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30 March 2017

Maroc: le roi engage son pays vers une monarchie constitutionnelle

La Nouvelle République.fr

17/06/2011 19:18

Le roi du Maroc Mohammed VI doit présenter vendredi soir une réforme de la constitution très attendue qui réduit certains de ses pouvoirs politiques et religieux et qui sera soumise à référendum en juillet

Ce nouveau projet de réforme, dont l’AFP a obtenu une version en arabe, propose notamment un renforcement des pouvoirs du Premier ministre qui deviendra  »le président du gouvernement », à l’instar du chef du gouvernement espagnol.
Il élargit le champ de compétences du Parlement, tout en préservant au souverain d’importantes prérogatives politiques.
Son statut de Commandeur des Croyants est ainsi préservé et en fait la seule autorité religieuse du royaume.
Le 9 mars, Mohammed VI, 47 ans, avait promis des réformes politiques pour répondre aux attentes des jeunes manifestants du Mouvement du 20 février.
Le nouveau projet constitutionnel prévoit de garantir l’indépendance de la justice vis-à-vis des pouvoirs législatif et judiciaire, et permet au  »Premier ministre de nommer aux fonctions civiles et dans les administrations publiques, dans les fonctions supérieures et les institutions, ainsi que les entreprises publiques » (article 91).
Ces pouvoirs de nomination, qui concernent les hauts fonctionnaires civils de l’Etat, sont exercés par le roi Mohammed VI en vertu de l’actuelle constitution marocaine.
Les domaines de compétence du parlement sont également élargis dans le nouveau projet de la constitution. Ils comprennent notamment  »l’amnistie générale » (article 71 du nouveau projet), qui est jusqu’à présent du seul ressort du monarque.
En matière religieuse, le projet de réforme constitutionnelle prévoit également la suppression de la disposition qui considère le caractère « sacré » de la personne du roi.
Elle a été remplacée dans l’article 46 du nouveau projet par l’expression:  »L’intégrité de la personne du roi ne peut être violée ».
Cette nouvelle expression est  »différente par rapport à la première. Car le terme +sacré+, surtout en arabe, a une forte connotation religieuse », a indiqué à l’AFP le politologue Mohamed Darif.
 »Cette nouvelle formule ne cherche pas à donner une dimension religieuse à la personne du roi mais elle met plutôt en exergue ses responsabilités politiques », ajoute M. Darif.
La nouvelle constitution doit également confirmer que l’Islam reste la religion de l’Etat et que la liberté de culte est garantie.
Le roi reste aussi le chef des armées et dispose du pouvoir d’accréditer les ambassadeurs et les diplomates.
Vendredi, la presse annonçait l’intervention du souverain:  »Trois mois après son discours +historique+, le roi Mohammed VI s’adresse une nouvelle fois aux Marocains », titre  »Au Fait », le quotidien francophone le plus lu au Maroc.
Le journal arabophone Al Massae (indépendant, plus de 100.000 exemplaires vendus par jour) insiste sur le fait que la  »nouvelle constitution préserve le caractère islamique de l’Etat et protège la langue arabe ».
L’intervention du roi de vendredi est d’autant plus attendue que l’impatience a grandi depuis son discours du 9 mars, souligne un expert.
 »Entre le discours royal du 9 mars, dans lequel il avait promis des changements, et aujourd’hui, trois mois se sont écoulés sans qu’il y ait le moindre acte politique important », a déclaré à l’AFP le politologue Pierre Vermeren.
La nouvelle loi fondamentale doit par ailleurs désigner le berbère comme langue officielle à côté de l’arabe dans ce royaume de 32 millions d’habitants.
Une grande partie de la population marocaine s’exprime dans l’un des trois dialectes de la langue amazighe, qui est défendue par la grande majorité de la société civile.

© 2011 AFP

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5 Commentaires sur cet article

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  • Liès
    18 juin 2011 at 1 h 31 min - Reply

    Salutations à toutes et à tous.

    BRAVO! Et merci pour la très bonne nouvelle.

    J’ai pressenti cela depuis longtemps.

