Édition du
25 July 2017

l’État de droit, seul terrain solide pour la construction d’une Algérie nouvelle

Adel H.

Depuis le martyre de Mohammed Bouazizi, l’Histoire de notre région a connu une providentielle accélération. Quelques semaines à peine avant cet évènement, en novembre 2010, nous nous demandions si l’année 2011 serait celle du changement tant désiré. Aujourd’hui que les peuples tunisien et égyptien se sont débarrassés de leurs tyrans et que ceux de Libye, du Yémen et de Syrie se battent encore avec courage et détermination contre les leurs, le changement est plus que jamais à l’ordre du jour dans notre pays. Après l’ère de la décadence et du repli sur soi, vint celle de l’occupation coloniale. Le combat contre le colonisateur fut long et sanglant, mais le jour de la libération vint enfin pour les Algériens et tous les peuples colonisés. Le long bégaiement de l’Histoire qui dure depuis 50 ans n’avait certes pas été prévu par ceux et celles qui avaient œuvré leur vie durant à l’avènement de l’Algérie indépendante. Conséquence logique de la colonisation ou tragique erreur d’appréciation? Les historiens, sociologues et anthropologues pourront peut-être répondre de manière claire et exhaustive à cette question. Aujourd’hui que l’échec des régimes dictatoriaux qui ont pris le relais du colonisateur européen est consommé et qu’il apparaît clairement que ces régimes n’ont plus rien à proposer aux peuples avides de liberté et de dignité, leur chute et leur démantèlement sont inéluctables et nul ne peut désormais en douter. C’est une nouvelle ère qui commence. Bien sûr, les événements en cours n’ont pas lieu dans le vide. Autour de nous se trouvent des puissances qui planifient et agissent afin de sauvegarder leurs intérêts. Il est cependant vain de vouloir attribuer le soulèvement des peuples du Monde Arabe aux services secrets occidentaux, car ce serait faire insulte à tous les militants et militantes qui ne cessent depuis des années d’appeler les peuples à se réveiller et à se débarrasser des minorités parasitaires qui les oppriment et les maintiennent dans un état de honteuse servilité, alors qu’à une heure d’avion de nos côtes d’autres peuples vivent libres et dignes, n’acceptant aucune forme de joug. Bien sûr, tout ne sera pas rose du jour au lendemain une fois ces minorités parasitaires et tyranniques détrônées et neutralisées. Chaque pays a ses spécificités et certains sont mieux lotis que d’autres, mais il n’en demeure pas moins que la chute des régimes tyranniques est le premier pas incontournable pour tous ceux qui veulent vraiment le changement. Dans toute révolution, il y a toujours une lutte à mort qui s’engage entre deux camps – pas plus –, celui du nouveau qui veut naître et celui de l’ancien qui est usé mais qui refuse de mourir. Pour que la bataille finale s’engage, il faut qu’une majorité de la population et des élites, toutes classes sociales et confessions confondues, rejette l’ancien système, source de blocage et de souffrances. Il me semble que dans notre pays, les deux camps sont aujourd’hui bien identifiés et de plus en plus d’Algériennes et d’Algériens, de toutes conditions et de toutes tendances idéologiques et politiques, désignent le système en place, c’est-à-dire les généraux et la classe politique qui s’est constituée autour d’eux, à commencer par boutef, ouyahia, belkhadem et soltani, comme principal facteur de blocage du pays. Les Algériennes et les Algériens, dans leur immense majorité, veulent rompre avec ce système et commencer une nouvelle page. Ce qu’ils veulent mettre à la place, c’est le contraire de ce que ce système représente et tout ce qu’il n’a jamais été en mesure ou désireux de leur offrir. La transparence à la place de la manipulation et du mensonge, la compétence à la place de la médiocrité, une Justice au-dessus de tous à la place de l’abus de pouvoir et des passe-droit, le respect de la dignité à la place de la hogra, la liberté d’opinion et le débat libre et démocratique dans les médias publics à la place de l’éternel «tout va bien» de l’Unique et des louanges à l’adresse de fakhâmatouhou, la paix et la sécurité à la place du terrorisme et du banditisme, des responsables intègres et respectueux des lois et de la volonté populaire à la place des prédateurs et des corrompus, des villes et des villages propres où le citoyen se sent en sécurité au milieu des siens, un système éducatif et un système de santé publique performants, l’espoir et une dynamique de croissance et de progrès à la place du hittisme, de la harga et du suicide, etc. Oui, les Algériens et Algériennes savent très bien ce qu’ils veulent mettre à la place du système pourri qui refuse de mourir, même s’ils ne savent pas encore nommer ce nouveau système, même s’ils se perdent parfois encore dans des combats d’arrière-garde qui ne font pas avancer leur cause. Mais il est des signes qui ne trompent pas : la jeunesse et les intellectuels, de plus en plus nombreux et organisés, refusent de se laisser emprisonner dans les confrontations stériles et disent haut et fort leur refus du système pourri. Ce vaste mouvement grandira et finira inévitablement par désigner clairement ce qu’il veut : l’État de droit, seul terrain solide pour la construction d’une Algérie nouvelle, débarrassée des sangsues et réconciliée avec elle-même, une Algérie laborieuse et fraternelle, tournée vers l’avenir, menée par des sages et de vrais bâtisseurs non par des tortionnaires, des fossoyeurs , des voyous et des charlatans.


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56 Commentaires sur cet article

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  • Mohand
    13 mai 2011 at 14 h 38 min - Reply
  • dilmi kouraiche
    13 mai 2011 at 15 h 54 min - Reply

    Salutations à toute et tous.

    L’état de droit c’est la liberté et la justice sociale sans exclusion, avec des responsables honnêtes et de confiance, ce qui manque en algérie c’est l’aplications pour l’intérêt général.




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  • Byla
    13 mai 2011 at 18 h 52 min - Reply

    Salam alaykoum,

    la volonté des Algériens et Algérienne est Claire et limpide. C’est le combat pacifique vers un état de droit. Les Algeriens vont décider seul de leur destin.
    Vive la lutte des médecins
    vive la lutte des étudiants
    vive la lutte des privés d’emploi
    vive la lutte des internes des camps
    vive la lutte des justes
    Que tous ceux qui sont victimes d’abus s’organise(mal loges, spolies,
    Surtout et plus que tout, en fin de compte vive le FCN!
    Qu’Allah bénisse cette génération de résistant.




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  • Liès
    14 mai 2011 at 1 h 17 min - Reply

    Salutations à toutes et à tous.

    Mes pérégrinations, mes tribulations et mes peines, dans une vie pourtant si courte, m’ont amené à conclure que la vie reste un perpétuel combat entre la bien et le mal.

    Je ne réinvente pas la roue, ni le fil à couper le beurre en le disant mais cela me suffit pour avoir aujourd’hui la conviction que tout tourne autour de cette perpétuelle dualité.

    Je comprends mieux maintenant cette vérité, même si certains peuvent dire que je suis en retard d’une révolution ou en avance d’un échec, comme le disait si bien et à juste titre, Abed Charef dans les proportions de son article, et que je ne manque pas de le saluer au passage.

    C’est cette dualité, qui façonne l’humanité et qui déteint sur son comportement et qui trace les chemins de son histoire.

    Le bien a existé de toute éternité car il est à Dieu et il est en Dieu et il se manifeste par l’amour, la compassion, la fidélité etc.

    Le mal par contre,comme l’être humain,a une date de naissance et il se manifeste par la malice, la perfidie, le mensonge, la cupidité etc.

    Nous connaissons tous l’anecdote du péché originelle.

    Satan qui était un ange merveilleux et qui se tenait devant le Trône céleste s’est rebellé contre la volonté bienveillante de Dieu, et s’est juré de perdre les hommes en qui Dieu a mis tout son amour.

    Nous savons tous comment il avait réussi à séduire Ève et Adam, qui étaient des êtres parfaits, vivant dans le paradis.

    En succombant au mensonge séducteur de Satan, ils se sont corrompus et ne pouvaient par conséquent plus vivre dans la présence de Dieu, qui Lui est saint.

    Le combat entre le bien et le mal avait commencé ce jour là.

    Adam et Ève qui ont été, suite à leur tentation par Satan et à leur désobéissance à Dieu, expulsé du paradis et commençaient à vivre difficilement sur terre où ils découvrirent pour la première fois l’angoisse, la faim, la soif, le froid, et l’insécurité.

    Dieu ne leur a pas pour autant retiré sa bénédiction, car sa fidélité dure à jamais : il continua à prendre soin d’eux et à les accompagner dans leur nouvelle vie.

    Adam et Ève eurent plusieurs enfants, dont deux garçons, Caïn en premier ensuite Abel.

    A leur âge adulte, Caïn devint cultivateur et Abel berger de petit bétail.

    Les deux voulurent remercier Dieu pour sa grâce. Caïn apporta des fruits du sol comme offrande à Dieu et Abel qui en fit de même apporta comme offrande à Dieu des premiers-nés de son petit bétail.

    Dieu agréa l’offrande d’Abel et jeta sur lui un regard favorable.

    La jalousie (la convoitise, étymologiquement parlant) s’empara de Caïn et pendant qu’ils étaient dans les champs Caïn se dressa contre Abel et le tua.

    C’était le premier sang humain innocent versé, de l’humanité qui fut suivi de malédiction.

    Donc après le péché originel, il y eut le meurtre et du coup, nous avons jusqu’au aujourd’hui hérités de ces deux calamités.

    Le péché nous empêche de voir Dieu et le meurtre attire sur nous la malédiction.

    Dieu est toujours là, son amour étant resté intact, Il assiste l’homme et lui porte secours par le biais de ce que d’aucuns appellent la providence.

    Pendant ce temps et au fil de ses pérégrinations sur terre, l’homme essaie de développer son intelligence, sa raison et sa conscience.

    Se rendant compte de son extrême vulnérabilité, il les employa à chercher refuge auprès d’un être puissant et protecteur à qui il donna le nom de Dieu, et dans la même logique il essaya de se rendre agréable à ce dieu en faisant le bien qu’il pouvait faire et en faisant des sacrifices à ce dieu en guise de remerciements.

    Pour ne pas vous ennuyer, je saute toute une partie de l’histoire pour vous amener, à la période ou l’homme, toujours en prise avec cette dualité (du bien et du mal) qui sont désormais bien incrustés en lui, essaya de développer d’autres méthodes pour se réconcilier avec Dieu et accéder à la paix et au repos.

    C’était l’époque où sont apparus progressivement les philosophies, les croyances conçus par des humains, et les religions avec leurs myriades de penseurs, de théosophes, de prophètes, de prêtres, de mystiques et de thaumaturges etc.

    Certaines religions récentes pourraient-on dire, qui ont un peu plus de 3000 années d’âge, ont beaucoup aidé l’humanité à améliorer leurs conditions de vie.

    Des communautés et des sociétés qui ont cherché avec abnégation et bonne foi y ont trouvé des trésors de sagesse. Ces sociétés y ont puisé leurs valeurs, leur codes de vie et leurs lois, et de barbares qu’elles étaient vivant dans les ténèbres et la violence, elles sont devenues de grandes civilisations vivant désormais dans la lumière et l’apaisement.

    La civilisation judéo-chrétienne en est l’exemple de réussite le plus illustre.

    Cette civilisation avait, à force de sérieux et de recherche efficace, élaboré un système de société solide, juste et pérenne, qui n’est certes pas parfait et qui ne le sera probablement jamais, mais qui lui offre les moyens pour contrecarrer la corruption, l’instabilité et l’imperfection toutes naturelles chez l’homme.

    Les lois, justes efficaces et performantes régulent tout, et réglementent la quasi totalité des relations du citoyen avec son environnement dans ses multiples domaines.

    Il faut souligner que l’homme est fondamentalement le même partout sur la planète.

    Génétiquement il est enclin au mal et prédisposé à la rébellion.

    Mais ce sont les cultures qui le façonnent en bon citoyen ou en  »kafez ».

    Les cultures sont en fait un état d’être, de penser et d’agir que font tourner une somme de valeurs morales et de convictions spirituelles.

    Si ces valeurs sont sûres et éprouvées par leur justesse et leur efficacité, vous aurez inéluctablement une société équilibré, harmonieuse, savante et laborieuse, donc stable et pérenne.

    Mais si au contraires ces valeurs sont chimériques, scélérates, mythiques, et dont l’esthétique et la beauté ne sont que dans les mots et non pas dans les actes, vous aurez inéluctablement une société déséquilibrée, désorientée, instable, et désunie, ou les querelles et les périls sont légions.

    J’aime toujours rappeler cette sage parole : « On reconnaît l’arbre à son fruit ».

    Rien ne sert de discourir, ni d’argumenter avec la maîtrise des mots et l’excellence de la rhétorique, il n’ y a que le résultat du terrain qui compte.

    Quand on est développé cela se voit, qu’on est sous-développé cela se voit aussi.

    Quand on est est béni, ça se voit et qu’on est maudit ça se voit aussi.

    Il ne faut aller chercher nulle part ailleurs les prétextes à nos carences, nos imperfections et nos incapacités.

    Le bon et le mauvais, le bien et le mal sont en nous.

    Les causes, il faudra les chercher dans notre culture et dans notre histoire.

    Et là je retourne au sang innocent versé injustement et qui est la principale cause de notre malédiction.

    Le lien avec la culture, c’est que nous tuons tout en croyant que nous sommes en train de présenter les meilleurs offrandes à Dieu, tantôt au nom de la guerre sainte, tantôt au nom de la révolution, tantôt au nom de nos valeurs et de nos symboles.

    Et on verse à cause de cela, allègrement le sang de gens vulnérables, désarmées et innocentes, qui ont besoin plus de protection que d’être assassinées.

    Voilà d’où vient que nous sommes pauvres alors qu’on est assis et on marche sur de l’or; voilà d’où vient que nous sommes dépendants des autres en tous nos besoins alors que nous avons nos compétences et nos moyens pour les réaliser nous-même.

    Mon article, à l’origine et très long, mais j’ai tenu à l’élaguer, suffisamment pour ne pas fatiguer le lecteur.

    Je vais terminer avec ceci en essayant de conserver le lien qu’il y a entre le sang versé, la malédiction, la culture, l’histoire, et la nécessite de nous réveiller de ce long sommeil.

    À mon avis, il est de loin plus aisé de transiger avec ce qui relève du génétique, qu’avec ce qui relève du culturel.

    Car si ce qui est génétique peut être considéré comme une tare héréditaire, dont on essaiera de se débarrasser une fois qu’on s’en est rendu compte, le culturel est une sorte de conviction qui mobilise toutes nos émotions et est incrusté comme vérité absolue au plus profonds des jointures de nos âmes.

    Donc tout dépendra de la qualité de cette culture. Si la qualité est bonne cela procurera aux jointures de nos âmes, le lubrifiant qui leur permettra de fonctionner à vie sans grincement et sans usure.

    Mais si la qualité est mauvaise, ça sera alors de la mite et de la rouille qui rongera inexorablement les jointures de nos âmes jusqu’à les rendre déglinguées, vétustes et croulantes.

    De la même manière, il est aisé selon moi de transiger avec un méchant qu’avec un imbécile.

    On peut, par un travail sérieux intelligent et soutenu transformer le méchant en un homme de bien, ou à tout le moins mettre en place les mécanismes qui rendent sa méchanceté inopérante et non nuisible.
    Des bonnes lois sociales et civiles peuvent faire leur bon effet dans ce domaine.

    Mais on ne peut rien contre un imbécile. L’usage d’aucune sagesse n’est capable de le transformer ou le faire raisonner.
    Sa dangerosité est double et réside essentiellement dans son imprévisibilité et sa ridicule suffisance.

    Conclusion :

    Je crois dur comme fer que notre société à un gros travail à faire sur elle-même.

    Au début du 1er millénaire, on nous décrivait comme étant des hommes méfiants, farouches et superstitieux.

    On a fait des progrès depuis (dans le pire) puisqu’on nous décrit maintenant comme étant des hommes sceptiques, indifférents et railleurs.

    Si la tendance se maintient, on va devenir des hommes instables, gravement atteints et nous allons mener le pays droit contre le mur.

    Il est parfois bon d’écouter ce que disent de nous nos  »ennemis » même si ça peut nous choquer ou nous chagriner.

    Cela pourra nous servir à nous remettre en question et nous corriger.

    Je suis de tout mon coeur et de toute mes forces pour le changement.

    Mais je vous le dis tout de suite, si on ne change pas de constitution, si on n’adapte pas nos lois à l’équité et à la justice, si on ne change pas nos cœurs et nos comportements, si on ne paie pas avec joie et empressement nos impôts et si on n’a pas d’égard pour la chose publique, si on ne se comporte pas en bons citoyens ouverts tolerants jaloux de notre pays et soucieux d’ameliorer et de rendre toujours plus agreable nos rapports sociaux, le changement ne se fera pas.

    On pourra changer le personnel dirigeant du pays, pas une seule fois mais 20 fois, rien de tangible ne changera, tant que les cœurs restent endurcis, tant que les gens auront pour but de rechercher les privilèges.

    Je vis, comme certains le savent, en amérique du nord, et vous n’imaginerez jamais à sa juste valeur ce que ces peuples de pionniers immigrants ont pu realiser en l’espace de 4 siecles. C’est tout simplement phénoménal.

    J’aurai souhaité que mon pays en fasse autant et pas seulement mon pays mais tous les pays d’Afrique du nord.

    Mais il se trouvera toujours des fines bouches de chez nous, orgueilleux et sans relief qui invoqueront avec le sourire du jouisseur et l’œil du railleur, ce que tout le monde sait : le génocide des amérindiens, la traite des noirs, ou tout près de nous les prêtres pédophiles.

    Aurons-ils l’honnêteté de dire que des lois sages et avant-gardistes en harmonie avec le système mis en place, existent déjà, pour veiller sur les droits des gens et par lesquelles les injustices sont réparées et la transgression des coupables punie.

    Je n’en dirai pas plus, sinon ceci : « réveille-toi, toi qui dort; relève-toi d’entre les morts…»

    Fraternellement à toutes et à tous.

    Liès Asfour.




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  • aquerado
    14 mai 2011 at 16 h 07 min - Reply

    Salam,
    Un texte mr Lies qui nous apportent beaucoup d’elements de reflexion sur notre existence et les tenants et aboutissants de notre situation catastrophique qui prevaut dans notre monde actuel en general et en Algerie en particulier, mais ordo ab chao. Je suis d’accord sur la genese de l’etre humain que vous decrivez au debut de votre texte mais je me distingue de votre vision un peu trop manicheenne qui nous a donne des philosophies un peu trop rigides, parfois dangereuses et meme absurdes. L’exemple du determinisme d’Emile Zola en est un frappant. Alors que pour lui toute personne qui nait dans un milieu d’ivrogne est automatiquement un ivrogne est un raccourci un peu trop facile je trouve. Si il y a un exemple frappant auquel je peux opposer a cette philosophie primitive, c’est le jour ou notre Prophete priere et paix sur lui a decrete le vin illicite, tous ses fideles sans exception se sont interdits l’alcool du jour au lendemain. Tout reside dans l’effort interieur, le grand djihad comme nous l’appelons, les musulmans, cet effort aussi fort qu’un enfantement nous amene a devenir des surhommes, non a la maniere de Nietzsche, mais du divin. La foi en un DIEU raisonnable et elague de toutes superstitions et rites paiens a l’instar de celui de notre pere Ibrahim paix sur lui, peut nous conduire a deplacer des montagnes. Quand un bebe vient au monde il est par essence immacule, par la suite sa famille ou la societe le predispose a devenir soit un criminel soit un homme de bien, mais encore la, rien n’est definitif, car un hadith de notre prophete nous parle d’un homme qui avait tue 100 personnes mais qui au final a fini au paradis. Pourquoi? parce qu’il etait dans un milieu ou le meurtre etait courant et normal, le fait qu’il est fait un effort surhumain pour se detacher de cette societe decadente l’a conduit au paradis, cette lumiere qui s’illumine dans votre coeur alors que vous etes au pied du mur , tel un Khalid Ibn Walid l’un des plus grands generaux arabes qui a conquis la perse les doigt dans le nez et qui s’est eteint paisiblement sur son lit de mort. tout reside dans l’effort interieur. Dans une societe comme sodome et ghomorre le seule moyen de resister est de se voiler le coeur et de patienter en l’arrivee imminente de la victoire de DIEU, InchAllah.




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  • M.J.
    14 mai 2011 at 16 h 18 min - Reply

    @ Liès.

    Effectivement dans ce monde il est depuis toujours écrit une lutte entre le bien et le mal ou comme disent les taoistes entre le ying et le yang.
    Le bien et le mal existent dans toutes les cultures et toutes les cultures possèdent des valeurs à même de réguler les sociétés dans lesquelles elles sont apparues et d’assurer leur ascension vers un mieux être, un mieux penser globalement et individuellement, un mieux se comporter. Les mêmes valeurs qui existent avec des nuances dans le christianisme et le judaisme existent dans le boudhisme, dans le chmanisme, dans l’islam et dans toutes les sagesses africaines, asiatiques anciennes ou récentes et quelles que soit les religions ou les sagesses humaines elles ont en commun une chose fondamentale : « Ne fais pas de mal aux autres et ne les laisse pas te faire du mal» il s’agit là d’une tradition de notre prophète Mohammed (saaws) qui est complété par d’autres hadiths et notamment : « Le mieux est de pardonner en cas de capacité».  

    En l’homme à toujours cohabité le bien et le mal et c’est cette lutte qui est en lui qui fait qu’il soit Homme . S’il était exempt de cette lutte il serait un ange pur. C’est valable pour tout homme sur terre.

