Édition du
24 March 2017

L’ALGERIE A LA RECHERCHE D’UN SURSAUT


Faire de la politique pour s’imposer à diriger un Peuple, une Nation, ne consiste pas à ramasser toutes les rouspétances de ce Peuple, de son vécu quotidien, pour en faire une alchimie de projets à le faire rêver, mais c’est justement faire en sorte que le rêve qu’il fait correspond parfaitement au bonheur qu’on s’est juré de lui faire atteindre. (S.K.)

Par Sadouki.K

PREMIERE PARTIE

Après 132 ans de colonialisme barbare et d’arriération mentale, le peuple algérien, 50 ans après l’indépendance, se trouve encore coincé dans une impasse sociale qui donne tous les signes d’une  société bloquée. Tout semble tourner en rond dans un fameux cercle vicieux entretenu consciemment ou inconsciemment par les différents acteurs de la société, et où le seul déterminisme est la recherche de la dominance d’un clan sur le reste de la population. Le résultat est que l’Algérie marche aujourd’hui sur sa tête à travers un amalgame de réminiscences tribales ou claniques.

Malgré les promesses entretenues par les différents gouvernants qui se sont succédés depuis 1962, le décollage économique, l’amélioration du niveau de vie de la population et surtout des relations sociales n’ont pas encore accroché, un tant soit peu, pour espérer un avenir prometteur et faire oublier la nuit coloniale.

A chaque amorce d’un tournant conjoncturel l’Algérie rate l’occasion de prendre le bon pied pour le décollage et l’instauration d’une société prospère et juste.

L’ère du mirage de la liberté

Une courte première période entre 1962 et 1965 a été marquée, par des dissensions de « leadership » de la part des  dirigeants de l’époque, malgré la consécration des accords d’Evian conclus par le gouvernement provisoire tout à fait légitime historiquement. Dans l’intervalle le Peuple dégustait quelque peu la liberté au sortir du joug colonial.

A cette époque le Peuple algérien était affaibli, car meurtri par une longue période coloniale conjuguée à sept années de guerre de libération, et constitué par une majorité d’analphabètes. En plus, La plupart des Responsables éclairés avaient laissé leur vie au service de la patrie. Il faut se rappeler que les objectifs des militaires et politiciens français étaient d’éliminer tous les cerveaux de la révolution à tous les échelons de l’organisation FLN et ALN. Cette sale besogne allait trouver écho même parmi certains de nos compatriotes (traitres ou dictateurs) qui n’ont pas hésité, pendant la révolution et après l’indépendance, à éliminer leurs frères qui les gênaient dans leur dessein de confisquer l’indépendance.

Les historiens nous rapportent que le clan d’Oujda était aux aguets pour prendre le pouvoir, dès la proclamation de l’indépendance. Constitué d’une armée des frontières conduite par un certain colonel Boumediene, ce clan allait marcher vers la capitale. Benbella fut intronisé par la force Président de l’Algérie indépendante. Il s’est pris lui-même au GPRA dont le Président était Benkhedda, en annulant la première Assemblée constituante dirigée par Ferhat Abbès à l’époque, pour le mettre en résidence surveillée. Ceci est un scénario confirmé par les historiens : le clan le plus agressif s’empare du pouvoir.

L’occasion de construire une société organisée autour d’un système politique désigné au suffrage universel et appuyé sur des politiciens de métier a foiré par la course au pouvoir et la recherche de la dominance. Pourtant le Peuple a cru réellement qu’il avait retrouvé sa liberté grâce au sacrifice de ses glorieux Chouhada.

