Édition du
26 July 2017

Université : Entre la soupe de la recherche, l’os du LMD et le principe de Peter.

Zineb Azouz

Universitaire

Let us not look back in anger, nor forward in fear, but around us in awareness.” – James Thurber

 

« Ne regardons pas le passé avec colère, ni l’avenir avec  crainte, mais le présent avec enthousiasme. »

 

La fin des années soixante le psychologue canadien Laurence J. Peter énonça le principe paradoxal suivant (appelé depuis lors Principe de Peter) :

« Tout nouveau membre d’une organisation hiérarchique gravit les échelons de la hiérarchie jusqu’à atteindre son niveau d’incompétence maximale[1] ».

L’idée sous-jacente est que les promotions sont accordées aux individus les « meilleurs » mais que la compétence demandée à chaque niveau est essentiellement indépendante (ou au moins bien différente) de celle requise au niveau précédent[2].

Début 2010, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique qui a alloué un budget de 250 milliards de dinars du programme quinquennal 2010-2014 pour le développement de la recherche scientifique, vient de lancer pour atteindre ces objectifs un grand chantier, sous l’énoncé de :

Projets Nationaux de la Recherche (PNR). Il s’en est fallu de peu pour que ce soit un principe !

 

Ainsi, dans cette perspective et pour faire enfin un peu de recherche développement en Algérie, 34 PNR ont été arrêtés[3], c’est ce que vient d’annoncer la direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique (DG-RSDT).

Pour cela, tenez vous bien, pas moins de 2577 projets touchant à tous les domaines on été retenus par les « commissions d’experts », allant de  la nanotechnologie, aux sciences fondamentales, à l’histoire nationale, la préhistoire, l’archéologie et  les énergies renouvelables.

Les chiffres, notion très élastique dans notre pays n’étant jamais définitifs, ce nombre de projets risque d’être augmentés d’environ 1500 autres à l’étude par les commissions de recours.

Les commissions sont en effet très à la mode en ce moment ! Et ne me demandez pas surtout pas de vous éclairer davantage sur les mécaniques et les prestidigitations qui amènent les uns à se prononcer sur les autres et à décider de tout et pour tous.

 

Des cérémonies en grandes pompes ont ainsi été organisées  pour la signature des dits contrats de recherche, et ce, à Alger, Constantine et Oran, nous reviendrons sur ce syndrome que sans doute le principe de Peter pourra expliquer ne serait ce que partiellement et  qui touche en particulier l’université avec ces lots impressionnants de chercheurs aux sommets de la hiérarchie.

Cette fois, c’est décidé, l’université et pour reprendre les propos d’un responsable (chercheur de facto) au ministère : « les résultats attendus permettront de prendre les décisions adéquates pour le développement du pays, en citant également des priorités stratégiques comme la poursuite du programme national spatial, les énergies renouvelables et le développement du nucléaire civil (les militaires chez nous sont sympathisants de Green Peace et ne touchent pas au nucléaire, ils préfèrent les safaris du Sahel)  YES WE CAN !

5,6 milliards de dinars ont donc été débloqués et l’appel d’offres pour les PNR a mobilisé plus de 18.000 chercheurs à travers près de 3.998 soumissions de projets examinées par 15 organismes pilotes, qui ont eu à évaluer la pertinence de ces propositions de projets de recherche.

 

On se souvient en effet de ce triste épisode où faute de moyens et de laboratoires de recherche performants, 23 sacs d’ossements, patrimoine du parc du Tassili (cimetière Mankhor) envoyés dans les laboratoires de Frobenius, en vue de leur datation, n’ont jamais été rendus à l’Algérie[4].

On se souvient également du scandale des vaccins H1N1 non-conformes, pour ne pas dire superfétatoires et autres vaccins périmés[5] qui n’ont ému aucune communauté scientifique ni aucun laboratoire de recherche, encore moins nos facultés et leur lots de juristes lorsque, cerise sur le gâteau, la seule scientifique à avoir dénoncé l’arnaque et le danger a été traînée dans le boxe des prévenus, mais là, paraît il ce n’était ni un problème d’ordre scientifique, ni économique puisqu’il aurait été question seulement, je dis bien, seulement,  d’importateurs peu scrupuleux.

 

Je ne voudrais pas m’avancer trop vite, mais le développement économique et le rayonnement scientifique, ces thèmes si chers à nos décideurs new look du secteur de la recherche, peuvent ils réellement survivre, voire exister dans ce chaos et ce débridement social, moral et politique ?

 

A quoi sert d’injecter des milliards de dollars ou de dinars dans des structures sclérosées qui croulent sous la paperasse, et avec des responsables, arrogants, autoritaires et naviguant à vue qui siègent indéfiniment dans des universités où la libre expression est prohibée, où la moindre opposition est réprimée et où la plus petite critique est criminalisée ?

On ne saura jamais de quelle crédibilité et de quelles compétences disposent nos commissions pour évaluer des dossiers et des projets de recherche ou pas, ils ont été désignés pour ce faire, et ceci se passe de tout commentaire.

Ces structures croulent sous des cartons de papier et de rapports souvent illisibles, et le sérieux attendu pour apprécier, jauger et coter des travaux est souvent supplanté par des mécanismes de passe droit, de routine et de rituels. Vous retrouverez sans trop de peine les mêmes thèmes de recherche depuis 20 ans repris par les mêmes équipes, avec comme seule innovation parfois l’intégration de nouveaux membres, choisis, de préférence,  parmi les copains, les conjoints et ceux qui savent ce qu’il faut faire et ne pas faire, ce qu’il faut dire et ne pas dire pour toucher ces fameuses primes de recherche.

Bien sûr il y aura toujours des enseignants qui croient en leur métier et qui tentent d’imposer la réflexion, mais tous, finissent malheureusement par se lasser et se plier à ce cérémonial et cette cohue où se confondent formulaires, formalités et fourberie au détriment du savoir-faire et de la recherche.

Ce pays qui ne vit que de ses richesses souterraines, peut-il continuer à se payer le luxe de se passer d’éducation de qualité et de recherche ?

 

Jusqu’à quand ces façades chiffrées et ces murs de la honte qui entourent et quadrillent nos universités ?

Sans recherche scientifique, sans dynamique sérieuse de changement, ces lieux dits universitaires censés éclairer et guider la société sont aujourd’hui les chantiers de toutes les dérives, ils sont devenus les  hauts lieux de bourrage et de propagande où se bousculent les CV de tous les tartufe qui ne rêvent que de gravir ces fameux échelons que le pouvoir a prévu pour décorer ses vitrines.

Un petit siège à l’assemblée par ci, une petite nomination par décret présidentiel pas là, et c’est la consécration d’une brillante carrière scientifique.

 

Ce délestage programmé qui entretient l’université par les séminaires démagogiques, les discours creux accompagnés de data show colotés où l’on ne voit que des chiffres en constante augmentation, ce délestage n’a que trop duré et alors qu’on espérait qu’avec les récentes augmentations, de nouveaux types de comportements allaient enfin voire le jour dans la communauté des professeurs, force est de constater, qu’au contraire, les vieux démons n’ont été que trop bien nourris.

Forts de leur investissement sur les salaires, l’appas de nouvelles primes et de nouveaux « postes » a amorcé de façon pavlovienne une dynamique de gloutonnerie et d’insatiabilité redoutable et jamais observée auparavant même lorsque les enseignants pouvaient difficilement joindre les deux bouts et rêvaient à peine de posséder une petite voiture.

Au moment où les étudiants inquiets du devenir de l’université se font bastonner dans la rue, les professeurs acceptent les pires humiliations pour une prime dite de recherche.

Ces constats souffrant toujours d’exception,  je suis certaine que beaucoup parmi nos rares chercheurs sont très inquiets, mais faute d’organisation et de structuration, les voix sont timorées, timides et souvent étouffées.

 

Au moment où les intellectuels du monde entier réfléchissent aux crises, brisent les tabous, se positionnent  et sortent même dans les rues accompagner les cris de détresse de leurs peuples, les nôtres sirotent les élixirs des tyrans dans les salons molletonnés, insonorisés et hermétiques  de ceux qui ne s’encombrent d’aucun protocole pour rappeler aux professeurs leur statut « chasseurs de primes ».

Est-il raisonnable d’envisager une dynamique économique quelconque basée sur la recherche et le développement dans un pays incapable de protéger ses richesses, ses jeunes et sa monnaie, un pays où la corruption touche tous les sommets et bats tous les records, un pays qui n’a jamais connu de  processus électoral digne de ce nom ?

Attendons les résultats des nouveaux PNR, me diriez vous ?

Quand certains vont à la recherche comme on va à la soupe

 

34 dits Projets Nationaux de Recherche viennent donc d’être « lancés »,  précédés d’augmentations de salaires substantielles (du moins comparé aux précédentes augmentations et surtout aux autres secteurs), 900 laboratoires de recherche, des enseignants au grade de professeur en nombre croissant voire exponentiel, des primes de recherche atteignant jusqu’à trois fois le SMIC,  et pourtant, et pourtant, une université qui reste, et selon plus d’un critère, médiocre, au point d’être parmi les plus mal classées y compris en Afrique[6].

