Édition du
26 March 2017

Entretien avec Hocine AIT AHMED : Le système encourage la dépolitisation.

In LaNation.info

Ahmed SELMANE
Lundi 4 Juillet 2011

 

Même s’il ne doute pas que le régime est en train de manœuvrer en agitant la thématique de la « réforme », Hocine AIT AHMED ne fait preuve d’aucun pessimisme. Il célèbre, dans cet entretien, le retour du mot liberté à la faveur « du printemps arabe » et le début d’une libération du long asservissement des consciences qui a suivit les indépendances. Il ne doute pas que les Algériens qui ont résisté à l’anéantissement colonial sauront créer l’alternative démocratique à un régime qui ruse et violente.
Un hommage aux Algériens et aux militants politiques qui ne le sont jamais définitivement et qui réapprennent, chaque jour contre l’adversité, contre la répression et contre l’abattement, à le devenir et à le rester.


Entretien avec Hocine AIT AHMED : Le système encourage la dépolitisation.
La fête de l’indépendance intervient cette année dans un contexte national et international marqué par l’idée de réformes d’une part et le « printemps arabe  » d’autre part, qu’est-ce que cela vous inspire ?

En premier lieu, le grand retour du mot Liberté. Et  le démantèlement (enfin ! ) d’ une idée absurde qui a pesé des décennies durant par-dessus la tête de millions d’hommes et de femmes. Une idée qui prétendait que les peuples, une fois les indépendances acquises, n’avaient plus rien à conquérir. Tout au plus quelques doléances à caractère matériel. Ce qui devait être le début d’un processus de  libération, la proclamation des indépendances, s’est transformé- a été transformé par la force, la ruse et le chantage- en un long asservissement des consciences. La première et la plus formidable victoire de ce soulèvement des sociétés est d’abord dans l’affirmation d’une idée jusque là interdite : C’est  aux dirigeants de plaire à leurs peuples et non  le contraire. C’est aux dirigeants de faire la preuve qu’ils aiment  leur pays et qu’ils méritent la confiance de leurs peuples. Ce n’est pas aux peuples de faire tous les matins la preuve de leur patriotisme en se mettant au garde à vous devant des despotes. Le printemps de Tunis et la formidable mobilisation du peuple égyptien ont offert à tout le monde  arabe ce cadeau inestimable.

Et la fête de l’indépendance ?

Vous avez noté la joie des manifestants de la place Tahrir ?  Malgré la peur et la conscience de la gravité  des enjeux Les peuples sont heureux quand ils se battent pour un avenir meilleur. Même si tout n’est pas gagné. Nous avons connu ce type de bonheur quand la Liberté nous semblait à portée de main. Nous retrouverons ce sens festif de la lutte quand l’avenir semblera moins angoissant à la jeunesse. Les blessures infligées à ce pays sont trop profondes pour être contenues dans un ordre du jour simpliste. L’indépendance sans la liberté n’est plus vraiment l’indépendance…

On parle de réformes politiques à Alger, de changement

Je sais. On en parle à chaque fois qu’on ne sait pas que faire, quand il ya eu de vraies réformes, ils ont fait une guerre pour les stopper  Je reste sceptique sur les capacités du régime à faire mieux que d’habitude.

C ‘est tout ?

Vous croyez que c’est une question de propositions, d’idées novatrices, de programmes ambitieux. Nous avons fait des propositions, des déclarations, des lettres, des mémorandums…

De quoi alors est-il  question ?

De volonté politique. Il manque la volonté de faire les choses sérieusement. Il ya trop de mensonges, de dribbles, de jeux malsains. Ce pays croule sous les manigances et les coups tordus. Et au milieu de tout cela une incroyable légèreté dans la gestion de cette colère qui gronde. On dirait que le pouvoir n’est même plus capable de prendre la mesure de tout ce qui a été gâché.  Les vrais décideurs ont toujours imposé le savoir-faire de la police politique, sans oublier le rôle et la longue expérience de Bouteflika  dans l’art de faire échec par la ruse et la violence à  toute possibilité de démocratisation. Quand il n’y a plus de confiance, il faut d’abord restaurer la confiance. On n’imagine pas un dialogue sans ce préalable.

Mr Abdel Hamid Mehri s’est rendu à la commission Bensalah alors que vous avez décliné l’invitation,  on croyait avoir décelé un rapprochement entre vous deux ces dernières années Que pensez-vous de ses propositions de sortie de crise ?

