Édition du
25 March 2017

Un autre bluff pour faire oublier le véritable changement بيان جبهة التّغيير الوطني

بيان جبهة التّغيير الوطني

في محاولة  بهلوانية للإلتفاف على حتميّة التّغيير الجذري، أكّد النظام القائم إصراره على مغالطة الرّأي العام من جديد تحت مسمّى « المشاورات السياسية حول الإصلاحات… »

ويتمادى النظام في انتهاجه سياسة النّعامة متجاهلا بكل عنجهية، توالي الثّورات الشعبية التّاريخية من أجل التغيير، والتي لا تزال تعصف بالانظمة الفاسدة في بلداننا العربية، الواحدة تلو الأخرى، شرقا وغربا.

وهاهو اليوم كعادته، يعود إلى ممارسة المناورات والتزوير والتلفيق، متظاهرا بما سمّاه « تنظيم مشاورات سياسية حول الإصلاحات المؤسّساتية للبلاد » و التي هي أشبه ما تكون بسوق للمزاد العلني ،  تشرف عليه معاً، شخصيتان بارزتان للنظام هما :

1-     رئيس مجلس الأمّة والرّئيس الأسبق للمجلس الوطني الانتقالي السيّئ الذّكر، الذي عيّنته الطّغمة العسكرية غداة انقلابها على إرادة الشعب، والذي يقوم كما يبدو، بدور المفوّض عن بوتفليقة وعصابته .

2-    جنرال يُلقّب ب « المخّ » المدبّر، والذي يمثّل كما يبدو،الطغمة العسكرية المالية.

نحن أمام عمليّة مغالطة ومخادعة والتفاف على الرأي العام الوطني والدّولي؛ عمليّة يبدو أنّ تدبيرها تمّ تحت ضغط الأحداث من طرف نظام منهار يحاول إرسال إشارات عن قيامه بإصلاحات ديمقراطيّة وهو النظام  المطعون في شرعيّته أصلا،  ناهيك عن فقدانه لأدنى اعتبار للأخلاق، ممّا أدّى بالوطن إلى ما حلّ بساحته من مآسي دمويّة وإفلاس وفساد عام.

أجل، فإنّ هذه المناورة المكشوفة، إن دلّت على شيء، فإنما تدلّ على انعدام الثّقة بالنّفس لدى النظام الحاكم، أمام الإرادة المتزايدة لدى المواطنين الجزائريين لرد الاعتبار لحضورهم  المشروع في الفضاءات العمومية ، من خلال تنظيم المئات من التظاهرات اليومية عبر التراب الوطني، معبرين عن مطالبهم المشروعة، كما تدل على الرعب من الثورات الشعبية المتلاحقة، وصولا إلى حدودنا، على غرار التغييرات الثورية الجارية في تونس وليبيا على وجه الخصوص، ذلك البلد الشقيق الذي جعل منه العقيد الدكتاتور المجرم، ميدانا لمجازر مأسوية ودمارشامل.

إنّ هذه المهزلة السّخيفة لما يسمّى ب « المشاورات » بين النظام وأزلامه من أحزاب مفبركة وشخصيات مُوالية، لن تحول بتاتا، دون المعالجة السياسية الوحيدة التي يتطلبها وضع البلاد الخطير ويتوقف عليها مصير الوطن : ألا وهي إحداث تغييرا جدريّ للنظام، ساسة ومؤسّسات.

في مناسبات عدّة – منذ نشأتها في شهر مارس 2011– قامت جبهة التغيير الوطني بطرح اقتراحات عمليّة للوصول بالطرق السلمية إلى التغيير المنشود، لا سيما من خلال وضع آلية وطنية انتقالية يُعهد إليها لأجل محدّد، القيام بالمهام الأساسية التالية :

1-                            الإشراف على تنظيم انتخاب مجلس وطني تأسيسي.

2-                            تصريف الأعمال العمومية للبلاد.

3-                            اتخاذ كلّ الإجراءات الإدارية والقانونية الضرورية التي يستدعيها الحفاظ عن المصالح المعنوية والمادية للوطن.

