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28 March 2017

Article anonyme à décoder : Bruissements de sérail

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El Watan.com le 17.03.11 | 01h00 

Même les dictatures les plus féroces ont compris que la communication institutionnelle est une arme stratégique en temps de crise. Acculés par les révoltes populaires, les anciens présidents tunisien Ben Ali, égyptien, Moubarak, le président yéménite, Ali Abdellah Salah, le «guide» libyen, El Gueddafi, ont tous, dès les premières secousses du séisme politique, qui a frappé ces pays, annoncé sous la contrainte de la rue, de la manière la plus officielle, un agenda de réformes politiques et institutionnelles. Ayant perdu toute légitimité auprès de leurs peuples, ces dirigeants n’ont pu faire passer la pilule faussement démocratique que représentaient ces ouvertures imposées aux régimes arabes.
Ces dirigeants ont tenté de distiller par doses homéopathiques leurs promesses de réformes pour se maintenir au pouvoir en fonction de l’évolution des rapports de forces sur le terrain et de la pression internationale. On a vu comment ces dirigeants se sont invités solennellement à la télévision d’Etat pour annoncer, qui sa décision de ne pas briguer un nouveau mandat, qui une révision de la Constitution ainsi qu’un train de mesures entrant dans le cadre de la démocratisation de ces pays. Ils ont eu la «délicatesse» politique d’afficher publiquement leurs intentions politiques. C’est la fixation de ce cap qui fait cruellement défaut aujourd’hui dans notre pays. Au milieu de la tempête qui secoue notre région, on ne sait pas «où va l’Algérie», pour reprendre une prophétie du défunt Mohamed Boudiaf qui apparaît aujourd’hui encore d’une brûlante actualité. L’avenir du pays semble se décider à travers des conclaves et des tractations secrètes regroupant de hauts dignitaires du régime.
La presse privée rapporte sous le couvert de l’anonymat ces bruissements du sérail qui donnent du grain à moudre aux commentateurs et analystes politiques qui tentent de déceler à travers le trou de la serrure ce qui se trame dans les allées du pouvoir. L’agitation politique n’est pas confinée uniquement à l’intérieur du système. Des hommes politiques dont le parcours se confond avec le système investissent la scène politique appelant à la nécessité d’un changement radical transcendant l’équation présidentielle qui n’est qu’«une partie du changement» pour reprendre Abdelhamid Mehri. D’autres initiatives, propositions sur la manière d’opérer le changement et le contenu des réformes à engager, sont portées par d’autres personnalités en rupture de ban avec Bouteflika, ainsi que par des partis de l’opposition. En l’absence de visibilité politique, ces initiatives ne parviennent pas à fédérer les énergies. La suspicion est de rigueur.
On parle d’initiatives téléguidées, de missionnaires mandatés par le régime pour déblayer le terrain et préparer le lit aux réformes politiques à l’avènement desquelles, nous dit-on, les représentants du système en place ne peuvent pas ne pas être partie prenante. Une chose est sûre, c’est que l’opinion est lasse et indifférente à ces cénacles nullement désintéressés qui occupent le devant de la scène politique et qui tentent d’imprimer un contenu et un rythme aux changements que le pouvoir serait amené à concéder dans le sillage des transformations qui s’opèrent dans notre sphère géographique. La bienveillance avec laquelle les médias officiels se font l’écho de ces initiatives politiques confirme bien qu’un tel débat est suscité de l’intérieur du pouvoir et que le concepteur et l’architecte du changement qui semble se dessiner n’a pas changé de main.
Car s’il y a réellement une volonté politique d’aller vers la naissance d’une deuxième République en Algérie qu’est-ce qui empêcherait alors le président d’annoncer officiellement son projet politique pour l’Algérie ? En précisant la démarche pour la concrétisation des réformes projetées. Cela aurait évité toute cette surenchère politique, ces spéculations et autres manœuvres du sérail qui rythment la vie politique nationale. Une telle politique de louvoiement destinée à gagner du temps et à recycler le système et ses hommes n’a aucune chance de réussir.


