Édition du
21 July 2017

La presse algérienne: Entre occultation et manipulation…


La presse écrite algérienne, dite indépendante, est réellement un cas d’école. Elle est unique dans son genre. Et il n’y a pas de doute qu’une étude approfondie sur sa véritable conformation, depuis les conditions de sa création, jusqu’à celles de son fonctionnement, et tout particulièrement sur l’auto-censure zélée qu’elle pratique, et aux injonctions qu’elle applique à la lettre, serait plus intéressante à plus d’un titre.

Ainsi, pour étayer ces propos, la totale occultation, par cette presse, de la création du FCN est symptomatique à cet égard, du soin que prennent certaines rédactions d’aller à rebours de leur véritable vocation, qui consiste à informer, et non à taire.
Nous avons bien pris soin d’adresser à toutes les rédactions un communiqué et le texte de la déclaration, encore que nous savions à quoi nous attendre. Nous ne nous sommes pas trompés, en fait, puisque pas une ligne n’a paru sur cette initiative politique.
Ce n’est qu’aujourd’hui, dans un entrefilet de quelques lignes, et en inversant le sigle du FCN en FNC, que le seul El Watan a survolé cet évènement, en suggérant, de façon subliminale, que le Front est né à l’étranger en citant les noms de membres fondateurs exilés, et en « omettant » ceux de l’intérieur, alors que ce rassemblement est né en Algérie, dans une initiative embrassée autant par ceux qui y vivent que par ceux qui y ont leurs racines.

Et ce n’est pas la première fois. Ainsi, même lorsqu’un article de LQA est repris par cette même presse, et alors que les règles déontologiques imposent de citer les sources du texte relayé, LQA n’a jamais été mentionné. Comme si on craignait de lui faire un surcroît de publicité.
Démarche encore plus explicite, dans un article d’El Watan sur la presse électronique algérienne, le journaliste a cité des confrères bien moins fréquentés que LQA, ou d’autres dont nous savons les connections avec certains services, mais pas un mot sur LQA, Algérie Focus, Algérie Politique, Le Maghrébin et d’autres sites tout aussi populaires, relativement.

Tout récemment, nos amis Addi Lahouari, Djamel Zenati et Salah Eddine Sidhoum, ont signé, sur LQA, un article collectif sous le titre de « Appel à un sursaut national ». El Watan l’a commenté, mais, curieusement, le journaliste a précisé qu’il était signé de L.ADDI, et D.ZENATI, et a passé sous silence, comme s’il n’avait jamais existé, le nom de S.E.SIDHOUM. Tout comme il a totalement « oublié » de citer LQA qui a publié cet article. Notre ami Salah Eddine Sidhoum a le tort, irréparable, d’avoir dénoncé avec la dernière énergie, la pratique des disparitions forcées, de la torture, et des exactions commises contre les civils, pendant la décennie rouge. Impardonnable! Carton rouge !

Ces pratiques d’occultation et d’auto-censure sont réellement déplorables. Elles n’honorent pas la profession, et procèdent d’un mépris pour le lecteur, et l’opinion publique, d’une manière générale.
A un moment, où cette même presse se fait le héraut retentissant de certaines initiatives politiques qui ont fait pschiit, malgré tout le battage médiatique qui les a accompagnées, elle passe sous silence la création d’un mouvement né au coeur du peuple, et qui tente de s’impliquer dans les grands bouleversements qui vont survenir,sans aucun doute, dans notre pays.

Mais, si tant est que nous pouvons trouver une certaine consolation à ces attitudes, il faut savoir que les lecteurs de cette presse écrite, ne représentent qu’entre 5% et 8% de la population adulte. Le coeur de cible de la presse francophone oscille entre1,5% et 2%. C’est dire que ceux qui se servent de cette presse pour détourner l’attention des populations, ou pour les endormir, ne font pas une bonne affaire. Plus de bruit que de mal. Un impact négligeable, si l’on considère le nombre d’Algériens qui ne lisent pas, ou qui ne lisent plus la presse. C’est tout aussi valable pour la presse électronique.

Les vrais enjeux de la communication, en dehors des chaînes de télévision, étrangères surtout, se trouvent dans nos capacités à fusionner avec notre société, par tous les moyens, particulièrement ceux du contact direct, du recours à des chaînes comme Al Jazeera, à Youtube, et pourquoi pas, à atteindre notre objectif de lancer notre propre chaîne de télévision. Il ne tient qu’à nous, à notre détermination, et à notre enthousiasme, de tout faire pour réaliser ce rêve.
Ce jour là, une vraie éthique s’installera d’elle même dans les moeurs journalistiques, et les pratiques que nous déplorons aujourd’hui ne seront plus qu’un mauvais souvenir.

D.Benchenouf

Journaliste


Nombre de lectures : 2637
34 Commentaires sur cet article
  • Dudesert
    23 mars 2011 at 16 h 51 min -

    @ D.Benchenouf
    Ce n’est pas parce que nous avons de bonnes intentions que toutes les portes doivent s’ouvrir. Il faudra encore communiquer et expliquer jusqu’on s’assure que le message a atteint sa cible.
    Il faut des actions de communications et de lobbying envers ces journaux et journalistes pour les avoir à ses côtés. La solution n’est pas dans la critique systématique des uns et des autres.
    Si le FCN n’a pas eu les échos souhaités, il faudra donc continuer à communiquer.
    salutations




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  • Amar
    23 mars 2011 at 17 h 51 min -

    Pensez-vous Si Djamel qu’il y a des algériens au-dessus de la mêlée et qui respecteraient l’éthique journalistique de façon rigoureuse et sans aucun parti pris? J’en doute.
    Encore heureux que le quotidien El Watan ait consacré quelques lignes ,comme vous dites.Cela dénote d’un tant soit peu d’honnêteté de leur part et on peut les en remercier.Notez que cette vérité s’applique à tous les titres,y compris la presse électronique et LQA avec.
    J’espère que vous n’allez pas me démentir et que la conclusion à tirer est de ne compter que sur ses propres moyens.
    C’est le stade limite atteint ,jusque là ,par « l’Homo-Algérianus » et il nous reste beaucoup à faire,dans ce pays où l’on n’arrive pas encore à s’accepter même avec un minimum de nos différences.
    Ce n’est qu’un avis neutre d’un simple citoyen tout à fait en dehors des cercles journalistiques et des manoeuvres politiciennes.




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  • s.lam
    23 mars 2011 at 18 h 28 min -

    La presse algérienne ,sans nul doute,se fait prier pour diffuser de l’information!Elle semble faire le tri de ces dernières et ne publient que celles qui lui rapportent quelques royalties! Heureusement que je ne veux pas généraliser mais il y a quand mime une éthique de la profession qu’il faut respecter : ne pas faire les deux poids et les deux mesures et c’est le moins qu’elle puisse faire!!Sinon, pourquoi ne pas publier le texte de création de ce front ? N’est-ce pas un événement politique comme tous les autres ? Cette presse qui se dit être née dans la démocratie de 1988, pourquoi la rejette-t-elle maintenant ? Elle est victime de ses agissements et ne devrait plus se plaindre du Code de l’Information dans lequel l’a confinée le régime ! Elle semble s’y complaire à merveille! Bien sur que nous avons des journalistes très courageux mais ils restent noyés dans une nuée d’autres qui se plient à des exigences de la censure! 9a fait mal, très mal à la profession, il faut l’avouer. Des algériens,qui veulent être libres ,ont décidé de se constituer en Front National de Changement, ont tout à fait le droit d’être pris au sérieux dans leur pays et la presse dont le premier souci est d’informer,doit répondre positivement pour déclarer l’événement car c’en est un quand même!




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  • Sami
    23 mars 2011 at 18 h 29 min -

    Mr Benchennouf !!
    N’attendez rien d’une presse qui a participe a la diabolisation du peuple algerien dans les annees 90s !! Ce genre de presse n’est qu’une presse de sang !!! Ils ont le sang des algeriens dans leurs stylos !! Donc ce n’est pas etrange d’apprendre ca !! Ils ne sont et n’etaient jamais independants, ils accusent les autres d’integristes, intolerants et anti-democrates mais, en fait, ils sont l’exemple parfait de toutes ces attributions !! Leur mission est de diaboliser dans les incidents securitaires pour tourner l’opinion publique de poser les questions cruciales !!! Entre autres, ils ont été créés pour désinformer et malinformer l’opinion publique, demoraliser les algeriens, tuer leur confiance et leur appartenance a leur patrie, … ils sont la main la plus active du pouvoir reel !! Ils ne pensent qu’a servir leur maitre pour mettre le peuple algerien a genoux !!! Les masques sont tombés et l’histoire va les denoncer comme une partie majeure ayant participé aux crimes contre l’humanite !!
    Personnellement je pense que ce n’est pas etonnant du tout, s’ils ont publié avec honneteté ca serait tres etonnant et meme ce serait choquant !! LE DIABLE POURRAIT CHANGER D’AVIS ET COMPORTEMENT (peut-etre) MAIS LA PRESSE INTEGRISTE JE PENSE PAS et c’est ca notre malheur !!
    Donc il faut lancer un appel àb toutes les volontés du bien pour LANCER UNE CHAINE TV

    Amicalement




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  • s.lam
    23 mars 2011 at 18 h 37 min -

    Question: Pourquoi LQA n’-a-t-il pas publié la contribution de Hocine AIT Ahmed ?