L’ère de l’absence de liberté d’expression et d’opposition

Après une période végétative entre 1962 et 1965 le pays allait s’enfoncer davantage dans la pénombre de l’incertitude politique, et le nouveau Président, le colonel Boumediene, après un coup d’Etat et après avoir placé Benbella à son tour en résidence surveillé (kama tadine toudane), allait mener une politique de déstructuration notoire de la société, sous la bannière d’un système socialiste (dont les théoriciens notoires sont aujourd’hui à la tête de certains ministères pour nous rappeler les vertus du libéralisme).  Boumediene, aligné derrière le bloc soviétique, disait que le développement de l’Algérie était inéluctable. Le progiciel consistait à remettre en cause les accords d’Evian conclus par le GPRA issu de la Révolution, à tout nationaliser pour contrôler les richesses du pays,  à acheter des usines chez les capitalistes renvoyés chez eux, à cout d’endettement massif et même si elles sont dépassées par l’évolution technologique, enseigner l’économie socialiste, nationaliser les terres, après dépossession des propriétaires terriens pour les donner aux paysans  salariés qui ne produisaient rien. Tout ce progiciel devait fonctionner sous l’œil cynique d’une police politique appelée sécurité militaire.

Ce système allait être la ruine des vertus du Peuple algérien, à plusieurs niveaux :

–          Sur le plan du travail les entreprises créées étaient en fait des entreprises de chômage qui distribuaient de la rente. Plus on vantait les mérites du socialisme algérien et plus on pouvait monter dans la hiérarchie qu’on on était membre du parti unique de l’époque.

–          Sur le plan social la division des catégories sociales, ceux qui étaient affiliés au parti unique et qui détenaient tous les privilèges, et ceux qui devaient se tenir en dehors, manquant de tout, et qui étaient appelés à l’occasion des meetings et des manifestations contre l’impérialisme.

–          Sur le plan culturel, toutes les traditions ont été balayées pour ne laisser que des subsides, la véritable culture était le sport et la musique, et l’applaudimètre devant les orateurs du parti unique.

–          Un régionalisme insidieux et tribal s’était installé au niveau politique, quoique la révolution s’était tissée autour d’un front où toutes les couches, toutes les tendances, tous les régions s’étaient rassemblées pour arracher la victoire sur le colonialisme.

–          Ce deuxième progiciel allait durer pendant 13 ans jusqu’à la mort du Président Boumediene.

Les seuls aspects positifs de cette période se résument en ces points :

–          Actions de formation au profit des travailleurs et maintien des relations avec l’étranger par le truchement de la coopération technique.

–          Préservation du patrimoine foncier public.

–          Médecine et éducation gratuites

–          Tourisme populaire

–          Effort d’industrialisation du pays

 

L’ère de l’algérianisme populiste

La période suivante de 1978 jusqu’en 1991 allait consacrer le colonel Chadli comme nouveau président qui devait laisser ses lettres de noblesse par la mise à plat de l’économie algérienne qui allait connaitre une profonde crise emportant tout le système socialiste sur son passage par le fameux octobre 1988.

Cette période allait donner naissance à une « élite » politique, crypté au fameux article 120 du parti unique, qui baignait dans l’impunité, la gabegie et la dilapidation du patrimoine foncier et  immobilier cédé pour un dinar symbolique. C’était l’époque des lois économiques sur mesure, avec des quotas discrétionnaires pour les hauts fonctionnaires de l’Etat, un système vicieux qui leur permettait l’enrichissement sans cause. Des villas biens vacants cédés à 32 millions anciens et valant aujourd’hui à 32 milliards.

C’était l’époque aussi du desserrage des libertés par rapport au régime précédent. Mais toutes les formules de restructuration des entreprises pour les réformes annoncées à l’époque consistaient à passer à pertes et profits les détournements des deniers publics dans les rouages des entreprises étatiques qui tournaient en rouge par le truchement du découvert bancaire et de la planche à billet. Cette période de déliquescence, avec un surendettement extérieur, allait durer jusqu’au crac boum de 1988 avec la révolte des jeunes conjuguée à la crise mondiale qui allaient faire sauter le bloc socialiste.

Les aspects positifs de cette période se résument en ceci :

–          Une certaine liberté de circulation vers le reste du monde

–          Continuité du tourisme populaire

–          Des programmes sociaux au profit de la population ; logements (collectifs ou individuels) – hôpitaux, université.

–          Tronçons d’autoroutes, ponts.

