Édition du
21 July 2017

partez avant qu’il ne soit trop tard!

Adel H.

Le pouvoir algérien a connu plusieurs phases :

1- Le round d’observation qui a vu le groupe de Tlemcen constitué autour de Ben-Bella et Boumédiène prendre l’avantage sur ses rivaux (Ben Khedda, Boudiaf, Aït-Ahmed, Krim, entre autres). Après quelques mois, certains membres de ce groupe sont passés dans l’opposition (exemple: Ferhat Abbas, Khider). L’incertitude quant à l’issue définitive de l’affrontement entre groupe au pouvoir et groupes de l’opposition dura jusqu’au 19 juin 65.

2- Le coup d’État de Houari Boumédiène inaugura le règne de l’ANP, qui dure à ce jour. Le Conseil de la Révolution avec Boumédiène à sa tête (détenant le commandement civil et militaire) devint le maître du pays, le FLN et ses organisations de masse servant de caisse de résonance, appareil de propagande et amortisseur. La SM eut pleins pouvoir pour liquider toute forme d’opposition. Cette situation dura jusqu’à la mort de Boumédiène, en décembre 78.

3- La période Chadli : l’homme fort disparu, les colonels finirent par trouver un arrangement entre eux, sacrifiant quelques gêneurs (boutef et Yahiaoui, entre autres) afin de maintenir le système. Chadli et sa femme découvrirent les fastes de la cour et constituèrent leur clan. Kasdi Merbah, le tout-puissant chef de la SM attendit son heure (qui ne vint jamais). Une redistribution s’opéra progressivement et la cabinet noir prit forme (belkheir, nezzar et leurs acolytes). La classe de nouveaux riches apparut au grand jour et la crise économique frappa en 85. De gros nuages noirs commencèrent à s’amonceler dans le ciel d’Algérie. Chadli et son clan engagèrent l’épreuve de force afin de se débarrasser du FLN et du socialisme boumédiénien (ou ce qu’il en restait). Tout cela déboucha sur octobre 88, l’ouverture démocratique de 89-91 et la fulgurante percée du FIS.

4- Le règne des DAF et du DRS, qui débuta avec le putsch de janvier 92 et qui se poursuit à ce jour. Cette étape connut plusieurs épisodes (Boudiaf, HCE, Zéroual et finalement boutef). La caractéristique principale de ce pouvoir post 92 est la gestion du pays dans la clandestinité, comme l’a bien expliqué Lahouari Addi. Derrière une façade civile et pseudo-démocratique, se cachent les vrais décideurs qui se réunissent dans la clandestinité et décident des grandes orientations politiques. Derrière eux se trouve un puissant réseau mafieux d’hommes de main et d’hommes d’affaires. Leurs hommes se trouvent partout, dans l’administration, les entreprises, les partis, les médias. Le DRS est le maître d’œuvre de ce pouvoir occulte. Les généraux putschistes, n’ayant aucune légitimité, avaient besoin dès le début d’une couverture : ce fut Boudiaf, puis Kafi, Zéroual et enfin boutef. Seul Ali Kafi fut docile et ne leur posa aucun problème. Boudiaf, ayant éventé leur complot, fut liquidé. boutef pressenti une première fois en 94, prit peur et se débina; ce fut Zéroual qui prit la place qu’on lui destinait. Ce dernier tenta de voler de ses propres ailes et de constituer son propre groupe. Le cabinet noir utilisa alors la grosse artillerie contre lui et le poussa à la démission (campagne contre Betchine, massacres de Bentalha, Raïs, Sidi Youcef). boutef accepta enfin le deal en 99. Rusé et habitué aux coups tordus, il obligea le cabinet noir à lui faire de nombreuses concessions et à lui permettre de constituer son clan et d’arroser abondamment sa smala avec l’argent de la rente.

La relative stabilisation du pouvoir depuis 99 est le résultat du deal passé entre les deux principaux clans, celui du cabinet noir et celui de boutef. Les promotions aux postes supérieurs civils et militaires se fait sur la base de ce deal et du maintien de l’équilibre. Cela ne se fit pas toujours sans heurts (différentes affaires et scandales, Tounsi, Zerhouni, etc.)