إن جبهة التغيير الوطني توجه من جديد، نداءً  ملحّا إلى كلّ الضمائر الوطنية والإرادات الصادقة، لئلاّ ينخرطوا في هذه الإستراتيجية الخاسرة للنظام ويرفضوا تلاعبه المستمر بالبلاد والعباد والذي قد يؤدّي في آخر المطاف – لا سمح الله – إلى « تسونامي » شعبي عارم، سيأتي على اليابس والأخضر، بل على الوطن ومصيره.

وعليه فلا بديل اليوم عن وضع ديناميكية شعبية صادقة، منبثقة عن مبادئ ديمقراطية واضحة الملامح، تضم في أحضانها كل المواطنين بدون إقصاء حتى يتأتى للشعب الجزائري أن يفرض على هذا النظام المنهار، إرادته من أجل التغيير الجدري والشامل للمؤسسات، عبر فترة انتقالية ديمقراطية وسلمية نحو إحلال دولة القانون.

عن الدائرة  السياسية لجبهة التغيير الوطني :

د. صلاح الدين سيدهم

 

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Communiqué du Front du Changement National

Un autre bluff pour faire oublier le véritable changement

Le souffle historique des différentes révolutions en mouvement qui parcourent l’ensemble des pays arabes, au Machrek comme au Maghreb, ne semble pas affecter le pouvoir en place, qui continue d’observer sa politique de l’autruche en feignant d’ignorer la revendication populaire légitime  pour un changement radical de régime.

 

Et pour ne pas déroger à ses habitudes, voilà que ce pouvoir manipulateur et faussaire, vient de lancer à grand bruit et fortes gesticulations, ce qu’il dit être une opération de consultations politiques sur les réformes institutionnelles du pays. Des consultations conduites, conjointement, par des espèces de fondés de pouvoirs, comme dans une vente aux enchères :

 

–          Pour le compte du clan « présidentiel », par un fonctionnaire, – régionalisme oblige – président de la chambre haute d’enregistrement et ancien président du Conseil National de Transition de triste mémoire, instauré au lendemain du Coup d’Etat de Janvier 1992, perpétré contre la volonté souveraine du peuple algérien ;

–          Pour le compte du clan de l’oligarchie militaro-financière, un officier, « cerveau » des décideurs.

Un peu le mariage de la carpe et du lapin…

C’est assez souligner que nous sommes en présence ici, d’une véritable opération de bluff et de manipulation du peuple algérien et de l’opinion internationale, diligentée dans l’urgence, par un pouvoir aux abois qui cherche à donner de faux gages de « réformes démocratiques ». Un pouvoir dont l’illégitimité originelle le dispute à sa disqualification morale, en tant que ce pouvoir est  responsable de la faillite sanglante du pays.

Cette manipulation honteuse, révèle s’il en était besoin, le manque total d’imagination d’un pouvoir taraudé par la peur panique, devant la réappropriation par les citoyens algériens de l’espace public à travers les centaines d’actions de contestation et de revendication qu’ils organisent quotidiennement de manière pacifique et aussi devant l’ampleur des révolutions populaires qui se succèdent jusque à nos frontières, comme en Tunisie et en Libye surtout, où la criminelle paranoïa du dictateur-colonel  a fini par transformer ce pays frère et voisin, en un véritable champ de ruines et de carnages.

La mascarade des pseudo-consultations entre un pouvoir totalement disqualifié et tout ce bric-à-brac clientéliste de partis godillots et autres soi-disant personnalités politiques, ne fera jamais faire au pays, l’économie d’une mise à plat du problème essentiel et vital de notre pays qu’est la LEGITIMITE DU POUVOIR et dont la solution conditionne l’avenir-même de l’Algérie en tant que nation. Cette solution passe par  la nécessité d’un changement radical du régime algérien, dans ses Institutions et dans ses hommes.

A différentes occasions – depuis sa création en  Mars 2011 – le Front du Changement National  a publiquement et clairement proposé des modalités pratiques consensuelles pour favoriser l’avènement pacifique et radical d’un tel changement.

En particulier par la mise en place d’une Instance nationale de transition pour une durée déterminée, chargée en priorité :

–          de l’organisation de l’élection d’une Assemblée Nationale Constituante ;

–          de la gestion courante des affaires du pays dans cet intervalle ;

–          la prise de toutes décisions conservatoires, d’ordre administratif et/ou juridique, susceptibles de sauvegarder les intérêts moraux et matériels de notre pays.