    C’est le fait de suivre ou pas les valeurs de sa société qui font qu’un homme est bon ou mauvais et aucune société quelle qu’elle soit ne secrète de mauvaises valeurs, ce sont les individus pris isolément qui le font, soit parce qu’ils ont mal compris ces valeurs, soit que leur égoisme les empêche de le faire dans un contexte qui les incite à se démarquer de ces valeurs.
    Il y a cependant que l’injustice qu’on impose à une société et qui dure, impose aux individus qui la composent d’adopter une attitude d’égoisme qui tend à faire tache d’huile avec le temps et d’autant que la mauvaise graine chasse la bonne, au bout d’un temps la société entre dans état de malaise, dans un état de contradictions, dans un état d’instabilité car la lutte entre le bien et le mal devient plus évidente, plus nécessaire, plus urgente. C’est ce qui arrive actuellement en Algérie.

    Le problème, c’est qu’on ne sait plus qui veut le bien qui veut le mal car il n’y a plus de sincérité dans les rapports pollués de cette société trompée et qui perd tous ses repères. Ce qu’ont dit nos ennemis de nous intervient dans un contexte ou ils sont venus en nombre et en armes et ont pris possession de notre pays par la force et la ruse et ont tout fait pour nous diviser afin de s’imposer et ils s’imposent encore pour drainer nos richesses par la ruse et la complaisance envers ceux qui font fi de nos droits. A la colonisation de l’Algérie, la population estimée était de 6 Millions et en 1987 lors du premier recensement effectué par la France coloniale cette population n’était plus que de 3 millions. Je ne donne aucun crédit à la parole d’un ennemi qui décime mes compatriotes et qui les maintient dans un étau et déchire leurs structures sociales pendant plus d’un siècle et quart par lui même puis continue à le faire par sbires interposés.

    La civilisation judéo chrétienne n’a rien produit mon cher Liès, elle est l’héritière simplement de la civilisation musulmane, ne prenons pas la démagogie que diffusent les occidentaux pour une vérité. Au moment ou la science et les valeurs musulmanes rayonnaient sur la planète, l’Europe vivait dans une léthargie complète après la chute de Rome et l’église exerçait ainsi que les seigneurs féodaux avec sa bénédiction, les pires exactions sur la paysannerie. C’est l’Histoire qui le dit. Au moment où en terre d’islam des juifs et des chrétiens vivaient libres et jouissaient de considération qu’on dénie maintenant à cette civilisation.

    Mais laissons le passé et arrêtons de ressasser. C’est du présent qu’il s’agit et le présent voudrait que l’attachement au valeurs soit plus réel que virtuel, c’est le plus important. Or on s’aperçoit que des gens qui se targuent d’être des intellectuels engagés usent des plus basses combines pour asseoir leur volonté sur les autres pour quelque avantage souvent insignifiant et eut il été important, mériterait il de tourner le dos aux valeurs d’honnêteté, de vertu, de sincérité ? L’Homme de la rue quant à lui est connu pour être pragmatique et direct. « Tsa3ed, matsa3edch ». Noir ou blanc, pour lui il n’y a pas de nuances qui favorisent l’hésitation, tribut des gens qui réfléchissent, parfois jusqu’à ne plus pouvoir agir. Et dans une société ou il lui est demandé d’être un kafez, l’Homme de la rue الرجل العادي devient un kafez.
    L’homme à toujours été égoiste. Il est égoiste par nature, disait Socrate. Il ne se départit de certains avantages que lorsque cela lui en procure de meilleurs. Il peut faire du mal et du bien par conviction religieuse ou morale certes, mais il les fait plus volontiers lorsque cela lui procure des biens ou de la considération. Or la société dans laquelle nous vivons n’accorde aucune considération à la valeur morale, au sérieux, à l’abnégation, à la compétence, à l’effort, au respect etc… elle n’accorde de respect et de considération qu’a une seule valeur : la richesse matérielle quelles que soient ses origines : vendre de la drogue, voler, détourner, etc…

    Ce qu’il faut restaurer c’est la confiance et l’harmonie. Il est urgent d’accorder de la considération aux gens qui font des efforts, qui montrent des compétences et des aptitudes utiles et il est encore plus urgent de regarder de haut les voleurs, les gens de la kfaza et de rabaisser leurs actes par une attidude à généraliser dans la société. Seul l’Etat est en mesure de faire cela et afins qu’il puisse le faire il est nécessaire qu’il soit bien servi, par un pouvoir militant non pas pour les privilèges et les avantages, mais militant pour amener son pays au devant de la scène et à lui faire gravir les échelons. Et la il faut bien qu’on tranche qui de la poule ou de l’oeuf est le premier.

    Salutations à tous.




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  • Adel
    14 mai 2011 at 20 h 18 min - Reply

    @Liès, aquerado et M.J.

    Chers amis, bonjour,

    J’ai lu vos posts avec beaucoup d’intérêt. Cela fait quelques années que je m’intéresse à la philosophie et l’histoire, dont ma formation technique m’a privé dans ma jeunesse. En philosophie, Il m’a été difficile de m’y retrouver entre les idéaliste, les réalistes, les rationalistes, les irrationalistes, les matérialistes, les existentialistes, etc. Je suis arrivé à la conclusion que la réalité en général et les sociétés humaines, en particulier, sont très complexes et qu’aucune théorie n’arrivera jamais à tout expliquer.

    L’Histoire peut par contre nous enseigner quelques vérités. Celle que j’ai retenue est que les sociétés humaines évoluent et se transforment. Elles passent par des phases de prospérité et des phases de décadence et les vainqueurs d’hier pourront demain être des vaincus.

    Je ne crois pas à la lutte du Bien et du Mal, en tant que principes, cher Liès. Le Bien et le Mal n’élisent pas domicile en l’être humain, mais la vie et l’existence humaine sont ainsi faites et tout être humain doit en même temps se maintenir en vie en tant qu’individu et vivre avec ses semblables. De la naissance à la mort, il cherche un équilibre entre ces deux exigences et il lui arrive souvent de se tromper, hélas, et d’accorder une part trop grande à l’une ou l’autre. L’équilibre qui permet à l’Homme de mener une existence harmonieuse et heureuse est très sensible et il faut beaucoup d’ajustements, qui peuvent prendre un temps relativement long.

    Je me suis toujours étonné pourquoi les Hommes accordent tant d’importance à l’argent et la possession de biens matériels, en général, alors que la connaissance et la satisfaction que l’on éprouve lorsqu’on fait bien son travail – quel qu’il soit – et qu’on se rend utile à ses semblables sont de loin supérieurs à tout ce que l’argent peut procurer. Les Hommes se trompent, mais qu’y pouvons-nous? La vie est ainsi faite. Il y a trop de peu de gens qui comprennent réellement la vie et la prennent par le bon bout. La grande majorité baigne dans l’erreur et s’y complait.

    Peut-être que la destinée de l’humanité est de parcourir tout le long chemin qui mène de l’Homme des cavernes, proche de l’animal, préoccupé uniquement par la satisfaction de ses besoins primaires à l’Homme doué d’une raison très développée et capable de dominer ses instincts et de vivre en harmonie avec ses semblables? Cette façon de voir n’aurait certainement pas plu à Nietzsche.

    Les Hommes se trompent souvent et leurs erreurs peuvent les mener – en tant que société – dans des impasses. Ils peuvent passer par des périodes de grande anarchie et de grande violence durant lesquelles le fort asservit le faible. C’est ce qui est arrivé à notre pays. Nous avons pris une mauvaise voie en 62 – comme la plupart des peuples du tiers-monde après la colonisation – et nous avons persisté dans l’erreur. La plus grande part de responsabilité dans cet échec revient à ceux qui avaient la charge de diriger le pays. Ce sont eux qui refusent également de reconnaître leur échec aujourd’hui et qui préfèrent sauvegarder leurs intérêts personnels bassement matériels plutôt que de procéder aux nécessaires ajustements quitte à se sacrifier. Ils ne sont pas à la hauteur de leurs responsabilités, tout simplement, mais ils refusent de l’admettre. Ce comportement est très courant chez tous les êtres humains.

    Seule une prise de conscience générale de la nécessité d’emprunter une autre voie et de procéder aux correctifs nécessaires sur la base des méthodes employées par le passé et qui ont donné des résultats négatifs, peut sauver notre pays de la déliquescence totale.

    Chacun à son niveau, nous essayons de participer à ce noble effort d’éveil des consciences en espérant que cela aboutira au changement souhaité.

    Amicalement




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  • Liès
    14 mai 2011 at 23 h 27 min - Reply

    @ Mohamed Jabara, bonjour cher ami.

    Dans votre dernier paragraphe que je reproduis ci-dessous en copié-collé, vous avez tout résumé.

    Nous avons, vous et moi, la même préoccupation.

    Comme vous je me pose les mêmes questions, et comme vous je suis agacé et inquiet par la situation de notre société, et comme vous je souhaite que tout cela finisse en beauté et change dans le bon sens, et comme vous je m’exclame, je m’insurge, et je finis vaincu et déçu de ne pouvoir trouver la solution idoine et définitive. Moi aussi je me sens impuissant devant cette question, qui de la poule ou de l’œuf est venu le premier.

    Mais nous savons en gros les chronologies de l’Histoire des peuples et ses agencements.
    Cela devrait suffire, faute de mieux, à notre instruction afin de nous positionner et de nous orienter.

    Le voici votre paragraphe :
    «Ce qu’il faut restaurer c’est la confiance et l’harmonie. Il est urgent d’accorder de la considération aux gens qui font des efforts, qui montrent des compétences et des aptitudes utiles et il est encore plus urgent de regarder de haut les voleurs, les gens de la kfaza et de rabaisser leurs actes par une attidude à généraliser dans la société. Seul l’Etat est en mesure de faire cela et afins qu’il puisse le faire il est nécessaire qu’il soit bien servi, par un pouvoir militant non pas pour les privilèges et les avantages, mais militant pour amener son pays au devant de la scène et à lui faire gravir les échelons. Et la il faut bien qu’on tranche qui de la poule ou de l’oeuf est le premier.»

    Vous avez bien identifié le problème et posé en des termes concis la problématique.
    Mais avons-nous pour autant trouvé la solution miracle?

    Je ne pense pas que nous divergeons, vous et moi sur le fond, ni sur les imperfections des hommes qui ont été amenés à commettre des ignominies historiques, comme le colonialismes français que vous citez à juste titre.

    Mais il faut dire aussi que le colonialisme turc, même si nous lui avons fait appel pour nous aider à repousser les armées espagnoles, n’a pas fait mieux, à part prélever l’impôt sur les indigènes et faire la course en méditerranée.
    N’est ce pas lui qui nous à amené le colonialisme français? Disons qu’il a servi de prétexte.
    De toute façon si ce n’était pas la France, ç’aurait été l’Angleterre qui nous aurait occupé.

    Et la Reconquista, n’est-ce pas l’occupation de l’Ibérie par les musulmans qui l’a rendu nécessaire?

    Pourquoi les occupations que nous faisons au nom de l’islam serait-elle meilleures et acceptables que celles faites pas les autres?

    Vous voyez que nous retournons toujours à la sempiternelle question de religion.
    Et à cette conviction que notre religion est la meilleure et que par conséquent il lui est permis ce qui n’est pas permis aux autres.

    Si au moins l’expansionnisme et l’hégémonie de ces religions se faisaient avec équité et justice et apportait avec lui le progrès et la justice pour tous.

    Il faut toujours regarder le fond des choses et des faits.

    De la même manière que les quelques bienfaits culturels, sociaux et intellectuels de l’Islam ne le disculpe pas du fait d’avoir occupé par la force de l’épée des zones et des populations qui ne lui appartiennent pas (l’Andalousie par exemple et même l’Iran), il en est de même que les quelques bienfaits du colonialisme français ou de tout autre colonialisme, ne disculpe pas son auteur d’avoir spolié des terres et asservis des peuples injustement.

    Je ne juge pas, je constate et je me pose des questions. Je n’entre en procès avec personne.

    Ceci étant dit, il restera (du moins pour moi) toujours vrai, qu’il y a des peuples ou des sociétés qui ont dans leurs cultures des valeurs, des ressorts et des lumières qui leur permettent de corriger leurs fautes, d’améliorer leur façon de pratiquer la justice et l’équité, de développer leur ressources par l’invention des technologies, d’établir la suprématie du Droit (à travers des lois et des mécanismes) sur les dérives de l’homme lequel on s’entend, est foncièrement mauvais.

    Et il y a aussi des cultures qui n’ont pas jusqu’ici atteint ce niveau de maîtrise, de discernement et d’intelligence.

    J’aimerai bien que mon pays deviennent demain le pays le mieux géré au monde, où gouvernants et gouvernés vivent dans une parfaite harmonie, où les rapports sociaux sont excellents, où la liberté dans son sens le plus noble est consacrée, et où la prospérité, la joie et la justice se vivent par tous, au quotidien.

    Je ne suis pas contre ce merveilleux changement qualitatif que j’appelle de tous mes vœux, sauf que, cher ami la réalité est toute autre.

    Nous essayons toutes et tous, ici sur LQA et d’autres algériens sur d’autres espaces, de donner le meilleur de nous pour identifier les problèmes et proposer des solutions.

    Chacun le fait avec sincérité certes, mais chacun doit aussi avoir la liberté et le loisir de le faire selon son expérience, ses perceptions, et selon ce que Dieu lui a donné comme part d’intelligence.

    Pour ce qui me concerne je dis, que fondamentalement il faut chercher les causes de notre malaise et de nos crises successives, dans notre passé : notre culture et notre histoire.

    Je ne fais pas l’impasse et je ne l’ai jamais fait (relisez mes posts précédents), sur les méfaits du colonialisme et aujourd’hui sur l’hégémonie des multinationales, et sur le rôle de l’argent qui est devenu extrêmement envahissant.

    On ne peut refaire l’Histoire selon nos désirs et à notre goût, ce qui est fait est fait. Ce qu’il faut faire maintenant, c’est d’en tirer des enseignements pour aller de l’avant dans la bonne direction.

    Au lieu de ruminer la vengeance contre un destin qui nous a desservi, nous devons procurer la paix, nous réconcilier avec nous-même, et nous remettre au travail.

    Le sage dit : « L’avenir est un long passé ». Un autre dicton dit : « Comme on fait son lit, on se couche. »

    Vous savez cher ami, que nous ne divergeons pas sur ce qui ce qui est essentiel.

    Nous sommes fait avec les mêmes matériaux et avons eu la même vie. Je reste très attaché à ma terre et à ma culture.
    Je crois toutefois y avoir fait le bon ménage en ne croyant plus aux chimères qui naguère m’asservissais. Cela reste évidemment une affaire qui n’interesse que moi.

    J’ai par ailleurs souligné que mon texte original était très long et que pour ne pas fatiguer le lecteur, je l’ai soulagé de plusieurs passage dont celui où je parle des philosophies et des religions anciennes conçus par des hommes, comme le bouddhisme, l’hindouisme, le brahmanisme, le mazdéisme etc.

    Vous savez cher ami, depuis que je suis convaincu de votre sincérité et de votre authenticité, (vous n’écrivez pas pour vous montrer ou pour charmer ou courtiser ou pour toutes autres raisons allusives ou adjacentes), je me fais un devoir de vous répondre avec douceur et franchise, quoi que vous écriviez.

    Vous êtes celui qui expose ses arguments sans violence et sans hypocrisie.

    Au plaisir de vous lire.

    @ Adel, j’ai exposé un point de vue en voulant être compris, le plus possible.

    Mon but n’était pas de faire une thèse sur la spiritualité ou sur le darwinisme.

    Vous savez bien que si on se hasarde à écrire sur ces sujets, le site sera complètement congestionné et on pénalisera autant les intervenants que le respectable lecteur.

    Il est bon cependant, de créditer les efforts sincères, de quelque bord qu’ils viennent.

    Cordialement.

    Fraternellement à toutes et à tous.

    Liès Asfour.




    0
  • IDIR
    15 mai 2011 at 15 h 32 min - Reply

    L’ONU et l’état de droit

    La promotion de l’état de droit aux niveaux national et international s’inscrit au cœur de la mission de l’Organisation des Nations Unies. Il est indispensable de respecter l’état de droit si l’on veut instaurer une paix durable au sortir d’un conflit, assurer efficacement la protection des droits de l’homme et réaliser des progrès économiques soutenus et le développement.

    Le principe selon lequel chacun – de l’individu à l’État lui-même, a à répondre de l’observation de lois promulguées publiquement, appliquées de façon identique pour tous et administrées de manière indépendante est un concept fondamental qui sous-tend l’essentiel des activités de l’Organisation.

    A cet égard, en Algérie, l’un des aspects les plus préoccupants est le fait que notre Justice est essentiellement virtuelle. En réponse à la question – l’Etat de droit en Algérie est-il plus une réalité qu’une fiction, ou l’inverse ? – force est de constater que la part de fiction est à la fois importante et en augmentation. Sans céder au catastrophisme, il apparaît ainsi que cet Etat de droit qui nous est cher est depuis plusieurs décennies en danger.

    Dans ce monde « de droit et de non-droit » d’informations et de désinformations, il y a une recommandation essentielle : Ne te préoccupe pas des désinformateurs, les promesses mensongères et les fausses indications que craint la plupart des gens, ne sont que des illusions. L’inquiétude, l’insomnie et l’ulcère d’estomac sont les fruits de la désespérance, du sentiment de déception et de l’échec.

    Ô citoyen : il est temps que tu soignes ton doute par la conviction, la détérioration de ta conscience par la rectitude, la déformation de tes pensées par la droiture, la confusion de ta marche par le bon sens.

    Il est temps que tu dissipes de toi l’obscurité de la nuit par le visage d’une aube sincère, l’amertume de la désespérance par la douceur de la satisfaction, la noirceur des tentations par une clarté qui absorbera leurs mensonges.




    0
  • M.J
    15 mai 2011 at 15 h 52 min - Reply

    @ Adel.

    Bonjour Cher ami.

    Eh bien moi aussi je ne me suis jamais retrouvé dans les classifications philosophiques que tu évoques et je n’ai retenu que ce que certains appellent le problème fondamental de la philosophie qui voudrait que les philosophes se subdivisent en « idéalistes » et en « matérialistes ». Les premiers donnant le primat à l’Esprit comme créateur de la matière et les seconds à la matière comme créatrice de l’esprit. Puis les subdivisions des premiers en idéalistes objectifs et en idéalistes subjectifs, les premiers disant si mes souvenirs sont bons que l’Esprit ayant créé la matière l’a dotée de règles de fonctionnement et n’y intervient qu’occasionnellement et les seconds disant qu’au contraire il la maintient de tout temps sous sa volonté. Je ne me rappelle plus des subdivisions des matérialistes mais je sais qu’elle existent aussi.
    Parmi les idéalistes on trouve ceux qui expliquent les faits dans un cadre religieux par la volonté divine (l’Esprit) intervenant directement ou par le biais des règles posées au moment de la création de la matière, c’est à dire du cosmos tandis que les matérialistes disent que la volonté divine n’a rien à y voir. Les idéalistes objectifs et les matérialistes sont tous deux enclins à se baser sur l’Histoire pour expliquer les phénomènes humains et ils possèdent leurs arguments, les « idéalistes subjectifs » quant à eux se réfèrent à la religion sur chaque fait.
    Voilà pour le peu que je sais de la philosophie en rapport avec le problème que nous nous posons.
    Ce qui fait l’Histoire ce sont les Hommes qui s’y inscrivent ou sinon c’est l’Histoire qui fait les Hommes. Je m’explique dans un exemple: La génération de novembre à fait l’Histoire qui était alors propice à l’action, a forgé cette Histoire, tandis que notre génération à été plutôt faite par l’Histoire à subi l’Histoire, a été forgée par l’Histoire. Effectivement l’Histoire enseigne des vérités car le temps et le recul permettent de voir les choses avec plus d’objectivité, moins d’implications personnelles et d’intérêt de groupe.
    Comme tu dis « Seule une prise de conscience générale de la nécessité d’emprunter une autre voie et de procéder aux correctifs nécessaires sur la base des méthodes employées par le passé et qui ont donné des résultats négatifs, peut sauver notre pays de la déliquescence totale.
    Chacun à son niveau, nous essayons de participer à ce noble effort d’éveil des consciences en espérant que cela aboutira au changement souhaité. »
    Mais là ou je ne te comprends pas c’est quand tu dis ne pas croire en l’existence du bien et du mal en l’Homme car c’est le Coran qui nous dit que Satan chuchote dans nos poitrines et Satan c’est le Mal personnifié. Il y a toujours une dualité, une lutte permanente des contraires, règle divine posée dans la création, pour faire avancer les choses. «  Le bien et le mal sont un applicatif de cette règle.

    Et je te demande pardon de sortir juste un tout petit peu du sujet dans ce qui suit.

    Amicalement

    @ Liès  :

    Bonjour cher ami.

