Édition du
30 March 2017

Mohamed Harbi : «Les archives de la guerre de Libération sont explosives»

L’historien Mohamed Harbi décortique des épisodes-clés du mouvement national et livre ses vérités
«Les archives de la guerre de Libération sont explosives»
El Watan, 26 mai 201

L’éminent historien Mohamed Harbi revient, dans cet entretien, sur les récentes controverses suscitées par les déclarations polémiques d’acteurs du mouvement national et livre quelques vérités cinglantes. D’après lui, l’attaque de la poste d’Oran est l’œuvre d’Aït Ahmed, Boudiaf a réussi l’organisation du 1er Novembre, et l’attitude de Yacef Saâdi à l’égard de Louisette Ighilahriz «n’est ni sérieuse ni noble.» Harbi affirme que Boussouf n’endosse pas seul l’assassinat de Abane Ramdane, et qu’on a exagéré son rôle ainsi que celui du MALG. Il révèle, par ailleurs, que «Krim a projeté d’assassiner Bentobal» en prévenant que les archives de 2012 «sont terribles et explosives.» l Alors qu’il évalue les harkis et goumiers à environ 100 000 hommes, l’historien estime à quelque 50 000, les victimes algériennes des bavures du FLN/ALN, dont nombre de militants nationalistes authentiques. Pour Mohamed Harbi, « la société algérienne est une société de surveillance mutuelle ». Il considère que les tabous, liés aux juifs d’Algérie, aux harkis et aux pieds-noirs, en se gardant de les traiter, ont fait le lit de l’islamisme. Préconisant une déconstruction de la pensée nationaliste, il estime que la question identitaire et celle de l’autoritarisme sont deux problèmes majeurs qu’il est impératif de dépasser pour aller vers une Algérie nouvelle et apaisée.

– Si vous le permettez, M. Harbi, nous aimerions articuler cette interview autour de quelques «noms-clés» en rapport avec l’histoire du Mouvement national. Et le premier qui nous vient à l’esprit, en l’occurrence, est Ahmed Ben Bella qui a défrayé la chronique ces derniers jours suite à ses récentes déclarations à Jeune Afrique. D’abord, comment l’avez-vous rencontré ?

Je l’ai rencontré pour la première fois au moment de la discussion du programme de Tripoli. A ce moment-là, j’ai pu, plus ou moins, voir ce qu’était l’homme dans ses idées. Il faut noter qu’avant cela, il était en prison depuis 1956. Et dans ses idées, il y avait incontestablement chez lui un véritable amour du monde rural. En même temps, il y avait chez lui un aspect qui relève de l’éducation politique de toute une génération, à savoir l’attachement à un nationalisme de type autoritaire.
Pour en venir à des faits précis comme l’attaque de la poste d’Oran en avril 1949, Ben Bella affirme qu’il était l’artisan de cette attaque. Selon vous, qui d’Aït Ahmed, qui était le successeur de Belouizdad à la tête de l’OS, ou de Ben Bella qui, comme vous le précisez dans vos livres, a pris en main cette organisation à partir de janvier 1949, est le véritable instigateur de cette opération fondatrice ?
Personnellement, je pense que les éléments concrets ressortaient de l’organisation locale. Mais les projets (la planification des opérations, ndlr) étaient incontestablement du ressort de la direction centrale, donc d’Aït
Ahmed. Je pense que compte tenu du fonctionnement de l’Organisation, le rôle d’Aït Ahmed a été très important.

– Et quand il dit de Boudiaf qu’il était «zéro sur le plan militaire», vous pensez que c’est une vérité ou bien une méchanceté ?

«Zéro sur le plan militaire», il n’y a pas eu d’expérience de type militaire qui permet d’en juger… Boudiaf était le responsable de l’OS dans le Constantinois. C’est un membre de l’Organisation qui était assez conséquent, on l’a bien vu. Même si le 1er Novembre a été organisé dans la précipitation et l’improvisation, il l’a organisé.

– Quand des acteurs de l’histoire comme dans ce cas précis nous font des révélations de cette nature, vous, en tant qu’historien, comment les prenez-nous : pour argent comptant ? Avec des pincettes ?

Je ne peux pas prendre pour argent comptant le témoignage d’un acteur. On est obligé de se pencher sur les archives quand on en trouve, ce qui est rare pour une organisation qui a été clandestine. Sinon, on procède à des recoupements des témoignages des acteurs.
Indépendamment de cela, vous avez des interrogations propres à partir de ces témoignages et aussi de la connaissance des acteurs. Il faut dire que ces affaires sont remontées à la surface dans des moments de crise où chacun cherchait à imposer son image propre. Et je crois qu’en Algérie, beaucoup de choses se passent comme ça. Les gens sont plus préoccupés de soigner leur image que par le souci de la vérité.

– Un autre nom nous vient à l’esprit, celui d’une grande moudjahida : Louisette Ighilahriz, qui a eu à affronter seule ses tortionnaires lors des procès qui l’ont opposée au général Schmitt et consorts, sans le moindre soutien de l’Etat algérien. C’est une femme extrêmement courageuse qui a été profondément blessée par des allégations prêtées à Yacef Saâdi qui aurait mis en doute son combat. Que pouvez-vous nous dire sur cette immense résistante ?

Louisette Ighilahriz est une combattante, il n’y a aucun doute là-dessus, et Yacef Saâdi ne pouvait pas ignorer son rôle puisqu’il était un allié de la famille Ighilahriz. Je suppose qu’il y a autre chose qui l’a guidé. De toute manière, ce n’est ni sérieux ni noble.

– Du point de vue de l’écriture de l’histoire de la guerre de Libération nationale, pensez-vous que la participation des femmes est suffisamment mise en valeur ?

Non, ce n’est pas le cas. Il y a une chose fondamentale qu’il convient de souligner à ce propos, c’est que les femmes sont venues à la rencontre du FLN, mais quand le FLN est allé à leur rencontre, il ne les voyait que comme infrastructure dans l’organisation. Il ne les voyait pas dans des rôles politiques et des directions politiques. Alors que le premier bulletin du FLN s’appelait Résistance, on l’a enlevé pour mettre El Moudjahid. Ça veut tout dire. Le souci du FLN, c’était d’avoir des troupes. Or, la sensibilité des troupes était incontestablement machiste et patriarcale.

– Selon vous, ces controverses soulevées par des déclarations polémiques qui sont le fait d’acteurs de la Révolution font-elles avancer l’historiographie de la guerre de Libération nationale ? Est-ce quelque chose de productif ou de contre-productif pour l’historien ?

C’est de la lave en fusion. Et à mon avis, c’est quelque chose qui ajoute au désarroi et au manque de repères de la population dans son ensemble. Qui plus est, cela discrédite la politique, surtout que cela intervient dans une atmosphère d’impasse et d’échec, et donc on a tendance à dévaloriser la révolution.

– M. Harbi, en 2012, on annonce l’ouverture d’une partie des archives françaises liées à la guerre de Libération nationale. D’aucuns y voient une opportunité pour apporter un éclairage décisif sur certaines zones d’ombre de la guerre d’indépendance. Comment appréhendez-vous ces archives ?

Il y a certainement des archives qui pourraient s’avérer fort pertinentes. Il y a par exemple le bulletin de renseignement et de documentation qu’établissait le MALG. Bien sûr, il glorifie le FLN mais il fournit une foule d’indications sur l’état d’esprit de la population, et ce bulletin ne laisse aucune impression d’unanimisme des Algériens.

– Quel genre de renseignements livraient ces bulletins ?

Par exemple des renseignements sur la conduite des populations, leur rapport au FLN, leur rapport à la France. Je dis bien c’est le bulletin du FLN, donc tout est à la gloire du FLN. Toujours est-il qu’à travers ces descriptions, si un historien s’empare de ces documents, il va donner une autre idée de l’opinion algérienne face au FLN. En tout cas, je pense que ces archives sont explosives. Moi, j’ai été au ministère des Forces armées comme conseiller de Krim
Belkacem, et je peux vous dire que les dossiers sont terribles. Le rapport à la population n’est pas du tout ce qu’on dit. Ce sont des archives qui donnent une idée tout à fait différente de la révolution.

– Vous-même, en votre qualité d’historien, comptez-vous les exploiter ?

Je ne sais pas. A 78 ans, je ne sais pas si j’aurai la force de continuer longtemps. Je pourrais travailler peut-être sur un ou deux sujets, mais je n’ai plus la même force.

– On vous souhaite beaucoup de santé et de vigueur M. Harbi pour mener à bien cette entreprise…

Si je peux aider, pourquoi pas ? D’ailleurs, c’est ce que je fais maintenant. J’aide les jeunes chercheurs à travailler sur les archives, notamment en France.

– Quelles sont les précautions méthodologiques que vous préconisez à l’attention des jeunes chercheurs ?

Le vrai problème, aujourd’hui, c’est que les gens s’intéressent beaucoup plus aux forces politiques indépendamment de la société. Or, si vous n’avez pas une connaissance précise de la société, vous ne pouvez pas étudier sérieusement les forces politiques en présence.
C’est quelque chose de capital. Le va-et-vient entre les deux est fondamental. Ça c’est la première chose. La deuxième, c’est que les chercheurs formés en Algérie, je le vois très bien, n’ont pas une bonne culture historique. Ils n’ont pas connaissance de tous les débats sur la méthode et tout ce qui à trait à l’analyse des documents, la capacité de maîtriser le matériau et d’en tirer la matière de l’histoire.

