Édition du
24 July 2017

La Tunisie et le grand méchant loup islamiste

 

In Nawaat  May 30, 2011

Par : Jamel Dridi.

La recette du loup islamiste a permis pendant des années d’arnaquer le peuple tunisien. Aujourd’hui elle est périmée. Pourtant certains continuent de l’utiliser au risque de faire le jeu de ceux qui, par le passé, ont confisqué la démocratie en Tunisie.

Si le diable pouvait parler, il dirait sans doute qu’il est énormément déçu et jaloux de ne pas être un islamiste ! En effet, lui qui aime qu’on parle de lui comme étant le plus méchant, le plus dangereux, le plus tout ce que vous voulez de négatif, a été détrôné durant ces 30 dernières années par le grand méchant loup islamiste.
Un loup islamiste qu’on nous a servi à toutes les sauces et dans toutes les langues, dans tous les pays aussi. Ici pour défendre la laïcité, ailleurs pour protéger la condition féminine, là pour se préserver du terrorisme….

En Tunisie surtout où le cuisinier en chef Ben Ali savait le préparer mieux que quiconque. En slata méchouia (salade tunisienne typique et piquante), en couscous, en sucré, en salé, il en connaissait tous les secrets. Ce fut un chef cinq étoiles au point tel qu’avec ce plat il a pu justifier de tous ses abus liberticides et de l’asservissement du peuple tunisien.

Ben Ali a sans doute réussi la plus grande escroquerie du siècle grâce à cet épouvantail islamiste (avec la complicité passive de certains amis occidentaux qui comme nous le verrons plus bas viennent de changer de fusil d’épaule en disant qu’il fallait dorénavant dialoguer avec tout le monde, même avec les islamistes)

Mais, maintenant qu’elle est connue, on aurait pu penser que plus personne n’oserait brandir sérieusement cette escroquerie de la menace islamiste.

Eh bien non !!! certains consciemment ou involontairement retombent dans les mêmes travers. Ce qui est le plus surprenant, c’est que ce sont sans doute ceux qui, hier, ont le plus soufferts de ce mensonge/prétexte et des méthodes des fausses accusations, à savoir les intellectuels qu’ils soient issus des partis politiques ou des médias qui nous remettent, aujourd’hui, cette menace islamiste sur la table.

Expliquons-nous. Il y a quelques jours, en lisant la presse tunisienne, surtout électronique, on a pu constater les nombreux sujets sur la censure du porno sur internet en Tunisie. Les articles sont intéressants et ont raison d’aborder le sujet car dans une société libre et forte, il n’y a pas de sujet tabou. Le problème n’est pas là mais réside dans le fait que beaucoup de journalistes semblent céder la place à la bonne vieille méthode du loup islamiste au lieu de s’arrêter aux faits comme le leur impose la déontologie journalistique. Ils critiquaient les méthodes d’autres journalistes sous Ben Ali mais, eux, font du journalisme 100% Ben Ali.

Pour ce qui est des faits, on commence toujours par nous dire que ce sont trois avocats qui ont demandé à la justice cette interdiction. Puis on nous dit qu’on devine qu’ils sont islamistes (notez bien que l’on n’est pas sur qu’ils le soient ; de toute façon, on voit mal trois avocats se présenter comme islamistes même s’ils le sont vraiment).

Et puis ensuite sans que l’on comprenne le lien avec l’affaire du porno on nous dit qu’on doit rester vigilant car on a quitté une dictature et qu’on ne souhaite pas en tomber dans une autre islamique…..(A noter au passage que, partout dans le monde, il y a des milliers d’associations qui luttent contre la pornographie ou la prostitution et la majorité n’ont aucun lien avec aucune religion quelle qu’elle soit)

Je pense que tout tunisien est d’accord avec cette affirmation. Plus personne ne veut de dictature en Tunisie qu’elle soit islamiste ou pas ; mais est-il sérieux et professionnel de jeter sur la place publique, comme cela, sans preuve, de telles affirmations ?! est-ce responsable par les temps qui courent ? n’agit-on pas la comme le faisait il y a si peu de temps l’ancien régime ?. Lequel inventait des menaces islamiques récurrentes pour mieux asseoir son pouvoir et n’hésitait pas aussi à dire que telle journaliste était une prostituée ou que tel homme politique en exil était un agent des services secrets d’un pays étranger.