    Pour répondre à la partie « personnelle » de ton commentaire.
    J’argumente et j’essaie de débattre dans la sérénité car je trouve qu’il est inutile de jeter l’anathème ou l’invective à la face les uns des autres, nous sommes ici pour convaincre et nous laisser convaincre et le tout est question d’arguments. J’accepte toutes les critiques argumentées et j’essaie d’argumenter même si je le fais imparfaitement . J’apprends beaucoup plus de mes erreurs que des « vérités » que j’énonce, en ce sens que la correction de mes erreurs par l’argumentation et les preuves convaincantes m’aide à avancer sur le chemin de la connaissance tandis que ce que les autres trouvent comme vérités dans mes énoncés ne me sert à rien et pire risque de susciter des compliments qui feraient gonfler mon moi et me faire croire que je sais, ce qui ne serait pas à mon profit car susceptible d’annihiler toute volonté d’effort. Que Dieu nous préserve de l’égo… Notre prophète (saaws) dit « L’Homme ne cesse de savoir tant qu’il cherche à savoir, mais dès qu’il croit savoir, il devient ignorant ».
     LES COLONIALISMES « TURC »  ET FRANÇAIS.
    Le « colonialisme » Turc n’a pas eu les mêmes formes ni les mêmes effets que le colonialisme Français. Les Turcs gouvernaient le pays avec l’assentiment de la population, même si quelques fois leurs excès entrainaient des rebellions ça et là et l’État qu’ils gouvernaient était de forme musulmane . Leur nombre aussi était restreint puisqu’il n’y avait que 20.000 janissaires au total outre le personnel civil auquel on peut donner le même nombre en exagérant beaucoup. En outre leur influence ne s’étendait pas à tout le territoire et les tribus se géraient par elles mêmes, leur rôle se limitant à les fédérer pour assurer la défense commune quand le besoin s’en faisait ressentir. A leur époque l’Algérie était une puissance.
    Ce qui a amené le colonialisme Français à coloniser l’Algerie ce ne sont pas les Turcs mais l’expansion du Capital naissant qui avait besoin de matières premières et dont le marché interne était devenu exigu pour lui et générait des contradictions et des crises de croissance. En outre la France était redevable à l’Algérie de 8 Millions de Dinars or de l’époque du fait de l’aide que l’َAlgérie lui a consentie dans sa guerre contre la Prusse et qui a duré 8 ans et le fait que l’Algérie lui réclame cette dette l’a mise dans l’embarras.
    La course en méditerranée et dont vous parlez était une pratique qui s’inscrivait dans le contexte historique de l’époque et nous n’avons pas à en rougir. Dans les relations internationales ce sont toujours les plus puissants qui font les lois et l’Algérie était à l’époque forte et réclamait une dîme de passage en méditerranée.
    Voir cela autrement c’est d’abord le voir avec un œil occidental, nous sommes conditionnés par notre langue d’apprentissage parfois, d’une part et d’autre part le sortir du contexte spatio temporel qui est le sien. A l’époque tout le monde trouvait normal de payer cette dîme. C’est la perte de notre force navale dans une tempête et tous les faits sus visés qui ont décidé la France à nous envahir.
    « LA RECONQUISTA » ET « L’OCCUPATION MUSULMANE ».
    Déjà ce terme en lui même de reconquista est impropre car ne reflétant pas la réalité de ce qui s’est passé, il n’y a pas eu aucune reconquête mais une inquisition féroce et la chasse aux musulmans en majeure partie espagnols et à l’islam par l’église des milliers furet brulés vifs faute de renier l’islam ou le judaisme.
    D’autres milliers ont essaimé et contraints d’abandonner tous leurs biens. Le Pape de l’époque qui était le chef des chrétiens est allé jusqu’à faire une note à tous les gouvernants chrétiens leur enjoignant de chasser les musulmans et de les tuer s’ils n’abjurent en les définissant en dix points, comme des gens qui se lèvent tôt, travaillent bien, ne mentent pas, sont propres, ont toujours les ongles taillés, respectent leurs engagements,etc…afin d’aider à les reconnaître, à les identifier. On est loin de la description des musulmans actuels.
    La vérité pour la presque-ile ibérique est que les peuples étaient saignés à blanc par les Wisigoths et se sont tournés vers les musulmans pour les aider à s’en débarrasser. Les musulmans se sont montrés plus justes à l’égard des populations que ne l’ont été les Wisigoths et celles ci ont adhéré massivement à la nouvelle religion, qui au regard du contexte historique de l’époque et de la ferveur de ses adeptes constituait un rempart contre l’injustice. Il ne faut pas voir les choses avec nos lunettes d’aujourd’hui.
    Qu’un gouvernant soit musulman et pas nécessairement arabe ne signifie pas une occupation que ce soit en Andalousie ou en Iran. Parler d’occupation est signe d’optique, de façon de voir , d’opinion que je ne discuterai pas. Beaucoup parmi les rois de l’époque dans tous les pays d’Europe étaient issus de familles étrangères et cela ne troublait aucunement leurs sujets. Pourquoi alors trouver anormal qu’un musulman soit à la tête d’un pays ?
    Ce n’est pas de religion qu’il s’agit, mais de justice. Tout le monde sait très bien que sous le règne de l’église et des royaumes qu’elle chapeautait au nom de Dieu, les seigneurs féodaux avaient un droit de « cuissage » sur leurs sujets qui leur permettait de coucher avec les femmes de leurs fiefs le jour de leurs nocesen premier et avant le mari. Il ne s’agit point là de religion, il n’y en pas trace dans les écritures saintes chrétiennes, mais de justice que l’église n’arrivait pas à asseoir et c’est ce qui causa la perte de son autorité temporelle et est à l’origine de la laïcité par la suite. On ne rapporte aucun fait de ce type dans aucune contrée musulmane. Au contraire, l’anecdote du fils de Omar Ibn El As en Égypte et dont le fils a giflé un juif qui s’est plaint au Calife est éloquente. Le Calife à permis au juif d’exercer la loi du talion et en plus il a disgracié Omar Ibn Al As qui a été relevé de ses fonctions après avoir été humilié en public. Cela n’est il pas juste et encore… moderne ?
    Et le fait que vous disiez que nous retournons à la sempiternelle question de la religion me laisse croire que vous n’avez pas pas bien lu mon post ou je dis qu’importe la religion et où j’énumère beaucoup de religions et de sagesses, j’ai conclu que l’essentiel est la justice :  « Ne fais pas de mal aux autres et ne les laisses pas te faire du mal ». Le fait est que c’est vous qui parliez de religion, si j’ai bien compris.
    En fait ne vois pas ce qui vous amène à énoncer : « Et à cette conviction que notre religion est la meilleure et que par conséquent il lui est permis ce qui n’est pas permis aux autres »  .
    De toute façon je trouve normal que quand on à foi en une religion on la considère comme la meilleure, car croire, en religion, c’est admettre la véracité exclusive, c’est une donnée intrinsèque. Remettre ce fait en cause suppose une méconnaissance de l’essence de la religion. Et donc un musulman verrait autrement les autres religions, un bouddhiste également et ainsi de suite…quoique à y regarder de plus près le musulman croit en les religions chrétiennes et juives mais d’une manière qui lui est propre.
    Si ce n’était sa justice, la religion musulmane n’aurait point connu cette expansion fulgurante et aurait suscité des alliances qui l’auraient très tôt cantonnée à son aire d’origine, voire éteinte. Or l’expansion de l’Islam s’est caractérisée par deux phénomènes de mouvements humains. L’un centripète, les nouveaux musulmans affluaient en grand nombre vers la péninsule arabique pour y apprendre la nouvelle religion à sa source en appprenant l’arabe et donc les autochtones ont très tôt été submergés par le nombre et également ils se sont éparpillés dans le Califat à la recherche d’une meilleure qualité de vie. Parler « d’arabes » dans cette perspective c’est méconnaitre l’Histoire.
    Concernant l’Iran et l’Andalousie, si l’Islam les avait « envahis» comme il se dit et n’avait pas été juste crois tu sérieusement qu’ils auraient produit cette culture de haut niveau dans les arts, les sciences, la poésie, la philosophie, l’astronomie, l’algèbre, l’alchimie, l’artisanat etc… ???
    « Il faut toujours regarder le fond des choses » comme vous dites !
    Alors le fond des choses c’est quoi ? C’est qu’on attribue à une religion des vertus de conquête et d’occupation. Ceux qui ont été à la rescousse des peuples d’Espagne ce sont des berbères islamisés et non pas des arabes.
    Je crois que vos constats mon cher Liès se basent sur une vision de l’Histoire qui ne procède pas de sources objectives et innocentes mais verse plutôt à donner une forme à la pensée plutôt qu’une information objective. La justice en terre d’islam a toujours été présente jusqu’à la décadence, décadence provoquée par un effort externe de déstabilisation soutenu dans le temps.
    Comme vous le répétez souvent en citant Jésus « On reconnaît l’arbre à ses fruits ». En son temps, l’islam avait donné des fruits que nulle autre religion n’a donné dans tous les domaines des sciences et de la sagesse humaine et permis à l’occident judéo-chrétien de se repositionner sur la base de ses acquis.
    Et ainsi va la civilisation humaine. Dans la logique des choses, une civilisation périclite et une autre lui succède et le monde avance sur le sentier de la connaissance. Le mouvement est l’essence des processus et la civilisation humaine est un long processus continu comme tu l’a décrit, qui commence avec Adam (QSSSL). La fin d’une étape coincide nécessairement avec le début d’une autre avec d’autres acteurs, d’autres règles, d’autres fonctions.

    Juste une remarque sur votre premier post, pour les musulmans il n’y a pas de notion de « péché originel », puisque Dieu dans sa grande miséricorde à pardonné à Adam et Eve après leur rédemption.

    Amicalement.




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  • Adel
    15 mai 2011 at 17 h 26 min - Reply

    @Liès

    Bonjour,

    Je lis toujours tes interventions avec grand plaisir, surtout que tu as un style très particulier qui n’a pas son pareil sur LQA. La phrase que je t’ai adressée dans mon précédent post ne se voulait pas une attaque mais juste l’expression d’un point de vue.

    Amitiés et au plaisir de te lire

    @M.J.

    Bonjour,

    Je n’ai pas dit que je ne croyais pas à l’existence du bien et du mal en tant que résultats des actes humains. Il y a pour sûr des actions qui sont sources de bien et d’autres qui sont sources de mal. J’ai dit que je ne croyais pas à lutte entre le Bien et le Mal en tant que principes au-dessus des Hommes. La question de Satan est une question théologique qui me semble délicate et je ne suis pas très versé dans les questions théologiques. Si Satan est le principe du Mal, alors le principe du Bien c’est quoi? Dieu? Cela voudrait dire que Satan lutte avec Dieu? Mais Satan est une création de Dieu! J’avoue que c’est assez difficile à comprendre pour moi et c’est pour cela que j’essaie toujours de coller à la réalité que je maîtrise. Il me semble que d’après le Coran, l’Homme peut vaincre Satan, qui est l’incarnation du Mal absolu, en luttant contre ses propres mauvais penchants.

    Amitiés




    0
  • abd el allah el muslim
    15 mai 2011 at 19 h 42 min - Reply

    bonjour a tous j’ai parcouru vos écrits et je me suis
    dit connait ton ennemi pour mieux le combatre,il est
    plus q’évident que vous connaissés le votre qui de
    premier abord est aussi le mien,mais je voudrait
    m’excuser de vous dire cela ce n,ait pas un combat
    philosofique que les algériens(ennes) mene ses un
    combat de tout les jours et ou il y a helas des
    victimes!




    0
  • MJ
    15 mai 2011 at 20 h 17 min - Reply

    @ Adel.

    Merci d’avoir clarifié ton point de vue. C’est le fait de dire que le Bien et le Mal n’élisent pas domicile en l’Homme qui a retenu mon attention.
    Satan ne lutte pas contre Dieu, il lutte contre l’Homme d’après le Coran.

    ـ ﴿ وَإِذْ قَالَ رَبُّكَ لِلْمَلائِكَةِ إِنِّي خَالِقٌ بَشَراً مِّن صَلْصَالٍ مِّنْ حَمَأٍ مَّسْنُونٍ * فَإِذَا سَوَّيْتُهُ وَنَفَخْتُ فِيهِ مِن رُّوحِي فَقَعُوا لَهُ سَاجِدِينَ * فَسَجَدَ المَلائِكَةُ كُلُّهُمْ أَجْمَعُونَ * إِلاَّ إِبْلِيسَ أَبَى أَن يَكُونَ مَعَ السَّاجِدِينَ * قَالَ يَا إِبْلِيسُ مَا لَكَ أَلاَّ تَكُونَ مَعَ السَّاجِدِينَ * قَالَ لَمْ أَكُن لأَسْجُدَ لِبَشَرٍ خَلَقْتَهُ مِن صَلْصَالٍ مِّنْ حَمَأٍ مَّسْنُونٍ * قَالَ فَاخْرُجْ مِنْهَا فَإِنَّكَ رَجِيمٌ * وَإِنَّ عَلَيْكَ اللَّعْنَةَ إِلَى يَوْمِ الدِّينِ * قَالَ رَبِّ فَأَنظِرْنِي إِلَى يَوْمِ يُبْعَثُونَ * قَالَ فَإِنَّكَ مِنَ المُنظَرِينَ * إِلَى يَوْمِ الوَقْتِ المَعْلُومِ * قَالَ رَبِّ بِمَا أَغْوَيْتَنِي لأُزَيِّنَنَّ لَهُمْ فِي الأَرْضِ وَلأُغْوِيَنَّهُمْ أَجْمَعِينَ * إِلاَّ عِبَادَكَ مِنْهُمُ المُخْلَصِينَ ﴾[ الحجر:28 ـ40]




    0
  • Liès
    15 mai 2011 at 20 h 52 min - Reply

    Bonjour à toutes et à tous.

    @ Adel

    Heureusement que vous le dites, que vous ne maîtrisez pas les questions théologiques, que vous êtes plus technique que philosophe (réflexion sur ce qui n’est pas rationnel pour l’esprit de l’homme).

    Mais vous posez quand-même des questions pertinentes auxquelles je suis tenté de répondre mais qui mènent loin et qui comme je l’ai dit dans mon post précédent risqueraient de congestionner le site et indisposer certains lecteurs.

    Vous savez ce sont des sujets qui se discutent mieux en aparté.

    Mais il faut savoir que toute action, ou tout projet qu’il soit de société ou autre repose sur 3 socles cardinaux qui sont :
    1- La philosophie
    2- La sociologie
    3- La stratégie.

    Vous, votre spécialité (ingénieur) vous situe au niveau de la 3 ème, où vous êtes sans contexte très efficace et très utile.

    C’est une bonne chose dans la mesure où il faut la réunion de plusieurs dons (compétences) pour faire un corps qui fonctionne bien et en harmonie.

    Ceci étant dit, je reviens un peu en arrière pour parler de cette histoire du bien et du mal.

    Oui cher ami les deux existes, et on relie le bien à Dieu et le mal à Satan comme vous le soupçonnez à juste titre.

    Pour expliquer cela, vous comprendrez que cela m’oblige à remplir des pages. Vous-même vous ne me le souhaitez pas pour les raisons que j’ai donné par deux fois.

    Mais puisqu’on on est dans les soupçons positifs et vertueux, je profite pour vous dire que je soupçonne que vous aviez lu Voltaire qui lui, a développé cette question de bien et de mal à laquelle il dit ne pas croire vraiment et qui ressort en filigrane dans son œuvre littéraire et philosophique aussi, notamment dans son célèbre  »candide ».

    Se qualifiant comme philosophe, il dit que le philosophe se pose des questions et réfléchit.
    Et il poursuit en disant qu’un philosophe est naturellement optimiste et curieux. Ce qui revient presque au même.

    Mais là où vous semblez le rejoindre c’est lorsqu’il assène que : «La nature fait tout pour elle-même, et ne fait rien pour nous. Elle songe uniquement au bien-être et à la conservation des espèces, et néglige absolument la conservation des individus. Elle s’inquiète peu de notre bonheur. »

    Et il conclut par cette phrase : « Quant-au bien et au mal, ce sont deux mots vide de sens pour le vrai philosophe. »

    Il a raison, il a tort? C’est toute la question!
    Comme les autres questions existentielles et toutes celles reliées à l’inaccessible, à l’impénétrable ou à l’invisible.
    Aucune ne fait à elle seule l’unanimité.

    Heureusement qu’il y a l’Amour qui fait l’unanimité, mais même là, chacun à sa façon de le pratiquer, et chacun dit que le sien est le meilleur.

    Donc dans cette vie ici bas, on n’a pas fini de chercher et d’apprendre.

    Je voulais aussi intervenir sur un autre point que vous aviez développé dans un de vos anciens posts, à savoir le communisme, pour vous dire que ses sources remontent à loin dans le passé, et aussi pour souligner en fait que les gens n’invente rien (Marx), ils ne font que perfectionner et mieux faire connaître.

    Mais laissons cela, à plus tard.
    Cordialement. Et au plaisir de vous lire.

    @ Mohamed Jabara.

    Avec vous Dieu merci, tout est clair et en cela vous me rassurez et je respecte religieusement vos convictions.

    Je vous encourage à persévérer, car avec les dispositions que vous avez et la piété sincère qui est la vôtre, vous percevrez mieux la lumière de la vérité quand il vous arrivera de la croiser.

    Je vous comprends parfaitement et je connais vos réponses avant même que vous les donniez.

    Je ne suis pas un étranger. Je viens de chez vous. Chez vous c’est aussi chez moi.

    Très fraternellement et à la prochaine.

    Liès Asfour.




    0
  • Adel
    15 mai 2011 at 21 h 17 min - Reply

    @M.J. et Liès

    Bonjour,

    Permettez-moi de faire intrusion dans votre échange sur l’histoire du Monde Musulman.

    Il est difficile de porter un jugement de valeur sur une période historique donnée et considérer ce qui s’y est déroulé d’un point de vue moral (bien ou mal). Les conquêtes sont-elles un bien ou un mal pour les peuples conquis? Il est clair que si on veut répondre à cette question, il faut faire une étude détaillée des conditions politiques, économiques, sociales, culturelles, etc., de la société qui subit la conquête avant et après la conquête, ce qui n’est pas une mince affaire.

    L’idée de cohabitation pacifique entre les peuples et de paix mondiale est une idée récente. De tout temps, l’expansion par la conquête était la règle; l’histoire le montre clairement. Les peuples les plus forts (militairement) dominaient les autres. Mais une conquête militaire ne donne pas forcément naissance à une brillante civilisation. L’exemple qui illustre le mieux ce fait dans notre région est celui des Vandales. Pour qu’il y ait civilisation, il faut forcément qu’il y ait paix donc acceptation par le peuple conquis du fait de la conquête et participation active de sa part à l’effort de construction de la civilisation naissante. La conquête arabe (ou musulmane) a de ce point de vue indéniablement donné naissance à une brillante civilisation dans les territoires conquis, que ce soit au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Europe (Andalousie) ou en Inde. Il y avait donc une dynamique de progrès qui était véhiculée par les conquérants.

    Il faut dire aussi que cette dynamique a commencé à s’essouffler à partir du 13ème siècle (invasion mongole et fin du khalifat abbasside) et la création intellectuelle devint de plus en plus rare dans le Monde Musulman. Ce fut le début de la mainmise des militaires sur l’État et l’effort de ce dernier fut avant tout dirigé vers l’accroissement de la puissance militaire.

    Ce tarissement de la création intellectuelle en terre d’islam eut pour pendant une renaissance de cette création en terre de chrétienté, ce qui déboucha sur la Reconquista et plus tard sur l’occupation coloniale au 19ème siècle.

    Pour ce qui est de la Régence d’Alger, force est de reconnaître qu’elle n’a brillé que par sa force navale, mais aucunement sur le plan de la civilisation. C’était assurément une période de grand déclin pour notre pays devenu incapable de se défendre contre l’envahisseur espagnol et les villes de Bédjaya et Alger durent faire appel aux corsaires turcs pour les en débarrasser. Le problème était donc en nous. Notre faiblesse persista durant plusieurs siècles et les janissaires turcs en profitèrent pour assoir définitivement leur pouvoir. Il y a lieu de signaler en passant que Aroudj et Khaireddine, ainsi que ceux qui leur succédèrent ne réussirent jamais à prendre possession du Maroc, dont l’armée sut toujours repousser leur attaques. Ce pays put également résister à l’invasion espagnole par ses propres moyens.

    Il est vrai que les Turcs étaient musulmans et qu’ils laissèrent les structures tribales traditionnelles en place. Ils unifièrent le pays, mais cela se fit au prix de l’élimination impitoyables des dynasties autochtones (zayanides de Tlemcen, thaaliba d’Alger, hafçides de Bedjaya, etc.) De même, ils ne permirent jamais aux élites autochtones d’atteindre le sommet de l’État central. Celui-ci resta toujours sous le contrôle des janissaires turcs venus d’Anatolie, des aventuriers qui venaient faire fortune dans notre pays. Lorsqu’Alger fut occupée par les Français, le Dey partit pour l’Europe et les janissaires retournèrent en Turquie. Les fils du pays durent alors affronter l’occupant. mâ yenfa3 ghîr essah,

    En conclusion, la période turque était peut-être une période de puissance pour l’État central d’Alger, mais cette puissance ne s’est pas traduite par un progrès palpable pour les autochtones. Pour eux le déclin a continué même sous les Turcs.

    L’Algérie des Algériens (notons que les auteurs français du début de la conquête désignaient par ce nom les Turcs d’Alger seulement, les autochtones étant pour eux soit des Arabes, soit des Kabyles ou encore des Juifs), cette Algérie n’a commencé à exister en tant que but, qu’avec la résistance à l’occupant français et en tant que réalité, à partir du 5 juillet 62. Mais le déclin continue, hélas, même si Turcs et Français ont quitté notre pays depuis longtemps.

    Amitiés




    0
  • Adel
    15 mai 2011 at 21 h 29 min - Reply

    @abd el allah el muslim

    Bonjour,

    Je pense que les Algériens ont besoin de renaître dans tous les domaines et il y a, me semble-t-il, une corrélation évidente entre la faiblesse de la production intellectuelle, en particulier philosophique, dans notre pays et notre état de profond désarroi. Des centaines de Malek Bennabi ne nous feraient pas de mal, bien au contraire.

    Cela ne fait pas de mal de faire parfois des digressions philosophiques, même si le but stratégique reste indéniablement pour nous la fin du système tyrannique et la construction de l’État de droit,

    Cordialement




    0
  • aquerado
    15 mai 2011 at 22 h 18 min - Reply

    Salam,
    @Mj. J’ai lu avec un grand engouement votre texte faisant reference a l’histoire de l’Algerie, que je partage d’ailleurs. Quoique beaucoup de choses et de faits etonnants sur notre histoire sont encore a decouvrir, car nous sommes devenus un peuple totalement amnesique du fait des accidents graves qui ont echelonnes notre parcours historique(traumas). Je suis sur que dans les jours et mois a venir on connaitra de nombreux faits historiques mis sous le boisseau du fait de graves problemes politiques entretenus par des gens vicieux de part et d’autre de la mediterranee. Cette reconcialiatin entre la France et l’Algerie est sine qua none a un retour normal des relations dans le cours historique des choses. La France souffre d’un surpeuplement(voir Paris) qui l’asphyxie d’une maniere epouvantable et change son paysage originel de facon radicale. L’Afrique s’apauvrie d’une facon dramatique qui pousse ses habitants a chercher l’eldorado ailleurs, toujours par l’attitude de ces vicieux dont j’ai parle un peu plus haut. Le seule moyen de sortir de ce cerle vicieux est de fixer ces populations dans leur region d’origine par un developpement intelligent et harmonieux. Pour cela il faut se debarasser systematiquement de ces dictatures imposees par la FranceAfrique qui ont finies par detruire leur geniteur plus qu’autre chose. Je suis sur que que si un changement se faisait dans ce sens et que les pays Africains retrouvaient leur equilibre beaucoup d’Africains retoureneraient chez eux afin d’aider leur pays. Mais pour cela ni un dsk ni un sarkozi ou un bouteflica ne peuvent accomplir un tel changement, au contraire ils sont la pour garder ce statu quo.




