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25 July 2017

L’appel du FFS au Maghreb des peuples

Meeting populaire hier à Alger

L’appel du FFS au Maghreb des peuples

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El Watan le 05.03.11 | 01h00 

 

 

Un parfum d’union pour un Maghreb des peuples et de liberté a jeté ses effluves sur une salle Atlas renouant après de longues années de tintamarre, avec l’activité politique.

Le meeting populaire auquel le Front des forces socialistes (FFS) a appelé hier a résonné comme la renaissance d’une lutte politique longtemps étouffée, confinée, réduite à sa plus simple expression du fait de lois liberticides. Une lutte qui reprend son terrain de prédilection qu’est le contact avec le peuple. Le meeting était prévu à 14h30, mais la salle Atlas accueillait déjà ses invités militants bien plus tôt. A 13h, la salle est pratiquement pleine.Des militants attendent dehors dans l’espoir de pouvoir rentrer. A l’intérieur, il est difficile de se frayer un chemin. La salle Atlas, avec ses 3000 places, semble bien exiguë pour pouvoir contenir toute l’assistance. Le service d’ordre a bien du mal à ouvrir un chemin pour céder le passage aux invités du FFS. Avant même leur arrivée, la salle est chauffée par des slogans scandés et criés en chœur par une foule avide d’espace d’expression. Comme sortant d’un étouffoir, ces milliers de voix, refusant de se suffire de petits décibels, se lancent dans la quête d’une force militante capable de briser le mur du silence et casser la barrière dressée par le pouvoir pour empêcher d’entendre la voix du peuple. Le public montre sa soif de crier sa colère, lui qui a longtemps été privé de parole et de rassemblements.

«On en a marre de ce pouvoir», «Le peuple veut la chute du système», «Pouvoir assassin», «Le FFS yella, yella» ou «Le FFS est là et restera», «Si L’hocine mazelna Mou3aridhine… Si L’Hocine on est toujours des opposants», «Commission d’enquête internationale», «Bouteflika, Ouyahia houkouma irhabia», «Pouvoir régional, FFS national», sont les slogans d’hier, mais qui résonnent toujours avec autant d’énergie. Accusée d’être un symbole à la solde du pouvoir, l’équipe de la Télévision nationale est chassée par l’assistance. Les familles de disparus s’installent au-devant de la salle en brandissant des photos de fils et de filles dont le sort reste toujours un mystère. 14h30, le meeting débute. Le ton maghrébin est donné par le FFS à ce premier rassemblement populaire à Alger depuis 2002.

Les trois drapeaux, d’Algérie, du Maroc et de la Tunisie, ornent la scène et, pour cause, des représentants de partis politiques maghrébins sont les invités d’honneur du plus vieux parti de l’opposition. On peut d’ailleurs lire sur les banderoles affichées ce cachet maghrébin que revêt ce meeting. Après avoir écouté avec le respect religieux qui leur ait dû, les hymnes des trois pays et observé une minute de silence à la mémoire de toutes les victimes pour la démocratie, algérienne, tunisienne, marocaine et libyenne, les invités du FFS ont tour à tour pris la parole pour dire l’urgence de la lutte pour un changement pacifique et solidaire. Khalil Ezzaoui, représentant du parti tunisien Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDLT), Hamid Djemahiri de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) du Maroc, Mustapha Labraïmi du Parti du progrès et du socialisme du Maroc, et Ahmed Bouazzi du Parti démocrate progressiste (PDP) tunisien, ont plaidé pour une Union d’un Maghreb des peuples démocratique et libre.

Le printemps démocratique, qui souffle sur les pays arabes et ceux du Maghreb, a semé les graines d’une union des peuples maghrébins épris de justice et de liberté. «Aujourd’hui, c’est l’ensemble des pays de la rive sud de la Méditerranée qui se mettent en mouvement pour changer leur présent et pour assurer leur avenir. Les événements qui se déroulent en Tunisie, en Libye, en Egypte, au Bahreïn, au Yémen et ailleurs montrent que les peuples veulent et peuvent vaincre», tonne de prime abord Karim Tabbou, premier secrétaire du FFS. Il affirme que «les choses bougent autour de nous, malgré les apparences les choses bougent même chez nous».
Le même responsable de ce parti estime que face aux bonnes volontés et à l’incertitude de certains, le FFS considère qu’il faut que les Algériens réapprennent à se parler.