Aujourd’hui que le vent du changement venant de l’Est risque de devenir une tempête et d’emporter tout ce beau monde, il faudra bien procéder à quelques réaménagements et sacrifier quelques brebis devenues trop galeuses et compromettantes. Qui sera le bouc émissaire? Qui passera à la trappe? Qui se fera oublier? Chacun des deux clans envoie des signaux codés à la société et aux puissances étrangères, faisant jouer ses relais et présentant l’autre clan comme la dent pourrie à extraire afin de préserver le pays du chaos qui risque de l’emporter, si jamais la tempête se déchaine.

La grande inconnue reste le peuple et le peu qui reste encore sain parmi les élites civiles et militaires. Jusqu’à présent, enfermés dans leur arrogance, les chefs des deux clans et leurs sous-fifres ont balayé d’un revers de la main tout risque venant de ce côté. « L’Algérie n’est ni la Tunisie, ni l’Égypte. », ne cessent-ils de répéter à qui veut bien les entendre.

Aujourd’hui le peuple algérien et les élites sincères doivent faire échec à toutes ces manigances et refuser le deal qu’on lui propose. Finie la gestion clandestine du pays. Ce que le peuple algérien mérite depuis 62, c’est l’État de droit, la gestion transparente des affaires de l’État, l’indépendance de la Justice, la liberté de choisir ses représentants qui décideront de la politique à appliquer, qu’elle soit socialiste ou libérale. Le peuple en a assez des généraux, du DRS, de boutef et de leurs clans. Il leur demande de partir où bon leur semble, mais de disparaître de son univers. Non, après eux, ce ne sera pas le chaos. Il y a dans notre pays suffisamment d’hommes et de femmes de toutes sensibilités politiques, compétents, dévoués et sincères, pour prendre le relais. Dès demain, un gouvernement de transition pourra être constitué et le pays sera géré de la meilleure manière qui soit, en attendant la convocation d’une Assemblée Constituante et l’organisation d’élections pluralistes à tous les niveaux auxquelles participeront toutes les sensibilités politiques sans exclusion (des communistes aux islamistes).

Vous, les requins qui avez martyrisé notre pays, humilié notre peuple et pillé nos richesses pendant des décennies, nous vous demandons de partir et de nous laisser nous débrouiller sans vous. Vous avez fait assez de mal.

Si vous ne comprenez pas ce langage, alors la tempête vous emportera à coup sûr; ce n’est qu’une question de mois, de semaines peut-être. La gestion du pays par la police politique, dans la clandestinité, ne sera plus acceptée. Aujourd’hui, nous savons, grâce à nos frères et sœurs de Tunisie, d’Égypte et de Libye que vous n’êtes pas invincibles et que par notre union et notre persévérance, nous pourrons vous mettre tous dehors en quelques semaines. Les Algériennes et Algériens qui vous ont subi en silence jusqu’à aujourd’hui ont maintenant la possibilité d’observer en direct les révolutions qui se font chez leurs voisins et de tirer les conclusions qui s’imposent. Dans leur esprit, les choses deviennent de plus en plus claires et la voie à suivre est bien tracée. Ce n’est plus qu’une question de temps.

Alors, partez avant qu’il ne soit trop tard.


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20 Commentaires sur cet article
  • Amad Malik
    5 mars 2011 at 23 h 49 min -

    « PARTEZ AVANT QU´IL NE SOIT TROP TARD »
    Vous etes tres genereux Adel d´avertir ces CHAROGNARDS du pouvoir criminel algerien. Ils ne partirons q´avec des coups de botte au derrière, car ils n´abandonneront pas aussi facilement « leurs acquis » et leurs palais. Y´a qu´a voir les exemples de Ben Ali, Mubarak, Ghaddhafi, Ali Abdellah Saleh qui s´acrochent comme « des cancers » au fauteuil du fatal pouvoir qui les perdra tous.
    Le sage Cheikh El Ghardaoui avait prononce un discours sur les crimes commis contre leurs peuples par Mubarak et surtout contre le criminel Muammar Ghaddafi, et les autres, en les avertissant: »Partez avant qu´il ne soit trops tard ».
    Mais a cette heure-ci on dirait que tous n´ont pas compris ce severe et serieux avertissement.
    Ils ne savent pas qu´ils risquent de finir au bout d´une corde, cribles de balles ou la prison a vie et leurs familles disperses dans le grand desert de l´oubli et de la folie.
    LE CHATIMENT DE DIEU est au bout du chemin et la « tempete de l´Est » souffle tres fort…
    La jeunesse algerienne bouillonne, le pouvoir pervers complote et manipule en vain car la panique est dans leur camp.
    Rien ne peut arreter un peuple furieux, en colere… C´est une question de jours et a ce moment la, IL SERA VRAIMENT TROPS TARD POUR EUX.
    Vive la jeunesse algerienne, vive la liberte, vive la democratie.
    Malik