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    Réponse : ????????????????? Vous versez vraiment dans la provocation, mon cher Smaïl
    Rédaction LQA




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  • Alilou
    23 mars 2011 at 19 h 14 min -

    Ce journaliste est connu dans la profession pour ses accointances avec le responsable de la presse au DRS, le colonel Fouzi. Ces pratiques minables, comme bien d’autres, contre les syndicats autonomes, les militants, les chômeurs etc… ne sauveront pas ce régime. Aux baltaguiya contre les manifestants, s’ajoutent maintenant ce qu’il faut bien appeler «  les baltaguiya de la presse ».




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  • Rédaction LQA
    23 mars 2011 at 20 h 04 min -

    La presse issue de « l’imposture intellectuelle » de 1989 disséquée par un journaliste qui a eu le courage et l’honnêteté de reconnaitre ses erreurs.
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    In Algeria-Watch.org

    Sid Ahmed Semiane, Au refuge des balles perdues. Chroniques des deux Algérie, La Découverte, Paris, 2005.
    Introduction : Je suis un traître

    « Un jour, nous serons ce que nous voulons. »
    Mahmoud Darwich

    À Abdennour Ali Yahia,
    pour l’humanité qu’il a au fond des yeux.

    Couverture
    Les chars d’octobre

    5 octobre 1988. Je n’avais pas encore dix-sept ans et les chars étaient déjà là, dans la rue, pivotant dans une rotation chaotique leurs canons prêts à cracher du mépris. Il y a des dates qui ressemblent à des tremblements de terre devant lesquels s’avoue vaincue la tectonique.
    C’est effrayant, un char en dehors d’une caserne. C’est comme un fauve affamé en dehors d’une cage ; il ne fait pas bon se trouver sur son chemin.
    Un char, ça écrase tout : l’espoir, la terre, les hommes, les gamins…
    Quand on a vu des chars dans la rue, on n’est plus tout à fait un enfant, on ressemble déjà à ses parents : on se réapproprie leurs cauchemars, leurs frayeurs et leurs suppliques d’autrefois – celles que l’on croyait à tout jamais englouties et scellées dans les caveaux de l’histoire. Des suppliques sottes pour que cessent le bruit et la haine des chenilles métalliques qui écrasent l’asphalte et le cri des insurgés.

    Nos parents ont connu les chars de la guerre de libération, de la bataille d’Alger, et parfois d’autres chars encore, conduits par d’ignobles nabots, des putschistes locaux sans épaisseur, mais dont le souvenir me paraît aussi lointain que la guerre d’Algérie.
    1988. Cette année-là, vingt-six ans après l’indépendance, nos parents ont peut-être cru voir leur échec dans la présence de ces chars qui menaçaient de mort leurs propres enfants. Qui sait ? C’est pour cela qu’ils sont restés silencieux, nos parents. Ils n’ont pas su nous épargner cette tragédie mécanique.

    Quant à cette autre génération, née après l’indépendance, aujourd’hui trentenaire ou quadragénaire, elle non plus n’a pas su épargner la présence insupportable de ces chars à ses propres enfants. Même frayeurs et même échecs intergénérationnels que chacun lègue à l’autre. Nous léguons nos échecs à nos enfants comme d’autres lèguent des héritages devant un notaire.

    Les chars sont un élément constitutif de notre histoire. Nous avons fini par intégrer cette donnée historique à nos dépens, depuis longtemps déjà. Un peu comme si notre destin était irrémédiablement lié à celui de ces machines de guerre.

    Nous étions nombreux à voir ces canons monstrueux avec leurs chenilles bruyantes et menaçantes pour la première fois. Nous étions nombreux aussi à couver dans la tête cet étrange sentiment que leur présence nous était entièrement dédiée. Et ce qui n’était encore qu’un vague sentiment d’appréhension est vite devenu une certitude, dès les premières balles tirées, sans sommation, en direction des enfants sortis manifester dans la rue.
    Des militaires algériens avaient tiré sur des enfants. Le comble de l’horreur est certainement de savoir qu’il y avait là une volonté de tuer. De faire mal. De rabaisser l’autre. Et l’autre, c’était nous.

    Les gamins que nous étions ont très vite compris que ce n’était plus du cinéma, ces chars. C’était pour de vrai. Ce n’était pas une kermesse louant la grandeur de la révolution ou l’irréversibilité des choix socialistes d’une Algérie postcoloniale, telles qu’enseignées par l’exaltation d’une école aux bottes de la propagande. Non. C’était le général Khaled Nezzar – sorti de sa réserve et de son anonymat qu’il n’aurait jamais dû quitter, chargé par le président Chadli Bendjedid de « rétablir l’ordre » pendant l’état de siège – qui guidait ses troupes pour marcher sur Alger. Objectif : mater des enfants en colère qui cassaient tout sur leur passage, avec une obstination particulière pour les sièges des ministères, les mairies, les bureaux d’entreprises étatiques, les locaux du FLN, les commissariats de police, les impôts, les organisations de masse…

    Tous les symboles visibles de la corruption et de la bureaucratie du parti unique étaient devenus les cibles privilégiées de la fureur de ces jeunes émeutiers.
    Durant ces moments d’incertitude, on ne pense qu’à l’instant précis, en espérant arriver en vie chez soi, en slalomant entre les balles perdues et les arrestations arbitraires de la Sécurité militaire (la sinistre « SM ») et des autres services de police. Nous étions là et nous attendions, terrifiés, sans trop savoir quoi exactement : peut-être une issue à l’impasse. Un cessez-le-feu. Une trêve. Une voix pour nous dire. Un homme pour expliquer. Un responsable pour nous parler. Ou juste un média pour informer. Mais rien.

    Les balles et les rumeurs sifflaient à la même vitesse. Les militaires usaient de leurs armes de guerre. Dans la rue, on comptait les blessés. Les morts. Les arrestations. Les disparus. Dès les premières victimes, les enfants qui étaient sortis, comme pour s’amuser, braver un danger suprême ou exprimer une frustration ancienne, trouvaient subitement une raison légitimée pour ne pas se calmer. Désormais, les affrontements avaient un sens : le sang avait coulé.
    Plus personne ne contrôlait rien. La télévision nationale « tirait à vue », elle aussi, sur les jeunes sortis dans la rue qu’elle qualifiait de voyous et de vandales ; le reste du temps, elle diffusait en boucle des appels au calme ou des communiqués officiels de l’autorité militaire menaçant parents et manifestants.

    Pour s’informer, les radios étrangères étaient nos seules sources d’information. Les antennes paraboliques n’étaient pas encore un outil courant dans les foyers. Trop coûteuses. Leur démocratisation se fera une année plus tard, dès 1989. L’inefficacité des médias algériens était pitoyable. Leur absurdité, une réalité. Et leur silence, un drame national.
    Les émeutes d’octobre étaient une manipulation odieuse du pouvoir qui, dans ses incessantes luttes de clans, a exploité la colère latente de la rue – qu’il a manipulée en amont pendant plusieurs semaines – pour justifier en bout de répression ses nouveaux choix politiques.
    Nous voulions enfin vivre

    Les quelques jours d’émeutes avaient provoqué plus six cents morts, des milliers d’arrestations et presque autant de cas de torture. Une parfaite abjection. Dans la confusion émotionnelle, ces émeutes ont donné naissance, au forceps, à une nouvelle Constitution qui paraphait la fin officielle du parti unique. Pour nous, le rêve était de nouveau permis. La brèche était ouverte. On parlait enfin de démocratie. De liberté. Les islamistes, manipulés par le pouvoir, s’engouffraient et saisissaient la balle au pied. Mais peu importe. Ils seront des adversaires politiques. L’essentiel, c’est de parler. Et chacun a droit à cette parole. Les gens se rencontrent. On parle. Et c’est beau. On s’engueule. Mais c’est beau quand même. Le rêve est tout proche. Les buralistes n’ont presque plus de place pour présenter l’ensemble des nouveaux journaux, presque deux cents titres.

    Nous vivrons des moments épiques. Des paroles fabuleuses fusaient de partout. Des idioties étaient formulées aussi. Mais on parle. C’est l’essentiel. On se réapproprie le langage. Une énergie se créait. On voulait enfin vivre dans ce pays. Et on y croyait.
    C’est dans cette brèche, entre deux états de siège, à dix-sept ans, juste après le bac, que je me glisse à l’intérieur d’une rédaction pour me faire les dents. Je m’étais dit que le chemin le plus court pour arriver au métier d’écrivain était la presse écrite. Le journalisme provisoirement comme ersatz littéraire !