«On balance entre l’idée que nous allons bouger simplement parce que le monde bouge et l’impression que le changement ne nécessite pas forcément notre implication à tous. Il y a ceux qui croient qu’il suffit d’une chiquenaude pour faire tomber les murs de la citadelle et cueillir le pouvoir, ses milliards, ses milices, son armée et ses services de sécurité. D’autres encore sont convaincus qu’à elles seules, les nouvelles technologies tracent la voie royale vers le changement. Et enfin ceux qui pensent qu’il est impossible aux Algériens de se remettre des traumatismes.» M. Tabbou souligne en guise de voie choisie par son parti : «Pour nous, nous considérons comme prioritaire la reconstruction du lien entre les Algériens. Ce qui a été détruit pendant les deux dernières décennies en Algérie c’est ce lien dans la vraie vie de tous les jours. Même les liens virtuels qui existent dans d’autres sociétés se tissent dans des sociétés elles-mêmes vivantes, structurées et bien réelles.»

Le PS du FFS estime par ailleurs que les Algériens ne doivent pas rester en dehors des bouleversements en cours dans le monde : «Nous devons peser de toutes nos forces, en tant que société, pour que le processus historique en cours soit une occasion pour le peuple algérien de renaître à la liberté, à la démocratie et au progrès.» Et de tonner : «Chers amis, il ne suffit pas de capter le changement sur les chaînes satellitaires, il faut le construire.» A la question comment construire le changement, M. Tabbou répond : «D’abord sortir de l’exclusion et de l’émeute. Pour que le pays sorte des impasses de l’exclusion avec son lot de violences, d’incompétence, de prédation et de décomposition sociale et politique, il faut  la levée de tous les obstacles à la libre organisation et la libre expression, la levée du dispositif répressif des libertés publiques, associatives, syndicales.»

L’orateur indique que l’insurrection que veut le FFS est «celle de l’intelligence, celle des consciences et des volontés. Le FFS sait que les forces du changement existent, elles sont là où sont les Algériens. Elles ont besoin de liberté pour s’exprimer, se rencontrer et s’organiser. Et c’est dans l’exercice citoyen effectif que s’opèreront les décantations». Avant l’intervention du premier secrétaire du parti, la parole a été donnée à d’autres invités du FFS. Ainsi le président de la Laddh, Mostefa Bouchachi, Hamache Samia, responsable d’une association pour la protection des enfants, Meziane Karim et Karim Aymoul, étudiants, Fatma Boucharef, mère de disparu, et un ancien du FFS de 1963, ont tous pris la parole, exprimant chacun dans son domaine son combat quotidien pour une Algérie libre et démocratique. Tous ont eu droit à un tonnerre d’applaudissements.


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9 Commentaires sur cet article
  • abdel
    5 mars 2011 at 15 h 28 min -

    Salam aleykoum,

    Les différents partis dits « socialistes » ne sont pas déjà hors-jeu et discrédités par leur (non)action pour tous les problèmes qui concernent les populations du maghreb ?

    Ce nouveau pseudo-nationalisme maghrébin ne cache pas un agenda caché, une sorte de sortie de crise prévu au cas où ?

    En tant qu’observateur neutre (je ne suis pas né et ne vis pas au Maghreb, bien qu’étant d’origine marocaine), je me pose la question de l’intérêt pour les peuples de changer la face publique d’une aristocratie qui continue à profiter des larges richesses naturelles et humaines de ces pays…




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  • Ameziane
    5 mars 2011 at 15 h 35 min -

    Une initiative de grande envergure, de la politique en “grand”. Il nous faut désormais associer le leitmotiv de l’unité maghrébine au combat démocratique. Car, quelque soit l’issue à l’échelle d’un pays quelconque,devant les grans ensembles et les grandes puissances impériales et néo-coloniales, nous sommes démunis.

    La construction d’un grand ensemble est plus que jamais une exigence historique !




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  • hakim
    5 mars 2011 at 18 h 19 min -

    Il faut retisser toute l’adhésion sociale et populaire.
    C’est un long travail.
    Rien n’empêche de préparer psychologiquement le peuple algérien a faire sa propre révolution. L’union maghrébine est une option intéressante, mais il faut d’abord unir le peuple algérien devenu régionaliste et végétatif.




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  • Rif-ino
    5 mars 2011 at 20 h 47 min -

    C’est une très bonne initiative à laquelle j’adhère complètement et avec enthousiasme.




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  • rachid 2
    5 mars 2011 at 21 h 23 min -

    Ces regimes mafieux cultivent et maintiennent la haine entre les peuples maghrebins pour mieux regner … il faut qu’on les fassent tomber et effacer les frontieres …




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  • fadel
    6 mars 2011 at 0 h 32 min -

    Sachant qu’on est a l heure des images,il est pas normal qu’on ne voit aucune video sur ce meeting.c’est dommage de le dire mais j ai constaté qu’il ya un déficit de communication au sein de ce parti surtout au niveau de l’image.en est en 2011.




