Édition du
30 March 2017

Se dirige-t-on vers la libération effective des décolonisés?

Par Ait Benali Boubekeur.

Les révolutions récentes ont révélé la vraie nature des régimes de leur pays. Pour se pérenniser, ces derniers sont prêts à massacrer leur peuple. Bien que deux dictatures soient déjà tombées, en attendant la troisième, les réflexes répressifs furent dominants chez les dirigeants. La propagation du vent de liberté, dans ces pays, est malheureusement associée à une effusion de sang, bien que le flot soit disparate d’un pays à l’autre. Mais, pourrait-on s’interroger, cette violence est-elle passagère? Qu’il en déplaise à certains, elle fut la méthode de prédilection de régimes-là. Elle est aussi conséquence directe de la gabegie de ces régimes depuis les indépendances. Bien que la colonisation ait détruit toutes les structures de l’«indigène», force est de reconnaître que la décolonisation n’a pas apaisé les rapports entre gouvernants et gouvernés. Selon un des défenseurs du régime algérien, Yasmina Khedra, la situation postcoloniale n’est pas imputable à cette période d’occupation: «Je ne peux pas dire que le colonialisme est responsable des dérives que connait l’Algérie d’aujourd’hui. C’est surtout la désillusion, l’immense déception qui a conduit ce pays dans le cauchemar.» (1)

Cependant, la ressemblance entre les deux périodes, coloniale et post-coloniale, est criante. En effet, ces régimes, issus des indépendances, se sclérosent dans leurs habitudes. L’exclusion du citoyen du débat politique, l’enrichissement démesuré d’une infime partie du peuple, la gestion opaque des deniers publics sont entre autres les traits les caractérisant. L’auteur du «Portrait du décolonisateur», après avoir soutenu le combat du colonisé, décrit les tares des systèmes issus des indépendances: «Dans les premières années des indépendances, des observateurs attentifs et bienveillants s’inquiétaient déjà des persistantes misères et carences des ex-colonisés; cinquante ans après, rien ne semble avoir vraiment changé, sinon en pire quelquefois.»(2) Cependant, après un demi-siècle de règne sans partage, un bilan sans fard ni acrimonie s’impose. En effet, durant les cinquante années qui viennent de s’écouler, les reproches peuvent se multiplier à foison. La mainmise sur les institutions, le développement des fléaux sociaux et l’absence de perspective d’avenir sont les griefs pouvant être reprochés aux dirigeants de ces jeunes nations. La disparition de ces tares signifierait la construction de ces nations. Mais quelles sont ces étapes scabreuses?

Les débuts calamiteux.

 

Sous prétexte que le jeu démocratique pouvait donner lieu à des affrontements, les militaires se sont emparé indûment des rennes du pouvoir. En Algérie, cette situation perdure encore. Ainsi, le décolonisé s’est heurté de prime à bord à une chape de plomb. Cela dit, qu’on se méprenne pas. Le régime a organisé son pouvoir de sorte à ce que le citoyen soit exclu de toute participation à la vie politique. D’emblée, toute organisation qui ne soutint pas indéfectiblement le régime était exposée aux attaques récurrentes. Le peuple fut soumis à la sentence: «Celui qui n’est pas avec moi est contre moi». Selon Amrane Ahdjoudj, «Le congrès [Janvier 1963] est donc l’occasion de reprendre en main le syndicat et de procéder à sa stricte normalisation. Dés la séance d’ouverture, Ben Bella accuse la centrale d’être une organisation «aristocratique» et «non représentative» qui dérive vers l’ouvriérisme…Ben Bella se prononce pour la prééminence du parti unique et contre l’indépendance du mouvement syndical.» (3) Toutefois, cette exclusion s’est traduite par l’usure du pouvoir. A l’aune du cinquantième anniversaire de l’indépendance algérienne, la classe dirigeante est inamovible. Bien que rien n’interdise au politique de poursuivre une carrière longue, le hic c’est que leur maintien se fait avec le truchement. Ainsi, la longévité des dirigeants s’explique par la non disponibilité de ces derniers à quitter le pouvoir. Le président actuel, Abdelaziz Bouteflika, fut ministre du premier gouvernement algérien en 1962. En généralisant son analyse sur l’ensemble des pays récemment indépendants, Albert Memmi écrit: «Tant que le système fonctionne, il suffit à ces grands commis d’avoir la bénédiction de leurs parrains occultes. D’où la durée insolite de la direction politique apparente dont la longévité est l’un des paradoxes de ces contrées à l’avenir trouble. L’habituel humour des dominés a noté que les potentats ne quittent le pouvoir que dans un cercueil.» (4) Cependant, ces contradictions concourent immanquablement à élargir le fossé séparant gouvernants et gouvernés. Un élément particulier étaie cette thèse. En effet, si 80% de la population a moins de 30 ans, la classe dirigeante, quant à elle, dépasse les 70 ans. Et en dépit de la rente pétrolière, celle-là souffre quotidiennement du dénuement. Là où le bât blesse c’est que cette jeunesse n’a pas le droit de crier son marasme. Quand elle sort dans la rue, ces soubassements sont réprimés dans le sang. Et pourtant, beaucoup de choses doivent être revues et corrigées. Car, ces dernières années, l’Algérie vit une multiplication de scandales. Les détournement sont tout simplement ahurissants. Et l’absence de contre-pouvoirs ne fait qu’envenimer la situation. Aujourd’hui, une partie conséquente des ressources pétrolières échappent à tout contrôle. Sinon, pourquoi le régime maintient-il la loi de finance à la base d’un baril à 19 dollars, alors que son prix oscille entre 80 et 120$? Hélas, dans les systèmes verrouillés, la séparation entre les dépenses publiques et privées est rarement respectée. A l’occasion de la guerre en Irak, on a mis en lumière, ce que l’on savait déjà, que le chef d’État, Saddam Hussein, était l’un des hommes les plus riches du monde, écrit Albert Memmi. Récemment, après que les langues se sont déliées, on a découvert, avec effarement, que les fortunes de Ben Ai Moubarak et Kadhafi sont tout bonnement colossales.