Je lui ai exprimé mon soutien, publiquement et en privé, par ce qu’il essaie de décliner avec un maximum de pédagogie, en direction du pouvoir et de tous ceux qui ne savent pas encore ce que démocratie veut dire, les  conditions d’opérabilité et de mise en confiance dans une démarche sérieuse en faveur du changement.

Mais, vous-même ne pensez pas à faire  » œuvre pédagogique  » en direction du pouvoir ?

Chacun sa méthode. Quand il y aura du nouveau je me prononcerai. Pour l’heure je n’en vois pas. La priorité pour moi reste dans la construction du parti, le rétablissement des liens entre militants, entre citoyens, entre forces sociales.  Et la poursuite du dialogue avec les partenaires engagés dans un effort sérieux et constant pour la démocratie et le changement de ce système de pouvoir. La lutte politique sous un régime autoritaire force au réapprentissage permanent de l’exercice politique. On ne devient jamais définitivement un militant politique. On doit chaque jour réapprendre à le devenir ou à le rester.

On a beaucoup parlé d’histoire ces derniers mois, je ne  vous ferais pas l’injure de vous demander de répondre aux propos qui ont été tenus mais croyez vous que le silence  suffise ?

Quel silence ? L’histoire on la fait d’abord, on l’écrit ensuite. Cela fait plusieurs mois que je travaille avec un groupe d’historiens français et algériens, jeunes et moins jeunes, sur ce que je sais et ce à quoi  j’ai participé dans l’écriture de la Révolution et de la guerre d’Indépendance. Cela je le dois à la mémoire de tous les patriotes et compagnons de lutte. De même que je le dois aux jeunes générations. Je laisse les bavardages aux bavards.

Revenons alors au présent. Le climat sécuritaire qui a connu une accalmie dans le reste du pays reste malsain en Kabylie.

Comment voulez-vous avoir un climat sécuritaire sain dans un pays dont le climat politique est (excusez-moi l’expression) complètement pourri ?  Le climat sécuritaire est globalement malsain dans l’ensemble du pays avec quelques particularités locales ici et là. La violence  » terroriste  » a certes connu une nette décroissance dans certains endroits et pas en d’autres,  même si on ne sait pas exactement qui  entretient la pratique ignoble des enlèvements, mais d’autres formes de violence ont fait leur apparition et connaissent des développements inquiétants.

Lesquelles ?

Elles sont nombreuses mais ont toutes un lien avec la corruption dans l’administration et les services  en charge de la sécurité des citoyens.  Le grand banditisme, la drogue, les trafics en tous genres ne se développent pas à cette échelle dans un pays à l’encadrement sain. Le chômage de masse chez les jeunes pousse la société à être moins regardante sur la morale quotidienne. Après, il suffit que dans un cas sur dix on tombe dans les filets d’une organisation criminelle et c’est l’engrenage infernal. C’est là que l’on retombe sur la nature du système de pouvoir. La corruption est un phénomène complexe. Un citoyen qui commet un délit mineur court un risque majeur de se retrouver, à plus ou moins brève échéance, entre les mains d’une organisation criminelle à l’échelle du quartier où le trafiquant, le policier ripoux, l’élu de la  » chkara « , le bureaucrate véreux etc. constituent  » les nouvelles élites du système  » qui se chargent de   » l’encadrement  » de la jeunesse.

Mais que font les partis politiques ?

Les militants des partis politiques ne sont pas des super-héros en mesure de lutter, en même temps et en permanence, contre la répression policière et les maffias qui représentent la véritable base sociale du régime ! Bien qu’ils le fassent. Ou qu’ils essaient de le faire. Qu’ils essaient de surmonter la désorganisation générale, la fatigue et la colère.  Et cela pendant que tout l’appareil  idéologique du système encourage la dépolitisation ! Encadrer la population est une entreprise de titan quand un travail de sape permanent fait croire que les divergences entre partis politiques, entre militants, entre élus sont de simples histoires de jalousie et de h’ssad ! Certes, cela existe, mais il ya surtout cette ligne de fracture qui partage les militants intègres des militants qui fricotent avec la police politique ou avec les milieux de la corruption. En l’absence de possibilité de faire objectivement la part des choses,  mais surtout à cause de l’alignement  de l’administration sur les ripoux !  La population reste en retrait entre deux émeutes. Par crainte de se tromper autant que par crainte des représailles de toutes sortes. Ce  »  terrorisme  » là est de plus en plus puissant. Il est entretenu et encouragé par le système de pouvoir.
A titre d’exemple Prenez l’Affaire Khaliffa. De Moumène Khalifa au petit délinquant de quartier, il ya une  » chaine de commandement  » qui va des bureaux somptueux de la  » Nomenklatura  » de l’état ou des  » barrons » du système aux cités populaires ou aux bidonvilles. Une population sans recours et exclue de toutes les médiations  « normales  » offre son contingent de victimes et de coupables. Hier elle fournissait les maquis, aujourd’hui elle fournit les troupes de la criminalité. Voilà où nous en sommes 50 ans après l’Indépendance. Sous la colonisation, les jeunes algériens pauvres étaient enrôlés de force dans les contingents de l’armée coloniale, aujourd’hui ils sont livrés à la maffia.

