Édition du
30 March 2017

Ces femmes de disparus, seules contre tous !

photo-1268 photo-1333 photo-1328 photo-1327 photo-1300

Toutes les photos ici http://www.lequotidienalgerie.org/photos/?album=2&gallery=13

Témoignage de Zineb Azouz

Constantine, ce jeudi 30 Juin 2011.

Adossées au mûr mythique de la prison d’El Coudiat, face au cabinet du Wali et au sinistre CTRI, une poignée de femmes que personne ne veut voir est pourtant là.

Venues défier ceux qui se pensent au dessus des lois de la république et surtout des lois divines et rappeler à ces citoyens constantinois qui ne daignent même pas marquer l’arrêt et saluer ces grands-mères, ces femmes sont là pour dire avant tout qu’elles n’oublieront jamais leurs enfants dits « disparus ».

Cartons et photos usés en main, larmes refoulées, visages souvent exsangues, elle regardent dignement ce jeune homme qui les surveille,  ce jeune homme dont elles auraient pu être la mère ou la sœur et qui n’est autre que l’agent « Houkouma » chargé de faire son rapport habituel sur ces sit in qui, je suppose font bien rire beaucoup de ces bachibouzouk des temps modernes qui devaient nous regarder du haut de leurs salons climatisés et dont certains nous ont rejoint à la fin avec leurs 4×4 stationnés sur le trottoir comme pour nous rappeler que la ville leur appartient.

Je me souviendrai toujours de ces femmes en larmes et en sueur criant le long du boulevard et de  toutes leurs forces :

Ma Rahiche Bladna Eli Guetelt Ouladna[1] !  Ya Ouyahia Ya Kedhab Ouladna Mahoumche Irhab[2] !

Aujourd’hui beaucoup ont vieilli et n’espèrent qu’une chose, que justice leur soit rendue avant qu’elles ne rendent l’âme, elles veulent la vérité : Qu’avez-vous fait de « Ouladna » ?

L’enfant laissé dans le ventre de sa mère lorsque ces hommes toujours  « Houkouma » sont venus arrêter ce fils unique, ce soutien de famille ou ce mari, l’enfant a grandi et certains nous ont rejoint comme cette belle « Rayhana » qui n’a jamais connu son père et que toutes ces femmes sont venues embrasser.

Pour des raisons peut être traumatiques les garçons ne se montrent jamais lors de ces sit in, même ceux qui avaient à peine 13 ans en 2000 suivaient les marches et les sit in de loin.

C’est une fille de disparu disaient elles avec fierté et honneur ! Elle a 18 ans aujourd’hui.

Elle dit qu’au Lycée, ses camarades ne savent pas ce que signifie « disparu », et lorsque je lui ai demandé si elle, le savait,  Rayhana m’a répondu du haut de son bel âge et avec ces regard angélique de l’innocence et de la pureté : « El Amn », c’est eux qui ont pris mon père, pourtant ceux de  « El Amn »  que je vois sont si différents et je ne pense pas qu’il s’agisse des mêmes.

Voilà pourquoi ils assiègent l’école, la réflexion, l’histoire et qu’ils criminalisent la liberté d’expression !

Que dire de cette noble grand-mère, la peau sur les os, le regard glauque, la gorge sèche, mais qui refusait de pleurer face aux murs du  CTRI où, avec certitude elle répétait : « c’est ici qu’ils l’ont amené avant de le transférer à El Mansourah », H’bibi, mon fils unique.

Il était enseignant, père de famille et sympathisant du FIS.

Lorsque j’ai tenu vainement à lui arrêter un taxi, il faisait si chaud et à quelques mètres du sit in, là elle explosa en larmes, je ne veux rien ma fille me dit elle, les taxis de toutes façons ne vont pas au Guamass (quartier populaire connu), je veux juste savoir où se trouve mon fils.

Il faut savoir qu’une rumeur à propos de prisons secrètes et donc de détenus vivants a été véhiculée par un ministre sans doute en état d’ébriété a eu l’effet d’une bombe parmi ces femmes, même après avoir  démentie l’information, beaucoup de ces femmes sont convaincues qu’il y a des survivants.

Enfin, j’ai pu parler aux épouses, celles qui ont du, en plus d’avoir perdu le mari, affronter le regard et les jugements de cette société lâche qui de tous les points de vue n’accepte pas de voir des femmes crier dehors, car autant pour les mères, l’hypocrisie ambiante s’accommodait de ces vieilles, pour ne pas dire de ces folles, autant pour les épouses et les sœurs parfois à peine âgées de 30 ans au moment des faits, le langage et les réflexes sont différents et connus.