 

A titre indicatif, il faut savoir par exemple que sur le Top 100 des universités Africaines, la première université Algérienne n’arrive qu’au 49ème rang !

 

Par pudeur, je n’oserai pas vous citer de classement en dehors de l’Afrique !

 

Comme le dit si bien un brillant mathématicien interrogé à propos de cette prime de rechercher et de l’université en général :

 

N’est il pas aberrant d’accorder une prime de recherche à des enseignants-chercheurs ? Est-ce que dans leur statut il n’est pas spécifié que c’est une part importante de leur activité ?

Malheureusement, dans le brouillard dans lequel nagent les cerveaux de nos dirigeants (et non décideurs), je pense que ce n’est qu’un moyen d’acheter la paix…créer 900 laboratoires de recherche est une question d’aligner un chiffre, je pense qu’on pourrait même en créer 3 fois plus, soit 2700, il suffit de permettre à toute équipe de 4 personnes de se constituer en Labo.

La notion de niveau de ridicule n’étant pas linéaire, cela ne l’étonne pas du tout.

 

C’est le même climat qui prévaut à l’université depuis des années, où se succèdent grèves et malaises, scandales de tout genre[7], réformes et contre réformes, fuite des enseignants et des étudiants, dévalorisation des diplômes, absence de moyens et où les équipes dirigeantes, en parfaites répliques de tout ce qui fait le pouvoir dans ce pays, agissent par clanisme, encourageant médiocrité et vassalité, autoritarisme et gestion arbitraire.

Cette université budgétivore qui matraque ses étudiants, couvre et couve toutes le dérives, allant du plagiat, aux faux diplômes et bien sûr aux titres de professeurs offerts par décrets et parfois à des enseignants sans baccalauréat, cette université dont les responsables nommés à vie censurent et excluent du débat tous ceux qui refusent d’appliquer ou d’acquiescer et de se ranger derrière eux, se veut aujourd’hui moderne et tournée vers la recherche scientifique.

 

Les enseignants CHEFS de PNR ont été invités, pour ne pas dire convoqués à signer des contrats de recherche au cours d’un cérémonial presque initiatique, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il se voulait froissant, et n’ayons pas peur des mots, avilissant pour des enseignants à qui on a tenu à rappeler les conditions draconiennes, voire kafkaïennes de ces contrats, s’apparentant au pointage et aux pires paperasseries.

Il est par exemple exigé de remplir des « cahiers »  chaque semaine !

 

Le monde de l’Algérien ordinaire, contrôlé par les réseaux du mensonge et de la vanité découvre depuis peu que le pouvoir, en plus de toutes les armes dont il dispose, se paie le luxe de mettre à son service des « professeurs » et des dits « chercheurs », c’est-à-dire de hauts diplômés que personne ne pourra traiter d’analphabètes comme ce fût longtemps le cas chez nous.

Un peu comme une énième revanche pour mieux écraser ce Ghachi et en toute bonne conscience puisque la science et ses médailles et les experts et leur monde (celui des commissions)  auront parlé et surtout pensé pour nous !

 

Or la réalité, pour la comprendre, le monde toujours ordinaire n’a pas besoin de faire ou d’avoir fait Saint-Cyr, il voit la détresse de nos diplômés, les cris de nos médecins résidents et la rage de nos étudiants en LMD.

 

Licence, Master, Doctorat : LMD, dites vous ?

Pour rappel, le système LMD (Licence Master doctorat) est un projet rapporté dans les valises Parisiennes de Bouteflika en 2003 sous prétexte de nous mettre aux normes européennes, un argument hautement autistique  pour ceux qui ne semblent pas voire  chaque jour nos barques de harragas hors normes, nos fuites de capitaux énormes et tous ces indices de misère humaines et de précarité que subissent les Algériens.

Sans que l’on ne sache jamais pourquoi les pays développés veulent s’encombrer de canards boiteux, il a été décidé de nous aligner sur l’UE et le monde en général, tels des trous absorbants nous avons tout calqué, dans la forme bien sûr !

 

Ainsi, et pour des raisons que la raison ne connaîtra jamais, ce système est appliqué  alors que le ministre est en campagne électorale à l’époque, à coups d’injonctions sans nuances et avec presque une brutalité et une célérité jamais observée auparavant.

Dûment appliqué par des recteurs et des responsables qui n’avaient d’autre choix que de s’exécuter tels des sergents s’ils voulaient bien sûr être maintenus en poste et ne pas subir les foudres de ceux qui les nourrissaient, le LMD est entré par effraction.

Evidement, liberté de la presse et libertés syndicales obligent, aucun mot n’est soufflé sur les véritables enjeux de cette mascarade décriée y compris en Europe et qui n’est que le corollaire du processus de Bologne dont le but officiellement est de construire un espace européen de l’enseignement supérieur mais dont les objectifs inavoués ne sont autres que de marchandiser le savoir dans une logique utilitariste très dangereuse et aux effets à long terme incommensurables.

 

Quand on voit les dégâts des logiques normatives et faussement unitaires en Grèce, au Portugal et ailleurs et dont le but était aussi de mettre tous les pays Européens sur les mêmes normes et la même monnaie, je vous laisse un seul instant imaginer la débâcle et les ravages de telles réformes dans un pays comme l’Algiré !

 

L’autocratie et le caporalisme par la production scientifique

 

Définitivement acquise aux modèles des titres, de la gestion des carrières et surtout des ego par la hiérarchisation excessive de la dite production scientifique sans réflexion ni débat autour de cette fameuse quantification des compétences ; sans ossature ni structures scientifiques sérieuses, autonomes et pouvant un tant soit peu étayer les référentiels, et sous l’impulsion des nouvelles directives calquées surtout sur le modèle français et trempées dans les modes de pensées militarisées, l’université avec ses enseignants s’est entourée d’un danger d’une toute autre nature.

 

Au moment où ailleurs les remises en cause vont bon train et où ce qu’on appelle la BIBLIOMETTRIE  interpelle toute la communauté scientifique, notre université semble définitivement embourbée dans cette course effrénée et infernale vers les titres dont le seul but est la promotion aux sommets de cet amas qui se pense et se veut pyramidal.

 

L’université est en réalité dirigée sans le moindre critère crédible pour une évaluation des compétences, certes il y a des commissions et surtout des commis, des conseils scientifiques dont la disparité dans les modes de fonctionnement n’est plus à prouver, des structures qui fonctionnent par cooptation, copinage et consensus boiteux, mais à ce jour, la communauté scientifique reste incapable de se structurer et de s’investir dans le sens d’une émancipation et d’un projet commun pour dégager d’abord des objectifs et réfléchir ensuite aux moyens d’apprécier, d’estimer voire d’arbitrer des résultats et  des travaux.

 

 

Le centre nationale de recherche en mathématiques par exemple qui a réquisitionné les meilleurs et les plus sincères ne risque pas de voire le jour et son projet ne sortira des tiroirs que si preuve est faite que ceux qui y siègeront n’opposeront aucune résistance aux NON-projets des décideurs, n’exprimeront aucune velléité d’autonomie et de souveraineté et ne s’interposeront jamais pour dénoncer ou critiquer les politiques d’enseignement et de recherche.

 

Depuis peu un discours faussement internationaliste impose par exemple (en plsu du LMD) et dans une ambiance aussi biaisée et aussi frelatée, la notion du dit  facteur d’impact (Impact Factor : IF), une sorte de mesure de l’importance d’une revue scientifique en fonction du nombre de fois qu’un article publié est cité ailleurs et qui est calculée chaque année par l’Institute for Scientific Information (ISI) pour chaque revue suivie.

Pourtant, et comme le rappellent  à chaque fois les chercheurs, à titre d’exemple, les deux revues scientifiques considérées les plus prestigieuses et qui sont Nature et Science, ont toutes deux des facteurs d’impact autour de 30, alors que nombres de revues de domaines spécialisés de très haut niveau, et faute de lecteurs ont des facteurs d’impact inférieurs à 5 !

Au-delà de l’hégémonie anglophone qui sanctionne de très bonnes revues notamment en sciences sociales, dans certains domaines, les chercheurs se retrouvent obligés de bricoler en tronçonnant leurs résultats afin de multiplier le nombre de  publications.

 

La crainte de se faire humilier par le collègue qui accède aux dits rangs magistraux, car il faut bien le comprendre, c’est en ces termes que sont perçues les rapports et les responsabilités chez nous, c’est-à-dire par l’exercice du pouvoir au sens strict et restreint du terme, cette crainte a généré les pires dérives comportementales et les déviances les plus marquantes de cette décennie, et ce à l’évidence,  au détriment d’une pédagogie débrayée et relayée au second plan, puisque non valorisée et donc non CAPITALISABLE.