 

II- lla propagation des fléaux.

 

La gestion opaque des deniers publics, et c’est le moins que l’on puisse dire, crée inéluctablement des fléaux sociaux. Dés le départ, pour affermir son pouvoir, le régime s’appuya sur une clientèle, payée à prix d’or. Cette façon de procéder est responsable aujourd’hui de la corruption généralisée. En reconnaissant que la corruption atteint même les plus respectables des nations occidentales, Albert Memmi la trouve exagérément pratiquée dans les pays du tiers monde: «Dans les jeunes nations, moins délicate à cet égard, la corruption est cynique et brutale, une espèce de bakchich généralisé, admis ou toléré par tous, presque comme une institution.»(5) Par ailleurs, sous l’œil goguenard des dirigeants, une infime partie de la population amasse des fortunes. Le malheur de ces pays c’est que même l’argent détourné est placé à l’étranger. Ainsi, la famille Kadhafi a placé 21 milliards d’euros aux USA, 23 milliards au royaume uni et entre 5 et 10 milliards en Italie, selon le journal de France2 du 7 mars 2011. Tout compte fait, l’enrichissement facile entrave l’investissement dans ces pays. Résultat des courses: la misère générée précipite la décomposition du tissu social. En effet, plutôt que de fonder des entreprises, écrit Albert Memmi, il est moins pénible , plus immédiatement rentable de prélever des ristournes démesurées sur les transactions, fictives quelquefois, ou sur l’aide internationale, dont une large part n’arrive pas à destination.