–          Programme anti-pénurie

 

 

 

DEUXIEME PARTIE

L’ère de la décennie des crimes terroristes et de la rapine

Au lendemain d’octobre 88 l’Algérie a décrété le multipartisme qui a trouvé un grand enthousiasme parmi la population. Trois années s’en suivirent avec une atmosphère démocratique jamais connu auparavant.

Cette période de liesse démocratique quoiqu’on dise a montré les capacités de l’Algérie plurielle au plan politique et a ouvert la compétition de la représentation populaire au niveau des institutions représentatives.

La remise en cause des élections de 1991, par le régime en place par crainte de rendre des comptes au Peuple algérien, a basculé la vie politique et une décennie de crimes et de souffrances allait sévir sur notre pays. Les algériens s’entretuaient entre eux pour des raisons que seuls les commanditaires, et les prédateurs pourront expliquer, ou que les historiens découvriront un jour. Durant cette « fitna » l’Algérie allait perdre parmi les meilleurs de ses citoyens. Même le Président Boudiaf, un homme politique de la Révolution qui a réussi à mobiliser le Peuple honnête autour de lui en réincarnant les valeurs de la grande Révolution algérienne, allait laisser sa vie à la suite d’un assassinat en direct.

Ce fut la longue nuit terroriste où tout le peuple algérien, sans exception, allait endurer une période de cauchemars et attendant la fin des hostilités.

Cette période allait connaitre la consécration du général Zéroual comme Président, homme intègre qui a essayé de redonner la dignité aux symboles de la révolution algérienne en promulguant un loi appropriée relative au Moudjahid et Chahid. S’inscrivant dans une étape cruciale, l’homme intègre n’a pu déverrouiller tous les clans du pouvoir qui avaient d’autres desseins. Il fut amené de sa propre volonté à remettre sa démission, en laissant derrière lui au Peuple algérien, une constitution de l’alternance présidentielle.

Durant cette décennie de braise, comme toutes les périodes où le Peuple algérien est en souffrance, notre pays a vu se propulser une catégorie d’individus revanchards, opportunistes, et maffieux, pour se lancer dans le gain facile de la rapine, brandissant un slogan fatidique pour justifier leurs actes répréhensibles par la justice des hommes : le slogan utilisé par ces infiltrants de tous bords était « c’est le deuxième 62 ». Donc il faut s’en mettre plein les poches. L’histoire se répète. Mais malheur à ceux qui s’en sont servi.

Certaines tendances de l’opposition ont essayé de renouer avec la fraternité, pour faire taire la « fitna » avec l’accord de San Egidio, mais le groupe dominant (représenté surtout par les militaires) ne l’entendait pas de cette oreille. Les meilleurs représentants de l’opposition ont été éliminés physiquement sinon jetés en prison.

 

 

L’ère de l’absolutisme récidivé dans un libéralisme incontrôlé

La période de 1999 allait consacrer un nouveau régime, où tout baigne dans la corruption dans les rouages de l’Etat (selon le classement des agences internationales). Si en d’autres cieux la corruption et la discrimination sont latentes, chez nous ces deux maux sont manifestes et au seul détriment du citoyen honnête.

En se fixant uniquement sur la capitale, des nouveaux quartiers sont montés à une vitesse vertigineuse, dénotant la débrouillardise individuelle au détriment de l’effort collectif et de la solidarité, après une rapine sur tout le patrimoine foncier public et privé qui se poursuit à grande échelle. Des plages du littoral, jadis ouvertes aux familles du Peuple, sont désormais envahies par le béton (blanchiment de la période de rapine ou le terrorisme était à son apogée)

Des nouveaux riches sont apparus. Certaines populations ont été déplacées, et leurs biens sont restés aux mains des groupes occultes.

Un nouveau Président du nom de Bouteflika s’attelle à promettre des milliers de réalisations, en passant au vitriol tous les crimes commis durant cette décennie avec la fameuse réconciliation nationale qui avait pour objectif d’arrêter la violence entre algériens. On efface tout et on recommence une nouvelle étape en perspective.