Si ces avocats étaient des islamistes, iraient-ils réclamer leurs droits devant un tribunal qui, à ce que je sache, ne juge pas selon la charia ? ou le seul fait peut-être d’être musulmans pratiquants les rend soupçonnables ??
Comme on va le voir plus bas, je ne défends aucunement Ennahda ou tout autre groupe islamique. Mais comme tout tunisien qui s’est « fait rouler une fois dans la farine », je ne souhaite pas goûter une deuxième fois au même mensonge. Surtout que ce mensonge a servi à empêcher toute velléité démocratique et a renforcé justement les courants islamiques..

La peur du loup islamiste, a été totalement improductive

Mais d’abord pourquoi y a t’il eu le recours à ce procédé ? Ce fut une façon de rendre infréquentable le mouvement Ennahda et de stigmatiser ses théories en jouant sur la peur. Le problème est que ce fut une stratégie totalement perdante. Non seulement, le mouvement islamiste tunisien est encore plus fort qu’à la fin des années 1980 mais en plus il a acquis une aura populaire qui fait de lui un favori politique très populaire. Pourquoi ?.

La première raison est que le courant politique islamique impitoyablement combattu et rendu infréquentable par l’ancien régime n’a jamais pu appliquer son programme. Ainsi, il a acquis une position idéalisée dans l’imaginaire populaire. La position de l’Islam historique datant de l’ère du Prophète musulman Mohammed vecteur d’honnêteté et de probité. Ainsi, les islamistes, par cette virginité politique forcée, sont indirectement devenus synonymes d’espoir face à un système ou 5% de la population se partageait 90 % des richesses. Au final, en l’empêchant d’être confronté à la dure réalité de l’action politique pratique, au lieu de l’affaiblir, on l’a renforcé !

La seconde est qu’au fil du temps, et pas qu’en Tunisie, les peuples se sont rendus compte que les campagnes de dénigrement et d’éradication dont ont été victimes les courants politiques islamistes et le gonflement de la menace n’a servi qu’à servir les intérêts de dictateurs, de leur proches ainsi que de ceux de pays occidentaux. L’épouvantail islamiste ne fut qu’un bon prétexte pour empêcher la démocratie et n’a pas apporté la prospérité économique de manière égalitaire au peuple, seuls une minorité s’est enrichie. Les peuples l’ont bien vu et ont bien compris que les partis politiques à obédience islamique, à condition de respecter les règles du jeu démocratique, n’étaient pas une menace mais une alternative possible comme en Turquie. Surtout, sans nier le fait – et ceci les islamistes doivent l’accepter aussi – qu’il n’y a pas que des musulmans en Tunisie, on a « oublié » que la Tunisie était quand même un pays avec une majorité de musulmans depuis des siècles. Le pouvoir allant même jusqu’à presque interdire, pour un musulman lambda, de pratiquer sa religion en niant le principe de la liberté de culte (arrachage des voiles des femmes en pleine rue, arrestation et torture de ceux qui allaient trop souvent à la mosquée….). Ainsi, en 1986, pour ceux qui connaissent bien la Tunisie, il n’y avait pas plus d’islamiste que ça même s’ils existaient. Qu’en est-il aujourd’hui, 26 ans plus tard malgré la chasse qui a été faite aux islamistes ? sont-ils moins nombreux ? sont-ils moins forts qu’hier ? ou au contraire s’imposent-ils comme une force avec laquelle il va falloir compter ? Qui est responsable de cela si ce n’est cette rhétorique du loup islamiste !

Cela devrait être bien médité. Recommencer la même erreur que dans le passé en tentant d’empêcher le courant islamiste de participer au jeu démocratique ne fera que le renforcer encore plus ; tant intrinsèquement qu’aux yeux du peuple !

Dans certains milieux tunisiens, on commet donc une erreur stratégique et de sens en continuant à brandir cette fausse rhétorique. Surtout, on continue d’appliquer les méthodes de l’ancien système. Une erreur improductive et tellement à contre courant d’ailleurs que, comme pour se racheter, les anciens défenseurs en chef de cette rhétorique font volte face et draguent ouvertement Ennahda comme le fait actuellement officiellement l’administration américaine.