Cependant, bien que rien n’interdise de créer de la richesse, force est de reconnaître que, dans les pays du tiers monde, les grandes fortunes sont amassées en pressurant le citoyen. D’ailleurs, existe-t-il une limite ou des scrupules dans les actes de détournement? L’insatiabilité, faut-il le reconnaître, n’a pas de borne. D’ailleurs, même la richesse du sous-sol algérien, combien importante dans les pays du tiers monde, ne permet pas de résoudre les problèmes épineux liés à l’habitat, au travail, etc. Les jeunes, qui doivent constituer un atout majeur pour bâtir le pays, meurent quotidiennement dans les eaux méditerranéennes, prés de l’Europe. Ainsi, au lieu de fructifier l’argent engrangé, grâce à la vente des hydrocarbures, dans divers investissements, l’Algérie ressemble à l’Espagne au temps des conquistadores la transformant en «obèse infirme». D’où l’interrogation de l’auteur du portrait du décolonisé sur l’apathie de l’économie algérienne. Pourquoi l’Algérie qui découvre ses immenses richesses d’hydrocarbures au même moment que la Norvège, demeure-t-elle dans un état alarmant de pauvreté, alors que la Norvège, précédemment l’un des pays les plus pauvres d’Europe, rejoint les plus développés, s’est-il interrogé? Loin de moi l’idée de débiner mon pays, la différence entre ces deux pays réside dans le rapport que ces deux pays entretiennent avec leurs institutions. Entre un pouvoir qui fait confiance à son peuple et un autre qui le muselle, la différence de développement est là. Le développement est en effet proportionnel au rapport de confiance entre les dirigeants et les citoyens. En outre, le non renouvellement de la classe politique en Algérie a créé et crée une apathie de la classe dirigeante. En effet, pour que le chef ait plus de motivation, il faudrait que l’accès aux fonctions suprêmes émane de la volonté populaire. Cette dernière devrait aussi avoir la possibilité de sanctionner tout dirigeant ne tenant pas ses promesses. A l’occasion de la future consultation, elle portera un autre candidat à la tête de l’État. Or, excepté le simulacre d’ouverture, la violence régnant en Algérie, ces dernières années, empêche littéralement le libre choix. Aujourd’hui encore, l’inexistence de débat politique, la fermeture du champs médiatique et le trucage des élections discréditent le régime algérien. C’est ce que résume Lahouari Addi, dans un longue contribution «De la permanence du populisme algérien»: «A l’Indépendance, se posant comme l’incarnation du peuple, le pouvoir a utilisé l’idéologie populiste, ce qui a permis, d’une part, d’éviter la sanction du suffrage universel et, d’autre part, de faire taire toute opposition qui se présenterait comme alternative. Mais, ce faisant, il se coupait de la population dont il n’avait connaissance qu’à travers les rapports de police. L’image du pouvoir se dégrada au sein de la population au fur et à mesure de la dégradation des conditions de vie de la population. Le déclin de légitimité du pouvoir ne s’est, cependant, pas accompagné de l’extinction du populisme comme idéologie, il s’est accompagné d’un changement dans ses formes d’expression.» (6)

Cette cécité d’ailleurs fait oublier aux dirigeants la pauvreté endémique du peuple. Ils se rencontrent lors des manifestations. Le régime mobilise, à l’occasion, ses forces. Et les manifestants le défient en bravant la mort. En effet, les jeunes risquent leur vie pour vivre dignement. Hélas, lorsque ces derniers revendiquent le droit à la dignité, les forces du régime provoquent des flots de sang.
 

III- Abattre le mur de la peur.
 

Les dernières révolutions nord-africaines prouvent, si besoin est, que la fin des autoritarismes sont imminents. Bien que les régimes s’échinent à maintenir le statu quo ante, le vent de la liberté a déjà gagné ces contrées. Ainsi, la prétention des oligarchies militaires de demeurer au pouvoir ad vitam aeternam est illusoire. En effet, aucun régime, hermétique soit-il, ne peut résister au tsunami des révoltes populaires. En ce sens, la révolution libyenne doit être aidée pour déposer le sanguinaire le plus fou de la planète. En effet, bien que le peuple libyen ait payé déjà un lourd tribut, cette population n’est pas encore sortie de l’auberge. En effet, le peuple, bien qu’on puisse le traiter d’inculte, sait que le tyran cherchera à se maintenir, même en utilisant souvent des moyens illégaux. Mais, l’échec de la révolte signifie le décuplement de son autorité. Le quadrillage policier, le trucage des élections, votes terrorisés seront amplifiés. En comprenant cela, le peuple libyen ne lâchera pas le morceaux, bien que l’effusion du sang ne soit qu’à son commencement. Après avoir vaincu le colonialisme, l’ex colonisé est désormais livré à la furie des tyrans. Dés les indépendances, ils furent ligotés et bâillonnés. Cinquante ans après les indépendances, la domination ne peut être imputable qu’aux dirigeants. En effet, si le décolonisé n’est pas libre, c’est plus la faute des nouveaux tyrans issus des indépendances. Pour institutionnaliser sa répression, le dirigeant attribue ces échecs à l’ex colonisateur. Et celui qui ne partage pas ce constat est classé comme traitre à la nation. Or, la construction démocratique exige un débat constructif sans recourir à des méthodes machiavéliques. En tout cas, force est de reconnaître que les problèmes des décolonisés sont à chercher dans la période actuelle. Selon Albert Memmi, «Si la colonisation a stoppé le développement des décolonisés, elle n’a pas généré leur déclin antérieur… La colonisation fut une spoliation dans tous les domaines, inutile de revenir là- dessus, il est judicieux de voir ce qu’il en reste et de ne pas lui attribuer ce qui n’est plus.»(7)

