Édition du
21 July 2017

La répression au Yemen et en Syrie

Yémen: intenses bombardements à Sanaa, tirs contre des manifestants à Taëz

De violents combats ont repris vendredi matin dans un quartier du nord de Sanaa entre les forces

De violents combats ont repris vendredi matin dans un quartier du nord de Sanaa entre les forces gouvernementales et les combattants d’un influent chef tribal après une nouvelle nuit de violences, a rapporté un correspondant de l’AFP. (© AFP Ahmad Gharabli)

SANAA (AFP) – De violents combats ont opposé vendredi à Sanaa les forces gouvernementales et les combattants d’un influent chef tribal, alors que les forces de sécurité se sont déployées en force à Taëz, une ville du sud-ouest, pour empêcher un rassemblement anti-régime.

La Garde républicaine, corps d’élite de l’armée yéménite, bombardait intensément la résidence du cheikh Hamid al-Ahmar, frère du puissant chef tribal des Hached, Sadek al-Ahmar.

Après une brève accalmie à l’aube, des affrontements aux obus et à la mitraillette avait de nouveau éclaté en début de matinée à Al-Hassaba, un quartier du nord de la capitale, autour de la résidence du cheikh Sadek al-Ahmar

Ce quartier et ses environs ont vécu une quatrième nuit au rythme de violents bombardements dont aucun bilan n’était disponible dans l’immédiat.

A Taëz, à 270 km au sud de Sanaa, les forces de sécurité, appuyées par des unités de la Garde républicaine, ont tiré en l’air pour empêcher des dizaines de jeunes de se rendre sur la place de la Liberté pour la prière musulmane du vendredi, selon un photographe de l’AFP.

Les protestataires ont dû prier par petits groupes dans les mosquées des quartiers de la ville, dont les entrées et les sorties étaient étroitement surveillées.

A Sanaa en revanche, des centaines de manifestants réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh ont commencé à affluer vers la Place du Changement, près de l’université, pour une journée de « fidélité à Taëz », dont le sit-in permanent a été dispersé lundi par les forces de l’ordre au prix d’une cinquantaine de morts.

Selon une source du ministère de l’Intérieur, une manifestation prévue à l’initiative des autorités a été annulée. Mais une foule nombreuse de fidèles ont participé à la prière du vendredi sur l’avenue Sabiine, qui jouxte le palais présidentiel, retransmise en direct à la télévision d’Etat.

Dans la nuit, le siège de la compagnie aérienne Yemenia, situé près de la résidence de cheikh Ahmar, et les locaux d’une chaîne de télévision contrôlée par le clan de ce dignitaire tribal, ont été détruits après avoir pris feu dans les combats, selon un correspondant de l’AFP.

En outre, trois obus ont explosé dans la nuit devant le mur d’enceinte de l’Université de Sanaa, et des blindés de la 1ère division commandée par le général Ali Mohsen Al-Ahmar, rallié en mars à la contestation, ont été déployés aux entrées de la place pour protéger les dizaines de contestataires qui y campent encore, selon des participants au sit-in.

Des positions de la 1ère division blindée ont été également visées par des obus dans la nuit, ont-ils ajouté.

Les forces du général Ahmar –sans lien de parenté direct avec le chef tribal– sont restées jusqu’à présent à l’écart de la bataille entre les forces gouvernementales et les combattants tribaux.

Sur le plan diplomatique, le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, Abdellatif Zayani, dont la médiation au Yémen avait été suspendue le 23 mai après le refus de M. Saleh de signer un accord de transition du pouvoir, a assuré poursuivre ses efforts en vue d' »un règlement « pacifique ».

Mais M. Saleh, au pouvoir depuis près de 33 ans, a continué à envoyer des signaux contradictoires sur ses réelles intentions.