– Ne pensez-vous pas, justement, que c’est quelque chose, pour le moins paradoxale de voir d’un côté la grandeur et la complexité de notre Révolution, et de l’autre, l’indigence de l’appareil académique, universitaire, censé en assurer l’étude et la transmission ?

Je vais vous dire franchement mon opinion : le pouvoir qui est là depuis 1962 n’a aucun intérêt à ce que l’histoire devienne la matrice d’une reconstruction du pays. Je me souviens quand j’étais à Révolution Africaine, j’avais publié un document sur la Fédération de France du FLN. Il y a eu tout de suite une réaction du ministre de la Défense (Boumediène, ndlr) et des pressions sur Ben Bella pour dire «cette histoire, on n’en parle plus.»

– Est-ce que vous avez foi dans les jeunes historiens formés en Algérie ?

Il y a quelques-uns qui sont remarquables, mais malheureusement, ils restent à l’étranger. Et ceux qui rentrent ici, je ne donnerai pas de noms, mais…il y en a un ou deux qui sont vraiment remarquables, qui sont capables de faire de grands historiens. Les autres, ils sont en train d’ahaner pour avoir des postes parce qu’il faut faire valider son diplôme universitaire acquis à l’étranger. C’est une manière d’avoir des historiens destinés à produire une histoire officielle.

– L’un des enjeux des relations algéro-françaises est l’écriture de l’histoire de la guerre d’Algérie. Or, nous avons l’impression que là-bas il y a une armée d’historiens, de chercheurs pour accomplir cette tâche, tandis que de ce côté-ci, il y a peu de gens de métier, comme vous le soulignez, qui font le poids. Comment parer à ce déséquilibre ?

Ce qui est certain, c’est que nous ne pouvons pas envisager notre rapport avec les historiens français comme une compétition, mais comme un échange pour équilibrer des regards.

– Comment, lorsqu’on est soi-même acteur et témoin de l’histoire, peut-on en être également le fidèle rapporteur ?

Je vais vous dire comment ils ont procédé en France. Tous les grands acteurs sont passés par des instituts pour livrer leurs témoignages devant des historiens qui ont étudié la période concernée. Et ces témoignages sont dûment emmagasinés dans des archives.

– Cela nous fait penser aux psychanalystes qui doivent se faire analyser par leurs pairs avant de pouvoir exercer…

Tout à fait ! En France, tous les acteurs militaires ont donné leurs témoignages aux historiens. Chez nous, cela se passe autrement. J’ai chez moi plus de 123 ouvrages algériens de témoignages. Ce n’est pas satisfaisant, parce que les gens ne parlent pas de la réalité culturelle, de la réalité sociale, de la stratégie des acteurs. Ils parlent de faits, comme ça… Il faut dire que chez les acteurs de la révolution algérienne, la véritable culture était plutôt rare. Partant de là, ils ne peuvent revoir et vivre d’une autre manière leur expérience qu’à travers le regard de gens du métier. L’histoire, c’est aussi un métier.

– Les choses sont-elles claires dans votre esprit, entre le Harbi historien et le Harbi acteur de l’histoire ?

Il y a nécessairement un aspect subjectif dans cette affaire. Mais cet aspect subjectif, ce n’est pas à moi de le découvrir. Cela incombe aux lecteurs mais aussi à mes collègues historiens. De toute manière, je travaille avec la méthode historique, et donc je soumets tout ce que je fais à la critique historique. Je peux affirmer que j’ai au moins un minimum de distance à l’égard de mon expérience propre. Seulement, je ne suis pas garant de tout. J’ai mes rapports personnels avec les hommes, j’ai des côtés subjectifs, mais je pense que ce côté subjectif n’a pas réussi à prendre le dessus dans mon travail. En tous les cas, les lecteurs aviseront.

– Je reviens à cet enjeu que certains appellent «guerre des mémoires» ou «guerre des récits», même si le mot guerre est très chargé. Peut-on imaginer une écriture de l’histoire qui soit apaisée, dépassionnée, froide, voire «à quatre mains» ?

On ne peut pas appeler cela «guerre des mémoires». Aujourd’hui, le vrai problème, c’est l’histoire. Il y a guerre des mémoires parce qu’il y a des forces politiques des deux côtés qui instrumentalisent l’histoire pour perpétuer un combat. Du côté français, les vaincus de la guerre d’indépendance sont encore nombreux. Ils sont dans des partis, ils ont des comptes à régler. Et, effectivement, on peut parler à leur sujet plus de mémoire que d’histoire.
Du côté algérien, il y a des mouvements qui connaissent des phases sensibles d’essoufflement, il y a des gens qui n’ont plus rien à dire, et qui pensent que c’est un trésor inépuisable pour essayer de solidifier une nation, qu’ils n’arrivent pas à solidifier autrement.
Si des gens actuellement passent leur temps à ânonner sur le passé, c’est uniquement dans cette perspective. La mémoire et le présent, c’est un gros problème. Le présent n’est pas un présent d’affirmation du respect de l’individu, et la mémoire, elle, rappelle un passé de non-respect de l’individu. Alors, si on veut vraiment convoquer l’histoire pour créer un esprit civique, il faut commencer par respecter l’individu en faisant en sorte que la mémoire d’avant serve de catalyseur, sinon, ce n’est pas la peine.

– Lors du colloque organisé récemment en hommage à Claudine Chaulet, vous avez rapporté ce fait révélateur, à savoir que sous le PPA la notion d’individu n’existait pas, et qu’il était par exemple inimaginable de se représenter un Algérien boire une bière dans la conception identitaire du PPA…

Publiquement non, comme dans toutes les sociétés musulmanes qui vivent sous le signe de la schizophrénie. Vous pouvez tout faire si on ne vous voit pas. Mais, officiellement, un militant nationaliste ne buvait pas, était censé ne pas boire, et les mœurs des gens étaient sous surveillance. Ce sont des choses qu’on ne veut pas voir de près. Nous sommes des sociétés de surveillance mutuelle. Avant, la surveillance était une institution, c’était la «hissba». Le problème, c’est qu’avec la colonisation cette institution a disparu. Du coup, la surveillance est devenue l’affaire de chacun, et elle est beaucoup plus pernicieuse que s’il y avait une institution comme telle.

– Vous avez souvent souligné la prépondérance du religieux comme référent identitaire dominant au détriment de la diversité raciale, religieuse et culturelle, qui caractérisait notre pays. Pensez-vous que cela constitue un facteur bloquant qui nous empêche d’aller vers la modernité culturelle et politique ?

Tout à fait ! Si le FIS a été ce qu’il a été, il ne le doit pas à la capacité de ses chefs mais précisément à cet élément. Il faut s’avouer que nous sommes une société fermée. Nous avons un système éducatif de type conservateur et patriarcal. D’ailleurs, je suis effrayé par la haine que les gens ont pour les femmes. C’est incroyable !
Ce n’est pas simplement de la haine, c’est de la peur. Je vois pas mal de femmes, des chercheuses surtout, qui sont tout à fait exceptionnelles, et dès le mariage, elles ont des problèmes. Elles sont confrontées à un dilemme : soit, c’est le sacrifice du métier, soit c’est la rupture. Et si vous faites une recherche statistique, vous verrez que pas mal d’universitaires de haut niveau sont des femmes seules.

– A votre avis, un travail de déconstruction de la pensée nationaliste telle qu’elle a prévalu jusqu’à aujourd’hui est-il nécessaire pour ériger une Algérie nouvelle ?

Actuellement, l’Algérie est confrontée à deux problèmes : d’abord, la déconstruction de cette pensée à partir de l’idée d’une société multiculturelle et multiethnique, parce que la question de l’ethnicité est un vrai problème. On a beau le cacher, c’est un vrai problème. La deuxième question, c’est le problème de l’autoritarisme. L’Algérie transpire l’autoritarisme par tous ses pores. On parle du pouvoir, mais si vous voyez la vie des partis, elle n’est pas fondamentalement différente. Il faut revenir aux fondements de l’autoritarisme, et quand vous analysez ces fondements, force est de constater la nature des rapports familiaux et le poids du patriarcat. Ce n’est pas un hasard si ce modèle-là, vous le retrouvez dans le système éducatif d’une façon très forte. C’est tout cela qui fait que notre société soit très conservatrice.

– Vous avez cité un mot-clé : «surveillance». Vous avez parlé de cette fiche mystérieuse du MALG qui épie la population, et tout cela me renvoie à un autre «nom-clé» : Abdelhafidh Boussouf. D’aucuns ont fini par le mystifier tellement il cultivait le mystère. On le dépeint généralement comme un personnage intrigant qui était derrière tous les coups tordus. Est-ce que vous l’avez connu personnellement ?

Je le connaissais très bien puisqu’il était dans la daïra de Skikda. Mais il était originaire de Mila. C’était un cadre de qualité. Je dis d’ailleurs dans mes mémoires que c’est lui qui m’avait recommandé le Que faire ? de Lénine quand j’étais au lycée. C’était un bon organisateur. Mais il était très suspicieux, il était aussi répressif. Néanmoins, je pense qu’on a exagéré les choses à son sujet. Il faut savoir que tous les accords portant sur le renseignement, conclus avec d’autres pays, étaient traités par le GPRA. C’est le gouvernement qui décidait. Il avait une puissance au sein du gouvernement, certes, mais il ne faisait pas ce qu’il voulait.