Cependant, les rivières de sang qui ont coulé en 2011 ne sont pas imputable à la force étrangère. La raison de cette furie c’est que les régimes ont du mal à concevoir que leurs peuples puissent vivre librement. D’ailleurs, quoi qu’on ait pu dire des violences coloniales, celles qu’on constatent, en Libye par exemple, sont aussi dévastatrices. La violence que l’Algérie a connue dans les années quatre-vingt-dix est imputable à eux-mêmes. A défaut d’opter pour le choix du peuple, les dirigeants ont tranché la question du pouvoir sur la base du rapport de forces. Selon l’éminent sociologue, Lahouari Addi, «Peu à peu, cet absolutisme se met au service de la logique du pouvoir qui se subordonne toute la société pour se maintenir. Le maintien au pouvoir devient une fin en soi pour laquelle les potentialités de la société sont mobilisées.»(8) D’ailleurs, comment expliquer la répartition non équitable des ressources pétrolières en 2011 par l’occupation de 1830? Il s’agit au mieux d’une mauvaise fois et au pire d’une moquerie insupportable. Car, au lieu de privilégier une politique de développement, les régimes tiers-mondistes détournent des sommes colossales. Selon Albert Memmi: «Si les ressources procurées par le pétrole étaient au bénéfice de ces masses innombrables, la situation changerait totalement.»(9) Ainsi, au lieu de recourir à l’apaisement des esprits, ces systèmes entretiennent la violence. Et les séquelles de la colonisation, loin d’être effacées, sont toujours perceptibles à travers cette violence. Dans ces conditions, seule une mobilisation générale pourrait parvenir à la chute de ces régimes honnis par les peuples assujettis.

En guise de conclusion, il paraît aller de soi que le choix du système totalitaire est catastrophique pour ces jeunes nations. Partout, la force la plus organisée, en l’occurrence l’armée, s’est emparé indument des rennes du pouvoir et des ressources qui allaient avec. Du coup, loin de garantir une stabilité des institutions, la gestion militaire a donné lieu à des coups d’état permanents. Selon Albert Memmi, «Au contraire de la démocratie où le pouvoir est relativement stable, précisément parce qu’il n’est pas imposé, mais légitimé par une délégation provisoire du peuple. Le pouvoir militaire s’effondre dés qu’un autre factieux y porte la main, instituant une pseudo légitimité à la place d’une autre.» (10) Ainsi, contrairement à la fausse normalisation crue par le régime, la soumission du peuple, comme au temps de la colonisation, n’est pas définitive. Le printemps des peuples arabes, bien qu’il se soit déroulé en hivers, démontre que les peuples peuvent bousculer beaucoup d’idées reçues. En effet, la démocratie n’est pas une acception occidentale. Deuxièmement, le choix entre les extrêmes n’est pas la seule équation qui prévaut. Enfin, et c’est l’enseignement principal, l’abus de pouvoir n’est pas éternel. Aujourd’hui, les dictateurs, Ben Ali et Moubarak, sont tombés. En attendant d’autres chutes, les peuples doivent multiplier leur vigilance.

Notes de renvoi:

  1. Yasmina Khadra, quotidien d’Oran, 5 novembre 2008,
  2. Albert Memmi, «Portrait du décolonisé», page13,
  3. Amrane Ahdjoudj, «Algérie, état, pouvoir et société», page 104,
  4. Albert Memmi, id, page 33,
  5. Id, page 26,
  6. Lahouari Addi, De la permanence du populisme algérien, décembre 1990,
  7. Albert Memmi, id, page 45?
  8. Lahouari Addi, id,
  9. Albert Memmi, id, page 54,
  10. Id, page 41.

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6 Commentaires sur cet article
  • mamlam
    9 mars 2011 at 14 h 42 min -