    À dix-sept ans, des médias, je ne connaissais pas encore grand-chose. D’ailleurs, il n’y avait pas grand-chose à connaître. À part Algérie-Actualité, un hebdomadaire de haute facture, que je lisais de manière assidue depuis trois ou quatre ans, tous les autres journaux étaient d’une fadeur manifeste. Je trouvais, comme de nombreux lecteurs, mon bonheur dans les pages Culture et société de cet hebdomadaire, même si les pages politiques restaient grossièrement fermées au débat.

    Algérie-Actualité a été un hebdomadaire atypique où une réelle liberté de ton existait, même si cette liberté était plus ou moins tolérée par les parrains de la présidence de la République, qui voulaient en faire une soupape de sécurité supplémentaire. Une vitrine annonçant une ouverture politique sous contrôle. Les signes avant-coureurs de la couleur des réformes. Malgré cette liberté sous surveillance, ce journal, disparu aujourd’hui, grâce à des journalistes talentueux qui avaient réussi à assiéger sa rédaction, était devenu un îlot de réflexion qui nous permettait alors de nous poser de nouvelles questions sur nous-mêmes.
    On se régalait des premiers reportages sur le raï, les jeunes, la sexualité, l’identité, la religion, tous les thèmes proscrits étaient abordés avec intelligence et finesse. La parole se libérait. Ferhat M’henni (chanteur d’expression berbérophone et militant des droits de l’homme), Albert Cossery, Youcef Chahine, Bigeard ou Benhamza dit « Le rouquin », un ancien puissant officier de la Sécurité militaire… chacun avait droit à son quart d’heure de gloire warholien dans ce journal.

    Je ne savais pas encore que des thèmes comme l’identité ou la sexualité étaient proscrits. Je les découvre en temps réel comme une évidence qui tombe sous le sens, croyant qu’ils ont toujours existé avec la même fraîcheur dans les pages de ce journal et que seuls mon jeune âge, mon manque de maturité et d’intérêt pour les journaux, de manière générale, m’ont laissé dans une ignorance crasse durant les années précédentes. Et pourquoi la sexualité serait-elle un sujet tabou ? Et pourquoi l’identité serait-elle un thème délicat ? Et pourquoi ne pourrions-nous pas parler de la musique raï alors que tout le monde l’écoutait ? Pourquoi serait-il si inconcevable de parler de soi en fait et de ce que nous sommes réellement ?
    Quand j’arrive, quasiment à la même époque, à la radio, je découvre d’autres aberrations. Des chanteurs étaient interdits de diffusion, parmi eux : Enrico Macias (que tous les Algériens connaissaient par cœur), Salim Hallali (un Juif tunisien), Lili Boniche et la musique kabyle en règle générale, jugée subversive et contre-révolutionnaire… Je ne me souviens pas de toute la liste des disques interdits de diffusion, mais il y avait une belle panoplie. J’ai même vu un disque de compilation rayé avec un compas sur une partie seulement, pour éviter que des programmateurs étourdis ne diffusent le morceau censuré. J’ignore le titre censuré. J’ai seulement retenu l’aberration de l’acte : rayer un disque !

    J’ignorais à quel point le système était pourri. Mais ça, on ne peut pas le savoir. Forcément. Personne ne le disait. Et ceux qui voulaient dire étaient bannis. Très jeune, on me conseilla vivement de ne jamais raconter de blagues sur le président. Mais l’interdiction relevait, pour moi, de la politesse qu’il fallait manifester à l’égard d’un chef d’État, pas de la terreur d’un État policier qui enserrait la société.

    En 1988, je ne connaissais pas la censure, du moins sa manifestation concrète dans un média, hormis celle que décrivaient les livres, bien sûr. De l’humiliation des hommes, broyés par la suprématie d’un parti ou d’un pouvoir tyranniques, je connaissais celle que racontaient Le Zéro et l’Infini de Koestler et les terrifiants procès de Moscou. Je connaissais 1984 de George Orwell et d’autres classiques encore dans le même registre, restituant l’ignominie de la dictature. Mais ce n’étaient là que des classiques qui s’inscrivaient dans l’ordre fantasmé de la lecture et des temps à tout jamais révolus ; des classiques de la littérature qui, soit dit en passant, encore une incohérence, étaient souvent disponibles dans les quelques librairies d’Alger.

    Koestler et Orwell n’avaient finalement rien inventé. Ils racontaient, dans leur génie infini, l’histoire de mon pays, même s’il n’était pas mentionné en tant que tel. Un pays où les pires procès politiques se tenaient à huis clos, un pays où des hommes sont torturés de la manière la plus ignoble, un pays où il existe une police politique épiant l’intelligence, la subversion culturelle et la dissidence dans les moindres petits espaces de la vie, un pays où la presse est sous contrôle permanent de la censure du parti. Je vivais à l’intérieur du Zéro et l’Infini. J’étais le zéro et l’infini.

    J’étais comme un extraterrestre qui progressivement découvre que le monde dans lequel il vivait jusqu’à ce jour était artificiel. C’était celui que sa famille avait construit autour de lui, comme un monde virtuel, une serre pour le protéger d’une réalité sordide qui n’était pas de son âge, selon une estimation approximative des adultes. Mais peut-être que les adultes avaient peur, eux aussi, de parler de ces choses-là, même en présence de leurs enfants. Peut-être particulièrement en présence de leurs enfants. Un enfant, c’est connu, est très, trop, bavard.

    À dix-sept ans, on est trop jeune pour mourir, mais suffisamment vieux pour ne pas ignorer ces choses-là. Passionné de littérature, de cinéma et de musique, je ne fus peut-être pas d’une précocité avérée en ce qui concerne les questions politiques. Mais mon initiation fut assez brutale tout de même.

    Je découvre tout en même temps : les chars, la torture, l’état de siège, l’état d’urgence, le couvre-feu, les armes, la répression, les cadavres, les gaz lacrymogènes et l‘arbitraire. Je découvre, avec une certaine appréhension, une nouvelle terminologie de guerre avec laquelle il fallait s’initier. Je découvre une dictature décadente qui s’apprêtait à simuler des adieux durant les mois suivant les émeutes d’octobre et l’interlude d’une parodie de démocratie qui allait disparaître à peine après avoir fait son apparition. Car le plus dur restait à venir. La monstruosité des dégâts d’octobre, comparés aux dégâts qui nous guettaient, était d’une extrême insignifiance, si j’ose dire avec une totale impudeur.

    On croyait que l’avenir nous appartenait, que nous étions, dans nos ambitions démesurées, nos prétentions gigantesques et nos bravades insensées, les « champions du monde ». Des champions qui se feront disqualifier dès les premières compétitions électorales. Et là, trop tard ! On était déjà dans la gueule du loup et les loups étaient partout, déguisés tantôt en treillis militaires et tantôt en gandouras islamistes.
    La mort de la presse algérienne

    L’« aventure intellectuelle » – c’est ainsi que fut qualifiée la naissance de la presse plurielle – n’en était pas une. La récréation a duré deux ans, le temps qu’un putsch militaire renverse le gouvernement réformateur de Mouloud Hamrouche et démissionne le président Chadli Bendjedid, avant d’annuler le processus électoral, en janvier 1992.

    L’Algérie est sûrement le seul pays au monde qui pensait pouvoir passer de la dictature à la démocratie avec les mêmes acteurs, qui ne se sont même pas donné la peine de changer de costumes. Ceux qui avaient fait la dictature militaire se sont subitement mis à parler des « valeurs démocratiques et républicaines ». Et ceux qui avaient fait la gloire de la presse unique, sur le modèle de la Pravda soviétique, tentaient, comme dans un tour de magie, de faire des journaux libres, sans examen de conscience.

    Était-il possible de construire une démocratie avec des putschistes ? Était-il pensable de faire une presse réellement libre quand tous les patrons de cette nouvelle presse étaient d’anciens ténors de la presse du parti unique ? La presse libre a eu une vie fugace, comme celle des papillons. Et une mort atroce, comme celle de ses journalistes.

    Nous sommes sûrement coupables, comparables, dans notre négligence, à des parents qui auraient trouvé dérisoire de soumettre leurs enfants aux examens nécessaires pour dépister, dès les premières semaines de leur naissance, d’éventuelles pathologies. Et les pathologies étaient là, aussi évidentes qu’un éléphant blanc dans une salle de bains ; aussi graves qu’une malformation congénitale. Certes, aujourd’hui, le recul nous permet de mieux les apercevoir. Mais à l’époque, dans la ferveur qui a tant caractérisé cette naissance, il était difficile d’émettre des réserves sans passer pour un trouble-fête. La voix des plus lucides d’entre nous ne portait peut-être pas suffisamment dans le brouhaha de l’extase démocratique. Il y avait aussi une telle soif de parole que même la plus clairvoyante des prophéties était sous-estimée.