Nous en appelons, encore une fois à toutes les volontés sincères et engagées à ne pas s’inscrire dans la stratégie du pouvoir moribond qui ne cherche qu’à perdurer par des stratagèmes éculés et des ravalements de façade, stratégie suicidaire qui ne fait qu’aggraver la crise politique et qui risque de se terminer par un tsunami populaire chaotique qui emportera non seulement ce régime, mais à Dieu ne Plaise, le pays.

Seule une dynamique populaire courageuse et sincère autour de principes démocratiques clairs rassemblant tous les algériens sans exclusion est en mesure d’imposer à ce pouvoir déliquescent, un véritable changement du système politique à travers une transition démocratique et pacifique afin d’aboutir à l’instauration d’un Etat de Droit.

 

P /la Permanence politique du Front du Changement National.

Salah-Eddine SIDHOUM

 


 


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15 Commentaires sur cet article

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  • aquerado
    6 juin 2011 at 17 h 44 min - Reply

    Salam,
    Tout a fait d’accord avec votre analyse mr Sidhoum, d’ailleurs, denierement j’ai ete agreablement surpris par Mme Zohra Drif Bitat. Elle réclame non seulement une Constituante fondatrice d’une deuxieme Republique, mais l’election de cette assemblee avant le 1er novembre 2011 selon un article du quotidien national Le temps d’Algerie . Cela prouve que l’edifice battit sur l’injustice et le corps des veritables moudjahidines et du peuple est en train de s’effriter et plus rien ne pourra arreter cette marche vers la liberte de la nation Algerienne. Ce pouvoir essaie par tous les moyens de perdurer et de sauver sa face en faisant des consultations aupres des differents acteurs politiques en sortant des placards des militaires(sic) avec des propositions qui ne collent pas du tout avec leurs ideologies eradicatrices alors qu’ils devraient etre dans le TPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanite. Le general omar Bradley disait: « Nous avons appris à détruire, mais aucunement a creer, comment gaspiller, mais aucunement a construire; comment tuer les hommes, mais en aucune facon les sauver; la facon de mourir, mais rarement la maniere de comment vivre » ou encore « Je suis convaincu que le meilleur service qu’un general a la retraite peut effectuer est de remiser son costume militaire et sa langue, et de mettre en veilleuse ses opinions. » On voit bien que ce pouvoir pris par le temps et son president malade court dans tous les sens commme un lapin afin de sortir du bourbier dans laquel il s’est aveuglemment empetre par son manque de vision lointaine. En 50 ans d’independance je pense qu’il n’a jamais deploye autant de zele. Le burnous n’a jamais autant suer au niveau du pouvoir pour eteindre le feu qui a pris dans la deumeure, et encore je pense que vous n’etes pas au bout de vos peines.




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  • Rachid
    6 juin 2011 at 20 h 41 min - Reply

    Salam alaykoum,

    Le contexte extérieur et intérieur offre une fenêtre d’opportunité exceptionnelle aux Algériens pour procéder pacifiquement à un changement radical et pacifique.
    Le pouvoir usurpateur le sait et il tente une dernière manoeuvre d’instrumentalisation au détriment d’un peuple hagard…qui n’aura que ce qu’il a semé : et nous ne changeront pas l’état d’un peuple tant que…

    Les Algériens doivent prendre leur responsabilité historique et récupéré le témoin transmis par les moujahid et volé depuis 50 ans par les usurpateurs.
    Les patriotes éclairés, avisés doivent s’unir maintenant autour d’une plateforme commune solide. A même de renverser pacifiquement le pouvoir (de façon indépendante) et d’assurer la transition et l’instauration d’un état de droit vigilant.
    Les acteurs sont là, le FCN est là, le peuple est conscient, et le contexte est favorable…Qu’Allah nous vienne en aide.




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  • rachid quebec
    7 juin 2011 at 0 h 11 min - Reply

    c est du cinema : l acteur, le metteur en scene, et les figurants il y a quelques techniciens et techniciennes comme mme drif.




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  • hakimM
    7 juin 2011 at 0 h 46 min - Reply

    @Rachid,
    Vous avez presque tout dit.
    Il nous reste l’action via l’union via la mobilisation et la préparation d’une journée de décision. Il nous manque cette décision et confiance.
    Vu les examens de fin d’année, vu le ramadhan pour bien tôt, j’imagine que le mois de septembre sera le mois plus qu’idéal.
    D’ici la réveillons les consciences et la détermination.