    Droit à la résistance
    Aspiration à la liberté et à l’expression, revendication d’égalité réelle, ras-le-bol de la corruption et du népotisme : l’essentiel a été dit, par tout, sur les racines du soulèvement dans les pays nord africains et moyen orientaux. Émus, inquiets aussi, nous cherchons, nous algériens, à comprendre le formidable mouvement qui secoue ces pays.
    Nous prêtons moins attention à un droit que notre peuple a exercé, sans le clamer haut et fort, mais avec une inébranlable résolution : le droit de résistance à l’oppression. Autrement dit, le droit que des citoyens ou une nation se reconnaissent d’entrer en dissidence contre un pouvoir politique qui trahit sa mission. Ce droit concerne tout régime, y compris démocratique.
    Déjà, la Déclaration des droits de l’homme de 1789 l’énonçait dans son article 2 et le classait, avec la liberté, la propriété et la sûreté, parmi les « droits naturels et imprescriptibles de l’homme ». Sans aller aussi loin, la Déclaration universelle de 1949 a veillé, dès son Préambule, à ce que « les droits de l’homme soient protégés… pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression ». C’est exactement la situation actuelle où un seuil critique a été atteint. Dès lors, l’indignation longtemps contenue est devenue déferlante protestataire.
    Ainsi naissent les révolutions, au nom de principes et valeurs tenus pour supérieurs aux États, c’est-à-dire à la volonté des gouvernements. Comme le disait Clermont-Tonnerre, député de la noblesse qui avait voté l’abolition des privilèges en 1789, le droit de résistance confronte les droits naturels, qu’on éprouve de manière évidente, et la loi en vigueur à un moment donné.
    Mais ce lien peut être dangereux ! Au point que beaucoup de juristes refuseront d’y voir un vrai droit : le droit de subversion n’en est pas un. Léon Duguit, juriste français (1859–1928), grand penseur de l’État, avait montré cet embarras. Il commence par déclarer, en 1903, qu’« un gouvernement tyrannique est une force brutale ; toute force qui s’élève contre lui, dans le but d’assurer le respect du droit, est parfaitement légitime ». Mais quelques années plus tard, devant des auditeurs égyptiens – coïncidence ! – il recule : « Il n’est pas permis au juriste de formuler comme principe le droit à l’insurrection contre un gouvernement oppresseur. »
    Et pourquoi ? Tout simplement parce que ce droit peut être un ferment d’anarchie.
    Le droit de résistance fonde l’acte rebelle. Mais à partir d’où et de quand devient-il légitime ? Là est la question, sans réponse certaine. Mais quand le doute n’est pas permis – c’est le cas, bien sûr, aujourd’hui, au Caire, à Tunis et à Tripoli et demain en Algérie – ce droit est formidablement libérateur.




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  • nouffel
    9 mars 2011 at 15 h 23 min -

    Dans le cas de l’Algérie les algériens ont repris ce qu’ils connaissaient le mieux un régime calqué sur le régime colonial qui reste un régime d exception la levé de l’état d urgence uniquement sur le papier récemment illustre bien la nature de régime d exception . fondé sur le pouvoir de fidélité personnelle à un seul parti ou de secte, ou d’un clan qui remplace la règle de droit, et vider les institutions de l’État de tous ses contenus, et occupé les origines des groupes clientélistes partisan ou sectaire ou tribale, les institutions étatiques et(colonisés) ne reflètent aucun effet à l’esprit de la politique nationale où les lois, se les armées de milices sous les ordres de l’élite dirigeante ne sert pas seulement leurs intérêts, et soumis les systèmes d’éducation aux besoins de renforcer le contrôle de ces élites et de l’hégémonie, et pas besoin d une notoriété intellectuelle pour devenir élites de ce pays , il suffit simplement de prêter allégeance au système pour l’ y être. Remonter Opérations de soumission et d’humiliation et la domestication a long terme et de façon durable dans le service de la puissance semi-féodale ,casser l’amitié entre les individus et la possibilité de la communication et la connaissance et la compréhension mutuelle et l’action commune et encore moins d’organiser et de manifester et de protester.

    Il a atteint une limite à empêcher les gens de la solidarité les uns avec les autres lors de catastrophes naturelles, des tremblements de terre et d’autres, afin de ne pas diminuer le prestige de l’État ou ceux qui en ont fait. Et système sophistiqué dans l’exercice de contenu la culture arabe de la libération et humanitaire ainsi, et la diffusion d’une culture qui combine la destruction: peur universelle de tout et pour toute raison ou sans raison, à la suite de l’arbitraire et l’absence généralisée de toute protection de sa personne politique ou juridique, et retirer le dispositif de retenue, et de démissionner de toute responsabilité pour le public , et le déni de tout ce qui se réfère à des valeurs libérales ou individuelles modernes




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  • babelouedcity
    9 mars 2011 at 16 h 09 min -

    C’est quoi ces films de bas-age et mauvais?

    Qui est derriere ces diableries?

    Le chef d’orchestre et metteur en scene est avec certitude le clan de l’algerie-francaise qui a son laboratoire á Paris avec les Jouhoud et cie et qui ont des ventouses si longues jusqu’á el-mouradia et le drs.

    Rien qu’á faire une petite etude et recherche de lycéen non d’universitaire on peut deduire qui est qui dans ces diableries qui sont toujours assoifés du sang des algeriens.

