Édition du
21 July 2017

Ce qui se passe vraiment en Syrie

Deux ans à Damas, 23 jours dans ses geôles : Ce qui se passe vraiment en Syrie , Khaled Sid Mohand raconte

par Kamel Daoud, Le Quotidien d’Oran,  22 mai 2011

Que se passe-t-il vraiment en Syrie ? Qu’est-ce qui explique cette révolution dans un pays hyperpolicé et fortement soumis par ses «Moukhabarates» ? Que veulent les Syriens et pourquoi le régime a soudainement créé le consensus contre lui ?

Discussion avec un journaliste algérien qui a vécu deux ans à Damas et 23 jours dans ses prisons. Mohand Sid Khaled, cet homme que la mobilisation internationale a sauvé des geôles, indemne, et qui raconte. La rencontre se fait à Paris, dans le Xème il y a quelques jours. Un humble restaurant indien, la semaine dernière, pas loin de la bouche de métro Barbès. Cela fait deux ans que l’auteur de ces lignes n’avait pas revu Khaled Mohand. Et il y a deux ans déjà, cet homme pas encore quadragénaire, aux yeux timides et pétillants, racontait son amour pour Damas et le pays du Cham en général. Un second pays d’adoption car Khaled est franco-algérien en quelque sorte mais algérien surtout. «Avec un passeport algérien», explique-t-il. Il a vécu longtemps à Paris avant de se choisir une terre. En Syrie, il travaillait comme «pigiste» pour le journal français Le Monde ou pour des radios, dont France Culture.

Depuis cette époque des enthousiasmes contrôlés, l’homme a changé. La raison ? La Révolution, le fameux printemps arabe qui touche aujourd’hui le pays du Sham et avec une violence inattendue. Khaled en fera les frais avec 23 jours de prison, des séances de tabassages en règle, d’horribles heures d’attente face aux cris des torturés et une mobilisation internationale pour le faire relâcher, avec une mobilisation forte de la diplomatie algérienne.

Que s’est-il passé ?

Khaled, la colère rentrée, encore sous stress, le raconte en fumant une cigarette après l’autre, comme il l’a fait à beaucoup après sa libération et son retour en France. «Un simple piège : les manifestations duraient depuis des jours déjà. Une femme m’appelle au téléphone et me parle d’informations à me fournir. Elle avait un fort accent étranger. Irakienne. Quelque temps après, je la rencontre dans un café et là, je commence à soupçonner le piège : elle n’avait rien d’une militante qui voulait dénoncer quelque chose. «Vous n’avez pas peur de me parler ?», lui dis-je. Et elle me répond de suite : «C’est à toi d’avoir peur !». Immédiatement après, six gars me tombent sur le dos, je suis menotté et là commence mon voyage dans les sous-sols syriens».

Au début, notre témoin a hésité à raconter : «Je ne veux pas que cela soit mal interprété», insiste-t-il et il fallait penser à la sécurité des gens restés «là-bas». Une autre raison ? «Ici en France, beaucoup se contentent de me poser la question sur ma détention ou sur les conditions de prison. Personne ne veut qu’on parle des Syriens et de ce qu’ils subissent là-bas». Le black-out sur ce peuple est presque total et pour des raisons de «politiques stratégiques» évidentes : le régime syrien est un verrou régional, un «meilleur ennemi» d’Israël et un pilier de l’équilibre instable de la région.

Démocratiser la Syrie est synonyme d’instabilité pour l’Occident et Israël surtout. Khaled en est conscient, «sauf qu’il me faut parler. Il faut que je dénonce ces monstres en Syrie et ce qu’ils font subir aux Syriens. Il faut que le monde sache». Images de torturés, «d’hommes dans mon couloir de cellule que j’entendais pleurer comme des petites filles après les tortures».

Un instant, dans ce resto fermé sur lui-même comme tout l’Occident, Khaled pleure. Il est seul à entendre les cris et à revoir les images du cauchemar syrien. Moment de silence. Dans le resto, cliquetis des fourchettes sur les assiettes. Impression que la terre est composée de sept planètes. Chacune dans un monde à part. Isoloirs des drames modernes dans l’étreinte de la mondialisation qui en sélectionne les best-sellers.

Le numéro 22 raconte :

«Après, ils ont fouillé mon appartement et emporté mes micros et mes disques durs. La scène était assez hilarante, avec moi menotté pendant que l’un des agents fouillait mon ordi en me jetant des regards de lourds soupçons». La suite sera plus dure : passage à tabac, interrogatoires réguliers et serrés, menaces, etc. «Je n’ai pas été torturé mais les prisonniers, autour de moi, l’ont été et affreusement», raconte Khaled. Images des «instruments de la Question» dans la salle des agents. «Dans les couloirs, on s’appelait par nos numéros, entre voisins de cellules. N° 22 ? Vous êtes là ? Moi je suis le n° 26». Parfois, c’était des gamins. Horribles scènes. Je ne pardonnerai jamais à ces gens d’avoir fait ce qu’ils ont fait de ce peuple. Il faut le dire partout, le dénoncer, le crier».

