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24 March 2017

Un an après, Chakib Khelil toujours sous protection présidentielle

El Kadi Ihsane, Maghreb Emergent, 12 Mai 2011

Le 27 mai prochain, l’ancien ministre de l’Energie et des Mines bouclera la première année de son éviction du gouvernement. Dans une grande quiétude, qui tranche avec le sort des ministres affairistes des gouvernements de Ben Ali et de Moubarak. Un sort que lui permet la protection du président Bouteflika. Retrouvée encore dans le choix de commencer, à Oran, les procès de Sonatrach par l’affaire la moins accablante pour l’ancien ministre. Le DRS, tombeur de Khelil, n’est pas près d’en rajouter.

Chakib Khelil est un homme heureux. Il circule dans le monde, commente l’actualité pétrolière sur Bloomberg TV, assiste volontiers aux cocktails du secteur de l’énergie où il est toujours invité en Algérie. L’omnipotent ministre de l’Energie et des Mines qui trônait sur le secteur de décembre 1999 à mai 2010 est pourtant le plus grand gibier de cour en liberté sur le territoire de la république. Une année après sa chute, aucune des six procédures judiciaires qui ont décapité Sonatrach n’a réussi à remonter formellement à sa personne.  L’ancien ministre a pourtant été régulièrement cité lors de l’instruction judiciaire, notamment par Mohamed Meziane, ancien PDG de Sonatrach, et Benamar Zenasni, comme le donneur d’ordres dans la signature des nombreux  contrats en infraction avec la législation. L’intervention ministérielle  en faveur, par exemple, de l’Italien Saïpem rapportée par plusieurs cadres de TRC à Baraki, et notoire dans les couloirs de l’instruction judiciaire, concerne un contrat de 580 millions de dollars. Elle a permis à l’entreprise dont l’offre était la plus chère initialement de s’emparer en juin 2009 de la réalisation d’un tronçon de canalisation de 400 km, le GK3. L’implication directe de Chakib Khelil qui a usé de son autorité dans une série de transactions majeures dans le secteur de l’énergie a causé des préjudices dont l’affaire BRC a donné, dès 2005, un aperçu affolant. Les surfacturations, là aussi de plusieurs centaines de millions de dollars, au préjudice du ministère de la Défense et de Sonatrach principalement ont été dans la poche de KBR, le partenaire américain de Sonatrach, connu, tout comme Saïpem, pour sa proximité d’affaires avec l’ancien ministre de l’Energie. Chakib Khelil demeure intouchable. Des signes clairs montrent que la protection de son ami, le président de la République, fonctionne encore efficacement. Dans le début des jugements des affaires de Sonatrach, le choix de la chancellerie d’enrôler en premier l’affaire de la vice-présidence « aval » à Oran n’est pas neutre. Le contrat de gré à gré – construction d’un centre de stockage d’azote à Arzew en 2006 – pour lequel  Mohamed Meziane ancien PDG et Abdelhafid Feghouli, ancien vice-président «aval» ont comparu était loin d’être le plus scandaleux dans la liste des contrats litigieux. Les deux incriminés sont d’ailleurs sortis libres du tribunal, en dépit de peines de prison fermes mais sans mandat d’arrêt. La détente s’insinue autour de la responsabilité de l’ancien ministre.

Le DRS, zèle en berne

Une année après son départ, les  procédures d’enquête sur la gestion du secteur par Chakib Khelil se poursuivent mais avec un zèle refroidi. Le Dpartement de renseignement et de la sécurité (DRS-militaire), grand maître d’œuvre de la chute du ministre le plus proche du président Bouteflika, a revendiqué de travailler sur les pistes à l’international du réseau des sous-traitants de BRC et d’autres fournisseurs étrangers impliqués dans les affaires de Sonatrach, les derniers en date, étant ceux de l’organisation du pharaonique GNL 16 d’Oran en avril 2010. L’identité des actionnaires de ces entités est une des clés du dossier judiciaire. Les retours d’enquête se font attendre. Mais la vérité est sur toutes les bouches dans l’encadrement de Sonatrach et des autres entreprises du secteur. Les enquêteurs du DRS ont des lignes rouges qu’ils ne peuvent pas passer. Le président Bouteflika a accepté, sous le poids de l’évidence, de se séparer de Chakib Khelil, qu’il avait sauvé une première fois en 2006, en dépit de charges accablantes dans le dossier BRC. Il s’agirait maintenant de le laisser tranquille. D’autant que les «enquêtes du DRS» sur la corruption sont, avec le recul, devenues un argument de défense pour le clan présidentiel. L’étalage en 2010 d’autant d’enrichissement illicite au sommet de l’Etat aurait accéléré la crise politique et précipité les émeutes de janvier et la nouvelle situation de défiance qui menace d’emporter tout le système. Le moratoire sur les grandes enquêtes du DRS n’est pas déclaré mais la vie allègre et pétillante de Chakib Khelil n’est pas loin de le confirmer en creux. Pour combien de temps ?




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9 Commentaires sur cet article

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  • Elforkan
    16 mai 2011 at 17 h 16 min - Reply

    J’ai lu l’article, mais qu’est ce qu’il y a d’anormal ? tout est normal ! mais c’est normal ! rien d’étonnant !

    Comme si quelqu’un vient nous dire, vous avez vu, j’ai entendu un chien aboyer…..mais monsieur, le chien ne miaule pas, il aboie,alors pourquoi cet étonnement ?