 

Peu importe ce que vous faites en classe, puisque vous publiez paraît il !

 

Ainsi, il n’est improbable de retrouver les meilleurs enseignants parmi les moins titrés.

 

Le principe de Peter prend pleinement son sens parmi des décideurs et des acteurs qui en ignorent l’existence et continuent à croire qu’en réinventant le fil à couper le beurre, ils auront gagné la bataille de la science et de l’autocratie par les titres scientifiques.

 

Questionnaire

 

En conclusion, nous avons tenu à étayer ce papier par un questionnaire présenté à des professeurs Algériens dont certains n’ont pas eu le choix que de travailler actuellement dans des laboratoires de recherche à l’étranger (et même souvent dans les meilleurs), non sans avoir tenté et à plusieurs reprises de jeter les pont pour être un tant soit peu utiles à l’université Algérienne.

 

Leurs expériences ont toutes été confrontées, et selon leurs propos, à la médiocrité des responsables et des chercheurs sur place, à l’aveuglement  et à l’autoritarisme ambiant.

 

Notre enquête ne se targue pas d’être exhaustive, mais les chercheurs contactés semblent tous malheureusement d’accord pour dire que la qualité fait gravement défaut et que l’argent injecté bien que nécessaire, sans les gestionnaires qualifiés, ne sert à rien, si ce n’est bien sûr à renflouer les statistiques et les poches des intermédiaires et autres importateurs qui gravitent autour de l’université.

 

Leurs réponses sincères et sans détour nourries d’une longue expérience méritent d’être lues et relues.

 

Je tiens auparavant  à rappeler ces deux phrases qui m’ont particulièrement interpellée et même suggérée le titre de ce papier, c’est celles d’un professeur très apprécié à l’USTHB et ailleurs qui les a citées dans ses réponses à mon questionnaire :

 

Loin de la réalité du terrain, dénués de toute humilité, ces systèmes n’ont jamais pensé au principe de Peter.

A la question si les la recherche scientifique est toujours possible en Algérie : Oui, heureusement,…même les terres les plus arides donnent les fruits, …il faut savoir les cultiver !

 

Nous avons joint un résumé de réponses, pour chaque question nous présentons au moins deux réponses.

 

  • Avec les mêmes équipes, les mêmes mécanismes, les mêmes visions méprisantes et déconnectées des réalités et surtout cette illégitimité qui ne trompe plus personne, couplée à cet acharnement à réduire au silence toute velléité de compétence , selon vous, est-ce encore possible et surtout crédible ce discours sur la recherche scientifique  ?

Il y a un parallèle strict entre ce discours et le discours « politique » général. Exactement, comme il n’y a qu’une démocratie de façade, il n’y a qu’une recherche de façade. La mascarade est peut-être plus ample et plus subtile dans le cas de la recherche. (Il y a bien sûr des exceptions dans les deux cas).

 

خطاب السلطات من أعلى الهرم إلى أسفله الخاص بالبحث العلمي (وأيضا بأمور أخرى ذات صلة بالبحث، مثل التربية والتعليم بكل مستوياته) سيئ للغاية وينبغي التنديد به بكل قوة. سيئ لأنه كان ولا يزال ديماغوجيا بشكل لا يحتمل. فهؤلاء يقدمون دائما الكم على الكيف. وما يهم البحث بوجه خاص هو الكيف وليس الكم. فمثلا عندما تستعرض تلك السلطات قضايا البحث يسعدها أن تشير إلى مئات المخابر وآلاف المشاريع البحثية. في حين أننا نعلم أن هناك العديد من المخابر البحثية بدون مقرات، وحتى تلك التي لها مقرات جلها غير كافية حتى لتوفير مكاتب للباحثين. أما مشاريع الأبحاث التي تسيرها الوزارة فحدث ولا حرج، إذ أن كل ما فيها علاوة تمنح لكل باحث في آخر السنة، أما بقية مقتضيات البحث فغالبا ما تكون غائبة. ورغم ذلك فنحن لا نستثني من هذا النقد الباحث شخصيًا. فهو يتحمل قسطا وافرا من تردي الأوضاع. كيف يسكت مثلا عن بقية مستلزمات البحث وكأن العلاوة وحدها هي التي تهمه؟ وإذا اعتبرنا تحضير الأطروحات بحثا فلا بد من الاعتراف بأن العديد من مشاريع البحث –رغم ما فيها من عيوب- قد حفّزت الكثير من الزملاء على استكمال رسائلهم الجامعية. وهذا أمر جميل.

 

 

  • A votre avis, pourquoi les enseignants, pour la plupart des professeurs ont-ils accepté de signer ces contrats ?  Les primes alléchantes allouées en contrepartie seraient elles la seule explication ?

 

– je pense que la question de signature de ces contrats n’a posé aucun problème (de conscience) pour la plupart des professeurs.

-Il y a un préoccupation majeure du pouvoir algérien, c’est d’exhiber des chiffres satisfaisants, la quantité comptant plus que la qualité. Cette préoccupation a amené l’université à délivrer des diplômes sans consistance scientifique. Cela a amené ces nouveaux diplômés au grade de professeur sans réelle qualification scientifique. Ces derniers sont amenés pour justifier leur existence, et asseoir leur autorité, à publier dans des revues sans déontologie, à plagier, et à être       sans scrupule. Il serait intéressant, (mais naturellement impossible à réaliser), d’étudier la qualité scientifique de ceux qui se sont précipités pour signer les contrats dans des conditions lamentables, et de ceux qui ont refusé de signer le jour dit.

 

من المؤسف القول بأنه يبدو لي أن حجم العلاوة هي الدافع الأول الذي أدى بالزملاء على الإقدام على توقيع عقود البحث في إطار برنامج الوطني للبحث. وبالنسبة لي أستطيع أن أتفهم بعض الشيء هذا الوضع لولا الاستفزاز والاحتقار والإهانة التي كان هؤلاء الزملاء ضحيته من قبل القائمين على هذا البرنامج وأخص بالذكر المدعو’سلامي’ الذي جمع رؤساء المشاريع بالآلاف في الوسط والشرق والغرب معتبرهم كالقطعان في مهرجانات فلكلورية لا داعي لها… سوى لإشعارهم بأنهم أقلّ بكثير مما يدعون وأنهم تحت رحمته عاجلا أم آجلا…

 

  • La recherche scientifique dans notre pays, est ce  possible ?

 

-Il y a plusieurs niveaux de recherche.

Sans recherche, l’université devient un lycée ;  il est indispensable d’assurer un niveau minimal.

Sans que ce soit une recherche pure, des projets technologiques ciblés seraient possibles.

En termes d’innovation pure, c’est une affaire d’hommes, c’est-à-dire essentiellement, une activité individuelle…

Bref, une vraie recherche pourrait engager un petit pourcentage (10%, disons) ; un autre niveau d’activité assimilée est à imaginer pour le reste (90%).

-La recherche scientifique est toujours possible en Algérie. Le budget consacré à la recherche est à mon avis très important. Le problème c’est que nous n’avons pas de gestionnaires compétents pour faire mener cette recherche à bien. Les gestionnaires pensent qu’il suffit de donner l’argent pour que tout aille très bien, tout en continuant à mépriser le chercheur (je n’explique cette contradiction entre donner beaucoup d’argent et dévaloriser la personne que par     l’incompétence des gestionnaires, quand bien même certains d’entre eux sont de bonne foi). Ce qu’il y a, c’est que plus il y a de professeurs sans réelle formation scientifique, plus la réparation des dégâts est longue et difficile.

 

 

هل البحث العلمي ممكن؟ نحن واثقون بأن هناك بضعة مئات من المشاريع العلمية التي يشرف عليها زملاء في جامعات الوطن تستحق التقدير والتنويه. وسواء توصلوا إلى نتائج مرموقة أم لم يتوصلوا فلو ظلوا على تلك الطريقة لتمكنوا من الوصول ذات يوم. ولذلك لا بد من تشجيع هؤلاء أيما تشجيع. لكن هذا التشجيع لا يتم بتشجيع الرداءة في آن واحد، وهذا بوضع تلك المشاريع في نفس مقام مشاريع أخرى تشتم ضحالتها ورائحتها الكرهة من عناوينها.

 

 

Toute une panoplie de notions et critères scientifiques, de normes, de classement, de performances du chercheur par des publications dans des revues scientifiques dite ‘’cotées’’ ou à fort Impact Factor,  est en train de s’imposer et d’accompagner cette politique de réforme de l’université.

 

  • Au-delà des référentiels qui peuvent toujours être remis en cause, pensez- vous qu’il existe actuellement à l’université Algérienne des critères crédibles pour évaluer les compétences et la qualité des chercheurs ?

 

-Non, l’erreur objective dans tous ces critères est si importante que leur application devient superflue.

-Il ne peut y avoir des critères crédibles pour évaluer la compétence et la qualité des chercheurs, et  en même temps chercher à faire progresser le nombre de professeurs à une vitesse qui dépasse tout raison.