Les questions étaient parfois absurdes. «Un simple coup de fil d’un pays étranger, retrouvé dans le répertoire, signifiait une collaboration ou de l’espionnage. Israël, Arabie Saoudite, factions libanaises, etc. A un certain moment, on comprend que «les Moukhabarates» sont prises dans leur propre délire. C’est une hystérie clinique, pas une répression uniquement. J’ai un moment songé à la grève de la faim mais j’ai un peu hésité : d’abord à cause de la torture qui frappe tous ceux qui osent faire grève. Sous la torture éventuelle, j’aurais pu pour les gens que j’ai connus dans ce pays. Pour ceux qui y habitent et que je pourrais citer. J’avais peur».

La prison, sans jour ni nuit

«Je ne savais pas où j’étais. Vous savez, il existe six «services» en Syrie. On a l’impression persistante de leur large autonomie vis-à-vis du pouvoir central et de la Présidence surtout. Combien de temps ? A un certain moment, on perd le décompte. On ne sait plus s’il s’agit de la nuit ou du jour. On perd la date, les dates et les chiffres. J’avais espéré une libération après deux semaines à peu près, et cet espoir m’a un peu brisé passé ce délai. Je me disais qu’après deux semaines, ils devaient opter pour un choix et me relâcher, mais j’ai vu que j’en étais déjà à plus et je commençais à avoir réellement peur. Cela s’annonçait mal cette prolongation».

La raison de cet emprisonnement de 23 jours ? «Je ne sais pas. Je possédais beaucoup d’archives en tant que journaliste. Je pense parfois qu’ils avaient besoin de délais pour tout fouiller et analyser. Je ne savais rien de ce qui se passait dehors». Rien donc de la mobilisation internationale qu’a provoquée l’arrestation de Khaled Mohand. Pétitions, appels d’intellectuels, mobilisation de la diplomatique algérienne et de celle de la France, etc.

Il aura fallu donc 23 jours pour retrouver où était Khaled Sid Mohand et qui le détenait. «Les derniers jours, le traitement et le comportement des agents des Services avaient changé». C’était la fin d’un séjour absurde, menaçant pour la vie et pouvant déboucher sur le pire. Des milliers de Syriens sont déjà en prison dans ce pays, des centaines ont «été disparus», d’autres vont suivre, dans les sous-sols ou les charniers. «La terreur qui avait disparu après la mort de Assad le père est de retour et encore plus terrible. Les gens ont peur mais continuent à parler malgré tout. Le 23e jour, il sera cependant libre après une intervention directe et frontale des diplomates algériens et français en poste dans ce pays. «J’ai été rapatrié vers notre ambassade et pris en charge. Autant par les nôtres que par les Français».

Anecdotes sur une amabilité étonnante, sur quelques leçons de morale et témoignages de solidarité «qui m’ont profondément ému». Aux portes de la prison, celle de Kaffar Soussy, l’un des sièges des Moukhabarates, le journaliste se retrouve en effet sans rien, «pas même mes vêtements ni mes papiers».

Quelques jours de repos et de discussions «émouvantes et humaines» avec ses hôtes des deux pays avant l’embarquement dans un avion à destination de Paris. «J’ai été accompagné par nos diplomates et un diplomate français jusqu’à la dernière minute : rien n’était déjà plus certain de ce pays».

Mais que s’est-il vraiment passé dans ce pays ?

«C’est long à raconter. D’abord, il faut savoir que les Syriens sont un peuple d’un calme et d’un civisme incroyables. En deux ans, je n’ai jamais assisté à une seule dispute violente dans la rue et, tout d’un coup, c’est la révolution». D’autant plus imprévisible dans un pays «domestiqué» par la mainmise totale des Moukhabarates sur toute la vie sociale. «Un peu moins qu’à l’époque du père Assad, mais cela a violement changé depuis», explique notre interlocuteur. Le basculement est dû au vent de changement dans tout le monde arabe, mais aussi à des facteurs internes. «Vous savez, après la fuite de Ben Ali, la réponse des Syriens sur une révolution chez eux était claire : «Comme au Liban ou en Irak et avec le même chaos ? Non, trop peu pour nous», explique Mohand.