– Quand on le présente comme «l’ancêtre de la police politique et du DRS», vous pensez que c’est exagéré ?

Il se trouve que les instruments qu’il a forgés sont passés, par la suite, au ministère de la Défense. Mais, avant, ce n’étaient pas eux qui contrôlaient (les cadres du ministère des Forces armées, ndlr). Ils ne contrôlaient rien. C’était un peu comme dans le système français : les grands commis de l’Etat, on veut bien s’assurer qu’ils n’ont pas d’antenne avec l’étranger, des trucs comme ça, ce n’était pas plus.

– Pourtant, il y a ce fait gravissime qu’on lui impute, celui d’avoir assassiné Abane Ramdane à Tétouan et d’avoir pris tout seul la responsabilité de le liquider…

Tout seul, je ne dirais pas cela. Qu’il ait une part de responsabilité dans cette affaire, c’est sûr.  Seulement, il y a un point d’interrogation sur cette question. Quand ils ont examiné le cas Abane, Ouamrane, Krim, Mahmoud Chérif et Boussouf étaient pour son exécution.

– Et Bentobal était contre…

Bentobal était effectivement contre. Or, il fallait un consensus. Ils ont opté alors pour son emprisonnement, mais pas en Tunisie parce que là-bas, c’était dangereux. Donc, ils l’ont emmené au Maroc sous prétexte qu’il y avait des différends qu’il fallait régler avec le sultan Mohamed V. Abane était accompagné de Krim Belkacem et Mahmoud Chérif. Une fois au Maroc, il a été assassiné. Moi, je ne peux pas répondre aussi affirmativement à la question. Krim dit «ce n’est pas moi, c’est
Boussouf.» Mahmoud Chérif dit «ce n’est pas moi, c’est Boussouf.» Moi, je ne peux pas le dire, je n’étais pas là, il n’y a pas de preuves.

– Dans le livre de Khalfa Mammeri, Abane Ramdane – le faux procès, l’auteur fait mention d’un procès-verbal (qui aurait été puisé dans les archives personnelles de Boussouf déposées en Suisse, ndlr), et où ce dernier aurait imposé aux autres membres du CCE d’endosser a posteriori l’assassinat de Abane pour faire croire à une décision collégiale…

Sur ce document, point d’interrogation. Par contre, qu’il l’ait assassiné, ça ne fait pas de doute. Mais sur la responsabilité individuelle, je me pose des questions. Je n’ai pas de réponse.

– Avez-vous des éléments de réponse à propos de ce qu’on reprochait exactement à Abane Ramdane ? Est-ce qu’on était jaloux de lui parce qu’il était brillant ? Est-ce qu’il a payé le Congrès de la Soummam ? Etait-ce une affaire d’ego ?

Il y avait beaucoup de cela. Pour tout dire, Abane ne pensait pas que cette catégorie d’hommes pouvait diriger l’Algérie. Il faut savoir que le premier incident est survenu le 5 juin au sujet d’une conférence de presse qui devait être donnée au Caire. Krim voulait la tenir alors que c’est Abane qui devait l’animer. Ce dernier s’est adressé à Krim en le traitant d’aghyoul (bourricot). Finalement, il a été dévolu à Saâd Dahlab qui était un personnage de second ordre de l’animer. Les deux membres les plus puissants du CCE étaient ainsi aux prises l’un avec l’autre. Et je pense que Krim avait des visées sur le pouvoir depuis toujours, surtout après la Bataille d’Alger.

– Donc, vous maintenez que ça n’a pas été une décision exclusive de Boussouf d’éliminer physiquement Abane ?

Non, parce qu’ils étaient trois et ils imputent cela à Boussouf. Or, je sais, d’après Bentobal, que Krim avait projeté d’assassiner Bentobal après cet épisode.  Donc, si tant est que le témoignage de Bentobal soit véridique, Krim voulait éliminer les gens qui se dressaient sur le chemin de son pouvoir. Pourquoi Bentobal ? Parce qu’il supposait qu’étant lui aussi de Mila, Bentobal était un appui pour Boussouf.

– D’après vous, l’assassinat de Abane a-t-il affaibli le CCE ?

Du point de vue politique, c’est sûr.

– Quand on dit qu’il y a un avant et un après-Abane, est-ce une analyse que vous partagez ?

La machine politique a continué à fonctionner. La machine politique, ce n’était pas seulement Abane. Il y avait des hommes de grande qualité comme Ferhat Abbas, comme Abdelhamid Mehri, comme Benyoucef Benkhedda…

– Toujours est-il que Boussouf, après l’assassinat de Abane, semble avoir pris un ascendant sur les autres, vous n’êtes pas de cet avis ? On assure même qu’il terrorisait tout le monde.

Boussouf ne contrôlait que la base du Maroc. Or, la puissance du FLN était plus en Tunisie qu’au Maroc.

– Dans son livre sur le colonel Amirouche (Une vie, deux morts, un testament) Saïd Sadi affirme que c’est Boussouf qui a donné Amirouche aux Français…

Quand je suis arrivé en Tunisie, j’ai entendu cette version. Moi, je suis arrivé au mois de mai 1959 (Amirouche est tombé au champ d’honneur le 29 mars 1959, ndlr) et il y avait cette version qui circulait. Elle a tenu le haut du pavé pendant toute la période de la réunion des colonels. Une opposition faisait rage entre Krim d’un côté, et Boussouf, Bentobal, et Boumediène de l’autre. C’était dans le cadre de ces luttes de pouvoir qu’est sortie cette version. Personnellement, je pense que Boussouf était sans doute quelqu’un de particulier,  mais pas à ce point.

– Après l’indépendance, il a eu une vie discrète. Certains récits affirment qu’il s’est converti en armateur ou vendeur de bateaux. Pourquoi Boussouf a-t-il disparu aussi subitement de la vie publique selon vous ? Il n’a pris aucune responsabilité après 1962 ?

Il ne pouvait pas prendre de responsabilité, personne n’aurait voulu de lui. Même quand
Boumediène était devenu le grand chef, Boussouf a fait une offre de service, mais il n’a même pas été reçu par Boumediène. Vous ne pouvez pas avoir avec vous votre ancien chef qui vous connaît bien. Après, il s’est lancé dans les affaires, il avait un nom et les Irakiens l’ont beaucoup aidé. Il a trouvé de l’aide partout dans le monde arabe.

– Est-ce qu’on a donné, selon vous, sa pleine valeur au Congrès de la Soummam qu’accable par exemple Ali Kafi ?

Je pense que c’est une version contemporaine chez Al Kafi. Je ne lui ai pas connu cette opinion avant. En réalité, chez Ali Kafi, ce n’est pas le Congrès de la Soummam qui posait problème mais plutôt la personne de Abane. Il estime que Abane, ce n’était pas l’homme qu’il fallait. C’est un parti pris, c’est le point de vue d’un clan tout simplement.

– Même les attaques de Ben Bella contre le Congrès de la Soummam ?

C’est la même chose, c’est le point de vue d’un clan. Avec cette différence que lui en a été exclu. A mon avis, cette histoire selon laquelle il ne pouvait pas venir n’est pas crédible. S’il avait participé au Congrès, peut-être que les choses auraient pris une autre tournure. Les clans n’auraient pas eu les mêmes contours. Il faut souligner que la majorité était derrière Krim beaucoup plus qu’elle ne l’était derrière Abane. C’est l’intelligentsia qui était derrière Abane, ainsi que l’ancienne classe politique qu’il a récupérée.

– On approche à grand pas du cinquantenaire de l’Indépendance qui coïncide, à quelque chose près, avec cet éveil des sociétés civiles arabes et maghrébines pour exiger le changement. La Révolution de 1954 n’a pas tenu toutes ses promesses, il y a une grande déception de la part des Algériens qui ont le sentiment que le combat libérateur est resté inachevé. Y a-t-il de la place, d’après vous, pour une nouvelle révolution afin de réaliser les promesses de l’Indépendance ?

Ne parlons plus de révolution, elle est terminée. Les espérances des Algériens ne trouvent pas écho dans le système auquel a donné naissance la Révolution. Les gens qui pensent qu’il faut achever cette révolution devraient réfléchir autrement maintenant.
Il faut tout recommencer. C’est un autre peuple, c’est une autre société. Je ne pense pas que les sociétés puissent se construire durablement indépendamment d’un mouvement d’idées et d’un projet, et c’est ça le problème des Algériens.

– Quand on dit que c’est la même équipe qui gouverne depuis 1962 en termes de filiation en soulignant la structure fondamentalement militaire du pouvoir, Bouteflika qui est issu du groupe de Oujda, vous êtes d’accord avec cela ?

Non, non, il y a eu des recompositions. Il me semble qu’au niveau des dirigeants, ils sont tous pour le changement, mais ils ne savent pas par où commencer parce que le point par lequel on commence décidera de qui va en profiter.
Bio express :

Mohamed Harbi est né en 1933 à El Harrouch, près de Constantine. Dès 1948, il adhère au PPA-MTLD. Il part en France en 1953 pour s’inscrire à des études d’histoire à la Sorbonne. En 1956, il intègre l’UGEMA puis le comité fédéral de la Fédération de France du FLN comme responsable de l’information.