En définitive, si l’on veut rester crédible, il est nécessaire d’arrêter d’agiter cet épouvantail islamiste. Cela ne fait que du vent. Au lieu de cela, il convient plutôt de mettre sous les projecteurs le programme politique de tout groupe à idéologie musulmane (d’ailleurs cet examen critique vaut pour tout groupe qui se dit apte à diriger la Tunisie qu’il soit islamiste ou non). S’il y a masques, c’est la meilleure façon de les faire tomber.

Pas de procès d’intention mais un examen critique du programme

S’abstenir d’émettre des hypothèses infondées n’exclut pas un dialogue critique concernant le programme politique. En savoir plus dans le détail sur le programme et poser des questions précises permet davantage de démasquer les arrières pensées. Cela permet de connaître le positionnement par rapport à des sujets précis et éventuellement s’en servir demain si le programme réalisé est en contradiction avec ce qui avait été dit quelques mois ou années plus tôt. Cela permet surtout de savoir (et je crois que c’est surtout ce qui intéresse le peuple tunisien) s’il y a un programme économique et sociétal sérieux permettant de sortir la Tunisie du marasme dans lequel elle se trouve.

A fortiori si le groupe islamiste en question, tant par son organisation que par le nombre de ses sympathisants, semble être un acteur de premier plan et indique clairement qu’il souhaite respecter les règles démocratiques. Surtout qu’en Turquie le gouvernement islamique a clairement réussi son pari. La Turquie a ainsi acquis ses galons internationaux tant au niveau diplomatique qu’économique alors qu’au départ il y a eu beaucoup de bruits et de critiques autour de l’AKP.

Traiter par conséquent le parti islamique tunisien de cette façon en le montrant comme étant un loup pour la liberté et la démocratie n’est ni juste ni légitime. C’est aussi mépriser la démocratie puisque ce parti représente une partie non négligeable de la population au vu du nombre de ses sympathisants et membres.

Aucun amoureux de la liberté n’acceptera de diktat islamiste mais il n’acceptera pas non plus les mêmes techniques mensongères reposant sur la peur qui étaient utilisées hier.

Le recours à la technique du loup islamiste est-il un prétexte pour stopper la Révolution tunisienne ?

Le loup islamiste tunisien n’existe pas. Même si ici ou là on essaie de lui attribuer des actes graves qui se déroulent en Tunisie alors que ces actes relèvent en réalité des crimes de droits commun.

Les loups de l’ancien régime existent eux bel et bien et font tout pour garder leurs privilèges. Ils gangrènent par leur corruption et leurs mauvaises habitudes anciennes le système tunisien. Il faut d’ailleurs souligner que le fait de continuer à brandir la menace du loup islamiste leur permet d’être tranquille parce que les projecteurs ne sont pas braqués sur eux !! (Cela est-il voulu ?)

En tous cas ce sont bien ces loups qui constituent un risque pour la stabilité de la Tunisie. Le mécontentement populaire face au fait qu’ils ne soient toujours pas jugés l’atteste et risque de faire descendre de nouveau les gens dans la rue. Il serait plus judicieux et courageux de s’attaquer à ce type de loups bien réels et beaucoup plus dangereux qu’une hypothétique « menace fantôme », fusse–t-elle islamiste.

Sauf à vouloir, comme dans le passé, avec cette méthode du loup islamiste, recommencer une nouvelle campagne d’éradication des islamistes en leur faisant porter le chapeau pour des actes graves montés de toute pièce et au final installer de force un pouvoir liberticide et dictatorial. Le procédé serait bien grossier et les risques que le courant Ennahda ainsi qu’une partie du peuple tunisien ne se laisse pas faire réels. Ce serait en tous cas la moins bonne des solutions pour ramener la sécurité ainsi que la stabilité politique et économique dont a besoin aujourd’hui la Tunisie.