Le cas irakien avait créé un immense effet repoussoir en Syrie et les gens craignaient le morcellement ethnique et confessionnel de leur pays, soudé par sa politique de «front de refus» et uni sous le principe de «dictature consentie». «Les réformes promises par Bachar, je le suppose, ont été retardées par la gestion de l’environnement immédiat de la Syrie et par la gestion de l’immense flux de migrants irakiens qui sont venus s’y installer, et qui ont importé avec eux leurs crises intercommunautaires et leurs tensions. C’est le cas irakien qui explique les réticences des Syriens à vouloir aller vers la confrontation en quelque sorte. Et c’est ce cas qui explique les réserves de la communauté chrétienne qui a vu ce qui s’est passé pour les chrétiens en Irak. La conclusion était qu’il valait mieux un régime dur et sécurisant qu’une «démocratisation» avec de grands risques de basculement et de déséquilibre entre communautés», analyse notre témoin.

Le cas des chrétiens d’Irak, installés désormais en Syrie, et leur appartenance à une classe moyenne forte sont l’une des clefs qui expliquent la psychologie de prudence des Syriens. «Vous savez, l’équation de base pour le Syrien était «sécurité contre liberté». Je cède sur le droit de la liberté contre celui de la sécurité. Ce deal a été brisé et d’abord à Deraa». Cette ville martyre, foyer de la première étincelle, a connu une répression féroce et une contestation devenue irréversible.

Selon des témoins, le départ de feu est parti de quelques slogans anti-Assad peints sur des murs par des enfants. «Des gamins de dix ans qui ont été arrêtés et torturés. Des enfants à qui on a arraché les ongles !». Par la suite, et selon ce récit, les notables de la ville ont tenté une médiation avec les autorités de la ville. «Pour le Syrien, poser son tarbouche sur la table, entre lui et l’homme d’autorité, était un signe de déférence et de respect profond. Le pire est de jeter les tarbouches par terre et c’est ce qui a été commis apparemment et selon des récits. Un geste de déshonneur on ne peut plus grave». La «révolution» est partie de ce geste de mépris et se greffera sur un sentiment partagé de droit à la liberté, de déception après dix ans de réformes promises mais jamais honorées et de certitude d’une corruption endémique.

«A Daraa, le siège du parti a été incendié mais aussi le siège de la société de téléphonie de Syrie, celle appartenant au fameux cousin de Bachar El-Assad, alias Rami Makhlouf, empereur de l’ombre et symbole de la terreur et de la corruption. Les images de chars de l’armée syrienne se dirigeant pour assiéger les villes syriennes ont «cassé la seule et la plus forte légitimité du régime syrien : celui du front du refus opposé à Israël, celui de l’obligation d’unité face à l’ennemi extérieur et l’image d’une armée-bouclier contre l’invasion israélienne et capable, un jour, de ramener le Golan vers la terre du pays».

Le contrat liberté contre sécurité se retrouvera caduc avec les images des premières répressions. «Les Syriens n’avait plus aucune raison de respecter un régime qui s’en prenait à leur sécurité au lieu de la défendre. Par ailleurs, la légitimité extérieure était tombée avec une dictature qui servait plus les intérêts de l’ennemi en assurant le statu quo que les intérêts locaux avec l’espoir de récupérer la terre volée». «Wahed, Wahed !» (un par un), criait la foule pour exorciser le spectre de la division communautaire sur laquelle le pouvoir joue pour faire peur». «Allah, Souria, Hourria». (Dieu, la Syrie, la liberté) étaient l’autre slogan d’une union sacrée.

Les milices clandestines des Chebiha étaient recrutées dans les environs immédiats des villages à mater : des délinquants et des mercenaires que les habitants connaissaient un par un. Chose qui a décrédibilisé le régime encore plus. Les SMS étaient émis en boucle, jouant alaouites contre sunnites, chrétiens contre Druzes, etc.». Peine perdue car les Syriens bougeaient de concert et par témoignage des images. «Je n’oublierai jamais cette immense clameur sourde, quelques jours avant mon arrestation, le 18 mars, dans la mosquée des Omeyades à Damas. Pendant que j’en traversais l’immense esplanade, un «Allah Oukabar», d’abord murmuré, lancé par des poitrines en colère, décidées à réclamer la liberté».

Liberté : autre mot-clé du cas syrien : «Les gens, au début du moins, ne demandaient pas la chute du régime car ils en avaient besoin. Ils voulait la liberté et des réformes réelles», raconte le journaliste. Cela aussi est une occasion perdue par le clan Assad apparemment.

Pourquoi une répression aussi lourde et une propagande aussi grossière ?

Le régime syrien, parasité par ses Moukhabarates, reste un mystère pour l’observateur étranger. Qui y commande ? «Question sans réponse exacte», explique-t-on. «Tout étranger un peu observateur finit par conclure que le centre de décision n’est pas la Présidence. Certains parlent même d’un immense coup d’Etat en quelque sorte pour casser un Bachar dont les ordres de ne pas tirer ne sont pas exécutés, qui est démenti par les actions d’une armée qui ne lui obéit pas. Un Bachar qui n’a pas hésité à lever, en partie, l’immunité du clan alaouite dans ses tentatives de réformes. D’où ce qui se passe actuellement ? «Possible.