 

نعتقد أن المشكل ليس في وجود المعايير بل في تطبيقها. كيف مثلا نتصور زميلا يقيّم زميلا له في نفس الجامعة أو قريبا منه؟ هل يمكن في هذه الحالة أن يكون هناك حد أدنى من الموضوعية مهما كانت كفاءة ذلك الخبير؟ هل يمنع علينا الاستفادة من الخبرة الأجنبية مثلا؟ هذا لا يعني أنه ليس لدينا كفاءات تقوم بذلك. نحن نعلم أن دولا مثل الأردن أو السعودية وغيرها من بلدان العالم الثالث (حتى لا نضرب مثلا بدول متقدمة) تطلب خبرة الأجانب من كل الدول حتى في ترقية أستاذ مساعد إلى رتبة أستاذ محاضر ومن رتبة أستاذ محاضر إلى رتبة أستاذ. ومن بين هؤلاء الخبراء جزائريون يعملون بالجزائر… هذا دليل آخر على وجود كفاءات عندنا إن كان هذا السؤال مطروحا.

 

  • Qui selon vous, est habilité à définir les priorités en matière de recherche dans un pays ?

 

– Il ne serait pas déshonorable de copier d’autres pays ?

 

-Les priorités doivent être définis par des politiques (sérieux). La mise en pratique doit être faite par un commission composée en partie de politiques et en partie de scientifiques (compétents)

 

من المعلوم أن في كل بلد هناك خبراء علميين مستشارين لدى أصحاب القرار من السياسيين. ويعتمد القرار السياسي هنا على خبرة أهل العلم. بمعنى أن الذي يعلن عن الأوليات في باب سياسة البحث العلمي هو « السياسي »، لكن ذلك يعكس توجيه أهل العلم (الخبراء العلميين).

 

 

  • Peut-on évaluer la recherche sans être capable d’évaluer les diplômes délivrés par l’université ?

 

On ne peut pas en même temps, donner une formation au rabais à l’école, au lycée, et à     l’université, donner des diplômes au rabais, et exiger une recherche compétente. Ceci est un tout qui relève donc de la politique, et personnellement, pour le moment, je ne pense pas que le pouvoir actuel ait la volonté ou le courage de redéfinir sa politique dans ce domaine.

 

يبدو لي أنه يمكن تقييم البحث بمعزل عن تقييم الشهادات. فالبحث يمكن مثلا تقييمه بالحكم على أصالة النتائج التي توصل إليها، أو بالنواة البشرية التي كونها في اختصاصه. أما تقييم الشهادات فهو موضوع آخر حسب ما يبدو لي. يمكن تقييمها بالمستوى التي كانت فيه قبل 10 أو 20 سنة في نفس البلد. كما يمكن تقييمها مقارنة بشهادات الجيران التي تحمل نفس التسميات ونفس المؤهلات. ويمكن أيضا تقييمها بالحاجة التي تفي بها. فنحن بالمدرسة العليا للأساتذة مثلا نكوّن أساتذة للتعليم الثانوي والمتوسط. إن كان مفتشو التعليم ومسؤولو المؤسسات راضين عن أداء خرّيجينا (مقارنة بأداء غيرهم) فإننا سنقيّم شهادة المدرسة تقييما إيجابيا، والعكس بالعكس.

 

 

  • La liberté d’expression, de réflexion, de réunion et d’initiative sont prohibées à l’université, selon vous est ce une fatalité irréversible et est ce une exigence incontournable pour redynamiser l’université ?

 

– Ces libertés pourraient redynamiser  l’université sur le plan culturel, mais pas nécessairement sur le plan de la recherche scientifique.

-La prohibition dont vous parlez ne vise pas spécialement l’université, mais  fait partie d’un tout, qui est que le pouvoir, ne peut accepter que ce qui ne le met pas en danger. Ainsi, par exemple, l’élection des instances de l’université, ferait certainement améliorer la gestion de l’université, et la qualité des enseignements; cependant, beaucoup d’élus n’accepteraient alors pas les diktats du pouvoir et refuseraient les incohérences, d’où l’opposition à toute élection.

سؤال لا يطرح إذ لا شك أن حرية التعبير والمبادرة أمر أساسي في كل مكان، وبوجه خاص في الحرم الجامعي. وبدون ذلك تفقد الجامعة (جامعة الأفكار) ركيزة أساسية ولا يمكنها أداء مهمتها على أكمل وجه. ولسوء الحظ فالجامعة عندنا بحاجة ماسة إلى هذا النوع من الحريات.

Zineb AZOUZ,

Le 26 Juin 2011

 

 

 

 


[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_de_Peter

[2] Une récente étude menée en 2010  à propos du principe de Peter dans les milieux académiques rappelle :

Donner une vision quantitative de ce qu’est la compétence est dangereusement proche des évaluations quantitatives fort à la mode ces temps-ci. Les lecteurs pourront aussi se demander dans quelle mesure ces résultats s’appliquent au monde académique (ou à la structure hiérarchique qu’ils connaissent le mieux) : pour semer un peu plus (?) le trouble, on ne  manquerai pas de rappeler que les promotions actuelles dans le monde académique (mais aussi dans d’autres structures) du niveau n au niveau n+1 tiennent terriblement compte du fait que l’individu au niveau n consacre déjà ou non une grande part de son activité à des tâches ou des responsabilités qui — stricto sensu — sont normalement exercées seulement au niveau n+1

[3] http://www.nasr.dz/pnr-organisme.htm

[4] Voir, « Accusations légères pour un gros scandale : affaire Frobenius » In Liberté 04-04-2006

[5] http://hogra.centerblog.net/6582603-affaire-qui-cache-le-scandale-des-importations-de-vaccins


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31 Commentaires sur cet article

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  • A.L
    1 juillet 2011 at 13 h 17 min - Reply

    Le budget alloué à la recherche est important parce que le nombre de prof-chercheurs a augmenté de façon considérable .Il est destiné à les équiper en loupes importées en vue de retrouver l’aiguille qui s’est perdue dans une botte de foin.Et c’est tout ce beau monde qui s’y met de bon coeur.C’est la nouvelle théorie de Mater,qui préconise la recherche en position couchée,si possible en rampant.Vu le nombre;on finira par trouver,à coup sûr.
    Merci Mme pour ce papier de la dignité.




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  • Boubaker-Khaled Sadallah
    1 juillet 2011 at 15 h 52 min - Reply

    Mme Zineb dit : « Leurs expériences ont toutes été confrontées, et selon leurs propos, à la médiocrité des responsables et des chercheurs sur place, à l’aveuglement et à l’autoritarisme ambiant ».Il n’est pas juste de mettre tout le monde dans le même sac (je parle des « chercheurs »). Je connais personnellement de brillants chercheurs qui sont restés sur place jusqu’à ce jour et se battent comme ils peuvent.
    Il serait ingrat de ne pas leur reconnaitre ce sacrifice. L’un de ceux là, appartenant à une université de l’ouest du pays, un mathématicien de renommée internationale a publié en 12 ans près de 300 articles (exactement 285 articles)dans des revues indéxées par l’American Mathematical Society!!




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  • diegol
    1 juillet 2011 at 16 h 30 min - Reply

    salam alaikom;

    merci infiniment Mme pour ce papier.

    merci.




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  • Zineb Azouz
    1 juillet 2011 at 17 h 42 min - Reply

    Monsieur A.L, Monsieur @diegol,

    C’est moi qui vous remercie d’avoir pris la peine de me lire, le texte est en effet long

    Monsieur Boubaker-Khaled Sadallah,

    Je m’honore sincèrement de vous retrouver ici et suis désolée si ma phrase a pu laisser sous entendre que je mettais tout le monde dans le même sac, vous êtes mieux placé que moi pour savoir, et comme je le dis dans mon texte que tout constat souffre d’exceptions.

    C’est justement dans l’espoir de distinguer et d’affiner les métriques d’appréciation que j’ai aussi rédigé ce texte.
    Le grand drame vient justement du fait que nous regorgeons de potentialités.

    Les constats que nous vivons à l’université et qui tuent petit à petit le métier relèvent d’une situation dans laquelle tout le monde est acteur, mais personne ne peut prétendre faire de l’appréciation ponctuelle au cas pas cas.
    Vous avez vous même rédigé un excellent texte suite aux augmentations de salaires des enseignants en sachant pertinemment que tous n’ont pas réagi de la même manière.

    Nul besoin de citer des exemples cher professeur, vous êtes trop modeste, il suffira au lecteur de consulter vos travaux et vos efforts consentis pas seulement pour publier dans des revues spécialisées mais aussi dans ce qui touche au domaine de l’enseignement des mathématiques (vulgarisation, traduction, histoire,….)

    Pourtant, je reste frustrée de voir comment les rares compétences se laissent à ce point envahir et mener par toute cette horde d’incompétents assoiffés de pouvoir sans oser réagir et dénoncer.