    0
  • Abdel Madjid AIT SAADI
    15 mai 2011 at 23 h 21 min - Reply

    Au delà de toute spéculation ou de glose philosophique, j’ai été abasourdi lorsqu’à l’écoute du 20 heures, ce soir, j’ai appris que le général « Mokh Touati » est chargé de nous démocratiser après avoir conseiller comment éradiquer le peuple algérien…

    Cette désignation n’augure rien de bon, elle signifie seulement que Gadhafi et Ali Saleh ainsi que les potentats de Bahreïn, ont été la meilleure école pour le régime qui a désigné Bouteflika, et que le système garde toujours un oeil vigilant sur les « présidents désignés », pour donner le change civil à la tyrannie institutionnalisée depuis que les « militaires prévalent sur les civils » tenus sous tutelle.

    Je cite El Moudjahid de ce jour :

    — « Le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a désigné MM. Mohamed Touati et Mohamed Ali Boughazi, conseillers à la Présidence, pour mener, au côté de M. Abdelkader Bensalah, de concert avec lui et sous son égide, l’organisation et le déroulement des consultations prévues sur les réformes politiques, a indiqué hier un communiqué de la Présidence de la République. … »
    —-
    Fin de partie, le général Touati, va nous « pondre » une « démon-archie », après nous avoir institué une « démocratie cultur-ELLE », à coups de miliciens et de disparitions.

    Bien que je n’aie jamais cru aux phrases creuses, aux discours qui nous promettaient une « ère nouvelle » et un État de droit, force est de constater que le naturel revient au galop, et que dès que le brillant aura été effacé, le KIT offert par Bouteflika aux Algériens, en guise de package deal, pour by-passer la Révolution populaire et le ERHAL ou autres slogans comme CHANGEMENT radical du système, se révèle dans toute sa vraie nature : un attrape nigauds… qui me rappelle le Statut de l’Algérie de 1947, ou encore le « je vous ai compris d’un autre général », autrement plus soucieux des intérêts de son pays.




    0
  • M.J.
    16 mai 2011 at 1 h 18 min - Reply

    @ Liès.

    Désolé si je vous ai heurté, ce n’était aucunement mon intention. Mon style d’écriture est un peu (beaucoup) gauche et il m’arrive souvent de dire les choses sans diplomatie ni savoir vivre, mais je vous assure que c’est sans intention de nuire ou de porter atteinte.

    En outre et dans le cadre d’une discussion tout a fait objective, je ne me permettrais jamais de remettre en cause votre algérianité et mes digressions n’avaient pour but que de faire état d’un point de vue autre, notre culture mixte, qu’on le veuille ou non, voire simplement occidentale par le fait de la langue prédominante, qui nous amène à percevoir nos réalités nationales parfois, avec l’oeil de l’autre ce qui bien entendu fausse notre vision.




    0
  • M.J.
    16 mai 2011 at 1 h 32 min - Reply

    @ Adel.
    Comment peux tu concevoir une puissance navale sans une forte intégration économique ?
    Pour faire des bateaux il faut du bois usiné et donc des bucherons, des menuisiers, des ébénistes, des fabriques de clous et donc des forges au minimum et pour armer cette puissance navale il faut des canons et donc des hauts fourneaux et tout ça réclame un savoir faire et une élite technique qui dirige le tout et puis et surtout des artisans et des manoeuvres, beaucoup. Et puis tout ce beau monde doit habiter et il faut des constructions et manger et il faut une agriculture et des commerces, des routes…. Et ça aussi réclame du monde et encore des constructions et à manger et à se vétir , etc… .Sans parler de l’entretien et de tas d’autres métiers connexes. Cela ne fait il pas un essor ?
    Sais tu que ce qu’on appelle fort l’empereur et qui existe du temps des Turcs et abritait à leur époque des canons qui avaient une portée de 14 kilomètres, ce qui était énorme pour l’époque et qu’il assurait la défense de la baie d’Alger ? C’est pour cette raison que le débarquement eut lieu à Sidi Fredj sur recommandation des espions en place.
    Il est vrai que sur le plan du gouvernement il y avait une inégalité, puisque il y avait trois strates sociales distinctes : Turcs, Koulmoughlis et autochtones, mais l’essor économique ne peut être nié, l’Algérie sur le plan agricole était le grenier de l’Europe et spécialement de la France à l’époque Turque et la fournissait en céréales. Sur le plan des atrocités, il faut se situer en fonction de l’époque ou tous les pouvoirs usaient de la force brutale contre leurs opposants et à ce titre le pouvoir Turc ne faisait pas exception.
    J’ai donné mon avis sur ce que disent les colonisateurs français un peu plus haut. Je n’y attache aucune espèce d’importance, ce sont des constats et des conclusions tendancieuses et déstabilisatrices pour notre peuple.




    0
  • Adel
    16 mai 2011 at 15 h 23 min - Reply

    @M.J.

    Bonjour,

    L’Algérie sous les Turcs était-elle un pays indépendant? Appartenait-elle totalement aux Algériens? Voilà la question qui se trouve en fait derrière mes réserves sur l’aspect civilisationnel de la présence turque dans notre pays?

    Comment se fait-il que pendant trois longs siècles le pouvoir central et provincial (Alger et les trois beyliks de Constantine, Titteri et Masacra) est resté entre les mains des janissaires venus d’Anatolie, qui ne brillaient ni par leur haut niveau d’instruction, ni par leur extraction royale? C’est quand même un fait troublant. Comment expliques-tu cela?

    Amitiés




    0
  • M.J.
    16 mai 2011 at 18 h 32 min - Reply

    @ Adel.

    Tes questions s’inscrivent t elles dans le contexte Historique de l’époque considérée ou du contexte contemporain ?

    Dans le contexte de l’époque considérée il était tout à fait normal comme je l’ai dit à notre ami @Liès que des souverains étrangers gouvernent un pays. L’Europe est pleine d’exemples de ce type, sans qu’on aille jusqu’a dire qu’il y eut colonisation.

    La seule différence, l’extraction royale dont tu parles, est compensée par l’islamité des gouvernants Turcs et et le consensus du peuple Algérien de l’époque qui ne considérait en aucune façon le pouvoir comme illégitime mais l’admettait et respectait son autorité qui relevait du Califat d’Anatolie.

    D’ailleurs même la France coloniale qui n’est pourtant pas musulmane et dont l’occupation est plus récente, aurait pu rester et notre peuple aurait accepté son gouvernement s’il n’y avait une injustice criarde et un racisme violent, que la famine ayant entrainé la révolte de Mokrani, les enfumades, les lois de l’indigénat, les massacres de 1945 ont enraciné dans les mentalités et conduit à la rupture, accentuée par l’OAS et ses pratiques en 1962.

    L’Algérie à l’époque des Turcs n’était pas un Etat, mais un émirat au sens du pouvoir islamique, rattaché au Calife. Remettre en cause cette idée c’est se poser à l’époque moderne pour juger d’un fait Historique. Méthodologiquement je ne pense pas que ce soit faisable.

    L’Etat de droit au sens laic est une création récente et la notion de droit en Islam relève de règles religieuses qui font qu’il n’y a de différence entre les musulmans que par le degré de foi, ce qui est une affaire personnelle et relevant de Dieu, puisque l’Islam distingue entre croyant et musulman et tout musulman, de par cette seule qualité et celle du savoir peut être désigné à la tête du Califat ou de l’Emirat même s’il n’appartient pas au peuple concerné. La différenciation sur une base raciale est interdite en Islam comme tu le sais et la notion d’Etat au sens moderne n’existait pas au temps des Turcs.

    Amitiés.




    0
  • Adel
    16 mai 2011 at 19 h 56 min - Reply

    @M.J.

    Bonjour,

    Merci pour ta réponse.

    Il reste que la question de fond demeure. Je comprends bien que l’Algérie de l’époque dépendait du khalifat ottoman – bien que cela n’aille pas de soi, le Maroc, à titre d’exemple étant durant la même période totalement indépendant de ce khalifat. Mais s’il existait une équité dans ce khalifat, pourquoi fallait-il que des janissaires n’ayant rien de particulier si ce n’est qu’ils fussent totalement dévoués au sultan d’Istanbul – beaucoup étaient des renégats – vinssent de Turquie pour gouverner l’Algérie et la maintenir dans le giron – ou sous la tutelle – du khalifat. De quelle tare congénitale souffraient donc les Algériens qui les empêcha durant trois siècles de se prendre en charge, tout en restant rattachés au khalifat ottoman? Ou bien, la fraternité islamique n’était-elle qu’un mythe, les Turcs n’ayant en fin de compte aucune confiance en eux?

    Amicalement




    0
  • M.J
    16 mai 2011 at 22 h 12 min - Reply

    @Adel.
    Trois siècles c’est long ! Penses tu que si tout le monde ne trouvait pas son compte les choses seraient restées en l’état durant tout ce temps ? Pour moi le peuple algérien devait y trouver son compte et vivait certainement dans la dignité.

    Amicalement.




    0
  • Liès
    17 mai 2011 at 0 h 34 min - Reply

    Salutations à toutes et à tous.

    @ Mohamed Jabara, bonjour cher ami.

    Bien sûr que je vous pardonne, cher ami, vous êtes pour moi une bénédiction, j’avais comme défauts principaux comme la majorité des algériens, l’absence de patience et de maîtrise de soi.

    Je suis moi aussi une boule de nerfs. Je n’en suis pas fier parce que cela me procure beaucoup de misère notamment sur le plan de la santé.

    Grâce à vous je vais pouvoir me soigner et probablement en guérir définitivement.

    Et pour répondre à vos derniers post, il faut que vous sachiez cher ami, que je n’ai à aucun moment pensé que les problèmes et les dysfonctionnements qui apparaissent naturellement au cours de nos débats, puissent d’une manière ou d’une autre affecter ma personne.

    Que vous me heurtiez ou pas, là n’est point le problème.

    Nous ne sommes pas ici sur le site pour demander aux autres de nous ménager ou de nous courtiser.

    Nous sommes ici pour débattre de bonne foi et avec droiture, avec la seule force de l’argument éprouvé.

    Mais je remarque toutefois ça et là , cette manie toute algérienne, de délaisser le sujet en question et d’attaquer la personne par la technique qui consiste à prendre un maillon de l’ensemble de la chaîne, le soustraire du tout dont il fait partie, lui enlever son identité et sa sève qui lui donne vie, et s’élancer à partir de ce  »hold-up » ou de ce  »larcin » dans un discours sémantique qui n’a rien de savant, même s’il impressionne les moins avertis.

    Nous gagnerons aussi à nous défaire d’un tel trait culturel.

    Je n’allais pas vous répondre pour cette  »violence amicale » que vous dites m’avoir fait, involontairement je l’admets, si vous ne l’aviez par vous-même relevée et reconnue. Je dois reconnaître que vos regrets sont sincères même si rien ne garantit que vous n’allez pas récidiver.

    Ce qui m’ennuie au demeurant, ce n’est pas tant le fait que mon ego soit malmené car comme je l’ai dit en haut j’essaie avec l’aide de Dieu de les tenir en bride, lui et ma langue, et de lui donner de moins en moins de crédit.

    Ce qui m’ennuie, c’est peut-être cette élite que toute la nation attend, et qui n’est pas capable, du moins jusque là, de se libérer du filet de l’oiseleur qui la retient captive et qui par conséquent l’empêche d’éclairer et de guider des populations qui chavirent et qui se blessent.

    Je ne l’accable pas, notre élite, ni ne lui fait porter la responsabilité qui n’est pas la sienne.

    Car comme je l’ai dit précédemment, je situe la quasi-totalité des causes de notre long malaise et de notre long sommeil, dans notre culture et notre histoire.

    Je souhaite seulement qu’elle trouve l’intelligence et les ressources nécessaires pour se libérer du filet de l’oiseleur.

    Le filet de l’oiseleur a ceci de caractéristique et de bien particulier.
    Il retient l’oiseau prisonnier avec une subtilité telle que ce dernier ne la ressent même pas.
    C’est pénible de ne pouvoir prendre son envol et en même temps de ne pas être conscient de sa captivité, voire de croire à une fausse liberté.

    Je crois que c’est ce qui arrive à une grande partie de notre élite.

    Car ceux qui savent vivent une troublante situation, celle de s’autocensurer ou de se taire. Ils subissent les effets violents de l’adversité.

    Ceux qui ne savent pas encore, se complaisent hélas dans le confort de leur carcan culturel qu’ils rechignent à quitter, pour aller voir ce qui se passe ailleurs et s’instruire de ce qui pourrait leur être utile et efficace, afin de se corriger, se réajuster et se mettre à niveau.

    Ceux-là sont de loin les plus nombreux et se sont imposés de facto, même s’ils s’en défendent vigoureusement, comme étant les sûrs gardiens de l’establishment ainsi que ses solides soutiens.

    Notre ami commun @  Adel a toutes les raisons de s’inquiéter et de dire que le changement véritable passe par un véritable éveil des consciences.

    Je suis tout a fait d’accord avec lui.

    Je dois juste ajouter que cet éveil qui se veut global, doit d’abord commencer par l’élite elle-même.

    Cordialement.

    Fraternellement à toutes et à tous.

    Liès Asfour.




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  • Adel
    17 mai 2011 at 1 h 04 min - Reply

    @M.J.

    Bonjour,

    Donc, cela voudrait dire que les élites autochtones n’avaient plus aucune ambition. Si cette situation devait se reproduire aujourd’hui, nos dirigeants étant incapables de faire face à la situation catastrophique que connaît le pays, et que nous devions «importer» notre armée et tout notre personnel d’État de Turquie, penses-tu vraiment que l’Algérien moyen prendrait la chose avec philosophie?

    As-tu parcouru la liste et les réalisations des nombreux pachas, aghas, beys et deys turcs ou assimilés qui se sont succédés à la tête de la Régence d’Alger en 3 siècles? Ce n’est pas très brillant… Si nos ancêtres ne pouvaient pas faire mieux, alors il y a de quoi désespérer de notre capital génétique. ):

    Amitiés




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  • Adel
    17 mai 2011 at 17 h 09 min - Reply

    @Liès

    Bonjour,

    Permettez-moi d’interférer de nouveau dans l’échange qui a lieu entre notre ami M.J. et vous.

    Je crois que nous appartenons tous trois à la même génération, celle qui a connu l’époque de la colonisation étant dans l’enfance et qui a reçu son instruction en langue française et en partie dans la méthode et les programmes hérités de l’époque coloniale et souvent avec des enseignants venus de France. Cela donne à notre façon de penser une certaine tournure qui peut parfois être différente – pas meilleure, ni pire – de celles de nos compatriotes beaucoup plus jeunes. Qu’ils soient indulgents avec nous.

    Chacun de nous trois a son propre point de départ (milieu familial, en particulier) et son propre cheminement dans la vie qui fait qu’il est ce qu’il est aujourd’hui. Ce qui nous réunit ici sur LQA, c’est le désir – ou le besoin – de faire quelque chose pour notre pays, même si, ayant entamé le dernier tiers de notre vie, nous ne nous inquiétons pas particulièrement pour notre avenir personnel.

    Nous avons connu l’Algérie des années 50-60-70 où il y avait une certaine innocence et beaucoup d’espoir. Je crois que nous avons eu une enfance et une adolescence heureuses, malgré la guerre, la pauvreté et les difficultés matérielles de toutes sortes, et nous étions persuadés que notre pays avançait dans la bonne direction.

    Puis vinrent les années 90 et l’inimaginable se produisit. En ce qui me concerne – et c’est je crois le sentiment de tous ceux de notre génération – ce fut un traumatisme insurmontable. Quelque chose se brisa définitivement à l’intérieur de moi-même. Et, dans un certain sens, le travail que je fais sur LQA depuis un an et demi est une tentative de reconstruction de ce qui s’est brisé.

    Essayer de comprendre et réparer : voilà l’objectif.

    Il nous arrive parfois de nous laisser dominer par nos pulsions agressives et de céder à la colère, en particulier envers ceux qui ont la charge de diriger le pays et qui se comportent comme des voyous. C’est un sentiment humain et la colère est souvent le premier pas dans la voie de la libération et de la guérison.

    Pour ce qui est de nos débats, pour ma part j’essaie toujours d’adopter un ton neutre et courtois et de discuter les idées, jamais les intentions de mon contradicteur, ni ses croyances ou convictions religieuses. Mais, à partir du moment où lui même met sur le tapis certaines idées, même si elles ont trait à ses croyances religieuses ou ses convictions politiques, ces dernières peuvent être discutée, de préférence en restant neutre et courtois, bien que, parfois, le style de chacun et l’amour de la polémique peuvent nous entraîner dans la mauvaise voie. Ce n’est pas trop grave, toutefois, et cela met un peu de piquant dans la discussion.

    Oui, nos problèmes sont avant tout d’ordre culturel, au sens large du terme. Et cela est valable pour tous les pays du monde arabe. Il n’y a qu’à voir comment les dictateurs de notre région ont réagi lorsque leurs peuples sont sortis dans la rue pour réclamer la liberté et la dignité. Le même réflexe répressif aveugle les a mis en mouvement. Ils ont tous sorti les blindés pour faire face à des manifestants désarmés. Nous avons connu cela avant tous les autres, en octobre 88 et durant les années 90. Cette arrogance et cette volonté de dominer et de détruire toute forme d’opposition sont profondément inscrites dans notre culture. Cela n’a cependant rien à voir avec l’islam qui, malgré tout ce qu’on peut en dire, est une religion profondément rationnelle qui privilégie la solidarité entre les membres de la communauté et la justice. Mais entre l’idéal et la réalité, il y a 14 siècles d’histoire avec leurs moments de gloire et de brillants accomplissements de l’esprit et leurs périodes de déchirements, de tyrannie et d’extrême violence.

    Il y a aussi le poids de la domination par l’Europe, et aujourd’hui l’Amérique, qui pèse de manière très négative sur notre inconscient collectif. Il y a cette impuissance vécue comme un terrible drame et qui pousse beaucoup de jeunes à accomplir des actes désespérés.

    Que pouvons-nous faire en tant qu’individus?

    D’abord agir sur nous-mêmes en tant qu’individus, afin de devenir meilleurs, plus patients, plus tolérants, plus amicaux et solidaires avec nos semblables, surtout avec nos compatriotes, qui en ont le plus besoin. L’exemple que nous donnons autour de nous peut servir à changer les choses. Beaucoup peut être accompli par l’effort patient, car celui qui veut forcer les autres à brûler les étapes échoue souvent lamentablement. C’est en grande partie l’erreur qu’ont commise les premiers dirigeants de notre pays.

    Ensuite, nous pouvons agir de manière organisée, comme nous le faisons ici, avec d’autres compatriotes, afin de converger avec les autres groupes et forces vives vers un projet consensuel. Nous ne devons nous faire aucune illusion, cependant, et aborder les problèmes de manière pragmatique, posée et réfléchie, en privilégiant le dialogue sincère, ciblant l’aspect humain des choses et en évitant de donner trop de place à l’aspect idéologique (laïc ou religieux, dans leur forme exacerbée ou délirante, comme disait un certain philosophe), souvent générateur de faux clivages et d’attitudes sectaires qui tendent à exclure de notre champ de réflexion les idées de tous ceux qui sont différents de nous.

    J’avoue qu’il m’est très difficile de comprendre les agissements de ceux qui participent à la destruction de leur pays – notre pays – en volant et en sabotant, alors qu’ils ont la charge d’œuvrer à l’amélioration des conditions de vie de leurs compatriotes. La situation de profond désarroi et de dérèglement général dans laquelle se trouve la société algérienne n’est pas facile à redresser et il faudra beaucoup de temps pour revenir à l’état d’esprit qui était le nôtre en 1962, cet état d’innocence et d’espoir, que les peuples plus raisonnables – ou plus chanceux – ont su préserver. La «qfâza» qui fait de chaque algérien un prédateur potentiel pour ses compatriotes est aujourd’hui notre trait culturel le plus dévastateur. Le cynisme et le nihilisme font eux aussi des ravages et ils ont envahi toutes les couches de la société. Tout un chacun est prêt à tordre le cou à la morale pour arriver à ses fins. On est tenté de leur crier : «Stop! Arrêtez!», de figer le temps et de défaire tout ce qui a été fait depuis 62, mais c’est, hélas, impossible.

    Heureusement qu’il y a l’exemple d’hommes et de femmes sincères qui continuent de défendre vaille que vaille les valeurs de base sans lesquelles toute société est menacée de sombrer dans le chaos. Ils sont de plus en plus nombreux à dénoncer les agissements des forces de destruction et à agir afin de rassembler tous les hommes et toutes les femmes sincères qui veulent sortir notre pays des griffes des vautours qui lui sucent le sang.

    Tant que ces hommes et ces femmes sont debout, l’espoir est permis. Nous avons un pays magnifique; notre peuple vaut mieux que ce qu’il a été jusqu’à présent et le jour où il se décidera enfin à être à la hauteur de son destin n’est plus très loin.