Les «Services» sont puissants, autonomisés et presque indépendants». Autour du Président, gravitent d’autres centres de décision : son frère qui est à la tête du puissant 4e régiment, quelques généraux et son clan divisé entre soutiens et animosités. Une mosaïque «informelle», aggravée par la composition confessionnelle du pays, les inégalités sociales, l’illégitimité du pouvoir et ses alliances externes de plus en plus floues et en contradiction avec sa propagande interne, la proximité d’Israël, le cas irakien et l’absence de vision au sein d’un clan miné par la concurrence dans la prédation. Un cocktail qui explique pourquoi cela «a pris» en Syrie et pourquoi cela ne s’arrête plus.

Un cas qui explique aussi pourquoi l’Occident se tait sur les crimes de Assad : dans un entretien avec le quotidien américain The New York Times, le cousin de Bachar, le fameux Rami Makhlouf, patron des plus grands monopoles sur l’économie de la Syrie, a été clair : le régime est l’ennemi d’Israël mais garant de sa stabilité. Bien loin des banderoles sur le front de refus et l’engagement indéfectible pour la cause… arabe ! «Cette propagande doit être cassée. C’est la seule force de ce régime : les Syriens sont très nationalistes et le régime joue sur leur sentiment d’appartenance. Ils savent cependant aujourd’hui que ce régime est tout, sauf nationaliste», résume Khaled.

Témoin algérien d’un drame à huis clos et que nous laisserons à Paris se battre pour faire connaître la Syrie à ceux qui veulent l’ignorer.




Nombre de lectures : 3548
6 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • hakimM
    22 mai 2011 at 16 h 51 min - Reply

    Cela ressemble a quelques colorations prêt a ce qui se passe en Algérie avec sa mafia sa DRS son president qui veut mourir collée sur la chaise, même si le peuple meurt plus qu’il ne l’a fait avant 1962.

    La corruption et le pouvoir avide tue bien plus qu’un ennemi étranger. Tous les pays arabes ont la même mentalité : corruption, brutalité, dictature, mafia, khobzistes, etc.

    Finalement, il n’y a que l’Algérie ou ça ne bouge pas…..




    0
  • Rédaction LQA
    22 mai 2011 at 20 h 20 min - Reply

    Liste non exhaustive des criminels contre l’humanité syriens

    لائحة سوداء بأسماء الضباط المشرفين على قتل المتظاهرين وبمموّلي « شبيحة » النظام

    الأربعاء: 11/ مايو/ 2011م

    نشرت مواقع وصفحات إلكترونية تابعة للمعارضة السورية لائحة « سوداء » بأسماء الضباط والمشرفين على قتل المتظاهرين في سورية. وبأسماء ممولي « الشبيحة »، وهي المليشيا المسلحة التي يمولها رجال أعمال مقربون من النظام.

    « وطن  » ينقل اللائحة بحسب ما أوردتها صفحات المعارضة السورية

    1 – الفريق بشار الأسد القائد العام للجيش ورئيس الجمهورية.

    – 2العميد ماهر الأسد قائد لواء في الفرقة الرابعة وهو القائد الفعلي للفرقة الرابعة .

    – 3اللواء محمد ناصيف خير بك معاون نائب رئيس الجمهورية والمستشار الأمني الخاص لبشار الأسد .

    – 4العماد آصف شوكت نائب رئيس هيئة الأركان للشؤون الأمنية.

    – 5العميد حافظ مخلوف قائد قسم مكافحة الإرهاب وقسم الجسر الأبيض التابع للفرع 251 (الفرع الداخلي) في إدارة أمن الدولة.

    – 6اللواء علي مملوك مدير إدارة امن الدولة.

    7 – اللواء عبد الفتاح قدسية رئيس شعبة المخابرات العسكرية.

    – 8اللواء محمد ديب زيتون رئيس شعبة الأمن السياسي.

    9 – اللواء محمد سمور وزير الداخلية السابق.

    10 – اللواء محمد الشعار وزير الداخلية الحالي.

    – 11اللواء جميل حسن مدير إدارة المخابرات الجوية.

    12 – اللواء زهير الحمد نائب مدير امن الدولة.

    13 – اللواء نزيه حسون نائب مدير أمن الدولة مسؤول عن العمليات في المنطقة الساحلية.

    14 – اللواء جمعة الأحمد قائد القوات الخاصة ( الوحدات الخاصة) التي كان يرأسها سابقاً اللواء علي حيدر.