Jamais de me vie je n’ai vu des femmes aussi battantes, aussi fortes et aussi dignes, je refuse d’employer le terme debout définitivement débauché chez nous, elles ont vu les familles de disparus se nourrir de produits périmés récoltés à la poubelle municipale, elles ont subi les dépressions et les crises de leurs enfants sans père, elles ont eu  à assumer parfois famille et belle famille, supporter les ratissages de minuit et les interrogatoires humiliants : « Où est votre mari ? » alors qu’il a été arrêté sur son lieu de travail comme le raconte cette femme qui n’avait même pas 30 ans lorsque le père de ses enfants, a été arraché à son atelier de Sonacome et embarqué avec les pires humiliations.

Sa seule crainte était qu’on vienne tuer les enfants, elle ne dormait jamais avant l’aube et se souvient toujours de ce ratissage au cours duquel des policiers n’ont pas hésité à prendre les boucles d’oreille en or de sa fille, le seul bijou que la petite avait et sans doute offert par ce père qu’elle ne reverra jamais.

Toutes les histoires sont aussi dramatiques les une que les autres, déchirantes et désarmantes, à vous couper le souffle et l’envie de vous regarder dans une glace.

Pendant ce  bref instant, nous nous sommes retrouvées,  comme pour conjurer le sort à rappeler malgré tout la sainteté du lieu (les femmes ne sont-elles pas toutes sensibles aux saints protecteurs ?), à parler des révoltés capturés de cheikh Ahdah qui ont séjourné dans cette prison d’el coudiat ainsi que de cette mythique évasion de Mostefa Benboulaid qui a si bien connu ces murs hautains et silencieux devenus aujourd’hui symboles répression et de hogra.

Pourtant on savait que personne n’avait  jamais pu s’enfuir des sous sols du CTRI, mais ces femmes qui ont porté la vie savent aussi porter la mémoire et la transmettre.

Quand elles me décrivaient leurs souffrances, les images de ce fils qu’elles n’ont pu ni embrasser ni toucher ni même enterrer, je les sentais meurtries et lacérées dans leur chair, tout est vivant chez ces femmes et le temps n’a rien pu faire face à ce drame et cette injustice.

Les enfants des dits disparus sont des adultes aujourd’hui, des adultes qui ont grandi sans père et surtout sans vérité et ce n’est pas la loi de l’amnésie qui va rétablir le droit et la dignité.

Où en sont ces femmes avec El Houkouma ?

Les femmes de disparus n’ont pas de lieu de rencontre depuis que le FFS qui les recevait a fermé son local, et que beaucoup d’associations ont fait de leurs drames un fond de commerce, mais personne n’est dupe et malgré les dispersions, les manœuvres, l’usure et les discours contradictoires et grossiers de l´ignoble Farouk Ksentini, ces battantes ne lâcheront jamais prise et n’oublieront jamais.

Cela fait des années que walis et procureurs se relaient pour gagner du temps et user ces femmes.

Par des PV illisibles où on ne daigne même pas citer le nom de la victime, par des intimidations, du mépris surtout  et une bureaucratie dont seuls nos hauts fonctionnaires « très supérieurs » connaissent les rouages.

Courage inouïe qu’est celui de ces rares épouses qui ont obtenu de l’ONU une condamnation claire et sans équivoque du gouvernement Algérien et qui,  après avoir déposé plainte n’ont eu pour seule réponse que des PV où le juge dans le meilleur des cas accepte d’ouvrir une enquête pour plainte contre X !

Récemment, et selon les informations que j’ai pu recueillir sur place, suite à leurs énièmes plaintes, les femmes de disparus ont été convoquées au commissariat central pour recevoir la réponse du procureur qui a refusé d’ouvrir une enquête, mais depuis la dernière condamnation de l’ONU la police est venue faire du porte à porte pour récupérer les PV (apparemment ces PV furent  une bourde) afin de leur en remettre d’autres où il est écrit que le procureur ne dispose d’aucun élément pour ouvrir une enquête.

Sur place, j’ai confirmé le chiffre de 13000 disparus à Constantine répertoriés à ce jour par l’association qui ne dispose ni de siège ni budget de fonctionnement.

Ces femmes sont la mauvaise conscience de toute une société et pas seulement du pouvoir, malgré tout ce qu’elles endurent, il n’y ni haine ni rancune dans leurs discours, elles ne veulent que la vérité même si elles ne comprennent pas pourquoi les citoyens dans la rue détournent leurs regards d’elles.