    La presse était la terre promise de toutes nos espérances. Elle eut la mort prématurée d’une star soumise à des pressions devenues ingérables, des contraintes insupportables et des exigences démesurées. Aujourd’hui, de cette presse algérienne disparue, il reste des cadavres embaumés ou en putréfaction avancée (pour certains titres) que les buralistes entassent, vaillamment, chaque matin, après avoir déficelé les paquets, sur un tas d’autres paquets de cadavres.

    De cette presse, il reste son fantôme, déguisé en journaux multiples qui, malgré leur nombre, se distinguent par un monolithisme prodigieux, sauf pour quelques rares journalistes. Un dernier carré de résistants, des Don Quichotte qui n’ont pas le bonheur de lutter contre des moulins à vent, mais contre des journaux-citadelles dissimulant derrière leurs barricades de terrifiantes machines à fabriquer des certitudes. Quelques journalistes-grains de sable qui enrayent la machine, qui nous permettent encore de ne pas totalement désespérer de ce métier et de ce pays.

    La presse algérienne n’existe certainement plus. Il reste des journalistes seulement. Ce qui est différent. Des journalistes font des articles, pas une presse. Parce que la presse, c’est d’abord une idée. Et la mort de la presse évoquée ici est celle d’une certaine idée de la presse, telle que fantasmée par des journalistes professionnels qui, au départ, ne rêvaient que d’une chose : se libérer des tutelles et des sombres officines du parti unique pour, enfin, fabriquer des journaux librement, loin de toute influence.

    Nous ne parlons pas de la presse en tant que variétés de quotidiens et de périodiques. Celle-là, elle existe. Elle existera, et fera pendant longtemps encore, malgré les vicissitudes du temps, le bonheur des kiosques, mais pas forcément celui de la démocratie. D’où le malentendu originel. Nous créons l’illusion d’une pluralité de pensée par le nombre de titres existants et non par la pluralité des opinions. Les journaux qui n’étaient pas conformes aux préceptes de la « normalisation » politique ont été purement et simplement liquidés.
    Le temps de la décadence et des mensonges

    Mais, de cette presse disparue, subsiste toujours le souvenir de cette idée généreuse. Une idée qui a mal tourné en nourrissant au fil des ans un aréopage de « tueurs à gages » qui ont délaissé leur métier d’informer pour se spécialiser dans la propagande. Un aréopage qui a troqué les idées contre les idéologies. L’avenir contre l’instant. Les émotions contre la réflexion. Les valeurs de l’humanité contre les intérêts des puissants qu’on a bien voulu assimiler, dans une tragique confusion, à ceux de la société. Enfin, une presse qui a bradé sa liberté contre l’inféodation et une certaine forme de sécurité.

    De cette presse, généreuse, reste une ombre pour hanter nos mémoires et nos obscures désillusions. Et ceci n’est pas son oraison funèbre. C’est seulement un examen de conscience que je livre à tous ceux dont la bonne foi n’est pas tout à fait absorbée par la complaisance. Une parole amère de ce qui aurait pu être une belle aventure de l’esprit.
    Et vint le temps de la décadence absolue. J’ai vu des journalistes diffuser de faux communiqués – élaborés par les bons soins de leurs amis officiers des services de renseignements –, attribués le lendemain en gros caractères directement aux islamistes du GIA, alors qu’ils savaient que c’étaient de faux communiqués. « C’est le combat contre les islamistes qu’il faut coûte que coûte mener », répondaient dédaigneusement, pour se justifier, les responsables de ces actes impardonnables.

    « Combat ». Le vilain mot est lancé. Combattre l’intégrisme, certes, mais pourquoi épouser les pratiques et les procédés des services de sécurité ?

    Ce jour-là, c’était en 1997, j’ai su que beaucoup de communiqués étaient faux et que les journalistes qui travaillaient sur le « sécuritaire » le savaient et qu’ils participaient de leur propre gré à la grande manipulation médiatique. Plus tard, j’apprendrai que certains d’entre eux, les plus zélés, connus dans la corporation comme les loups blancs, ne se contentaient pas seulement de publier des faux, mais qu’ils ont parfois contribué eux-mêmes à leur écriture.

    Me Ali Yahia Abdennour, président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme, exprime ce que la presse « républicaine » n’a pas su exprimer en treize ans : « Ne pas condamner les assassinats des civils par les groupes armés islamistes serait criminel. Mais ne pas dénoncer et condamner les enlèvements suivis de disparitions de civils serait intolérable, et l’intolérable ne peut être toléré… »

    J’ai continué, pour ma part, à travailler dans ces journaux pendant quelques années encore, avant de jeter l’éponge définitivement. Pour me donner bonne conscience, je me suis souvent dit : « Je suis loin de ces manigances et de ces méthodes ignobles qui n’honorent pas la presse. Moi, je fais mon travail. Peu importe le reste, tant que j’écris ce que personne ne me dicte, tant que je me trompe sans l’aide de personne, tant que j’ai la possibilité d’avoir raison sans l’influence de tous, je reste. Je suis loin de la mascarade. »
    Mais je n’étais pas loin de la mascarade, j’étais en plein dedans ; j’y ai participé, d’une manière ou d’une autre. Écrire dans un journal qui publie de faux communiqués du GIA en connaissance de cause, c’est aussi, quelque part, être parti prenante de la dérive.
    Il n’est pas important de connaître les noms de ces scribouillards, du moins je ne serai pas celui qui les dénoncera. Ma démarche ne repose pas sur la délation, parce que ce sont les pratiques honteuses qu’il faut connaître et stopper, pas le nom de ces journalistes, suffisants et grossiers.

    Cette presse, qui a eu pourtant des moments de gloire et ses lettres de noblesse, a perdu de son crédit au fil des ans, même si ses ventes ont conservé une certaine stabilité. Beaucoup d’Algériens, en évoquant les journaux (ou les médias en règle générale), ne parlent jamais de la censure qu’ils peuvent éventuellement subir, mais des mensonges qu’ils propagent. Le distinguo est intelligemment entretenu par le bon sens populaire. La censure est une abomination qu’on subit sous une contrainte quelconque. Le mensonge est une préméditation que l’on commet en connaissance de cause. Un acte intentionnel. Réfléchi. Militant. Le mensonge est certainement une des formes les plus abouties de la militance.

    Maintenant que j’ai connu les médias de l’intérieur, je peux dire qu’ils étaient, ces treize dernières années, plus souvent proches du mensonge que de la censure. Une partie des journalistes a réellement subi la censure, cette flétrissure, mais une majorité a contribué à fabriquer le mensonge et à l’entretenir durant de longues années, avec zèle et abnégation. Et ça continue. Dans l’imaginaire collectif, les médias sont d’ailleurs perçus – même si c’est parfois injuste – comme un appendice du pouvoir conçu pour donner de l’allure aux tromperies d’État.

    À une jeune photographe, un rédacteur en chef demandait en 2003 qu’elle surprenne le président Bouteflika dans ses agitations de mains pour pouvoir exhiber un salut nazi en photo de couverture. Pourquoi tant de mépris ? Bouteflika exprime suffisamment d’idées politiques contestables pour qu’on puisse l’attaquer politiquement sans ces procédés mafieux, sans s’attaquer à sa famille, à ses mœurs ou à ses fantaisies. À cette même jeune photographe, le même rédacteur en chef réclamait qu’elle prenne des photos du candidat à l’élection présidentielle Ali Benflis (favori de la presse manipulée par l’intoxication de la SM) en contre-plongée, pour signifier l’idée de la grandeur et de l’avenir. Ignoble et mesquine propagande…
    Le mythe de la « presse la plus libre »

    En évoquant ces tristes souvenirs, je n’ai aucune visée belliciste. Ceux qui n’y verront qu’un prologue à la polémique n’auront rien vu. Ceux qui n’y entreverront qu’un témoignage à charge n’auront rien compris. Ceux qui y reconnaîtront les pièces d’un réquisitoire n’auront rien saisi.

    C’est tout jute une invitation – loin des propos insultants, des convictions inébranlables et des dogmes infaillibles – à la réflexion. Un temps d’arrêt pour prendre ses distances avec le propos courant et les clichés flatteurs. C’est un drapeau blanc pour voir dans le rétroviseur d’une guerre qui a ébranlé nos repères. Un cessez-le-feu dans nos certitudes.
    Le temps du mythe de la presse victime de la « barbarie intégriste » est fini. Le roi est nu. Le poncif destructeur de la « presse la plus libre du monde arabe », sur lequel les médias algériens ont longtemps surfé, est tombé dans une obsolescence absolue, à force de le répéter telle une ritournelle enrayée. Cet absurde cliché a été entretenu avec une complaisance certaine par la presse occidentale, française particulièrement, qui sur un ton paternaliste, presque hautain, parfois méprisant, distribuait des satisfecit à une presse indigène.