    15 -اللواء جميل بدر حسن قائد إدارة الدفاع الجوي وهو الذي أشرف على اقتحام المعضمية.

    16 – اللواء رستم غزالة رئيس فرع دمشق وريف دمشق شعبة الأمن العسكري.

    17 – اللواء علي يونس نائب رئيس شعبة المخابرات العسكرية (نائب اللواء عبد الفتاح قدسية (.

    – 18اللواء توفيق يونس إدارة امن الدولة الفرع 251 الفرع الداخلي .

    19 – العميد عاطف نجيب رئيس فرع الأمن السياسي في محافظة درعا .

    20 – العميد ثائر العمر رئيس فرع المداهمة والدوريات في إدارة أمن الدولة وهو الذي أشرف على اقتحام مدينة دوما .

    – 21العميد ناصر العلي رئيس فرع الأمن السياسي في درعا حالياً .

    – 22العميد إياد محمود قائد لواء في الحرس الجمهوري .

    23- العميد علاء سعٌود الحرس الجمهوري .

    – 24العميد مناف طلاس قائد اللواء 105 حرس جمهوري شارك في محاصرة ساحة العباسين وقتل المتظاهرين .

    25 – العميد غسان بلال رئيس مكتب الأمن في الفرقة الرابعة اشرف على التعذيب والتحقيق مع الموقوفين من المعتصمين .

    – 26العميد نبيه ربيع حرس جمهوري شارك في محاصرة أحياء دمشق .

    – 27العميد ناصر ديب رئيس فرع الأمن السياسي في حماة وهو ابن شقيق العماد شفيق فياض ديب .

    – 28العميد منير جلعود رئيس الفرع الأمن العسكري حمص.

    29 – العميد محمد مخلوف رئيس فرع امن الدولة حمص.

    – 30العميد جامع جامع رئيس فرع الأمن العسكري في محافظة دير الزور شارك بقتل وقمع المتظاهرين .

    – 31العميد برهان قدور فرع التحقيق العسكري في شعبة المخابرات العسكرية و رئيس قسم الأمن العسكري السابق في دوما وكان متواجد في دوما أثناء قمع وقتل المتظاهرين.

    – 32العميد محمد خلوف رئيس فرع فلسطين شارك في قمع المتظاهرين في ريف دمشق

    – 33العميد عدنان احمد رئيس فرع المخابرات العسكرية.

    34 – العميد خضر الحسين رئيس فرع امن الدولة.

    – 35العميد طه طه رئيس فرع الأمن السياسي.

    – 36العميد أكرم محمد رئيس فرع امن الدولة في محافظة حلب.

    37 – العميد عبد اللطيف فهد رئيس فرع الأمن العسكري في حلب.

    – 38العميد منير جلعود رئيس فرع مخابرات عسكرية.

    – 39العميد سهيل داود مخابرات جوية أو امن دولة وهو من قرى دمشق وهو مسيحي

    40 – العميد ذو الهمة شاليش رئيس امن الموكب الرئاسي وهو ساهم في تمويل الشبيحة في اللاذقية ودمشق.

    – 41العقيد خليل ملا رئيس فرع الأمن السياسي في حلب.

    – 42العقيد مالك الهادي شعبة الأمن السياسي نائب رئيس فرع الدوريات في دمشق التابعة لشعبة الأمن السياسي موقعه أمام صالة الفيحاء وهو متواجد في اللاذقية حاليا.

    – 43العقيد تمام ديب من الفوج 53 قوات خاصة متواجد في اللاذقية واشرف على قتل المتظاهرين في اللاذقية وهو قائد كتيبة وانضم معه الشبيحة في اللاذقية.

    44 – العقيد علي سليم قائد كتيبة اقتحام من الفوج 53 قوات خاصة اشرف على اقتحام مدينة جبلة وقتل المتظاهرين بمشاركة الشبيحة في منطقة جبلة.

    45 – العقيد تميم عيسى الأحمد من القوات الخاصة الفوج 53 شارك في قتل المتظاهرين في اللاذقية.

    – 46العقيد محمد العبد الله رئيس فرع الأمن السياسي في حمص وكان سابقا الملحق العسكري في فرنسا وقد شارك بقتل المتظاهرين وتعذيب المعتقلين من المشاركين في التظاهرات السلمية في حمص.

    – 47العقيد قصي ميهوب رئيس فرع المخابرات الجوية في حرستا وعناصر الفرع.

    – 48العقيد مجد العبد الله امن الدولة فرع اللاذقية.

    – 49العقيد فراس رئيس فرع التحقيق في إدارة امن الدولة.

    – 50المقدم كنان محمد غالية قائد سرية المدفعية في الفوج 53 متواجد في اللاذقية وشارك في قتل المتظاهرين.