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  • djamel
    6 mars 2011 at 0 h 47 min -

    BONJOUS A TOUS,

    BIEN DIT ET BEIN EXPLIQUER MONSIEUR ADEL.
    TOUT LES ALGERIENS SONT AU COURANT DE CES DEUX CLANS
    ( C’EST COMME PAR EXEMPLE DEUX CHEFS DE TRIBUS INDIENNES QUI SE BATTENT POUR UN PUIT D’EAU,UN JOUR
    LES DEUX PEUPLES AURONS MARRE DE CETTE GUERRE EST ILS TU LES DEUX CHEFS, ET CETTE EAU SERA DIVISER ENTRE EUX
    ET DEPUIS SE JOUR IL N’Y A PAS EU DE GUERRE LA PAIX TOTAL ENTRE CES DEUX TRIBUS)
    MONSIEUR,ADEL J’AI VOULUS JUST AJOUTER QUELQUE INFORMATION A VOTRE ARTICLE,VOUS NE TROUVER PAS BIZAR
    QUE CES DICTATEURS ARABES PARLENT LE MEME LANGAGE LES
    PRESIDENTS DU(YAMEN-EGYPTE-BEN ALI-GUEDHAFI-ET MEME
    BOUTEF ET CES GENERAUX)DISENT A LEURS MAITRE LES
    AMIRICAINS QUE NOUS ETIONS VOS ALLIERS POUR COMBATTRE
    LE TERRORISME,POUQUOI VOUS NOUS LAISSEZ TOMBER MAITENENT,ENFIN DE COMPTE OBAMA LEURS DIT DEGAGE.
    CES DICTATEURS ETAIT ENTRAIN DE COMBATTRE,LEUR POPULATION AVEC LA TORTURE,L’EMPRISONEMENT,LA DISPARITION,IL Y EU DES CAS OU LES AMIRICAINS ENVOYIER
    DES SOIS DISONS TERRORISTES AUX PAYS ARABE POUR ETRE
    TORTURER.
    CES DICTATEURS NE POURONS JAMAIS COMBATRE L’ISLAM,
    L’ISLAM EST BEIN PROTEGER PAR UNE FORCE DEVINE.
    JE DIT BEIN L’ISLAM COMME UNE RELIGION PURE,PAS LES
    CHARLATANS ILLITRES QUI NE SAVENT MEME PAS FAIRE LA
    DIFFERENCE ENTRE UNE MOSQUE ET UNE EGLISE.
    OK A BEINTOT L’HEURE DE LA VERITE A SONNER.




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  • Bladi
    6 mars 2011 at 6 h 41 min -
  • Sami
    6 mars 2011 at 9 h 42 min -

    PARTEZ AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD !! Ou vous serez pendus dans les places publiques !!




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  • rak
    6 mars 2011 at 10 h 36 min -

    salam, azul, bjr les ami(e)s

    Oui les choses bougent, elles prendront le temps qu’il faudra mais le resultat est indiscutable: c’est le debut de la fin pour le regime usurpateur, sanguinaire,corrompu et corrupteur qui a spolié la lutte de nos glorieux martyrs tombés pour une Algerie libre , democratique et sociale.
    Au gré de mes lectures sur les sites d’info Algerien, je suis tombé sur cette heureuse initiative des etudiants de huit universités du pays que personnellement je tiens a saluer et encourager, voici le compte rendu qui en a été fait par le site TSA

    Une coordination nationale autonome des étudiants vient de voir le jour en Algérie. Celle‑ci a été créée, vendredi 4 mars, lors d’une réunion tenue à Béjaïa à l’initiative de collectifs d’étudiants de huit universités algériennes. Il s’agit des universités de Constantine, de Batna, de Béjaïa, de Sétif, de Tizi Ouzou, de Boumerdès, d’Alger et de Mostaghanem. « (…) Face à un pouvoir, sourd et muré dans son archaïsme, qui répond aux manifestations pacifiques par la matraque, la propagande et surtout la déstabilisation des étudiants par le biais d’une administration soumise et des organisations satellites corrompues, les comités autonomes des différentes universités du pays, réunis, ce vendredi 4 mars 2011, à la résidence universitaire Aamriw de Bejaïa, proclament la création de la coordination nationale autonome des étudiants », lit‑on dans un communiqué rendu public ce samedi 5 mars.