Ainsi son gouvernement a vaguement évoqué jeudi la possibilité de faire aboutir la médiation du CCG, alors que la présidence sénégalaise affirmait en soirée que M. Saleh lui avait demandé d’intervenir auprès de la France et des Etats-Unis en faveur d’un cessez-le-feu suivi d’élections auxquelles il ne se présenterait pas.

Un émissaire américain, John Brennan, en visite dans le Golfe, va oeuvrer à accroître la pression sur M. Saleh pour qu’il cède le pouvoir, selon la Maison Blanche.

© 2011 AFP

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Yémen : des ministres blessés par des tirs sur le palais présidentiel

LEMONDE.FR avec AFP | 03.06.11 | 10h17  •  Mis à jour le 03.06.11 | 14h15

 

De violents combats se sont poursuivis par intermittence toute la nuit à Sanaa.

De violents combats se sont poursuivis par intermittence toute la nuit à Sanaa.AP/Mohammed Hamoud

De violents combats ont repris, vendredi 3 juin au matin, dans un quartier du nord de Sanaa, au Yémen, entre les forces gouvernementales et les partisans d’un chef tribal. Après une brève accalmie à l’aube, des affrontements à l’arme lourde ont éclaté de nouveau en début de matinée autour de la résidence du chef tribal des Hached, cheikh Sadek Al-Ahmar, dans le quartier Al-Hassaba.

  • Le palais présidentiel visé

Des personnalités yéménites, dont le premier ministre et le président du Parlement, ont été blessées par des tirs d’obus contre une mosquée dans l’enceinte du palais présidentiel, à Sanaa. « Le premier ministre et le président du Parlement, ainsi que plusieurs autres personnalités politiques qui participaient à la prière du vendredi dans la mosquée au palais présidentiel ont été blessés « , a déclaré le porte-parole du parti présidentiel. Il a accusé Sadek Al-Ahmar d’être responsable de ces tirs. « Les Al-Ahmar ont franchi toutes les lignes rouges », a-t-il dit.

  • Les bombardements de l’armée font de lourds dégâts

La garde républicaine, corps d’élite de l’armée yéménite, bombardait intensément la résidence d’un autre dignitaire tribal, cheikh Hamid Al-Ahmar, dans le sud de Sanaa. Aucun bilan n’est encore disponible sur les violents combats qui se sont poursuivis par intermittence toute la nuit, selon des habitants.

Le siège de la compagnie aérienne Yemenia, qui jouxte la résidence du cheikh Ahmar, et les locaux d’une chaîne de télévision, Souheil, contrôlée par le clan de ce dignitaire tribal, ont été détruits après avoir pris feu dans les combats. En outre, trois obus ont explosé dans la nuit devant le mur d’enceinte de l’université de Sanaa, près de la place du Changement, épicentre de la contestation, ont indiqué des participants au sit-in.

 

Un blindé des forces fidèles au président Ali Abdallah Saleh, à proximité de la résidence de cheikh Sadek al-Ahmar, dans le quartier Al-Hassaba.

Un blindé des forces fidèles au président Ali Abdallah Saleh, à proximité de la résidence de cheikh Sadek al-Ahmar, dans le quartier Al-Hassaba.AP/Hani Mohammed

  • Manifestations sous haute tension

Des blindés de la 1re division commandée par le général Ali Mohsen Al-Ahmar, rallié en mars à la contestation qui réclame le départ du président Ali Abdallah Saleh, ont été ensuite déployés aux entrées de la place pour protéger les dizaines de contestataires qui y campaient encore, selon les mêmes sources. Des positions de la 1re division blindée ont été également visées par des obus, ont indiqué les mêmes sources. Les forces du général Ahmar — sans lien de parenté direct avec le chef tribal — sont restées jusqu’ici à l’écart de la bataille entre les forces gouvernementales et les combattants tribaux.