Face à l’état responsable et coupable et à une société apathique, influençable et manoeuvrable, seules contre tous, ces femmes de disparus ne sont pas prêtes de disparaître.

Constantine, Zineb Azouz

Le 02 Juillet 2011

[1] Cela ne peut être notre patrie (bled), celle là  même qui tua nos enfants

[2] Eh !Ouyahia, toi le  menteur ! Nos enfants ne sont pas des terroristes


Nombre de lectures : 2368
18 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • Rachid Ziani cherif
    2 juillet 2011 at 21 h 18 min - Reply

    Très chère soeur

    Comme vous l’avez exprimé si ‘vrai’ et dans la douleur, (je vous avoue pour ma part ne pas pouvoir soutenir mon regard face à un miroir, à la seule pensée de ce qu’endurent ces nobles femmes, sans le moindre répit ni appui), le pouvoir n’est pas seul responsable, l’apathie, la couardise, le sauve qui peut, l’égoïsme et autres pathologies dont est atteint notre société, sont tous autant responsables, pire encore que ceux qui ont perpétré ces crimes contre l’humanité, ce sont ces ‘pathologies’ invétérés qui sont d’ailleurs la raison pour laquelle ce pouvoir fait à sa guise sans crainte aucune, puisque il a en face de lui des moins que des …moutons (que j’emprunte à notre frère aîné DB). Mais de toute les façons, il est quasi impossible, même après des décennies, de taire ces crimes, et de leurrer ses FEMMES, dont la raison d’etre est de rétablir LA VéRITé. Qui pourra les vaincre ? Sûrement pas ceux qui commencent vraiment à sentir le vent tourner.




    0
  • Nourredine BELMOUHOUB
    2 juillet 2011 at 22 h 24 min - Reply

    Ces femmes, oui ces femmes que tout le monde plaind, ces femmes à qui le pouvoir criminel des généraux félons et leurs sbires de tous bords ont ravi, qui d’un fils, qui d’un pére et qui d’un époux ont à mes yeux plus de roudjoula que leurs bourreaux, même si ceux-la sont aux sommets des fortunes colossales et méme s’ils ont la puissance de l’Etat, ils ne sont que des minables devant les femmes des familles des disparus. je profite pour leur rendre ici un vibrant hommage, et pour leur dire non vous n’étes pas seules, et vous ne le seriez jamais, nous sommes nombreux à partager vos peines et vos douleurs, personnellement j’ai écris un livre intitulé « LE DEFI « , quelque soit le prix ou les risques, In Chaallah je le publierais, et par avance c’est à VOUS que je le dédie.
    Que Dieu Vous donne la force pour aller jusqu’au bout de Votre noble et honorable combat
    De tout coeur avec Vous Chères soeurs




    0
  • Ghani Mahdi
    3 juillet 2011 at 0 h 15 min - Reply

    Merci pour cette thérapie ma chère Zineb, nous sommes des centaines de milliers d’Algériens à être prisonnier d’un fol espoir…trouver dans nos boites aux lettres une missive secrète nous indiquant l’endroit ou a été enterré notre père, frère ou fils…
    Nous sommes autant d’Algériens à attendre une réponse claire des bourreaux de nos enfants, oui nous avons torturé et tué vos enfants pour la raison d’état…
    cela provoquera en nous une révolte énorme mais nous aidera à faire notre deuil…mais l’indifférence nous tue quotidiennement et j’ai peur qu’une génération viendra, qui n’aura pas la même patience que nos femmes et nos mères, ce jour la nos gouvernant vont regretter les sit-in si paisibles …




    0
  • Anwar N Haddam
    3 juillet 2011 at 5 h 40 min - Reply

    Assalamu Alaikum
    @ Zineb Azouz
    Merci de tout mon cœur pour ce témoignage qui exprime une sincérité si profonde. Merci pour ces milliers de disparus et leurs familles, surtout leurs mères. Merci, Wassalam
    Anwar N. Haddam




    0
  • Abdelkrim BADJADJA
    3 juillet 2011 at 7 h 17 min - Reply

    Histoires vraies: Disparus sans laisser de cadavres

    Constantine, 1958, une rue de la vieille ville :
    Une unité de paras fracasse la porte d’entrée de la maison 1, et s’engouffre dans le corridor qui débouche sur Ouest Dar (la cour). Le commandant de l’unité hurle un nom, et lui demande de se présenter fissa fissa (vite-vite), sinon il ordonnera à ses hommes de tout casser avant d’embarquer tous les mâles à partir de l’âge de 12 ans ! Le jeune homme descend en courant afin de protéger sa famille ; tous les occupants de la maison sont ses parents : père, mère, frères et sœurs, oncles et tantes, cousins et cousines. Il a à peine 18 ans, pas encore marié. Que lui veut-on ? Il est accusé d’être un fidaï, rien que ça !
    Il est emmené à la sinistre cité Amèziane, transformée en centre de tortures par lequel va passer la moitié des Constantinois, au moins ! Sa famille ne le reverra plus jamais.