    Les initiateurs lancent un appel aux étudiants à travers tout le territoire national pour s’organiser en comités autonomes, joindre la coordination et élaborer une plate‑forme de revendications dans chaque établissement pour pouvoir élaborer par la suite une plate‑forme commune. Ils demandent également aux étudiants de boycotter « les pseudos débats » qui devront se tenir en vue de l’élaboration des nouveaux textes devant remplacer le décret 10‑315. Aussi, la Coordination nationale autonome des étudiants évoque‑t‑elle la nécessité de « déjouer les manœuvres des organisations satellites » et observer des journées de grève suivies de sit‑in devant les rectorats le 9 mars. Un mouvement de contestation sans précédent avait été déclenché début février dans de nombreuses écoles supérieures et universités en Algérie. L’élément déclencheur a été le décret N° 10‑315 fixant la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires.

    J’espere que toutes les autres universités rejoindront cette coordination surtout les plus grandes a l’image d’Oran, Annaba …

    Cordialement




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  • Abdul
    6 mars 2011 at 12 h 27 min -

    Les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles!Sans parler des détournements et forfaitures en tout genres. je pense qu’ils vont essayer de monnayer leur départ a la manière de Kadhafi: L’impunité ou le chaos. D’après le Pr Addi, ils seraient prés de 30.000 membres du régime,passibles de poursuites pénales en cas d’instauration d’un état de droit. En cas de révolution,se sera la justice des tribunaux populaires.




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  • Alilou
    6 mars 2011 at 13 h 00 min -

    @Adel H.

    Je respecte infiniment ta sincerité et ton amour pour l’algerie, mais la mon ami si tu penses reellement qu’ils vont partir juste pour nos beaux yeux ??? nous nous trompons tous.
    La tempete ou tornate ou tsunami dont tu parle qui a soufflé en Tunisie , Egypte et Lybie etc…en Algerie s’est transformé en une belle brise d’un soir d’ete raffraichissante, je te confirme que ce qu’ils disent de l’algerie qui n’est ni l’egypte ni la tunisie ont raison de le dire, chez nous les algeriens sont corruptibles, pensent par le ventre et agissent pour le ventre (pas PAR le ventre=Pas de Guts), rare sont ceux qui gagnent leur croute a la sueure de leur front, le commerce informel, les richesses aquisent malhonnetement, le gain facile, le vol, la corruption a tous les echellons de la societe algerienne a eu le dessus sur tout espoire de revolte, le peuple s’est rebiffé sur lui meme, du chacun pour soit et dieu pour tous, me my self and I, c’est la devise des algeriens, quand le ventre est vide la tete ne pense pas, c’est le cas chez nous.
    Boutef a compris qu’il tient le peuple par le ventre, l’une des trois devises de gouvernance, la peur, la faim et l’ignorance, il jette des os et le pauvre peuple maudit se jettea plat ventre pour ramasser les miettes, les algeriens ont troqué leur dignité et leur liberté et leur Nif contre un T-Shirt, 10000 DA et un sandwich et ils ont brandit des T-Shirt a l’effigie de Boutef.

    La revolution de Jasmin chez nous n’aura pas lieu, pour la simple et unique raison que les Jardins de jasmin jadis partout autour des Villa a ete troqué contre un mur de briques…facon de se cogner la tete contre….Mon jasmin a moi…eh bien je le melange a mon thé que je fume afin de lui donner un gout et un arome aggreable….




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  • mannallah
    6 mars 2011 at 13 h 26 min -

    PARTEZ…LA verité commence à jaillir.
    temoignage.

    Cet article a été proposé à Libération et au Monde juste après l’assasinat de hachani le 23 janvier 1999. Libération l’a trouvé « intéressant » sans toutefois le publier. Le Monde n’a pas daigné répondre. Cela en dit long sur les lignes éditoriales des grands journaux qui subissaient une forte pression des officines de propagande.

    Heureusement l’article a été mis en ligne par plusieurs sites.

    L’UAM-93 le met en ligne à son tour, compte tenu de l’actualité du débat sur les « dictatures, rempart contre l’intégrisme ». Ce mythe a été relativisé par les succès politiques et économiques des musulmans-démocrates en Turquie avant d’être entièrement détruit par les révolutions arabes.

    Hachani aurait rapporté à l’Algérie les éloges adressés aujourd’hui à la Turquie si la démocratie algérienne n’avait pas été sabotée. Voilà pourquoi cet article n’a pas perdu de son actualité.