    Que signifie être la presse la plus libre du monde arabe ? Rien. Le monde arabe, qui ne s’est jamais singularisé par une quelconque pratique de la liberté de la presse, ne permet aucune comparaison. On ne se compare généralement pas au néant. La presse algérienne « libre » est une fumisterie supplémentaire qui, tout en amusant des éditorialistes parisiens en vogue, encourage les despotes dans leur sale besogne (parce qu’ils manipulent ce slogan en leur faveur) et maintient la presse arabe dans une médiocrité qui interdit toute émergence d’une vraie culture démocratique. Mais l’Occident, de manière globale, n’est pas séduit par l’idée d’une démocratie au Maghreb ni dans les autres pays arabes ; ce qui l’intéresse, c’est la liberté du business, pas de la presse.

    C’est pour cela qu’il est urgent, après treize ans de guerre, de se poser derrière les tranchées et de méditer son expérience. Ses doutes. Ses erreurs. Ses errements. Il est nécessaire de jeter un regard froid sur son propre parcours, loin d’être exemplaire, pour beaucoup d’entre nous. Il est essentiel que chacun dise sa vérité en se rappelant ses mensonges.

    Abed Charef, brillant journaliste et essayiste(1), a totalement raison de dire, en parlant de la presse, qu’elle doit saisir toutes les occasions qui se présentent à elle pour « se poser de nouvelles questions, engager un vrai débat, sur son rôle dans la conjoncture actuelle, et opérer une décantation devenue impérative, pour mettre fin à l’opacité et à la confusion qui l’entourent. Ce débat constitue lui-même un grand enjeu politique et moral, aussi bien pour la presse que pour le pays. Il est devenu inévitable. Incontournable ».

    La presse a tenté, par sa paresse et sa complaisance manifeste, de tuer ce qui fait que l’homme est homme : son intelligence. La presse « démocratique » a sommé les Algériens et le reste du monde de ne plus se poser de questions. Et ceux qui se posaient des questions embarrassantes étaient crucifiés en haut de ses éditos, comme de vulgaires traîtres à la cause républicaine. Les militaires sont-ils impliqués dans certaines tueries de civils ? Qui sont les commanditaires de certains meurtres politiques ? Peut-on exiger la vérité sur les assassinats ? La presse ne voulait plus se poser de questions et le plus souvent elle empêchait, dans un ignoble abus de pouvoir, les autres de se les poser pour connaître la vérité ou les vérités.
    J’aime la sagesse des griots africains, qui prévoient trois vérités : il y a ta vérité, il y a ma vérité et il y a la vérité, disent-ils. Pour la presse algérienne, il n’y a qu’une seule vérité, c’est la sienne. Ou plutôt, celle de ses sponsors. La presse ne s’est pas trompée d’analyse, elle a été le bras « armé » d’un mensonge d’État.

    L’armée américaine a commis les pires atrocités (dénoncées à juste titre par la presse algérienne) sur des populations civiles et continue à le faire aujourd’hui en Irak. L’armée française en a commis, elle aussi. Les services secrets des pays où la démocratie n’est pas seulement une vue de l’esprit ont parfois usé des plus sales méthodes. Et pourquoi l’armée algérienne, putschiste et despotique, serait-elle, elle, exempte de ces pratiques ? Pourquoi serait-ce une trahison que d’exiger la vérité ?

    Hocine Zehouane, courageux avocat des droits de l’homme, ancien prisonnier politique sous Boumediene, a confessé qu’il ne lisait plus cette presse : « Ma conviction est devenue inébranlable lorsque j’ai eu l’impression sordide qu’elle faisait corps à l’unisson dans les campagnes de massacres de populations civiles (2). » Hocine Aït-Ahmed, un des plus anciens opposants au régime militaire, l’a comparée quant à lui à Radio Mille Collines, cette radio rwandaise qui appelait ouvertement au génocide.

    Qui peut prétendre avoir médité ces propos dans la sérénité nécessaire, loin des émotions intempestives, des sentiments cocardiers et de la vanité corporatiste, comme se doit de le faire chaque journaliste confronté, dans ses doutes et ses interrogations, à la dureté sentencieuse de ces assertions ? Bien entendu, encore une fois, nous sommes passés à côté d’une interrogation essentielle : pourquoi, nom de Dieu, Aït-Ahmed et Zehouane, deux militants acharnés des droits de l’homme, défenseurs convaincus des libertés démocratiques, vieux routards mesurés de la politique, en sont-ils arrivés à ces conclusions terrifiantes sur une profession de plus en plus inscrite en porte à faux avec ses principes élémentaires ? Où avons-nous failli ? Comment nous sommes-nous laissés emporter par les eaux de la déchéance ? Comment sommes-nous arrivés à susciter des réflexions aussi dures ? C’est de cela qu’il s’agit aussi. De tenter une explication de ce long processus de dislocation, à travers quinze ans de presse qui fut pendant très longtemps présentée comme l’« acquis démocratique » le plus sérieux.

    Je n’ai pas de comptes à régler avec la presse, malgré mon amertume. J’ai entamé ma propre autocritique il y a plusieurs années, du temps où j’exerçais encore le métier de journaliste à plein temps. J’ai fait mes mea culpa. J’ai admis mes erreurs politiques, mes stupidités infantiles. Mes égarements et mes provocations futiles, aussi, en essayant d’aller à l’essentiel des interrogations. Beaucoup de mes confrères ne m’ont jamais pardonné cette remise en question. Car cette attitude est dangereuse, elle dérange les certitudes de la collectivité. Du groupe. Pour beaucoup, ce fut une « trahison ». « Varoum ! », dirait Ameyar, un brillant journaliste qui a mis fin à ses jours d’une balle dans la tête. De quelle trahison pouvait-il s’agir ? La trahison, telle qu’elle m’est reprochée, renvoie à l’idée de pacte. De clan. De secte. Moi je voulais seulement écrire. M’interroger. Comprendre.

    J’étais devenu un « apostat ». Un intouchable. Au diable les sectes. Les clans. Les pactes. « J’aime les hommes qui sont ce qu’ils peuvent », dit la chanson. Et je fus ce que j’ai pu.
    Il n’y a pas de trahison possible. La pensée n’est pas un piquet de grève que l’on plante devant la réalité en attendant qu’elle change pour ressembler enfin à nos mots d’ordre fantasmés. La pensée est une remise en question permanente. Penser, c’est trahir ses certitudes à chaque instant. Je suis un traître, parce que je ne veux pas être un piquet de grève muet et arrogant.
    L’atroce bégaiement de l’histoire

    Finalement, pourquoi ce livre ?
    J’ai relu attentivement les textes de ce recueil avant de les trier et de me décider à les publier à nouveau – sans rectifier les impuretés de style et parfois quelques imperfections grammaticales, dues le plus souvent aux contraintes de fabrication d’un quotidien et aux inconvénients d’une écriture d’urgence (3). Je les ai réunis en quatre grands thèmes – en conservant au sein de chacun d’eux l’ordre chronologique –, introduits à chaque fois par une ouverture inédite pour tenter de resituer les enjeux.

    Les relire à quelques années de distance m’a permis de constater que ces textes publiés entre 1999 et 2002, étrangement, restent pour une bonne partie d’entre eux d’une brûlante actualité. Et que cette écriture, dans ses digressions, semblait tenir par la main la tragédie : comme un camarade de mine de charbon, elle l’accompagnait dans sa descente vers les abîmes.

    Ces chroniques n’ont hélas pas vieilli. Ce n’est pas tant leur qualité littéraire qui les maintient sans rides, c’est cet atroce bégaiement de l’histoire, ce hoquet malheureux qui fait des croche-pieds au destin d’une société qu’il met à terre à chaque fois qu’elle tente d’avancer. La « fraîcheur » de ces chroniques n’est pas due à la lucidité de l’analyse, mais au désastre d’un drame qui se mord la queue sans arrêt. Depuis des années, la tragédie algérienne s’est figée. Comme les vieux grabataires, elle se répète, produisant inlassablement les mêmes quiproquos, les mêmes atteintes à la dignité humaine, les mêmes crimes d’État, la corruption, les émeutes, la répression, la révolte, le courage aussi, la fraude électorale (souvent), la démagogie et le mépris.

    Ces chroniques ont toutes été écrites, au jour le jour, pour un quotidien national, Le Matin, aujourd’hui disparu (4). Un journal dont je ne partageais pas toutes les opinions et qui, en retour, m’a laissé exprimer celles qui ne correspondaient pas à sa ligne, jusqu’au jour où cela ne fut plus possible. On ne simule pas indéfiniment la démocratie. Mes divergences profondes avec ce journal finirent inévitablement par une rupture, en 2002, et une vingtaine de plaintes, toutes émanant du ministère de la Défense – plaintes qui ont déjà débouché, à ce jour, sur deux condamnations par contumace à la prison ferme, en attendant le reste des procès.