    Constantine, 1995, la même rue de la vieille ville :
    Une unité des services de sécurité fracasse la porte d’entrée de la maison 1, et s’engouffre dans le corridor qui débouche sur Ouest Dar (la cour). Le commandant de l’unité hurle un nom, et lui demande de se présenter fissa fissa (vite-vite), sinon il ordonnera à ses hommes de tout casser avant d’embarquer tous les mâles à partir de l’âge de 12 ans ! L’interpellé descend en courant afin de protéger sa famille ; il a des liens de parenté avec tous les occupants de la maison, le jeune homme embarqué par les paras en 1958 était son cousin. Cette fois-ci l’interpellé est marié, son épouse se trouve être aussi sa cousine, c’est la sœur du jeune homme enlevé en 1958 et que personne n’a plus jamais revu. Ses enfants sont réveillés brutalement, mais empêchés de coller à ses basques. Que lui veut-on ? Il n’en sait trop rien. Il est emmené dans les locaux des services de sécurité et confié aux bons soins du « Centre d’exploitation », euphémisme pour désigner le centre de tortures par lequel sont déjà passés des générations de jeunes et moins jeunes Constantinois, surtout des intellectuels et des syndicalistes, et au moins un archiviste. Sa famille ne le reverra plus jamais.
    Deux cousins enlevés de la même maison en deux périodes différentes : 1958, 1995. Même destin : disparition sans espoir de pleurer sur leurs cadavres. Vive la Révolution !




    0
  • AS
    3 juillet 2011 at 12 h 06 min - Reply

    ces femmes et leurs familles sont l’honneur de ce peuple… car elles honent la parole de justice et de verite… elles auront gain de cause insha Allah,




    0
  • Amel1
    3 juillet 2011 at 12 h 36 min - Reply

    salam,
    Il fut un temps où un seul cri d’une femme en pleurs par injustice mobilisait non seulement quelques hommes mais des ARMEES souvenons-nous (WA MO’TASSIMAH),que dire alors aujourd’hui? la hayaa liman tounadi! Les mosquées sont pleines mais Les COEURS sont VIDES! Rien ne nous ébranlent plus,ni les injustices, ni les veuves, ni les orphelins,ni les suppliciés,ni les harragas,ni les mahgourines,ni les mahroukin ni manger le haram,ni voir le haram,ni la corruption,ni la prostitution ,ni le mensonge,ni la délation ni….,aprés celà on se demande what’s the matter?je dirai, même si on me traitera d’integriste,que nos COEURS sont couverts de GHICHAWA (enveloppe noire) ou noircie de notre indifférence,ignorance et plus exactement de nos péchés OUI N O S Pêchés!!,que Dieu ait PITIE de nos âmes perdues!




    0
  • guerriere de la lumière
    3 juillet 2011 at 13 h 03 min - Reply

    Que dire?
    Hasbouna Allah wa ni3ma el wakil!
    et pour toutes ses femmes d’honneur, je dirais simplement : « la tahinou wala ta7zanou wa antoume el a3lawn!!! »

    Je sais seulement que Dieu est juste et un jour très proche, Il rendra à ceux dont des sous-hommes ont enlevé aux Vrais Hommes, leur dignité et leur honneur!

    De tout coeur avec vous toutes!




    0
  • Wassila
    3 juillet 2011 at 14 h 23 min - Reply

    Très chère Zineb,
    Recevoir une personnes aussi courageuse, aussi généreuse et si sincères comme vous ne peut que nous donner force et 3ZIMA dans notre lutte pour la vérité et la justice. Beaucoup de parents sont sous terre sans connaitre le sort de leurs enfants, parmi eux mon défunt père (ALLAH YARHMOU)qui 2 heurs avant son éternel voyage disait a deux épouses de disparus venue lui rendre visite : `dites aux femmes de me pardonner car ma sante ma trahie, et dites leurs surtout de rester debout et de ne jamais abandonner le sit-in` ceux sont les derniers mots prononces par mon père. c`est dire que même au moment de quitter ce bas monde, les parents des disparus transportent avec eux leurs douleurs. HASBOUNA ALLAH WA NIEMA ELWAKIL.