    – 51المقدم أحمد عبد الحميد أمن الدولة فرع اللاذقية.

    52 – المقدم علاء دروبي شعبة الأمن السياسي.

    53 – المقدم خالد الخطيب امن الدولة الفرع 251 الفرع الداخلي.

    54 – المقدم سامر البريدي رئيس قسم امن الدولة في منطقة دوما وهو الذي نشر عناصر القناصة .

    55 – الرائد أمجد عباس رئيس قسم الأمن السياسي في بانياس شارك بقتل وإهانة المعتصمين في بانياس والبيضا.

    56 – العميد هائل الأسد رئيس سرية الشرطة العسكرية والمهام الخاصة.

    57 – العميد زهير الأسد قائد لواء 90 حماية العاصمة دمشق.

    59 – العميد عبد السلام رئيس فرع التحقيق في المخابرات الجوية ( فرع تحقيق مطار المزة ) كان سابقا مدير مكتب اللواء محمد الخولي وهو من قرية الفوعة التابعة لمحافظة ادلب وهو شيعي وهو قريب العميد ثائر العمر لأنه من نفس القرية .

    60 – عدنان رياض الشامي إدارة المخابرات العامة.

    61 – ويوجد ضباط اثنين عقداء أو مقدمين لست متأكداً من رتبهم أنور و عبد المجيد من الفرع الداخلي وهما مسؤولان عن التحقيق .

    أسماء ضباط الشرطة ( برتبة نقباء وملازمين ورواد ) من كتيبة حفظ النظام الذين أطلقوا النار على المعتصمين في ميدان الساعة الجديدة كما أنهم اشتركوا وأمروا في إطلاق النار على المظاهرات في أيام الجمعة في مدينة حمص .

    1 – نضال مخلوف.

    2 – حيدر حيدر.

    3 – سلامة سلامة.

    4 – محمد الجاكي.

    5 – عصام سلامة من الجمارك.

    6 – فياض الهابط.

    7 – حسان العلي.

    – 8 سامر سيكوني.

    9 – لؤي سلامة.

    10 – علي إبراهيم.

    أما المدنين الذين شاركوا بتمويل الشبيحة واشرفوا عليهم ( الشبيحة هي مجموعة ميليشية مسلحة قامت بقتل المتظاهرين وأفراد الجيش الذين رفضوا قتل المتظاهرين ).

    1 – علي الأسد

    2 – حافظ منذر الأسد.

    3 – أسامة الأسد.

    4 – عتاب الأسد وعصابتها.

    5 – هارون الأسد وأولاده.

    6 – مكتب فواز الأسد اللاذقية.

    7 – رامي منصور زوج بنت احمد الأسد.

    8 – ايمن جابر زوج بنت كمال الأسد.

    9 – فراس رفعت الأسد.

    10 – مضر رفعت الأسد.

    11 – عماد بلال أبو كنان من أهالي جديدة عرطوز ضابط متقاعد.

    12 – (علي عباس) هو علي عباس ابوهادي عنصر بالأمن العسكري بناحية السودا التابعة لطرطوس الذي شوهد في الفيديو وهو يضرب الناس بالعصا في قرية البيضاء.

    13 – محمد الأسد الملقب شيخ الجبل.

    14 – حسن الأسد ابن توفيق.

    15 – حسين الأسد أبن توفيق.

    17 – كمال الأسد.

    رجال الأعمال الذي لهم مساهمات خارجية وتمويل وشراء أسلحة ومعدات عسكرية من السوق السوداء .

    1 – سليمان معروف ابن أخت اللواء محمد ناصيف مقيم في دبي قام بشراء بندقيات ( قناصة ) عبر جنوب أفريقيا فرفضت بيعه فتم شرائهم من السوق السوداء ويملك الجزء الأكبر من تلفزيون الدنيا.

    2 – غسان مهنا.

    3 – سمير حسن.

    4 – سمير التقي.

    5 -محمد حمشو.

    6 -رئيف قوتلي.

    7 -هاشم عقاد.

    8 – خالد محجوب.

    9 – إياد غزال.

    10 -نادر قلعي.

    11 -فراس شاليش.

    12 – كمال الأسد.

    13 – أيهم الأسد.

    14 – سامر الأسد.

    15 – مفيد شوكت.

    16 -زياد شوكت.

    17 -وهيب مرعي.

    18 – مجد سليمان.

    19 – فراس طلاس.

    20 – نزار الأسعد.

    21 -ناهد طلاس.

    22 -خلدون مخلوف.

    23 -أحمد حمشو.

    24 -صائب نحاس.

    25 -غسان بلال.

    26 -ميزر نظام الدين.

    27 -مروان خير الدين ( لبناني ) صاحب بنك الموارد.

    28 -طريف الأخرس.

    29 – عماد غريواتي.

