Édition du
28 March 2017

Belaïd Abane. L’Algérie en guerre. Abane Ramdane et les fusils de la rébellion

Editions l’Harmattan 2008

Personnage central de la guerre d’indépendance, ABANE Ramdane retrouve enfin sa place dans cette révolution algérienne à laquelle il a incontestablement imprimé sa marque au cours des trente premiers mois, décisifs, de l’insurrection. L’homme, son engagement et son action, sont restitués dans la complexité du mouvement armé de libération, face au gigantesque rouleau compresseur de « la pacification ».

L’auteur se penche longuement sur la reprise en main d’une insurrection arrivée à bout de souffle, trois mois après son déclenchement ; sur l’implantation de la lutte dans les villes et le Congrès de la Soummam. Ce dernier à la fois boussole et pavillon de la révolution algérienne, fut assurément le moment et le lieu pacifiés du nationalisme algérien, mais aussi le début d’une brouille irréversible entre ses dirigeants. L’auteur s’attarde également sur l’attente pathétique des communistes algériens, longtemps tenus à l’écart par le FLN, avant d’être intégrés dans la lutte ; sur la descente aux enfers des messalistes et la tragédie de la guerre fratricide qui les opposa aux frontistes ; et s’arrête plus longuement encore, sur ce tournant politique majeur de la guerre, que fut « la bataille d’Alger ». Tous ces événements auxquels le nom d’Abane Ramdane reste indissolublement lié. Comme lui sont également attachées pour l’Histoire, l’unification des forces algériennes, la réalisation de l’unanimité nationale pour l’indépendance, et l’organisation d’une insurrection hésitante à ses débuts, en guerre nationale de résistance, prélude à la victoire sur le colonialisme.
Le retour aux racines du conflit -la conquête, l’occupation, la domination coloniale, et leur férocité multiforme- et le regard critique sur les échecs de la résistance algérienne au cours du XIXe siècle, permettent à l’auteur de reconstituer les ressorts intimes de cette guerre, asymétrique mais furieuse et acharnée, que livre le FLN au régime colonial français en Algérie.

Proche parent d’ABANE Ramdane, Bélaid Abane n’a pas a priori le profil pour aborder un thème qui relève par excellence des historiens. Il appartient en effet au monde médical. Après avoir gravi les échelons universitaires, il exerce comme professeur de médecine et chef de service au CHU d’Alger, durant une quinzaine d’années.
En réalité, même si l’enseignement médical lui a pris le plus clair de son temps, l’auteur n’a jamais vraiment abandonné la casquette du « politologue » depuis l’obtention de son diplôme (1973) et de son DES (1975) de sciences politiques à l’IEP d’Alger.
Ayant vécu « les événements » de 1954 à 1962, dans un « village de regroupement » en Kabylie, l’auteur est fortement marqué par la guerre d’Algérie à laquelle sa famille a payé un lourd tribut.
Bélaid Abane qui vit en France depuis une dizaine d’années, partage son temps entre l’écriture et l’exercice de la médecine spécialisée dans un hôpital parisien.


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