Édition du
22 July 2017

Le régime moribond de Bachar El Arnab El Djabane tire sur les ambulances

En Syrie, on tire aussi sur l’ambulance

AFP le 10.06.11

Nabil était l’un des derniers secouristes du Croissant-Rouge syrien à braver la violence de la répression à Jisr al-Choughour (nord-ouest de la Syrie). Fauché dimanche par une balle dans le dos, il relate son expérience depuis son lit d’hôpital, en Turquie.
« Mon boulot, c’était de ramasser un maximum de blessés et de les mettre dans l’ambulance, je n’avais pas le temps de regarder ce qui se passait autour », prévient le jeune homme de 29 ans, alité depuis lundi dans un hôpital d’Antakya, dans le sud de la Turquie.
Pas possible donc de l’interroger sur les troupes et les armes déployées dans Jisr al-Choughour, une ville de 40.000 habitants, théâtre de violentes opérations de ratissage par les forces de sécurité qui ont fait 35 morts entre le 31 mai et le 5 juin, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.
Tout au plus se souvient-il d’avoir entendu voler des hélicoptères.
« Mais des blessés, ça oui, j’en ai vu, des centaines. Et des dizaines de morts, peut être cent », poursuit-il.
« Il s’agissait surtout d’hommes. Toutes les femmes ont été mises en sécurité à l’extérieur de la ville. Il y avait quand même parfois des vieilles femmes blessées », affirme le secouriste.
Des blessures par balles, évidemment, mais certaines d’un genre particulier. « J’ai vu un mort, le crâne ouvert en deux, comme un livre. Ca, ça devait être le résultat d’une balle explosive. Normalement une balle de Kalachnikov ne produit pas un pareil résultat », relate Nabil.
Des victimes de tortures, aussi. « Il y a quelques jours, la foule a réussi à libérer des manifestants qui avaient été arrêtés quelques heures plus tôt. Je n’avais jamais vu ça: ils portaient des ecchymoses sur tout le corps, ils étaient tout violets, et ça en seulement cinq ou six heures », dit le secouriste.
Alors que davantage de violences sont redoutées vendredi avec l’envoi, selon un militant des droits de l’Homme, d’au moins 60 camions transportant des chars et des blindés ainsi que plus de 10 véhicules de transport de troupes d’Alep en direction de Jisr al-Choughour, Nabil déplore le manque total de moyens pour venir en aide aux blessés.
« Avant les troubles, nous n’avions déjà au Croissant-Rouge que deux ambulances, dont une en panne. Et sur 200 volontaires, nous n’étions que cinq à pouvoir travailler, faute de moyens », décrit-il. « Pour pouvoir travailler, nous avons même volé un véhicule à un hôpital ».
Ce sont donc surtout les civils qui interviennent pour mettre les blessés à l’abri, « avec leurs voitures, leurs motos », selon le jeune homme.
Trouver un endroit où faire soigner les contestataires blessés par balles est aussi un des casse-tête pour les sauveteurs.
« De toute façon, les hôpitaux privés n’ont pas le droit de prendre ces blessés, ils risquent gros s’ils le font. Et dans les hôpitaux publics, il n’y a plus de médecins, ils ont trop peur de se faire tuer », commente Nabil.
C’est ainsi que certains blessés sont convoyés à la frontière turque, à moins d’une heure de route de la ville, où, après avoir franchi quelques barbelés, ils sont pris en charge par les gendarmes turcs qui les envoient par ambulance vers les hôpitaux d’Antakya.
Un chemin emprunté dimanche par Nabil lui-même, que l’uniforme du Croissant-Rouge n’a pas protégé des balles.
« J’étais en train de ramasser un blessé, quand on m’a tiré dessus depuis le deuxième étage du bâtiment des services de renseignement. La balle m’a frappé dans le dos et je me suis écroulé sur mon blessé. Je portais pourtant bien mon uniforme », explique-t-il.
AFP


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6 Commentaires sur cet article

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  • IDIR
    10 juin 2011 at 13 h 14 min - Reply

    Dès mon premier message concernant la Syrie , j’ai averti – dans ce journal, LQA – que le régime criminel de Damas sera plus cruel que le sanglant Ubu de Tripoli. Monstrueuse dictature qui tire sur son peuple. Que veut celui-ci ? La liberté ! En réponse, le régime alaouite de Damas n’hésite pas à perpétrer des massacres. « Ils ont tiré sur les gens depuis des hélicoptères, ils tiraient au hasard », déclarait un témoin après avoir passé la frontière turque, non loin de Jisr al-Choughour, la ville où il avait vu la mort de près.