Même en Kabylie ?

En Kabylie, le pouvoir ne se contente pas d’une gestion par la répression brutale  et par la corruption comme il le fait ailleurs. En Kabylie, pour mieux casser cette région historiquement frondeuse et fortement politisée, le pouvoir aide à la promotion des fausses alternatives.  La dépolitisation est, sous la houlette du pouvoir, conduite par des barrons locaux qui tout en étant souvent de pures créations du régime,  tiennent un discours oppositionnel non au système de pouvoir mais au reste de l’Algérie. Le plus pervers dans cette histoire est que les mêmes officines qui veillent à la propagation d’un discours violemment anti-kabyle dans certains médias et cercles sont derrière certains des groupuscules qui développent  en Kabylie un discours anti-arabe. Le résultat est  dans cette dépolitisation croissante.  Ce que la Kabylie a apporté de plus précieux à l’Algérie c’est son capital politique. En remplaçant la politique par le repli chauvin on veut priver l’Algérie de l’apport de la Kabylie pour mieux priver la Kabylie de l’Algérie Des gens responsables et sérieux ne peuvent pas dire que la Kabylie c’est la Suisse  quand tout le pays est à feu et à sang et une décennie plus tard dire que seule la Kabylie est ciblée par la violence.
Jusqu’ici la population en Kabylie et hors de Kabylie résiste à ces manœuvres. Et cette résistance vient de ce qui reste de l’héritage du mouvement national. En ce 5 juillet nous n ‘avons à célébrer que ce que la détermination des  algériens a pu préserver de toutes les entreprises destructrices du régime. Mais cette détermination  obstinée  qui a su résister à l’anéantissement colonial  sera, malgré tous les obstacles, capable de construire une alternative démocratique à ce régime insoutenable.


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18 Commentaires sur cet article

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  • hakimM
    5 juillet 2011 at 2 h 14 min - Reply

    Le régime mafieux encourage la dépolitisation des partis intègres et democrates, mais il encourage le peuple a intégrer le parti des corrompus : FLN-RND.
    L’issue de la colonisation ( Oujda-DAF, etc) post62 devient de plus en plus étroitement lié au courage d’un commandant intègre qui renversera le régime assassin corrompu sur tous les niveaux.
    Le peuple rendu impuissant et craintif, désengagé et individualiste n’est pas mobilisé actuellement a faire comme les Tunisiens, malgré les vœux pieux.




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  • Bladi
    5 juillet 2011 at 5 h 59 min - Reply

    « Mais cette détermination obstinée qui a su résister à l’anéantissement colonial sera, malgré tous les obstacles, capable de construire une alternative démocratique à ce régime insoutenable. »

    C’est tout dit.

    Merci Mr Ait Ahmed pour votre combat incessant! Someone has to provide hope for this nation.




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  • Boukerouis Mohand-Cherif
    5 juillet 2011 at 14 h 55 min - Reply

    Je suggère que nous louons l Algerie pour 20 ans a un pays étranger et sérieux comme par exemple l’Allemagne, la Suède, la Norvege ou tout simplement les USA,etc. Si au bout de 20 ans ça fonctionne on renouvellera le contrat et ainsi de suite….car malheureusemnet, depuis 1492, lorsqu l’Espagne nous a mis a la porte de son pays….nous n’avons rien réalisé de sérieux afin de nous imposer à travers la planète….je ne parle pas uniquement de l’Algerie, mais de tout ce qu’on appel le Monde Arabo-Musulman…même Chrétien au Moyen Orient…Le monde Arabo-Musulman est un fiasco sur tous les plans….