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  • mohand ibnechahid
    7 juin 2011 at 8 h 27 min - Reply

    Baraka Allah fik ya Essi Sidhoum.
    Absolument tout a fait d´accord avec vs. Errasoul (ss) a dit « ilem testahi faf3al ma tachaa » et je m´adresse a Mr a Belkhadem(AB) ki je croiais avait 1 atome de « hya » Mr AB vs venez avec de proposition de mandat??? mais keske vs ferait du nombre du mandat du DRS (Droit Réservé pour Saboter a jamais=DRS) NON NON d´abord aneantir les hommes de Taoufk, Touti Nezzar etc etc et ce moment viendra avec l´aide d´Allah est le combatdes hommes libres tel Mrs Sidhoum, Dhina, Zeitout Ait Ahmed, Salima Ghozali, Mehri les hommes de QA etc etc etc Sauf biensur le grand miracle « Elilahi » Mr. BA reveillez vs sortez par la grande porte avant ke ca soit trop tard conseiller a votre ami Boutef de ce debarasser de cette mafia sinon le peuple « yan3alah » dans sa tombe soit homme soit honnete ALLAH YARHAM EL AHRAR ECHOUHADA EL ABRAR




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  • omar
    7 juin 2011 at 9 h 11 min - Reply

    BLED SOUS CHAPE

    Dans ce bled tout est foutu?

    Il n’y a paaaas que le foooot!

    Il y a ceux qui s’en foutent

    tandis que d’autres cassent la croute

    Et ceux qui écrivent ou écoutent

    Attendant une lointaine déroute

    Ou les réformes du doute

    Mais il y a la devise Dinar ,la solide économie

    éco mammelle

    non L’ECO MOMIE

    Attention au réveil tardif du pharaon

    Apres la farce futile

    Surgira la force utile

    Qui pointe à l’horizon

    conseil d’un sage tonton …




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  • brahmi16
    7 juin 2011 at 11 h 26 min - Reply

    La RADP ou comment des voyous, des maffieux s ’emparent d’ un pays par le terreur et y font ce que bon leur semble, sans rendre de compte à personne.Eliminant ceux qui leur tiennent tete.Distribuant des privileges et autres avantages ( des miettes) à tous ceux qui tentent de remettre en cause leur pouvoir. “Le consentement des hommes réunis en société est le fondement du pouvoir. Celui qui ne s’est établi que par la force ne peut subsister que par la force(Diderot)




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  • balak
    7 juin 2011 at 11 h 32 min - Reply

    Il est illusoire de croire que ce pouvoir illegitime ne parte comme ça?, sans y etre contraint par la force , ça serait trop beau.




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  • ahmed
    7 juin 2011 at 19 h 19 min - Reply

    Bonjour,

    Faisant un état des lieux . Pourquoi les algériens ne se soulèvent ils pas contre un régime qu’ils haïssent tant ?
    La réponse est que ce régime est vicieux,il excelle dans le faux et l’usage du faux . Ils ont crée de faux partis politiques,de faux opposants,des semblants de réformes,de fausses promesses,de faux débats,de fausses crises,de fausses solutions…
    Bref,le banditisme politique dont parlait Farhat Abbas,a atteint son maximum et le pays est complètement à la dérive . Que faire ?
    La solution est entre nos mains,nous devons sensibiliser nos compatriotes de façon à mobiliser le maximum d’algériens dans le but d’organiser des marches pacifiques et des site in partout en Algérie . Ce régime est fini,on doit bouger pour le jeter à la poubelle de l’histoire .




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  • rachid 2
    7 juin 2011 at 20 h 00 min - Reply

    La seule opposition arabe qui n’arrive pas à avoir une television satellitairec c’est bien l’opposition algerienne … et croyez que c’est le seul moyen d’obtenir un changemant radical car le changement ne peut provenir que de l’interieur … alors si on veut veritablement et serieusement que ces bandits quittent le pouvoir il faut surtout ne pas tarder a creer ce moyen de communication le plus efficace popur faire tomber ce regime illegitime …




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  • Rachid
    8 juin 2011 at 9 h 52 min - Reply

    @Hakim M
    L’indicateur c’est le FCN.
    L’outil concret du changement profond est mesuré par le FCN. C’est à dire la capacité pour les patriotes sinçères, éclairés, avisés à s’unir derrière un seul drapeau commun. Car derrière la mobilisation de masse, il est nécessaire d’avoir une plateforme solide et clairvoyante.
    Nous devons tous faire le lien et conscientiser les coeurs inchaAllah.




