Édition du
28 March 2017

Discours de Bouteflika: Quoi en penser ?

http://www.youtube.com/watch?v=hwl4tP1BGXE

Le Président Bouteflika était entré en catalepsie politique.
Plus aucune communication directe avec le peuple. Même pas lors de circonstances exceptionnelles, voire tragiques. Mégalomanie ? Problèmes de santé ? Dépression nerveuse, d’un homme qui a réussi à réaliser tous ses rêves, toutes ses ambitions, mais trop tard ?
Un succès tardif qui s’est transformé en amère désillusion, et un mépris incommensurable à l’endroit d’un peuple qui n’est que foule informe pour lui, troupeau de moutons, juste bons à tondre ?
Il avait fini, à force de moyens hautement persuasifs, qui s’expriment en lignes de crédits, en nominations, en exonérations de tout genre, y compris des amnisties pour crimes en tout genre, et même pour haute trahison, en dotations de fiefs et de « bénéfices », en l’octroi de brisées et de chasses gardées, dans le plus pur style d’un système féodal, ou d’une organisation mafieuse, ce qui revient au même, en matière de rusticité, et de force brutale. Il n’y manque que le droit de cuissage. Et encore…

Mais voilà que surviennent des évènements tout à faits extraordinaires, totalement imprévus, voire fantastiques. Qui aurait cru que les peuples tunisien, egyptien, libyen, yémenite, et même syrien, puissent un jour remettre en question les régimes qui les oppriment depuis des décennies? Que Moubarak et ses garçons puissent être déférés en justice, que Kadhafi en arrive à trouver un pays qui veuille bien l’accueillir, que les avoirs financiers de tout ce beau monde puissent être gelés dans le monde entier, en attendant qu’ils soient restitués aux peuples qui ont en été délestés ? Personne de véritablement sensé n’aurait pu émettre de telles hypothèse sans susciter des moqueries. C’est pourtant arrivé. Une immense déferlante a balayé des régimes que nous croyions inamovibles.

En Algérie, c’est le même topo. Le régime, croyant se prémunir, a entrepris d’anesthésier le peuple, par des mesures de corruption massive, aussi honteuses qu’elles sont susceptibles de précipiter le pays dans l’anarchie. Juste pour rallier le plus d’alliés naturels, toute une faune d’opportunistes, de profiteurs, voire même de petits gagne-petits qui rallient le régime juste parce qu’ils leur permet de vendre des produits de contrefaçon à la sauvette sans être inquiétés outre-mesure, ou de pouvoir construire une baraque supplémentaire dans un bidonville qui est aussi important que la ville à laquelle il s’est greffé.
Or, malgré cela, malgré ces honteuses compromissions, les étudiants algériens ont réussi à briser les murs du silence de de la peur. Ils ont marché à Alger, malgré une interdiction particulièrement étayée par des milliers de policiers, et même par une opération qui aurait été cocasse, si elle n’était tragique: L’enfermement de la Place des Martyrs, par un grillage, et un maillage policier qui en interdit l’accès.
Plus de 80 000 étudiants ont marché à Alger, droit sur la présidence de la république, dans une organisation impressionnante. Le régime était sûr d’avoir laminé tout sens politique au sein des universités algériennes. Cela a été pour lui une pénible douche froide. Il a découvert, que sous la cendre grise de sa médiocrité, les braises de novembre étaient restées vives.

L’autre grosse panique, qui a mis tout le régime sens dessus-dessous, qui circule depuis deux jours, et qui s’est confirmée hier soir, est que tous les étudiants algériens vont marcher mercredi prochain, avec un seul slogan: « Chaab yourid iskat ennidham ! »

Je crois que c’est cela qui a décidé le Président Bouteflika à sortir de son mutisme. Finie la rigolade, le roulage des mécaniques, et le rictus de dédain à la Zerhouni. Il faut descendre du piédestal, et faire des sourires tout gentils.
Les jeunesses algériennes prennent leur responsabilité historique. Elles ne seront pas en reste. A l’instar des peuples de la région, elles entreront dans l’arène, et exigeront de recouvrer l’indépendance dont elles n’ont jamais goûté le fruit.
Le temps est venu d’ériger une grande Algérie, digne des rêves de ceux qui lui ont donné leurs vies.

Nous allons écouter Bouteflika. Et nous allons lui dire ce que nous pensons. En toute liberté!
A vos claviers !

DB


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