    Abdelkader Hachani, victime de l’ intégrisme éradicateur ?

    Le meurtre politique fait partie des lois non écrites de l’éradication. Abdelkader Hachani en a été victime après avoir eu à subir toutes les rigueurs des lois d’exception en vigueur en Algérie depuis 1992.

    Malgré l’opposition du courant salafiste, il amène son parti à participer aux législatives du 26 décembre 1991. Artisan de la victoire du FIS à ces élections, il est la principale cible du coup d’Etat du 11 janvier 1992, dont le président Bouteflika a reconnu récemment que ce fut un « acte de violence ». Abdelkader Hachani, qui savait que les adversaires de la conquête pacifique du pouvoir étaient fournis en armes depuis longtemps, a tenté de contrôler ses troupes, incitées à réagir par la violence à l’interruption du processus électoral et à l’interdiction du FIS. En leur recommandant de résister à la provocation par « le jeûne et la prière », il leur préconisa une sorte de gandhisme musulman. Malheureusement, cette tentative avait peu de chances d’aboutir, car le FIS, qui était un mouvement en pleine effervescence, était déjà largement infiltré. De toutes façons, Hachani sera mis hors d’état d’agir en faveur d’un appel au calme, puisqu’il va être arrêté pour avoir supplié les soldats de ne pas tirer sur leurs frères, et enfermé à la prison de Serkadji, où il restera cinq ans et demi sans jugement. Pendant sa détention, il fut témoin d’une tuerie qui fit plus de cent morts parmi les détenus. A son procès, qui se tient enfin en juin 1997, il est torturé durant les suspensions de séance dans les sous-sols du tribunal. Condamné à cinq ans de prison, il est donc immédiatement libéré. Cette libération semble avoir été destinée à lui faire cautionner l’accord secret conclu entre des généraux de l’armée et l’Armée Islamique du Salut, qui devait être annoncé en octobre 1997. Il se refuse à participer à une stratégie visant à compromettre individuellement les dirigeants de son parti (comme le fut Merani après juin 1991, devenu ministre puis désigné sénateur) et à apporter une caution islamiste à la politique éradicatrice. Hostile aux tractations bilatérales secrètes propices aux manipulations faisant de la mouvance islamiste un instrument de la lutte entre clans politico-militaires, il se rapproche des réconciliateurs, partisans d’une solution politique négociée.

    Malgré ces réserves, il soutient les aspects positifs de la loi sur la Concorde civile et considère la trêve de l’AIS comme un acquis à préserver. Mais il n’hésite pas à en souligner les insuffisances et défend inlassablement la nécessité d’une solution politique. Pour lui, la mise en avant d’un chef de guerre comme Madani Mezrag est destinée à éclipser les politiques, afin d’assurer la pérennité d’un système dominé par des militaires secondés par des technocrates sans profil politique, les un et les autres craignant le retour des politiques légitimés par le verdict des urnes. Aussi rappelle-t-il à l’ordre Rabah Kébir lorsque celui-ci prend sur lui d’annoncer la fin du FIS, renonçant à exiger une contrepartie politique à son soutien à la loi sur la Concorde civile.

    Entre les théologiens comme Ali Benhadj et les chefs de guerre comme Madani Mezrag, Abdelkader Hachani considérait qu’il y a une voie permettant de concilier l’Islam et la démocratie. Il voulait faire évoluer le FIS vers une formation de type musulman démocrate capable de gouverner dans le cadre de la Constitution de 1989, accepter l’alternance et substituer la culture de gouvernement à celle d’opposition. De ce point de vue, on peut le comparer aux islamistes jordaniens du Front de l’Action Islamique, dont les élus légifèrent au Parlement depuis 1989, aux islamo-démocrates du Parti de la Renaissance Islamique qui gagnèrent les élections d’avril 1992 au Tadjikistan ou aux islamistes de l’Islah yéménite qui siègent au Parlement de Sanaa depuis 1994. En interrompant les élections de 1992, les éradicateurs algériens ont eu une réaction analogue à celle des paras russes qui empêchèrent manu-militari l’expérience démocratique de Doutchambé, ou à celle des communistes sud-yéménites qui, avec l’aide d’émirs séoudiens, tentèrent de provoquer la partition du pays dans le seul but de torpiller la démocratie.