    J’espère avoir apporté les clarifications et atténué un tant soit peu votre regard rigoriste sur cette phrase.

    Très cordialement,
    ZA




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  • A.A
    1 juillet 2011 at 18 h 16 min - Reply

    @Mr Saadallah
    285 articles en 12 ans, ça fait 23.75 articles par an, soit 1,98 articles par mois. Je crois que ces chiffres confirment les propos de l’article.




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  • D B
    1 juillet 2011 at 19 h 43 min - Reply

    Merci Zineb pour cet article éclairant. La Recherche, dans notre pays, n’est pas près de voir le jour. Les rares universitaires qui s’obstinent, à leur honneur, de rester dans leur pays, pour tenter de lui venir en aide, évoluent dans un désert aride. La Recherche a besoin d’un terreau fertile, pour se développer. Elle a besoin d’un environnement, et d’un contexte favorable, où tous les secteurs de l’activité nationale sont « normaux », si je puis dire. On pourrait lui allouer des centaines de milliards de dollars qu’elle ne s’en porterait pas mieux. Les Chercheurs qui s’expatrient ne le font pas de gaieté de coeur. C’est parce qu’ils n’ont pas le choix. En plus du climat mortifère qui les pousse à l’exil, les chercheurs sont malheureusement piégés dans un Ordre mondial inexorable, qui ne leur laisse qu’un seul choix, s’ils veulent aller au bout de leurs objectifs: Accepter de vivre et de travailler dans les pays mêmes qui imposent cette logique injuste. Les pays pauvres payent leur longue et laborieuse formation, et lorsqu’ils deviennent « utiles », ils rejoignent, parfois la mort dans l’âme, ces pays qui restent leur seule possibilité de pouvoir faire leur travail. C’est comme ça! Et au point où nous sommes, ça le restera encore longtemps.




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  • amel
    1 juillet 2011 at 21 h 12 min - Reply

    Constat affligeant mais oh!combien vrai
    Merci Zineb , cette mascarade dure depuis un bon bout de temps ,bien avant les fameuses augmentations .Des centaines de laboratoires de recherche qui ont englouti des milliards mais qui n’ont rien produit de palpable,pire ,l’argent a servi à des stages de villégiature,ou encore comme ce labo de sciences humaines dont le directeur se vantait d’avoir la plus belle structure scientifique car l’argent de la recherche avait été utilisé essentiellement à l’achat ostentatoire de salon Louis XIV, de gadgets technologiques, jamais utilisés etc;;;quant aux stages de formation,un grand nombre de professeurs(qui n’ont jamais rien professé de bon pour leur pays)en exigent un chaque année pour se rendre à la Mecque via la Syrie, rares ,même très rares sont ceux qui demandent des congés scientifiques pour aller communiquer
    Alors ma chère Zineb ,tout ce que vous venez d’exposer n’est qu’un empan de l’iceberg qui ne cesse de fondre




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  • hakimM
    1 juillet 2011 at 21 h 19 min - Reply

    De l’argent jeté en milliards pour aucune productivité, aucune efficacité.
    De l’argent injecté pour acheter les universitaires et les faire taire.
    L’essentiel n’a pas été dit : Les vrais chercheurs sont marginalisés, ils n’ont aucun poste de chercheur ou de professeur. Ils sont a l’extérieur de la recherche blasés par des opportunistes de niveau très faible qui sont devenus des maitres de conférences et des professeurs. Tout est a l’envers en Algérie, les vrais chercheurs sont en bas et les faux chercheurs a un centime sont professeurs.
    Pour être chercheur, il faut avoir de la passion, du génie, et des travaux profonds.
    80% des maitres de conférences, professeurs et chercheurs n’ont aucune de ces qualités, ils ne sont que des administrateurs verreux, qui ne font que des copie-coller.




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  • Boubaker-Khaled Sadallah
    1 juillet 2011 at 21 h 21 min - Reply

    @ A.A
    Merci pour la remarque qui me permet de rectifier le nombre de publis de ce mathématicien exerçant toujours en Algérie : il s’agit de 284 articles au lieu de 285 (recensés dans la base de données http://www.ams.org; comme l’accès à cete base nécessite un abonnement, je peux mettre à la disposition du LQA la liste de tous ces travaux tels qu’ils sont présentés dans cette base)! Il est à signaler que ces 284 articles sont publiés avec pas moins d’une trentaine de coauteurs, donc l’opération qui vous a donné 1.98 articles/mois ne signifie pas grand chose. Et puis, de toutes les façons, ce n’est pas tellement le nombre d’articles publiés par un chercheur qui donne un sens à sa recherche (il s’agit d’un simple indicateur parmi bien d’autres)… il y a aussi la qualité du travail. Etre indexé par l’AMS est un autre indicateur. Je peux ajouter à propos de ce chercheur de l’université de BelAbbes qu’il est dans le staff (l' »editorial board ») d’au moins 5 revues internationales, et il n y a pas que cela dans son CV ! Quand on sait qu’il accomplit toutes ces taches tout en travaillant dans les conditions décrites dans le papier de Zineb, je dis qu’il mérite mieux que de le mettre dans le « grand sac » où l’auteure a mis tous nos chercheurs. Sinon je suis parfaitement d’accord avec le reste de l’article.




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  • radjef said
    1 juillet 2011 at 21 h 44 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. Slt Zineb. Donc un article qui va plaire énormément à notre ami Si Ahmed Raoudjia. Un faux moudjahid illettré qui se prend pour T Jefferson, Jekkyl, Hyde et un arbitre pour diriger la recherche scientifique dans notre pays. La recherche scientifique, c’est l’histoire d’un pays ou un ministre dr es qualité en ivrognerie ( Si Abbas Ghezail connaît l’histoire de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut) qui à poussé une jeune universitaire pleine de charme et de talent à se suicider, un grand sociologue- devenu le negre de Bourdieu au CNRS – à renoncer à sa patrie, des milliers d’universitaires à s’expatrier et a s’exiler…Enfin la recherche scientifique se résume à un f 11, un 4×4 et beaucoup de nana…et zéro fehama et beaucoup béni garde à vous.




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  • Zineb Azouz
    1 juillet 2011 at 22 h 46 min - Reply

    Monsieur @HakimM,

    je ne sais pas ce qui est essentiel pour vous mais il me semble que dans le titre déjà je parle du principe de Peter dont vous ne semblez pas mesurer que l’un de ses premiers effets est justement de refouler à la queue de distribution les meilleurs.

    Mais gardons nous de faire des raccourcis et des caricatures, encore une fois il s’agit de modèles et non pas de LOIS appliquée avec certitude et déterminisme à chaque enseignant, chercheur ou pas.

    Toutes les structures du pays souffrent du même mal, de la même voyoucratie qui s’étend partout et se structure en oligarchie là où le pouvoir s’exprime et où des intérêts sont en jeu.

    Ce qui est impardonnable, c’est de voir le rôle que pourraient jouer, mais que ne jouent pas des universitaires qui n’en seraient pas moins chercheurs s’ils résistaient un peu plus et s’ils refusaient de s’adonner à ce mandarinat dont le seul but est de casser l’intelligence.

    Encore une fois et malheureusement, peu importe le nombre de professeurs compétents et méritants, et dieu sait que nous en avons, car le drame réside dans cette incapacité à imposer la moindre règle, la moindre éthique et la moindre qualité.
    A ce moment là, on ne peut plus en effet en vouloir au commun des mortels de confondre tout le monde, car aujourd’hui on ne se distingue pas que par sa compétence mais aussi par sa résistance.

    A quoi sert d’être un grand chercheur lorsque vous n’avez même pas de mot à dire ni sur les programmes ni sur les réformes, ni sur les dépenses, ni sur l’hygiène et encore moins sur les étudiants orientés vers votre classe le plus souvent contre leur grès.

    Le but n’est ni de s’insulter ni d’exhiber ses performances, mais de réfléchir à ce qui nous arrive.

    Quelle université avons nous bâtie et allons nous laisser à ces jeunes générations ?

    Cordialement,
    ZA




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  • amel
    2 juillet 2011 at 9 h 10 min - Reply

    Oui Hakim ,vous avez raison, les vrais chercheurs sont marginalisés, des professeurs de renom soumettent leurs travaux à des commissions oû siègent leurs anciens étudiants; vous imaginez un peu ! le professeur jugé par son ex étudiant ,qui de surcroît n’a jamais rien produit
    le MESRS devrait ôter les grades de professeur et maître de conférenceà tous les enseignants qui n’ont rien produit(communication internationale,polycopes,ouvrages et autres) ,vous verrez ,il ne restera pas grand monde
    Malheureusement ,ces faux « dakatirs » ont complètement gangréné les structures universitaires algériennes
    Que le MESRS exige ,comme cela se fait de par le monde,la mise sur site internet de l’intitulé et du plan des enseignements de chaque encadreur, et vous verrez un peu les cours « clownesques » qui sont dispensés par certains hauts gradés de l’enseignement
    Mais au fait:que font les syndicats du supérieur?