    UN MILLION ET DEMI DE MARTYRS NE LEUR SUFFIT PAS

    LES ASSASSINATS DE 1962 Á 1988
    LES ASSASSINATS DE 1988 Á NOS JOURS

    MAIS NOM DE DIEU, QUE VEULENT-ILS DE PLUS AU JUSTE?

    Non seulement ce diable de colon avait massacré des millions d’algeriens de 1830 á 1962 mais il fut chassé par tout un peuple en fin de compte et la formidable diplomatie internationale dont le Pere Hocine Ait-Ahmed l’OS de la revolution Algerienne.

    Alors ce diable de Degaulle et Soustelle pour se venger il nous implanterent leurs mercenaires pour prendre leur releve apres 1962…
    et croyez-moi de vous le dire, c’est vrai vous avez reussi par vos tricheries et bassesses des etres humains de la planete d’IMPOSER vos diables mais soyez certain qu’ils ne seront pas pour longtemps.

    Vous avez saboté avec votre savoir diabolique anti humanitaire que vous le demontrez magistralement vos coups d’etats permanents contre le peuple algerie grace á vos chiens que vous avez en algerie en 1962 á nos jours mais l’heure est venue …

    JE SIGNE ET PERSISTE ET EXIGE IMMEDIATEMENT LA FERMERURE DE L’AMBASSADE DE FRANCE SES CONSULTAS ET CCF DE LA FRANCE OFF-icielle SOUS CETTE MALADIE SAR-kozyienne.

    Toutes vos tentatives sont vouées á l’echec á commencer par les toutes recentes á savoir,

    la dislocation de la kabylie avec l’aide de vos indigenes locaux que vous avez inventé dans vos locaux et avec l’aide de vos dobermans ex. tortionnaires et harkiyas le mokh diable general Touati, et ces ratons de l’humanité sanguinaires Belkheir (mort comme un raton), Lamari ex sergent Garcia, et sa fakhamatouhou ambassadeur de la France OFF-icielle

    RCD, Aruch, MAK et maintenant vos baltaGIAs
    ensuite ces histoires de vos folles rumeurs
    qui vous ajouter

    NOUS EXIGEONS UNE ENQUETE INDEPENDANTE S’IL LE FAUT D’ONG INTERNATIONALE ET NATIONALE

    La france OFF-icielle sous la maldie SAR-kozyienne de l’algerie-francaise qui nous a imposé Bouteflika en 1999 2004 2009

    Arrêtons la main de Néron!

    Sabotages des conduites de gaz passant par la wilaya de Bouira,

    empoisonnement des canalisations d’eau provenant de la Kabylie pour alimenter Alger

    et même l’interdiction aux automobilistes de voitures immatriculées 16 d’…emprunter les routes des régions berbérophones,

    telles sont les folles rumeurs qui ont circulé hier à Alger.

    C’est une série de  » représailles », selon la vox-populi, en réaction aux propos racistes révoltants et insultes proférées samedi dernier par  » des jeunes Baltaguis » se disant « algérois » à l’encontre de Said Sadi, président du RCD, lors de la 3eme manifestation organisée par la Coordination pour le Changement.

