Édition du
26 July 2017

Question compliquée: Quel est le chiffre qui précède 2 ?


Depuis quelque temps, il est question, dans de nombreux discours politiques, et autres tribunes, de l’avènement d’une deuxième République en Algérie. En plus d’être une sorte de mimétisme, plaqué sur une certaine Veme République, de l’autre côté de la Méditerranée, ce concept semble un peu naïf, lorsqu’il n’est pas tout à fait subversif.
Naïf parce que ceux qui en usent et abusent, souvent de bonne foi, un peu pour conjurer la médiocratie actuelle, croient que cette deuxième république qu’ils appellent de leurs voeux cristallisera tout ce qui aura manqué au régime actuel, en matière de démocratie, de séparation des pouvoirs, de lutte contre la corruption généralisée et tant d’autres vertus qui manquent cruellement au système politique qui est le nôtre.
Mais ce carré triangulaire, qu’on nous ressasse à volonté, n’est pas toujours aussi naïf qu’il peut nous paraître. Dans la bouche de certains, ou sous leur plume, c’est un outil de manipulation, et surtout de blanchiment. Parce qu’en fait, lorsqu’on admet la nécessité d’aller vers une deuxième république, on reconnait de facto qu’il y en a eu une première. Un truisme.
C’est donc reconnaître à une sordide oligarchie, à une junte, à un régime fondé sur des consensus mafieux, d’avoir été une république.
Or, en Algérie, et ce n’est un secret pour personne, y compris pour ceux qui tiennent le pays, la République n’a jamais existé que dans les en-tête officiels, et sur les frontispices des façades de pseudo institutions.
Dans la réalité, pour dire les choses crûment, nous sommes passés de territoires colonisés par une puissance étrangère, à pays colonisé par une junte, puis par une oligarchie, et bientôt par une famille.
La République est le concept le plus large d’un territoire qui appartient au peuple qui l’habite sans appartenir à quiconque, et dont le gouvernement qui gère ce pays, est désigné par ce même peuple, par la voie d’un suffrage libre et honnête. L’Armée de la République, souvent désignée sous les vocables de « Grande muette », parce qu’elle n’a aucun droit de parole dans le débat démocratique, est l’émanation de la force du peuple, chargée de le défendre et de défendre l’intégrité du territoire, sans aucun droit d’ingérence dans la décision politique.
Le gouvernement de la République n’est ni héréditaire, ni transmissible par l’appartenance à un clan donné, ni par quelque lien que ce soit.
La République est démocratique par essence, puisque c’est le peuple qui dispose de la totalité du pouvoir, et qui le délègue aux représentants qu’il s’est choisi. Donc, dire d’un pays qu’il est une République démocratique est un pléonasme. Lui rajouter le qualificatif de populaire en fait un double pléonasme. Il aurait suffi de désigner le pays sous la dénomination de République Algérienne. On ne martèle pas ce qui est évident et manifeste.

Donc, pour en revenir au titre de ce billet, la question est de savoir si l’Algérie est une République. Si nous répondons oui, et que nous souhaitons néanmoins en modifier des dispositions constitutionnelles fondamentales, alors nous pourrons parler de deuxième république.

Si nous répondons que l’Algérie n’a jamais été une République, mais une odieuse oligarchie, alors nous devrons aspirer à l’avènement d’une première République Algérienne et non à celui d’une deuxième.

D.Benchenouf


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5 Commentaires sur cet article
  • amina dif
    22 mars 2011 at 16 h 05 min -

    Permettez moi de partager les définitions de la république et ce qui s’en suit la réponse est selon le cas :
    1- 1ere définition :La république est un système politique dans lequel la souveraineté appartient au peuple qui exerce le pouvoir politique directement ou par l’intermédiaire de représentants élus. Ceux-ci reçoivent des mandats pour une période déterminée et sont responsables devant la nation. Par ses représentants, le peuple est la source de la loi. L’autorité de l’Etat, qui doit servir le « bien commun », s’exerce par la loi sur des individus libres et égaux .Dans l’Antiquité, la république la plus connue est la République romaine (de -509 à -44). On y rencontrait le principe du mandat annuel et de la collégialité. Selon cette définition je dirais non, et non et non l’Algérie n’a jamais été une république donc au lieu de lui donner le numéro 2 on aurais mieux fait de dire « la république enfin » !!!.

    2- 2eme définition De nos jours « république » permet de faire la distinction avec les régimes monarchiques. l’utilisation du terme République dans la désignation d’un Etat, ne suffit pas à faire de celui la un état démocratique. C’est par exemple le cas si une partie de la population ne peut participer aux élections ou présenter ses candidats. Exemple de régimes dits « républicains » non démocratiques : La France de Pétain, le Chili de Pinochet, l’Iran de Khomeiny, et l’algerie bien , sur Le mot république, abusivement employé, peut ainsi cacher une dictature, une oligarchie ou une théocratie. Selon cette deuxième définition je dirait oui donc il faut l’appeler « république démocratiquement corrigée par le peuple ».

    Disant que dans les deux cas on doit bien effacer un demi siècle de tout les maux pour recréer une vraie république démocratique , et moi qui me demandais qu’es ce qui ne tournait pas rond chez les Algériens au fait c’est par ce que le système a voulu que le peuple soit un malade mentale avec un corps malade, alors il est tant que la cure de désintoxe commence et que les anticorps agissent contre tout les Verus,
    Que Dieu gardent et aident tout les enfants sincères de ce pays.