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  • Boubaker-Khaled Sadallah
    2 juillet 2011 at 10 h 34 min - Reply

    @ DB
    Je suis parfaitement d’accord avec vous quand vous dites que nos chercheurs d’ici « évoluent dans un désert aride ». Encore fait-il observer que ce n’est pas en quittant le pays que nos chercheurs (chargés d’une lourde responsabilité) ayant quitté le pays vont rendre ce désert fertile! Si je veux être méchant, je dirais que par ce choix ils ont contribué à ouvrir la porte à la médiocrité qui s’est bien installée dans nos universités. Je n’aime pas trop faire ce genre de parallèle, mais je le fais quand même : Que dites vous d’un combattant sincère, pendant la révolution, qui décide un jour de jeter son arme et de quitter le pays parce que le terrain n’est pas propice pour son combat?
    En ce qui me concerne, je respecte le choix de tout individu, mais je distingue parmi nos chercheurs exerçant à l’étranger 2 catégories :
    – Une catégorie qui, même de l’étranger, n’a jamais cessé d’apporter sa contribution à la formation des jeunes d’ici et à développer la recherche dans nos universités. Celle là, elle mérite tous les honneurs.
    – Une seconde catégorie qui est partie et ne veut plus entendre parler de ce pays.
    Dans cette catégorie, il y a une sous catégorie que je ne peux respecter, il s’agit de celle qui se voit hautement qualifiée pour se placer au dessus de tous et, du coup, ne rate aucune occasion pour dénigrer les collègues d’ici sans nous montrer ce que elle, a apporté au pays! Aussi, je ne peux pas être tout à fait d’accord quand vous postulez que « Les chercheurs qui s’expatrient ne le font pas de gaieté de coeur ». J’en connais un nombre non négligeable parmi ces collègues pour lesquels ce postulat ne s’applique pas. Ceci dit, je partage entièrement votre avis quant à la responsabilité du pouvoir.




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  • Ali DERBALA
    2 juillet 2011 at 20 h 52 min - Reply

    Dans les pays développés, on construit des Universités et on fait de la recherche pour créer de la  » Richesse « .
    Les caisses du Trésor public sont pleines à un niveau déclaré de 150 Milliard de Dollars en attente d’être dilapidés!
    Ces budgets votés et débloqués pour la recherche n’arriveront jamais entre les mains de vrais chercheurs. Pour chaque projet PNR, 1.500.000 DA seront débloqués pour l’achat de matériels.
    Pour acheter ce matériel, un canevas a été mis à la disposition des chercheurs pour pouvoir puiser et épuiser ce montant.
    C’est une vraie « montagne russe » à escalader !
    Les seuls chercheurs qui arrivent à gérer financièrement leur laboratoire sont les chercheurs « introduits » ou « amis des responsables ».
    J’ai personnellement dénoncé la gestion scientifique par publication dans des quotidiens nationaux. Personne de responsable ne m’a interpellé [1, 2 et 3].
    En effet, les organismes dans l’orbite de la recherche sont : le Secrétariat d’Etat à la recherche, la Direction de la recherche scientifique et du développement technologique (Projet PNR, etc.), la direction des accords-programmes entre les universités algériennes et étrangères (projets de types CMEP), la Direction des projets rétribués CNEPRU et le ministère de la Solidarité, par son intérêt aux scientifiques algériens à l’étranger. Dans une université, qui commande la recherche, sous-entendu aussi la gestion des laboratoires de recherche ? Le recteur ou le directeur de la recherche scientifique et du développement technologique ou le directeur de laboratoire de recherche ou les chercheurs eux-mêmes ? Pour les achats de matériels, le Directeur général de la recherche scientifique et du développement technologique n’a pas de mainmise sur les chefs d’établissements universitaires, il ne peut rien devant les recteurs, des ordonnateurs principaux. Il n’a aucune autorité sur eux ! Le directeur du laboratoire ne peut même pas signer un « bon de commande » de stylos. Il y a beaucoup d’intermédiaires qui font écran et un frein entre la direction de la recherche et les responsables des laboratoires. Ces intermédiaires sont les vice-doyens chargés de la PG des facultés, les doyens, les vice-rectorats chargés de la PG, de la recherche et les relations extérieures, le Secrétariat général de l’Université (géré par un administrateur) et le rectorat. Ils ne sont nullement évoqués dans le Décret exécutif n° 99-244 du 31 octobre 1999, texte qui régit les laboratoires dans les Universités. Si ces départements doivent être avisés, ou doivent faire leur comptabilité, ce n’est qu’a posteriori et non a priori.
    Sur les ondes d’une radio locale, un revendeur de matériels administratifs et scientifiques (papeterie, bureautique, informatique etc.) a reconnu que des fonctionnaires (à fortiori chercheurs universitaires) faisaient toutes les démarchent indispensables à l’achat du dit matériels (bon de commande signé par les responsables hiérarchiques, PV de choix, factures pro-formats, bons d’acquisition, bons d’enlèvement signés etc.) pour des montants conséquents. Ils reviennent au revendeur et lui proposent de ne pas prendre la commande du matériel mais de leur donner la moitié du montant de la facture en espèces, en monnaies sonnantes et trébuchantes sans que le revendeur ne leur distribue ce matériel. Des labos de recherche ont eu de l’argent dans le cadre de leur agrément sans que les vrais chercheurs ne bénéficient même pas d’une rame de papier.
    Les problèmes de gestion des laboratoires de recherche sont la signature à temps des bons de commande et la procuration des  » 3  » factures identiques pour acheter le même matériel auprès d’un même revendeur, même des factures de complaisance!!! C’est un vrai problème combinatoire.
    Zineb, dire que : Des cérémonies en grandes pompes ont ainsi été organisées pour la signature des dits contrats de recherche, et ce, à Alger, c’est faire de l’éloge à la Direction de la recherche ou les organismes de la recherche tel l’ANDRU, etc., au contraire, ce samedi 04 Juin 2011 était une humiliation à des centaines de chefs de projets, de l’ordre de 800 personnes. Il fallait voir à Bouzaréat, comment on a demandé aux chefs de projets de signer des contrats, dans de grandes bousculades ? Même le discourt du responsable n’était pas à la hauteur.
    Je te fais remarqué que le meilleur chercheur, de grade professeur, ne percevrait (s’il a bien rempli au stylo son cahier de recherche, la nouveauté PNR) que 350.000DA/an soit 3.500 euros (ce qui constitue normalement la mensualité d’un MC français !!!).
    C’est un pays de la prédation ! Renflouer les poches, c’est tout ce qu’il faut !
    La morale est que : Les grands crimes n’ont guère été commis que par de célèbres ignorants.
    Attendons la décrue du niveau des caisses du Trésor public et à ce moment là qu’on deviendrait, les enseignants chercheurs, indispensables!

    Références :
    1. Ali DERBALA. Aperçu de la recherche algérienne. Le Quotidien d’Oran, L’actualité autrement vue, Jeudi 03 Mars 2011, p.13. http://www.lequotidien-oran.com/?news=5150030
    2. Ali DERBALA. La formation doctorale dans un laboratoire de recherche. El Watan, Mardi 26 Janvier 2010, Rubrique: Idées-Débats, p21.
    http://www.elwatan.com/La-formation-doctorale-dans-un
    La même version est parue à :
    2’. Ali DERBALA. Sur les réalités de la formation doctorale dans un laboratoire de recherche algérien. Le Quotidien d’Oran, Lundi 18 Janvier 2010, Rubrique: Débats, p09.
    http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5132555
    3. Ali DERBALA. Halte à la bureaucratie dans la gestion des laboratoires de recherche en Algérie. El Watan, en deux parties.
    – Mardi 01 Décembre 2009, Rubrique : Idées-Débats, p.22.
    http://www.elwatan.com/Halte-a-la-bureaucratie-dans-la
    – Mercredi 02 Décembre 2009
    http://www.elwatan.com/Halte-a-la-bureaucratie-dans-la,144697




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  • Zineb Azouz
    2 juillet 2011 at 22 h 43 min - Reply

    Cher Ali Derbala,

    Pour ce qui est de la dite cérémonie des contrats j’ai pourtant clairement rappelé la mise en scène plus qu’avilissante, mais là n’est pas le fond du problème.

    C’est cette déconnexion et cette passivité des enseignants qui mérite nos efforts.
    Incapables de défendre leur métier, leur dignité, leur université ils sont devenus les carpettes et les marionnettes des décideurs qui les gèrent à coup d’os et de bâtons.

    Que craint un professeur ? Le mystère reste entier pour pour moi.

    Au plaisir de vous lire.