    0
  • Elforkan
    3 juillet 2011 at 16 h 07 min - Reply

    ….Il ne faut jamais perdre espoir, si les hommes sont incapables ou s’en fichent, Dieu est là, présent, et fera payer chèrement aux criminels, les méfaits qu’ils ont commis….ya katel er’rouh win et’rouh..
    En 1992, c’était Abou Slim où 1286 détenus ont été massacrés, puis brulés par les mercenaires de Kadhafi, sous le fallacieux prétexte d’appartenance à des groupes islamistes….l’affaire a failli être oublié et plus grave, même les libyens commençaient à douter de la justice divine… quand arriva, le 17 février 2011, le jour fatidique, le jour de la vérité, le jour où la PEUR a changé de CAMP, le jour où le criminel dictateur commença à goutter cette amertume d’avoir perdu un proche…Seif El Arab est mort, 3 de ses enfants, sa femme, son frère Khemis, et d’autres proches parents et alliés, ainsi que de hauts responsables et leurs familles !!!!!

     » Goûte! Toi [qui prétendait être] le puissant, le noble. » Verset 49/sourate ed’doukhane (la fumée)




    0
  • سليمان
    3 juillet 2011 at 19 h 15 min - Reply

    ما راهيش بلادنا اللي قتلت ولادنا




    0
  • Zineb Azouz
    3 juillet 2011 at 23 h 09 min - Reply

    Ma chère Wassila,

    C’est vous qui ne donnez de la force et m’expliquez chaque jour le sens de l’honneur.

    J’ai eu honte de n’avoir pu amener avec moi au sit in aucune voisine, aucune collègue, et j’en passe.

    Pour avoir connu votre père et sa digne posture, laissez moi vous dire à quel point vous êtes sa auguste héritière, j’ai été très touchée et mon regard n’a pas pu se détacher de cette scène, où avec prestance et générosité je vous voyais expliquer à chaque femme, une par une, surtout que nombreuses ne savaient pas lire, comment remplir encore et encore ces formulaires ignobles imaginés par des ignares.

    Je disais tout à l’heure à un proche exilé très cher à mon cœur que si seulement nous avaient rejoint à ce sit in 10 supporters du MOC ou du CSC, 10 enseignantEs, 10 voisines non « touchées » (comme aiment à le dire les curieux esclaves des fichiers qui n’ont jamais compris ce que je faisais parmi vous), alors ma chère Wassila le Sit in aurait pris une toute autre forme.

    Cette injustice qu’on veut à tout prix occulter à coup de regards détournés, de lois anti-constitutionnelles, de décrets amnésiques, de bâtons et de PV comiques, cette injustice qui en apparence ne concerne pas toute la population, croyez moi chère Wassila, elle aura l’effet du fameux papillon.
    Avis à ceux qui pensent que les battements d’aile d’un papillon en Amazonie sont indépendants du Tsunami asiatique !

    Très cordialement et très sincèrement,
    Zineb Azouz




    0
  • Zineb Azouz
    3 juillet 2011 at 23 h 22 min - Reply

    Je souhaiterais revenir sur le témoignage poignant de Si Badjadja que je salue très chaleureusement.

    Ce que vous rapportez Si Badjadja est inestimable surtout à la veille de ce 05 Juillet où on continue encore à nous bassiner et à nous rappeler la rupture avec l’horrible et inhumain colonialisme.

    Preuve est faite encore une fois que les traitres rentrés par les frontières et si bien formés par França ont toujours dirigé la pays.

    Et qu’on ne me dise pas que ces similitudes de méthodes, d’outils, de gégéne et j’en passe, qu’on retrouve dans nos casernes dès les premières heures de notre soit disant indépendance sont le fruit du hasard.

    A lire certains témoignages y compris sur ce site à propos de Kasdi Merbah l’un des premiers et plus illustres PDG de la SM, on a presque envie de croire que les CTRI et tous leurs laboratoires n’existent que depuis 1992.

    Merci encore Si Badjadja pour ce témoignage.

    Cordialement,
    ZA




    0
  • Wassila
    4 juillet 2011 at 13 h 03 min - Reply

    Juste un rectificatif, le nombre de disparus recense par notre association et de 1000 cas pour la wilaya de Constantine, prés de 2oo concernent les Wilaya de Setif, BBA,Batna,Jijel , Annaba, Guelma, et Ghardaia et non pas 13000.