    Amicalement




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  • M.J
    17 mai 2011 at 23 h 39 min - Reply

    @ Adel.
    Lorsque tout le monde trouve son compte c’est que l’ambition est préservée. Le contexte de l’époque ne reconnaissait pas l’Etat nation tel que nous l’a imposé le « colonialisme capitaliste » et la « modernité », d’essence occidentale voilà tout et admettait une fraternité entre tous les musulmans, ce qui n’est malheureusement pour certains pas le cas aujourd’hui, ou heureusement pour certains autres.
    Amicalement
    @ Liès.
    Vous dites :« Mais je remarque toutefois ça et là , cette manie toute algérienne, de délaisser le sujet en question et d’attaquer la personne par la technique qui consiste à prendre un maillon de l’ensemble de la chaîne, le soustraire du tout dont il fait partie, lui enlever son identité et sa sève qui lui donne vie, et s’élancer à partir de ce  »hold-up » ou de ce  »larcin » dans un discours sémantique qui n’a rien de savant, même s’il impressionne les moins avertis.
    Nous gagnerons aussi à nous défaire d’un tel trait culturel.
    Je n’allais pas vous répondre pour cette  »violence amicale » que vous dites m’avoir fait, involontairement je l’admets, si vous ne l’aviez par vous-même relevée et reconnue ».
    En vérité je n’ai rien ressenti de cette « violence amicale » qui pour moi n’a jamais existé mais que votre dernier post m’a fait entrevoir lorsque vous m’avez écrit : « vous percevrez mieux la lumière de la vérité quand il vous arrivera de la croiser ». Ce n’est que là que j’ai compris compte tenu de votre post très laconique que quelque chose vous a déplu. Et au lieu de vous répondre aussi laconiquement, j’ai jugé utile de vous demander votre pardon.
    Je confesse que l’ai lu entre les lignes pour déduire que vous vous êtes senti agressé. J’aurais pu me tromper mais j’ai préféré prendre les decvants et demander pardon. J’essaie d’user de tous mes moyens afin de ne pas heurter la sensibilité des autres mais il m’arrive de le faire sans en avoir l’intention. Car dans un échange écrit, une partie de la communication comme l’intonation de la voix, le langage du corps, l’expression faciale, etc… ne sont pas pà pour appuyer le discours et les signes écrits peuvent être mal interprétés et donner ainsi lieu à des confusions.
    Mais vous venez de me confirmer que d’après vous j’ai laissé le sujet central de notre échange pour triturer certains de ses aspects afin de vous attaquer démontrer une science que je ne possède pas. Je prétends pas détenir la science infuse mais je ne pense pas avoir commis d’erreurs de jugement dans ce que j’ai dit ! Je crois au contraire avoir abordé tous les points soulevés et que je leur ai apporté le traitement qu’ils méritent de mon point de vue et développé les arguments probants, car finalement il ne peut s’agir que de points de vue. Et de toute façon il vous est loisible de remettre les miens en cause par une argumentation adéquate qui me rendrait service en me mettant en face de mes erreurs. Je vous l’ai dit déjà c’est à partir de mes erreurs que j’avance sur le chemin de la connaissance.
    Je suis comme vous, je ne me sens pas personnellement impliqué dans le débat sauf du fait que mon pays est en jeu et comme vous et @Adel, j’essaie de comprendre simplement ce qui se passe autour de moi pour y apporter la réponse appropriée et m’adapter quelque peu au contexte en essayant au besoin de l’adapter un tant soi peu lorsque cela est possible. Il est vrai qu’a mon âge, il y a une certaine rigidité dans la pensée mais elle est je pense compensée par une attitude bien ancrée de curiosité parfois maladive et d’acceptation de l’argument tranchant lorsqu’il parvient à ma compréhension.
    Vous dites que c’est notre culture qui agit comme le filet de l’oiseleur afin de piéger les gens et les laisser dans un no mans land hors de l’Histoire et du temps. De quelle culture parlez vous ? Celle qui préexiste au colonialisme, celle que nous avons forgée durant la nuit coloniale ou celle que nous avons forgée depuis l’indépendance ? Ou l’ensemble de ces cultures vous déplait et dans quels domaines précisément, car la culture comme vous le savez englobe des tas de domaines et dire que la culture n’est pas adéquate n’est pas très explicite. Et puis rejter notre culture n’est il pas une trahison envers nos ancètres qui auraient vécu et seraient dans ce cas morts pour rien ?
    Nous sommes en 2011 et l’Etat de droit dont il est question dans ce topic est défini universellement par l’égalité des gens devant la règle de droit, cette règle crée des situations juridiques qui doivent avoir la prééminence sur les situations sociales et créer des rapports de droit entre les individus par lesquels ceux qui acquièrent des droits acquirent des libertés et une autorité, qui peut être exercée à l’égard de tous par le biais de la justice afin de faire respecter ces droits. L’existence de cet Etat de droit n’a rien à voir avec la culture mais avec la volonté de faire respecter quelques principes simples :
    1-Lois égales pour tous.
    2-Indépendante et intègrité des Juges.
    3-Droit des régions aussi bien que des individus à une distribution juste des richesses du sol et du sous sol.
    4-Evolution sociale et rétribution en fonction de l’effort consenti et des risques légalement pris.

    Notre culture à ce moment ne fera que s’épanouir. Mais essayer d’expurger cette culture en la considérant un frein est pour moi incompréhensible.

    Amicalement




    0
  • M.J.
    18 mai 2011 at 14 h 17 min - Reply
  • Adel
    18 mai 2011 at 15 h 43 min - Reply

    @M.J.

    Bonjour,

    Merci pour ta réponse.

    D’abord, je voudrais souligner que je n’ai pas affirmé qu’il n’existait pas d’État en Algérie avant la colonisation française. J’ai dit que le fait que cet État avait été dirigé par des janissaires turcs pendant trois siècles me posait un problème et me troublait. Faire partie d’un État plus vaste n’implique pas renoncer totalement à toute forme de souveraineté localement. L’État ziride bien que faisant allégeance au khalifat fatimide du Caire était dirigé par des autochtones à tous les niveaux. Pour moi, l’époque turque a constitué une formidable régression pour notre pays par rapport aux époques précédentes, sur le plan civilisationnel.

    Pour ce qui est de la puissance économique de la Régence, j’ai comme l’impression que c’était plus ou moins un mythe, surtout à la fin. Ce mythe était basé sur les résultats de la course en Méditerranée, uniquement. Sinon, comment expliquer l’effondrement de cet État en trois semaines, sous les coups d’une armée française loin de ses bases. Comment une armée venue de France a-t-elle pu occuper cette «puissance» économique aussi rapidement? Où était notre «puissante» armée?

    Je voudrais maintenant faire un petit commentaire sur la dernière phrase du dernier post que tu as adressé à notre ami Liès.

    « Notre culture à ce moment ne fera que s’épanouir. Mais essayer d’expurger cette culture en la considérant un frein est pour moi incompréhensible. »

    Je voudrais juste rappeler que tout l’effort des réformistes musulmans au Maghreb et en Orient au 19ème et début du 20ème siècle a eu pour objectif justement d’expurger notre culture de certains traits jugés néfastes (maraboutisme, superstition, fatalisme, etc.).

    Amitiés




    0
  • Liès
    18 mai 2011 at 17 h 10 min - Reply

    Salutations à toutes et à tous.

    @ Mohamed Jabara.

    Bonjour cher ami et cher frère, et MERCI beaucoup pour votre INTERVENTION tendant à me défendre contre l’internaute qui A USURPÉ mon pseudo, dans la rubrique intitulée  » Chaos et renaissance. »

    Cette action par laquelle vous démontrez votre amour pour la justice, vous honore à un très haut point.

    En même temps, elle est venue confondre et lever le voile qui cache la mesquinerie de l’usurpateur et/ou de celui qui l’a encouragé.

    Ceci étant dit, il demeure entendu cher frère que nos échanges sur LQA continueront à se faire sans concessions, sur le plan intellectuel.

    Je n’y serai pas votre obligé, et c’est le Bon Dieu lui-même qui vous récompensera pour votre droiture, ce qui est de loin très bénéfique pour vous.

    Cordialement.

    Je reviendrai avec un autre commentaire pour continuer la discussion sur le sujet proposé par notre ami @ Adel et en faire les extrapolations utiles.

    Fraternellement à toutes et à tous.

    Liès Asfour.




    0
  • dilmi kouraiche
    19 mai 2011 at 9 h 50 min - Reply

    Salutations à toutes et a tous.
    Dans le journale le temps d’algérie de 19.05.2011,

    Le président de la cellule d’assistance judiciaire de la charte pour la paix,accuse certaines parties de bloquer processus d’applications des dispositions de la charte,suite a des centaines da plaintes sur la mauvaise applications.

    Alors c’est qui ces parties qui reffuse la réconciliation nationale et rendre justice aux victimes de la tragédie national….???




    0
  • M.J
    19 mai 2011 at 11 h 52 min - Reply

    @Adel.

    Bonjour.

    Je crois que nous arrivons presque à y voir plus clair.

    Je vais commencer par la fin de ton post qui pose le problème du concept de culture. La culture est un mot très vague dans mon esprit et je n’ai jamais pu trouver de sources qui puissent permettre de le comprendre réellement.

    D’abord il faut différencier entre la culture individuelle et la culture en tant que bain social. Ensuite qu’est ce qui, dans ce bain social est le plus caratéristique de la culture et qu’est ce qui permet de faire un choix entre les diiférentes composantes qui nous permet d’affirmer le primat de telle ou telle caractéristique sur l’ensemble. Enfin, la culture évolue t elle ou est elle statique et ce qui en est exclu au fil du temps l’est il définitivement ou est il simplement en « dormance » pour revenir si les conditions le lui permettent…En d’autres termes y a t il une mémoire collective inconsciente de la culture.

    Puisque tu cites les réformistes musulmans, il semble d’après ce qu’on peut constater que l’effort qu’ils ont consenti à dépassé leurs objectifs et maintenant le « ghaib » qui est l’un des fondements de la foi en islam est remis en cause par beaucoup et dans beaucoup de domaines. En effet, le combat contre la crédulité et les pratiques charlatanesques et l’évolution des moyens de communication font que maintenant, il est difficile de convaincre les gens qu’il y a des forces occultes telles que citées par les livres sacrés de toutes les religions. Sont ce des faits religieux ou culturels ? Tu sais bien que « le monde caché, invisible ou « ghaib » est l’un des éléments de la foi en islam et qu’on récite à chaque prière, mais maintenant que le téléscope et le microscope et autres techniques existent doit on dire qu’il y a toujours une Omniscience divine que nous n’atteindrons jamais et qui laisse bien des choses dans l’ombre quel que soit notre degré de savoir, ou bien allons nous dire nous n’avons plus rien à savoir et rien n’est plus caché.

    Ce que nous discutons ici semble ne pas être de la politique mais je trouve que nous y sommes de plain pied. Quand nous aurons distingué ce qui relève du culturel et ce qui relève du religieux dans cet enchevètrement nous aurons fait un grand pas. Car comme dit El Bouti, le théologien Syrien, l’Islam est une civilisation. Il ne traite pas uniquement des aspects cultuels, c’est à dire du culte (je précise pour éviter la confusion avec culturel), en dehors de toute autre considération, mais régit l’ensemble des activités du musulman de son réveil à son coucher et de sa naissance à sa mort

    Un verset du Coran:
    ( إن الله اشترى من المؤمنين أنفسهم وأموالهم بأن لهم الجنة يقاتلون في سبيل الله فيقتلون ويقتلون وعدا عليه حقا في التوراة والإنجيل والقرآن ومن أوفى بعهده من الله فاستبشروا ببيعكم الذي بايعتم به وذلك هو الفوز العظيم

    Un autre verset du Coran:

    (قُلْ إِنَّ صَلاَتِي وَنُسُكِي وَمَحْيَايَ وَمَمَاتِي لِلّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ، لاَ شَرِيكَ لَهُ وَبِذَلِكَ أُمِرْتُ وَأَنَا أَوَّلُ الْمُسْلِمِينَ)

    Si les musulmans se sentaient réellement appartenir à Dieu, le problème ne se poserait pas. Le fait est qu ce n’est pas le cas mais ils n’osent pas le reconnaitre. C’est cette hypocrisie qui fait que nous subissons tous ces malheurs que Dieu nous inflige par punition.

    Le problème relève du fait que nous voulons une société musulmane sans islam véritable, c’est à dire avec un islam révisé. Tant que ce conflit existe, nous ne sommes pas sortis de l’auberge.

    Nous devons impérativement sacrifier l’un ou l’autre.

    Nous devons nécessairement opter soit pour l’islam, c’est à dire nous en remettre totalement à Dieu sans poser de questions et exécuter ses commandements et ceux de son prophète, ou admettre que nous ne sommes plus musulmans c’est à dire soumis à Dieu, car c’est cela le sens littéral de muslim et Noé, Abraham, Moise, Jésus et tous les autres prophètes étaient muslims en ce sens, car soumis à Dieu à travers son unique religion.

    Soit opter pour autre chose que l’Islam car un islam révisé et adapté au contexte social ne peut générer que des contradictions comme c’est le cas à l’heure actuelle, il n’est pas, à mon humble avis capable d’assumer les contradictions sans heurts sociaux puisque l’islam par finalité voudrait que ce soit lui qui adapte le contexte social et nous aboutirons donc à deux sociétés l’une adaptée par l’islam et l’autre adaptant l’islam qui se trouveraient face à face cycliquement.

    En conséquence nous devons nous débarrasser de notre fardeau islamique en entier ou opter pour l’Islam et ne pas tenir la canne par le milieu.

    Voila pour la culture et sa composante essentielle, l’Islam, fondement de notre Algérianité.

    Enfin, il faut dire que l’Etat de droit n’est pas opposé à l’islam dans sa conception civilisationnelle puisque dans l’exemple de Omar Ibn El As que j’ai cité plus haut un simple citoyen juif s’est opposé à un gouverneur de province et à obtenu gain de cause et un autre exemple aussi éloquent le confirme, celui où Ali Ben Abi Talib alors juge suprême fait injonction au Calife qui citait un forfait commis par deux simples citoyens, de se taire avant de citer leurs noms ou d’être dans l’obligation d’apporter la preuve par quatre témoins à défaut de voir s’appliquer la peine sur sa personne tout Calife qu’il est, et mar de se taire immédiatement. N’est ce pas cela l’Etat de droit ou tous les sujets sont égaux ? Pourquoi ne veut pas on reconnaître que l’Islam est moderne et l’a toujours été ?

    2- Pour ce qui est des Turcs.

    Le Califat Othoman et non pas seulement l’Algérie, se situe à la fin de la décadence du règne de l’Etat musulman . Ramener cela à la seule Algérie est méthodologiquement une erreur. Un empire en fin de cycle risque l’implosion ou la domination et dans cette phase de déstructuration, il n’y a pas de croissance ou très peu. L’Algérie en tant que partie intégrante de l’empire se trouvait au coeur de la question.

    Salutations amicales.




    0
  • M.J
    19 mai 2011 at 12 h 04 min - Reply

    @ Liès.

    En fait ce n’est pas vous que je défendais mais les idéaux auxquels je crois et donc bien que vos remerciements sont acceptés, il n’y a pas de quoi en fait. Il semble que nous nous soyons tous habitués à voir des choses anormales se passer sous nos yeux sans intervenir et dire notre ressentiment contre elles et lorsqu’une personne fait son devoir on trouve que c’est grandiose.

    Désolé de vous dire ça comme ça mais je vous l’ai dit j’ai toujours été traité de grande gueule.

    Je m’attendais à ce que d’autres viennent aussi vous soutenir dans cette démarche, mais malheureusement il y a des choses que je ne comprends pas.

    L’Etat de droit commence par le citoyen qui ne doit pas être démissionnaire mais au contraire impliqué dans la vie de son pays et se sentant responsable, intervenir dans tout ce qu’il considère comme action morale à entreprendre.

    Cet Etat de Droit ne va pas nous tomber du ciel et nous protéger de nous mêmes mais est l’émanation d’un peuple dont les individus se ressentent comme citoyens et donc responsables et non pas comme administrés seulement et relevant comme des moutons de bergers plus ou moins bienveillants.

    Je trouve un lien étroit entre cette quetion d’usurpation de votre pseudo et l’Etat de droit par le fait du silence complice que nous avons tous pris coutume d’adopter devant des situations anormales.

    Salutations.




    0
  • Adel
    19 mai 2011 at 18 h 09 min - Reply

    @M.J.

    Cher ami, bonjour,

    C’est toujours un plaisir d’échanger avec toi sur des sujets épineux et sensibles. Tu es en effet un contradicteur exigeant qui ne fait pas de concessions sur le plan intellectuel, mais honnête et bienveillant.

    Oui, nous touchons là aux questions fondamentales qui préoccupent les intellectuels et hommes de religion musulmans depuis au moins deux siècles. Pas que les musulmans, d’ailleurs. Lorsque l’Europe commençait à sortir de sa longue léthargie du Moyen Age, il y avait dans le monde deux autres grandes aires de civilisation : le monde musulman, dominé par deux grands États, l’Iran (safavide?) et l’Empire ottoman, d’une part, et la vieille Chine, de l’autre. Ces deux ensembles étaient profondément ancrés dans leur univers et n’imaginaient nullement le choc qui les attendait. Pour les monarques et habitants de ces deux ensembles, tout était clair et bien défini une fois pour toutes. Nul ne pouvait s’aventurer à remettre en question les principes sur lesquels ils étaient fondés, qu’ils soient religieux, politiques ou autres.

    L’intrusion brutale de l’Europe dans ces deux univers stables et autocentrés remit tout en question. Les certitudes d’hier ne furent d’aucun secours. La puissance de l’Europe était bien réelle et les deux empires finirent par s’effondrer et disparaître sous les coups de boutoir répétés de la nouvelle force qui prenait possession du monde sur tous les continents.

    Oui, le réveil fut brutal. Les réactions furent diverses. La Chine, après la disparition de l’Empire, finit par entrer dans une voie totalement nouvelle qui la mit sens dessus dessous et dont elle n’est pas encore sortie, celle de la révolution communiste. Le khalifat ottoman implosa lui aussi et fut aboli par Atatürk, qui engagea la nouvelle Turquie dans la voie de la laïcité et de la modernité européennes. L’Iran s’engagea dans une voie similaire, quoi que le changement y fût moins radical. Les pays du Moyen-Orient et du Maghreb sortis de l’orbite ottomane furent, quant à eux, des proies faciles pour une Europe triomphante, dominatrice et sûre d’elle-même.

    Nous connaissons tous la crise qui en résulta dans le monde musulman sur le plan des idées et de la culture et les efforts d’hommes comme Al-Afghani, Abduh, Rachid Rida, au Moyen-Orient , et leurs émules au Maghreb pour trouver des réponses adéquates aux défis que cette situation totalement nouvelle de dominés posait aux musulmans. Les mouvements nationalistes prirent ensuite le relais et le combat politique prit le dessus sur le réformisme religieux et le questionnement philosophique. La lutte de ces mouvements nationalistes, qui s’inspirèrent largement des méthodes du mouvement révolutionnaire communiste international, fut couronnée de succès et la construction d’États nationaux laïcisants et socialistes fut entamée dans l’enthousiasme, sous la conduite des chefs militaires victorieux qui réussirent à écarter tout le monde, politiciens, intellectuels et hommes de religion.

    L’héroïsme réel ou supposé des chefs militaires durant les luttes pour l’indépendance ou les révolutions contre les monarchies locales devint le seul certificat justifiant la légitimité des nouveaux pouvoirs politiques aux yeux des peuples. Nous ne sommes pas encore sortis de cette époque troublée. Dans notre pays, nous nous débattons depuis quelques décennies pour essayer de comprendre ce qui nous est arrivé et comment nous avons fini là où nous sommes, une épave en perdition sur un océan impitoyable.

    Rompre avec l’islam et adopter la culture qui a permis à l’Europe de dominer le monde ou bien revenir à l’islam des origines, purifié de tout ce que 14 siècles d’Histoire y ont déposé, l’islam de l’État de Médine et des premiers khalifes bien guidés, appliquant la shariaa islamique dans toute sa rigueur et sans faire aucune concession à la modernité? Tels sont les choix que les laïcs radicaux, d’une part, et les islamistes radicaux, d’autres part, nous présentent. Sont-ce les deux seuls choix possibles? Pour ma part, je réponds : non.

    Au lendemain de la mort du Prophète (saaws), l’islam a commencé à intégrer des éléments de la nouvelle réalité religieuse, culturelle, politique, économique et sociale que le fait coranique a contribué à mettre en place. Il n’y a qu’à parcourir l’histoire du monde musulman pour s’en rendre compte. Il y eut de nombreuses réponses, souvent opposées, aux différentes questions que se posaient les théologiens, philosophes, juristes, hommes d’État et chefs militaires au fur et à mesure que l’Histoire se déroulait et présentait des situations nouvelles, inconnues du temps du Prophète. Souvenons-nous de la fameuse controverse qui opposa les mu`tazila aux traditionnistes au sujet du Coran – créé ou incréé? – ou encore des schismes chiite et khâridjite qui vinrent s’opposer au courant majoritaire, celui des Ahl al Sunna wal Djamaa, ou bien encore les différentes écoles juridiques qui s’opposèrent au sein de l’orthodoxie sunnite elle-même. Toutes ces luttes et controverses dans le domaine des idées et de la Loi étaient étroitement liées aux luttes pour le pouvoir sur le terrain dans les différentes contrées qui composaient le khalifat omeyyade puis abbaside. La confusion alla croissant lorsque les musulmans eurent le choix entre trois khalifes, l’abbaside de Bagdad, l’omeyyade de Cordoue ou le fatimide du Caire.

    La situation n’est donc pas aussi simple et aussi lisse que cela; elle ne l’a jamais été. L’Histoire de tous les peuples est ainsi faite de luttes entre les systèmes et les idées et le système le plus performant survit, les vaincus étant appelés à disparaître ou à continuer à exister comme minorités sans réel pouvoir. L’Islam, en tant que culture et civilisation, n’échappe pas à cette règle.

    Il est vrai que la doctrine religieuse telle qu’enseignée par le Coran et les Hadiths est claire et bien définie. Mais lorsque nous parlons de la réalité, dans tous ses aspects et pas seulement l’aspect religieux, les choses n’ont plus la même simplicité. Le problème que nous nous posons ne peut pas être résolu de manière simple : renoncer à l’islam ou bien revenir à un islam pur (qui est un idéal que les musulmans n’ont connu que durant 30 ans sur une période totale qui couvre 14 siècles!). Est-ce que le problème se pose aujourd’hui en termes d’application ou de non application de la shariaa? Et la question de la domination que l’Europe et l’Amérique exercent sur nous de manière impitoyable, comment allons-nous la régler? Kadhafi, après que Reagan eut bombardé son palais, en 1986, décida d’interdire l’enseignement de l’anglais en Libye. Aujourd’hui, l’État libyen du même Kadhafi offre de payer les cours d’anglais dans des écoles privées à tous les jeunes Libyens. La réalité est têtue et ne permet aucune fantaisie.

    Non, les choses ne me semblent pas être aussi simples que cela. La solution ne viendrait-elle pas plutôt d’un examen honnête et sans concessions de notre situation présente peu reluisante par nos intellectuels et hommes de religion, afin de passer au crible de la critique tout ce qui constitue aujourd’hui notre manière de vivre et de mener nos affaires? Il est évident qu’il y a dans notre pays unanimité sur les questions du culte (cette unanimité devenant moins évidente lorsqu’on considère l’ensemble du monde musulman). Personne – du moins parmi les Algériens de rite malékite, majoritaire – ne viendrait aujourd’hui remettre en question notre manière de dire la chahâda, de prier, de jeûner, de faire la zakât ou le hajj. De même, il y a beaucoup de traits culturels, liés à la religion ou non, sur lesquels il y a un très large consensus – la circoncision des enfants mâles ou encore l’alimentation halâl, pur ne citer que ce qui est le plus évident. Mais il y a également beaucoup de questions sur lesquels les avis divergent, même parmi les croyants sincères. Il y a également les pesanteurs sociales qui doivent être prises en compte. Faut-il interdire la consommation d’alcool ou encore la mixité et la danse, du jour au lendemain, comme le réclament certains au nom d’une stricte application de la shariaa?

    Si nous prenons la question de la place de la femme dans la société, par exemple, nous voyons d’emblée que nous nous trouvons sur un terrain très mouvant. Alors que c’était un fait bien établi et accepté par tous dans la culture de nos grands-parents que la femme n’a pas de vie publique et que sa vie se limite à l’éducation des enfants et l’entretien du foyer, il y a aujourd’hui très peu de musulmanes qui acceptent cela. Nous avons tous vu au Yémen, en particulier, ces dernières semaines, des femmes portant le voile intégral, visage recouvert, manifester dans les rues , brandir des pancartes et crier «irhal» à haute voix au dictateur Saleh. Et pourtant, dans notre culture traditionnelle, la politique est l’affaire des hommes, exclusivement.

    Je crois que le problème que tu poses, cher ami, est en fait celui de la conciliation entre les principes moraux auxquels les Algériens adhèrent, en théorie et du bout des lèvres, au nom de leur religion, mais qu’ils n’appliquent pas dans la réalité quotidienne. Les exemples de violation de ces principes sont tellement nombreux que cette dernière est devenue la règle. Être un musulman pieux qui se lève tôt le matin pour faire la prière du fedjr à la mosquée et voler ses compatriotes – et coreligionnaires – de manière indirecte est devenu licite. C’est ce que font la plupart des commerçants dans notre pays aujourd’hui. Ce problème n’est toutefois pas propre aux musulmans et peut se poser dans tous les pays et toutes les cultures. Cela n’a rien à voir avec la foi. Ou plutôt, la collectivité, par l’intermédiaire de l’État qui la représente et agit en son nom, ne peut pas compter sur la foi des gens régler ce type de problème. L’État ne doit pas dire aux Algériens « Craignez Dieu, puisque vous êtes des musulmans, et payez vos impôts et ne jetez pas vos ordures sur la voie publique en dehors des heures permises!». Non. L’État doit promulguer des lois qui sanctionnent sévèrement les contrevenants et les appliquer sans état d’âme et avec rigueur, sans se soucier si le contrevenant est musulman ou athée. Tout est dans les lois et la manière de les appliquer. Ces lois doivent cependant être justes et raisonnables et elles doivent être appliquées de la même manière pour tous.

    La réalité du monde d’aujourd’hui, dans tous ses aspects, est complexe, et elle demande le concours d’experts de haut niveau, dans toutes les disciplines, pour être analysée afin que les solutions adéquates à nos problèmes multiformes soient trouvées. Les religieux seuls ne peuvent rien faire dans ce monde, malgré toute la sincérité et la force de leur foi et toute leur bonne volonté. La vie d’un pays est aujourd’hui un système complexe qu’il faut surveiller et améliorer en permanence, sur la base du feed-back, si on veut obtenir des résultats palpables. Il s’agit toutefois de construire l’édifice sur de bonnes bases. L’Histoire du 20ème siècle nous a clairement montré, en sanctionnant les pays qui ont failli, que l’État de droit est un élément incontournable dans la construction d’un système politico-économique stable et performant. Car le Droit et la Justice sont les principaux piliers qui soutiennent l’État d’un pays prospère. La liberté, aussi. «La liberté est la possibilité de faire tout ce que les lois permettent de faire.» dit Montesquieu. Dans notre pays, malheureusement, les lois permettent certaines choses, mais l’État qui promulgue ces lois s’y oppose (exemple : la liberté de manifester) et, inversement, cet État permet certaines choses que ses propres lois interdisent (ne pas payer ses impôts, par exemple). Voilà où se trouve notre problème,

    L’islam n’est pas en cause. Mais l’islam n’est pas le seul élément qui intervient dans la réalité complexe que nous devons affronter aujourd’hui. Que devons-nous faire, donc? La réponse n’est pas simple. Cette question doit être prise en charge par des intellectuels et experts de haut niveau dans tous les domaines, jusqu’aux experts en communication qui nous diront comment faire passer le message de l’État auprès du simple citoyen. Dans l’immédiat, notre première préoccupation doit être le démantèlement du système actuel, qui a largement failli, et son remplacement par un véritable État de droit. Après, il faudra laisser le consensus s’élaborer naturellement, par le débat libre et démocratique et des votes libres et transparents, autour de toutes les questions importantes, qu’elles soient d’ordre religieux, politique, culturel ou économique. Sur certaines questions, le consensus existe déjà; sur d’autres il sera plus difficile à atteindre – tamazight langue nationale et officielle, par exemple -, mais pas impossible. Il faudra certainement renoncer à trouver un consensus sur certaines questions. Ce n’est toutefois pas dramatique, car dans tous les pays, il y a des questions sur lesquels la nation est divisée. Cela n’empêche pas ces pays de vivre en paix et de prospérer.

    On peut, bien sûr, opter pour une application unilatérale et immédiate de la shariaa ou de la laïcité, sans consulter personne. C’est la solution dictatoriale adoptée par Boumédiène en 1965. Nous savons où cette façon de faire nous a menés.

    Amitiés




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  • M.J.
    19 mai 2011 at 22 h 51 min - Reply

    @ Adel.
    Bonsoir,
    Merci de tes explications, mais cela ne me dit pas encore ce qu’est la culture, au contraire le fait que tu différencies entre culture, civilisation et islam rend encore plus flou pour moi le problème. Car l’Islam peut etre aussi bien culture que civilisation que morale que droit droit, etc…

    Effectivement, j’ai confondu entre principes moraux et principes religieux car pour moi ils se confondent « Je suis venu parfaire les principes moraux » disait le prophète et ainsi la religion musulmane n’est pour lui que les principes moraux perfectionnés mais qui existaient chez les paiens. Et si je considère que les choix des gens de faire ou de ne pas faire la prière ou le ramadhan ou de boire ou pas de l’alcool ne regarde qu’eux, je considère par contre que le non respect par eux des règles de morale m’agresse directement ou indirectement comme le fait de stationner sur le trottoir, de prendre un sens interdit en sortant de la mosquée….ou pas, de ne pas respecter ses engagements, pire… si avec ça on est allé à la mecque…c’est vrai que ce sont des questions de morale qui n’ont rien à voir avec l’islam. Les paiens de la meque du temps du prophète semblaient avoir plus de morale que beaucoup de nos musulmans actuels. La civilisation de l’islam n’est plus hélas et il faut reconstruire une civilisation. Non plus dans le cadre d’un Khalifat car l’Etat nation qu’on nous as imposé est devenu une réalité que non seulement nous admettons et que nous défendons, mais que beaucoup d’entre nous ne souhaiteraient pas perdre et qu’ils considèrent comme un acquis important, mais dans le cadre de l’Etat de droit. Mais est il possible de recréer une civilisation dans le cadre d’un Etat ? Cet Etat de droit doit il etre construit autour des principes de base de l’Islam ou s’en défaire totalement.

    La civilisation occidentale a t elle été créée dans le cadre d’un seul Etat ou est ce dans le cadre d’une synergie entre tous les Etats s’inscrivant dans la même culture ?

    Je ne suis pas très en forme ce soir mais j’ai tenu à te répondre.

    Amicalement.




    0
  • dilmi kouraiche
    20 mai 2011 at 7 h 50 min - Reply

    Les principes de novembre de1954 c’est la base d’un état de droit dans une démocratie et justice sociale dans les principes de l’islam, il reste juste l’aplications inchallah.




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  • Adel
    20 mai 2011 at 16 h 50 min - Reply

    @M.J.

    Bonjour,

    Je te souhaite tout d’abord de retrouver rapidement la forme et nous revenir avec encore plus de posts enrichissants.

    Tu as raison : je ne suis pas particulièrement rigoureux dans la maniement des concepts. Dans le cas de ceux de culture et civilisation, il y a cependant une certaine ambiguïté inhérente aux concepts eux-mêmes, car ils recouvrent un large éventail de sens. Voilà ce que j’ai trouvé dans un dictionnaire en ligne.

    culture:

    http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/visusel.exe?12;s=4244785845;r=1;nat=;sol=1;

    civilisation:

    http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/advanced.exe?53;s=4244785845;

    Pour ce qui est du sujet discuté dans mon précédent post et qui est axé sur la question de notre culture (au sens large) et sa relation avec notre situation présente, je crois que je n’ai pas réussi à véhiculer correctement ma pensée.

    Pour moi, l’État est un appareil qui doit fonctionner sans tenir compte des sentiments des individus, de leurs croyances, de leur situation sociale, etc. Les fonctionnaires de l’État doivent appliquer la loi avec rigueur, sans aucun état d’âme. Je ne discute pas la loi elle-même. Dans un État de droit (donc démocratique), la loi est en principe l’émanation de la volonté du peuple, à travers ses représentants élus. En toute logique, la loi devrait refléter les valeurs de base de la majorité, y compris les valeurs religieuses.

    Un État incapable de faire respecter les lois contribuera à créer une culture (encore elle!) de la «qfâza» et du «ben3ammisme».

    Amitiés




    0
  • Adel
    20 mai 2011 at 19 h 36 min - Reply

    @M.J.

    Bonjour,

    En furetant sur le net, j’ai trouvé cette petite liste (en anglais, malheureusement) de comportements que les adultes devraient avoir et promouvoir chez leurs enfants afin que ces derniers les respectent, en plus de les aimer. Combien d’Algériens essaient de tendre vers cela? Et pourtant tout ce qui est sur cette liste peut être déclaré valeur islamique, sans aucune réserve.

    ———————————————————–

    – Treat people kindly and offer a helping hand when you can.

    – Be fair and just, with children and with all people.

    – Never expect more from someone else that you expect from yourself.

    – Be honest and forthright, but never brutally so.

    – Do your fair share – in fact, do more than your fair share.

    – Be strong and brave, but show your weaknesses, rather than hiding them.

    – Admit when you are wrong and ask for forgiveness.

    – Embrace the good in others and celebrate it.

    – Practice moderation in all things.

    ————————————————————-

    Je vais te faire un aveu. J’ai suivi hier le discours de Barack Obama sur Al-Jazeera International et en le regardant parler, je ne pouvais m’empêcher de le comparer à boutef. Bien qu’Obama soit le Président d’un pays au capitalisme agressif, impérialiste et ennemi supposé des musulmans, il inspire la sympathie et on sent chez lui une certaine sincérité et de l’honnêteté (à moins qu’il soit un excellent acteur!). Ce n’est pas du tout le cas de boutef. En l’entendant parler, je ne perçois que mépris, ruse, malveillance, etc. La conclusion fait mal, mais elle s’impose à moi : la culture américaine d’aujourd’hui, malgré tous ses travers produit des Obama et leur permet d’arriver au sommet. Notre culture, en revanche, ne permet qu’à des boutef (les autres chefs d’État que nous avons eu ne valent pas mieux) de devenir des chefs.

    Je suis d’accord avec toi : cette culture n’a rien d’islamique. C’est pourtant la culture qui domine dans notre pays et il faudra beaucoup de travail pour s’en débarrasser.

    Amicalement




    0
  • Liès
    20 mai 2011 at 22 h 56 min - Reply

    Salutations à toutes et à tous.

    @ Adel.

    La colonne vertébrale de la culture d’un peuple, c’est sa religion; à mon avis tout part d’elle.

    J’ai promis de revenir avec un commentaire.

    C’est juste que je suis très fatigué ces jours-ci. C’est peut-être l’effet du climat, avec l’apparition soudaine de la chaleur.

    Fraternellement à toutes et à tous.

    Liès Asfour.




    0
  • M.J.
    20 mai 2011 at 23 h 09 min - Reply

    @ Adel,

    Bonsoir.

    Je n’ai pas pu accéder aux liens que tu m’a donnés. Effectivement le concept de culture est très vague, c’est ce que j’ai tenté d’expliquer au départ.

    J’ai dit plus haut: « D’abord il faut différencier entre la culture individuelle et la culture en tant que bain social. Ensuite qu’est ce qui, dans ce bain social est le plus caratéristique de la culture et qu’est ce qui permet de faire un choix entre les diférentes composantes qui nous permet d’affirmer le primat de telle ou telle caractéristique sur l’ensemble ».

    La culture individuelle prend sa source dans la culture collective mais répond à un effort individuel que la société peut induire ou freiner en fonction de sa culture collective.

    A l’heure actuelle, ce que promeut la société comme valeurs culturelles ce sont les valeurs matérielles et les valeurs morales et intellectuelles sont marginalisées.Résultat la morale publique, autre composante de la culture se déteriore et produit des aberrations. Notre culture prend de l’eau de tous cotés. Comme la morale est l’épine dorsale de la religion musulmane, la pratique sociale de cette religion devient juste formelle et perd ses composantes liées à la foi véritable telle que pronée en islam.

    La liste en anglais que tu évoques ci dessus est une liste de valeurs sociales qui sont centrales en islam effectivement et qui sont des traits culturels du musulman, mais pas celui d’aujourd’hui, chez nous du moins.(Nb:Je ne suis pas très doué en anglais, ne me fais plus travailler aussi fort)(sourire!).

    L’exemple de l’occident est éloquent, une culture n’est pas l’affaire d’un Etat au singulier (un Etat nation pour utiliser un concept connu), mais d’une communauté d’Etats partageant les mêmes affinités civilisationnelles et culturelles et donc dire que l’Etat en Algérie pourra produire de la culture est un peu exagéré. Il peut certes participer à créer de la culture en encourageant le respect des valeurs morales mais à un certain niveau il faut qu’il y ait interdépendance et rayonnements réciproques entre Etats pour créer de la culture, on ne peut vivre en vase clos quand on partage avec les autres des traits communs. C’est pourquoi la démocratie ne peut être l’affaire d’un seul Etat « arabe » à mon avis mais celle de tous les Etats qui sont culturellemment rattachés entre eux, d’abord les plus proches, ceux du maghreb, mais aussi ceux de l’aire arabophone et pourquoi pas méditerranéenne.

    Comme je l’ai expliqué plus haut, pour moi l’expansion de l’islam aux origines à fait qu’il y eut un exode centripète et un autre centrifuge qui font que les arabes sont partout et nulle part mais que le fait de parler cette langue même en diglossie nous apparente à ses locuteurs. Cela aussi fait partie de la culture.

    Amicalement.




    0
  • Adel
    23 mai 2011 at 20 h 54 min - Reply

    @M.J.

    Bonjour, cher ami,

    J’aimerais qu’on approfondisse un peut cette discussion afin d’essayer de comprendre en quoi nos problèmes actuels sont d’ordre culturel.

    Pour commencer, j’abonde dans ton sens en disant que nos problèmes se retrouvent dans tous les pays du Monde Arabe, à des degrés divers, il est vrai. Ce n’est certainement pas un hasard.

    Deux faits, parmi beaucoup d’autres, illustreront cette situation de grande décadence :

    – tous les pays du Monde Arabe réunis (400 millions d’habitants et un territoire immense), si l’on fait abstraction ds hydrocarbures, exportent moins que…la Suisse!

    – tous ces pays traduisent annuellement moins de livres que…la Grèce!

    N’est-ce pas terrible? Qu’est-ce que cela signifie, en clair? Ceci : que notre production aussi bien matérielle qu’intellectuelle est quasiment nulle. Comment expliquer cet état de profonde prostration chez des peuples au passé si riche et brillant?

    Si nous nous intéressons à notre pays, en particulier, que constatons-nous? Que l’attitude de l’Algérien face à l’effort et au travail a complètement changé – en mal – en 50 ans d’indépendance. Pour ma part, je rends l’État algérien entièrement responsable de cette néfaste mutation. C’est en effet sa politique économique «surréaliste» qui a complètement perverti les Algériens. C’est peut-être une mauvaise interprétation des principes du socialisme qui avait entraîné Boumédiène et ses collaborateurs dans cette voie, mais le fait est que, petit à petit, la politique de l’État a découragé toute forme d’effort et de compétition.

    Sommes-nous dans le culturel? Certainement, puisqu’aujourd’hui la fainéantise, l’absentéisme et la négligence de l’Algérien sont devenus des traits distinctifs. De même que le manque d’hygiène, le manque de civisme, l’agressivité, etc. La morale – part importante de l’enseignement religieux, donc faisant partie intégrante de la culture de base de la société – n’a-t-elle pas pour but de façonner les comportements et attitudes de l’individu dans toutes les circonstances de la vie?

    L’exode rural a, de son côté, beaucoup contribué à la dégradation du milieu urbain, ainsi que de la culture qui se devait d’être la sienne – raffinement, délicatesse, mœurs policées, etc. L’afflux massif de ruraux non préparés à la vie dans les grandes cités a eu des effets catastrophiques sur la qualité de vie dans les grandes villes.

    Je crois que Boumédiène et ses collaborateurs ont été trop ambitieux et n’ont à aucun moment mesuré l’ampleur des chamboulement qu’ils allaient introduire dans la société. Ils voulaient façonner un nouvel Algérien dans une Algérie nouvelle, coupée de ses racines rurales, industrialisée, résolument ancrée dans le monde moderne. Mais toute la bonne volonté du monde ne peut venir aussi facilement à bout des immenses contraintes qui pesaient sur l’Algérie de 62.

    Je crois qu’on n’a jamais vu dans l’histoire un dictateur reconnaître ses torts et faire marche arrière. Bien au contraire, c’est toujours la fuite en avant qui est pratiquée, jusqu’à ce que la situation devienne ingérable.

    Les effets de la politique de l’État algérien, dans ses deux phases, «socialiste» et «libérale», sont très certainement d’ordre culturel, puisqu’ils se sont traduits par un changement radical dans le système de valeurs, dans la façon dont les Algériens interagissent entre eux, etc.

    Il est certain que, notamment depuis la fin des années 80, des influences extérieures ont également participé à transformer la culture de l’Algérien. La parabole et l’internet, en particulier, ont contribué a arroser cet Algérien d’idées et de symboles, venus d’ailleurs, qui n’ont rien à voir avec son vécu et sa culture ancestrale. Cela vaut aussi bien pour le «modernisme» que pour l’«islamisme», il faut le souligner.

    La culture de l’Algérien moyen de 2011 a peu de choses en commun avec celle de 1962 et d’avant. La culture de base de la société algérienne est «implantée» dans l’individu par l’intermédiaire de la famille, la rue (voisinage, quartier, village, etc.), la mosquée et l’école. Dans chacun de ces instances, la transformation a été radicale. Au sein de la famille, les rapports entre mari et femme(s) et entre parents et enfants ne sont plus du tout les mêmes qu’autrefois. La rue ne participe plus à éduquer les enfants, mais à les dévoyer (avant, les voisins avaient un droit de regard sur le comportement de tous les enfants et ces derniers pouvaient être réprimandés par d’autres personnes que leurs parents). L’activité et le champ d’action de la mosquée, tout comme celui de l’école, ont connu un accroissement prodigieux sur le plan quantitatif, mais la qualité est très loin de suivre, hélas, ce qui a contribué à façonner des musulmans hypocrites et des citoyens inconscients et tricheurs.

    Toutes les institutions ont fini par être dépassées par les événements et nous avons abouti à une situation de désordre total, plus aucune règle, ni loi, n’étant respectées, ou, plutôt, elles sont ne sont respectées qu’en apparence et pour donner le change seulement. Cette nouvelle culture a fini par devenir celle de l’État et de la société dans son ensemble. C’est le règne de l’à-peu-près, du mensonge, de la débrouillardise (qfâza), du ben3ammisme, etc.

    Boumédiène (suivant en cela l’exemple des pays dits socialistes de l’époque) avait remis en cause les règles économiques de base héritées de l’époque coloniale, au nom du progrès, mais la machine que son régime a mise en place s’est avérée être un monstre qui a détruit l’existant sans produire de résultats positifs. L’Algérien fut pris dans un tourbillon de problèmes – pénuries, bureaucratie, clochardisation des villes, etc. – qui firent de lui progressivement un être sans repères. Chadli essaya au début de son règne d’endiguer le phénomène. La police se mit alors à embarquer tous ceux qui se trouvaient dans les rues et les cafés pendant les heures de travail en les signalant à leurs employeurs. Des barrières métalliques furent installées le long des trottoirs pour empêcher le «ghâchi» de marcher sur la chaussée et ceux qui ne traversaient pas aux passages pour piétons étaient matraqués par les flics. Peine perdue. Le mal était déjà profond. L’Algérien avait définitivement muté et il fallait bien plus que cela pour le ramener sur le droit chemin.