    C’est l’évolution de ma propre pensée qui a fait que, régulièrement, je franchissais un peu plus les « lignes rouges » que le journal ne souhaitait pas forcément franchir et que les décideurs ne souhaitaient plus voir transgressées dans cette presse qu’ils avaient définitivement inféodée. Une presse qui s’est tellement embourbée dans la lutte des clans qu’il y a des moments où l’intensité des enjeux politiques fait qu’il est vital pour elle que les troupes resserrent les rangs pour hurler à la lune d’une seule voix. Je ne faisais pas partie des troupes et je ne voulais pas hurler à la lune. J’avais alors manifestement franchi les frontières du tolérable, les fameuses lignes rouges.

    Paris, le 3 janvier 2005.

    Notes 1- Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence, dont Algérie, le grand dérapage, L’Aube, La Tour d’Aigues, 1994.

    2- Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence, dont Algérie, le grand dérapage, L’Aube, La Tour d’Aigues, 1994.

    3- J’ai aussi laissée inchangée l’indication en fait erronée de « la DRS » que j’utilisais pour désigner la nouvelle appellation de la police politique. La trop fameuse « Sécurité militaire » est en effet discrètement devenue, en septembre 1990, le « Département du renseignement et de la sécurité », mais tous les Algériens ont continué depuis à parler de « la SM », appellation consacrée depuis si longtemps ; et son féminin s’est naturellement reporté, pour la plupart des journalistes « informés », sur le nouvel acronyme. Ce qui n’a, au demeurant, absolument aucune importance face à la réalité de cette officine de terreur au cœur du pouvoir depuis 1962.

    4- Le Matin a cessé de paraître en juillet 2004, victime de l’acharnement du pouvoir, après que son directeur de publication, Mohamed Benchicou, eut été incarcéré et condamné à deux ans de prison ferme sous un faux prétexte.




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  • Kada
    23 mars 2011 at 20 h 12 min -

    Pour avoir une presse libre ( prendre le terme avec beaucoup de prudence quelque soit le pays) , il faut un véritable ETAT DE DROIT avec une société civile CAPABLE DE REAGIR à l’abus de pouvoir et les abus du pouvoir.Et un peuple qui sait et PEUT soutenir ceux qui défendent sincèrement ses causes.
    Nos gérants de journaux sortent, dans leur écrasante majorité , de l’école du journal « EL MOUDJAHID » , berrah et bakh-khar (portevoix et thuriféraire)du pouvoir et digne représentant perpétuel de la pensée unique .Après avoir goûté à l’expression libre et usé du verbe noble et vertueux quelque temps, ils rentrèrent progressivement dans les rangs car si la prière derrière ALI est plus pieuse , la table de MOUAOUIYA est plus plantureuse ….moins les ennuis (fisc, papier,imprimerie , publicité,etc.. )
    Hormis la presse des hommes d’affaires dont la ligne éditoriale obéit strictement à leur réseau d’intérêts,La presse algérienne est peut être sortie du sous sol mais elle est toujours sous l’emprise des scories castrateurs du concept infantilisant (nos enfants ne sont pas encore mûrs) de la démocratie responsable et du centralisme démocratique( lignes rouges et tabous que fixent des gens en dehors du journal).
    Tant que cette idéologie existe , il n’y aura jamais de citoyenneté pour tous et ceux qui se mettront du côté du peuple seront systématiquement marginalisés.
    Sans aucune complaisance , je pense que LQA a été toujours du côté du peuple.
    Les peuples changent, luttent, souffrent mais ils ont toujours eu le dernier mot.
    ECHAAB ABQA MIN HAKIMIHI..
    P.S. Je suis certain que nos journalistes peuvent gagner en estime s’ils observent la devise d’un journal satirique connu »la liberté de la presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas. »SALUT A TOUS.




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  • slam
    23 mars 2011 at 20 h 54 min -

    @LQA
    Wallah,et évoquer juste son nom,est très grand que je ne suis pas du tout malintentionné en demandant la publication de l’appel de notre frère Ait Ahmed!Aucune arrière-pensée chers amis,chers frères.
    Loin de moi la simple idée de provoquer!En tout cas,si j’ai malencontreusement commis une erreur,je m’en excuse mille fois!
    Salutations chers amis

    =====================
    Le texte a été publié sur le site dès hier après-midi.
    Fraternellement.
    LQA




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  • Lyes Akram
    23 mars 2011 at 21 h 10 min -

    D’abord, je suis un des membres fondateurs du FCN, et je réside à Blida.
    Ensuite, voilà un extrait d’un article un peu daté du MAOL sur le DRS et sa presse. Ses victimes et ses plumitifs.

    Les victimes

    En plus de ceux qui ont perdu leurs vies, reste ceux qui ont énormément souffert et auxquels nous rendons un grand hommage pour leur courage, leur honnêteté, leur persévérance et leur résistance.
    Ils ont subit des tortures en tous genres, des viols, des harcèlements judiciaires et des insultes dans le meilleur des cas. Leur souffrance est celle du peuple algérien avec lequel ils sont toujours restés honnêtes.
    Nous ne pouvons pas les citer tous et nous n’avons aucune décoration à leur offrir sinon notre profonde reconnaissance et notre profond respect. Parmi ceux là nous citons :

    Salima Ghezali,
    Chawki Amari (caricaturiste),
    Marc Marginedas (correspondant d’El periõdeco : expulsé),
    Mourad Hadjersi(journaliste free lance),
    Baya Gacemi (la Tribune),
    Faycel Metaoui (El Watan),
    Abi Mounir (caricaturiste l’Authentique),
    Abdelaziz Houmad (directeur d’Ouest Info),
    Billal Thaminy (l’ Authentique)
    Djillali Hadjaj (El Watan),
    Saad Bouakba ( El Youm),
    Zoubir Souissi (ancien directeur du soir d’Algérie),
    H’mida layachi (El Khabar),
    Abdel Ali Hocine (Gayad) (El Khabar),
    Djamel Benmered (Exilé),
    El Kadi Ihsane (Le quotidien d’Oran),
    Touhami Madjouri (El Alam Assiyassi),
    Daikha Dridi (free lance),
    Mourad Aït Ouarab (free lance),
    Ahmed Kaci (l’Authentique).

    La dernière victime en date du colonel Hadj Zoubir est un jeune photographe Walid Zeroug, arrêté le mardi 28 mars 2000 à 19h30. Il a été emmené à Ben Aknoun (Belaroussi) où il a passé cinq nuits avant d’être relâché le dimanche vers 17 heures après que l’AFP ait rendu publique l’information.
    Ce photographe âgé de 24 ans travaille entre autres pour l’agence française IMA Presse. Son arrestation est directement liée au fait qu’il connaît personnellement l’attaché de presse au sein de l’ambassade de France à Alger. Zoubir avait demandé à Walid Zeroug de collaborer avec lui mais le jeune photographe a refusé.

    Les disparus

    Une pensée très particulière à quatre journalistes disparus dont deux arrêtés officiellement par les services de sécurité, à ce jour leur sort est identique à celui des milliers de victimes disparus qui nous interpellent à tous les instants pour que l’on fasse toute la lumière sur les.

    Djamil Fahassi : (Radio Algérienne, chaîne III),
    Aziz Bouabdallah (El Alam El Siyassi),
    Tous deux arrêtés par les services de sécurité.
    Kadour Bouselham, (Horizons),
    Mohamed Hassaine, (Alger Républicain),
    Mohamed Mekati, (El-Moudjahid),…

    Présumés tués par des groupes islamistes.

    Pour une lecture détaillée du sujet et des agents du DRS au sein de la presse :
    http://anp.org/fr/affairesmediaetpresse.html




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  • Djamel M
    23 mars 2011 at 21 h 24 min -

    Une petite précision cette « presse » se dénomme elle-même presse privée. La nuance est d’importance.
    Fraternellement




    0
  • zarathoustra
    23 mars 2011 at 21 h 41 min -

    je n’ai rein à ajouter à l’article de lyés Akram sauf que nos compatriotes des quotidiens arabophones et francophones ont tous choisi leurs camps,celui du plus fort qu’est le pouvoir.
    une fois la révolution en marche, ils seront de notre côté,pourvu que cela va durer dans le temps et va gagner du terrain dans l’espace de notre grande Algerie.
    certes,il est avantageux et primordial,actuellement,pour une revolution durable »Algeriens ,Algeriennes:serrez vos ceintures!)de creer une chaine de tv(cela ne coûte que 500000$) au plus vite possible.
    c’est une perte de temps de s’attendre à ce qu’une presse sous les ordres de nous faire de la publicité.
    merci




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  • Jeff
    23 mars 2011 at 22 h 15 min -

    La presse algérienne est une vue d’esprit, jamais une réalité. Elle a été conçue pour une mission bien déterminée. Elle a toujours été contre les forces du changement et pour le maintien du statut quo existant depuis 1992.

    @ Lyes AKRAM

    Si non comment expliquer lors de la mise en retraite du Colonel ZOUBIR, patron réel et effectif des plumitifs au ordre, ce dernier devient le directeur de sécurité pour le groupe CIVITAL de Rabrab patron du liberté et le soir d’Algérie. Heureusement, cette presse n’a aucune crédibilité en Algérie mais surtout à l’étranger.