En 1958, il rejoint le GPRA au Caire dès sa création. Il devient le conseiller de Krim Belkacem au ministère des Forces armées, puis au département des affaires étrangères du GPRA. Il est nommé ambassadeur en Guinée (1960-1961). Mohamed Harbi prend part aux premiers accords d’Evian.
Après l’indépendance, il est conseiller du président Ben Bella et participe à l’élaboration du Programme de Tripoli (1962). En 1965, il fait les frais du coup d’Etat de Boumediène et se voit emprisonné pendant cinq ans, puis placé en résidence surveillée.

En 1973, il réussit à s’évader. Harbi vivra en exil forcé jusqu’en 1991. Il se consacre dès lors à l’enseignement universitaire et à son métier d’historien.
Parmi ses nombreux ouvrages : Aux origines du FLN, Le populisme révolutionnaire en Algérie (1975), Le FLN, mirage et réalité (1980), 1954, la guerre commence en Algérie (1984), L’Algérie et son destin, croyants ou citoyens (1993), Une vie debout, Mémoires (2001), Le FLN, documents et histoire 1954-1962 (2004, avec Gilbert Meynier).

Glossaire :

n L’OS : L’Organisation spéciale. Bras armé du PPA-MTLD créée en 1947. Son premier chef était Mohamed Belouizdad, avant d’être remplacé par Hocine Aït Ahmed. Elle sera démantelée en 1950 suite à l’arrestation de Ben Bella.

n Le CCE : Comité de coordination et d’exécution, organe créé par le Congrès de la Soummam. C’est l’instance exécutive du CNRA, le Conseil national de la Révolution algérienne.
n Le MALG : Ministère de l’Armement et des Liaisons générales.
Premier appareil de renseignement militaire algérien, le MALG était le service de renseignement attitré de l’ALN. I
l est couramment présenté comme l’ancêtre de la police politique en Algérie. Il était dirigé par Abdelhafidh Boussouf.

n Le MNA : Mouvement national algérien. Parti créé par Messali Hadj en 1954 avec pour objectif de faire échec au FLN.
Des luttes fratricides feront rage entre les deux factions, notamment au sein de l’émigration.

– L’Affaire Mellouza : Elle fait référence au massacre, dans la nuit du 28 au 29 mai 1957, de plusieurs affidés du «général Bellounis», chef des troupes du MNA, par des commandos de l’ALN dans les hameaux de Mellouza, Béni Ilmane et Mechta-Casba, dans la wilaya de M’sila, réputés être des fiefs messalistes. On évoque le chiffre de 300 hommes tués.

– L’Affaire de la « Bleuite » : Par allusion aux «bleus de chauffe», des auxiliaires algériens retournés par l’armée coloniale contre le FLN dans La Casbah durant la Bataille d’Alger.
Elle renvoie à une purge perpétrée à partir de 1958 dans les rangs de l’ALN suite à une grosse opération d’intox et de guerre psychologique menée par les services secrets français visant à faire croire à l’existence de traîtres dans les maquis de la Wilaya III. Longtemps on a imputé ces purges au colonel Amirouche, une version que réfutent ses compagnons d’armes.

– Décret Crémieux : Il s’agit du décret promulgué le 24 octobre 1870 qui octroie d’office la nationalité française aux israélites indigènes d’Algérie.

Mustapha Benfodil




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36 Commentaires sur cet article

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  • AS
    26 mai 2011 at 11 h 53 min - Reply

    a la question posee a c monsieurs des origines de certians generau et leurs liens avec le gouvernmen francais… silence de mort… ce monsieur s’est tu ! les innocents sont massacre parce que ceux qui saven se taisent… et qu’on ne vienne pas dire que la france peut quoi que ce soit puisque a part faire dans l’illegalite ils peuvent rien et quand ils essaient ils se ramassent … monsieur harbi qui est chadli d’ou vient’il … qui est ben bella d’ou vient-il… meme question… qui est attali … on le sait qui est bhl on le sait…




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  • sema
    26 mai 2011 at 14 h 37 min - Reply

    Merci.

    Le peuple Algérien a besoin de connaitre son histoire. Vous faisez partie de l’histoire de l’ALgérie.

    Que Dieu vous accorde longue vie, force et courage afin de nous témoigner, de nous transmettre, au plus grand nombre d’Algérien notre identité.
    Le « roman historique » chanté par le régime est définitivement rayée.




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  • Boubekeur
    26 mai 2011 at 16 h 26 min - Reply

    Il y a de tout dans cette interview. Avec l’éminent historien, on apprend toujours des choses. Bien qu’il condamne pas les attaques contre le congrès de la Soummam par Ali Kafi ou Ben Bella, qu’il juge une affaire de clan, il n’en reste pas moins qu’il apporte un regard objectif sur l’ensemble de la révolution algérienne.




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  • fateh
    26 mai 2011 at 17 h 50 min - Reply

    Je crois que l’Algerien est toujours prisonnier du passionel,cela se verifie facilement dans les discussions…A partir du moment ou vous ne parlez pas des generaux vous ne pouvez pas etre HISTORIEN..quel drame dans un pays ou l’histoire de la revolution a tjrs ete l’oeuvre des officines de la police politique…
    Il me semble que chacun doit jouer son role par rapport a ce qu’il considere etre apte a assumer intellectuellement et non par rapport aux desirats de la police politique ou de la masse abrutie par le tapage mediatique de notre revolution confisquee….
    Enfin Mohamed HARBI s’est de tout temps implique dans l’ecriture de l’histoire de la revolution et ne peut a lui seul couvrir tout le champs Algerien des evenements depuis 1962…




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  • SID ALI
    26 mai 2011 at 19 h 27 min - Reply

    Je n’arrive pas à comprendre comment ce grand militant de la guerre de liberation , en l’occurence M.Harbi, puisse nous dire que «Les archives de la guerre de Libération sont explosives» , alors que la France n’ouvrira les vraies archives de la guerre d’Algérie qu’en 2012. Est-ce qu’il donne sa propre version des faits en tant que sa propre version d’historien et témoin de la révolution ou bien a-t-il eu le privilège d’accéder aux archives françaises avant la date de 2012 ?
    C’est intereressant moi de savoir qui parle : l’historien, le témoin ou celui qui a déjà consulté les archives.
    En tout cas, et bien au delà de tout çà, son témoignage est très interressant.




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  • moustaqim
    26 mai 2011 at 21 h 30 min - Reply

    Salam,
    IM Harbi dit que Ouamran était d’accord pour l’exécution de Abane, je ne suis pas historien, mais je sais que s’est faux. Ouamran à condamner cet acte impardonnable.
    Il dit également « Et si vous faites une recherche statistique, vous verrez que pas mal d’universitaires de haut niveau sont des femmes seules ». je dis que c’est aussi vrai qu’en Europe, les femmes qui ont choisi une vie professionelle « de haut niveau » en général sont des femmes seules.




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  • guerra
    26 mai 2011 at 23 h 24 min - Reply

    En 1962, on pouvait lire ce slogan sur tous les murs en Algérie: // Un seul héros, Le Peuple//
    maintenant, Le Peuple n’est plus ce héros qui a voté OUI pour l’indépendance, mais quelques personnages qui croient être venu seuls à bout de la machine de coloniale. Les  »historiens » ne parlent jamais du peuple mais seulement de Flen, Siflen et Felten…
    Quand on sait que ces flens n’ont jamais tiré un seul coup de feu et qu’ils ont surtout passé du bon beau temps dans les hôtels de luxe on ne comprend peut être pas l’histoire, mais on connaît surtout la suite de l’histoire écrite pas ces flens




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  • salay
    27 mai 2011 at 0 h 16 min - Reply

    L’Histoire contemporaine d’Algérie notamment celle de la révolution armée ne se limite pas aux Kabyles et à la Kabylie même si cette région a donné plus de 16 colonels, supporté grandement le poids de la guerre de par sa situation stratégique et la tenue du Congrès de la Soummam. Certes, le commandement opérationnel de la révolution était presqu’aux mains de Kabyles qui se sont engagés totalement dans le déclenchement des hostilités avant que le complot ne commence avec l’assassinat de Abane…TOut cela ne justifie pas qu’on en parle excessivement de cette région et de ces enfants au point d’oublier la Harka de Kobus, les massacres entre frères ennemis dans les Aures avec Ajoul Ajoul après la mort de Benboulaid, les assassinats des colonels Aouachria, Nouaouria, Mustafa Lakhal, du capitaine Zoubir et tant d’autres coups fourrés des troupes d’Aussaresses, Massu et co. Cette fixation sur la Kabylie et les Kabyles est pathologique, propre au système qui a pris l’Algérie en otage depuis l’été 62, les Nasséro-gauliens.




