Édition du
25 March 2017

Cessons d’appauvrir les générations futures et de parler de réalisations

Arezki DERGUINI

Voilà pourquoi je défendrai que la première mesure qui doit être prise soit une révision de la Constitution : la mesure la plus urgente consiste d’abord en la  reconnaissance aux générations futures de la propriété de nos ressources naturelles. Et que tout débat politique réel ne peut faire l’économie de cette définition du droit de propriété. La véritable révolution commence avec ce changement. La société doit cesser de vivre de la rente et l’Etat doit cesser d’y trouver sa légitimité. Il faut voir que cette fonction de distribution est ce qui nous vaut un état d’urgence. Nous devons cesser de nous disputer un bien qui ne nous appartient pas, un bien qui est celui de toutes les générations futures, qui en retour détruit tous nos biens réels. Nous avons devant nous l’exemple de la Norvège. Le pétrole, cette « richesse non renouvelable », ne nous appartient pas et nous en disposons effectivement comme s’il ne nous appartenait pas. Il doit être considéré comme un bien prêté par les générations futures aux générations présentes. La rente qui a été investie dans les infrastructures, le logement, doit être considéré comme un prêt du futur au présent. C’est sur la base du travail de chacun qu’il doit pouvoir être demandé des comptes, et non sur celle des richesses dissipées. Notre corruption est associée à notre compétition autour de ce bien non renouvelable que nous détruisons. Plus nous en dépensons, plus nous détruisons de nos capacités de création de richesse. Et cela pour défendre un pouvoir d’achat que nous ne pouvons améliorer en accroissant nos capacités productives. Nous avons ainsi substitué à nos importations  d’Occident celles d’Extrême-Orient beaucoup moins chères et nous avons détruit davantage de nos activités.  Nos investissements actuels avec les distributions de pouvoir d’achat et les importations qu’ils entraînent ne sont donc pas des créations mais des destructions de richesse. Nos paysages expriment notre peu de souci envers tout ce qui n’est pas consommation présente, notre mépris des générations futures. Nous appauvrissons les générations futures et nous nous vantons de nos réalisations : il faut ouvrir les yeux, cette richesse qui nous unit aujourd’hui pour nous diviser, finira par nous détruire, après avoir poursuivi la destruction de nos autres biens si nous n’y prenons pas garde.

Une fois que nous aurons admis l’origine de notre corruption, que nous aurons rétabli les justes propriétaires dans leurs droits, je crois que l’on pourra affirmer que le reste sera beaucoup plus facile, telle la compétition politique qui pourra alors jouer pour notre bien. Alors nous sera-t-il loisible de parler d’intérêt général, de développement durable. Le nationalisme aujourd’hui, après avoir consisté dans la nationalisation des richesses naturelles, est dans leur établissement à leur juste place, dans leur juste usage. Pour le moment, telles que nous en définissons les droits, nous en servons, elles sont un poison pour nous et les générations à venir. Cessons de nous laisser aller à nos envies et faisons en sorte que nos martyrs soient fiers de leur sacrifice et de celui à qui ils incombent la construction d’une société indépendante !


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