    Cordialement,
    ZA




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  • hakimM
    2 juillet 2011 at 23 h 50 min - Reply

    @Zineb,
    désolé, mais j’ai travaillé dans la recherche 10 ans en Algérie, avant de le faire dans un pays occidental, et je sais de quoi je parle lorsque je mentionne de l’essentiel; compétence ou intégrité ou endurance doivent faire partie de qualités d’une personne faite pour la recherche ayant les qualités prouvés par l’innovation, l’originalité réelle, etc.
    En principe, lorsqu’on n’est pas fait pour quelque chose on s’en éloigne par principe et on fait ce qu’on peut faire.
    Ce que je vois dans les universités, mise a part les qualités humaines de courage et de bravoure inexistantes, c’est des sujets cherchant chèques, 3 mois de vacances 12 des heures de travail par semaine non complétées par des heures de vraies recherches comme le stipule la profession.
    Désolée, les vrais chercheurs que je connais personnellement, on les a attaqués pour qu’ils quittent l’Université ou qu’ils quittent le pays.
    C’est par copinage que les profs sont profs que les maitres de conférences sont maitres de conf. dans toutes les universités du centre de l’Algérie.
    Les incompétents ont pris les postes, les départements, les postes de décision et ont fait l’école une ‘junte’ qui ne dit pas son nom.
    Maintenant, si on donne de l’argent a tous les chercheurs bons ou mauvais, ce n’est pas mauvais, puisque les bons en profitent aussi et vont émerger. Mais j’ai vu les noms des profs responsables des labo de recherche, j’ai vomis lorsque j’ai vu ces noms.




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  • Liès
    3 juillet 2011 at 3 h 02 min - Reply

    Salutations à toutes et à tous.

    Je ne connais pas l’université algérienne pour porter sur elle un jugement critique, mais il est certain qu’elle subit les effets violents de l’environnement ou elle évolue comme institution chargée de compléter et de renforcer la formation et la recherche scientifique, mission qui se situe dans le prolongement de sa mission de base qui, elle, consiste à la production et au transfert de connaissances et technologies.

    Ces effets violents sont d’ordre politique et partisan, quand ce n’est pas les  »services » qui interfèrent dans son fonctionnement.

    Je crois que pour pouvoir donner le maximum de ce qui est attendu d’elle, l’université algérienne doit être autonome et libre des ingérences autoritaires du gouvernement ou de tout autre groupe de pression.

    Le gouvernement à le droit de faire connaître ses intentions politiques et économiques et rendre publique ses besoins dans les divers domaines où l’université aura une implication et un rôle à jouer.

    Il est client et partenaire et il lui revient dans les circonstances actuelles, d’assurer le rôle de pourvoyeur des moyens, des crédits et de la logistique dont a besoin l’université.

    Mais c’est à elle, qu’il revient librement et en toute autonomie, de définir sa philosophie et ses missions afin d’atteindre les objectifs et les performances qu’elle s’est assigné.

    A cet égard, les professeur(E)s, en leur qualité d’acteurs centraux de la vie universitaire, ont la responsabilité de contribuer avec la direction de l’institution, à l’élaboration des orientations et à la mise en œuvre concrètes des missions universitaires.

    Un climat serein et harmonieux où la compétition entre les enseignants et entre les chercheurs s’exerce sur la base de la compétence honnête et du respect de l’éthique, ne peut être qu’à l’avantage de la société et du pays qui en bénéficieront des heureux bienfaits.

    En guise de clôture de ce commentaire éclair, je salue avec joie notre compatriote @ Zineb, qui vient de faire un retour remarquable avec cet article.

    En posant sur la table cette question, elle nous fait toucher du doigt toute l’étendue et la complexité du dilemme.

    De quelque bord qu’on se situe, @ Zineb qui ne cesse de faire des émules parmi la gente féminine, pour le grand plaisir des lecteurs, reste à tous égards, le sel cristallin qui donne la bonne saveur au débat.

    Fraternellement à toutes et à tous.

    Liès Asfour.




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  • amel
    3 juillet 2011 at 8 h 36 min - Reply

    Monsieur Ali Derbala ,ce que vous dites est juste mais je pense que vous n’avez pas saisi l’aspect implicite plutôt moqueur de l’expression de Zineb « en grande pompe », elle voulait faire référence à la sempiternelle Zerda offerte à chaque occasion, et ce , depuis 62, pour faire oublier la misère morale , matérielle et bien entendu « scientifique  » dans laquelle est plongé le peuple ,en général et les intellectuels en particulier
    Ce qu »a dit Zineb est juste , et je peux témoigner de cela ,puisque qu’à l’université de Bouzaréah,il y avait un colloque international de neurosciences cognitives organisé par le Pr N.Zellal et programmé depuis longtemps, mais comme les recteurs sont désignés en fonction de leur larbinisme ,ce colloque a été « balancé » dans un hall de la bibliothèque,sans sono ,dans un état d’insalubrité indescriptible , afin de permettre la valse clownesque de la signature des dits contrats de recherche
    le recteur de l’université de Bouzaréah avait chassé la vrai recherche pour permettre à la recherche de caniveau de s’effectuer « en grande pompe  » comme l »a précisé Zineb AZOUZ
    Grande pompe ,c’est le discours pompeux mais creux des « dakatirs ,responsables qui ignorent que la recherche ne se réduit guère aux petits fours Louati ,ni aux cartables « chinoi » offerts à toutes les occasions,ni les invitations de « si flen » et « si felten » pour cautionner les dilapidations des deniers du peuple




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  • tassadit
    3 juillet 2011 at 16 h 04 min - Reply

    merci pour l’article Mme

    pauvre Algérie !!




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  • Boubaker-Khaled Sadallah
    3 juillet 2011 at 17 h 36 min - Reply

    @ hakimM
    Vous avez raison en mentionnant les qualités d’un chercheur (ou enseignant-chercheur). Là où on diverge c’est lorsque vous dites que « Désolée, les vrais chercheurs que je connais personnellement, on les a attaqués pour qu’ils quittent l’Université ou qu’ils quittent le pays. » Un vrai chercheur devrait aussi, à mon sens, avoir une autre qualité : une dose de « pouvoir résister » au choc au moment de l’attaque! Car moi aussi je connais des chercheurs du centre du pays qui ont quitté sans être attaqués. Ils ont tout simplement jugé qu’ils seront mieux ailleurs qu’ici. C’est leurs choix, je le respecte!
    J’ai cité dans un précédent commentaire le cas d’un collègue d’ici ayant un nombre impressionnant de publis qui prouve qu’il s’agit d’un véritable chercheur hors pair. Figurez-vous, qu’avec tout ce bagage, il n’a même pas été en mesure cette année d’organiser un workshop déjà annoncé (à cause des obstacles que vous connaissez)!! Cela ne l’a pas conduit à plier bagage. C’est pourquoi, je considère que ce collègue –qui mérite tous les honneurs- possède la qualité dont je parlais plus haut et qui a fait défaut à un grand nombre de ceux qui sont partis!! .
    Par ailleurs, vous dites  » C’est par copinage que les profs sont profs que les maitres de conférences sont maitres de conf. dans toutes les universités du centre de l’Algérie. » Vous êtes en train de porter des jugements très graves, gratuits et expéditifs au moment où vous vous présentez comme chercheur dans un pays occidental! C’est cela vos méthodes de recherche dans ces pays développés? Vous incriminez TOUS les collègues de TOUTES les universités du centre… Quelles sont vos preuves?! Avez-vous consulté tous les travaux de recherche de ces collègues, toutes disciplines confondues? Sinon, comment avez-vous fait pour tirer une telle conclusion? Rassurez-vous, j’exerce dans l’enseignement supérieur à Alger depuis 34 ans et je n’ai jamais été dans une commission ministérielle ni occupé un quelconque poste administratif, et à mon avis ce que vous dites ne s’applique qu’à un certain nombre de collègues, mais pas à la majorité.
    Vous dites aussi : « Les incompétents ont pris les postes, les départements, les postes de décision et ont fait l’école une ‘junte’ qui ne dit pas son nom. » Je partage cette opinion (bien que je connais quelques rares exceptions). Cela ne m’empêche pas de poser la question suivante : Pourquoi ces postes sont occupés par des incompétents? Une des raisons fondamentales (que vous ne signalez pas) est que des vrais chercheurs, comme vous, sont partis laissant derrière eux « la chaise vide ». D’où votre part de responsabilité de ce que vous êtes en train de condamner (à juste titre).
    Enfin, vous dites  » Mais j’ai vu les noms des profs responsables des labo de recherche, j’ai vomis lorsque j’ai vu ces noms. ». Là aussi vous m’étonnez lorsque vous dites que votre métier est « la recherche scientifique » et que cela nous vous a pas permis de trouver un seul nom capable de modérer vos rejets!
    Il est triste de lire de tels jugements expéditifs sur l’ensemble des collègues exerçant à l’intérieur du pays … surtout quand cela provient de la part d’un collègue aussi compétent que vous.




