Édition du
24 March 2017

Marches, sit-in et grèves,Le gouvernement dos au mur

Le Jour d’Algérie


 

Le front social bouillonne depuis le début de l’année en cours en Algérie. Jamais le pays n’a connu une telle effervescence sociale et autant d’actions de protestation.

Les faits ne sont pas nouveaux, certes, puisque le pays vit au rythme des mouvements de protestation depuis des années déjà. Mais, leur accumulation en un laps de temps fait craindre le pire. C’est tout le monde qui veut profiter de la conjoncture actuelle et de la générosité des pouvoirs publics.

L’Etat ne lésine pas sur les moyens financiers afin d’acheter la paix sociale. En vain. Les dernières mesures économiques et sociales prises par le gouvernement n’ont pas pu apaiser le front social. L’agitation secoue plusieurs secteurs. Il en est ainsi de l’enseignement supérieur, de la santé, de l’Education nationale, des victimes du terrorisme et de simples chômeurs. Les pouvoirs publics ne savent plus à quel saint se vouer pour calmer cette fronde qui a déjà fait tache d’huile et menace d’aller crescendo.

C’est ce qui s’appellerait être dos au mur ! Dans le secteur de l’Education, qui ne connaît que rarement des moments de répit, les enseignants contractuels assiègent depuis quelques jours la Présidence de la république. Ils ne sont pas prêts à quitter la résidence du chef de l’Etat, devenu le haut lieu de la contestation sociale, malgré la charge policière, jusqu’à la satisfaction de leur revendication, à savoir l’intégration dans leur poste d’emploi. Il faut dire que le siège de la Présidence à El-Mouradia ne désemplit pas ces derniers jours.

Lundi dernier, trois rassemblements ont été tenus simultanément sous les bureaux du président. Les chômeurs, regroupés dans le Comité national pour la défense des droits des chômeurs, ont investi le siège de la présidence pour réclamer des postes de travail décents. De même pour les familles rapatriées de Tripoli qui reprochent aux autorités de les avoir fait venir au pays pour être livrées à elles-mêmes sans aucune aide alors qu’elles sont rentrées les mains vides, après avoir tout abandonné au pays de Kaddafi.

Ainsi, il semble que les blessures de la décennie noire ne sont pas encore guéries, puisque les familles des victimes du terrorisme sont revenues à la charge par une série d’actions de protestation. Elles réclament la promulgation d’un statut type pour victimes du terrorisme, la sauvegarde de la mémoire collective, les intérêts moraux et matériels des victimes du terrorisme, au même titre que les victimes de la guerre de Libération nationale et l’instauration d’une pension de retraite au profit des familles de victimes du terrorisme, ayant atteint l’âge légal de 60 ans, en substitution de la pension de 5 000 DA qu’ils continuent à percevoir. Même les commerçants comptent observer prochainement une grève pour dénoncer l’informel.

Les travailleurs communaux, au nombre de 500 000, menacent également de paralyser les communes à la fin du mois en cours. A l’intérieur du pays, il ne se passe pas un jour sans qu’une route ne soit coupée ou qu’une APC ne soit fermée. Les émeutes et les rassemblements sont devenus presque quasi quotidiens.

En gros, le malaise social est perceptible un peu partout. Cette ébullition du front social intervient dans un contexte national fort particulier marqué, notamment par les appels des partis politiques et des associations à des marches pour réclamer «le changement». Tout les monde veut le changement. Autant de revendications que les pouvoirs publics sont dans l’obligation de satisfaire afin de contenir ces tensions.

H. L.

 


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