Édition du
23 July 2017

Contre la répression de la mobilisation des enseignants contractuels algériens

samedi 26 mars 2011, CISA (contact : comintersaa@gmail.com)
http://www.cisa-solidaritesyndicats-algerie.org/spip.php?article40

COMMUNIQUÉ

Paris, le 26 mars 2011

Depuis le 20 mars 2011, cinq cents enseignants contractuels observent un sit-in permanent devant le palais présidentiel à Alger pour exiger leur titularisation. Ils sont en effet maintenus dans la précarité depuis de longues années – depuis plus de treize ans pour nombre d’entre eux. Leurs salaires sont misérables et souvent payés avec beau-coup de retard. En 2008 déjà, près de quarante contractuels avaient entamé une grève de la faim pendant près de quarante jours et avaient obtenu la prise en compte de leurs années d’enseignement dans les concours. L’Algérie compte près de 20 000 enseignants contractuels, faisant de la précarité une règle dans l’Éducation nationale.

Cette mobilisation exemplaire, comme celles des salariés de la fonction publique, de l’industrie et du secteur pétrolier, ou des chômeurs et des étudiants, qui se multiplient ces derniers mois, est à nouveau l’objet de la répression orchestrée par le gouverne-ment, par ses forces de police ou par des moyens plus sournois. Ainsi, le 19 mars au soir, lors d’une réunion de la Coordination des enseignants contractuels et du Comité national pour la défense des droits des chômeurs dans la Maison des syndicats auto-nomes, qui soutiennent activement leurs mobilisations, la police a orchestré des agressions des membres de la coordination par des jeunes du quartier.

Depuis que les contractuels maintiennent leur sit-in, ils subissent régulièrement des violences policières, de nuit surtout. Outre les arrestations nombreuses, les forces de police n’ont pas hésité à tabasser indistinctement certains d’entre eux. C’est un combat contre la précarité, c’est un combat pour le droit aussi.

Le CISA soutient les revendications des enseignants contractuels et de tous les travailleurs et chômeurs en lutte pour leurs droits en Algérie. Le CISA dénonce le harcèlement policier qu’ils subissent malgré la levée de l’état d’urgence et constate qu’une fois de plus, le pouvoir ne tient pas ses engagements arrachés lors des mobilisations précédentes et bafoue les droits d’expression et de manifestation des citoyens algériens.


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5 Commentaires sur cet article
  • Amer-yahia
    27 mars 2011 at 0 h 15 min -

    L’éducation, un travail contractuel?

    On reste abasourdi par l’indifference et la legereté avec lesquelles sont traitées les revendications de citoyennes et de citoyens en charge de l’éducation de nos enfants. Des revendications qui n’auraient pas dues exister pour diverses raisons car réduire le corps d’enseignants, d’éducateurs à occuper la rue ou, plus grave encore, à menacer de mettre fin à la vie juste pour la stabilité de l’emploi dépasse l’entendement. On ne peut confondre la profession d’enseignant avec certains métiers. L’éducation ne peut etre une tache ni temporaire ni limitée dans le temps tant pour celui qui dispense le savoir que pour l’apprenant.
    Les autorités en charge de ce secteur sont interpellées pour revoir leur copie. Certes la faute est consommée mais l’irréparable sur le plan humain et moral peut etre évité. Un enseignant est aussi une famille à nourrir avant d’etre un salaire à verser. Il est un exemple, un modèle pour son élève. Que represente l’éducation dispensée par une personne réduite à la précarité, sans ressource et sans logement?
    Quelqu’en soit le résultat de ce jour de sit-in, ce « vendredi de la réintégration », devant la Présidence de la République, force est de reconnaitre que le système éducatif national a atteint le bas de l’échelle. La longévité au poste de ministre du premier responsable de ce secteur n’en sera qu’une des causes, la principale reste la précarité de l’enseignant.

    Le président de l’Upewa, Salah Amer-yahia




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  • Contre la répression de la mobilisation des enseignants contractuels algériens midipress
    27 mars 2011 at 11 h 12 min -

    […] précédentes et bafoue les droits d’expression et de manifestation des citoyens algériens. ici pour lire l’article depuis sa source. Cette entrée a été publiée dans algerie. Vous […]




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  • amel
    27 mars 2011 at 15 h 13 min -

    Hélas ,c’est cela l’Algérie des incultes , des sangsues et des incompétents ,l’état a de l’oseille pour des manifestations qui n’apportent rien à la formation du citoyen ,des manifestations qui engrangent des budgets faramineux ,mais nos dirigeants ne se soucient guère de la prise en charge effective de l’éducation et de l’instruction de l’ensemble de la famille éducative




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  • Zineb Azouz
    27 mars 2011 at 20 h 13 min -

    C’est le retour au statut de l’indigénat, il y a les contractuels de l’éducation, et n’oublions pas tous les jeunes diplômés dont ils ont fait les cerfs Algériens par les fameux contrats emplois-jeunes.

    L’éducation ne pèse rien dans la balance de notre mafia, c’est tout juste un moyen de caser les plus jeunes et de veiller à ce que les Algériens n’apprennent rien à l’école.

    Ils ont légalisé la précarité comme ils ont absous les pires crimes.

    A eux les postes, à eux les prêts bancaires illimités, à eux les terres agricoles, à eux les mandats de sénateurs, à eux les passeports diplomatiques, à eux les doubles nationalités et au peuple les matraques.

    Cordialement,
    ZA




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  • Nourredine BELMOUHOUB
    28 mars 2011 at 22 h 56 min -

    Encore et toujours,l’ignorance bastonne la science
    en se croirait à l’ére coloniale, avec en plus de la haine et du mépris.Honte à vous ennemis du savoir.




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  • Congrès du Changement Démocratique