De grands projets sont annoncés dans les placards publicitaires. Les algériens vivent d’espoir, et le libéralisme algérien (non défini dans un projet clair) fait émerger de nouveaux riches porteurs d’argent et aucune idée dans la tête. C’est la loi du plus fort et du plus nanti. Tout se paye. Le régime s’appuie sur toute la « crapulace » c’est-à-dire cette population sans étalon,  qui peut le soutenir pour faire croire à son miracle. Des nouveaux riches sans pudeur roulent en 4×4 alors que des milliers d’algériens ont été jeté au chômage après l’échec du système socialiste. Un régionalisme plus accentué que le précédent dirige sans partage et sans reconnaissance des valeurs algériennes basées sur la solidarité. Le pays devient plus policier que civil, et toutes les libertés sont interdites. L’économie informelle bat son plein au détriment de l’économie réelle. Les gens sont canalisés vers l’engouement de la consommation aveugle des biens d’équipement (voiture, électroménager, électroniques) qu’ils ne produisent pas (venant d’ailleurs) et que le pouvoir a facilité en les adossant au crédit bancaire adapté, et distribué surtout par les rouages des banques privées françaises (cetelem, société générale etc.). Une décennie après le règne de ce régime la situation reste bloquée et toutes les libertés sont confisquées avec une constitution réintronisant dans les mœurs politiques le mandat présidentiel à vie, avec une caste de parvenues « riches » pleins d’arrogance et de brutalité contre le Peuple.

Profitant de la mondialisation qui a vu émerger aux Etats Unis une équipe présidentielle de médiocres et d’autoritaristes, l’Algérie marche au pas des directives des Institutions internationales qui dictent leurs lois scélérates aux pays sous développés. Pratiquement dans tous les pays arabes le champ politique reste fermé avec une présidence à vie, notre pays devait certainement suivre le pas pour ne pas sortir de la ligne.

Encore un ratage pour construire une Algérie démocratique selon les principes contenus dans le document final du congrès de la Soummam.

Ce qui caractérise cette période c’est :

–          l’absence de courage politique des partis en lice et leurs dirigeants,

–          le régionalisme marqué par un zoom régional atomisé.

–          la dépravation des mœurs jamais vue auparavant, à cause des repères culturels importés, et de la pauvreté.

–          le gaspillage de la rente pétrolière avec un prix de baril qui a dépassé les 100 dollars.

–          Une présence policière dans la capitale qui dépasse tout entendement.

–          Une absence de vision pour l’avenir.

–          Une Algérie divisée en deux collèges, le premier s’accaparant tout, le second manquant de tout.

–           les jeunes plongés dans le désespoir jusqu’à se jeter dans la mer dans des embarcations fortuites pour rejoindre la rive occidentale (le phénomène harraga est né bien que l’Europe ou l’Amérique ne sont pas le paradis).

–          Une cherté de la vie (produits de consommation, biens immobiliers, etc. inaccessible pour une majorité de citoyens).

–          l’amplitude du chômage conjugué à la multiplication des bidonvilles et d’un urbanisme sauvage (dans la capitale tout le patrimoine foncier public est  dévoyé. Des nouveaux quartiers s’élèvent à une vitesse vertigineuse pour donner naissance à un immobilier de rente). Ce phénomène donne l’impression d’un peuplement des villes pour noyer les autochtones qui sont là depuis plusieurs générations.

–          le tout baignant dans une atmosphère de gouvernance arrogante et méprisante des besoins de la population.

–          Comme résultante, une situation de démission sociale totale devant la chose politique, et de violences inter-individuelles caractérisées par les crimes sous différentes formes (tels qu’ils ressortent des différents rapports de la gendarmerie).

–          Une administration incompétente jusqu’à être nulle, qui déjoue tous les projets ambitieux de développement de l’Etat.

–          Une amélioration de la situation sécuritaire avec une recrudescence du banditisme sous toutes ces formes ou des drames: crimes, viols, recel, trafic de drogue etc. suicides, augmentation des divorces pour cause de crise de logement endémique. (cf. dans la presse nationale)

 

 

 

TROISIEME PARTIE

–          Garder l’espoir d’une renaissance

 

Ce qui est frappant dans toutes ces péripéties, ce parcours politique algérien, c’est qu’à chaque étape le clan qui prend le pouvoir dénigre le clan précédent, et remet en cause toutes les réalisations précédentes. Aucun signe d’accumulation d’une génération à l’autre.

