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26 March 2017

Urgent : Nouveau vendredi de sang et de larmes : au moins 20 civils massacrés par l’armée syrienne et les milices.

Damas poursuit sa répression du soulèvement syrien

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 10.06.11 | 09h47  •  Mis à jour le 10.06.11 | 18h48

Les forces syriennes ont tué, vendredi 11 juin, au moins vingt civils, selon des ONG, en tirant sur des foules de manifestants qui protestaient contre la répression du régime, accusé d’« atrocités ». Près de trois mois après le début de la révolte, le 15 mars, et en dépit des sanctions et des protestations de la communauté internationale, le régime de Bachar Al-Assad paraît déterminé à réprimer dans le sang toute contestation.

  • Vingt manifestants tués

Vingt manifestants hostiles au régime ont été tués, vendredi 10 juin, par des tirs des forces de sécurité, selon un bilan fourni par des organisations des droits de l’homme.

Deux civils ont été atteints mortellement par des balles tirées d’un véhicule militaire à Bosra Al-Harir, dans la province de Deraa, où est née la contestation dans le sud du pays, selon le chef de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Rami Abdel-Rahmane. Trois civils ont péri dans le quartier de Qaboun, à Damas, après des manifestations nocturnes durant lesquelles un portrait de M. Assad a été brûlé.

 

Deux civils sont morts à Lattaquié (dans l’ouest du pays) et plusieurs autres dans la région d’Idleb (au nord-ouest de la Syrie). Des coups de feu ont également été rapportés par l’OSDH dans la troisième ville du pays, Homs, où des milliers de manifestants hostiles au régime défiaient la répression des autorités.

Des régions kurdes du Nord aux villes du Centre-Est Deir Ezzor et Abou Kamal, en passant par la capitale, les militants pour la démocratie qui avaient appelé à ces manifestations sur le réseau Facebook ont exhorté les tribus à se soulever et ont appelé à la défense de Jisr Al-Choughour, ville meurtrie du Nord-Ouest.

  • Intervention militaire à Jisr Al-Choughour

La télévision publique a annoncé l’intervention de l’armée dans cette ville du Nord-Ouest, proche de la frontière turque. « Des unités de l’armée ont commencé leur mission pour contrôler les villages voisins de la ville de Jisr Al-Choughour et arrêter les groupes armés », a annoncé la télévision syrienne, précisant que l’opération était menée « à l’appel des habitants ».

Depuis samedi dernier, cette ville située à 300 kilomètres au nord de Damas est le théâtre de violences et d’opérations de ratissage menées par l’armée. La plupart des cinquante mille habitants de cette localité ont fui la ville cette semaine, qui était « déserte » mercredi, selon des militants, de crainte d’une opération militaire de grande envergure.

Lundi, les autorités syriennes avaient affirmé que cent vingt policiers y avaient été tués par des « groupes armés », mais les militants des droits de l’homme et différents témoins ont démenti cette version, certains affirmant que les policiers avaient été tués lors d’une mutinerie au QG de la sécurité. Dimanche, trente-cinq personnes – vingt-sept civils et huit agents des forces de l’ordre – avaient été tuées à Jisr Al-Choughour et dans les villages voisins, où des opérations militaires et sécuritaires avaient lieu depuis samedi, selon Rami Abdel-Rahmane.

  • Afflux de réfugiés syriens en Turquie

 

Dans un camp de réfugiés syriens mis en place par le Croissant rouge turc, à Yayladagi (province d'Hatay), vendredi 10 juin.

Dans un camp de réfugiés syriens mis en place par le Croissant rouge turc, à Yayladagi (province d’Hatay), vendredi 10 juin.AP/Burhan Ozbilici

La Turquie doit aujourd’hui faire face à une arrivée de réfugiés Syriens. Ils sont plus de deux mille huit cents à avoir fui leur pays, selon les autorités turques, et le rythme des arrivées s’accélère. Mitraillages d’hélicoptère, tirs sur les cortèges funéraires ou sur les ambulanciers, les réfugiés – souvent blessés – ont livré des témoignages édifiants sur les méthodes employées selon eux par les forces du régime.

Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a accusé le régime syrien d’« atrocités » et de ne pas se comporter « humainement » envers les protestataires, a rapporté l’agence de presse Anatolie. M. Erdogan a aussi jugé que la répression des manifestations en Syrie était « inacceptable ».

  • Pas d’entente sur une résolution à l’ONU

A New York, le Conseil de sécurité de l’ONU peine toujours à s’entendre sur une résolution condamnant la répression, présentée par des pays européens et soutenue par les Etats-Unis. La Russie continue de s’opposer au projet de résolution, estimant qu’elle risque d’aggraver la situation. Un représentant spécial russe a cependant annoncé qu’il recevrait bientôt une délégation de l’opposition syrienne à Moscou.

Le secrétaire à la défense américain, Robert Gates a dénoncé le « massacre de vies innocentes » commis par le régime syrien et estimé que la « légitimité » du président Bachar al-Assad était désormais en question.