    Cette dérive grave et honteuse aurait été mise sur le compte de quelques malfrats ou un groupe de nervis isolés si ce genre de provocation n’était pas précédé par des dérapages verbales s’inscrivant dans le même registre et émanant de certains responsables politiques, sensés représentés l’ordre républicain. C’est Daho Ould Kablia, le ministre de l’intérieur, qui a ouvert le bal en justifiant l’interdiction des manifestations à Alger par le souci d’assurer  » la quiétude et la paisibilité » à des quartiers algérois et des commerçants qui se seraient, selon lui, plaint, auprès de ses services. C’est faux, nous le savons tous ! Et même si c’est vrai, le ministre de l’intérieur n’a-t-il pas l’obligation et le devoir de défendre le droit à la manifestation et d’assurer sa sécurité à Alger ou ailleurs ? Les voies publiques appartiennent-elles aux résidents des quartiers avoisinants ou à des commerçants? Ce sont-elles des zones non-droits et qu’elles ne relèveraient plus du domaine de la République ? Le fait ne semble pas isolé. Les nervis ont répondu à une injonction venant des services du ministère de l’intérieur et mise en application, avec l’adaptation du lexique injurieux selon les régions et les villes, par des maires maffieux et ainsi sous leur regard, à Batna ou à Oran, que les lynchages ont été commis. A Batna, la police intimait l’ordre aux manifestants et aux journalistes de rentrer dans leur  » Douar ». C’est comme le fait d’être issu d’un Douar, l’origine de la majorité des algériens, est une insulte! Il y a de quoi s’inquiéter : tout a l’air d’un lexique tiré d’un mémo distribué par des voies officielles visant à « innover » en matière de communication pour répondre à ceux qui sont tentés de manifester contre le pouvoir.  » La feuille de route » consistant à améliorer la communication publique vient d’être tracer et rendue public par Nacer Mehal, le ministre de la communication : Ce n’est plus  » l’Algérie n’est pas l’Egypte, n’est pas la Tunisie ou Bouteflika n’est pas Moubarek, n’est pas Ben Ali, n’est pas Kadhafi…. », c’est trop long à retenir, plutôt, pour simplifier,  » rentrez chez vous sale kabyle » ou « sale juif » ou  » rejoignez vos Douars ». N’arrivant même pas à avoir une position sur une guerre qui se déroule sur ses frontières Est, le pouvoir algérien utilise  » tout sa matière grise » institutionnelle pour « houmitiser » et  » douariser » la capitale et les villes algériennes afin de dresser les algériens les uns contre les autres. C’est une ligne politique, puisée du caniveau colonial, à laquelle ont adhéré des maires maffieux, certains médias et chefs d’organisations politiques, comme Louisa Hanoune. Le procédé est le même que celui, déjà expérimenté à la veille de la marche du 14 juin 2001 lorsque des graffitis anti-kabyles ont été inscrits par la police tout au long de itinéraire emprunté par les manifestants et sur les trottoirs du quartier du 1er Mai, à Alger. Quoi qu’on dise sur les abus et les tortures commises ainsi que les cabales fomentées par la police et le DRS, cette méthode ne figurait pas jusqu’à une certaine date dans leur curriculum vitae. Elle a été instauré, selon l’aveu de certains officiers de la police, par le tandem Zerhouni-Said Bouteflika avec la complicité active du procureur générale d’Alger, M. Berradja. Ils ont opté pour un registre sensible et dangereux pour diviser et mieux régner. Leur addiction au pouvoir et pour la répression fait d’eux des pyromanes, préférant une Algérie déchirée et en feu que de céder une parcelle de pouvoir. Arrêtons donc la main Néron avant qu’il ne soit trop tard ! Réagissons tous par une riposte citoyenne et ce, au-delà de la personnalité de Said Sadi qui serait controversée ou pas. Il ne faut surtout pas prendre ces dérives fascisantes à la légère. Souvenons-nous, quelle était la réponse des pouvoirs publiques aux mises en garde de certains intellectuels, comme le feu Boukhobza, quant à la légalisation du FIS? La même que celle d’aujourd’hui :  » l’Algérie n’est pas l’Iran et l’Algérie n’est pas l’Afghanistan ». Le résultat des dizaines de milliers de mort et toute une société déstructurée…. Youcef Rezzoug Visa mer
    Av: Youcef Rezzoug
    .

    la verité rien que la verité est Dieu m’est témoin!

    http://www.anp.org/fr/hizb-Franca/hizb-Franca-index.html




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  • Djahida
    10 mars 2011 at 0 h 08 min -

    A la différence de la Tunisie, l’Egypte et le Maroc qui étaient sous protectorat et disposaient de structures étatiques anciennes propres avec une administration et une élite avec ses soubassements populaires,l’Algérie a été annexé à la France et a fait l’objet d’une colonisation féroce de peuplement et d’une destruction systématique de ses élites surtout celles qui avaient des solides liens AVEC LA TERRE ET LE PEUPLE.
    Après l’ indépendance, les dirigeants de la Tunisie le Maroc et l’Egypte avaient déjà les structures de l’Etat national fonctionnelles et rodées avec une élite bien au fait des affaires du pays.En Algérie,la guerre de libération qui a été d’une rare férocité a abouti à une situation totalement ingérable avec un pays exsangue,déstructuré ,dont la majorité de l’élite ,déjà assez limitée en nombre ,a « collaboré » , à des degrés divers ,avec la France coloniale y compris beaucoup de partisans et sympathisants de la révolution.
    Les dirigeants n’avaient d’autres choix que de faire fonctionner le pays avec le personnel de l’ancienne administration coloniale; plus grave , certains sous fifres de cette administration ont eu des promotions fulgurantes alors que dans certains secteurs stratégiques on a mis des analphabètes sur le seul critère de la confiance.
    L’administration au lendemain de l’indépendance a ainsi fonctionné selon l’esprit colonial voire même en pire .Durant la période de Boumediène , le système administratif était étroitement surveillé et le parti unique fonctionnait comme un timide « contre-pouvoir,les tares de l’administration n’étaient pas trop visibles mais dès l’ouverture chadlienne , cette administration d’essence coloniale a montré au grand jour tous ses défauts.Aujourd’ui ,elle a atteint les pics de la nuisance.
    CONCLUSION
    1/Il faut décoloniser l’administration en faisant la guerre à la mentalité de l’administratour »
    2/Il faut faire appel à notre diaspora à l’étranger qui s’est imprégnée de la culture de respect du citoyen et lui confier des postes de responsabilité dans l’Etat
    3/Il faut bâtir des institutions solides surtout la Justice et les Hautes écoles
    4/Il faut aider efficacement à l’émergence d’une vraie société civile compétente et dévouée aux intérêts de la Nation
    Seules ces mesures peuvent réduire l’abime qui sépare, aujourd’hui le peuple de ses dirigeants.