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  • boukezouha abdelouahab
    8 juin 2011 at 12 h 24 min - Reply

    salam rédigé par un ami

    De mascarade en mascarade. Ce pouvoir est décidément inamendable. En dépit de tout ce qui s’est passé et au mépris de la volonté affirmée du peuple algérien de vouloir changer radicalement de système politique, il impose une démarche coûteuse en temps et en argent dont il sait pertinemment qu’elle est inutile voire dangereuse. Les personnes invitées à donner leur avis sur les « réformes » à entreprendre ne disposent d’aucune légitimé politique pour parler au nom du peuple, seul démiurge de la constitution, ni d’ailleurs d’expertise pour faire des propositions fructueuses. Leur réponse positive à la convocation de la « commission Bensalah-général Touati » démontre, s’il en était besoin, leur servilité et leur soumission à un pouvoir que certains prétendaient pourtant combattre. Nous ne nous faisions évidemment aucune illusion sur ces « danseuses du ventre




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  • le mouvement citoyen pour une Algérie libre
    10 juin 2011 at 16 h 11 min - Reply

    10 mai 2001 La justice française poursuit Khaled Nezzar

    La saga d’un général aux mains sales

    La plainte déposée contre le général Khaled Nezzar, par les victimes de la repression en Algérie, auprès du procureur de la République française à Paris, révèle la nature dictatoriale et sanglante du régime algérien. Le général en chef de la junte militaire qui tient l’Algérie sous sa coupe est accusé de tortures systématiques, de crimes organisés et de liquidations massives. Le document est de maître William Bourdon du barreau de Paris, avocat des plaignants.

    Il peut être affirmé que les très graves violations des droits de l’homme commises à compter des années 1992 et notamment l’usage systématique de la torture s’inscrivent dans le cadre d’un programme de harcèlement sinon d’élimination systématique pour des mobiles politiques dont Khaled Nezzar était le principal instigateur et artisan.
    Les caractères massif ou systématique et organisé des crimes commis en Algérie depuis octobre 1988, et particulièrement après le 11 janvier 1992 et jusqu’à ce jour, ressortent suffisamment des faits. Pour en comprendre la logique il nous paraît nécessaire d’en faire un bref historique.
    Dès octobre 1988, et surtout après le 26 décembre 1991 et jusqu’à ce jour, des milliers de civils sont arrêtés en dehors des formes prescrites par la loi, séquestrés, déportés, exécutés sommairement, empoisonnés ou condamnés, torturés ou tués dans des conditions atroces: certains sont enterrés anonymement avec «X» comme patronyme, parce que méconnaissables après l’assassinat pendant la torture alors que d’autres victimes furent brûlées vives

    Exterminateur en chef

    Le Général Khaled Nezzar a occupé différents postes militaires lui permettant toujours d’agir non seulement sur les troupes, mais sur toutes les autorités civiles et militaires. Le général-major était, déjà en 1982, chef de la 5éme Région militaire à Constantine.
    Il devient chef des forces terrestres en 1986. Sa désignation au commandement pour le rétablissement de l’ordre a eu lieu le soir du 5 octobre 1988, en même temps que la signature du décret portant proclamation de l’état de siège sur tout le territoire. Il dirigeait l’armée lorsque celle-ci tire sur des émeutiers, en octobre 1988, parce qu’il était le plus haut responsable de la gestion de l’état de siège avec 600 morts et plusieurs centaines de victimes de tortures pratiquées à une large échelle.

    Répression systématique

    Promu chef d’état-major de l’armée en remplacement du Général Belhouchet, puis général-major le 5 juillet 1990, il devient ministre de la Défense le 27 juillet 1990, un poste réservé depuis 1965 au président de la république, et le restera jusqu’au 10 juillet 1993. Comme ministre de la Défense, il devient alors l’homme de toutes les décisions au sein du pouvoir, il met sur pied une commission composée de généraux influents en décembre 1990, c’est-à-dire après les élections locales de juin 1990, chargée de contrer l’avancée du parti politique Front islamique du salut. Il joue un rôle important pour limoger, le 5 juin 1991, le chef du gouvernement, le réformateur Mouloud Hamrouche, – envers lequel il manifeste ouvertement son inimitié, et le fait remplacer par Sid-Ahmed Ghozali. Après avoir protesté contre les résultats d’élections libres, sous prétexte que le parti vainqueur des élections avait l’intention de mettre en péril les valeurs démocratiques, il contraint et force le président de la République élu, Chadli Bendjedid, à la démission en janvier 1992, provoquant ainsi une crise politique.