    (A suivre)

    Amicalement




    0
  • M.J
    23 mai 2011 at 21 h 34 min - Reply

    @ Adel.

    « Je vais te faire un aveu. J’ai suivi hier le discours de Barack Obama sur Al-Jazeera International et en le regardant parler, je ne pouvais m’empêcher de le comparer à boutef. Bien qu’Obama soit le Président d’un pays au capitalisme agressif, impérialiste et ennemi supposé des musulmans, il inspire la sympathie et on sent chez lui une certaine sincérité et de l’honnêteté (à moins qu’il soit un excellent acteur!). Ce n’est pas du tout le cas de boutef ».

    Comparer Boumachin au président de la première puissance mondiale relève de l’humour. En effet dans la réalité le second est élu, le premier est illusoire, le second fait de la politique, le premier de la boule sans éthique, le premier appartient au premier pays producteur de cinéma et forcément là ou il y a beaucoup d’acteurs de cinéma, il y a des pratiques et un savoir qui y est relié et donc oui, Obama est un bon acteur, nécessairement. J’arrête là ma comparaison qui pourrait devenir très longue…

    Et oui encore, tu as raison de dire que Obama appartient à un pays au capitalisme agressif, les théories de la stratégie d’entreprise sont nées chez eux et pour eux le capital engage une véritable guerre apre et sans états d’âme pour faire du gain, rien que du gain, toujours du gain, quels que soient les dommages collatéraux.

    Ennemi supposé des musulmans ? Non ! Ennemi tout court des musulmans car le derniers discours tenu un ou deux jours plus tard dans l’enceinte d’une association juive américaine par Obama lui fait dire des choses qui démontrent son obédience à leur cause et sa soumission totale à leurs désirs, élections obligent. Les USA sont les amis d’Israel dit il, nous les défendrons quoi qu’il advienne dans le cadre d’une stratégie à long terme (Les arabes ne doivent plus s’unir et reconstituer leur civilisation, ce serait dangereux, ils doivent rester comme ils sont, sous développés et en zone tampon avec l’inde, la Chine et la Russie), le Hamas doit cesser le terrorisme (comprendre qu’il doit se soumettre), Israel est puissant et peut se défendre (Et ça ce n’est pas à l’égard du mas seulement). Nous ferons pression sur les Palestiniens qui n’ont pas bien fait de se réconcilier et sur tous les Etats arabes pour qu’ils fassent la paix avec Israel (comprendre qu’ils se soumettent à la paix d’Israel, car les arabes ont déjà fait une proposition de paix qui a été rejetée). Nous avons prononcé des sanctions contre l’Iran avec nos alliés, nous irons plus loin s’il le faut. Etc….

    Quel est le musulman après un discours comme celui là qui va encore dire que Obama n’est pas contre les musulmans ?




    0
  • Adel
    23 mai 2011 at 22 h 43 min - Reply

    @M.J.

    Bonjour,

    Le but de mon propos n’était pas d’analyser le discours d’Obama, ni sa politique, mais de comparer deux hommes et la manière dont ils s’adressent à la société aux destinées de laquelle ils président.

    Quant à la politique que défend Obama, faut-il s’attendre à ce qu’il défende les intérêts des musulmans? Aucun État ne défend les intérêts d’un autre État dans ce bas-monde. Même les chefs d’États du Monde Arabe sont contre les Palestiniens, alors pourquoi voudrais-tu qu’Obama soit plus pro-palestinien qu’eux. J’irais plus loin : même les dirigeants palestiniens actuels s’accusent mutuellement de travailler contre les intérêts du peuple palestinien.

    Entre États, personne ne fait de cadeau à personne, y compris l’Iran vis-à-vis de ses alliés dans les pays du Monde Arabe.

    Pour s’en sortir, le peuples du Monde Arabe doivent commencer par ne compter que sur eux-mêmes, faire leur bilan sans concessions dans tous les domaines et surtout cesser de se poser en victimes.

    Les Américains et les Européens ne soutiennent pas les Israéliens pour leurs beaux yeux. Dans nos discussions passées, tu as souvent insisté – à juste titre – sur le risque de disparition de l’islam, si l’État ne le défendait pas. Or, les Juifs n’ont pas eu d’État entre 70 après J.C et 1948, soit près de 2000 ans. Bien plus, partout où ils ont vécu, ils ont été opprimés et ghettoïsés (certainement plus en Europe que dans les pays musulmans). Or, le Judaïsme n’a pas disparu. Si cela devait signifier une chose, c’est que les Juifs sont réellement forts et bien organisés et c’est pour cela qu’ils ont réussi à faire plier les dirigeants d’Europe et d’Amérique.

    En comparaison, qu’avons-nous fait? Là est le grand problème, mon cher ami. Je crois qu’il est grand temps que nous cessions de nous poser en victimes de l’Occident judéo-chrétien et que nous ayons une attitude positive, constructive, combative, dans les faits, pas seulement dans les beaux discours creux auxquels nous ont habitués tous les dirigeants du Monde Arabe depuis trop longtemps. La duplicité de ces derniers n’a d’égal que leur médiocrité et leur arrogance. Obama, quant à lui, fait de la politique. Il ne triche pas avec son peuple et il fait de son mieux pour défendre ses intérêts, même si parfois il lui arrive de se tromper et même si ces intérêts sont en contradiction avec les nôtres. boutef, défend-il les intérêts de l’Algérie avec la même cohérence et le même engagement. Respecte-t-il le peuple algérien autant qu’Obama respecte le peuple américain? Voilà la question que je voulais aborder dans mon post objet de ton commentaire. Obama, avec toutes ses limites – même si on est le plus progressiste des hommes politiques, on n’a aucune chance de survivre dans l’establishment américain si on ne tient pas compte de tous les puissants lobbies qui y agissent -, est un homme qui me semble avoir plus de sincérité dans le regard et la parole que boutef. Le premier est le produit d’une culture cohérente avec elle-même, même si nous ne l’aimons pas, et donc en phase avec son peuple. Le second est totalement coupé de son peuple, pour lequel il n’a que mépris. boutef est-il l’exception, dans notre pays et dans le Monde Arabe? Mille fois non, hélas. Il est peut-être l’un des moins mauvais!!!

    Amitiés




    0
  • Amar
    23 mai 2011 at 23 h 12 min - Reply

    Autant Adel soulève des questionnements qui éveillent et qui incitent à ne trouver des solutions que par soi-même,autant M.J (sans vouloir te blesser Mohamed) se réfugie dans sa coquille et tente d’imputer la cause de ses malheurs aux autres.
    Obama (ou sidi Zekri) n’est qu’un humain comme vous et moi,et soyons reconnaissant qu’il ait fait des avancées notables vis-à-vis de nous,à l’inverse de ses prédécesseurs.
    Permettez-moi d’intervenir pour dire que ce qui distingue les autres c’est bien leur culture,de quelle nature qu’elle soit.
    Notre différence,c’est l’inculture: exemples récents-un certain Ben-bella ou autre ben Aicha,adeptes de la culture du seif et du sang,traditionnellement ancrée dans certains esprits depuis un bon bout de temps déjà et pas seulement depuis le ràgne Boukharouba.




    0
  • M.J.
    24 mai 2011 at 4 h 22 min - Reply

    @ Adel.
    Je note qu tu commences par dire que Obama ne recherche que les intérêts de son peuple puis tu rappelles qu’il ne fait qu’obeir aux lobbys. Je te signale que les lobbies n’ont pas en tête l’intérêt du peuple américain tout comme les bou… tous les bou.. et les ben… n’ont pas en tête l’intérêt du peuple Algérien, Tunisien, … J’ai déjà dit que Obama même dans ce contexte fait de la politique tandis que les notres font de la « boule sans éthique ».
    Il est vrai que nous ne devons compter que sur nous mêmes, mais je ne suis pas crédule au point de penser qu’ils nous laisseront facilement nous émanciper et échapper à l’étau qui nous enserre et qu’ils ont mis en place pendant des siècles patiemment. Destruction de l’empire Othoman, déstructuration de nos sociétés par le biais du colonialisme, mise en place d’un encadrement qui leur est acquis partout dans les pays arabes et musulmans, mise à l’index de l’encadrement qui refuse de se plier à leurs exigences, mise en place de l’appartheid israélien au coeur de la nation arabe et musulmane à des fins de stratégie au long cours…
    Ce que tu dis est vrai, les pays arabes ne sont pas en train de gagner la bataille économique, les investissements qu’ils font tendent à l’acquisition d’armes et donc à faire fonctionner les économies occidentales, l’exemple de la Libye est éloquent, Kadhafi achète chez les israéliens et Abdeldjalil chez les français, mais les laissera t on faire autrement ? Kadhafi est à l’origine du satellite africain qui a couté des bagatelles et qui fait perdre à l’occident 500 millions d’Euros par an, comme il est à l’origine de l’institution de la banque africaine qui fait perdre autant d’argent à la banque mondiale et au FMI, c’est à dire également à l’occident. Le résultat, on s’aperçoit… enfin… et après quarante deux ans … que Kadhafi est un dictateur fou.
    Il devient maintenant à la mode pour les gouvernants arabes de crier au scandale et au terrorisme islamique dès que leurs peuples se soulèvent contre l’arbitraire mais on continue à voir des « citoyens » se faire tabasser par la police en Syrie, au Maroc, en Algérie et ailleurs.
    Même si la cause n’est pas l’islamisme cela arrange nos dirigeants de le mettre à l’index pour barrer la route à toute opposition sérieuse car il est susceptible de leur assurer l’aide occidentale, totalement réfractaire à l’islam en politique, celui ci pouvant induire une renaissance de l’empire musulman et menacer sérieusement leurs intérêts de domination. Au moment ou l’Europe s’unit, les Etats musulmans et arabes sont montés les uns contre les autres, armés et épaulés pour se faire de petites gateries comme la guerre Irak Iran qui a duré presqu’une décennie, puis lorsqu’elle s’est arrêtée l’ambassadeur US est allée allécher le dictateur de Baghdad afin qu’il envahisse le Koweit, Etat fantoche et il est tombé dans le panneau, la suite a été la destruction de l’Irak que la guerre avec l’Iran n’a pas réussi à casser. Maintenant on se prépare à envahir et à casser l’Iran sous d’autres prétextes et la pression augmente chaque jour davantage et les gouvernements de la région qui se disent musulmans sont partie prenante contre un Etat musulman. Les pays arabes et musulmans ne sont bons que s’ils suivent les recommandations à la lettre et acceptent d’oeuvrer dans le cadre de la stratégie qui est décidée ailleurs.
    Il est vrai que nous devons essayer malgré cela à nous sortir de ce pétrin, à trouver des terrains d’entente et à ce propos je n’ai jamais dit que c’est les judéo-chrétiens qui sont contre nous, je ne parle que du capital mondial qui asservit les peuples où qu’ils soient à commencer par les peuples judéo-chrétiens eux mêmes.
    Je dois enfin corriger une chose que je ne peux laisser passer. Les chrétiens sont à l’origine des juifs et donc les juifs se trouvaient chez eux au milieu des chrétiens en Europe, ghetoisés ou pas, d’ailleurs tu as bien relevé qu’ils étaient mieux dans l’empire musulman. Les juifs de Palestine habitaient la Palestine quand l’afflux de juifs à commencé, a partir de 1924 environ, après la promesse de Balfour, donc bien avant Hitler et sa guerre qui a justifié l’injustifiable et servi d’alibi, les autres juifs de Palestine, ceux d’avant, avaient embrassé l’islam, car le judaisme n’est pas une race mais une religion ou sinon tous les chrétiens peuvent se revendiquer de l’Etat d’Israel, l’amalgame qui est fait tronque la vérité.

    En fait à ce niveau de ma réflexion je me pose une question : Est ce notre culture qui nous oblige à subir ces gouvernants ou sont ces gouvernants qui induisent cette culture par leurs actions sur les peuples ?
    Cela rejoint l’histoire de l’oeuf et de la poule voir mon post plus haut.




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  • M.J
    24 mai 2011 at 12 h 34 min - Reply

    @Amar.
    Sérieusement ! As tu lu tous les posts depuis le début ? As tu une autre argumentation plus crédible que celle de jeter aux orties tout ce que j’ai dit ?




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  • M.J.
    24 mai 2011 at 12 h 58 min - Reply

    @ Adel.
    Je crois qu’un point mérite d’être approfondi.

    On ne peut concevoir la construction d’un Etat de droit sans stratégie. Ensuite aucune stratégie ne peut se concevoir sans qu’elle tienne compte de l’environnement tant interne qu’externe. La construction d’un Etat de droit ne saurait déroger à ces règles.

    D’où il s’ensuit les questions suivantes: Un Etat de droit doit il créer une culture de l’Etat de droit, doit il la précéder, ou en être le fruit ?

    Notre culture partiarcale, tribale, sexiste, régionaliste, d’exclusion de l’autre, pastorale et qui voudrait qu’on ne travaille qu’aux moissons et aux labours était elle avant sa désagrégation par un pouvoir inconscient, propice à l’Etat de droit ? Fallait il laisser en place les structures antérieures en les renforçant et les canalisant ou faire table rase comme cela s’est opéré pour tenter de créer un Etat nation ? La destructions des liens tribaux et de la culture tribale à engendré le chaos. L’administration est devenue tribale mais les règles morales de la tribu ont disparu. Résultat la tribu est dans l’administration, dans l’Etat, mais affranchie des règles morales qui la régissaient. Construire l’Etat de droit commande t il de restaurer les règles tribales et fédérer les tribus ou bien combattre ce qui reste de la mentalité tribale et qui est bien enracinée chez nous, toute notre culture y baigne jusqu’au cou, même dans LQA comme l’a dit un compatriote, des clans se forment pour combattre ceux qui ne s’accordent pas avec eux. Il n’y a plus ni Etat nation, ni système tribal, mais un système hybride basé non plus sur une quelconque appartenance à l’Etat ou à la tribu, mais aux clans basés non plus sur la morale tribale mais sur l’intérêt matériel de chacun. Ceci d’une part. D’autre part sur le plan externe, doit t on tenir compte des intérêts des puissances ou devons nous les ignorer. Dans ce dernier cas nous laisseraient elles évoluer sans interférences. Pour ma part je ne pense pas compte tenu de ce que j’ai tenté de développer dans mon post précédent.




    0
  • Adel
    24 mai 2011 at 17 h 25 min - Reply

    (suite)

    Après la mort de Boumédiène, au lieu de s’améliorer, la situation économique se dégrada encore plus, notamment après la crise de 1985. L’État algérien surendetté, alors que les prix du pétrole étaient au plus bas, se plia aux directives de ses créanciers et appliqua la politique du FMI. Après la dévaluation du dinar de 1990, le peu qui restait d’une classe moyenne déjà bien mal en point fut littéralement laminé.

    Le règne de Chadli fut celui de la sortie au grand jour de la nouvelle classe de riches, qui avaient bâti leurs fortunes grâce aux monopoles de l’État et aux passe-droits. Leur progéniture – la fameuse tchi-tchi – faisait la fête à Maqâm-Echahid – face aux miteux logements de la populace de Diâr-el-Mahçoul –, Club des Pins et Sidi Fredj. Elle était belle l’Algérie «socialiste» que Boumédiène, l’ANP et le FLN avaient laissée aux générations de l’indépendance!

    A l’arrière-plan, la marmite bouillonnait, lentement mais sûrement. Deux puissants leviers identitaires, donc culturels, furent actionnés par ceux qui voulaient en découdre depuis longtemps avec le pouvoir, pour des raisons différentes : l’amazighité et l’islam. Une situation économique très mauvaise, une classe dirigeante corrompue et prédatrice, les élites «modernistes» ayant soutenu le pouvoir de Boumédiène dans la mise en œuvre de sa politique «socialiste» incapables de réformer le système, des revendications identitaires mobilisant des pans de plus en plus larges des couches défavorisées larguées par ce même système à partir de 1985 : mélange très instable, explosif, même.

    En quelques années, l’homo algerianus de base, déjà perverti par 20 années de laisser-aller et de gabegie, livré à lui-même et sans possibilité de recours, se transforma en bombe ambulante prête à exploser au visage du premier venu. Bien sûr, le pire ne manqua pas d’arriver. Généraux, DRS, FIS, RCD, MDS, terroristes, éradicateurs, torture, disparitions et massacres : comment la pauvre Algérie a-t-elle pu résister à tant de déchirements?

    Revenons maintenant en arrière, dans l’Algérie des années 30-40. Face au colonisateur, toutes les classes sociales de la société «indigène» se mobilisent et les élites s’organisent en partis politiques et associations. La nation algérienne, dont la maturation se fit lentement durant la domination turque, prit définitivement conscience de son existence, en trouvant brutalement face à elle des soldats français résolus à occuper le pays par la force, dans sa totalité. Après la période de la résistance tribale, vint celle des partis politiques modernes. Messali Hadj, le vendeur ambulant émigré, Ferhat Abbas, le pharmacien partisan de l’assimilation à ses débuts et Ben Badis, le 3âlem élève de la Zitouna et fils d’une famille de la vieille bourgeoisie citadine constantinoise, en furent les principales figures de proue. Les Kabyles, dont certains furent d’âpres partisans de l’amazighité de l’Algérie, militaient en grand nombre au sein du PPA-MTLD. Plébéiens et bourgeois, partisans de l’arabo-islamisme et ceux de l’amazighité, religieux et laïcs : tous étaient là et activaient, chacun avec ses idées propres et sa vision du monde, afin de faire reconnaître par le colonisateur la nation algérienne, avec sa personnalité propre différente de celle de la nation française. Les communistes algériens, quant à eux, étaient totalement piégés par leur adhésion au mouvement communiste international, pour qui la lutte des nationalistes n’allait pas dans le sens de la révolution prolétarienne mondiale.

    Bien que des convergences fussent tentées avant 1954, les différents partis conservèrent leurs stratégies respectives et ce ne fut qu’après le déclenchement de l’insurrection par un groupe réduit d’activistes du PPA-MTLD qui créèrent le FLN, que le consensus autour du mot d’ordre d’indépendance se fit et que les leaders et militants de tous les courants politiques rejoignirent le camp de la lutte armée. Les sept années de guerre renforcèrent considérablement la position des chefs militaires au détriment des politiques, des intellectuels modérés et des oulémas. Ce qui se passa à l’indépendance eut des conséquences désastreuses pour le futur de la nation algérienne. Une fraction du FLN-ALN, celle dont le noyau dur était constitué par l’armée des frontières, prit le dessus sur tous les autres et imposa sa politique. Le consensus entre les élites, que ces dernières représentent des classes sociales ou des revendications identitaires et culturelles, qui était en voie d’élaboration durant la première moitié du 20ème siècle et qui aurait pu déboucher sur une nation algérienne moderne, enracinée dans son identité amazighe, arabe et islamique, fut brutalement rompu au profit de l’aile moderniste marxisante dominée par les militaires et menée par le colonel Boumédiène, qui professait son attachement à l’arabo-islamisme plus en apparence que dans les faits, et qui, en revanche, avait mis sous le boisseau la revendication amazighe.

    En 1962, les dirigeants de l’Algérie indépendante refusèrent donc de continuer à forger la nation algérienne moderne dans la voie de la recherche patiente du consensus par le dialogue et la compétition pacifique entre les idées et adoptèrent une politique autoritaire, imposant leurs idées et leur programme économique au reste des élites et à la société. Ce fut en fait un viol commis sur une société algérienne affaiblie par sept ans de guerre et incapable de réagir. Mais celui qui s’impose aux autres est condamné à réussir ou à périr. Ils échouèrent. Ils continuent de résister, cependant, jusqu’au moment où ils périront.

    La nation algérienne est toujours à la recherche de ce consensus, rompu brutalement en 1962. Des hommes de dialogue comme Abane, Ferhat Abbas et Ben Khedda avaient beaucoup contribué au renforcement de ce consensus, durant la guerre de libération. Ils ne furent cependant pas en mesure de tenir tête aux chefs militaires, peu désireux de laisser ces intellectuels – qu’ils méprisaient en fait – diriger le pays, une fois l’indépendance acquise.

    50 ans furent donc perdus à faire avancer l’Algérie sur une voie bouchée qui mène à l’impasse. Perdu le peuple algérien d’antan. Un «ghâchi» hétéroclite, masse informe entassée dans des bidonvilles et des cités dortoirs sans âme qui passe son temps à courir derrière les produits de base, un hypothétique logement ou un extrait de naissance 12S, a pris sa place. Partis les sages et les justes qui furent les architectes de l’indépendance. Remplacés par des kerchistes-khobzistes-à-plat-ventristes et des voyous en costume-cravate. Pleure, ô pays bien aimé!

    (à suivre)




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  • Adel
    24 mai 2011 at 18 h 19 min - Reply

    @M.J.

    Bonjour,

    J’ai essayé dans mes précédents posts de brosser un tableau historique de notre pays afin d’expliquer pourquoi et comment l’Algérien est devenu ce qu’il est aujourd’hui.
    C’est un peu long et je ne sais pas si j’ai réussi à faire passer mon message. J’aurais au moins essayé.

    Avant de continuer et répondre à tes nombreuses questions, j’aimerais te demander de clore la parenthèse concernant Obama, car je ne suis pas très au fait de la politique intérieure et extérieure des USA et je m’intéresse avant tout à la situation de l’Algérie sur laquelle j’ai beaucoup plus d’informations.

    Je constate que tu es plus ou moins pris dans un cercle vicieux, quand tu parles de la situation du Monde Arabe et Musulman (bien que la situation du premier soit plus critique que celle du second, si on en exclue le Monde Arabe). Tu dis que l’Occident nous attaque de toutes parts et ne nous laissera jamais relever la tête. Sincèrement, je ne vois pas pourquoi nous devrions nous attendre à l’inverse. Devrait-il nous dérouler le tapis rouge et nous aider? Pourquoi?