La répression a fait plus de douze cents morts et entraîné l’arrestation d’au moins dix mille personnes et la fuite de milliers d’autres depuis le 15 mars, selon des ONG. Le président de la Croix-Rouge internationale, Jakob Kellenberger, a réclamé un « accès immédiat » aux zones touchées par la violence, et s’est dit prêt à se rendre personnellement en Syrie.


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8 Commentaires sur cet article

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  • brahmi16
    10 juin 2011 at 21 h 54 min - Reply

    Message de colere AU PRESIDENT DE LA RUSSIE , MEDVEDEV et au president de la CHINE.
    ,Pourquoi vous avez mis votre veto a la resolution de l’ ONU QUI CONDAMNAIT le criminel Al assad. pourquoi vous soutenez toujours les tyrans qui assassinent leur peuple ,comme Khadafi par exemple?VOUS etes coupable de non denonciation de crime contre l’ humanité et donc de complicité de crime contre l’ humanité, Au nom de sordides questions geo strategique et economiques, vous encouragez des chefs d’ etats criminels à massacrer leur peuple.D’ AILLEURS vous aussi vous n ‘etes pas des modeles en matiere de respects des droits de l’ homme. Pour vous l’ etre humain n’ a aucune valeur, vous etes MONSTRUEUX et odieux,on voudrait bien voir votre reaction, si vous etiez le pere de HAMZA ,LE PETIT MARTYR ou si un de vos proche qui manifestait pacifiquement pour une vie digne, etait abattu par un sniper ou ecrasé par un char.vous nous faites vomir.Comment pouvez vous approuves ces crimes, ces genocides?




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  • Rédaction LQA
    11 juin 2011 at 0 h 28 min - Reply

    Syrie: au moins 25 manifestants tués, des hélicoptères tirent sur la foule

    AFP 10.06.11
    Les forces syriennes aidées d’hélicoptères militaires ont tué au moins 22 civils parmi les dizaines de milliers de manifestants descendus vendredi dans la rue pour protester contre le régime, le nord-ouest du pays s’enfonçant dans le chaos.

    Les forces syriennes appuyées par des hélicoptères ont tué au moins 25 civils lors d’énormes manifestations hostiles au régime vendredi à travers le pays, particulièrement dans le nord-ouest cible d’opérations brutales de l’armée.
    Près de trois mois après le début de la révolte le 15 mars et en dépit des sanctions et des protestations internationales, le régime de Bachar al-Assad paraît déterminé à mater dans le sang toute contestation, des agissements qualifiés d' »atroces » par Ankara et de « massacres » par Washington.
    Alors que les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU divergent sur l’opportunité d’une résolution condamnant cette répression, les Etats-Unis ont souligné la nécessité « de bâtir une pression internationale » pour forcer M. Assad, qui a succédé au pouvoir à son père Hafez al-Assad décédé il y a 11 ans jour pour jour, à cesser la violence.
    La répression a été particulièrement violente dans la localité de Maaret al-Nouman, proche de celle de Jisr al-Choughour dans le gouvernorat d’Idleb (nord-ouest), où au moins 10 civils ont été tués par les troupes qui ont tiré des dizaines de milliers de manifestants, selon des témoins et des militants.
    Un onzième est mort dans un village avoisinant, ont-ils précisé.
    Le père de l’un des manifestants tués a affirmé à l’AFP que son fils avait été « touché à la poitrine par un tireur embusqué ».
    Il a affirmé ainsi que d’autres militants sur place que des hélicoptères de l’armée avaient tiré sur la foule. « Les hélicoptères bombardent la ville », a affirmé l’un d’eux.
    Selon le chef de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel-Rahmane, les manifestants à Maaret al-Nouman ont réussi à prendre le contrôle d’une station de police après la fuite des forces de sécurité. Des hélicoptères sont ensuite intervenus pour tirer sur le bâtiment, a-t-il dit.
    La télévision d’Etat a, elle, fait état d’une attaque « de groupes terroristes armés contre un QG de la sécurité », les autorités accusant depuis le début de la révolte des « gangs armés » d’être à l’origine des troubles.
    En raison des restrictions imposées par le régime, les journalistes ne peuvent circuler librement et les informations sont difficiles à confirmer de source indépendante.
    Le scénario à Maaret al-Nouman rappelle celui en début de semaine de Jisr al-Choughour, ville meurtrie de la même région, quasi-désertée par ses 50.000 habitants après des violences qui, selon Damas, ont fait 120 morts parmi les policiers. Les opposants ont attribué ces décès à une mutinerie à leur QG.
    Le pouvoir a soutenu que l’opération militaire dans le secteur de Jisr Al-Choughour, était « à l’appel des habitants », pour « arrêter les groupes armés qui ont mis le feu à des récoltes ».
    Mais un témoin a déclaré à l’AFP que les forces militaires bombardaient des villages autour de Jisr al-Choughour en avançant vers la ville, et accusé les soldats d’avoir mis eux-mêmes le feu à des champs de blé.
    C’est pour appeler à défendre cette localité que des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à l’appel de militants pro-démocratie à travers le pays, des régions kurdes du nord, aux villes du centre-est Deir Ezzor et Abou Kamal, en passant par la capitale Damas.
    Et le régime a une nouvelle fois répondu par la force, faisant trois morts à Damas, neuf dans la ville côtière de Lattaquié et deux dans la province de Deraa (sud), épicentre de la contestation, selon l’OSDH.
    Ces agissements ont fait sortir de sa retenue habituelle le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, pourtant « un ami » du président syrien, qui a décrit comme une « atrocité » la répression chez son voisin.
    Alors que la Turquie a décidé de garder les frontières ouvertes, des milliers de Syriens, dont beaucoup originaires de Jisr al-Choughour, s’y sont réfugiés ces derniers jours. Mitraillages par hélicoptères, tirs sur les cortèges funéraires ou les ambulanciers, ils ont livré des témoignages édifiants sur les méthodes employées selon eux par le régime.
    Un secouriste syrien, touché d’une balle au dos alors qu’il évacuait un blessé à Jisr al-Choughour, a affirmé sur son lit d’hôpital en Turquie avoir vu « des centaines » de blessés, ainsi que « dizaines de morts, peut-être 100 ».
    Face à cette répression brutale, les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions directes à M. Assad, « continuent à chercher le moyen d’accentuer la pression » sur lui, a indiqué le porte-parole du département d’Etat.
    « Ce qui compte, c’est de lui faire comprendre que la pression s’accroît face à ses actes », a-t-il dit, après que le secrétaire américain à la Défense Robert Gates eut remis en cause « la légitimité » du président syrien.
    La Russie, qui a un droit de veto à l’ONU, est contre une résolution sur la Syrie où la répression a fait plus de 1.200 morts et entraîné l’arrestation d’au moins 10.000 personnes et la fuite de milliers d’autres depuis le 15 mars, selon des ONG.
    AFP