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  • M.J.
    23 mars 2011 at 23 h 40 min -

    @ D.B.
    Bonjour.
    Le problème en Algérie, n’est pas celui de la presse, ou de la télévision, ou celui de la radio, des hopitaux, des taxis, des médecins, des policiers, des transports, des boulangers, des épiciers, des escrocs qui pullulent….etc…etc…
    Le problème en Algérie est un problème de réseautique et de connectique maffieuse qui remet en cause les règles qui vont jusqu’a figer l’expression des décisions de justice en amont et en aval, qui vont taire les compétences et les règles de toutes sortes.
    Toutes les règles qui régentent les sociétés sont piétinées, occultées, privatisées, clanisées et il n’y a plus de droit, de morale ou de religion qu’en apparence. Tout est devenu apparence et hypocrisie.
    Le problème de l’Algérie est un problème de corruption généralisée et au sens large qui fait que le plus honnête à au moins « gouté son doigt » et ceux qui ne l’ont pas fait passent pour être des crétins aux yeux de tous.
    Le problème fondamental de l’Algérie est qu’on applique les lois de la nature à l’envers et une société qui va à l’encontre des lois de la nature (sounanou allahi fi khalkihi) va vers le désastre, le Coran, source principale de la religion musulmane le prédit, la science objective aussi le prédit.
    C’est ainsi que la compétence et l’intégrité qui vont généralement de pair sont brimées, marginalisées, persécutées et la mauvaise graine se fraie un chemin facilement et prolifère comme le chiendent pour envahir tout. Qu’on permette à la compétence, à la rationalité et à l’intégrité de reprendre le flambeau et tout rentrera dans l’ordre au bout d’un temps et les blessures se cicatriseront et guériront peu à peu.
    L’ensemble du tissu social est atteint de la maladie ou en voie de l’être et cette maladie est à des stades différents en fonction des strates de la société et progresse sans cesse. Le corps social est en danger mais cela ne suscite pas prise de conscience chez beaucoup de gens et c’est malheureux. Il est urgent d’agir, il ne faut pas attendre la mort du malade pour penser à le faire.
    Amicalement.




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  • hakimM
    24 mars 2011 at 1 h 56 min -

    Vous voulez que la presse qui vous font concurrence vous cède le passage. Vous voulez que le pouvoir mafia corrompu vous facilite la vie, a vous LQA qui voulez changer le régime et construire une large démocratie solide. Ne rêvons pas, il n’y aura aucun changement de la part de dictateurs, de la part des opportunistes et des assassins.
    Le changement, nous allons le faire seuls contre vents et marrais. Soyons solidaires entre nous, faisons appel aux forces vives du FFS et de d’autres partis intègres et officies intègres, demandons a dieu de nous aider , c’est suffisant.




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  • anonyma
    24 mars 2011 at 3 h 38 min -

    M.J tu a tout à fait raison , il ne faut pas attendre la mort du malade pour agir, les Algériens ont perdu trop de temps vis à vis de leur voisins alors que le temps presse et la conjoncture actuelle est la meilleur et il faut unir ces rangs et mettre tout différent de coté et sortir tous dans la rue, tous les peuples se libère malgré les sacrifices et les Algériens savent que raler.
    Il faut que le pays soit libérer combien d’année il faut attendre pour que ce peuple pourra vivre dignement la tete relevée.
    Quand aux journalistes et la presse en général c’est le DRS qui est derrière ou était ces journalistes dans les années 90 quand le DRS et l’armée , les GLD, les policiers enlevaient, assassinaient, violaient à ciel ouvert, à cette époque ces memes journaux raconter des mensonges on impliquant ces actes criminels aux islamistes alors qu’ils connaissaient très bien qui étaient derrières ces exactions.
    La presse Algériennes, les médias et les journalistes tous proches du pouvoir ont toujours été complices du régime génocidaire et les pire ennemis de leur compatriotes.
    Il faut que le peuple Algérien prend conscience du danger qui le guette et sort de son hibernation qui a durée 49 ans et doit prendre son destin en main.
    Une révolte générale en ce moment pourra vous aider car tou le monde est brancher sur l’Algérie et surtout que le Clan de OUJDA ou les généraux aucun d’entre eux ne pourra oser utiliser les meme pratiques des années 90 contre le peuple ni dire que c’est des islamiste car aujourd’hui tous ces mensonges ne peuvent pas les faire passer car les amis de BOUTEF comme BEN ALI, MOUBARAK, KHADAFI et ABDALLAH SALH les ont utiliser mais çà na pas marcher personne n’y croit qu’il y a des terroristes i ce n’est ces régime qui sont eux les vrais terroristes qui utilisent la force contre leur peuple pour rester le plus longtemps possible au pouvoir.




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  • Ameziane
    24 mars 2011 at 11 h 34 min -

    A propos des relations du DRS à la presse, quelques piste de lecture :

    -La presse et le DRS http://desillusions.centerblog.net/3972016-La-presse-et-le-DRS
    http://www.centerblog.net/actualite/135883-3972016-la-presse-et-le-drs-

    -Le DRS controle la presse http://www.city-dz.com/arezki-ait-larbi-journaliste-algerien-%C2%AB-le-drs-controle-la-presse-%C2%BB/

    -La presse algérienne du DRS
    http://algeriedemocratie.unblog.fr/2010/06/07/la-presse-algerienne-du-drs/
    -DRS et journaux…
    http://www.postedz.net/journaux-algeriens/drs-et-les-journaux-algeriens/

    -Presse, DRS …& AQMI
    http://tchadonline.com/algerie-les-connexions-secretes-du-drs-avec-les-reseaux-d%E2%80%99aqmi/

    -Presse,….la grande désillusion !
    http://desillusions.centerblog.net/3809188-Presse-algerienne-La-grande-desillusion

    -La presse ou les démons du mensonge.
    http://aujourdhui.ma/plaisirs-ramadan-2005-details951.html

    -La presse se déchaine….
    http://www.forum-algerie.com/actualite-algerienne/45412-la-presse-francophile-se-dechaine-contre-boutef.html

    – Vérités sur la presse algérienne…
    http://lalgerietellequelle.blogspot.com/2010/08/les-journalistes-fawzi-et-les-rapports.html

    -Le vrai visage de la presse algérienne…
    http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=372

    -Presse, DRS…et Boutef’ …
    http://infoalgerie.blogvie.com/2010/09/20/une-guerre-bouteflika-drs-laissez-moi-rire/

    -Les violations de la liberté de la presse…
    http://www.algerie-tpp.org/tpp/pdf/dossier_7_presse.pdf

    Bonne lecture .




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  • Afif
    24 mars 2011 at 13 h 53 min -

    @ DB :

    El Watan a publié l’intégralité du mémorandum d’Aït Ahmed dans son édition d’hier. Le Quotidien d’Oran en a publié des extraits. Que conclure ? Merci.




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  • el-amel
    24 mars 2011 at 14 h 56 min -

    Le combat du docteur Salah-Eddine SIDHOUM est dérangeant car c’est un Intellectuel et Humaniste. Il dérange l' »intellectuel au service de… »




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  • D B
    24 mars 2011 at 14 h 56 min -

    @Afif
    Le texte de Monsieur AÎT-Ahmed est d’une grande perspicacité. Mais en l’état, il ne représente aucun péril pour le régime. C’est un texte de fond, une analyse et une prospective en même temps, mais qui se distingue par la pondération du ton. Il ne préconise pas d’action directe, pour un changement radical et immédiat. Donc, il passe.




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  • Thanina
    24 mars 2011 at 22 h 07 min -

    Bnjour,

    Il ne faut pas aller loin, comment expliquez le fait qu’une vingtaine de journaleux algériens sont officiellement allés en Israël juste après l’arrivée de Boutef au pouvoir et que lors de leur visite, il leur avait été dit texto et officiellement: «N’ayez crainte, nous vous garantissons qu’il ne vous arrivera rien en Algérie».




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  • Nourredine BELMOUHOUB
    24 mars 2011 at 23 h 08 min -

    Tous les journaux algériens, à quelques rares exceptions près, sont influencés sinon briefés par le Service de l’action psychologique du DRS, Le deal est simple : faites de l’argent comme vous voulez avec votre publicité (des recettes pharaoniques), mais foutez-nous la paix. Le quarteron de journaux, les plus lus, brassent des milliards et leurs propriétaires, des rentiers, ne se soucient que de la rentabilité. Il arrive très souvent, sinon la plus part du temps, que les lecteurs accusent très clairement les journaux (et les journalistes) de mentir.. Pour beaucoup, tout ce que rapporte aujourd’hui les journaux est fatalement un mensonge, globalement et dans le détail. Il refuse même d’en débattre. C’est un mensonge et l’affaire est classée, pour résumer la situation. Il s’agit d’une crise de confiance, sans plus.
    Le Journalisme, un Art, une Mission et un Devoir entre les mains des imposteurs.