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  • rak
    5 juillet 2011 at 20 h 47 min - Reply

    Salam, azul, bsr les ami(e)s

    Mr Ait Ahmed toujours egal a lui meme nous dis ceci « Je laisse les bavardages aux bavards. » et il joint le geste a la parole par sa reponse a la derniere question qui est d’une formidable lucidité quand a la situation en kabylie( sur laquelle tout les feux de l’actualité,meme sur LQA, sont braqués depuis un moment) et pleine d’optimisme
    je suis peut etre pas tout a fait objectif ( ce Monsieur est pour moi un pere spirituel en politique c’est un secret de polichinel, sans pour autant faire dans le suivisme ou le zaimisme aveugle) mais je recommande de lire et relire cette interview car ce n’est vraiment pas du bavardage, si l’on veut vraiment comprendre quelque chose a la situation de notre chere Algerie

    cordialement




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  • Mohand Tahar MOHAMMEDI
    5 juillet 2011 at 21 h 20 min - Reply

    Le message est double a travers cette interview , le premier étant qu’il n’a rien a attendre de ce régime celui la même qui a privé dans la douleur le peuple de son indépendance , le second étant qu’il a insinuer au peuple de faire comme l’ont fait d’autre peuple joyeusement pour retrouver notre liberté , a travers une forte mobilisation pour imposer un changement démocratique pour parachever le travail entamer par nos héritiers durant le mouvement national autour de l’indépendance réelle de notre pays.




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  • Ali El Akel
    5 juillet 2011 at 21 h 35 min - Reply

    Meilleur citation politique algérienne depuis l’indépendance, j’ai nommé :
    « C’est aux dirigeants de faire la preuve qu’ils aiment leur pays et qu’ils méritent la confiance de leurs peuples. Ce n’est pas aux peuples de faire tous les matins la preuve de leur patriotisme en se mettant au garde à vous devant des despotes. »




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  • D B
    5 juillet 2011 at 22 h 28 min - Reply