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  • Sami
    22 mars 2011 at 21 h 32 min -

    Je partage l’idee que notre pays, malhereusemnt que l’algerie n’est et n’a jamais ete une republique , peut etre, a l’exception des trois ans de 1989 jusqu’a 1992 ans, ou tous les courants politiques avaient le droit de s’exprimer pleinement dans tous les media et compris l’ENTV, d’avoir le droit de former des syndicats .. etc . A l’epoque, Les elections etaient surveille par le peuple et nul n’avait conteste les resultats des scrutins de l’epoque.Donc, trois ans est une periode tres courte pour parler d’une republique ou le peuple est le maitre. Par consequent, Une republique en algerie n’a jamais exister !
    il faut etre honete de dire aussi et tres franchement que apres l’independance l’etat, lui meme n’a jamais existe soit d’un forme republicaine ou autre, L’EXAMLPE ALGERIEN N’EST PAS LOIN DE L’EXAMPLE LYBIEN et ca explique un petit peu le nombre excessive de victimes dans les deux pays !!
    DONC IL FAUT ETUDIER NOTRE HISTOIRE ET SAVOIR POURQUOI notre pays et notre peuple sont tousjours pris en otage mailgre on est a 50 ans d’un independance confisque !! IL FAUT INVESTIR ET REECRIR NOTRE HISTOIRE QUI A ETE SABOTER ET MEME CORRUMPU EN FAVEUR DE MAINTENIR CETTE ABSENCE DE LEGITIMITE QUI NOUS A COUTE TRES TRES CHER !!
    Merci bcp Mr Benchannouf pour cette analyse pertinente !!!
    Cordialement




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  • Zineb Azouz
    22 mars 2011 at 22 h 51 min -

    Peut être cher Djamaleddine que ceux qui parlent de la deuxième république tiennent avant tout à nous dire qu’ils reconnaissent l’actuelle comme république d’abord et avant tout et que c’est sous cet angle qu’ils conçoivent le changement.

    Ainsi l’usage du « 2 » interviendrait comme une continuité naturelle et une progression arithmétique presque romanesque entre autochtones qui se succèdent, se suivent, se relayent et même s’ils donnent l’impression de se supplanter, au fond ils tiennent à hériter de la même structure et du même cosmos perfide et clanique de leurs congénères, pères spirituels et semblables.

    Ces faux émancipés aux lests béants et puant qui ne voient le monde que sous l’ombre d’une casquette n’ont pas tord en parlant de deuxième république, car c’est la réminiscence de la première qu’il nous réservent.

    C’est pourquoi le « 1 » et le « 2 » sont dits entiers naturels (comme le 3, ‘…), sans doute pour faire opposition aux nombres fractionnaires, irrationnels ou transcendants pour lesquels la notion de succession est complétement remise en cause par la réalité mathématique et physique des phénomènes.

    Ce papier m’a fait réfléchir sur les nombres dits naturels et les innombrables alliances contre nature que peut suggérer le « simple » choix de parler de deuxième république.

    Cordialement,
    ZA




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  • aquerado
    23 mars 2011 at 0 h 09 min -

    Salam,
    Merci mr Benchenouf de nous rappeler cette absurdite pour que les gens ne tombent pas dans le panneau derechef. En fait il n’y a jamais eu de republique en Algerie, il a une republique bananiere qui prevaut, mais pas de republique dans le sens intrinseque du terme. De plus cette republique si j’en croit certains a ete concoctee a la va vite a la maniere de vulgaires amants ephemeres dans un cinema d’Alger. Soyons serieux rien de superficiel ne dure. Il est donc indispensable de renommer tout ce cafouillage et d’aller vers une constituante sous l’oeil extrement avise du peuple pour une Republique Algerienne tout simplement.




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  • Abdel Madjid AIT SAADI
    24 mars 2011 at 16 h 28 min -

    Merci Djamaleddine, car en effet, en lisant la réponse prêtée à Belkhadem, à l’endroit de Hocine Ait Ahmed, auquel il reproche d’ignorer les « acquis de la période 1962 à nos jours », j’ai pris conscience de l’inanité de parler de cette « 1ière république » qui n’était en fait qu’une monarchie dirigée par une oligarchie militaire implacable, et si « acquis » il y a eu, ils sont avant tout:
    1.- la destruction du lien social qui existait entre Algériens comme fruit de la lutte pour la libération nationale.
    2.- l’émergence d’une « nomenklatura », autour des tenants du pouvoir et parmi ses servants, ce qui était et est nécessaire pour les défendre.
    3.- La destruction de notre agriculture, et la paupérisation de notre peuple, mais pire,
    4.- La perte d’espoir pour les nouvelles générations à une vie heureuse,
    5.- La perte des repères et des valeurs, comme celle de la méritocratie, à laquelle s’est substituée le HEFF et ELQEFZA couplés avec ELKDHEB et la concupiscence… et évidemment la perte du NIF, au point de me faire méditer sur la fierté des JAPONAIS, qui ne se sont pas adonnés à la razia, après le Tsunami, pendant que je lis que les Algériens se sont étripés pour des billets de match à Annaba…

    Oui, on me dira, mais en contrepartie, il y a eu des réalisations d’infrastructures, il y a l’enseignement pour tous, mais justement, je dis CHICHE faisons le bilan, des sommes dilapidés pour arriver à ce piteux résultat…

    Sur ce constat, j’adhère à votre démarche pour dire, vivement l’instauration de la République algérienne sociale et démocratique, et à bas, « la République RADP, e.i., la République des Amis des Dictateurs au Pays des dindons de la Révolution de 1954 ».




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