Édition du
24 March 2017

Cris et chuchotements.

SEDDIKI Kamel

Combat inachevé…

La révolution du Jasmin en Tunisie s’est essoufflée après quelques égarements !
Les tunisiens viennent de renouer avec la répression policière…
Peut-on éviter cela à jamais ? Quelles sont les limites réelles d’une révolution populaire ?

Où doit-elle s’arrêter pour ne pas empiéter sur les prérogatives de ceux qui sont appelés à gérer le pays ? Les nouveaux gouvernants doivent-ils être les otages du peuple et subir son desiderata et ses caprices fussent-ils légitimes ? La révolution tunisienne ne semble pas avoir tenu ses promesses à l’instar de notre glorieuse révolution de 54 qui s’est petit à petit éloigné, de ses nobles idéaux pour se figer dans un stéréotype révolutionnaire révolu au service d’une caste indigne. Comment un régime infâme peut-il se perpétuer sous nos yeux ? Notre silence complice, notre duplicité et cette peur morbide d’encourir des représailles a rassuré une fois de plus nos tortionnaires ! C’est de nos faiblesses qu’ils se nourrissent…la répression a fait le reste ! Notre peur individuelle a évolué jusqu’au désespoir et a causé…notre perte ! Une peur commune peut être salvatrice et conduire assurément à un élan libérateur.

La politique de la Force…

Tous les potentats sont des couards et des poltrons. La machine répressive est leur seule consolation. Ils sont prêts à tout, juste pour sauvegarder leurs minables intérêts. Un petit coup d’œil autour de nous suffit à nous renseigner sur leurs méfaits et leurs férocités !
Les évènements de mai 1968 en France ont été le catalyseur qui a poussé le général Charles De Gaulle élu constitutionnellement en tant que président de la république française, à déposer sa démission !
Au Yémen, AbdAllah Talah s’accroche désespérément au pouvoir au risque de déclencher une guerre civile dont il ne mesure aucunement les effets collatéraux. En Syrie, Bachar El Fassad a lâché sa meute sur des civils désarmés avec l’appui manifeste des mollahs iraniens…
La Libye s’enlise dans une guerre fratricide. L’éventualité d’un compromis pacifique est une perspective anxiogène pour certains pays limitrophes ! Des morts, encore des morts. A quel prix, peut-on stabiliser la bêtise humaine et la convoitise qui va avec ?

La Force de la Politique…


Certains affirment que les régimes en place dans les pays arabes et les Islamistes vivent en parfaite synergie…
Ces régimes font miroiter les dangers de l’Islamisme pour justifier toutes les restrictions démocratiques et les Islamistes s’appuient eux, sur ces mêmes restrictions, pour narguer le régime en place ! Tous les partis politiques islamistes qui présentent un programme politique selon la loi islamique, deviennent très vite populaires ! Et c’est dans les mosquées que ces partis, pour la plupart, ont trouvé leur terrain de prédilection. Ils ont ainsi gagné en crédibilité en se distinguant radicalement des gouvernements répressifs et corrompus…
Pourrait-on à la fois défendre la démocratie et exclure en même temps les islamistes de toute participation politique pacifique ? La réponse est oui, si on regarde de près le peu de considération que la communauté internationale (Usa et Union Européenne) accordent à ces derniers qui ne sont pas en conformité absolue avec les préceptes des graines de la liberté [1] selon la vision américaine !