Une manifestation prévue vendredi à Sanaa des partisans du président Saleh, à l’initiative du régime, a été annulée, a annoncé dans la nuit une source informée au ministère de l’intérieur. Pour leur part, les protestataires, dont le nombre a considérablement baissé au cours des derniers jours en raison des violences à Sanaa, ont appelé à une manifestation de « fidélité à Taëz », grande ville du sud-ouest du pays, où un sit-in permanent a été dispersé lundi par les forces de l’ordre au prix d’une cinquantaine de morts.

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Syrie : Internet coupé avant une nouvelle journée de manifestations

LEMONDE.FR avec AFP | 03.06.11 | 13h52  •  Mis à jour le 03.06.11 | 13h56

 

 

Extrait d'une vidéo montrant une manifestation anti-gouvernementale, près d'Idlib, le 1er juin 2011.

Extrait d’une vidéo montrant une manifestation anti-gouvernementale, près d’Idlib, le 1er juin 2011.AFP/-

Alors que les militants pour la démocratie en Syrie appellent à de nouvelles manifestations, vendredi 3 juin, en hommage aux enfants « martyrs » du mouvement de contestation, le réseau Internet ne fonctionnait, vendredi matin, ni à Damas ni à Lattaquié, dans le nord-ouest du pays.

Plusieurs témoins ont rapporté à l’AFP qu’il était impossible de se connecter à Internet dans la capitale. Le réseau avait déjà été coupé une journée, début avril, en raison d’une panne provoquée par une surcharge de connexions, selon la compagnie syrienne de télécommunications.

Les militants craignent pour leur part une action du régime de Bachar Al-Assad pour porter un coup à l’organisation du mouvement de contestation qui dure depuis plus de deux mois. Cette stratégie avait déjà été observée en Egypte, lorsque le régime de Moubarak avait décidé de couper l’accès à Internet dans l’ensemble du pays pour empêcher la tenue de grandes manifestations.

HOMMAGE AUX « ENFANTS DE LA LIBERTÉ »

Comme chaque vendredi depuis plusieurs semaines, des rassemblements devraient se tenir vendredi à la mi-journée, après la prière hebdomadaire. Cette semaine, les militants pour la démocratie ont appelé à des rassemblements en hommage aux « enfants de la liberté ». Selon l’Unicef, au moins trente enfants ont été tués par balle dans la répression depuis le début du mouvement de contestation, le 15 mars. Un garçon de 13 ans, Hamzeh Al-Khatib, « torturé et tué », d’après les militants pro-démocratie, est devenu l’une des figures de la résistance à la brutalité du régime.

Selon un militant cité par l’AFP, plus de cinquante mille personnes manifestent à la mi-journée dans la ville de Hama, dans l’est du pays. Les forces de sécurité auraient tiré en l’air pour disperser la foule. Cette ville, hautement symbolique pour le mouvement de contestation, avait été le théâtre de violents affrontements lors de la révolte de 1982, entre les Frères musulmans et l’armée syrienne. Entre dix mille et vingt-cinq mille civils avaient alors été tués pendant les vingt-sept jours de siège.

Des experts de l’ONU spécialisés dans la prévention des génocides ont mis en garde, jeudi, les autorités syriennes contre des « attaques semblant systématiques et délibérées » contre les civils. Mais la Syrie a refusé l’accès à son territoire à une mission de l’ONU chargée de la défense des droits de l’homme, qui voulait enquêter sur la répression.

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Syrie : quinze civils tués à Rastan

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 02.06.11 | 15h08  •  Mis à jour le 02.06.11 | 18h20

 

Capture d'écran d'une vidéo postée sur le portail YouTube le 2 juin 2011 montrant une manifestation à Idlib, la veille, 1er juin.

Capture d’écran d’une vidéo postée sur le portail YouTube le 2 juin 2011 montrant une manifestation à Idlib, la veille, 1er juin.YouTube

Quinze civils ont été tués, jeudi 2 juin, par des tirs de mitrailleuses lourdes des forces de l’ordre syriennes à Rastan, dans la région de Homs (Centre), selon un militant des droits de l’homme syrien. « Les forces de sécurité empêchent l’entrée de toute assistance dans la ville », a-t-il ajouté.