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  • Moumous
    27 mai 2011 at 1 h 25 min - Reply

    Monsieur Harbi Azul,
    Je vois que vous n’êtes pas différent des autres, c’est-à-dire, de ceux qui cultivent des amalgames pour faire de la diversion. On a l’impression que dans votre article, vous cherchez plus à diaboliser Krim et Ouamrane tout en lavant de tout soupçon vos amis Boussouf et Ben bella. En fait, la vérité que vous voulez travestir, c’est que Krim n’était pas au courant que votre protégé Boussouf allait exécuter Abane. Boussouf et Bentoubal lui ont fait croire qu’on allait seulement isoler Abane pour un moment et non pour l’exécuter lâchement. Sinon, scientifiquement, d’où tenez-vous vos affirmations ? Attention au revers de l’Histoire ! Krim est l’un des plus grands héros de la révolution algérienne, que ce soit sur le plan militaire ou politique. Quand on est historien, digne de ce nom, on n’a pas le droit de verser dans la politique politicienne. Le monde a évolué Monsieur Harbi. Les gens ne croient plus ce qu’on leur raconte dans les terrasses de cafés ! Vous ne réhabiliterez jamais dans le coeur des vrais Algériens, les Boussouf et Benbella quel que soit le degré de votre rapprochement historique de ces deux individus dont les origines et tous leurs méfaits et actes seront dévoilés tôt ou tard par la vraie Histoire avec ou sans vous, si ce n’est pas déjà fait par quelques honnêtes gens.




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  • Elforkan
    27 mai 2011 at 9 h 13 min - Reply

    «  »Alors qu’il évalue les harkis et goumiers à environ 100 000 hommes » » » !!!!!

    Si chaque harkis avait une femme….on rajoutera 100.000
    Si la moitié avait seulement quatre enfants….rajoutons 200.000
    Si nous incluons la mère harki, le père harki et les grand parents….on rajoutera encore 400.000
    si chaque harki n’avait que deux tantes et deux oncles…..400.000
    et si le harki avait et avait….faisons le décompte.

    et sachant que 80% des maquisard ne sont montés au djebel que pour régler des comptes avec certains…..

    et que les chef de ces maquisard sentant l’indépendance proche, commençaient à se liquider les uns, les autres…

    Sachant tout ça…..et nous sommes toujours ici ( en Algérie)
    et sachant tout ça, je ne pardonnerai jamais à mes aïeuls qui n’ont pas trouvé où atterrir , ils n’ont choisi que cette terre…..peut être ne mériteraient-ils pas mieux, Dieu connait le fond des cœurs !!!




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  • Zendagui
    27 mai 2011 at 10 h 14 min - Reply

    Moustaquim,

    Abane n’etait pas en odeur de saintete aupres de Krim et cela son homme de confiance Ouamrane ne pouvait l’ignorer. Cependant tous les ecrits a ce sujet attestent que c’est Boussouf seul qui en a pris l’initiative. Krim le premier en a fait la revelation a la fin des annees soixante, confirmee plus tard par Ben Tobbal. Cherif Mahmoud est reste muet sur le sujet. Le destin post-independancede ces quatre hommes prete a equivoque. Un s’est retire de toute activite politique, un autre exile et les deux derniers ont active assez longtemps a la tete de la Repal (puis Sonatrach) et la SNS.

    Faut pas aussi oublier que Harbi est d’abord un neveu avant d’etre un historien.Il a des droits de reserve.

    ==========================
    Précision : neveu d’Ali Kafi.
    La Rédaction LQA




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  • Macizel
    27 mai 2011 at 13 h 58 min - Reply

    Vérités sur la mort de abane Ramdane:

    Benkhalfa Abdelkader 80 ans, Je jure au nom d’Allah que je suis un témoin oculaire et que je suis le dernier à avoir vu Abane ramdane 30 mn avant sa mort. Je voudrai libérer ma conscience et démentir tous ceux qui veulent s’enrichir du sang de Abane ramdane en accusant une fois Boussouf de l’avoir étranglé avec une cravate et une autre fois Krim Belkacem de l’avoir tue avec une balle dans la tête. Celui qui veut plus de détails qu’il me contacte au 045.83.96.20 ou à SIG wilaya de Mascara au 39 cité Zaghloul SIG.
    Abane ramdane est mort à Tétouan dans une cité appelée état major de Franco où siégeait le GPRA. Son corps repose dans un cimetière à Tétouan et pas dans une ferme.
    Les personnes qui étaient dans le bureau du GPRA sont :
    1: Houari Boumediene
    2: Boussouf
    3: Krim belkacem
    4: M’hamed yousfi
    5: Abane Ramdane
    Ben Tobbal n’y était pas.
    Une altercation avait éclaté entre Boumédiene et Abane ramdane a été à l’origine de la mort accidentelle de ce dernier. C’est moi qui sur ordre de Boussouf, avais ramené un drap et une couverture pour envelopper le corps de Abbane Ramdane rabi yarhmou.
    Plus de détails je suis à votre disposition.

    BENKHALFA ABDELKADER

    Lien : http://algerianactivist.wordpress.com/2010/05/14/verites-sur-la-mort-de-abane-ramdane/

    Macizel




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  • Macizel
    27 mai 2011 at 14 h 28 min - Reply

    Histoire de la liquidation de Abane Ramdane
    Boubekeur Ait Benali, 14 février 2007

    Il y a 49 ans, Abane a été assassiné par ses pairs. Les idées qu’il a véhiculées ont été très mal comprises du fait qu’il était en avance, sur le plan intellectuel, sur sa génération. Au lieu que d’exploiter cet avantage positivement pour mener à bien la guerre, ses frères de combat ont vu en lui un danger dont il faut se débarrasser au plus vite.

    La déclaration de Ferhat Abbas au Caire, en 1957, pour sa première entrée officielle sur la scène internationale au nom du FLN était : « Nous avons pris les armes pour obtenir la souveraineté et l’indépendance complète pour l’Algérie une et indivisible ». Cette volonté a été affichée dés le départ par tous les combattants ayant créé ou rejoint le FLN. Là où le bas blesse c’est quand ce slogan a été exploité de façon abusive par les militaires pour éliminer les personnes qui ne partageaient pas leur point de vue quant à la conduite de la révolution.

    Toujours est il que lorsque tout le monde était à l’intérieur du pays, les assassinats étaient moins fréquents car les frontistes ne pensaient qu’à échapper au rouleau compresseur des paras dirigé par Massu. En effet, au printemps 1957, la répression a été telle que les membres du CCE (Comité de coordination et d’exécution), issu du congrès de la Soummam, ne songeaient qu’à fuir le pays pour sauver la direction du front. Bien que la décision ait été prise à l’unanimité, les membres avaient des points de vue différents sur le transfert momentané ou définitif du CCE. Pour Abane, les replis sur Tunis ou le Caire n’étaient que provisoires. Le principe Soummamien de la supériorité de l’Intérieur sur l’Extérieur faisait partie d’une vraie ligne politique, puisée dans l’histoire des mouvements de libération dont ses innombrables lectures l’avaient rendu familier, estime, pour sa part, Mohamed Harbi.

    Par ailleurs, pour rejoindre Tunis les quatre survivants (Ben Mhidi étant arrêté la veille par les paras) ont décidé de se scinder en deux groupes. Krim et Ben Khedda ont emprunté la voie orientale via la Kabylie et Abane et Dahleb la voie occidentale. Arrivé au Maroc Abane s’est mis en colère en découvrant, d’une part, que la Wilaya 5 était hors de combat et, d’autre part, que les chefs se conduisaient comme des Sultans. En effet, d’après Harbi : «Boussouf a besoin de terreur pour imposer le monopole du pouvoir, susciter la délation, semer la méfiance qui décourage la critique, l’organisation et la révolte. En un mot contrôler tout ». Du coup, Abane a estimé primordial de remettre la révolution sur rail pour assurer sa victoire. Il reproche notamment à Boussouf de n’être pas au combat au milieu de ses hommes et il exige surtout la dégradation de Boumediene devenu commandant à 25 ans sans fait d’arme à son actif.

    Arrivé à Tunis, Abane n’a rien caché de ce qu’il avait vu au Maroc. Cette intransigeance a poussé le comité de la Wilaya 5 à demander des explications à leurs camarades sur le comportement de Abane. Celui-ci a-t-il eu tort de critiquer ses pairs? Dans une organisation démocratique il est tout à fait normal qu’un dialogue soit instauré. Dans une révolution cependant, le consensus est recommandé pour ne pas engendrer des dissensions au sein de celle-ci. Mais ce que Abane a reproché au comité de la W5 était son manquement au devoir révolutionnaire. En l’occurrence, si un tort pouvait lui être reproché c’était celui de vouloir organiser la révolution à la hauteur du combat enclenché. En effet, sans Abane et Ben Mhidi la révolution n’aurait jamais eu une organisation définissant toutes les étapes jusqu’à la victoire finale.

    Avant le congrès de la Soummam, il y avait, d’après les historiens, six régions avec des stratégies différentes et il fallait le génie de Abane pour que la révolution reprenne son unité. Il a estimé que seul le rassemblement pourrait aider les Algériens à vaincre l’une des armées les mieux organisées au monde. Toutefois, en apprenant le mécontentement du groupe de Boussouf, il a tout de suite essayé de mettre les choses au clair en affirmant que : « l’action politique et militaire est un tout. Les combattants de l’intérieur doivent diriger la révolution mais céder le pas à la politique ».Un argument qui ne pouvait plaire aux militaires.