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  • maicha
    11 juin 2011 at 6 h 48 min - Reply

    Salam

    Tel père tel fils.
    C’est le ramake de Hama par l’armée Alaouite d’Assad. et dire qu’il y a des personnes qui voit en bebe doc Bechar le symbole de la résistance à israel.!!! Allah Yahdina




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  • Aghiles(El-Kseur)
    11 juin 2011 at 11 h 17 min - Reply

    Quand les déferlantes des révoltes des peuples menacent les fondations des régimes terroristes comme celui de Bechar el arnab qui n’a pas tiré un seul coup de feu sur Israël,ces derniers paniquent et commettent des carnages sur une population tenue dans l’oppression pendant plus de 50 ans !

    ======================
    Le fils du lapin du Golan a utilisé hier ses hélicoptères de combat pour tirer sur les citoyens qui manifestaient pacifiquement. Quelle bravoure !!
    Salah-Eddine




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  • Elforkan
    11 juin 2011 at 13 h 22 min - Reply

    «  »Damas poursuit sa répression du soulèvement syrien » »!!
    Le contraire, étonnerait !
    ..Si tu es fort et tu ne persécutes pas le faible, à quoi t’aurais servi ta force ?
    …Si tu es de ceux qui sont en haut et tu ne craches pas sur ceux qui sont en bas, à quoi t’aurais sévi d’être en haut ??
    …Si tu es riche, et tu n’humilies pas le pauvre à quoi t’aurait servi ta richesse ???
    …Si tu es ministre du pétrole et tu ne profite pas à remplir la chekara, à quoi t’aurait servi d’être ministre du pétrole ??
    et si tu es douanier, et tu ne demandes pas de rachwa…
    et si tu es policier et tu ne tabasse pas….
    ……

    Autrefois, on s’étonnait de l’anormal , de nos jour c’est le normal qui nous étonne !!!




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  • D B
    12 juin 2011 at 2 h 18 min - Reply
  • HAMED
    12 juin 2011 at 12 h 32 min - Reply

    la russie, et la chine perds les peuples,par contre les occidentaux gagnent les coeurs des peuples,une fois les peuples seront au pouvoir,ils couperont les relations avec ces monstres.




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  • Elforkan
    13 juin 2011 at 20 h 37 min - Reply

    El jazeera vient de montrer des images choquantes….incroyables ! quelle de la barbarie !

    Quelle lacheté ! Bechar , Kadhafi et autres fils de chiens sont-ils capables de prendre eux-même les armes et défendre leur trônes, non ils ne le peuvent pas, c’est des lâches et d’ailleurs pourquoi le feraient-ils lorsqu’ils sont capables de trouver des fils de chiens, plus fils de chien qu’eux et qui accompliront le sale boulot, à merveille… CES PLUS CHIENS QUE LES CHIENS ( militaires, chebihas, chiyatines..) sont-ils courageux ? non, évident quils ne le sont pas ! mais qui devant une vieille femme, un enfant ou un homme sans arme aurait -il besoin d’un quelconque courage pour massacrer et plaire à son maitre !!
    il y a malheureusement parmi les peuples, ceux qui ne peuvent s’en passer d’un maitre ! c’est plus fort qu’eux, c’est inné, c’est génique, un chien ne peut engendrer qu’un autre chien !




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  • Congrès du Changement Démocratique