A chaque étape électorale (jusqu’au premier tour de la présidentielle de 1999) l’espoir renait parmi la population qui espère un réel et conséquent changement.

La dernière étape a montré les limites : un clan au pouvoir peut tenir le cap autoritaire à sa guise, en confisquant les libertés, si seulement ses ressources sont importantes et si la situation mondiale est prospère.

Avec la baisse drastique du prix du baril du pétrole, et la crise  économico-financière mondiale le régime algérien se trouve à la limite de son règne sans partage.

Pourquoi en est-on arrivé là. C’est toute la problématique du régime politique algérien pilotant sous l’œil des militaires qui ne lâchent pas prise.

Les politologues, assurent que lorsqu’on gouverne, la meilleure façon de gagner l’estime du Peuple, des Citoyens c’est de gouverner avec douceur et modération (ce que les occidentaux appellent la démocratie) et non dans l’absolutisme et la dictature.

Cette leçon a été oubliée par les dirigeants autoritaristes algériens mal conseillés par une police politique qui devient un fardeau pour les relations sociales saines des citoyens avec ses gouvernants, illégitimes par ailleurs, se maintenant par la seule force des armes et la ruse des urnes.

En 1832, il y avait 2000 soldats à Sidi ferruch (cf. in le Miroir de H.Khodja) pour contrer l’invasion coloniale, parce que le gouvernement Ottoman de l’époque était arrivé à sa limite par le truchement de la force. Le Peuple algérien n’a pas réagi, immédiatement,  face à l’invasion coloniale. C’était pour punir l’autoritarisme du gouvernement Ottoman. La réaction du Peuple algérien a été progressive durant l’occupation coloniale jusqu’à la grande révolution de 1954 conduite sous la bannière d’un front unifiant le Peuple algérien du nom FLN et non pas PPA ou MTLD OU UDMA ou autre micro parti de l’époque.

Aujourd’hui, le Peuple n’a pas été mobilisé, après 50 ans de règne post-indépendant, pour surpasser l’autoritarisme du clan d’Oujda.

La seule perspective de tourner la page c’est de rebâtir l’Algérie sur des bases solides dont le fondement est constitué par le document final du congrès de la Soummam (qui s’il doit être remodelé compte tenu de l’évolution des connaissances actuelles, c’est seulement avec l’aval du Peuple algérien). Il faut rendre l’Algérie au Peuple algérien qui seul doit décider de son devenir.

Les responsables qui ont gouverné depuis 1962, en usant de tous les symboles de la grande révolution algérienne ne peuvent plus duper la population qui a montré son désaveu lors des précédents votes. Ils doivent se démettre avec dignité et prendre leur retraite. Le Peuple vous remercie de votre dévouement, mais il est temps de passer la main aux jeunes générations compétentes. Il faut restituer l’Algérie à ses valeurs ancestrales : les meilleurs des algériens doivent émerger pour diriger, commander et gérer la patrie sans distinction des origines territoriales, et en se dévouant aux générations futures. Il est temps de penser à l’avenir de nos enfants. Pourquoi hier nos pères, nos mères, nos frères et nos sœurs ont donné leur vie pour arracher notre liberté du joug colonial, et aujourd’hui les algériens qui arrivent drôlement à certains postes de haute responsabilité sociale ne veulent pas se sacrifier, ils sont là seulement pour servir leurs proches sans état d’âme pour le reste de la population.

S’il existe un front social démocratique imprégné des valeurs de novembre 54, qu’il avance et fasse des propositions concrètes pour guider ce peuple, dont la force est sa jeunesse et ses valeurs ancestrales progressistes.