    Le 26 août 1957, au Caire, les militaires ont décidé de constituer un bloc au tour de Krim Belkacem pour contrer l’action de Abane. Il faut reconnaître que sans une coalition, aucun militaire ne pouvait développer une analyse sur la conduite de la guerre comme pouvait le faire Abane. D’ailleurs, Krim voulait opposer son prestige de maquisard à la puissance intellectuelle d’Abane pour peser sur les débats, estime Yves Courrière. Pour isoler Abane, Krim a repris le reproche de Ben Bella à l’encontre des centralistes du CCE. Il a affirmé que ces derniers n’arrêtaient pas de manigancer pour éliminer les hommes de l’ALN. Cette analyse n’a évidemment aucun fondement. En revanche, elle a un but sous-jacent l’accaparement du CCE par les militaires.

    Krim, en tout cas, voulait 2 ou 3 politiques face à 5 militaires pour diriger la révolution. C’est ainsi que le CNRA (sorte de parlement) du Caire a donné la majorité aux colonels au nombre de 5 sur 9. L’isolement de Abane s’est confirmé avec la constitution d’un comité permanent chargé des affaires courantes où il se trouvait seul face à quatre colonels. Ce manège, Abane l’avait compris bien avant le remaniement des instances de direction. Son inquiétude s’est confirmée quand il a été décidé de lui confier la rédaction du Moujahid. Les témoins de l’époque sont d’accord sur le fait que ce qui avait mis Abane hors de lui était le renoncement aux principes de la primauté du politique sur le militaire et de l’intérieur sur l’extérieur.

    Sachant que les militaires voulaient l’éliminer, Abane a tenté dans un premier temps tous les remèdes afin d’amener les colonels à la raison. Mais ces derniers, par la voix de Krim, ont décidé d’envenimer davantage la crise. D’ailleurs, Krim, pour marquer la rupture, a apostrophé Abane en ces termes : « Nous ne tolérons pas qu’une décision prise démocratiquement par le CNRA soit critiquée par l’un de nous ». A ce moment-là, la décision d’éliminer ce dernier n’avait pas encore été prise, mais Abane a décidé, dans l’intérêt de la révolution, de pousser les militaires dans leur dernier retranchement. A la dernière réunion d’Abane au sein du CCE il n’a pas hésité à sermonner les militaires en leur disant « Vous ne pensez plus combat mais pouvoir. Vous êtes devenus ces révolutionnaires de palace que nous critiquions tant quand on était à l’intérieur. Quand on faisait vraiment la révolution. Moi j’en ai assez. Je vais regagner le maquis et à ces hommes que vous prétendez représenter, sur lesquels vous vous appuyez sans cesse pour faire régner votre dictature au nom des combattants, je raconterai ce qui se passe à Tunis et ailleurs ».

    Pour les militaires, Abane avait franchi le Rubicon, mais la liquidation physique était-elle la meilleure solution pour avancer ? Toutefois, les chefs d’accusation retenus contre Abane n’ont aucun rapport avec le motif de la liquidation. Il a été accusé de faire d’El Moujahid sa propriété privée et d’utiliser l’UGTA à son profit personnel. Selon Gilbert Meynier, il a eu un conflit avec Ben Tobbal qui voulait lire avant publication les articles du journal. Quant à Krim, il a affirmé que Abane avait contacté un officier de la Wilaya 1 pour renverser le CCE. L’officier en question est le commandant Hadj Ali. Une fois encore les historiens sont d’accord que cet argument est non fondé dans la mesure où celui-ci n’était pas un homme de terrain : il avait été chargé du ravitaillement de la W1 aux frontières en 1956. Il ne disposait donc pas de troupes susceptibles de renverser le CCE. Mais si ces reproches étaient vrais, pourquoi les colonels ont-ils créé un tribunal de ‘salut public’ pour le condamner sans qu’il ait la possibilité de se défendre. Une chose est sûre, estime Khalfa Mammeri, c’est que « le condamné, puisqu’il faut l’appeler ainsi, n’a pas été ni présent, ni entendu, ni défendu, et plus grave ni averti de la sentence qui s’est abattue sur lui ». Pour Ferhat Abbas « les colonels se sont comportés comme les héritiers des Beni Hilal pour qui la légitimité se fonde sur la raison du plus fort. En somme, la raison de sa mise à mort était que les militaires connaissaient trop bien le sens de l’organisation, le charisme et la capacité de Abane à pouvoir rallier autour de lui toutes les forces vives pour le laisser agir.

    A l’examen de tous les éléments cités plus haut, la décision de séquestrer Abane était indirectement une condamnation à mort dés lors qu’il avait été décidé de le remettre entre les mains de Boussouf. D’après Khalfa Mammeri, Krim a été partisan de la liquidation, ainsi qu’Ouamrane, et évidemment Boussouf. Cette condamnation ajoute-t-il, d’après plusieurs versions concordantes, le commandant Amirouche se serait déjà proposé de l’exécuter séance tenante lors du congrès de la Soummam, et Mohamedi Said se serait, au CNRA du Caire, proposé si personne ne le faisait. Une chose est par ailleurs certaine: Boussouf a pu tuer Abane parce que Krim avait lâché celui-ci. Pour lancer un dernier avertissement, les colonels ont, par la même occasion, exécuté Hadj Ali la veille de l’assassinat de Abane. « L’Algérie est-il un pays qui n’a pas de chance? » Cette interrogation était de Ferhat Abbas. Il a ajouté plus loin «En effet, ses enfants se jalousent, manquent d’esprit de discipline et de solidarité. Ils se plaisent dans l’intrigue. Ils oublient l’essentiel pour le futile. Quelle liberté, quelle légalité pouvons attendre de telles mœurs » Il est évident qu’Abane n’avait pas de chance face au groupe de colonels. Il ne pouvait pas mener un combat contre le régime colonial tout en étant dans la ligne de mire de ses collègues. Il va sans dire que Boussouf et consorts ont rendu un précieux service à l’armée française. Etant certain que son action est dirigée dans le sens de la libération de la patrie, Abane a été entraîné dans un piège par le seul fait qu’il ne se doutait pas que ses pairs, qui partagent de surcroît le même idéal, puissent le liquider. En revanche, la veille de son départ pour le Maroc, Abane a confié à son ami et confident Gaid Mouloud «Je vais prendre un pistolet chez Boukadoum( représentant du FLN) à Madrid et si le 27, le28 ou le 29 [décembre 1957] tu ne reçois pas par un télégramme où je te dirai: »je vais bien », tu devras alors aviser le Docteur Lamine Debaghine ».

    Sans entrer dans les détails de l’exécution qui sont très douloureux, on peut dire que les assassins ont agi de façon médiévale. Plus douloureuse est la seconde mort de Abane en voulant la cacher dans le premier temps avant de l’édulcorer par la suite. En effet c’est Krim qui a fini par avouer à Ferhat Abbas, le 19/02/1958: «Abane est mort, je prends la responsabilité de sa mort. En mon âme et conscience, il était un danger pour notre mouvement. Je n’en regrette rien ». Quant au journal El Moudjahid, celui-ci a rendu un grand hommage en titrant dans le numéro du 24 au 29 mai 1958 « Abane Ramdane est mort au champs d’honneur ». Le journal ajoute encore que celui-ci est mort sur le sol national des suites de graves blessures reçus au cours d’un accrochage entre une compagnie de l’Armée de Libération Nationale chargée de sa protection et un groupe motorisé de l’Armée française. C’est de cette manière en tout cas que le journal est devenu définitivement un support des militaires. Ainsi Ben Tobbal est arrivé à ses fins.

    Malgré tous les mensonges et les manigances qui ont suivi cet assassinat, le sang de Abane a été un frein à la carrière des colonels. La preuve c’est qu’à l’été 1962, ils ont été mis à la touche et d’autres ont connu les mêmes souffrances que celles infligées à Abane.

    Ait Benali Boubekeur

    Lien : http://www.algeria-watch.org/fr/article/hist/1954-1962/liquidation_ramdane.htm

    Macizel




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  • macizel
    27 mai 2011 at 14 h 37 min - Reply

    BENTOBAL / «Abane Ramdane était un dictateur…»

    Abane Ramdane était un nationaliste, un homme courageux et un héros mais il a mérité d’être assassiné parce qu’il était un dictateur. Il ne prenait pas en considération les autres avis dans les affaires sensibles. Il méprisait les autres combattants par des remarques blessantes.