    0
  • guerriere de la lumière
    4 juillet 2011 at 15 h 43 min - Reply

    @Zineb, ma tendre soeur! Je tiens du fond de mon coeur à vous remercier pour votre acte Ô combien grandiose!
    Votre témoignage sincère et poignant,réchauffe le coeur.
    Ne me parlez pas de voisinage ou collègues ou autres quand les proches (famille) sont les premiers à nous fuir! Akhti rassi, khatiti machakil!!!
    Comme disait feu Kamel Messaoudi « Ya hasra 3lik ya denya, fik ahkaya wa h’kayat !!! »

    @Wassila! pour vous ma soeur ces versets du saint coran.
    A chaque fois, comme vous, quand je pense aux êtres chers qui nous ont quitté cruellement avant l’heure, je me baume le coeur avec les paroles de notre Seigneur! (Ala bi dhikri Allah Tatmainou el kouloub!!!)
    سورة الحاقة

    بِسْمِ اللَّـهِ الرَّحْمَـٰنِ الرَّحِيمِ

    الْحَاقَّةُ ﴿١﴾ مَا الْحَاقَّةُ ﴿٢﴾ وَمَا أَدْرَاكَ مَا الْحَاقَّةُ ﴿٣﴾ كَذَّبَتْ ثَمُودُ وَعَادٌ بِالْقَارِعَةِ ﴿٤﴾ فَأَمَّا ثَمُودُ فَأُهْلِكُوا بِالطَّاغِيَةِ ﴿٥﴾ وَأَمَّا عَادٌ فَأُهْلِكُوا بِرِيحٍ صَرْصَرٍ عَاتِيَةٍ ﴿٦﴾ سَخَّرَهَا عَلَيْهِمْ سَبْعَ لَيَالٍ وَثَمَانِيَةَ أَيَّامٍ حُسُومًا فَتَرَى الْقَوْمَ فِيهَا صَرْعَىٰ كَأَنَّهُمْ (أَعْجَازُ نَخْلٍ خَاوِيَةٍ ﴿٧﴾ فَهَلْ تَرَىٰ لَهُم مِّن بَاقِيَةٍ ﴿٨
    وَجَاءَ فِرْعَوْنُ وَمَن قَبْلَهُ وَالْمُؤْتَفِكَاتُ بِالْخَاطِئَةِ ﴿٩﴾ فَعَصَوْا رَسُولَ رَبِّهِمْ فَأَخَذَهُمْ أَخْذَةً رَّابِيَةً ﴿١٠﴾ إِنَّا لَمَّا طَغَى الْمَاءُ حَمَلْنَاكُمْ فِي الْجَارِيَةِ ﴿١١﴾ لِنَجْعَلَهَا لَكُمْ تَذْكِرَةً وَتَعِيَهَا أُذُنٌ وَاعِيَةٌ ﴿١٢﴾ فَإِذَا نُفِخَ فِي الصُّورِ نَفْخَةٌ وَاحِدَةٌ ﴿١٣﴾ وَحُمِلَتِ الْأَرْضُ وَالْجِبَالُ فَدُكَّتَا دَكَّةً وَاحِدَةً ﴿١٤﴾ فَيَوْمَئِذٍ وَقَعَتِ الْوَاقِعَةُ ﴿١٥﴾ وَانشَقَّتِ السَّمَاءُ فَهِيَ يَوْمَئِذٍ وَاهِيَةٌ ﴿١٦﴾ وَالْمَلَكُ عَلَىٰ أَرْجَائِهَا ۚ وَيَحْمِلُ عَرْشَ رَبِّكَ فَوْقَهُمْ يَوْمَئِذٍ ثَمَانِيَةٌ ﴿١٧﴾ يَوْمَئِذٍ تُعْرَضُونَ لَا تَخْفَىٰ مِنكُمْ خَافِيَةٌ ﴿١٨﴾ فَأَمَّا مَنْ أُوتِيَ كِتَابَهُ بِيَمِينِهِ فَيَقُولُ هَاؤُمُ اقْرَءُوا كِتَابِيَهْ ﴿١٩﴾ إِنِّي ظَنَنتُ أَنِّي مُلَاقٍ حِسَابِيَهْ ﴿٢٠﴾ فَهُوَ فِي عِيشَةٍ رَّاضِيَةٍ ﴿٢١﴾ فِي جَنَّةٍ عَالِيَةٍ ﴿٢٢﴾ قُطُوفُهَا دَانِيَةٌ ﴿٢٣﴾ كُلُوا وَاشْرَبُوا هَنِيئًا بِمَا أَسْلَفْتُمْ فِي الْأَيَّامِ الْخَالِيَةِ ﴿٢٤﴾ وَأَمَّا مَنْ أُوتِيَ كِتَابَهُ بِشِمَالِهِ فَيَقُولُ يَا لَيْتَنِي لَمْ أُوتَ كِتَابِيَهْ ﴿٢٥﴾ وَلَمْ أَدْرِ مَا حِسَابِيَهْ ﴿٢٦﴾ يَا لَيْتَهَا كَانَتِ الْقَاضِيَةَ ﴿٢٧﴾ مَا أَغْنَىٰ عَنِّي مَالِيَهْ ۜ ﴿٢٨﴾ هَلَكَ عَنِّي سُلْطَانِيَهْ ﴿٢٩﴾ خُذُوهُ فَغُلُّوهُ ﴿٣٠﴾ ثُمَّ الْجَحِيمَ صَلُّوهُ ﴿٣١﴾ ثُمَّ فِي سِلْسِلَةٍ ذَرْعُهَا سَبْعُونَ ذِرَاعًا فَاسْلُكُوهُ ﴿٣٢﴾ إِنَّهُ كَانَ لَا يُؤْمِنُ بِاللَّـهِ الْعَظِيمِ ﴿٣٣﴾ وَلَا (يَحُضُّ عَلَىٰ طَعَامِ الْمِسْكِينِ ﴿٣٤
    فَلَيْسَ لَهُ الْيَوْمَ هَاهُنَا حَمِيمٌ ﴿٣٥﴾ وَلَا طَعَامٌ إِلَّا مِنْ غِسْلِينٍ ﴿٣٦﴾ لَّا يَأْكُلُهُ إِلَّا الْخَاطِئُونَ ﴿٣٧﴾ فَلَا أُقْسِمُ بِمَا تُبْصِرُونَ ﴿٣٨﴾ وَمَا لَا تُبْصِرُونَ ﴿٣٩﴾ إِنَّهُ لَقَوْلُ رَسُولٍ كَرِيمٍ ﴿٤٠﴾ وَمَا هُوَ بِقَوْلِ شَاعِرٍ ۚ قَلِيلًا مَّا تُؤْمِنُونَ ﴿٤١﴾ وَلَا بِقَوْلِ كَاهِنٍ ۚ قَلِيلًا مَّا تَذَكَّرُونَ ﴿٤٢﴾ تَنزِيلٌ مِّن رَّبِّ الْعَالَمِينَ ﴿٤٣﴾ وَلَوْ تَقَوَّلَ عَلَيْنَا بَعْضَ الْأَقَاوِيلِ ﴿٤٤﴾ لَأَخَذْنَا مِنْهُ بِالْيَمِينِ ﴿٤٥﴾ ثُمَّ لَقَطَعْنَا مِنْهُ الْوَتِينَ ﴿٤٦﴾ فَمَا مِنكُم مِّنْ أَحَدٍ عَنْهُ حَاجِزِينَ ﴿٤٧﴾ وَإِنَّهُ لَتَذْكِرَةٌ لِّلْمُتَّقِينَ ﴿٤٨﴾ وَإِنَّا لَنَعْلَمُ أَنَّ مِنكُم مُّكَذِّبِينَ ﴿٤٩﴾ وَإِنَّهُ لَحَسْرَةٌ عَلَى الْكَافِرِينَ ﴿٥٠﴾ وَإِنَّهُ لَحَقُّ الْيَقِينِ ﴿٥١﴾ فَسَبِّحْ بِاسْمِ (رَبِّكَ الْعَظِيمِ ﴿٥٢