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  • Salah Bouzid
    10 mars 2011 at 2 h 58 min -

    La jeunesse Algérienne devrait se regouper autour d’une revendication symbolique telle que l’abolition du Service National. C’est avec ce genre de revendication qu’on force le débat sur le rôle de l’armée, sa professionalisation et obliger les centres de décisions de se déplacer des chefs militaires vers les institutions civiles du pays.




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  • salay
    10 mars 2011 at 14 h 40 min -

    Vous ne réussirez pas là où la SAS a échoué!
    Heureux les Martyrs qui n’ont rien vu

    L’article publié par Zine Cherfaoui « L’apartheid politique » ne peut laisser indifférent un Algérien lambda par ces temps de tsunami politique qui affecte la planète arabe.
    Tout un chacun se trouve en face de cette déferlante qui s’est abattue sur des pouvoirs, djemloukiates, qui partagent l’assujettissement de leurs peuples, de leurs populations tout en dilapidant les richesses de leurs pays. Certains analystes avaient tiré la sonnette d’alarme : l’Histoire va fermer.
    En effet, une ère nouvelle s’est imposée en ce 21ème siècle. La mondialisation et les nouvelles technologies ont réduit le temps et les distances. Les dictateurs, les autoritaristes sont les premières victimes de leurs propres méfaits. Aveuglés par leurs certitudes, ils ne peuvent faire leur mea-culpa. L’Algérie, un pays précurseur de par son combat de libération nationale, ne pouvait rester en traine. Elle fut même à l’avant-garde. La génération postindépendance fut au rendez-vous de l’Histoire. Les caciques du Parti unique, ceux qui ont fait le coup d’état au GPRA, à Tripoli, et qui ont marché sur la Capitale l’été 1962, ne peuvent que reproduire leurs crimes en dressant des Algériens. Des gens qui sont nés et ont vécu hors d’Algérie, devraient se taire et évitez de dire à des Algériens : retourner chez vous… Leur chez-eux, c’est bien là où ils sont. Et sans en référer à la Constitution qui place ces incitateurs au désordre comme agent de la subversion. Durant la guerre de libération nationale, la wilaya 4 et la zone autonome d’Alger, comptaient essentiellement des gens des montagnes du Djurdjura, des Aurès, de l’Ouarsenis et d’autres régions d’Algérie. A l’époque, la main rouge s’ingéniait à dresser et à diviser les Algériens les uns contre les autres. Faut-il croire qu’ils ont fait des émules ? Alger est et reste la Capitale des Algériens, n’en déplaise à quelques parvenus. Le chanteur poète Halo l’a si bien dit : Sabhan Allah Yatif… ! On ne peut qu’être choqué par la dimension que donne le journaliste à un comportement de primitifs, pour ne pas dire animal, de quelques inconscients payés pour agresser, voler et casser la marche de la dignité.
    Alger a toujours eu des fantassins des régions qui lui sont proches dont la Kabylie, des volontaires, pour la défendre contre l’occupant venu d’ailleurs…Ils n’étaient pas des mercenaires. Le défunt Bessaoud Mohand Arav, un lieutenant de l’ALN qui avait quitté la wilaya 3 pour combattre en wilaya 4 avait bien averti : Heureux les martyrs qui n’ont rien vu…

    Salah Amer-yahia
    Président de l’Union des parents d’élèves de la wilaya d’Alger




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