    Il qualifiait devant les moudjahidine Krim Belkacem de «aghyoul». Son objectif était de marginaliser les responsables historiques de la Révolution et prendre leur place avec ses hommes de confiance (Ben Khedda, Saâd Dahleb, Abdelmalek Temmam).» C’est Bentobal qui a fait ces déclarations au quotidien arabophone El Khabar. Il a tenu à apporter son éclairage sur l’affaire Abane. Concernant Ben Bella, il affirme qu’il n’avait pas l’étoffe des grandes personnalités. Son seul mérite, c’est d’avoir communiqué aux services secrets égyptiens la date exacte du déclenchement de la Révolution algérienne. Bentobal a déclaré : «Abane était directeur d’un journal, El Moudjahid, et il publiait dans ses colonnes des positions sensibles et critiques sur la Révolution. Des positions qui ne pouvaient pas être prises par un seul homme. On a attiré son attention sur les préjudices d’une telle attitude, mais sa mentalité rigide ne lui a pas permis de réviser sa démarche. Je lui ai envoyé une lettre et lui ai dit en ces termes : “Abdelhafid Bousouf et Krim Belkacem m’ont demandé de prendre attache avec toi et ils t’ordonnent de changer de conduite. La gestion de la révolution n’est pas chose aisée. Si tu refuses, tu seras traduit devant le conseil de discipline“.» Bentobal poursuit son témoignage : «Abane n’a pas pris au sérieux cet avertissement, ni les mises en garde ultérieures. C’est ainsi qu’il a été décidé de le traduire en justice au Maroc après trois avertissements. On l’a persuadé d’aller au Maroc sous prétexte de rencontrer le roi Mohammed V pour discuter des problèmes fictifs entre nous et les autorités marocaines. Il s’est déplacé avec Krim Belkacem et Mahmoud Cherif de Tunis vers l’Italie puis l’Espagne et le Maroc avant d’être exécuté dans la ville de Tétouan. Ces faits se sont produits au mois de décembre 1957. Ces informations m’ont été confirmées par Belkacem Krim, Mahmoud Chérif et Mansour Boudaoud de retour de Tunis.» Bentobal a précisé qu’il «n’a pas approuvé ce crime», «je leur ai dit qu’on ne s’est jamais mis d’ accord sur cela. Il était convenu de l’emprisonner dès son arrivée au Maroc, de le traduire en justice et exécuter la sentence dans le cas où il était condamné. Je leur ai dit que c’était une catastrophe et qu’il ne nous restait dans ce cas qu’à annoncer sa mort, et c’est ce qui fut fait…», a-t-il dit sans préciser les circonstances de cette mort.

    Par Kamel Benelkadi

    Macizel




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  • macizel
    27 mai 2011 at 14 h 42 min - Reply

    Un dirigeant du Malg: Boussouf, Krim et Cherif Belkacem ont condamné Abane Ramdane
    Par VIVA LALGERIE le mer, 13/10/2010 – 09:22

    Nouvelles révélations sur la liquidation de Abane Ramdane, l’architecte de la révolution de novembre. Cette fois, elles émanent d’Abdelkrim Hassani, haut reponsable du Malg durant la guerre d’indépendance. Il raconte dans une interview au quotidien Ech-chourouq une rencontre à Oran avec Abdelaziz Bouteflika pour lui remettre des documents secrets détenus par son organisation. Parmi ces documents reçus de Mohamed Seddik Benyahia, ceux concernant la mort de Abane Ramdane dont les principes ont éveillé l’hostilité des militaires et des dirigeants installés à l’extérieur, selon M. Hassani, beau frère de Larbi Ben M’hidi. Les documets évoquent une réunion entre Abdelhafid Boussouf, Belkacem Krim et Chérif Belkacem. Attendus, Abdallah Bentobbal et Ferhat Abbas ne se sont pas rendus à la réunion. Les trois dirigeants se sont constitués en tribunal et devaient répondre aux questions: Abane est-il un danger pour la Révolution? Si oui, comment mettre un terme à ses agissements: la suspension, la prison ou l’exécution? Le tribunal a conclu qu’il constituait effectivement un danger et Boussouf a été charrgé d’exécuter sa sentence. Alors qu’il se trouvait à Tunis, Abane a été invité à se rendre au Maroc. Malgré l’avertissement d’un nommé Idir qui a subodoré le piège, Abane a décidé de se rendre au rendez-vous. Il a été accueilli à Tétouan par ses trois « juges ». Invité par Boussou à monter dans un véhicule particulier, il disparaîtra à jamais, raconte M. Hassani.
    Par ailleurs, ce dirigeant du Malg revient sur l’affaire du colonel Amirouche. Il confirme que la dépouille du commandant de la wilaya III a bien été séquestrée par la gendarmerie sur ordre de Houari Boumediene. Se considérant comme le seul héros, Boumediene avait peur d’être d’être concurrencé par un prestigieux dirigeant même mort …

    http://www.echoroukonline.com/ara/interviews/61165.html

    Macizel




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  • macizel
    27 mai 2011 at 14 h 48 min - Reply

    Une autre version donné par le site tenu par un pied noir Monsieur VIALA. http://www.guerredalgerie.fr

    27 Décembre 1957:

    Règlement de compte entre membres du FLN au Maroc.

    Boussouf, chef incontesté de ce territoire fait assassiner Abane Ramdane.

    Krim Belkacem raconte dans ses mémoires que Boussouf avait coutume d’exécuter les gens que le FLN de Tunis lui envoyait; et que quand lui, Krim, accompagna Ramdane non pas pour l’exécuter comme cela se faisait habituellement, mais pour le mettre en prison aux bons soins de Boussouf, (croyez le si vous voulez) ce dernier, n’ayant rien compris, fit exécuter Ramdane sorti de table pour un besoin naturel. Un superbe couscous était servi le soir de leur arrivée. Boussouf présenta fidèlement la tête de Ramdane à Krim Belkacem encore à table. Il raconte dans ses mémoires qu’il en eut la digestion perturbée. Belkacem écrit « une tragique méprise, Boussouf a cru bien faire ». En effet, normalement, tout responsable confié à Boussouf devait trépasser, une méprise? Dure est la vie des chefs terroristes.

    Abane Ramdane, kabyle, était la tête politique du F.L.N. , il y a fédéré les oulémas, les centralistes, l’UDMA. Il est l’âme de la réunion de la Soumam et l’inspirateur de la plate-forme. Il est opposé, en bon kabyle, à tout islamisme, assimilé à l’arabisme. Après l’échec de la bataille d’Alger, à laquelle il participe, il rejoint l’extérieur où il est accusé de berbérisme parce qu’il défend la primauté de l’intérieur sur l’extérieur et qu’il souhaite un règlement politique, et s’oppose aux extrémistes qui bénissent et organisent les attentats les plus sauvages. Il en sera une victime de plus.

    La révolution Algérienne vous dites, pour moi c’est plutot une révoltion entre Algériens ou Mazal.

    Macizel




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  • zaftoualaft
    27 mai 2011 at 18 h 33 min - Reply

    Ô toi qui t’accroche, sans légitimité, sur les histoires du passé, racontes nous ton sort aujourd’hui.
    Le passé importe peu, ce qui compte c’est l’avenir. On efface tout et on recommence.




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  • halim
    27 mai 2011 at 22 h 54 min - Reply

    o¨toi qui raconte si bien l’histoire, raconte-nous tout. Car lorsque le dossier des archives sera ouvert, vous ne serez désormais plus admis dans l’Histoire de l’Algérie. La lecture de l’entretien de Harbi laisse un goût d’inachevé.




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  • elforkan
    28 mai 2011 at 11 h 44 min - Reply

    «  »Nouvelles révélations sur la liquidation de Abane Ramdane, l’architecte de la révolution de novembre » »???????
    La résistance a commencé au lendemain de l’invasion française en 1835 et non pas en 1954 !!!
    Malheureusement combien ont tout donné et ne sont connus de personne, parce qu’ils ne cherchent pas la notoriété et combien ont peu ou rien donné et sont connus de tous……ils ont pris le soin de prendre des photos souvenirs , du maquis ou tout autre lieu, ça pourrait leur être utile……….lorsqu’ils mourront en martyrs !!!!!!!!!!!




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  • aquerado
    28 mai 2011 at 18 h 01 min - Reply

    Salam,
    Mr Harbi avec tout le respect que je dois a un aine et a un temoin de l’Histoire, meme si ces archives sont explosives, que peut on nous exploser de plus? Notre etat est lamentable, on a touche le fond, que peut il se passer de plus? un tsunami? nous connaissons trop bien la nature humaine et sa traitrise ainsi que ses grandes faiblesses. Tres peu de gens ont une grande ame ou comprennent le veritable sens de ce monde.Il est donc primordial de faire un travail enorme dans ce sens afin d’elever leur niveau et d’embarquer un maximum de gens dans cette entreprise. Le travail de l’historien est de depassionner celle ci et d’etre le plus objectif possible, on n’est plus des enfants. Il est imperatif pour nous de voir notre histoire autrement, non plus comme des gamins, mais comme des gens sages. Les archives que possedent la France ne sont ni la bible, ni l’ evangile mais un substrat d’ informations vu du cote de l’ empire colonial qui pourraient faire concorder ou infirmer des faits ou temoignages d’ algeriens et nous apporter peut etre un enorme support sur ce qu’etait notre societe avant l’arrivee des Francais, car dans ce domaine c’est l’amnesie totale. Le plus gros travail est a faire de par nous meme, il faut courir chercher l’information, il faut se battre et meme la volee a l’instar de promethee qui vola le feu aux dieux pour venir en aide aux etre humains , l’histoire est une dynamique.Rien ne changera si on ne transforme pas le mal qui est en nous en une force pour le bien. Recemment les Americains toujours en avance dans beaucoup de domaines ont commences a depoussierer leur passe en ouvrant leurs archives sur la guerre 39/45 au grand public et meme l’histoire la plus recente par l’intermediaire de wikileak, cela a « brasser » un peu comme diraient les quebecois, sur internet et les chanceleries a travers le monde, mais ils se sont fait du bien. Serait ce du fait de l’etat lamentable de leur economie? D’autre part a travers ce que vous revelez il semble qu’il manque encore des clefs de comprehesion. Quand vous dites que Abane insultait Krim d’ Aghyoul(ane) j’ai du mal a imaginer ce manque de respect entre ces deux grands hommes, quoique tout est possible connaissant parfaitement la mentalite du kabyle. On peut comprendre le caractere irascible de Abane qui etait plus un intellectuel qu’un executant et avait une vision de grandeur pour cette Algerie, mais le fait de vouloir le liquider ne reside pas dans une entreprise beaucoup plus diabolique comme le fait d’avoir voulu execute Cheikh Bouzouzou a Oujda, ou d’avoir mis mr Ait Ahmed a l’ecart ou d’avoir liquide Krim Belkacem Allah y rahmo?




