Édition du
22 July 2017

URGENT : Nouvelles tueries aujourd'hui en Syrie

Nouvelobs.com
Syrie : la répression dans le sang continue
Plusieurs manifestants anti-régime ont été tués à Deraa vendredi, alors que Damas avait annoncé plus tôt des mesures anti-corruption et l’annulation de la loi d’urgence en vigueur depuis 1963.

 

Au moins quinze personnes ont été tuées mercredi à Daraa, dans le sud de la Syrie. (AFP)

Plusieurs manifestants qui se dirigeaient vers Deraa, au sud de Damas, ont été tués vendredi 25 mars par des tirs contre leur rassemblement, rapporte un militant des droits de l’Homme. Depuis plusieurs jours, les mouvements de protestation sont réprimés dans le sang en Syrie.

De petites manifestations ont eu lieu vendredi dans le sud de la Syrie et à Damas, où la police a arrêté au moins cinq personnes, d’après des journalistes de l’AFP sur place.

Des dizaines de manifestants sont sortis dans la rue après la prière, à la mosquée des Ommeyades, dans le coeur de Damas. Ils se sont alors dirigés vers le souk Hamadiyeh, en criant « Deraa, c’est la Syrie », « Nous nous sacrifierions pour Deraa », ou encore  « Dieu, la Syrie, la liberté et c’est tout ».

Paris réclame des réformes

La France a par ailleurs réagi aux violences qui affectent le pays depuis plusieurs jours en réclamant vendredi au pouvoir syrien « la mise en oeuvre effective et rapide » des réformes annoncées, incluant notamment la levée de l’état d’urgence en vigueur depuis 1963.

« La France condamne avec la plus grande fermeté les violences qui ont conduit le 23 mars à la mort de plus de 50 personnes et qui ont fait de nombreux blessés », a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. Et d’appeler « à la libération de tous les prisonniers d’opinion, et à l’ouverture d’une enquête transparente sur les violences de ces derniers jours ».

 

Les autorités tentent de calmer le jeu

Les autorités syriennes avaient affirmé jeudi qu’elles envisageaient l’annulation de l’état d’urgence, promis des mesures anti-corruption et annoncé des libérations. « Le peuple prendra part à toutes les décisions qui seront prises », avait déclaré à la presse Boussaïna Chaabane, conseillère du président Bachar al-Assad.

Les revendications des habitants de Deraa, ville du sud de la Syrie théâtre de manifestations antigouvernementales, sont « légitimes », avait par ailleurs déclaré la conseillère lors d’une conférence de presse à Damas.

Carte de Syrie
Carte de localisation des manifestations en Syrie qui ont fait au moins 100 morts dans le sud du pays (AFP)

 

100 morts à Deraa

Au moins 100 personnes avaient déjà été tuées mercredi par la police à Deraa, selon des militants des droits de l’Homme et des témoins. « Il y a sûrement plus de cent morts et la ville a besoin d’une semaine pour enterrer ses martyrs », a affirmé Ayman al Assouad, militant des droits de l’Homme, joint au téléphone par l’AFP à Deraa depuis Nicosie.
Al Assouad a accusé les forces de l’ordre d' »avoir utilisé des balles réelles » contre les manifestants.

Un autre militant des droits de l’Homme a affirmé que le nombre des tués à Deraa et dans les localités voisines « dépassait les 150 morts ».

Les autorités ont imputé les heurts à un « gang armé« , l’accusant d’avoir tué quatre personnes et « d’emmagasiner des armes dans la mosquée » al-Omari à Deraa.

Plus de 20.000 personnes ont par ailleurs participé jeudi à des funérailles à Deraa dans le sud de la Syrie, a indiqué un militant des droits de l’Homme. Les manifestants scandaient : « Par notre âme et notre sang, nous nous sacrifierons pour toi, martyr ».
Ils se dirigeaient de la Mosquée al-Omari vers le cimetière.

 

« Une Syrie sans tyrannie »

Outre Deraa, la contestation touche également des villes avoisinantes, comme Jassem ou Nawa. Le mouvement de contestation sans précédent a débuté le 15 mars en Syrie à la suite d’un appel d’une page Facebook, intitulée « la révolution syrienne contre Bachar al-Assad 2011″, à des manifestations pour « une Syrie sans tyrannie, sans loi d’urgence (depuis 1963) ni tribunaux d’exception ».

De petites manifestations appelant à des réformes politiques ont été dispersées depuis le 15 mars dans la capitale, puis le mouvement s’est étendu au sud du pays. Outre les morts à Deraa, des dizaines de personnes ont été arrêtées à travers le pays.

 

L’écrivain Louaï Hussein arrêté

L’Observatoire syrien pour les droits de l’Homme (OSDH) a fait état de l’arrestation mardi de l’écrivain et militant Louaï Hussein près de Damas. « Louaï Hussein a été arrêté dans son appartement à Sehnaya par les services de sécurité. En rentrant, sa famille a été surprise de trouver la porte de l’appartement défoncée. L’endroit où se trouve Louaï est jusqu’à présent inconnu », indique l’OSDH dans un communiqué.

Louaï Hussein, 51 ans, avait publié lundi sur Internet un communiqué pour recueillir des signatures en solidarité avec les habitants de Deraa, souligne le communiqué.

Par ailleurs, les services de sécurité ont arrêté dimanche soir Rami Suleimane Iqbal à Daël, dans le gouvernorat de Deraa, après un entretien avec la radio BBC en langue arabe au cours duquel il avait évoqué la situation dans cette ville. « Son sort est inconnu », indique l’ONG.

Le Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a demandé mardi à la Syrie d’ouvrir une enquête transparente sur les violences survenues au cours du week-end alors que l’Union européenne dénonçait « la répression » des manifestants.

 

Nouvelobs.com avec AFP


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4 Commentaires sur cet article
  • Farid1
    25 mars 2011 at 17 h 26 min -

    Maintenant c’est au tour des Américains de se soulever.




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  • al majid
    25 mars 2011 at 18 h 24 min -

    cette famille de terroriste assad lheritier du roi hafad al asad prenne la syrie comme leurs proprietes prive.il faut une intervention urgente des pays occidentaux pour sauver le peuple syrien.




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  • Roberto
    26 mars 2011 at 5 h 56 min -

    Je dirais a Bachar El Assad d’aller libérer le Golan avec son armée au lieu de tirer sur son propre peuple.Il sait qu’il se cassera les dents avec Israël.




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  • HAMMANA
    31 mars 2011 at 16 h 26 min -

    Le dénominateur commun des régimes arabes reste l’usage de la violence comme la seule alternative pour gérer les émeutes qui jusque-là demeurent pacifiques.En privilégiant ainsi le coté sécuritaire,ils contribuent à l’escalade de la violence qu’ils disent combattre et acculent les peuples à une riposte conséquente qui finit par consacrer leur rupture.
    Plus l’armée persévère dans le carnage,plus les rapports entre gouvernants et gouvernés se détériorent davantage pour rendre inéluctable l’effondrement des systèmes qui excellent dans tous les vices sauf celui du dialogue.
    Leurs refus de composer avec leur peuple procèdent du syndrome des révoltes qu’ils appréhendent avec beaucoup de suspicion ,étant constitutionnellement illégitimes et moralement impopulaires.




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  • Congrès du Changement Démocratique