Édition du
30 March 2017

La confiance, levier de la politique.

Mohamed J.

Ahmed Taleb Ibrahimi,  islamiste. Ghozali,Harki du système. Ait Ahmed, trop vieux. Boukrouh,  traite le peuple de ghachi, Said Saadi,  s’est trompé de peuple. Benbitour,  a préfacé le livre de Nezzar, et la liste peut être étendue à tous les politiciens et on trouvera à redire sur chacun d’eux…

L’absence de confiance et les jugements pré-emballés, que je considère comme la principale caractéristique du champ politique algérien est ce qui rend celui ci stérile pour pas mal de temps.

Durant la révolution des gens avaient fait confiance au pouvoir colonial et l’ont suivi jusqu’au bout et d’autres avaient donné leur confiance à ceux qui avaient opté pour la lutte de libération et l’ont soutenue jusqu’au bout. Dans les deux camps la confiance était à la base des allégeances.

Il y avait certes de la pression de part et d’autre mais cette pression s’exerçait pour renforcer la confiance et non pas pour la remplacer.

Pour preuve, c’est l’OAS qui a cassé la confiance aussi bien du peuple algérien que des pieds noirs quant à une cohabitation pacifique et entrainé un exode massif qui a vidé le pays de son encadrement au départ.

Depuis l’indépendance, le capital confiance s’est érodé au fil des ans à mesure qu’on faisait au peuple des promesses qui se révélaient par la suite fausses mais qui donnaient quand même lieu à satisfecit et à des statistiques de gargarisation.

De ce fait, ce peuple devenu menteur sous la pression et la force, se devait forcément de devenir schizophrène, de dire ce qu’il ne pensait pas et de penser ce qu’il ne disait pas. Les gens se dédoublent et l’angoisse apparaît en filigrane et grandit peu à peu pour accompagner la marche vers la rupture. Car cette situation intenable ne peut être viable sur le long terme, à l’évidence et il faut bien qu’a un moment ou à un autre il y ait rupture.

La première rupture nécessaire, quant bien même elle aurait été provoquée eut lieu en 1988 et la fissure qu’elle a entraînée n’a cessé de s’agrandir pour devenir un fossé de plus en plus large entre la politique et le peuple et maintenant il est trop tard ou presque.

La déchirure de la trame sociale nationale, à l’heure actuelle est telle que ne subsistent que des lambeaux, reliés par des intérêts professionnels, tribaux, régionaux, de foot ball… c’est à dire catégoriels mais qui ne réussissent pas à passer de ce stade à celui d’un lien plus global qui est celui du pays. C’est le chacun pour soi. Il n y a plus de société, il n’y a que des individus ou des groupements d’individus. Chacun se cache derrière l’autre à défaut de se cacher derrière soi même en bon schizophrène, pour obtenir des largesses et fuir ses craintes.

Dès lors on assiste à des revendications qui n’arrivent pas à secréter le liant qui permettrait de les raccomoder et de faire d’elles une revendication unique et unifiée.

A l’heure actuelle Aucune confiance ne subsiste. Le pouvoir et l’opposition sont dos à dos et le peuple assiste en spectateur à sa propre descente aux enfers sans se sentir impliqué dans les jeux politiques qui ne l’intéressent plus.

Dans ce contexte, il est normal qu’on dise que l’Algérie n’a que des problèmes sociaux et pas de problèmes politiques, parce qu’il n’ y a plus de politique en Algérie, il n y a plus de politiciens en Algérie il n’y a plus de chose politique, il ne peut donc y avoir de problèmes politiques. Il n’y a donc plus de problèmes politiques. Quand le malade meurt, il n’y a plus de maladie ! Il n’y a plus rien à soigner. On n’a plus besoin de médecin.

On a besoin alors de gens du culte ou ….de gens de « la cuite » …car quand la souffrance est immense, on se retourne soit vers spiritualité, soit vers d’autres sources d’apaisement…et notre jeunesse qui souffre et qui s’adonne à la drogue, à une spiritualité refuge, à une fuite au large dans des pirogues, ou carrément dans le suicide, par le feu ou par d’autres moyens vit au plus profond la crise du pays, elle a mal à l’Algérie comme disait Albert Camus.

Cette jeunesse a perdu tout repère, n’a plus aucune boussole, vit l’a peu près qu’on lui impose et les rêves sans lendemain et se perçoit comme tout a fait inutile et incapable de sortir de son état. Cette jeunesse n’a plus confiance en rien et perçoit la politique comme impropre, comme une pression supplémentaire qui s’exerce sur elle.

La question est : Comment restaurer cette confiance ? De la réponse à cette question dépendra toute la stratégie d’action future.

M.J.


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