    30 -مرتضى الدندشي.

    31 – علي شوكت.

    32 – فارس عدنان إسماعيل.

    33 – أيمن جابر.

    34 – وليد عثمان.

    – 35أيمن الأصفري – لندن.

    – 36فراس شاليش – قبرص.

    34 – مناف طلاس ( أخو فراس طلاس وعضو القيادة القطرية ).‬




    0
  • Gone
    22 mai 2011 at 20 h 53 min - Reply

    Le témoignage et l’info sont une lourde responsabilité, prenez garde à ça. Je veux bien croire à peu près à beaucoup de chose , sauf qu’on arrache les ongles aux gosses de 10 ans!




    0
  • guerriere de la lumière
    23 mai 2011 at 11 h 56 min - Reply

    Tout simplement que toutes les dictatures ont été à la même école pour apprendre les méthodes les plus diaboliques pour briser des vies humaines.

    Gard à celui qui osera contrarier leurs schémas de pérénité au pouvoir!

    Et si les salles de tortures de « notre » Chateau-Neuf pouvaient parler ……
    Le drame syrien n’est en rien différent du notre!

    Combien de destins ont été brisés dans nos prisons secrètes? Combien de corps jettés dans des fosses communes? Dieu seul le sait….

    On ne sort jamais indemne après une torture et surtout on ne sera jamais plus le même …




    0
  • moustaqim
    23 mai 2011 at 17 h 52 min - Reply

    Salam
    Depuis le 1er jour, je suis les évènements en Syrie de très près, et je confirme tous les détails et analyses.
    merci K. Sid Mohand.
    @ Gone un peut de modestie et de respect surtout, on n’est pas dans les années 90,
    vous avez internet ?




    0
  • Hakkai
    24 mai 2011 at 20 h 21 min - Reply

    Salam !
    Voici,en préambule, quelques données à mon avis utiles pour la compréhension de certains aspects de choses ,théorisées et mises systématiquement et invariablement en application par leurs promoteurs-acteurs cachés ou déclarés,jusque-là avec un succès indéniable en Iraq,au Soudan,en Tunisie,en Egypte,et prochainement peut-être en Libye,en Syrie et au Yémen,en attendant le tour,désormais inéluctable,du Liban,de l’Algérie et du Maroc!
    Jusque là, seules les monarchies absolutistes vassales et les émirats rétrogrades à la botte des USA et/ou acoquinées à Israël, semblent,pour le moment du moins, bénéficier du sursis condescendant de leurs mentors et maîtres.Pour l’heure,un sursis seulement, le temps de terminer la besogne qui leur est assignéee et de payer la facture!

    I.Plans Stratégiques d’Israël (Pour les Années 2000).
    En tant que corps constitué, l’Egypte est déjà un cadavre politique, surtout si l’on tient compte de l’affrontement de plus en plus dur entre musulmans et chrétiens.
    Sa division en provinces géographiques distinctes doit être notre objectif pour les Années 1990 sur le front occidental.
    Une fois l’Egypte ainsi disloquée et privée de pouvoir central, des pays comme la Libye, le Soudan et d’autres plus éloignés, connaitront la même dissolution.
    La formation d’un Etat copte en Haute-Egypte et celle de petites entités régionales de faible importance est la clé d’un développement historique actuellement retardé par l’Accord de paix mais inéluctable à long terme ; en dépit des apparences, le front Ouest représente moins de problèmes que celui de l’Est.
    La partition du Liban en cinq provinces préfigure ce qui se passera dans l’ensemble du monde arabe. L’éclatement de la Syrie et de l’Iraq en régions déterminées sur la base de critères ethniques ou religieux doit être, à long terme, un but prioritaire pour Israël, la première étape étant la destruction de la puissance militaire de ces Etats.
    Les structures étatiques de la Syrie l’exposent à un démantèlement qui pourrait aboutir à la création d’un Etat chiite le long de la côte, d’un Etat sunnite dans la région d’Alep, d’un autre à Damas, et d’une entité Druze qui pourrait souhaiter constituer son propre Etat, peut-être sur notre Golan ou, en tout cas, avec le Houran et le nord de la Jordanie. Un tel Etat serait, à long terme, une garantie de sécurité pour la région.
    C’est un objectif qui est déjà à notre portée.
    Riche en pétrole et en proie à des luttes intestines, l’Iraq est en ligne de mire. Sa dissolution serait pour nous plus importante que celle de la Syrie, car c’est lui qui représente la plus sérieuse menace pour Israël. Extraits de  » PLAN K I O U V I M « (Orientations)
    Jérusalem,Février 1982.