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  • djamel
    6 mars 2011 at 1 h 30 min -

    BONJOUR A TOUS,

    C’EST UN BON DEMARRAGE DU FFS,AU LIEU DE RENTRER
    DIRECTEMENT DANS A LA POLITIQUE INTRENE DU PAYS,ILS ONT
    PREFAIRER INCLURE DANS LEUR AGENDA LES AUTRES PAYS DU
    MAGHREB C’EST UNE BONNE INITIATIVE MAIS IL RESTE
    BEAUCOUP DE TRAVAILLE A FAIRE POUR L’UNION DE CES PEUPLES,ET LA MEILLEUR FACONS C’EST D’INFORMER LES
    PEUPLES DE VOTRE AGENDA FAIRE DES MEETING DANS
    TOUT LE TERITOIRE DU MAGHREB,VOTRE MESSAGE DOIT
    ETRE CLAIRE,HONNET,ET PRECIS,LE PEUPLE ON A MARRE
    DU (BLA,BLA,BLA)IL FAUT PASSER A L’ACTION MAITENENT
    FAITE DES DISCOURTS COURT MAIS PRICISE,JE N’AIME PAS
    M’ASSOIRE DANS UNE SALLE A ENTENDRE A UN DISCOURT
    PENDANT DEUX HEURS QUI NA NI SENS NI FIGURE,SE TEMPS
    EST PASSER AVEC LA VIEILLE GENERATION,IL FAUT SUIVRE
    LE MOUVEMENT DES JEUNES,ILS ONT UN AUTRE RYTHME
    MAITENENT,IL FAUT PASSER A LA VITESSE SUPERIEURE.
    C’EST A DIRE QU’IL FAUT CHENGER DE MENTALITE POUR
    QUE CES JEUNES ARRIVE A VOUS COMPRENDRE ET VOUS SUIVENT
    C’ETAIT UN MESSAGE AUX DIRIGENTS DU FFS.
    SALUTATIONS




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  • mamlam
    6 mars 2011 at 18 h 05 min -

    bonjour à tous.

    La samba sanglante est à nos portes. L’idée d’une guerre s’est déjà infiltrée, en diffusion insidieuse, dans la cervelle des gens et dans les rues. L’atmosphère est pesante et électrique comme avant une tempête. Du côté de la presse écrite du pouvoir et de l’ENTV, nous parviennent des clameurs inquiétantes venues des abysses, tel que « les algérois ont empêché les kabyles de marcher » ou encore « la police anti émeutes aidées par oueled el houmma pour préserver les biens et les personnes des hordes des incivilisés» etc… L’objectif est clair : monter les gens les uns contre les autres, le fameux deviser pour régner.
    Ces fouteurs de guerre veulent que la Paix se retire de notre pays. Ils veulent que le peuple, lui, se résigne. Et qu’il soit Amorphe… Et qu’il s’entre tue. Ils pressent l’épouvante. Ils veulent une guerre civile, comme un feu de paille, qui se propagera sur l’Algérie.
    Ecoutez les discours de ces journaliste infâmes, soulevez le voile mensonger qui les recouvre, ils font frémir. Plus que tous les autres, ce sont eux qui veulent et poussent à la guerre au nom d’une Paix mortelle (pour sauver les égorgeurs d’enfants et les pilleurs des richesses du pays) et tous les prétextes sont bons pour que s’entr’égorge le peuple afin, qu’une fois les viandes saignées, les seigneurs de l’Enfer, rassasiés, puissent, enfin, se reposer et préparer la suivante hécatombe.
    Les foules furieuses trop longtemps méprisées, volées et réprimées brutalement, se déchaîneront. Alger sera prise comme dans un étau. Elle sera libérer. A l’Est, la colère des peuples bafoués depuis des lustres est désormais contagieuse. L’Algérie, en déliquescence, coincée, piégée, prête pour l’abattoir, sera bientôt, prise par cette colère fièvreuse. Au bord de l’abîme, nous sommes. Certains sont à côté de la plaque. Parlotes et emberlificotage de méninges pour quedal. Pas besoin d’être grand clerc. L’inévitable est une évidence. La révolution est en marche.
    tahya el djazair!




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  • Sami
    9 mars 2011 at 5 h 26 min -

    LE SEUL QUI A ECHAPPE AU MASSACRE !!!!!
    Felicitation a nos freres du FFS !!




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  • Congrès du Changement Démocratique