    Je suis fier et satisfait du sérieux et de la détermination qui animent les acteurs du changement au Maroc, qui présagent de la réussite inexorable des reformes profondes engagées dans ce pays voisin et ami.

    La bonne foi et le sens des responsabilités super-élevé du Roi, la qualité intellectuelle et morale de ses proches conseillers, et la mobilisation positive de la société civile, ainsi que d’autres paramètres assurément tous aussi utiles et efficaces, tout cela agissant de manière complémentaire, dans une parfaite symbiose et orienté vers le même objectif attendu, ne peut que forcer le destin et apprivoiser les enjeux et couronner la démarche (l’entreprise) d’une éclatante et admirable réussite.

    Je suis pour le changement partout où il est nécessaire, sur cette terre.

    Dommage pour notre pays (le système et ses cupides alliés ) qui continuent de se prélasser grâce aux puits de pétrole (ressource non renouvelables) de Hassi Messaoud dans une ambiance inquiétante et éminemment dangereuse, faite de paresse, d’indigence intellectuelle, d’arrogance, de fuite en avant, et de goût prononcé pour le luxe et le confort égoïste.

    Il suffit d’un peu de NIF, d’ un peu de BON SENS, d’un peu de COURAGE, de la part des décideurs qui auront sans le moindre petit doute, le peuple dans toutes ses composantes avec eux, pour que l’Algérie devienne un BON et BEAU pays.

    Qui tient l’Algérie en otage? Ça ne peut être que le pouvoir, les vrais décideurs militaires et civils constitués en clans.

    Car penser que c’est la France, ou Israël ou les Usa qui nous refusent le changement avec ses corollaires, la démocratie et l’État de droit, ce n’est pas moins qu’une fatidique manière de se condamner à l’immobilisme et d’encourager ce pouvoir devenu dangereux, à perdurer.

    Le peuple de son côté, a certainement pris un mauvais pli, mais lui faire des reproches et lui adresser les blâmes, en occultant les vrais raisons de l’échec de la gouvernance qui sont du ressort exclusif du pouvoir, c’est faire preuve d’approximation, voire de diversion qui éloigneraient les bonnes solutions.

    On ne peut endosser l’opprobre aux élèves quand le maître d’école est dépravé et moribond.

    On ne peut faire porter la faute de la dispersion et de l’égarement aux brebis quand le berger est irresponsable, mercenaire, et incapable de se mettre en peine pour son troupeau.

    On ne peut reprocher aux enfants d’être mal ou peu éduqués quand les parents sont immoraux et démissionnaires.

    La canne est tordue par le haut, dit l’adage populaire.

    Le pouvoir (visible et invisible) ne peut se cacher derrière aucun prétexte pour justifier son incapacité ou son refus délibéré à trouver les bons procédés pour remédier à la situation qui est déplorable.

     »Koum wella Talleg » dit un autre adage de chez nous.

    Car tout a une fin, et comme le soleil qui dissipe les brouillards les plus épais, et comme la lumière qui fait reculer les ténèbres les plus obscures, la VÉRITÉ finira toujours par rattraper, confondre et disqualifier ceux qui mentent, qui trichent, qui louvoient, qui manipulent, qui corrompent, qui bradent, qui menacent, qui rusent…esclaves qu’ils sont de leur ego démeusuré et de leur absence totale de sagesse.

    Les solutions existent, elles sont élémentaires, simples, et efficaces.
    Le pouvoir et les forces vives du peuple, n’ont pas à aller les chercher très loin et très haut, ou bien recourir à des génies rares et extraordinaires pour les concevoir et les mettre en place.

    Je vous donne l’exemple du Québec, une province du Canada qui en compte dix et trois territoires.

    C’est une terre d’émigration et de mission, ou cohabitent et vivent ensemble une centaines de nationalités.

    Tout ce beau monde dans toutes sa diversité culturelle, ethnique, religieuse et autres est régit par un même CODE CIVIL.
    Tous et toutes sont des citoyens égaux devant la loi et tous bénéficient des même droit et sont soumis aux mêmes obligations.

    Tous les rapports des personnes entre eux, ainsi que leurs biens, des plus futiles aux plus importants, sont réglementés et la loi est au-dessus de tous.