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  • ventre – creux
    28 mai 2011 at 22 h 58 min - Reply

    abbane ramdane il a ete assassine sur l´ordre des kabyles, krim belkacem ne voulait pas qu´abbane puisse lui faire de l´embre. quant a mohammedi said il a dit je suis pour la mort. et si vous ne le faites pas,je le ferai moi-meme. merci mr.mohamed harbi barak allah oufik.




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  • ventre – creux
    28 mai 2011 at 23 h 09 min - Reply

    @ elforkan. oui vous-avez raison, maya3lem bihoum ghi-allah soubhanou.




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  • SID ALI
    28 mai 2011 at 23 h 44 min - Reply

    Cher @ventre – creux, on dirait que tu étais présent lors de l’assassinat de Abane. Donne nous de l’info,ya kho. Tu as l’air d’être un élément important de l’histoire de la guerre de libération nationale. En tant que témoin, tu comptes, ya kho !




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  • ventre – creux
    29 mai 2011 at 1 h 42 min - Reply

    c´est le vent de l´histoire, ce n´est pas papamadit?.




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  • nomade
    29 mai 2011 at 3 h 23 min - Reply

    tout l’interrogatoire et la majorité des commentaires reposent sur
    ait ahmed ,krim et abane , tout comme si l’histoire de la révolution se résume à ces trois .
    On n’évoque jamais , ni le pourquoi de l’assassinat de chihani bachir, abbas leghrour, benboulaid et d’autres illustres inconnus.




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  • ventre – creux
    29 mai 2011 at 20 h 05 min - Reply

    @ nomade, oui vous-avez raison, on ne parle jamais des grands valeureux moudjahidine, comme mohamed larbi benmhidi, mostefa benboulaid,didouche mourad,chihani bachir,souidani boudjemaa,ahmed zabana,ramdane abdelmalek,benaouda benmostefa amar, ect…, et n´oublie pas m´rad lakhdar a l´age de 13 ans,il fait la connaissance du grand valeureux mouidjahid mostefa benboulaid a batna, ou il effectuer ses etudes coraniques sous la direction de chiekh messaoudi. il s´inscrit a l´institut ibn badis de constantine en 1954,mais interrompt ses etudes car il est appeler par laghrour abbes en vu de la preparation de l´insurrection a l´age de 14 ans,et sans doute le plus jeune de la revolution algerienne. et puis moi je ne suis pas de la region des aures, je suis wahrani, et je connais tres bien nos glorieux valeureux moudjahidine. et je suis fier de nos glorieux moudjahidine. allah yarham chouhadas. nous sommes libres grace a ces hommes. j´admire les heros qui nous ont liberes.




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  • SID ALI
    29 mai 2011 at 23 h 13 min - Reply

    Non Cher Monsieur @nomade, ce n’est pas la majorité des « commentateurs » qui NE PARLE QUE de « Ait Ahmed, de Krim et de Abane » , c’est Harbi qui relance le débat tout simplement. Si « Ait Ahmed, de Krim et de Abane » n’apporte aucun intérêt à l’histoire de notre, tu n’as qu’à demander à Ben Bella, Harbi, Ali Kafi, ainsi qu’aux « s’hab du MALG » et autres et autres … de ne plus en parler de ces « gus là » et l’affaire de l’histoire de la révolution algérienne sera close. Le problème ce ne sont pas les « commentateurs », le problème est ailleurs, mon frère, et je pense que tu le sais très bien et mieux que nous tous de quoi çà retourne.
    A +




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  • ventre – creux
    30 mai 2011 at 12 h 31 min - Reply

    on parle toujours de l´assassinat de (flene et feltene) mais on ne parle jamais,du massacre de trois mille jeunes gens (18-25 ans) dont presque tous avaient au moins leur certificat d´etude. dans la wilaya III (kabylie) et le massacre de 400 victimes hommes,femmes et enfants (les innocents de melouza).




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  • Macizel
    31 mai 2011 at 16 h 34 min - Reply

    @ ventre – creux et Nomade: Ayez le courage de dire DIEU merci que des gens sont morts pour que vous puissiez écrire ces quelques lignes sur le blog du quotidien. Si on ne parle pas des leaders des Aurès, tout simplement soit on les connaît moins, et je pense il y en encore des Chaouis qui peuvent écrire sur eux, il en reste encore des hommes et des femmes non. Maintenant si vous nuancez, qu’on parle beaucoup de leaders kabyles, précisez le, il n ya pas de honte dans la religion messieurs. Ne pas tomber dans la paranoïa du kabyle, on est tous des Algériens sans plus. Et les français quand ils parlent tout le temps de De Gaulle, et pourtant les français n’ont jamais trouvé de mal à ça. Pour ce qui est des messalistes, je vous le dit honnêtement, ne pas avoir honte de parler des Harkis ou des messalistes, moi personnellement j’en ai rencontré des harkis en France, j’ai discuté avec eux, ce n’est pas la fin du monde, et puis vous croyez que les Français ne sont pas des collabos pendant les deux guerres mondiales, messieurs il faudrait dépasser les préjugés et écrire histoire telle quelle et pourquoi on parle beaucoup de Abane, Krim, … tout simplement ils étaient les architectes de la révolution, mais personne je dit bien personne n’a écris que Ben mhidi, ben boulaid, Adjel Adjoul, et toutes la clique de la W1, qu’ils étaient des traitres ou autre chose. Il faut que tout le monde s y mette et puis je ne vois pas de mal à ça.

    Amicalement

    Macizel




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  • ventre – creux
    31 mai 2011 at 20 h 23 min - Reply

    @ macizel. 1 moi je suis algerien wahrani, j´admire ceux qui nous ont libere,2 pour moi nos valeureux moudjahidine benboulaid,benmhidi,zabana ect…, kifkif, 3 le cas de abbane ramdane, c´etait un federateur qui ne tolerait pas que des clivages,regionaux, racistes, ou autres,entravent la marche vers l´independance. abbane ramdane etait un nationaliste il ne se presentait jamais en kabyle???.




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  • GODEL
    1 juin 2011 at 14 h 02 min - Reply

    Bonjours les commentateurs,permettez moi cette remarque:
    l’Histoire est utile pour éviter les erreurs du passé ,elle est le miroir de nous même.Il est inutile de se bagarrer pour des hommes qui sont mort(Allah yarhamhoum) ou en fin de leurs vie (Allah yahdihoum).




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  • guerriere de la lumière
    1 juin 2011 at 14 h 39 min - Reply

    @ventre-creux!

    Pourquoi alors vous, vous dites que vous êtes un algérien wahrani? algérien aurait largement suffit!

    On ne peut pas prétendre à l’union sacrée, quand le régionalisme prime!

    Je trouve qu’il y a des contradictions dans vos propos!

    Une algérienne simplement!




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  • chaabani
    1 juin 2011 at 22 h 48 min - Reply

    salam a tous,
    MESSAGE A HARBI,
    on aime bien savoir pourquoi ,vous avez accepte de travailler avec le marakchi(ben bella)alors que tout les cadres de la revolution savent pertinnement que cette homme a ete l’homme de la france ????c’est le bouchkara de la france lors de l’arrestation de boudiaf ,lachref,khider,ait ahmed,pourquoi chaabani a ete execute??…c’est ces verites que le peuple algerien veut savoir monsieur
    a 78 ans on doit nous prepare pour la rencontre du toutpuissant monsieur
    salam




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  • chaabani
    1 juin 2011 at 23 h 07 min - Reply

    MESSAGE
    A HOCINE AIT AHMED(MADJID)
    on aime bien savoir qui a designe le merakchi ben bella president???
    mes salutations




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  • Algérois
    2 juin 2011 at 2 h 31 min - Reply

    A Macizel:tu dis échec de la bataille d’Alger.Faux.La bataille d’Alger fit connaître la révolution algérienne dans le monde, elle internationnalisa la révolution et l’Onu l’inscrivit comme question à l’ordre du jour.De là, tout s’enchaîna:De gaulle a compris que c’est la fin de l’Algérie française.Et il commença à préparer la décolonisation.Le coup de grâce a été les anifestations de décembre 1961 à Alger.La bataille d’Alger est à l’origine de l’indépendance de l’Algérie.




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  • salah
    5 juillet 2013 at 21 h 56 min - Reply

    Trop d’amour tue l’amour! Pourquoi cette fixation excessive sur l’assassinat de Abane et pas sur les autres dirigeants de la révolution tels: Abbès Laghrour; Laamouri; Aouchria; Chriet lazhar; Nouaoura et d’autres dirigeants dans d’autres wilaya?




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  • Congrès du Changement Démocratique