 


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6 Commentaires sur cet article

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  • Moncef Ayachi
    2 juin 2011 at 10 h 51 min - Reply

    Cet article courageux et objectif me donne l’occasion, en tant que tunisien ex-éxilé en Algérie par le régime Benali, de donner mon point de vue. Vivant depuis 25 ans en Algérie, je peux me permettre de faire une étude comparative entre les situations vécues par l’Algérie et ce que nous vivons en Tunisie actuellement.
    Je crois que comme en Algérie, la classe politique classique tunisienne est totalement discréditée. La révolution de la jeunesse l’a démontré. Certains partis qui tenaient la canne par son milieu, qui mangeaient avec le loup et pleuraient avec le berger du temps du despote mal éclairé de Carthage, ont essayé de s’engouffrer en pleine révolution afin de la récupérer et ont investi le 1er gouvernement de transition. La jeunesse vigilante a immédiatement dénoncé cet opportunisme et poussé les politicards-ministres à quitter le gouvernement.
    Trois partis gardent une certaine sympathie du peuple : Ennahda et le parti communiste qui avaient subi une effroyable répression et le parti du Dr Moncef Merzouki, né à l’ère des interdictions et qui a résisté à la répression. Sinon, tout le reste est du pipo.
    Actuellement, ce sont ces partis discrédités et sans ancrage social qui s’agitent et brandissent le spectre du ghoul islamiste pour semer la zizanie, car ils savent que par la voie des urnes, ils n’ont aucune chance de passer. Et tout cela est fortement encouragé par les résidus du RCD dissous. Tout comme cela s’est passé en Algérie avec le pags, le rcd et d’autres micro-partis.
    L’erreur commise par le pouvoir chez nous, c’est d’avoir désigné Kamel Jendoubi comme président de la commission préparatoire des élections. Connaissant très bien mon compatriote Kamel et loin de moi de douter de son patriotisme, mais je crois qu’il est non seulement déconnecté de la situation du fait de plusieurs décennies d’exil, mais aussi c’est devenu l’homme des français, à travers un certain réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme et de la FIDH. Dans ces 2 officines, siège également, un marocain, très connu pour ses intrigues, un certain Driss Yazami. J’étais persuadé que Jendoubi allait, sur « conseils » des officines de Paris, « proposer » le report des élections, car cela n’arrange pas la feuille de route rédigée outre-méditerranée pour détourner notre révolution de son fleuve naturel. Ils ont peur de la sanction populaire qui donnera ses voix à des Marzouki, Bensedrine, Hammami, Ghanouchi et autres politiques jaloux de leur indépendance et de la souveraineté du peuple, sans tuteurs étrangers.
    Quelque soit la situation, je reste persuadé que notre jeunesse reste éveillée et n’acceptera ni les calculs politiciens des partis discrédités, ni les magouilles des agents de la France coloniale. Notre Tunisie appartient à tous les tunisiens. Et c’est ensemble, laïcs, islamistes, communistes et libéraux que nous construirons notre propre démocratie. Merci de m’avoir lu et bon courage pour ce site qui n’est pas seulement algérien, mais maghrébin.




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  • simozrag
    2 juin 2011 at 12 h 48 min - Reply

    C’est cette même carte de « l’islamisme » que le pouvoir algérien, aidé malheureusement par la majorité de « l’élite », utilise pour s’imposer un demi siècle durant à un peuple dont il a massacré les enfants, pillé les richesses, falsifié l’histoire et détruit les valeurs. Il n’y a que la révolte qui permet de s’en débarrasser ! La balle est dans le camp de ce peuple, plusieurs fois victime.




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  • Abdel Madjid AIT SAADI
    2 juin 2011 at 13 h 04 min - Reply

    Un article et une première réponse à la mesure des enjeux auxquels font face aussi bien les peuples maghrébins, que musulmans tout court, pour ne pas dire, les peuples dominés par les dictatures de l’impérialisme, aujourd’hui effectivement en guerre ouverte, contre ceux que d’antan, d’autres idéologues athées, cette fois-ci, s’essayaient de promouvoir et de les hisser comme dictateurs, à leur tour, au nom d’une chimérique « dictature du prolétariat », dont les ravages et l’infantilisme ont conduit aux goulags, et aux expériences économiques ratées de la « gestion socialiste des entreprises », toujours en panne…