    SADAKA ALLAH EL ADHIM

    Traduction :
    L’inévitable [l’Heure qui montre la vérité] (1) Qu’est-ce que l’inévitable? (2) Et qui te dira ce que c’est que l’inévitable? (3) Les Thamûd et les ‘Aad avaient traité de mensonge le cataclysme. (4) Quant aux Thamûd, ils furent détruits par le [bruit] excessivement fort. (5) Et quant aux ‘Aad, ils furent détruits par un vent mugissant et furieux (6) qu'[Allah] déchaîna contre eux pendant sept nuits et huit jours consécutifs; tu voyais alors les gens renversés par terre comme des souches de palmiers évidées. (7) En vois-tu le moindre vestige? (8)
    Pharaon et ceux qui vécurent avant lui ainsi que les Villes renversées, commirent des fautes. (9) Ils désobéirent au Messager de leur Seigneur. Celui-ci donc, les saisit d’une façon irrésistible. (10) C’est Nous qui, quand l’eau déborda, vous avons chargés sur l’Arche (11) afin d’en faire pour vous un rappel que toute oreille fidèle conserve. (12) Puis, quand d’un seul souffle, on soufflera dans la Trompe, (13) et que la terre et les montagnes seront soulevées puis tassées d’un seul coup; (14) ce jour-là alors, l’Evénement se produira, (15) et le ciel se fendra et sera fragile, ce jour-là. (16) Et sur ses côtés [se tiendront] les Anges, tandis que huit, ce jour-là, porteront au-dessus d’eux le Trône de ton Seigneur. (17) Ce jour-là vous serez exposés; et rien de vous ne sera caché. (18) Quant à celui à qui on aura remis le Livre en sa main droite, il dira: «Tenez! lisez mon livre. (19) J’étais sûr d’y trouver mon compte». (20) Il jouira d’une vie agréable: (21) dans un Jardin haut placé (22) dont les fruits sont à portée de la main. (23) «Mangez et buvez agréablement pour ce que vous avez avancé dans les jours passés». (24) Quant à celui à qui on aura remis le Livre en sa main gauche, il dira: «Hélas pour moi! J’aurai souhaité qu’on ne m’ait pas remis mon livre, (25) et ne pas avoir connu mon compte… (26) Hélas, comme j’aurai souhaité que [ma première mort] fût la définitive. (27) Ma fortune ne m’a servi à rien. (28) Mon autorité est anéantie et m’a quitté!» (29) «Saisissez-le! Puis, mettez-lui un carcan; (30) ensuite, brûlez-le dans la Fournaise; (31) puis, liez-le avec une chaîne de soixante-dix coudées, (32) car il ne croyait pas en Allah, le Très Grand. (33) et n’incitait pas à nourrir le pauvre. (34)
    Il n’a pour lui ici, aujourd’hui, point d’ami chaleureux [pour le protéger], (35) ni d’autre nourriture que du pus, (36) que seuls les fautifs mangeront». (37) Mais non… Je jure par ce que vous voyez, (38) ainsi que par ce que vous ne voyez pas, (39) que ceci [le Coran] est la parole d’un noble Messager, (40) et que ce n’est pas la parole d’un poète; mais vous ne croyez que très peu, (41) ni la parole d’un devin, mais vous vous rappelez bien peu. (42) C’est une révélation du Seigneur de l’Univers. (43) Et s’il avait forgé quelques paroles qu’ils Nous avait attribuées, (44) Nous l’aurions saisi de la main droite, (45) ensuite, Nous lui aurions tranché l’aorte. (46) Et nul d’entre vous n’aurait pu lui servir de rempart. (47) C’est en vérité un rappel pour les pieux. (48) Et Nous savons qu’il y a parmi vous qui le traitent de menteur; (49) mais en vérité, ce sera un sujet de regret pour les mécréants, (50) c’est là la véritable certitude. (51) Glorifie donc le nom de ton Seigneur, le Très Grand! (52)

    ————————————————-
    Hasbouna Allah wa Ni3ma El Wakil !!!




    0
  • Zineb Azouz
    4 juillet 2011 at 16 h 55 min - Reply

    ERRATUM
    Chers lecteurs,

    Je viens de remarquer que j’ai écris 13000 au lieu de 1300.
    Je prie l’administrateur de bien vouloir rectifier.

    Le chiffre de mille trois cent m’a été communiqué sur place par une représentante ds femmes de disparus sur le base non exhaustive dont elle dispose et qui concerne la wialaya de Constantine.

    Je vois que Wassila avance le chiffre de 1000 (Mille)pour la wialya de Constantine.

    Je ne dispose d’aucun moyen officiel pour confirmer ou infirmer les chiffres, c’est aussi l’un des drames que charrie cette injustice, personne ne connait, à l’échelle le nombre exact de victimes.

    ZA




    0
  • Souhir ALI
    5 juillet 2011 at 11 h 23 min - Reply

    Chers frères et soeurs,

    Est ce que les familles des disparus ne comptent que des femmes? pères, fils, frères, oncles, cousins, y’en a pas? tu dis chere amie, que tu n’as pu emmener personnes au sit in! tu sais très bien qu’à Constantine quand on agresse une femme en pleine rue, en plein jour, aucun HOMME ne bouge le petit doigt, ils regarde le spectacle, et il y en a qui insulte la victime à la fin, pour avoir oser porter une petite bague! c’est la jungle habitée par des morts




    0
  • el-amel
    5 juillet 2011 at 13 h 25 min - Reply

    Votre témoignage sincère et authentique prouve que ces femmes ne sont pas seules.
    Et la lutte continue!




    0
  • Congrès du Changement Démocratique