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24 March 2017

Des milliers de retraités rassemblés hier à Alger

El Watan, 16 juin 2011

Des milliers de retraités, venus des quatre coins du pays, se sont rassemblés hier devant la centrale syndicale à Alger pour exiger une revalorisation «conséquente» de leurs pensions.

Durement affectés par la cherté de la vie, ils ne veulent renoncer à leurs revendications sous aucun prétexte, surtout pas celui du manque de liquidités. «On ne veut plus attendre la tripartite. Y’ en a marre des promesses sans lendemain. Eux se servent à volonté et nous imposent une politique d’austérité à nous seuls. Notre pays n’a pas d’économie productive. Il vit de l’argent du pétrole qui appartient à tous les Algériens. Nous voulons notre part de cette rente nationale», tonne Slimane Bouaza, un retraité qui en a gros sur le cœur. Ils réclament un dispositif capable de protéger leur pouvoir d’achat en chute libre à cause d’une dérégulation et d’un manque de contrôle du marché national. Un manque de contrôle qui favorise des augmentations généralisées des prix des produits de consommation.

«J’ai pris ma retraite en 1995 avec une pension de 9000 DA en tant que chef de section garde et sécurité de l’aéroport international d’Alger. Aujourd’hui, le salaire de celui qui occupe le même poste dépasse largement les 45 000 DA. Et moi, je perçois à peine l’équivalent du SNMG. L’écart est flagrant. Ma pension ne suffit même pas à subvenir aux besoins alimentaires », lance Mohamed Zyada, 76 ans, dont le désespoir le pousse à implorer Dieu pour qu’il le rappelle à sa dernière demeure. «J’aimerai bien que le président de la République nous explique pourquoi nous vivons dans la pauvreté au moment où l’Etat baigne dans les pétrodollars. Qu’il nous dise clairement si nous sommes Algériens ou pas», peste M. Zergade, qui regrette ce qui «arrive» dans ce «pays des 1,5 million de chouhada».

Couverture sociale insuffisante

Un retraité soulève l’insuffisance de couverture sociale dont souffre cette frange vulnérable d’Algériens. «Je suis malade chronique, ma femme aussi. Et j’ai du mal à faire face aux frais de nos soins. La sécurité sociale ne rembourse pas tout, même pas 80% de ce que je dépense. Cela à cause notamment du tarif de référence et du prix des consultations très élevé chez le privé et que la CNAS ne rembourse pas», dénonce Salah Mergui, 66 ans, retraité de l’éducation, qui réclame carrément la révision du système de sécurité sociale. Pour lui, chaque retraité doit bénéficier des mêmes augmentations appliquées au secteur dans lequel il travaillait. «Chaque année, ils nous augmentent de 4%. Mais les prix de tous les produits connaissent des hausses vertigineuses au point où nous ne pouvons plus subvenir à nos besoins les plus élémentaires. C’est intenable», lâche M. Bourahla, 59 ans, qui a encore à sa charge 7 enfants. «C’est le ministre du Travail qui bloque nos revendications, dont le Premier ministre n’est même pas au courant. Qu’il en prenne toute la responsabilité», clame Aïssa Boudjourine, un retraité souffrant d’une maladie chronique, dont la pension est de 17 000 DA. La Fédération nationale des travailleurs retraités (FNTR) a, avec le concours de la centrale syndicale, fait des propositions pour une actualisation conséquente des pensions de retraite.