    Comment et pourquoi en Algérie où vit un seul peuple avec de légères différences de croyances et d’opinions, l’État peine à se doter d’un bon recueil de lois et peine d’avantage quand ces lois existent à les appliquer avec impartialité et justesse sur le terrain?

    Excepté les gens du pouvoir et quelques cercles privilégiés, il n’y a pas un seul algérien ou algérienne qui n’a pas un bien spolié ou un droit bafoué.

    Le problème n’est pas que la tâche de la pratique de la justice et du droit, est difficile ou impossible.

    Le problème est que les pouvoirs publics manquent de volonté et se sont compromis jusqu’à l’engourdissement, avec les délinquants et les fossoyeurs, qui étaient naguère la lie de la société par leur médiocrité et leur incompétence, qu’ils ont promus et en avaient fait des alliés.

    Tant va la cruche à l’eau…
    En continuant sur cette voie, il y a risque évident que tous vont couler ensemble.
    Le citoyen innocent et le responsable honnête, seront hélas, eux aussi du naufrage,.

    C’est cela qu’on veut faire éviter en faisant des appels pour le changement pacifique, et on le fait également pour cesser d’avoir honte en voyant notre pays occuper sempiternellement les derniers places en ce qui concerne la qualité de vie, la bonne gouvernance, les droits et liberté de la personne, la sécurité et le développement durable.

    On ne veut ni vos postes ni vos privilèges, que Dieu nous en préserve!

    Je continue malgré tout à croire à la sagesse des hommes et à un réel et déterminant sursaut patriotique.

    Fraternellement à toutes et à tous.

    Liès Asfour.




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  • ahmed
    18 juin 2011 at 13 h 53 min - Reply

    Ce qui se passe au Maroc est une mutation pacifique vers un système de monarchie constitutionnelle . Cette mutation,devrait intéresser toutes les monarchies arabes et les pseudo monarchies qui se disent républiques telle que la république monarchique de Syrie ou le royaume des militaires en Algérie .Aussi bien en Syrie qu’en Algérie,les pseudo rois devraient opter pour un système parlementaire où les rois s’occupent de leurs bisnes et laissent le premier ministre issue de la majorité parlementaire s’occuper du peuple et du pays . La famille Alaouite en Syrie et les généraux algériens une fois reconnues officiellement rois,lèveront une fois pour toute l’embargo qu’ils exercent sur leurs peuples depuis des années ce qui permettra aux gouvernements issus des scrutins démocratiques de s’occuper enfin du peuple .




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  • El Amal
    18 juin 2011 at 14 h 49 min - Reply

    Est ce que ce qui arrive au Maroc est endémique, ouvrons large les frontières et importons les produits
    vecteurs de cette bacterie.

    Si nos gouvernants sont immunisés cela est dû à l’entêtement et la sénilité.
    Le vent soouffle, le peuple touché par cette bactérie
    qu’on nomme « liberté » finira par la communiquer




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  • IDIR
    18 juin 2011 at 15 h 01 min - Reply
  • IDIR
    29 juin 2011 at 15 h 20 min - Reply

    MAROC
    Pour ou contre la nouvelle Constitution ?

    Par Jad SIRI
    Avocat marocain, juriste.

    publié : le 24 juin 2011

    Depuis le début des révoltes, révolutions et mouvements sociaux qui ont cours dans les pays arabes, les Marocains vont être les premiers à se prononcer sur une nouvelle Constitution. En effet, la commission ad hoc, composée discrétionnairement par le roi Mohammed VI à l’issue de son discours du 9 mars dernier, a rendu son projet de révision de la Constitution (lire le texte intégral ici [1]) qui a été validé par le Palais.

    Le monarque a par ailleurs annoncé, dans son discours du 17 juin, que ce projet sera soumis à référendum le 1er juillet, soit tout juste deux semaines après avoir été rendu public. Il a appelé les Marocains à voter favorablement au texte proposé et a invité les partis politiques à s’engager pour appeler à voter pour ce projet. Mais en fait qu’en est-il sur le fond ?

    Source : http://www.medelu.org/spip.php?article831




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  • Congrès du Changement Démocratique