    Les commanditaires de l’assassinat de Hachani se sont attaqués à un homme de paix, qui refusa de se prêter à la manipulation machavélique de ses troupes et à l’exploitation des violences islamistes visant à faire accepter à l’opinion internationale le coup d’Etat de 1992 et la répression féroce qui l’a suivi. Ils ont décidé la liquidation physique d’un gêneur hostile aux fausses solutions et aux mauvais compromis qui, depuis sa libération, réussissait à convaincre ses visiteurs étrangers que l’interruption des élections n’était pas une nécessité historique. Sa fidélité à un projet politique fondé sur l’attachement aux valeurs du Coran et la défense de la démocratie dérangeait les tenants de l’éradication, dont le programme politique se réduit au refus de l’alternance, tempéré par le trucage des élections.

    Parmi les personnalités politiques algériennes, Hachani était l’un des premiers à ne pas tirer sa légitimité de la guerre de libération. Il était représentatif d’une génération de scientifiques et de techniciens, produits de l’effort éducatif de l’Algérie indépendante, venus à la politique par le biais d’un ressourcement et d’un enracinement dans l’Islam par refus de la corruption et de la déculturation, et qui ont su gagner la confiance d’une majorité d’algériens. L’assassinat en plein Alger, de ce partisan de la primauté du politique sur le militaire aussi bien que sur le religieux, ruine une bonne partie des espoirs de paix suscités par les déclarations de Bouteflika.

    Cet assassinat a eu pour conséquence d’exacerber les divisions et les querelles de tendances et d’influence au sein du FIS. Ce parti, dont la direction a été décapitée et les cadres dispersés par l’exil et la répression, était considéré comme un acteur incontournable par les partisans d’une issue négociée à la crise. Privé de l’un de ses derniers porte-parole légitimes et d’un rassembleur possible, il est plus que jamais exposé aux manipulations et aux manouvres occultes, ce qu’illustre la polémique autour de la lettre de Abbassi Madani. Or, chercher à maintenir la paralysie du FIS par ses dissensions, contribue à priver les partenaires politiques d’un interlocuteur, ce qui ne fait que compromettre encore plus les chances d’un retour à la paix et favorise le pourrissement de la situation.

    L’hommage rendu à Hachani après sa mort a largement dépassé le cadre de l’opinion islamique. C’était un homme respecté par ceux de ses adversaires politiques (y compris dans le courant laïcisant) qui, comme lui, refusèrent de se prêter aux manouvres du pouvoir militaire visant à les associer à sa stratégie de manipulation et de disqualification de l’opposition. Cette convergence autour du respect des règles du jeu démocratique et de l’alternance, demeure la seule perspective pour construire une alternative à la guerre civile en Algérie. La concertation avec les réformateurs et les dialoguistes, qui dénoncèrent le saut dans l’inconnu du 11 janvier 1992, lui était préférable à la fréquentation des islamistes prétendus « modérés » devenus une force d’appoint de l’éradication.

    La disparition de Hachani, dont l’audience auprès des innombrables « offensés et humiliés » lui permettait de leur désigner d’autres issues que celle du radicalisme activiste, prive la politique de paix du président Bouteflika d’un soutien possible…




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  • houda
    6 mars 2011 at 15 h 47 min -

    Il faut croire profondément à la justice divine, soyez patients et vous verrez de vos propres yeux comment Dieu frappera de Sa Main Juste et Implacable : les cris des suppliciés, des assassinés rattraperont leurs bourreaux, ayez confiance en Dieu.




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  • Adel
    6 mars 2011 at 17 h 48 min -

    @Alilou et Amad Malik

    Bonjour,

    Je sais bien que ces vautours s’accrochent à leurs fauteuils comme des sangsues, mais je crois que tous les Algériens et toutes les Algériennes, doivent, faute de mieux, leur demander de partir. Sur tous le journaux, les blogs et forums, leurs sbires du DRS doivent trouver encore et encore le même message : « Partez! Nous ne voulons plus de vous! »

    Quand au tsunami, l’exemple de la Libye est là pour prouver que le peuple le plus amorphe finit par se réveiller. Il suffit parfois d’une étincelle. Kadhafi aussi avait commencé, quelques jours avant le soulèvement populaire de Benghazi, à distribuer au peuple argent, logements et autres avantages. Oui, les bandits qui dirigent notre pays sont féroces – ils l’ont prouvé -, mais nous n’avons pas d’autre choix que de les déloger. Aujourd’hui, les puissances occidentales ne sont plus aussi conciliantes qu’en 88 et 92. Leur heure a sonné. S’ils ne l’ont pas encore compris, alors tant pis pour eux.