    En juillet 2000, Khaled Nezzar crée une société, au capital de 6 millions de dinars (500.000 FF) avec trois de ses enfants. L’entreprise, Soft Link Com, est spécialisée dans l’Internet, un marché encore vierge en Algérie. L’automne 2000, le général en retraite publie ses mémoires, et l’un des chapitres s’intitule Comment j’ai nommé Zeroual, se reconnaissant ainsi d’énormes pouvoirs puisque pouvant désigner, à la place du suffrage universel populaire, les chefs d’État de l’Algérie.
    Il résulte d’un rapport sur la torture en Algérie que lorsque Khaled Nezzar, était ministre de la Défense, pendant les années 1992 et 1993, la torture a été massivement utilisée soit dans les lieux de détention contrôlés par l’institution militaire soit dans les prisons militaires comme celle de Blida.
    Cette situation est également décrite dans un rapport rédigé par le Département d’État des États-Unis.

    Anti-mémoires accusatrices

    Le caractère systématique et massif des crimes de torture dans les années 92 et 93 résulte également du Livre blanc sur la répression en Algérie.
    Le rôle de Khaled Nezzar est décrit dans l’ouvrage Le livre noir sur l’Algérie pages 115, 117, 143 et 144.
    Le Comité des droits de l’homme des Nations Unies a constaté dans son rapport de 1998 que «les autorités de la république algérienne ont été dénoncées comme étant responsables de l’utilisation de la torture et de mauvais traitements à grande échelle (…) ».
    Par la suite, il a occupé le poste de chef d’État dans une structure collégiale -le HCE – avec quatre autres personnes.
    Khaled Nezzar était le membre le plus influent du HCE qui avait des prérogatives extrêmement importantes sous la direction duquel fut prônée et appliquée une politique très répressive à l’encontre de l’ensemble des opposants et notamment à l’encontre du FIS.
    C’est publiquement et ouvertement que Khaled Nezzar a prôné et encouragé cette politique de répression.
    En tout état de cause, il est indiscutable et indiscuté que la responsabilité en l’espèce du supérieur hiérarchique qu’était le Général Khaled Nezzar quelles qu’aient été ses fonctions, soit ministre de la Défense ou Président du HCE, est gravement engagée du fait des fonctions qui étaient les siennes.
    En effet, il est irréaliste d’imaginer l’usage aussi massif et systématique de la torture, dans des lieux de détention militaires et/ou contrôlés par des militaires ait pu intervenir sans son aval.
    Par conséquent, à la responsabilité du Général Khaled Nezzar en qualité de supérieur hiérarchique, se double sa responsabilité pénale directe du fait d’être l’instigateur, le coordinateur, l’organisateur présumé de la politique de torture systématique commise dans les années 92, 93 et 94 dont ont été victimes les parents des plaignants.
    Bien entendu, le Général Khaled Nezzar ne saurait se prévaloir d’une quelconque immunité dès lors qu’il apparaît avoir été responsable de la commission de crimes internationaux pendant qu’il exerçait les fonctions de ministre de la Défense et postérieurement pendant qu’il exerçait le rôle extrêmement important qui était le sien jusqu’au 30 janvier 1994 au sein du HCE.