L’algérien est il voué à un échec social total dans sa quête d’une vie meilleure : est il surtout familial  et tribal sans avoir conscience qu’il est avant un être social. Mais, il est évident que les intellectuels ont failli dans leur mission d’éduquer le peuple et de lui insuffler l’élan social, la solidarité, et l’unité nationale,  lui permettant d’accéder à cette conscience pour bâtir une société qui serait la sienne et où tout serait à sa portée : une vie meilleure, un voisinage digne comme nous l’exige la citoyenneté, une quête continu du savoir, un esprit producteur et non seulement consommateur, par tous les sens, de tout ce qui vient de l’occident, un respect mutuel entre les individus, et entre les gouvernants et les gouvernés, une parole droite, une rectitude dans les actes quotidiens, une solidarité sans faille dans la vie courante, un effort soutenu dans le travail bien fait pour rattraper le retard sur les pays les plus avancés, devenir martyr s’il le faut par le travail pour réaliser le rêve de nos combattants martyrs pour la révolution contre le colonialisme etc. Il faut inculquer à nos générations qu’il n’y a rien, relativement, à attendre de la part de l’étranger, l’aide au développement des occidentaux est une illusion. Sans sacrifice, physiquement, mentalement, et financièrement, point de développement même si ce pouvoir se maintient 1000 ans jusqu’à l’avènement de Sidna Aissa. Nos glorieux martyrs ont marqué l’histoire de l’Algérie par leur sacrifice exemplaire. Y a-t-il des gens aujourd’hui qui acceptent de se sacrifier pour l’Algérie. C’est la seule méthode qui mène au développement. Ce management ne s’apprend pas chez les occidentaux, bien que leur développement passe par cette valeur suprême du sacrifice pour les générations futures. Ils nous ont pris l’essence de notre personnalité à l’époque de son apogée, et aujourd’hui ils nous ingurgitent de biens de consommations et de théories fumeuses devant lesquelles nous restons impuissants. La solution est en toi, Peuple algérien, il faut te sacrifier. Dévoues toi à ta bonne cause, physiquement et financièrement pour le bien de tes enfants. Le pouvoir ne s’inquiète guère de ton sort quand tu es adossé au mur (de l’oisiveté) car il s’agit d’un pouvoir illégitime. Et son illégitimité repose sur ton ignorance, ton manque de sacrifice. Mziya fi nsara khir mli qâad fi khsara.

Y a-t-il encore dans ce pays, parmi les militaires, les politiciens, les intellectuels, des hommes de sacrifice qui acceptent  le sacrifice pour vaincre leurs pulsions funestes qui les poussent à dominer leurs semblables, à prendre au lieu de donner, à s’ériger en dirigeants alors qu’ils sont eux-mêmes dirigeables et dirigés de l’étranger, à s’accaparer la rente sur laquelle ils n’ont aucun droit parce que appartenant au Peuple algérien qui a subi le joug colonial pendant 132 ans, à faire semblant d’ignorer que l’avenir concerne toute la nation et qu’il se construit aujourd’hui, ici maintenant, en mobilisant toutes les tendances.

Le Peuple algérien n’est pas dirigé, il est livré à lui- même. Il ne sait pas travailler parce que ceux qui le commandent ne savent rien des  notions du travail. Il n’obéit pas parce qu’il sait que ceux qui le dirigent sont les seuls gagnants. Il ne respecte pas son prochain parce qu’il se sent méprisé depuis 1962. Il ne voit pas son avenir, parce qu’il n’a pas son destin entre ses mains. Il n’est pas organisé, parce que son éducation pourrait déranger le désordre établi. De quelle époque est arrivée cette « élite » qui se targue de diriger, même avec un quart vote, un peuple amorphe, marchant sur sa tête, ne lui enseignant rien d’autre que la déroute, l’inimitié, la cupidité, l’inconscience, l’apolitisme, le folklore, la trahison de la patrie etc. Peut-on se vanter, à cet effet, de diriger une nation qui n’existe pas parce qu’elle n’a aucun poids sur l’échiquier international. Les journaux nationaux l’ont rapporté à maintes reprises,  l’Algérie notre cher pays, est parmi les derniers au monde dans tous les classements de performance, politique, économique, culturel, touristique, social (aïe, aïe la corruption de chez nous à la une des journaux), sportif… et selon la dernière nouvelle au même rang dans la lutte contre les scorpions  et le climat des affaires (rapporté dans El Watan). Qu’à fait ce peuple glorieux pour mériter un tel déshonneur, une telle déconfiture, une telle descente aux enfers. Mais ceux qui ont dirigé depuis 1962 ont une lourde responsabilité et ils devront rendre des comptes un jour (en faisant leur mea culpa) devant un gouvernement légitime, avant de se lever un jour devant le Maitre de l’Univers.