Les villes de Rastan et de Talbisseh sont encerclées depuis dimanche par l’armée et les agents de sécurité du régime de Bachar Al-Assad. Au moins quarante-trois personnes avaient déjà été tuées entre dimanche et mercredi dans ces deux villes, selon le chef de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Rami Abdel-Rahmane, basé à Londres.

Des tirs ont également été entendus, jeudi, à Talbisseh, plus au sud. « Des agents de sécurité portant l’uniforme de l’armée procèdent à des perquisitions. Ils cassent tout ce qu’ils voient, des réfrigérateurs, des télévisions, des voitures », affirme Abou Talal Al-Tillaoui, un témoin.

LIBÉRATION DE PRISONNIERS

La répression se poursuit malgré le geste d’apaisement amorcé par Bachar Al-Assad. Selon les organisations de défense des droits de l’homme, sur les dix mille personnes arrêtées depuis mi-mars, au début des manifestations, les autorités syriennes ont commencé à libérer des centaines de prisonniers politiques dans le cadre de l’amnistie générale décrétée par le président syrien.

Selon Rami Abdelrahman, directeur de l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme, la plupart des personnes relâchées sont des manifestants des banlieues de la capitale, Damas, de Banias, d’Homs et de Lattaquié, ainsi que de la ville de Deraa, berceau de la contestation, située dans le sud du pays.

Parmi les personnes relâchées, figure Abbas Abbas, un ancien prisonnier politique condamné en début d’année à sept ans de prison pour avoir « fragilisé le moral national. » Mais Tal Al-Molouby, une adolescente blogueuse condamnée à cinq ans de prison au début de l’année pour avoir dévoilé des informations à un pays étranger, ne semble pas être concernée par l’amnistie.

« LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE N’EST PAS ASSEZ UNIE »

Sur le plan diplomatique, la sécrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a enjoint la communauté internationale à se montrer plus unie face à la répression que mène Bachar Al-Assad. « L’attitude de la communauté internationale n’est, actuellement, pas aussi unie que ce que justifieraient nos efforts », a regretté Mme Clinton lors d’un point de presse.

Dans une allusion qui visait notamment la Russie, Mme Clinton a souligné que « l’accord de certains des autres membres du Conseil de sécurité » des Nations unies faisait toujours défaut. Moscou, allié de Damas, a dénoncé des « tentatives » étrangères de favoriser un changement de régime en Syrie. Du côté de la Ligue arabe, Mme Clinton a noté que la crise syrienne n’avait suscité « rien qui ressemble à l’action forte » entreprise vis-à-vis de Mouammar Kadhafi en Libye.

Hillary Clinton a par ailleurs rappelé que le président Barack Obama avait donné au président syrien Bachar Al-Assad le choix entre mener la transition politique et « s’en aller ». La légitimité du gouvernement de Damas est « sinon perdue, en tous cas presque épuisée », a-t-elle ajouté.


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3 Commentaires sur cet article

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  • NEDJMA
    3 juin 2011 at 18 h 09 min - Reply

    La lutte à mort se poursuit antre les forces démocratiques et les dicataturea arabes, nous entrons dans l’enfer, le VENT FORT qui balaie toutes les ductatures cruelles et corrompues.




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  • IDIR
    5 juin 2011 at 11 h 51 min - Reply
  • IDIR
    7 juin 2011 at 11 h 52 min - Reply

    Le régime syrien doit céder la place… et tout de suite !

    Khalid Amayreh – MEM

    Les images horribles et les comptes-rendus terrifiants qui continuent d’affluer en provenance de Syrie défient la description par les mots. Ils vont au-delà de la plus pâle décence humaine.

    Source : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10712




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  • Congrès du Changement Démocratique