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  • Nourredine BELMOUHOUB
    24 mars 2011 at 23 h 12 min -

    @ el-amel
    Quelle lucidité, cinq sur cinq, une vision claire, nette, precise et concise que je partage pleinement,




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  • Kada
    25 mars 2011 at 0 h 02 min -

    Un vieux proverbe du terroir dit:
    Celui qui a faim à l’estomac peut être rassasié mais celui qui a faim au « coeur » (frustré) ne peut jamais être rassasié.
    Pour faire avancer un pays , il faut un minimum d’aristocrates ,DANS TOUS LES SECTEURS.




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  • Ammisaid
    25 mars 2011 at 2 h 27 min -

    La presse Algérienne raconte le vécu d’un pays qui n’existe dans les mensonges de ceux qui consomment, sans modération, le pétrole extrait sans modération du désert qui leur appartient sans aucun titre légal de propriété!
    L’Algérie avait démarré dans un cinema et elle y est toujours ! Les réalisateurs sont toujours les mêmes et ils font jouer le même rôle à tous et toutes, y compris, ceux et celles qui refusent d’y participer.




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  • Moh
    25 mars 2011 at 12 h 15 min -

    Si un sergent arrive à dominer un journal « indépendant » se déclarant démocrate où exercent des sommités médiatiques (nos sommités,tout est relatif)
    Si un marchand de gazouz devient patron de clinique où exercent des sommités médicales
    Si un lumpen-prolétaire devient devient patron d’une grosse boite , où exercent des sommités de la gestion et de la technologie ,
    Si des hauts responsables politiques sont associés à ces lumpen prolétaires incultes
    Si les examens et les concours sont vendus
    à l’encan
    Si les médicaments sont prescrits en fonction de la générosité des laboratoires pharmaceutiques
    Si la réussite d’un club sportif est directement liée à la grosseur de son compte
    Si le patriotisme est proportionnel à la prébende
    Si la justice n’est clémente que pour les riches
    Si les enfants du peuple ont peu de chance de réussir (enseignement à 2 vitesses)
    Si la représentation populaire passe par ch’kara
    Cela veut dire que l’on carbure qu’au fric.
    Aucune société dans l’Histoire n’ a duré lorsqu’elle ne fonctionne qu’en fonction de l’intérêt matériel.L’éthique et la morale sont les fondement de toute société humaine équilibrée depuis la naissance de l’Humanité (voir travaux des paléo-anthropologues)




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  • Ammisaid
    25 mars 2011 at 14 h 33 min -

    A Mr Moh nous carburons avec le pétrole comme les voitures. Le jour où il n’ y aura plus nous carburerons au soleil ou nous nous arrêterons. Ce qui nous dirige sont là pour assécher le désert pour qu’il ne serve plus à rien. C’est pour ça que c’est malheureux toutes ses pertes humaines et autres. Mais comment leur faire comprendre qu’un humain n’est pas crée uniquement pour consommer mais aussi pour produire, trouver, penser, réfléchir, inventer…?
    J’avoue que c’est sidérant. Ils ont échoué sur tout les plans mais ils continuent à être convaincu qu’ils utiles, indispensables…
    Fraternellement




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  • saouda
    25 mars 2011 at 17 h 56 min -

    Merci M.J.vous avez mis le doigt sur la plaie et je termine ce message(pardon)pour dire qui sont les propriétaires de ces journaux,vu ma position hiérarchique
    dans la société un tout petit citoyen je préfère me taire sinon je serai dévoré par ces monstres.




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  • Adel
    25 mars 2011 at 20 h 40 min -

    @Moh

    Bonjour,

    Déjà, sous Boumédiène, les voitures neuves (bons Sonacome) coutaient moins chers que les voitures d’occasion (souk El-Harrach). L’Algérie est le pays des miracles, puisque des analphabètes trilingues arrivent à s’imposer à des Ph.D.

    SAG, ingénieur de la prestigieuse École des Ponts et Chaussées (Paris) au début des années 60, a loyalement servi les caporaux de l’armée française qui sont à la tête du pays depuis 62.

    tfâhemnâ 3lâ khlâhâ.

    Le jour où les intellectuels et autres experts auront le courage de leur dire non, le soleil se lèvera peut-être sur notre pays.

    Cordialement




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  • Afif
    25 mars 2011 at 21 h 53 min -

    @ DB :

    J’ai oublié une autre information : El Watan a fait état de la création du FCN en citant les noms de Addi Houari, Yahia Bounouar et Youcef Zirem dans son édition du 23 mars, en page 2.




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  • Nourredine BELMOUHOUB
    26 mars 2011 at 13 h 39 min -

    Bien que tout -à peu prés- semble avoir été dit au sujet de la presse algérienne, qui selon El Hadi CHALABI,  » est au dessus de tout soupçon », il me semble utile d’ajouter qu’il ne fait plus de doute aujourd’hui que la presse dans son ensemble, a été modelée avec des matériaux d’une culture de faussaire




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  • Adel
    27 mars 2011 at 16 h 07 min -

    Si vous prenez une feuille de plastique (ou n’importe quel matériau) et que vous la divisez en 50 morceaux, vous aurez 50 morceaux de plastique.

    Il en est ainsi de la presse algérienne : la pensée unique de l’État ANP-FLN qui sévissait dans les quelques journaux du pouvoir avant 89 a été découpée en un plus grand nombre de morceaux. Mais c’est toujours de la pensée unique, malheureusement.

    Pour que la presse algérienne devienne véritablement indépendante, il faudrait qu’elle change de nature, ce qui est impossible tant que le système n’aura pas changé.




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  • ventre – creux
    1 avril 2011 at 20 h 32 min -

    il y a certains journalistes sont les instruments dont sert le péché pour imposer a l´opinion publique des médias de comportement éberrants. certains journalistes algeriens ils brassent du vent pour détourner l´orage!. (ala koulihel) il y a quand même quelques médias qui tentent de resister, je pense á des internets d´information generale qui defient le pouvoir. merci




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  • Merzak OUABED
    6 avril 2011 at 18 h 58 min -

    LE JOURNALISTE

    En vertu du droit de savoir
    Et de celui d’être informé
    Moi, je ne fais que mon devoir
    En écrivant tout . . . désormais !

    Alors, je dis pourquoi, comment ?
    Combien, où ça, à quel moment ?
    Les qui…que…quoi des événements
    Qui nous secouent quotidiennement

    Dans un climat fait de psychose
    Je vais alors au fond des choses
    Analysant effets et causes
    Qui rendent la vie triste et pas rose

    Mettant fin aux spéculations
    D’radio- trottoir; cette station
    J’irai cueillir l’information
    Aveux et autres révélations

    Comme la magouille est si ancrée
    Je vais aussi me consacrer
    A dévoiler tous les secrets
    Des ventrus qui se sont sucrés

    Or, comme je ne mets pas de gants
    Pour dénoncer tous les brigands
    Et faux dévots; aux creux slogans
    Je fais soulever des ouragans

    Non partisan et sans tutelle
    Je ne fais pas dans la dentelle
    Pour révéler l’abus d’Untel
    Un gros requin dans le cartel

    Mais c’est facile à dire qu’à faire
    Car ce n’est pas une mince affaire
    Lorsqu’on est entre feu et fer
    De s’exprimer en cet enfer

    Comme mes articles, ne peuvent pas plaire
    A tout le monde, et ça c’est claire
    Alors des ombres tentaculaires
    S’en prennent ainsi à mon salaire

    Et puis, pensant me bâillonner
    Les autres me font claquer au nez
    A tout moment de la journée
    Leurs cossues portes capitonnées

    Pigiste ou bien correspondant
    Ou rédacteur au style ardent
    Le journaliste se casse les dents
    Dès qu’il ose être indépendant

    D’ailleurs, je peux par manque de pot
    En exerçant laisser ma peau
    Ou bien passer un long repos
    Grâce au fameux; mandat d’dépot

    Que je sois un fin billettiste,
    Un reporter ou nouvelliste
    Ou même livreur ou machiniste
    Je suis victime en tête de liste

    Je sais qu’on veut m’intimider
    Mais moi, je reste bien décidé
    A m’exprimer, ne pas céder
    Et à défendre la libre idée

    « Je ne dis rien ou bien je dis  »
    Ce que je pense, l’on me refroidi
    Alors autant le dire pardi !
    Avant d’aller au paradis

    Au fond, tous les tueurs en herbe
    Qu’ils soient barbus, ou bien imberbes
    Redoutent ma plume, l’arme superbe
    Qui tire. . . des mots justes et des verbes

    Alors ma plume de chroniqueur
    De journaliste; portant au coeur
    Notre Algérie, sera vainqueur
    De toutes les armes des p’tits braqueurs.
    Merzak OUABED
    Alger, 1996




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  • Congrès du Changement Démocratique