    Bref, les expériences ne valent que par les leçons que nous pouvons en retirer, et si malgré les erreurs du capitalisme dont le moteur a été la prédation des ressources du monde moins développé, et tenu à l’écart de la révolution industrielle, nous constatons que tout de même, ce mode de gestion des économies, a permis à certains pays, que l’on ne peut qualifier de « colonialistes » ou d’impérialistes, de se hisser comme modèles de développement, c’est le cas des pays scandinaves.
    D’un autre côté, des pays comme la Chine, avec toutes les tares du système communiste, ont su réadapter le système depuis Deng Xiaoping et son économie de marché socialiste, du « qu’importe la couleur du chat, pourvu qu’il attrape des souris »… et aujourd’hui, ils font figure d’exemple.
    Chez les musulmans, seuls les Turcs et les Iraniens, et à un degré moindre les Malais, nous offrent des exemples de développement respectueux, même si c’est partiellement, des canons islamiques, et il ne faut guère se priver de les prendre en exemple et de faire alliance avec eux fusse au grand dam, à la fois des conservateurs obscurantistes des pays de la péninsule arabique, docteurs ès FITEN, et FAREQ TASSOUD, que des suceurs de pétrole que sont les pays industrialisés qui les instrumentalisent contre leurs propres peuples et leurs propres frères musulmans.
    Maintenant, pour revenir aux impérialistes occidentaux dont la fortune a été pour la plupart, bâtie sur la canonnière, l’intervention tous azimuths en territoires étrangers, historiquement en Afrique, en Asie et en Amérique,sous la bannière de la Croix et de la « civilisation », puis aujourd’hui, sous celle de la « démocratie », comme en Irak ou en Afghanistan, pour en fait piller, quitte à appauvrir les peuples occupés, et enrichir cependant leurs armateurs, qui tiennent les commandes du complexe militaro- industriel qui les met en œuvre, dans leurs pays d’origine.

    En conséquence, il ne s’agit pas pour nous, habitants des pays les « moins avancés » de chercher à savoir qui est aux commandes, mais de voir comment nous en sortir et pour paraphraser Deng XIAOPING, il ne s’agit pas pour nous de voir si le pilote est « islamiste » ou « laiciste », mais bien de savoir s’il a l’amour du pays au cœur, s’il est respectueux des choix du peuple, s’il accepte de se soumettre à la volonté populaire, s’il accepte de SERVIR et non de SE SERVIR… et surtout, s’il a une VISION de l’avenir, respectueuse de notre IDENTITE, amazighe, islamique, arabe, trois piliers fondamentaux de notre personnalité maghrébine.
    Le reste, est affaire de gouvernement et de choix constitutionnel, ainsi que d’éthique, car il ne s’agira pas de cautionner et les abus et de BLANCHIR les fortunes mal acquises bâties à l’ombre de la mitraillette, des abus d’autorité, et de l’élimination de la concurrence, CRIMES INALIENABLES commis CONTRE l’Algérie, les investisseurs et les travailleurs algériens depuis la « libération » à la mode Chadli, qui avait invité les fortunes mal acquises à « venir s’installer en Algérie », et à être ainsi « BLANCHIES », car en effet, elles n’ont pas servi à promouvoir l’Algérie, en procurant des emplois, mais bien au contraire à participer au PILLAGE de nos ressources, de concert avec les producteurs occidentaux, et à maintenir notre état de dépendance, voir à brader nos industries balbutiantes.

    En conclusion, le problème aujourd’hui, n’est pas d’accommoder la sauce ou le Tajin, « islamiste », mais de revoir notre arrimage à une CULTURE, à un PARADIGME économique authentiquement respectueux de notre identité, mais surtout respectueux du bien être de nos peuples et de leur avenir.




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  • balak
    2 juin 2011 at 18 h 11 min - Reply

    En algerie l’epouvantail islamiste a été utilisé par les generaux pour continuer a piller les richesses impunemment ert detruire les valeurs seculaires de la nation algerienne cela avec l’aide de l’ occident qui etait ravi de l’ aubaine.cela a été aussi l’ occasion, pour les militaires, d’eliminer et de priver a jamais l’ algerie de ce qu’ elle possedait comme citoyens integres et competents.Les generaux ont par cupidité et egoisme, ruinés le present et l avenir de plusieurs generations, il est aisé de s’ en rendre compte il n’ y a qu’ a observer et vivre en immersion avec nos concitoyens, pour se rendre compte que tous les secteurs de la société sont gangrenes par la mediocrité ,la corruption,les privileges, les passe droit, l’ abus d’ autorité, l’hypocrisie et le mensonge.Le pire c’ est que nous nous en accomodons tous sans le moindre scrupule.Bien pire, chacun y trouve son compte et chacun en profite a son niveau.En un mot chacun prends sa part du gateau.Voila au final comment les generaux nous ont sauvés des islamistes pour avoir les mains libres et mieux detruire l’ algerie et les algeriens.