    Mais le « Système » syrien est résistant aux réformes. Elles incarnent la fin des privilèges, des passe-droits, de la prédation économique. Voire, à plus long terme, et si la démocratie devait prévaloir, l’inquiétant horizon qui consisterait à devoir un jour rendre des comptes. Pour les larcins, mais aussi pour les mille et une violations des droits humains qui font que, en Syrie, un citoyen n’existe pas, il n’est qu’un sous-être (un jird – un rat) qui doit filer doux et se taire, ou risquer la torture, l’emprisonnement, la mort…
    Et la communauté internationale ? Elle regarde le sol. Personne n’ose bouger. La Syrie voisine l’Irak, le Liban, Israël, la Turquie, et est l’alliée de l’Iran… La peur de l’inconnu. Seule une mutinerie générale de l’armée pourrait interrompre le massacre pour l’instant…

    En vidéo : Analyse de Baudouin LOOS

    Source : http://www.ustream.tv/recorded/15261230

    L’enfant martyre Hamza et les autres…

    Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=chg27uCjJHs&feature=player_embedded

    LE PEUPLE SYRIEN REFUSE DE SE SOUMETTRE

    Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=KaP0OuE9uIw&feature=player_embedded




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  • Rédaction LQA
    10 juin 2011 at 15 h 13 min - Reply

    Pour suivre la courageuse résistance du peuple syrien contre le régime moribond de Bachar El Arnab El Djabane
    S.N.N | شبكة شام
    نقل الأخبار المصورة و المحررة بكل أمانة و موضوعية .
    Page : ‎124 208 personnes aiment ça.

    http://www.facebook.com/ShaamNews




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  • benamina
    10 juin 2011 at 15 h 30 min - Reply

    il y a quelques mois j’étais fervent défenseur de bachar el assad et son régime que je considérais comme dernier rempart contre l’arrogance et l’hégémonisme de l’entité sioniste d’israël dans la région du Machrek. mais depuis les derniers événements et les horreurs mises à nu par les nouvelles technologies de la communication, j’attends avec impatience la chute du régime baathiste criminel. je suis sûr que le peuple syrien libéré de la tyrannie saura s’unir et se renforcer pour récupérer les territoires encore sous occupation sioniste.

    BENAMINA benaminaa@yahoo.com




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  • hakimM
    10 juin 2011 at 16 h 03 min - Reply

    1)Le peuple Syrien n’est pas sorti comme une masse humaine de millions, comme l’ont fait les Tunisiens et les Égyptiens.

    2)Il y a eu une grosse manifestation de Syriens qui ont approuvé leur Lapin, il manque la maturité et l’union flagrante en Syrie.

    3) Cette division et non union des Syriens facilite la tache du sanguinaire Arnab Fi El djoulan.

    4) Un dictateur est toujours violent, ca peut aller de la torture au Yemen jusqu’à 200 000 morts en Algérie ( le pire).

    N’oublions pas le peuple Bahreini qui n’a aucun appuie.




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  • Elforkan
    10 juin 2011 at 17 h 45 min - Reply

    Les syriens ont manifesté dés le début pacifiquement, ils ont montré à l’opinion mondiale qu’ils veulent un changement pacifique, mais comme le régime a réagi sauvagement en massacrant, n’épargnant ni femmes, ni enfants, ni hôpitaux, ni mosquées, ni commerces, le peuple syrien n’a plus le droit de mourir inutilement, il doit opter pour une une méthode plus dissuasive : Répondre à la violence par la violence et mener la guerre non pas dans leur village, mais à Damas , dans les quartiers résidentiels où se terrent les maffieux criminels et leurs proches !!
    La bête doit être traquée jusque dans son refuge !
    Le droit international, la moral et la religion leur donnent l’absolu droit de répondre au sang par le sang .
    ‘Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre) – parce que vraiment ils sont lésés; et Allah est certes Capable de les secourir’ Sourate El Hadj, verset 39.




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  • HAMED
    15 juin 2011 at 20 h 12 min - Reply

    Puisque ce bachar el arnab,ne veut pas de dialogue, et veut resté au pouvoir par la force, aidé par sa minorité allaouite et l’iran, alors il y a une solution,mettre ses allaouite hors état de nuire,par la violence, c’est un droit et devoir pour le peuple syrien




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  • Congrès du Changement Démocratique