    Cordialement




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  • leyl
    6 mars 2011 at 23 h 50 min -

    Effectivement, l’ère de ces « parasites » maintenant leur pouvoir par le biais de la « propagande médiatique » et de la police répressive n’est plus !

    Son existence résidait dans la manipulation du peuple afin de l’asservir en toute clandestinité.

    Or, la prise de conscience des peuples de cette mascarade. Le courage des peuples faisant chuter les régimes…
    Qu’Allah aide les Algériens dans leur combat.




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  • adele nazih
    7 mars 2011 at 12 h 47 min -

    Je le savais!je savais que je n’étais pas seul à penser comme adel(coincidence de nom).
    Merci adel, tu as dis ce que je voulais dire et ce que je pensais depuis des dizaines d’années, il n’y a rien à ajouter, c’est clair comme de l’eau de roche, comme il est clair que l’épilogue fatal est celui que tu leur prédis.Je veux juste ajouter au conseil ferme que tu leur adresses: »Si d’aventures il vous venait à l’esprit de réprimer les forces sincères de l’ALGERIE, avec les moyens technologiques actuels, vous serez partout et à chaque fois filmés, identifiés, poursuivis, arrêtés, jugés et condamnés sans aucune pitié, celle que vous avez superbement ignorée durant toute votre période de pillage qui a jeté dans la misère de grands pans du Peuple Algériens, jusqu’à préférer être mangés par des poissons, sachant pertinemment qu’ils étaient ineluctablemnt destinés à être mangés par d’abjects cohons.




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  • aquerado
    7 mars 2011 at 18 h 29 min -

    Salam,
    Merci mr Adi pour ce tres bel article nous devoilant de jour en jour ces pourritures de nazis qui
    detruisent quotidiennement ce peuple valeureux. D’autre part en lisant le texte de mr mamallah une pensee pieuse pour mr Hachani m’a traverse l’esprit, qui je pense est l’un des plus grands politiciens Algeriens de la fin du 20eme siecle, que DIEU lui accorde sa misericorde.




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  • jeune DZ
    8 mars 2011 at 11 h 35 min -

    Questions pour tout le monde:
    Es que vous ete pour ou contre une amnistie générale, s’ils promettent de partir?
    j’attend vos réponses




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  • abdel.k
    8 mars 2011 at 20 h 14 min -

    « Vous, les requins qui avez martyrisé notre pays, humilié notre peuple et pillé nos richesses pendant des décennies, nous vous demandons de partir et de nous laisser nous débrouiller sans vous. »

    NON MONSIEUR! C’EST BEAUCOUP TROP FACILE : VOUS NE PARTIREZ NULLE PART!

    L’ALGERIE LIBEREE VOUS TRAQUERA OU QUE VOUS SOYEZ!

    VOUS RESTEREZ TOUS EN ALGERIE POUR ETRE JUGES ET
    CONDAMNES POUR TOUS CE QUE VOUS NOUS AVEZ FAIT.




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  • Ameziane
    9 mars 2011 at 12 h 07 min -

    Nous ne connaitrons ni bonheur, ni paix, ni prospérité tans que les Généraux criminels et corrompus, corrupteurs et manipulateurs, président aux destinées de la ‘Algérie, entendant demeurer au pouvoir par la force répressive, les manipulatiuons, les provocations, la rapine, la gabegie et la spoliation des richees immenses du pays…

    Alors , seul le dégagement total et général de ces Crimnels pourra « nous sortir de la nuit  » ….

    Il faut désigner le Pouvoir en général et en particulier, la face apparente
    (Présidence-Gouvernement) et la face cachée (Police politique, DRS),
    l’ex-MALG (Boutef-Zerhouni) et le néo-MALG (DRS, Mediène & Cie), tous les Clans, tous les Organes de répression (…).

    Il n’y’aura aucun changement en Algérie sans la suppression de la police politique et ses tentacules et ramifications. Le DRS est
    « l’enclave autoritaire priciple », le « Sommet de la Pyramide du Pouvoir  » qui bloque la transition… Les Maitres du DRS-Gestapo locale-sont allés trés loin dans les crimes contre l’humanité et la spoliations des richesses, il est alors difficile de croire qu’ils puissent se décider à lacher du lest ….