En juin 96, le Rafeh qui dirigeait le gouvernement, s’est fait virer en mai 1997. Les partis Islamistes en Égypte, en Jordanie, au Soudan et ailleurs n’ont pas eu le succès escompté ! En changeant le fusil d’épaule, le parti AKP, à majorité islamique modérée, arrive le 3 novembre 2002, à conquérir les 2/3 du Parlement turc ! Quand les partis islamistes se voient refuser l’accès aux urnes, leur cause prend de l’ampleur dans la légitimité populaire et débouche parfois sur la politique du pire. Les urnes ou les armes ! Un véritable dilemme.
Le Hamas chez les Palestiniens, la coalition chiite en Irak, le FIS en Algérie…
L’Union européenne offre son aide à plusieurs pays arabes en contre-partie de réformes visant à faire progresser la démocratie du sur mesure ! Le crédit apporté ainsi à l’islam démocratique par la faction parlementaire au Maroc, le Parti pour la justice et le développement (AKP) en Turquie, les frères musulmans en Égypte, témoigne d’une maturité politique, en ligne droite des accords de Barcelone de 1995 !

Aujourd’hui, cette vision d’une autre époque, fait feu de tout bois ! Le peuple palestinien est ainsi sacrifié sur l’autel de la vanité et de l’orgueil ! Il peut mourir de faim. Personne ne bougera le petit doigt pour lui ! Cela lui servira de leçon ! Cela, lui appendra à voter pour des islamistes. Tous les dirigeants des pays arabes continuent de s’aplatir devant le dictat américain et font le mort !
Le porte parole de la maison blanche se demandait comment, Qatar un minuscule petit pays arabe, peut-il accorder 50 millions de dollars aux palestiniens ! Et, se demande d’où peut bien provenir tout cet argent !
Amnésie quand tu nous tiens !
Le Qatar avait débloqué après le passage du cyclone « Katrina », 100 millions de dollars alors que  le Koweït avoisinait la coquette somme de 500 millions de dollars ! Pourquoi personne ne s’est offusqué de ce geste humain, oh combien symbolique !
On ne prête qu’aux riches…

[1] White House news release, Bratislava, Slovakia, Feb. 24, 2005.
« Les graines de la liberté ne poussent pas seulement là où elles sont semées, emportées par des vents puissants, elles traversent les frontières, les océans et les continents pour prendre racine dans d’autres terres lointaines. » (G.W.Bush)

La raison d’un dialogue

Le pouvoir en Algérie est autiste.
Le triptyque assez singulier de notre armée avec ses anciens de l’ALN, ses Dafistes et ses technocrates a fini par créer des clans au sein de la grande muette. Le clientélisme venait de naître du régionalisme et du chauvinisme. Au moindre souffle menaçant,le régime fait appel à ses pairs et  s’auto-flagelle en public comme pour faire son mea culpa. Et flatteurs d’applaudir !
A l’image de ce qui se passe en Syrie, le pouvoir algérien  vient de proposer encore une fois de plus une mascarade de consultations sous couvert d’une réforme politiquement sociale. Un élagage déontologique. Changer la constitution et la triturer à sa guise, dénote chez nos décideurs d’un désir insatiable pour une pérennité dictatoriale nonobstant toute autre considération démocratique !
Le monologue politique conduit fatalement à une impasse…
L’opposition politique doit assumer et s’affranchir de tous ses démons !
Le changement peut et doit être pacifique.

Le dialogue de la raison

Laissez les politiciens honnêtes faire leur travail.
Établir un état de Droit.
Refondation du régime politique en place.
Définir en toute transparence, les règles du jeu politique.
Bannir le bicamérisme.
Décentraliser le pouvoir de décision.
Bannir le régionalisme.
Respecter la pluralité politique.
Favoriser une solide opposition comme contre pouvoir.
Créer un conseil consultatif.
Indépendance du législatif et de l’exécutif.
Garantir les Droits et les libertés des citoyens.
Alternance du pouvoir dans un système de gouvernance loyale.
Valorisations de nos ressources et leur équitable répartition nationale.

Nul n’est indispensable et l’Algérie a besoin de tous ses enfants !
L’Algérie est plurielle mais singulièrement musulmane.
L’Algérie est un très beau pays.
Avec sa jeunesse et ses ressources immenses, l’Algérie a tout pour réussir.
Alors ?

Par SEDDIKI Kamel
Le 28-05-2011


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