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  • abon
    16 mai 2011 at 22 h 14 min - Reply

    Elforkan !!! Moi j’ai juste lu votre commentaire, pour le reste, le titre me suffit!
    Ah! je viens de croiser l’image du sujet, DSK lui a une autre « Gueule »




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  • ALMIZANE
    16 mai 2011 at 22 h 29 min - Reply

    L’Algérie est une monarchie républicaine au sommet de laquelle on a installé 2 Nains pour diriger le bateau qui fonce droit sur le néant avec la bénédiction de son guide éclairé appelé « Cabinet Noir ».




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  • Alilou
    17 mai 2011 at 0 h 54 min - Reply

    @Elforkan tu as bien resumé l’article
    @Almizane tu as oublié dans ton bateau le peuple qui rames …dans le meme sens…

    Moi je fume a qui veut un peu de mon thé afin de rester ZEN




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  • zaftoualaft
    17 mai 2011 at 12 h 55 min - Reply

    La justice est faite pour être appliquée par le bas, le Peuple paye les larcins, les gros bonnets se protègent entre eux et james khelil n’aura aucun compte à rendre ni lui ni le clan de la rapine à l’algérienne, jusqu’à ce que Dieu décrète le jugement incontournable.
    Ouakalna aâlihoum Rabbi.




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  • Elforkan
    17 mai 2011 at 18 h 37 min - Reply

    @ Alilou ..merci !
    @ Abon..merci ! et pour l’affaire DSK, je dirai que ce n’est qu’une justice divine, ils ont voulu salir la mémoire de BenLaden, en inventant cette histoire (fictive) dégueulasse….et voilà qu’une histoire bien plus dégueulasse ( et bien réelle, celle la!) éclate chez eux !!!
    Tout ceci n’est qu’une confirmation qu’Allah n’est pas inattentif à ce que font les injustes, seulement et leur donne du répit et lorsqu’il les saisira , il regretteront le jour où leurs mères les ont mis au monde !
    Que ça soit Chakib Khalil, Bechar Assad, Kadhafi,tel maffieux ou tel autre , il viendra le jour inéluctablement où ils payeront ,(croyez-moi, ils sont déjà entrain de payer !!!)




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  • wahid boumaatallah
    23 mai 2011 at 11 h 27 min - Reply

    DSK? ZERHOUNI? KHALLIL? ONT TOUS LE MËME ORIGINE! l’amour de l’argent et du pouvoir et tous ce qu’il suit…, sont des destructeurs de la nation…




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  • nomade
    23 mai 2011 at 17 h 04 min - Reply

    chakib était à un doigt de voter la loi des hydrocarbures afin de déposséder les Algériens de leur richesse au profit des pétrolières américaines, la droite chrétienne américaine, les républicains islamophobes,desquels il détenait son ordre de mission.
    Sans l’intervention et l’insistance d’HUGO CHAVEZ, EL -MOULHID ,le premier magistrat boutef, celui qui veut construire la plus grande mosquée de la terre, aurait signé cette loi.

    chakib khalil a pris la fuite , il bénéficie de la protection de ses maîtres américains qu’il a servis avec dévouement.
    Ce régime de mercenaires n’osera jamais, ne voudra jamais le poursuivre.
    il faut juger et punir celui qui a accepté et gardé chakib pendant 10 ans au sein du gouvernement.celui qui a fermé l’œil sur les méfaits de chakib, celui qui avait pour slogan lors d’une de ses campagnes présidentielles » oua lil kaabati raboun yahmiha. »
    Ce moribond qui s’accroche toujours au pouvoir.

    « ˙inna el mounafikin fi assfali darraja min ennar « 




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  • hamdouche hadj
    2 juillet 2011 at 3 h 58 min - Reply

    merci Nomade, très bien dit mais ce qu’il faut savoir aussi, c’est qu’au FMI son plan de remboursement de l’argentine a été la principale source et cause de la banqueroute, ne l’oubliez pas et tout le monde savait en haut lieu et que ça ne travaillez pas les intérêts de l’état. en tous cas pour certain commentaire, je dirai qu’au lieux de parler de DSK, rappelez vous le ministre qui avait un rapport sur son bureau durant 03 mois, signalant l’arnaque « Khalifa » et qui malheureusement ne l’avait tous bonnement pas le temps de lire, ce qui aurait bien sur épargné la perte d’un argents fou. je me permet de réagir sur cet article parce que, justement j’ai des décisions de justice « jugement » contre la socièté KBR (en tant qu’employé) que je n’arrive pas a faire exécuté par la justice du pays, alors que j’ai des grosses de jugements en bonne et due forme. il m’ont carrément dit d’aller, je cite « tu te prend pour qui? « je ne sais pas ce qu’ils voulais dire par cette question, si je me prenais pour un algérien ou un être humain » « pour oser prétendre à un quelconque droit et de qui? de la socièté KBR a Halliburton company de sidhoum Dick Cheney ». se sont là des récit de juges algériens en plein tribunaux. preuve à l’appuie, mais comme ils ont dit,  » excusez l’expression « je pouvait toujours me torcher avec. sauf que je suis un bon musulman et comme vous le savez on se lave à l’eau et on prie le tout puissant pour que justice soit faite un jour. et heureusement que l’on mourra tous un jours.




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