    Tu ne te demandes jamais pourquoi nous passons notre temps à nous détruire mutuellement, entre États et à l’intérieur d’un même État! C’est comme si tu avais accepté comme une donnée immuable le fait que nous soyons impuissants, incapables de faire quoi que ce soit, tant que l’Occident n’aura pas pitié de nous.

    Qu’est-ce qui a empêché les pays du Maghreb de travailler sérieusement à leur union? Tu me diras : l’Occident! Je crois, cher ami, que cette explication est trop facile et n’explique rien. C’est la même chose pour l’ensemble du Monde Arabe : 400 millions de personnes, les plus grandes réserves de pétrole et de gaz du monde, un territoire immense, une grande homogénéité linguistique et religieuses. Très peu d’ensembles humains de par le monde possèdent de tels atouts! Et pourtant le résultat est bien maigre : impuissance et échec sur toute la ligne.

    L’Europe et l’Amérique capitalistes (OTAN) n’ont jamais fait de cadeau à personne : ni à l’ex-URSS, ni à la Chine, ni à Cuba, ni à la Corée du Nord. C’est ainsi que le monde fonctionne : eddi wella khelli, comme on dit chez nous. Le problème est d’abord en nous et c’est en trouvant ce qui ne va pas et en le corrigeant que nous pourrons avancer, pas en ne faisant rien et en accusant l’Occident et en le rendant responsable de tous nos malheurs!

    Pour ce qui est de l’État de droit et de la culture qui va avec, je pense que, comme pour tout le reste, c’est le besoin qui crée l’organe. Les Algériens ont-ils besoin de l’État de droit? Sont-ils suffisamment conscients du lien de cause à effet qui existe entre l’absence de l’État de droit et la situation chaotique qu’ils vivent? L’Histoire procède par ruptures et réajustements (continuité). Il y a eu trop de ruptures dans l’histoire de notre pays depuis le 15ème siècle, et pas assez de réajustements. En fait, je crois que le processus de décadence qui amené les villes de Béjaya et El-Djazayer à faire appel aux corsaires turcs pour les libérer de l’occupation espagnole se poursuit encore, et bien que nous ayons entamé une remontée durant le 20ème siècle qui a abouti à l’indépendance du pays en 62, une nouvelle rupture est survenue à ce moment-là qui nous a de nouveau enfoncés.

    Je voudrais attirer ton attention sur la similarité des procédés qui ont à chaque fois abouti à notre enfoncement : ils sont tous basés sur la décapitation de notre société par l’élimination de ses élites. Aroudj fit mettre à mort le cheikh Salim Toumi et pendre tous les membres de la famille des zayyanides. Les Français firent déporter tous les notables qu’ils n’avaient pas pu tuer ou subjuguer. Nos dirigeants de l’indépendance firent la même chose avec les têtes pensantes du mouvement nationaliste.

    Amicalement




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  • M.J.
    25 mai 2011 at 1 h 55 min - Reply

    @Adel.

    Eh bien merci de tes longs développements. Apparement nous sommes arrivés à une impasse ou aucun de nous ne peut convaincre l’autre. Pour moi, tous les auteurs de stratégie prennent en compte les contraintes en considération, tant internes qu’externes alors que pour toi l’influence de l’occident en tant que contrainte externe est insignifiante, voire inexistante, tu le considères apparemment comme contrainte nulle.

    En ce qui concerne les contraintes internes, si j’ai bien compris, il n y aurait pour toi que la forme de l’Etat qui pose problème et dès qu’elle changera tout baignera dans l’huile.

    D’ou tu tires la conclusion que je suis pris dans un cercle vicieux. Je ne te cache pas que parfois j’ai la vague l’impression que tu ne lis pas ce que j’écris.

    Amicalement et à un autre échange.




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  • Adel
    25 mai 2011 at 15 h 43 min - Reply

    @M.J.

    Bonjour,

    Rassure-toi, cher ami, je lis toujours tes posts en totalité et avec plaisir.

    Je ne néglige pas la contrainte de l’Occident, bien au contraire. Seulement, je trouve totalement contre-productif d’essayer, en l’État actuel des choses, de changer la stratégie des Occidentaux ou de s’attendre à ce qu’ils nous fassent des cadeaux ou aient pitié de nous. Pour moi, notre effort doit porter en priorité et entièrement sur les contraintes internes, sur lesquelles nous avons prise. Faire le contraire serait une fuite en avant. Il faut aussi faire les bons choix en interne et ne pas répéter les erreurs du passé, celles de Boumédiène, notamment.

    Si je dis que tu es pris dans un cercle vicieux, c’est qu’il me semble que ton raisonnement aboutit à une impasse et ne laisse aucune marge à l’action. Nous sommes dominés et nous ne pourrons jamais échapper à cette condition car l’Occident ne le permettra pas, voilà ce que tu dis, en clair. Avoue que ce n’est pas très encourageant.

    Je pense que, malgré toutes les contraintes externes et la pression de l’Occident, nous avons la possibilité de changer les choses en commençant pas mettre de l’ordre dans nos affaires, ce que les peuples du Monde Arabe ont commencé à faire depuis l’immolation de Mohammed Bouazizi. La renaissance sera un processus long, lent et douloureux, mais il faut prendre ce processus étape par étape. Se débarrasser des régimes tyranniques et pourris qui nous emprisonnent actuellement est la première étape. La construction de l’État de droit sera la deuxième. Il faudra, bien sûr, travailler dur et sérieusement et maîtriser les sciences et les techniques. Il faudra rendre à l’individu sa dignité, sa capacité créatrice et restaurer la confiance entre gouvernants et gouvernés. Tout un programme qui prendra des dizaines d’années, mais tout a un début.

    Pour ce qui est de l’action négative de l’Occident, je crois que les nôtres font tout pour amener les Occidentaux à mal agir avec nous. J’ai travaillé en Libye dans le secteur du pétrole, avec une compagnie occidentale, et je peux t’assurer que les responsables étrangers de cette boîte n’étaient pas du tout disposés à jouer sur la corruption, mais c’étaient plutôt les Libyens qui essayaient par tous les moyens de les forcer à payer des commissions à des intermédiaires haut placés dans le système, s’ils voulaient avoir des marchés. Dans le même ordre d’idées, la lecture du livre de Lounis Aggoune et Jean-Baptiste Rivoire, La Françalgérie, m’a fait prendre conscience du fait que dans la manipulation du terrorisme, ce sont les nôtres qui étaient les concepteurs et les chefs de file et non pas les services français.

    Le plus grand mal est en nous, cher ami. Je ne suis pas capable de le définir clairement et de manière détaillée, mais je suis convaincu que tant que nous ne prendrons pas conscience de cela et ne faisons pas l’effort de mettre de l’ordre dans nos affaires en bannissant tous les agissements nocifs, que nos dirigeants ont toujours privilégiés et qu’ils ont fini par inculquer à toute la société, nous resterons dans notre état actuel de dominés, n’ayant aucune prise sur l’Histoire. Pire encore : nous deviendrons une simple réserve de pétrole et de main d’œuvre bon marché pour les pays développés.

    Non, je ne pense pas que seule la forme de l’État pose problème. C’est, encore une fois, une question de nouvelle culture et de nouvelles valeurs à mettre en place. L’État algérien a détruit une culture qu’il jugeait inadéquate et l’a remplacée par ce que nous avons maintenant. Il faudra réparer les dégâts, ce qui demandera un effort long et concerté de la part des politiciens, intellectuels et hommes de religion.

    Salutations amicales et au plaisir de te lire bientôt.




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  • Afif
    25 mai 2011 at 20 h 50 min - Reply

    Je viens de lire ce forum et pour faire court, j’abonde dans le sens de Adel : ce n’est pas Obama qui est contre les musulmans, mais les musulmans qui sont contre les musulmans et qui tuent sans pitié les musulmans : Libye, Syrie, Irak, Pakistan et mieux encore dans les mosquées, on ne peut faire pire.

    Le plus incroyable dans tout ça, c’est de voir les « méchants impérialistes » défendre le droit des peuples arabes à manifester pacifiquement et condamner la répression brutale des pouvoirs musulmans contre leurs propres peuples. Mieux encore, ils les sanctionnent. En faisant cela, ils défendent leurs intérêts, qui va le leur reprocher, si en même temps ils sont dans le sens de l’histoire. Il faut vraiment les féliciter pour leur vision.

    Aide-toi, Dieu t’aidera, c’est ce qui se passe actuellement dans les pays arabes : en prenant leurs destinées en mains, les peuples arabes ont bouleversé toutes les stratégies en vigueur et qui leur étaient défavorables. Et comme toujours, les élites des peuples arabes sont toujours en retard d’une guerre : soit ils soutiennent par khobzisme des pouvoirs illégitimes, soit ils dissertent pour n’aboutir à rien de positif.




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  • hakimM
    26 mai 2011 at 3 h 15 min - Reply

    en 1958, Kennedy a aidé l’Algérie, ou est le mal que Obama ou un autre élu américain puisse sincèrement aider les opprimés.
    Du temps des foutouhat de l’islam le roi chrétien du Habach a aidé les musulmans.
    Il vaut mieux s’unir avec Obama contre les harkis en Algérie (qui sont des anciens officies de la France incorporés en 1961 après le cessez le feu).

    Dans l’État de faiblesse qu’est le peuple algérien, il n’a pas le choix que de s’allier provisoirement avec un homme potable comme Obama pour descendre la mafia qui n’a aucune algerianite.




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  • M.J
    26 mai 2011 at 16 h 51 min - Reply

    @ Adel.

    Voici ci dessous en copié collé des extraits de mes posts précédents.

    DEBUT DE CITATION:
    Le bien et le mal existent dans toutes les cultures et toutes les cultures possèdent des valeurs à même de réguler les sociétés dans lesquelles elles sont apparues et d’assurer leur ascension vers un mieux être, un mieux penser globalement et individuellement, un mieux se comporter. Les mêmes valeurs qui existent avec des nuances dans le christianisme et le judaisme existent dans le boudhisme, dans le chmanisme, dans l’islam et dans toutes les sagesses africaines, asiatiques anciennes ou récentes et quelles que soit les religions ou les sagesses humaines elles ont en commun une chose fondamentale : « Ne fais pas de mal aux autres et ne les laisse pas te faire du mal» il s’agit là d’une tradition de notre prophète Mohammed (saaws) qui est complété par d’autres hadiths et notamment : « Le mieux est de pardonner en cas de capacité».  

    Il y a cependant que l’injustice qu’on impose à une société et qui dure, impose aux individus qui la composent d’adopter une attitude d’égoisme qui tend à faire tache d’huile avec le temps et d’autant que la mauvaise graine chasse la bonne, au bout d’un temps la société entre dans état de malaise, dans un état de contradictions, dans un état d’instabilité car la lutte entre le bien et le mal devient plus évidente, plus nécessaire, plus urgente. C’est ce qui arrive actuellement en Algérie.

    Mais laissons le passé et arrêtons de ressasser. C’est du présent qu’il s’agit et le présent voudrait que l’attachement au valeurs soit plus réel que virtuel, c’est le plus important.

    L’homme à toujours été égoiste. Il est égoiste par nature, disait Socrate. Il ne se départit de certains avantages que lorsque cela lui en procure de meilleurs. Il peut faire du mal et du bien par conviction religieuse ou morale certes, mais il les fait plus volontiers lorsque cela lui procure des biens ou de la considération. Or la société dans laquelle nous vivons n’accorde aucune considération à la valeur morale, au sérieux, à l’abnégation, à la compétence, à l’effort, au respect etc… elle n’accorde de respect et de considération qu’a une seule valeur : la richesse matérielle quelles que soient ses origines : vendre de la drogue, voler, détourner, etc…

    Ce qu’il faut restaurer c’est la confiance et l’harmonie. Il est urgent d’accorder de la considération aux gens qui font des efforts, qui montrent des compétences et des aptitudes utiles et il est encore plus urgent de regarder de haut les voleurs, les gens de la kfaza et de rabaisser leurs actes par une attidude à généraliser dans la société. Seul l’Etat est en mesure de faire cela et afins qu’il puisse le faire il est nécessaire qu’il soit bien servi, par un pouvoir militant non pas pour les privilèges et les avantages, mais militant pour amener son pays au devant de la scène et à lui faire gravir les échelons. Et la il faut bien qu’on tranche qui de la poule ou de l’oeuf est le premier.

    Nous sommes en 2011 et l’Etat de droit dont il est question dans ce topic est défini universellement par l’égalité des gens devant la règle de droit, cette règle crée des situations juridiques qui doivent avoir la prééminence sur les situations sociales et créer des rapports de droit entre les individus par lesquels ceux qui acquièrent des droits acquirent des libertés et une autorité, qui peut être exercée à l’égard de tous par le biais de la justice afin de faire respecter ces droits. L’existence de cet Etat de droit n’a rien à voir avec la culture mais avec la volonté de faire respecter quelques principes simples :
    1-Lois égales pour tous.
    2-Indépendante et intègrité des Juges.
    3-Droit des régions aussi bien que des individus à une distribution juste des richesses du sol et du sous sol.
    4-Evolution sociale et rétribution en fonction de l’effort consenti et des risques légalement pris.
    Notre culture à ce moment ne fera que s’épanouir. Mais essayer d’expurger cette culture en la considérant (comme) un frein est pour moi incompréhensible.
    Quand nous aurons distingué ce qui relève du culturel et ce qui relève du religieux dans cet enchevètrement nous aurons fait un grand pas. Car comme dit El Bouti, le théologien Syrien, l’Islam est une civilisation. Il ne traite pas uniquement des aspects cultuels, c’est à dire du culte (je précise pour éviter la confusion avec culturel), en dehors de toute autre considération, mais régit l’ensemble des activités du musulman de son réveil à son coucher et de sa naissance à sa mort
    Enfin, il faut dire que l’Etat de droit n’est pas opposé à l’islam dans sa conception civilisationnelle puisque dans l’exemple de Omar Ibn El As que j’ai cité plus haut un simple citoyen juif s’est opposé à un gouverneur de province et à obtenu gain de cause et un autre exemple aussi éloquent le confirme, celui où Ali Ben Abi Talib alors juge suprême fait injonction au Calife qui citait un forfait commis par deux simples citoyens, de se taire avant de citer leurs noms ou d’être dans l’obligation d’apporter la preuve par quatre témoins à défaut de voir s’appliquer la peine sur sa personne tout Calife qu’il est, et mar de se taire immédiatement. N’est ce pas cela l’Etat de droit ou tous les sujets sont égaux ? Pourquoi ne veut pas on reconnaître que l’Islam est moderne et l’a toujours été ?

    Effectivement, j’ai confondu entre principes moraux et principes religieux car pour moi ils se confondent « Je suis venu parfaire les principes moraux » disait le prophète et ainsi la religion musulmane n’est pour lui que les principes moraux perfectionnés mais qui existaient chez les paiens.

    La civilisation de l’islam n’est plus hélas et il faut reconstruire une civilisation. Non plus dans le cadre d’un Khalifat car l’Etat nation qu’on nous as imposé est devenu une réalité que non seulement nous admettons et que nous défendons, mais que beaucoup d’entre nous ne souhaiteraient pas perdre et qu’ils considèrent comme un acquis important, mais dans le cadre de l’Etat de droit. Mais est il possible de recréer une civilisation dans le cadre d’un Etat ? Cet Etat de droit doit il etre construit autour des principes de base de l’Islam ou s’en défaire totalement.

    La civilisation occidentale a t elle été créée dans le cadre d’un seul Etat ou est ce dans le cadre d’une synergie entre tous les Etats s’inscrivant dans la même culture ?

    A l’heure actuelle, ce que promeut la société comme valeurs culturelles ce sont les valeurs matérielles et les valeurs morales et intellectuelles sont marginalisées.Résultat la morale publique, autre composante de la culture se déteriore et produit des aberrations. Notre culture prend de l’eau de tous cotés. Comme la morale est l’épine dorsale de la religion musulmane, la pratique sociale de cette religion devient juste formelle et perd ses composantes liées à la foi véritable telle que pronée en islam.

    L’exemple de l’occident est éloquent, une culture n’est pas l’affaire d’un Etat au singulier (un Etat nation pour utiliser un concept connu), mais d’une communauté d’Etats partageant les mêmes affinités civilisationnelles et culturelles et donc dire que l’Etat en Algérie pourra produire de la culture est un peu exagéré. Il peut certes participer à créer de la culture en encourageant le respect des valeurs morales mais à un certain niveau il faut qu’il y ait interdépendance et rayonnements réciproques entre Etats pour créer de la culture, on ne peut vivre en vase clos quand on partage avec les autres des traits communs.

    Ce que tu dis est vrai, les pays arabes ne sont pas en train de gagner la bataille économique, les investissements qu’ils font tendent à l’acquisition d’armes et donc à faire fonctionner les économies occidentales, l’exemple de la Libye est éloquent, Kadhafi achète chez les israéliens et Abdeldjalil chez les français, mais les laissera t on faire autrement ? Kadhafi est à l’origine du satellite africain qui a couté des bagatelles et qui fait perdre à l’occident 500 millions d’Euros par an, comme il est à l’origine de l’institution de la banque africaine qui fait perdre autant d’argent à la banque mondiale et au FMI, c’est à dire également à l’occident. Le résultat, on s’aperçoit… enfin… et après quarante deux ans … que Kadhafi est un dictateur fou.

    Il est vrai que nous devons essayer malgré cela à nous sortir de ce pétrin, à trouver des terrains d’entente et à ce propos je n’ai jamais dit que c’est les judéo-chrétiens qui sont contre nous, je ne parle que du capital mondial qui asservit les peuples où qu’ils soient à commencer par les peuples judéo-chrétiens eux mêmes.

    On ne peut concevoir la construction d’un Etat de droit sans stratégie. Ensuite aucune stratégie ne peut se concevoir sans qu’elle tienne compte de l’environnement tant interne qu’externe. La construction d’un Etat de droit ne saurait déroger à ces règles.
    D’où il s’ensuit les questions suivantes: Un Etat de droit doit il créer une culture de l’Etat de droit, doit il la précéder, ou en être le fruit ?
    Il n’y a plus ni Etat nation, ni système tribal, mais un système hybride basé non plus sur une quelconque appartenance à l’Etat ou à la tribu, mais aux clans basés non plus sur la morale tribale mais sur l’intérêt matériel de chacun. Ceci d’une part. D’autre part sur le plan externe, doit t on tenir compte des intérêts des puissances ou devons nous les ignorer. Dans ce dernier cas nous laisseraient elles évoluer sans interférences. Pour ma part je ne pense pas compte tenu de ce que j’ai tenté de développer dans mon post précédent.

    Pour moi, tous les auteurs de stratégie prennent en compte les contraintes en considération, tant internes qu’externes alors que pour toi l’influence de l’occident en tant que contrainte externe est insignifiante, voire inexistante, tu le considères apparemment comme contrainte nulle.
    En ce qui concerne les contraintes internes, si j’ai bien compris, il n y aurait pour toi que la forme de l’Etat qui pose problème et dès qu’elle changera tout baignera dans l’huile.

    FIN DE CITATION

    A la lecture de ton post ci dessus, je ne vois pas ou se situe le désaccord entre nous. J’ai l’impression que c’est juste une question de forme, et peut être de de méthodologie et de concepts mais au fond, nous ne pouvons qu’être d’accord que :

    1-Il faut trouver le moyen de construire l’Etat de droit.
    2-Il faut redresser la situation morale de l’Algérie avant tout.
    3-Il faut scinder les pratiques tribales des pratiques de l’Etat et faire le divorce du mariage contre nature qu’ils entretiennent.
    4-Juste au besoin, il faut restituer à la tribu ses règles de morale et restaurer ses liens et les renforcer pour fédérer ce système dans un cadre moderne.
    5-Il faut restaurer l’amour: d’autrui, du travail, du risque d’entreprise, etc…
    6-Il faut reconstruire l’Etat sur de nouvelles bases pour l’affranchir peu à peu des contraintes et de façon graduelle et de toute façon en stratégie il existe toujours des contraintes à prendre en considération quelle que soit la force de l’Etat.

    Voila ce que reflètent mes posts depuis le début et qui me semble t il est en accord parfait avec ce que ton dernier post postule, à moins que j’ai mal lu.

    Amicalement.




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  • M.J
    26 mai 2011 at 17 h 14 min - Reply

    @ Adel.

    Je dois ajouter une chose. L’Etat n’existe pas, il n’existe que des hommes plus ou moins organisés pour faire face à leur milieu, l’adapter et s’y adapter.

    Et c’est l’organisation qui vise à ces fins qui finit par faire germer un Etat, c’est à dire un organe virtuel qui est pris en charge par des hommes, autant soumis que les autres à des erreurs et des caprices et pour lesquels il faut mettre dès le départ des garde fous.

    Cette organisation sociale prend en charge l’individu dès sa naissance et lui imprime des shèmes de pensée qui constitueront pour lui des guides d’action à l’âge adulte et qu’on appelle la culture.

    Il y a donc une prédetermination sociale des actes des individus qui obeit à cette prise en charge, laquelle est perceptible à l’école mais aussi dans le milieu ambiant, chez l’épicier, dans les transports et dans tout ce qui est en rapport avec le public et est susceptible de l’influencer et c’est pourquoi l’Etat, ou plus exactement le pouvoir de l’Etat, car l’Etat c’est tout le monde et personne à la fois, doit veiller à ce que le bain social dans lequel évolue l’individu soit sain pour produire un homme sain.

    D’ou l’importance de la justice dans un Etat de droit où tout devient clair et où il n’y a aucune place à la tromperie et aux pratiques illicites.

    Je peux dire finalement que l’Etat est la conscience qu’ont de lui les individus qui le composent et de leur action continue dans sa construction dépend son avenir, ce qui suppose un sens des responsabilités chez eux.




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  • Congrès du Changement Démocratique