Édition du
24 July 2017

Assassinat du Professeur Kerroumi: Les "Services de sécurité" auraient identifié et arrêté l'auteur.

Selon notre confrère Algérie-Focus, qui a été le premier à livrer l’information, les « services de sécurité », les guillemets ont leur importance, auraient mis la main su la personne qui aurait assassiné le Professeur Ahmed Kerroumi, et déterminé le mobile qui aurait conduit à ce crime.

Ainsi, M. Kerroumi aurait été “tué d’un coup porté par derrière au moyen d’ un objet contondant”. “Ce coup a blessé la victime de la tête jusqu’à la nuque et serait la cause du décès”. Le mobile, selon les mêmes sources de notre confrère, aurait été le vol de la voiture du Professeur.

J’avoue que, personnellement, je m’attendais à un dénouement de ce genre. Un crime crapuleux, une rixe de beuverie, une affaire de mœurs, ou n’importe quelle histoire tirée par les cheveux, de préférence une incongruité, qui puisse entacher l’honneur de la victime, la rabaisser, l’insulter, altérer sa personnalité, et son action contre le régime.

C’est la technique usuelle des « services de sécurité ».

Attendons encore de voir ce que nous réservent les conclusions de l’enquête, menée tambour battant par les « services de sécurité » et par ceux de la « Justice ». Nous allons certainement apprendre, serait-ce par suggestion, que le Professeur, rabbi yerhmou, nageait en eaux troubles, qu’il fricotait avec des gens peu recommandables, peut-être même qu’il avait des habitudes pour le moins suspectes.

Cela fait partie du B.A BA des techniques des « services », qui consistent à ternir la réputation d’un homme après lui avoir ôté la vie. Cela ne veut pas dire que la personne interpellée n’a pas vraiment tué le Professeur, ni qu’elle n’y ait été motivée par le mobile qu’on nous sert, mais le plus subtil de cette affaire, comme à chaque fois que les « services de sécurité » verrouillent la cible à abattre, est que l’auteur lui-même ne sait pas que sa volonté est reliée à des ficelles que des marionnettistes hilares agitent savamment, et presque avec désinvolture, à force d’avoir éprouvé la technique.

De la même manière Boumaarafi croyait que c’était de son propre chef qu’il tirait sur le Président Boudiaf. C »est avec les mêmes ficelles, et les mêmes télécommandes, que Oultache a été dirigée à cent kilomètres à l’heure, en plein Alger, pour se rendre dans le bureau du DGSN Tounsi et lui vider son chargeur dans le coffre. C’est les mêmes talentueux manipulateurs, formés à l’une des plus grandes écoles du crime, celle que les Algériens désignent sous les vocables de « Dar el Ghoul », qui ont remonté des islamistes allumés de la caboche, pour aller se faire sauter dans un aéroport bondé de monde, ou face à une École de gendarmerie où une centaine de jeunes candidats ont été retenus jusqu’à ce que le kamikaze déboule, ou que d’autres ont assassiné des intellectuels parmi l’élite du pays. C’est de la même manière, et avec les mêmes techniques éprouvées, que de pauvres hères, ont été tirès de leur bidonville le temps d’un « dars », pour être envoyés se faire déchiqueter au milieu des foules, en croyant ferme qu’au moment même où ils appuyaient sur le bouton du détonateur, ils ouvraient les portes du paradis, où les attendaient des « houriates » encore plus belles que les filles du club des pins.

Certains pourraient me rétorquer que je mélange tout, et que l’affaire du Professeur Kerroumi n’a rien à voir avec l’attentat de l’Aéroport d’Alger, en août 1992, ni avec les assassinats ciblés de journalistes, d’artistes et d’intellectuels, ni encore moins avec celui du Président Boudiaf. Ce serait faire montre de cécité que de ne pas voir les liens qui unissent toutes ces affaires. C’est être autiste aux innombrables évidences qui crèvent la bulle de black-out qui les enveloppe. C’est faire fi de la conviction de l’immense majorité de la population algérienne, qui sait très bien à quoi se tenir, pour tous les carnages, tous les assassinats ciblés, les sabotages du secteur économique, les faux barrages, et tant et tant de crimes odieux, commandités par des manipulateurs implacables, et commis par des imbéciles, illuminés le plus souvent, lorsqu’ils ne sont pas rémunérés, tout simplement.

L’assassinat du Professeur Ahmed Kerroumi est signé!

On nous avancera tous les éléments, et tous les arguments qu’on voudra bien fabriquer, nous continuerons de croire que ce crime a été commandité. Nous ne connaissons pas encore les circonstances qui ont mené vers cet énième assassinat d’un opposant politique, mais nous sommes convaincus que celui-ci aussi, à l’instar de tous ceux qui l’ont précédé, a été élaboré de main de maître, par des agents de « Dar el Ghoul ».

Tôt ou tard la vérité éclatera.

Tôt ou tard, justice sera rendue!

Tôt ou tard, ce pays se libérera de l’étreinte mortelle qui le tue, et un jour nouveau viendra, qui illuminera les sombres recoins où se terrent les ogres qui se repaissent de sang.

D.Benchenouf


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