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  • Adel
    2 juin 2011 at 22 h 28 min - Reply

    Le problème auquel sont confrontés, à des degrés divers, tous les pays du monde arabe est le même : absence d’un État de droit et de véritables institutions démocratiques.

    Tout parti politique qui fait l’impasse sur cette question et a pour objectif affiché ou non de reconduire les mêmes méthodes autoritaires de gouvernement risque fort de mener le pays dans une nouvelle impasse.

    Par contre, à partir du moment où l’État de droit est posé comme socle commun à tous les partis politiques, alors la compétition entre les différents programmes – qu’ils se rattachent au socialisme, au libéralisme ou à l’«islamisme» – est permise et même souhaitable.

    Les limites et points faibles du capitalisme et du socialisme sont connus. Où est le problème si on essaie les solutions «islamiques», pourvu que le choix soit fait en toute liberté par le peuple et que la sanction des urnes soit toujours acceptée par tous les partis politiques?




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  • Hamana
    3 juin 2011 at 16 h 34 min - Reply

    Encourager la démocratisation des régimes semble être à double tranchant. La république à l’occidentale et l’Islam ne semble pas faire bon ménage aux yeux des occidentaux. Pourtant n’est -ce pas le fondement de leurs valeurs et principes universels ? Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la liberté d’expression ne devraient-ils appartenir qu’aux pro-occidentaux?

    En vérité, la question de la place de l’Islam dans la vie politique d’un pays n’est pas d’ordre local mais bien global. J’en veux pour preuve cette déclaration sans détour et agressive faite en 1997 par Mr Boutros Boutros Ghali alors Secrétaire général des Nations Unis:

    « L’Islam fondamentaliste est contraire à la charte des Nations-Unis ».

    De famille chrétienne (copte) et marié à une juive, ce haut fonctionnaire ne croit pas si bien dire. L’histoire contemporaine nous enseigne que « l’Egalité pour tous » n’est qu’un slogan accrocheur car, en vérité, il y en a qui sont «plus égaux que d’autres» (Orwell). Les élections législatives annulées de 1994 en Turquie et celles de l’Algérie en 1992 ont démontré les limites du droit international et de la «démocratie» onusienne. Le Hamas du ghetto de Gaza et la très emblématique république (res – publica ou la chose publique) islamique d’Iran mis aux bancs des nations par la très «vertueuse» «communauté internationale» sous la houlette du prix Nobel de la paix Obwana et de la machine de guerre de l’OTAN, illustrent aux yeux des Musulmans du monde entier le combat mortel entre la foi en un Dieu unique et un matérialisme darwinien au Dieu détrôné.

    De l’Islam fondamentaliste, les grandes puissances matérialistes sûres d’elles-mêmes et dominatrices veulent le « réformer », le « remodeler » et «l’adapter» à leurs seuls intérêts bien compris. Je vous propose ci dessous un excellent article publié par Samy intitulé : « Le Nouvel Ordre Mondial: vers un nouvel ordre religieux ? » publié sur le site ci-dessous :

    http://theorie-du-tout.blogspot.com/2010/05/vers-un-nouvel-ordre-religieux.html

    Il faudrait donc, selon le très mondialiste Ralph Peters, au nom du « Nouvel Ordre mondial » fabriquer un « nouvel ordre religieux » et réformer l’Islam afin de l’adapter aux principes occidentaux, et modifier les esprits musulmans pour qu’ils épousent pleinement la grande mystique mondialiste. Certains parlent d’un « Vatican II musulman ». D’autres d’un « Vatican II du Khalifat » .

    Une grille de lecture édifiante que l’on qualifierait plutôt de « feuille de route » au regard des évènements qui secouent l’ensemble de l’Asie centrale, du Proche et Moyen-Orient et de l’Afrique.

    Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes (Aldous Léonard Huxley)




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  • Congrès du Changement Démocratique