Deux jours de salaire pour un kilo de viande

«Sait-on que ces retraités sont sortis, à l’époque, avec des salaires de base supérieurs à 5 fois le salaire minimum national garanti (SNMG) qui était alors de 4000 DA ? Comparées au salaire minimum actuel, ces pensions représentent aujourd’hui moins de deux fois le SNMG. Il n’y a pas si longtemps, le prix d’un kilo de viande représentait deux heures de travail. Aujourd’hui, il faut débourser le salaire de deux journées pour ce kilo de viande», relève la FNTR dans son rapport remis au ministère du Travail. Un rapport qui démontre, chiffres à l’appui, l’érosion du pouvoir d’achat des retraités. «Dans ce panorama qui comporte beaucoup d’inquiétudes, le système de protection sociale algérien a montré ses limites à atténuer les effets de la crise. Il n’a amorti que faiblement les conséquences sur les ménages en général et sur la frange des retraités en particulier», souligne-t-on dans le même rapport. La FNTR relève, entre autres, le grand écart existant entre les revenus perçus par les travailleurs salariés et les retraités. Mais si la plupart des protestataires accusent le gouvernement de les avoir délaissés, certains reprochent à la centrale syndicale de n’avoir pas suffisamment défendu leurs revendications.

Mokrane Ait Ouarabi


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4 Commentaires sur cet article

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  • Rachid
    16 juin 2011 at 18 h 02 min - Reply

    MaschaAllah il a tout dit « Notre pays n’a pas d’économie productive. Il vit de l’argent du pétrole qui appartient à tous les Algériens. Nous voulons notre part de cette rente nationale», le serpent se mordrait-il la queue ?

    Aujourd’hui tout le monde se pose la question de savoir : « Qu’il nous dise clairement si nous sommes Algériens ou pas »? et eux qui sont ils vraiment ?

    Bravo, Les anciens doivent participer au mouvement de liberté.




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  • zaftoualaft
    17 juin 2011 at 20 h 33 min - Reply

    je connais un institut où émarge un secrétaire général 73 ans (retraité ancien chef de cabinet sorti avec une retraite de 11 millions de cts) et un directeur des études 70 ans (retraité ancien directeur de la fonction publique sorti avec une retraite de 10 millions cts). Qui sont ces privilégiés qui dégustent la rente jusqu’à la lie. La retraite n’est elle pas à 60 ans dans notre législation. Ne craignent pas Dieu. Et l’Etat existe-il pour le bien des algériens.




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  • abdelkaderderamchi
    20 juin 2011 at 16 h 19 min - Reply

    l’etat royal mange la chair et jette les os aux retraités defavorisé ceux qui accusent le bon dieu de n’avoir fait profité que ceux qu’il veut de la belle vie et des biens de ce monde et l’autre de l’audela rendent les gens betes sans culture ni caractere ni personnalité meme pas le savoir pour nos enfants qui luttent avec acharnement pour pouvoir faire leur beure et leur avenir avec les cadres d’aujourd’hui je jure par dieu que je parle en tant que retraité qui a vecu toute une carriere sous les signes de l’injustice dans le travail et en dehors dans le cadre citoyen victime des abus de pouvoir emanent des administrations de l’etat de droit et de gauche des diableries impunis par la loi des partis aux pouvoir.dieu en est temoin sans parlé des avocats que j’ai engagé pour regler mes comptes dans un caractere republicain obeissant aux lois de mon pays.




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  • hamid
    16 juillet 2011 at 9 h 20 min - Reply

    je suis un retraite ,le president nous a promis 3000 da rien na été fait ,c’est un menteur 2 poids 2 mesures les douaniers entre 70 et 85 % d’augmentation ,air algerie + de 100 % toutes les augmentation sont plus de 60 % pour les travailleurs ,les seules minables et miserables sont les Retraites qui recoi 10 % . IMPOSSIBLE de comprendre ce gouvernement Maf?? un travailleur qui touche 70.000 DA ou plus il a une augmentation de 70 % ou plus , et un retraité (TELAB,MEGHBOUN) qui touche 17.000 DA ou meme 30.000 da Il a une augmentation de 10 % c’est de l’injustice c’est du DOLME ,parsque eux les ministres et le majless el klebes il travaille jusqu’a 80 ,85 ,90 ans ils ne prennent jamais de retraite c’est pour cela qu’il oubli les pauvre retraites, mais il y a une chose ils vont tous crevé comme des chiens ,a cause des gents qui dirige l’algerie.




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