Deux générations ont été sacrifiées sur l’autel de l’incompétence, de l’injustice. « Un Etat sans justice c’est comme un fleuve sans eau », et l’injustice détruit la civilisation disait un grand maître de la sociologie.

Pourtant que demande le Peuple, seulement la satisfaction de ses besoins fondamentaux : un toit, une nourriture, un vêtir, un apprentissage de savoir vivre en société, et l’éducation pour ses enfants et la santé pour tous. Seules des Institutions fiables lui permettront de bannir l’injustice et la discrimination, en veillant à ce que l’accès au logement, à l’éducation, à la santé, à l’alimentation soit équitablement réparti, dans le souci de libérer les algériens de la misère, des discriminations, de l’impuissance mentale, et du risque de l’invasion étrangère.

Un Etat légitime qui émergera devra combattre la corruption à tous les niveaux, les déviations sociales (pourquoi importer des pétards à chaque « Mouloud ennabawi » pour les écouler à coups de milliards sur le marché, alors que des hôpitaux qualifiés de mouroirs sont sous-équipés en scanner et équipements médicaux pour soigner les nouvelles maladies dues à la mal-vie que nos structures sanitaires n’arrivent pas à soigner).

Comment un Etat juste peut il tolérer cette pratique mafieuse au niveau de nos ports, et de nos frontières. Il faut combattre ces criminels (ces hommes-diables) et les éliminer définitivement pour qu’ils servent d’exemples et ne pas récidiver.

Comment peut-on tolérer que dans un pays où le problème de transport, et du logement atteint le niveau insoutenable, certains individus puissent disposer d’un patrimoine immobilier sans limite (pour certains c’est l’occasion pour blanchir l’argent sale) de véhicules 4X4 circulant avec arrogance dans des ruelles étroites bloquant tout sur leur passage.

Le juste milieu est la seule réponse juste dans une telle situation pour garantir un certain équilibre social. Mais il est vrai que le peuple imite ses « gouvernants ».

Quand dans une société, le mal atteint l’élite qui dirige, il faut s’attendre au chaos. L’«élite » politique algérienne est, en général, mégalomane, ignorante, perverse, grossière, et ne visent que les bas plaisirs de la vie, comme une bête qui ne réfléchit pas et n’obéit qu’à ces pulsions. Cette élite est plongée dans les ténèbres et sa caractéristique première est la laideur de l’esprit malgré une apparence vestimentaire « tape l’œil ». Le Peuple a besoin d’une élite éclairée, qui lui montre la voie, et provoque en lui le déclic de l’affranchissement du sous développement. L’Algérien, bien encadré, bien respecté, quand on lui a bien défini ses droits et ses devoirs loyalement peut réaliser des miracles pour sa société et la hisser au rang d’une nation digne, respectée et respectueuse.

Quand un pouvoir est despote, il est difficile de le démettre quand il n’arrive pas à manquer de ressources. C’est à cette dernière condition qu’il peut se faire basculer et être emporté par la marée humaine, ou céder sous la pression de la population pour organiser le jeu démocratique. Même par le jeu démocratique seul un puissant parti mobilisateur est nécessaire pour le décommander. Quelles sont les forces capables de mobiliser la société algérienne, aujourd’hui, pour accélérer son changement inéluctable et sans violence. Dieu Seul le sait.

Nous n’avons de rancœur pour personne, nous aimons notre pays pour lequel nos parents se sont sacrifiés, et nous voulons que nos dirigeants soient dignes et représentent le Peuple en le canalisant vers les énergies créatrices dans tous les domaines avec comme vecteurs l’amour du prochain et  le sacrifice de la part de tous les acteurs sociaux et dans tous les actes de la vie sociale.

Gloire aux Martyrs

 


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