    II. L’ I NT O X I C A T IO N
    L’intoxication consiste à faire croire à l’ennemi ce qu’il faudrait qu’il croie pour courir à sa perte, politiquement et militairement.
    L’intoxication la plus offensive et la plus dangereuse de toutes les armes subversives est une agression intellectuelle dirigée contre l’esprit humain. C’est l’arme par excellence de l’intelligence. Son domaine est celui des idées. Son arme, c’est le mensonge.
    Montée avec soin et avec les moyens nécessaires, elle réussit à créer une fausse réalité assez convaincante pour que l’adversaire se trompe, tout en raisonnant juste.
    Elle a des points communs avec la propagande, l’action psychologique et l’agitation politique clandestine. Ces dernières visent indirectement des buts généraux et lointains, moraux et souvent vagues, tandis que l’intoxication est une action directe dont l’objectif est particulier et immédiat, bien précis et matériel.
    Les opérations authentiques d’intoxication sont des campagnes méthodiques, poursuivies pendant des années ou des dizaines d’années par un groupe organisé et commandé, cherchant à modifier les images des faits matériels et autant que possible, les faits eux-mêmes, afin de diriger la conduite d’un autre ensemble d’humains en un sens présumé favorable à l’atteinte d’un but défini.
    Les cas d’intoxication vont de la captation mentale d’un seul homme, objectif suffisant lorsqu’il s’agit d’un monarque absolu, à la prise en main d’une nation entière, en passant par la « déception »*, particulièrement délicate, d’un état-major composé d’experts en la matière.
    Lorsque l’action d’influence atteint un certain seuil, optimum, l’acquiescement de l’opinion débouche sur une psychose collective. Au cours de cette étape, l’individu perd tout sens critique et souhaite lui-même être abreuvé du sujet qui l’a influencé. A ce stade dit de « vampirisme », celui qui est mordu par le sujet devient mordeur à son tour. Passionné par le sujet, il devient lui-même un vecteur d’opinion et influence à son tour son entourage.
    Le désinformé devient désinformateur. Vladimir VOLKER
    (In « Influence et désinformation »).

    *Déception (définition militaire) :
    Ensemble de mesures visant à induire l’ennemi en erreur grâce à des trucages, des déformations de la réalité
    ou des falsifications, en vue de l’inciter à réagir d’une manière préjudiciable à ses propres intérêts.
    Procédés :
    Six(6) moyens de faire perdre aux individus leur sens critique dans le cadre d’une action de désinformation visant un pays ennemi :
    1. L’Accusation d’atrocités,
    2. L’Exagération des enjeux,
    3. La Diabolisation ou déshumanisation de l’adversaire,
    4. La Polarisation intransigeante (ex. : si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi),
    5. L’Invocation d’une sanction divine,
    6. La « Métapropagande » (art de discréditer l’information de la partie adverse en la qualifiant, arbitrairement, de mensonge).
    Heidi et Alvin T O F L E R, (Chercheurs américains, spécialistes de la Désinformation).

    Concernant la seule Syrie,par exemple,il est des questions,-occultées fort probablement à dessein-, qui doivent être posées,:
    1.Son président,jeune,ouvert et instruit, -à l’inverse de tous ses homologues arabes,criminels illettrés!-peut-il vraiment ordonner l’ouverture du feu sur son propre peuple ?!
    -Pourquoi la Syrie,ce pays de haute civilisation, en état d’auto-suffisance alimentaire et sans aucune dette extérieure,avait-elle besoin d’une révolte sanglante -pouvant conduire à sa dislocation pure et simple- quand « plus de libertés individuelles et collectives,moins de police politique,plus de justice sociale et moins de chômage »,en plus de la nécessaire réorganisation des structures du Pouvoir et de l’Etat,-avec la mise à l’écart,voire le jugement des barons et des apparatchiks corrompus du régime,-toutes choses promises et déjà entrées en application pour certaines d’entre elles-, auraient suffi ?
    -Qui sont ces gens qui,équipés de moyens radio hautement sophistiqués et armés de fusils à lunettes de dernière génération, tirent sur les cortèges funèbres jusque dans les cimetières ?
    -Qui sont ces hommes « cagoulés » qui tirent sur les militaires et les policiers, tendent des embuscades et massacrent des passagers d’autobus sur les routes?
    Plus généralement,la bruyante campagne « Wikileaks » ayant précédé de peu l’avènement du « printemps arabe », ne constituait-elle pas une simple répétition, un réglage en quelque sorte, des mécanismes du complot,dans la perspective du grand chambardement à venir? N’y aurait-t-il vraiment aucun lien de cause à effet entre ceci et cela, ni aucune coordination entre les différentes « révolutions arabes »?
    Sa mission étant quasiment accomplie, Wikileaks à disparu aussi vite qu’il est apparu! Qu’est-il devenu ?
    Salutations.




    0
  • Congrès du Changement Démocratique