    Massacre à Bab El Ouad

    Le Général Khaled Nezzar fait l’objet de nombreuses mises en cause précises et concordantes soulignant sa responsabilité en qualité de ministre de la Défense et ensuite en qualité de chef d’État de fait, dans le cadre collégial du HCE, recueillies par les organes pertinents des traités des droits de l’homme, ainsi que par les rapporteurs spéciaux et groupes de travail de la Commission des droits de l’homme et, enfin, par de nombreuses organisations non gouvernementales des droits de l’homme.
    Responsable direct de l’exécution extrajudiciaire d’une cinquantaine de victimes civiles à Bab-El-Oued (Alger), le requis, Khaled Nezzar, présente lui-même les faits qui se sont déroulés le 10 octobre 1988. Nous utilisons les propres propos du mis en cause. Les faits et les déclarations du mis en cause sont tirés du livre Octobre : ils parlent, Entretien réalisé par Ahmed Semiane, éditions Le Matin, Alger, 1998.
    Le massacre de Bab-El-Oued du 10 octobre est présenté ainsi qu’il suit:
    Au moment crucial, Khaled Nezzar se dérobe et décrit le massacre comme une surprise, en tous les cas comme s’il n’avait pas donné l’ordre de tirer. “Des militaires ont tiré, comme ça, parce qu’ils n’en avaient pas l’habitude, par peur. Il y a malheureusement eu de rares cas où les militaires ont réagi de la sorte”.
    Mais il dévoile un peu plus loin le motif de l’ordre de tuer: “Les coups de feu qui avaient été tirés ont influé sur le cours des événements. Ils étaient inattendus et ont permis, en même temps, de mettre en sourdine les manifestations. Le jeu s’est calmé peu à peu.”
    C’est dans ces conditions que les plaignants déposent plainte entre vos mains, Monsieur le Procureur de la République, de chef de tortures et traitements cruels, inhumains et dégradants, infractions commises depuis temps non prescrit, à l’encontre du Général Khaled Nezzar.
    La compétence des juridictions de Paris résulte du fait que le Général Khaled Nezzar se trouve à Paris depuis un temps indéterminé et en tous les cas s’y trouvera dans la journée du 25 avril 2001 à 18h30.




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  • Mohand Tahar MOHAMMEDI
    10 juin 2011 at 21 h 30 min - Reply

    Choisir entre le Changement structurel et événementiel ?

    Le changement est l’altération des phénomènes sociaux à travers le temps, Il signale qu’un différent s’est produit, la situation x1 au moment t1 est devenue la situation x2 au moment t2, le changement est un processus ou des acteurs posent des actes, produisent des événements et ceux ci s’enchaînent, s’ordonnent en séquences, s’inscrivent dans le temps et progressivement ou brusquement le différent survient, c’est ce que se produit en l’état actuel en Algérie , le changement a lieu donc et le pouvoir persiste dans sa logique manipulatrice à travers ce déni de réalité.
    Il ya donc une volonté de tromper le peuple algérien à travers cette kermesse politique alors que la situation réelle de la société est explosive et sans appel ; le pouvoir qui est entrain de gérer une situation X2 avec les mêmes paramètres de la situation X1 dans une période T2 prend un sérieux dangereux risque de voir sombrer le pays dans une page noir de son histoire, On est donc, dans le nihilisme au sens propre du mot.
    Il faut donc choisir entre deux changements antagonistes, il ya d’un côté un changement événementiel dont s’inscrit le personnel de ce régime, qui en réalité n’affecte pas le fond des choses mais influence juste le cheminement, il ya d’un autre côté et à l’opposé du premier le changement structurel, celui la même tant revendiqué par le peuple et qui touche aux fondements du système, bouleverse l’agencement d’ensemble, provoque une rupture et produit une métamorphose et la logique elle-même du système change.

    Mais pour changer il faut d’abord diagnostiquer la situation réelle de la société pour pouvoir se projeter dans un changement quiconque en se posant les questions suivantes :

    Le changement a t-il lieu dans la société ?
    Qu’est-ce qui a changé ?
    Qu’est-ce qui change ?
    Qui sont les auteurs du changement et qui en sont ceux qui s’opposent ?
    Quels sont les causes et le moteur du changement ?
    Comment celui-ci se déroule-t-il ?
    Suivant quelles modalités ?
    Quelle en est l’ampleur ?
    Quelle en est la vitesse ?
    Quelles direction prend t-il ?
    Autant de question doivent être élucidée pour comprendre les actions et le processus du changement politique en Algérie.

    Maintenant reste à la vraie opposition de savoir vers quoi elle veut avancer et à ce pouvoir de partir à temps pour éviter de « mal partir »,
    Tout compte fait, il faut laisser le peuple décider de sort ou décidera de lui-même de sa destinée.




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  • boukezouha abdelouahab
    11 juin 2011 at 10 h 02 min - Reply

    salam ,par sahbi.

