Édition du
26 March 2017

L’heure est à l’action.

 

Adel H

La «culture» de ces «gens-là», celle qu’ils pratiquent depuis plus de 50 ans, ne leur permet pas de reconnaître leurs échecs maintes fois répétés et de se retirer dignement afin de permettre à d’autres de tenter leur chance. Ils s’imaginent qu’ils sont les seuls – uniques comme la pensée à laquelle ils se sont abreuvés depuis le jeune âge – à pouvoir diriger ce pays et que le peuple n’est qu’une masse informe qu’ils peuvent manipuler à leur guise.

Il n’y a rien à attendre de ceux qui constituent le noyau dur du pouvoir. Comme Kadhafi, qui a choisi de détruire la Libye avant de passer à la trappe, ils resteront irrémédiablement prisonniers de leur délire, de leur vision étriquée du monde et de leur infamie.

Quant à tous les harkis et autres serviteurs zélés qui gravitent autour d’eux – et ils sont nombreux -, il appartiendra à chacun d’eux de se déterminer en son âme et conscience : couler avec le bateau ou reconnaître ses errements passés, demander pardon au peuple algérien et rejoindre le camp des hommes et femmes dignes qui œuvrent à mettre en place l’Algérie de demain, celle de l’État de droit.

Notre pays est à un tournant de son histoire, cette longue et douloureuse suite de malheurs, de sang et de larmes. Depuis cinq siècles, la nation algérienne cherche sa voie, dans la douleur et le combat. Elle a réussi à se débarrasser des occupants étrangers, mais elle n’a pas vu venir la trahison qui couvait en son sein. Le peuple algérien a été maintes et maintes fois trompé, avili, humilié, rabaissé par ceux-là mêmes qui étaient supposés lui rendre sa dignité et le conduire vers des lendemains radieux. Après tant et tant de trahisons, le voilà maintenant sommé de sortir de sa léthargie qui dure depuis 49 ans afin de faire face à son destin.

Depuis 1962, le peuple algérien a perdu beaucoup de ses valeurs ancestrales – celles qui lui avaient permis de survivre dans la nuit coloniale. Deux générations d’Algériennes et Algériens ont grandi et atteint l’âge adulte dans un système basé sur le mépris, l’exclusion et le mensonge. Les dégâts sont immenses mais pas irréparables. Nous devons puiser au plus profond de notre culture ancestrale les valeurs sûres qui nous permettront de bâtir une Algérie nouvelle, fraternelle, solidaire, laborieuse et optimiste. Nous devons bannir à jamais toute forme d’exclusion et d’esprit sectaire, ces deux fléaux qui nous ont fait tant de mal.

La jeunesse de notre pays, malgré toutes les tares qu’elle a héritées du système tyrannique honni, saura trouver les ressources intellectuelles et morales qui lui permettront d’aller de l’avant et de construire un avenir meilleur, sans hittistes, ni harraga. Les hommes et les femmes qui ont dépassé la cinquantaine – celles et ceux de ma génération – les aideront du mieux qu’ils pourront à acquérir l’indispensable savoir sans lequel une nation ne peut pas survivre dans le monde d’aujourd’hui, le savoir véritable, fruit de l’effort et de la volonté de réussir, celui que les médiocres qui sont à la tête du pays aujourd’hui se sont évertués à effacer, le traquant sans cesse, afin de laisser la voie libre à tous les charlatans et autres escrocs qui les entourent et servent aveuglément leurs noirs desseins.

L’heure est à l’action. Les grèves qui se multiplient et touchent tous les secteurs doivent déboucher sur une contestation politique. Les travailleurs, les chômeurs et les étudiants doivent comprendre que leurs problèmes socio-économiques ont tous la même origine : l’incompétence et l’absence de vision de ceux qui sont à la tête du pays, elles-mêmes fruits de l’illégitimité du pouvoir et de l’absence de l’État de droit. Il ne sert plus à rien de revendiquer des augmentations de salaires ou tout autre réaménagement sectoriel, car cela ne résoudra pas les problèmes de fond. Ce que le pouvoir donnera d’une main, il le reprendra de l’autre, l’inflation venant immédiatement remettre les choses au même niveau. La seule solution est la destruction du système rentier et prédateur illégitime. Cela, les travailleurs, les chômeurs et les étudiants finiront très certainement par le comprendre. Une grande mobilisation populaire se mettra alors en place et ne s’arrêtera plus jusqu’à la chute du système pourri et la mise en route du processus de construction de l’État de droit.


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