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  • houda
    9 mars 2011 at 12 h 53 min -

    @jeunedz, je ne suis pas pour une amnistie générale concernant les crimes (assassinats, disparitions…), concernant l’argent ils peuvent le prendre…




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  • aquerado
    9 mars 2011 at 23 h 48 min -

    Salam,
    @jeunedz, Le crime humain est impordonnable, car la vie d’un etre humain est sacree. Sauf si les familles des victimes en decident autrement par amour pour DIEU en refusant la loi du talion(elkissas). De plus ces familles doivent etre dedommagees d’une maniere consequente toujours en reference a cette vie sacree. Pour se qui est d’une amnestie generale, je pense que cette expression est dangereuse(reste a etre discute parmi les sages,oulamas). Car le fait de dire on efface tout et on recommence peut nous amener dans le futur a des derives tres dangeureuses. On ne peut pas echapper a ses responsabilites sinon on est un incapable. Toute societe defaillante ou incapable est conduite ineluctablement a la catastrophe.Si vous prenez l’exemple des juifs sur la guerre 39-45. Le fait d’avoir inlassablement poursuivis leurs bourreaux les a conduit dans une situation « d’intouchables ». Donc pour forcer le respect et empecher toute reiteration de cette situation il est
    sine qua none de poursuivre inlassablement ces criminels de guerre et d’humanite afin que la verite eclate au grand jour. La vie est parfois amere, on l’apprend souvent a ses depend, mais que la justice est douce et belle! Je ne pretend pas parler au nom des hommes de loi ou de quiconque d’autre mais simplement en tant que simple musulman ecoeurer par cette humanite decadante, mais optimiste sur la recompense que nous reserve notre seigneur.InchAllah




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  • aquerado
    10 mars 2011 at 19 h 10 min -

    Salam,
    Mr, jeunedz je voudrai rajouter un point qui a toute son importance sur la maniere consequente de dedommager les victimes de ces actes terroristes, juste dans un but de dissuasion,en plus les caisses de l’etat sont pleines. Si on se refere a l’affaire de l’attentat du Lockerbie kadhafi a du debourser 10 millions de dollars paye avec l’argent du peuple pour chaque famille des victimes. Acte irresponsable cherement paye. D’ou la question d’etat de droit s’impose veritablement. Je pense que si on fait reference a cette decision de justice internationale, je propose qu’on en fasse une jurisprudence appliquable a notre pays et donner l’equivalent de 10 millions de dollars a chaque famille de victime du terrorisme.Le Canada a dedommage Mr Maher Arar de 10 millions de dollards + excuses pour l’avoir remi a la cia Americaine et qui a ete torture par la suite en Syrie. Pour se qui est de la verite qui se decante peu a peu, je pense qu’il faut aller la chercher dans la convoitise et la vangeance. Dans les annees 80 des voix se sont elevees doucement au debut(ali kafi et ali haroun) entres autres contre les veritables Moujahidines suite a l’election de chadli qui pour moi a ete mi en place par les hommes de l’ombre de mitterand. Rappelez vous si vous etiez ne l’accueil triomphal qu’a recu chadli avec des drapeaux(qui avaient des defauts) Algeriens partout dans la capitale. Puis toujours dans la suite de oeuvre de sape, les daf et harkis biens incruste dans le commandement de l’armee ont detruit totalement le morale des troupes Algeriennes poussant certains a se suicider et d’autres a renier totalement leur pays. La gestion catastrophique de chadli ignare comme pas deux, nous a conduit vers l’extremisme et la prise en main veritable du systeme par les harkis et les cyniques(belkheir). Au plus fort des evenements ont s’est attaque a la symbolique profonde de l’etat Algerien; on a souille les tombes des martyres, on a ravage le fichier des Moujahidines, on s’est attaque a leurs enfants le fils de Mustapha Ben Boulaid que DIEU leur accorde la misericorde entres autres, on les a pousse au denuement total afin de recuperer leur maison afin de se forger une legitimite historique et j’en passe des vertes et des pas mures. Tout ca denote d’une oeuvre de sabotage et de complot a l’egard de ce peuple formidable qu’on veut detruire a tout prix. Et qui en profitera en dernier lieu je vous le donne en mille.




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  • aquerado
    12 mars 2011 at 18 h 51 min -

    Salam,
    Encore un dernier rajout pour mr jeunedz concernant la famille Ben Boulaid qui pour moi est une veritable institution, sachant tout de meme qu’une institution n’a pas de prix, je propose que l’on verse 10millions de dollars ou l’equivalent a cette famille en relation avec la jurisprudence dont j’avais parle un peu plus haut car ils l’ont largement merites. that’s it.




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