    L’opposition algérienne n’est plus. Des « opposants » s’agitent sur la Toile. Les guillemets sont justifiés par l’anonymat des critiques qui y sévissent. Ce n’est donc ni une disqualification ni une délégitimation de ces personnes qui ont, peut-être, des raisons de se cacher derrière un pseudonyme ou une fausse identité. Je peux comprendre les craintes, pas toutes fondées, il faut le dire, lorsque l’on réside dans le pays ou l’on y retourne plusieurs fois par an pour des raisons familiales notamment.

    L’exil n’est pas supportable surtout devant l’inaction politique, l’état d’urgence n’explique pas tout, la division des rangs dans les partis, à cause des ambitions voire des prétentions, et dans les groupes qui se forment sans cohésion idéologique et politique, ils se défont en général aussi rapidement qu’ils ont été créés. Devant aussi l’exclusion, le dénigrement et la suspicion qui participent au découragement et à la dislocation. La lassitude arrive vite dans ces conditions qui tiennent fondamentalement à la nature de l’opposition.

    La multiplication des appels au peuple inaccessibles au plus grand nombre et illisibles pour les élites intellectuelles qui les boudent est une démonstration, à mes yeux en tout cas, du désemparement de cette « opposition » qui se cherche encore une identité et une base sociale introuvable. Demandez clairement à ces « opposants » à quelle idéologie ils appartiennent, ils ne sauront vous le dire précisément. Ils vous diront, sans autre nuance, qu’ils sont « démocrates » pour signifier leur hostilité à la fois au pouvoir actuel – quoique ? – et aux « islamistes » qui ne sauront pas davantage se définir ni politiquement ni socialement. Je me souviens d’un débat, en 1994, sur la chaîne d’information française, LCI, avec le représentant en France du parti de Mahfoud Nahnah, qui se positionnait curieusement à la fois dans « l’opposition » et dans le pouvoir, le MSP/Hamas participait déjà au gouvernement.

    Ce positionnement qui n’est pas exclusif au MSP/Hamas n’est, en effet, identifiable ni par ses revendications ni par son programme ni par ses valeurs ni encore par son projet ni même ses leaders. Posez la question aux Algériens de savoir qui incarne « l’opposition » algérienne ou la représente ? La réponse serait, à mon avis, sans ambiguïté. Deux noms seront, à coup sûr, avancés. Ceux de Ali Benhadj, le numéro deux du FIS et Hocine Aït Ahmed, le président du FFS. A l’évidence, aucune de ces deux personnalités ne rassemble ni ne peut rassembler, pour des raisons différentes, « les opposants » à la recherche d’une structure d’accueil.

    Des groupuscules pour le changement devenu le mot magique d’une opposition « claviériste » jouent, chacun selon sa partition, sous la direction d’un chef d’orchestre qui, s’il ne les a pas créés, a réparti, à n’en point douter, les tâches et les rôles.

    L’exemple de Ahmed Benbitour est particulièrement significatif dans cette course à l’échalote que se livrent sur la Toile des personnages sortis du chapeau d’un deus ex-machina qu’il n’est point besoin de nommer.

    Donner sa confiance à l’ancien ministre des Finances (1994-1996) et ancien Premier ministre (1999-2000) qui vient de s’autoproclamer leader du « changement démocratique » en Algérie c’est littéralement confier la direction d’une banque à un braqueur.

    En effet, comment un fossoyeur de l’économie algérienne peut-il, avec cette outrecuidance qui le caractérise, sauver – rien que ça – la nation comme il l’a affirmé dans une interview donnée au journal El Watan. « J’ai un projet pour sauver la nation » avait-il fanfaronné, sans rougir.

    Cet homme qui prétend au changement et au sauvetage de l’Algérie est un de ceux qui ont fait le malheur du peuple algérien en « négociant » en 1994 avec le FMI l’ajustement structurel qui a causé des dégâts incommensurables dans la société par le chômage, le blocage des salaires, l’érosion du pouvoir d’achats des travailleurs, le désinvestissement et les restrictions dans les importations de produits de consommation courantes et de médicaments.

    Comme d’autres factotums à l’intérieur et à l’extérieur du pays, Ahmed Benbitour est, personne n’est dupe, chargé d’occuper l’espace et de récupérer pour ses commanditaires le thème du changement.




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