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  • amel
    3 juillet 2011 at 19 h 15 min - Reply

    Excusez les coquilles




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  • Malek Haddad
    3 juillet 2011 at 20 h 31 min - Reply

    la recherche scientifique est ajournée à une date ultérieure dans nos universités. Les vrais et bons checheurs sont renvoyés . Condamnés à l’errance dans les pays étrangers , ils préfèrent la galère de l’exil pour ne pas sombrer dans le stress des coups bas visant à les empécher d’avancer dans leurs recherches. Où est Malek Chebal, où est Achour cheurfi? où est Merdaci Abdelmadjid????????? et tant d’autres. Ils ont au moins la paix là où ils sont!!




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  • Zineb Azouz
    3 juillet 2011 at 21 h 39 min - Reply

    Monsieur HakimM,

    Vous semblez tout savoir sur l’essentiel pourtant le principe de Peter par lequel je commence résume très bien le phénomène qui fait que beaucoup parmi les compétents se retrouvent, comme on le dit dans notre jargon, en queue de distribution.

    Cordialement,
    ZA




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  • Si Salah
    5 juillet 2011 at 16 h 54 min - Reply
  • Adel
    5 juillet 2011 at 18 h 37 min - Reply

    Ayant quitté les bancs de l’école il y a 35 ans et ne vivant plus au pays depuis quelques années, je ne connais pas la situation présente de nos universités.

    Durant plus de 25 ans, j’ai exercé la profession d’ingénieur dans une société nationale en Algérie. J’ai donc une idée sur les contraintes qui ont toujours pesé sur les diplômés des universités et écoles d’ingénieurs dans notre pays.

    La première contrainte a toujours été d’ordre économique. En effet, pour avoir un meilleur salaire et bénéficier d’un niveau de vie tout juste acceptable selon les standards internationaux (avoir un logement et une voiture, par exemple), il est recommandé de jouer des coudes afin d’accéder à un poste de responsable-gestionnaire plutôt que d’exercer son métier de base. Ceux que cette gymnastique rebute – c’est-dire les meilleurs sur le plan scientifique – finissent par se retrouver sous les ordres de supérieurs hiérarchiques médiocres intéressés par les seuls avantages liés au poste qu’ils occupent. Dans mon domaine d’activité, les ingénieurs ont toujours été dévalorisés au profit du personnel administratif. Notre économie étant une économie rentière et nos responsables de simples adjudants chargés de la distribution de l’ordinaire, nullement préoccupés par l’efficacité, la rentabilité ou l’innovation, cet état d’esprit a fini par contaminer tous les secteurs.

    Disons-le tout net : tout le monde s’en fout de la recherche et des chercheurs. Et il faut être masochiste ou très naïf, lorsqu’on se sait doué et talentueux, pour supporter cette situation sans réagir. Lutter contre le système médiocre? De mon temps, il était plus raisonnable de vouloir décrocher la lune. La seule solution, c’était la fuite. Et je vous le dis en tout franchise : si c’était à refaire, je ne passerais pas 25 ans à moisir sous les ordres de bouffons et d’escrocs quasi-analphabètes. La science et la recherche n’ont pas de frontières et quand on a du talent, il est préférable de s’exiler afin d’aller au bout de ses capacités sous des cieux plus cléments plutôt que de moisir dans le désert de la pensée.

    L’Algérie d’aujourd’hui n’a pas besoin de chercheurs. Elle a d’abord besoin de bons ouvriers et techniciens, de bons artisans et agriculteurs, consciencieux et honnêtes. Tout ce qui lui fait défaut peut être conçu et sa réalisation menée par de bons contre-maîtres bien formés. Une fois que le pays aura atteint un niveau raisonnable dans les domaines de base, il pourra peut-être s’attaquer à la recherche de haut niveau.

    Ces propos peuvent choquer, mais c’est la triste réalité.

    Ceux qui dirigent l’Algérie aujourd’hui n’ont aucun intérêt à ce que se développe une expertise nationale dans quelque domaine que ce soit, car cela constituerait une menace pour eux. La seule activité encouragée est l’importation et la revente de produits fabriqués ailleurs. Le seul secteur vital pour eux est celui des hydrocarbures, car c’est la poule aux œufs d’or. Ils ont l’argent pour acheter toute l’expertise étrangère nécessaire dans ce domaine, alors pas de soucis à se faire.

    Notre pays est au fond du puits et il est illusoire d’espérer que la recherche puisse devenir une réalité chez nous tant que les fondements du système politico-économique n’ont pas été changés.




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  • birek
    9 juillet 2011 at 0 h 34 min - Reply

    Absolument d’accord avec vous Adel. Vous avez oublié une seule chose : la suppression de tous les diplômes et de toutes les « recherches » sur « le sexe des anges » !




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  • Allaoua Sassi
    10 juillet 2011 at 23 h 24 min - Reply

    Mes chers amis,
    Il ne faut focaliser sur une seule cellule… si le corp tout entier est gangrene’.
    L’universite’ algerienne est a’ l’image de tout le pays. Elle est geree non-democratiquement, resultat: elle fait faillite comme n’importe quelle autre institution ou compagnie.
    L’algerie toue entiere est geree de la meme maniere…le resutat est le meme.




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  • Mounir
    12 juillet 2011 at 16 h 29 min - Reply

    Parlons des projets PNR.
    L’objectif initial était de sélectionner des projets d’excellence et de leur fournir les moyens financiers pour leur réalisation. Initiative loubale.
    Finalement, on est tombé dans le « populisme », climat politique et social oblige, et plus de trois-quart des projets ont été agréés avec chacun une enveloppe financière de 150 millions de centimes. Des clopinettes au vu des coûts des réactifs chimiques et du moindre petit appareil dans le cas des sciences éxpérimentales. Le plus drôle, c’est que quel que soit la taille du projet et quel que soit le domaine (sciences expérimentales, lettres, philosophie.., c’est le même tarif !! Cherchez l’erreur.
    Plus sérieux: des estimations financières des projets ont été établies par les chercheurs sur la base de la dimension et des exigences de leur projets; des estimations pouvant dépasser les 2 milliards de centimes. Le projet a été retenu tel quel mais le budget alloué n’a pas suivi. Il a été ainsi demandé aux porteurs de projets de modifier juste la page réservée à l’estimation financière. Comme quoi le même projet qui devait être réalisé avec 2 Milliards de centimes peut l’être, par la grâce divine, avec seulement 150 millions de centimes.
    Au vu de ces quelques anachronismes (choisis), j’ai bien peur que la recherche algérienne ne soit pas près d’atteindre les normes internationales et les exigences scientifiques.
    Dommage, parce que l’Algérie dispose de chercheurs de bonne qualité. Il faut juste leur donner les moyens et la ..liberté pour travailler dans de bonnes conditions.




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  • Belarbi
    16 juillet 2011 at 22 h 59 min - Reply

    Parler de recherche en Algerie me semble surrealiste.
    La premiere des activites de l’universitaire Algerien devrait etre, pour le moment, de l’activisme politique et syndical ( pas l’UGTA)pour faire avancer un peu le pays.




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  • Abdel Madjid AIT SAADI
    31 juillet 2011 at 2 h 07 min - Reply

    Si Salah dit :
    5 juillet 2011 à 16 h 54 min

    Comme El Heff ne tient pas longtemps sous la lumiere, le dernier index de l’innovation (INSEAD, 3 Juillet 2011) classe l’Algerie de Bouteflika…Bonne Derniere. Derriere bien sur le Burkina, l’Ethiopie, le Niger, le Yemen, et le Sudan…Mabrouk 3lik ya Si Boutoufika:

    http://www.globalinnovationindex.org/gii/main/analysis/rankings.cfm?vno=&viewall=true#CGI.SCRIPT_NAME#

    Si Salah
    ——————
    Salam Si Salah,
    Tu viens fort à propos de titiller ma curiosité et je me suis donc rendu au classement mondial des 12000 universités du monde, et je constate que les universités algériennes figurent dans le peloton de tête des 11858 meilleures universités du monde.
    Si tu ne me crois pas, jettes un coup d’oeil sur cette liste, et tu découvriras qu’entre Constantine à la 2142è place et Khenchela, à la 11858è place, nous devrions être fiers de faire pâlir d’envie les universités françaises, dont la meilleure ne fait même pas partie du TOP 50….
    Classement des algériennes:
    http://www.webometrics.info/rank_by_country.asp?country=dz

    Les profs n’y sont pour rien dans le mauvais classement, mais par contre, les conditions faites aux chercheurs et aux universitaires doivent certainement être pour beaucoup, dans ces anomalies, même si le classement est fort injuste, du fait des critères choisis.




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  • Abdel Madjid AIT SAADI
    31 juillet 2011 at 2 h 16 min - Reply

    Pour ne pas faire de jaloux, à propos du classement, je vous donne les classements des universités françaises que l’on nous dit être les « meilleurs au monde », selon les commissions d’équivalences qui sévissent en Algérie, bien entendu…
    Je vous conseille de suivre les 5 pages, et vous découvrirez que khenchela, fait mieux que nombre de ces « meilleures universités du monde »…
    http://www.webometrics.info/rank_by_country.asp?country=fr&offset=0




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  • Congrès du Changement Démocratique