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7 Commentaires sur cet article
  • MJ
    17 mars 2011 at 16 h 09 min -

    Lapremière était une république bananière, la seconde sera sa fille .




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  • D B
    17 mars 2011 at 16 h 47 min -

    Le régime a compris qu’il doit entreprendre, dans l’urgence, ne serait-ce que des semblants de changement. Pour lui, c’est une question de survie. Il sait que malgré la grande opération de corruption de masse, pour anesthésier les « multitudes », il suffirait d’une étincelle pour que l’explosion se produise. Et tout bête, il découvre qu’il a fait une grosse erreur en créant le vide politique autour de lui. Il découvre aujourd’hui, que les pseudos partis politiques qui mangent à ses râteliers ne lui sont d’aucun secours, qu’ils sont déconnectés de la population, et qu’ils ne savent rien faire d’autre que se goinfrer et applaudir.
    Le régime cherche éperdument des partenaires avec qui négocier une transition tranquille, qui puisse lui permettre de gagner du temps. Mais il ne trouve personne. Parce qu’il a fait table rase de toute potentialité politique ancrée dans la masse. Rien!
    Que des voix perdues dans le désert, des intellectuels de service, ou qui se sont reconvertis en beggarines, des bouliticiens de pacotille, des électrons libres, et beaucoup de vent.
    Recréer des alternatives politiques, après les avoir laminées, n’est pas aisé. Le régime n’a plus d’autre choix que de soliloquer, de parler avec lui-même, et cmme l’a dit Monsieur Hamrouche, changer le système de l’intérieur. Autrement dit, c’est demander à un voleur de s’habiller en imam, en juge ou en policier débonnaire. Tout en continuant de voler. Aussi simple que cela.
    Nos compatriotes de Djijell ont un dicton qui est de circonstance » Elli yahsab wehdou, ichitlo »




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  • Byla
    17 mars 2011 at 18 h 15 min -

    Je suis d’accord avec vous D B

    La situation en est presque comique.
    En principe, pour changer il faut un autre partenaire critique…la gauche / la droite.. républicain/démocrate etc
    En Algérie, c’est le parti unique (les autres ont été étouffés) qui « se décide » lui-même!
    Il « se propose » de changer de coté dans l’hémicycle.
    Hier il était assis à droite et là il va s’asseoir à gauche pour matérialiser le changement aux yeux du peuple anesthésié… c’est grotesque…et ça peut marcher ???




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  • Ait Mohand Ouwidir
    17 mars 2011 at 18 h 18 min -

    Un autre dicton populaire de DIDJEL dit :

    DJA YESSAA WADAR TESSAA !!!

    Tanmirth.




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  • Article anonyme à décoder : Bruissements de sérail midipress
    18 mars 2011 at 4 h 09 min -

    […] à gagner du temps et à recycler le système et ses hommes n’a aucune chance de réussir. ici pour lire l’article depuis sa source. Cette entrée a été publiée dans algerie. Vous […]




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  • Djahida
    18 mars 2011 at 19 h 00 min -

    Le monde obéit à une logique implacable.
    Lorsque la fortune sourit,un cheveu la ramène,quand elle décide de partir , elles déchirent les chaines.
    Les bêtonnés du Koursi (grand ou petit ) doivent se rendre compte que le vent de la scoumoune souffle fort du côté des dictatures , arabes 3la wajh el khoussous. Il semble qu’il y en a qui veulent rester encore un petit peu.ALLAH GHALEB!l’Histoire ferme boutique, les boutiques et la boulitique,c’est comme ça , personne n’y peut rien .ADIOS ,Elmoulqat 3ind Allah.




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  • nouffel
    19 mars 2011 at 1 h 52 min -

    le changement par la méthode  » tout change pour que rien ne change  » le peuple algérien n est pas dupe




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  • Congrès du Changement Démocratique