR AU PLUS VITE UN PAYS DE CITOYENS EGAUX EN DROIT ET EN DEVOIRS ET ROMPRE AVEC LA MENTALITE DU COUPLE PRIMITIF ET INHUMAIN BERGER-TROUPEAU ( wahidoun ka alfinn wa alfinn ka ouffinn)QUI A EMPECHE TOUT AVANCEE REELLE DE L ALGERIE ,CELA DANS ABSOLUMENT TOUS LES DOMAINES.Tout retard augmente le péril pour la NATION algérienne naissante.




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  • houda
    1 mars 2011 at 12 h 13 min -

    j’ai bien apprécié l’intervention de Djahida. Tout est résumé dans un seul mot qui n’existe nulle part ailleurs au monde : LA HOGRA. Elle est érigée en système, c’est à dire qu’il suffit pas d’écarter X ou Y pour que tout change, il ya un travail énorme et de longue haleine à réaliser aussi bien dans les institutions que chez le peuple, un travail d’Hercule quoi. Alors comment faire pour changer ce système basé sur la hogra ? Une révolution ? Regardez ce qui se passe en Tunisie et en Egypte la révolution n’est pas encore finie, ce n’est pas facile de venir à bout d’un tel système, il faut d’abord une révolution des mentalités. Je vois que pour nous le chemin de la justice et de la dignité est trop long et pas du tout aisé.




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  • djamel
    2 mars 2011 at 17 h 22 min -
  • algerie libre
    3 mars 2011 at 2 h 22 min -

    On ne peut pas faire du neuf avec du vieux pourri.




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  • algerie libre
    3 mars 2011 at 2 h 25 min -

    Priorité des priorités: unissons-nous d’abord peut importe la région, la couleur et la tendance; l’essentiel d’être algérien car le régime continue toujours à nous diviser.




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  • madjid
    3 mars 2011 at 12 h 53 min -
  • Congrès du Changement Démocratique