Édition du
28 July 2017

« Touche pas à mon APN ! »

 

« L’Assemblée nationale est une réunion de parlementaires auxquels le gouvernement ne demande pas leur avis que s’ils sont majoritairement d’accord. »

Philippe Bouvard (Journaliste et humoriste français)

Ceux qui se tuent à appeler  à la dissolution de l’APN, se tuent tout court! Il y a quelque chose qui cloche chez eux. Ils doivent ne pas réaliser l’importance de cette Assemblée. Ils semblent ignorer le rôle que jouent nos mandatés au sein de l’hémicycle. Non ! Militer pour la décomposition de l’APN s’apparente à un suicide collectif, à une auto-immolation. C’est se tirer une balle dans la tête, Messieurs ! Réfléchissez deux secondes ! Arrêtez de pousser  le système à pousser à la porte les représentants du peuple! Vous nous poussez à sortir dans la rue, ou quoi ?

Et puis tout d’abord, qui nous représenterait ? Qui défendrait les intérêts du peuple ? Qui porterait la dragée haute au Président, au gouvernement ? Vous y avez pensé ? Hein !? Non mais, je rêve ! Dissoudre l’APN ?! Trois cent mille Sabords !

Qui pourrait remettre le premier vizir à sa place et demander des comptes  à ce hautain, au rictus faussement modeste? Du calme, les gars, c’est ahurissant, invraisemblable cet acharnement sur le haut lieu de la représentation nationale.

Sincèrement, je me demande ce qui peut bien vous déranger dans cette chambre. Qu’est-ce qu’elle vous a fait, cette chambre? De deux choses l’une : soit vous êtes aveugles, soit vous ne voyez pas, soit vous êtes frappés de cécité, ou encore, et c’est « plus pire », vous avez les yeux dans les poches. Non, mais, sans vouloir offusquer les partisans du licenciement de nos députés, je dois dire qu’ils ignorent ou feignent d’ignorer ce que notre pays et sa démocratie risquent de perdre si on perdait nos parlementaires. Et dire qu’ils font des pieds et des mains, mains surtout des mains pour porter haut les aspirations des citoyens. Quelle ingratitude !

Non, pas l’ombre d’un doute. Moi, je flaire de la manipulation dans cette volonté délibérée de déstabiliser cette institution de la République. Il y a comme une cabale contre ce Panthéon.  Je vois même la main de l’Etranger dans cette étrange requête. Vous vous trompez de cible! Votre réclamation me pousse à lancer une pétition nationale et même internationale contre la dissolution de l’APN. « Touche pas à mon APN ! » C’est l’objet de ma supplique.

Il faut que la sagesse l’emporte. Il n’est pas trop tard de réviser cette position, d’autant que l’heure est aux révisions. Réveillez-vous, révisez-vous, ravisez-vous, nom de Dieu ! Allez cherchez ailleurs. Les députés sont bien à leur place. Ils ne nous ont rien fait ! Ils ne dérangent personne, je dis bien PER-SONNE ! C’est leur chercher chicane. Sans plus.

A mois que vous ne réclamiez la dissolution du Parlement  rien que pour le plaisir de la dissolution, comme ça, parce que c’est dans l’air du temps, et bien moi, j’ai autre chose à vous suggérer, comme dissolution. Allez dissoudre du sucre. Des comprimés Doliprane effervescents. C’est fait pour. C’est moins cher, ça ne coûte pas grand-chose, c’est pratique et même utile. Et, vu votre entêtement, vos boites crâniennes doivent en avoir grandement besoin. Vous êtes sonnés, les gars !

Si vous doutez encore du rôle suprême qu’assume notre Assemblée, c’est que vous vivez sur une autre galaxie et, dans ce cas, vous n’avez pas eu vent de ce que veulent entreprendre les députés. Et ce n’est pas du vent. Historique ! Unique dans les annales du parlementarisme ! Rarissime ! Tenez-vous bien : Pour une fois qu’ils ne jouent pas des mains, « Ils vont mettre sur pied une commission d’enquête parlementaire qui sera chargée de faire la lumière sur la pénurie et la hausse des prix du sucre et de l’huile sur  le marché national». Ca vous en bouche un coin ! Vous la ramenez moins, hein ?! Le sucre et l’huile vont passer un mauvais quart d’heure. Je puis vous l’assurer.

Oui je sais, je vous l’accorde. Vous vous demandez pourquoi une commission d’enquête sur le sucre et l’huile et non pas sur  les autres  gros scandales financiers qui n’ont épargné quasiment aucun secteur et aucun responsable de près ou de loin. Sur tous les crimes de tous genres, restés impunis. Sur cette histoire du maintien de l’Etat d’urgence dans la capitale, les immolations, le passage à tabac des médecins, des étudiants, des syndicalistes, les harragas. Sur l’envoi de mercenaires en Libye pour voler au secours de Kadhafi… Là, j’avoue que… Mais bon, c’est toujours ça… « Laissons les jouer aux maisonnettes ! »

Quoi qu’il en soit, je vous implore d’abandonner cette idée de dissolution! Vous jouez avec l’avenir, le devenir de l’humour national! Et, par ces temps de déprimes nationales et pendant toute cette vacance, qui nous ferait marrer? Vous y avez songé? Vous jouez avec le feu ! Vous y ajoutez de l’huile ! Arrêtez de casser du sucre sur leur dos !

R.Z.


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