    Personnellement j’ai le plus grand respect pour Monsieur Aït-Ahmed. Je dirais même plus, j’éprouve pour lui des sentiments qui sont plus que du respect; de l’admiration, de la reconnaissance, et même un amour sincère, celui que vouent les mahgourines pour les justes, pour ceux-là de nos aînés qui nous ont tout donné, jusqu’à leur vie. J’aime cet aîné, ce grand frère, cet homme d’action, mais aussi de réflexion et de vision, qui ne s’est pas laissé corrompre, par quelque bande qui soit, parmi celles qui se sont succédées à la tête de ce pays qu’ils se sont accaparé. Je l’aime parce qu’il a souffert, non pas pour arriver à des fins vénales, ou pour assouvir de vaines ambitions, mais pour être en accord avec les grands principes qu’il a fait siens, pour ce peuple qui a souffert, et qui continue de geindre, sous le joug d’un occupant encore plus dévastateur que celui que lui-même a contribué à chasser. J’aime cet homme pour tout ce qu’il nous a donné, de sacrifices, de souffrances, de longues traversées du désert, pour avoir su endurer, ô combien, d’amères déceptions, y compris celles que nous lui avons nous même prodiguées, avec tant de lâcheté. Mais Aït-Ahmed, malgré d’indicibles vicissitudes, d’ignobles trahisons, et parfois une solitude sidérale, n’a jamais plié le genou. Parce qu’il avait conscience qu’il entrait de plain-pied dans l’histoire, et que les douloureuses circonstances qu’il traversait connaîtraient leur dénouement un jour, de son vivant ou après sa disparition. Aït-Ahmed est ce qu’il est parce qu’il a une vision de l’histoire qui transcende l’instantanéité. Et le temps lui a donné raison. Où sont, aujourd’hui, tous ceux qui ont tenté de le réduire, de le faire souffrir, de le circonvenir, de le diffamer, de l’avilir, de le faire disparaître de notre mémoire. Au mieux, ils sont morts. Au pire, ils attendent de s’en aller par les égouts de l’histoire.
    Je voulais dire cela, avant d’en arriver à ce que je veux crier depuis si longtemps.
    Je voulais le dire, pour qu’on ne se méprenne pas sur mes convictions profondes, et pour que je ne tombe pas sous le couperet, devenu habituel au FFS, qui considère quiconque exprime sa sincérité, d’agent du régime, de taupe, ou de je ne sais quoi. Encore que je comprends bien que les militants du FFS se méfient de tout ce qui sort du cadre, j’allais dire structurel. C’est dommage, par ailleurs, puisque les chauves-souris du régime ont réussi, pour le moins, à susciter une véritable paranoïa au sein du FFS.
    Je voulais donc dire à Aït-Ahmed, mon frère aîné, que je ne comprenais plus son attitude présente. Je me rappelle du jour ou Dda L’hocine m’avait été présenté par mon ami Kaci Ahmed. Je me rappelle de cette discussion que nous avons eu, sur la situation de notre pays. J’avais été réellement illuminé par l’intelligence étincelante de cet homme, par sa capacité d’écoute, par cette jeunesse d’esprit qui émanait de lui. J’étais fier d’appartenir à ce peuple qui comptait un tel homme en son sein. Je ne cache pas que cette entrevue m’a régénéré. Elle m’a boosté, comme on dit aujourd’hui.
    Je n’ai rien perdu de cet immense espoir que représente Aït-Ahmed pour moi. Je sais que dans l’état actuel de la situation, il dispose encore d’une formidable possibilité de changer le cours de l’histoire, même s’il ne le sait pas lui-même, même si des gens de son entourage lui ont rogné les ailes, même si on fait tout pour le persuader du contraire, même si le régime a réussi à le cerner, même si l’espoir a besoin d’être nourri, dans ce désert aride qu’est devenu notre pays, même si l’influence politicienne sur ce grand leader, par son propre entourage, semble avoir eu raison de ce géant de l’espoir et du combat des justes, je lui dis, moi, simple citoyen algérien, un de ces millions d’hommes et de femmes qui espèrent, qui attendent, qu’il est encore pour nous ce grand leader, toujours vivant, ô combien, et que s’il s’ébranle, les montagnes de la lassitude et de l’indifférence vont trembler, que les murs de la peur vont se lézarder, et qu’un peuple qu’on croyait mort va se réveiller de l’odieuse torpeur dans laquelle des criminels et des voleurs l’ont savamment enfermé. Lève-toi, Dda L’ho, et appelle au sursaut de dignité, toi notre frère, notre père, et notre ultime recours. Nous t’attendons, grand frère. Tu es l’un des derniers purs, de ceux qui ont bravé des forces autrement plus grandes que celles de ces pleutres et de ces lâches qui ont volé ta victoire, tu es de ceux parmi tes frères qui sont tombés à tes côtés, et de nous tous qui espérons le jour.
    Haut les coeurs frère courage, frère dignité, frère liberté! Lève-toi et marche devant nous, pour nous éclairer le chemin de la dignité ! N’entends-tu pas le souffle haletant de la révolution en marche ?
    Lève-toi seulement, et de toute part résonneront les pas de ceux qui attendaient que la dignité se lève enfin, dans ce pays où les ténèbres règnent sans partage. Haut les coeurs! Et que vienne l’heure de la délivrance et de la dignité!




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  • A.L
    5 juillet 2011 at 23 h 23 min - Reply

    Il y a encore des hommes (et des femmes),DB,Dieu merci.Et tu en fais partie.
    Forte émotion.




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  • Riad
    6 juillet 2011 at 4 h 01 min - Reply

    Oui frère Djamel, Mr Ait Ahmed peut mobiliser des millions d’algériens pour tout de suite s’il le veut … mais notre sage dit qu’il y a chez les décimeurs « un manque de volonté politique. Il manque la volonté de faire les choses sérieusement. » Et « Quand il n’y a plus de confiance, il faut d’abord restaurer la confiance. On n’imagine pas un dialogue sans ce préalable.» Dialoguer pour faire partir ces hommes et leur système pacifiquement … ON PEUT. Qu’on soit un ou des millions, l’étendu des actions qu’on peut mener pour leur donner la volonté de partir est aussi large que l’océan pacifique …
    Et « La priorité pour moi reste dans la construction du parti, le rétablissement des liens entre militants, entre citoyens, entre forces sociales. ». Dans chaque quartier … se structurer, se rassembler, s’organiser à tous les niveaux … pour offrir une alternative brillante à la hauteur de ce que notre nation mérite. Il y a un avenir après ce système … 3andna 3am … w kounou ga3 sur beli l’3alem entier aw y scruter tout nos gestes … serrant les rangs, soyons vigilants …
    Nous sommes les enfants de Hocine Ait ahmed, de Mohamed Boudiaf, de Larbi Ben M’hidi, de Krim Belkacem … il n’y a pas de doute, pas un instant, vous allez tous être plus brillant les uns que les autres pour notre patrie et l’avenir de ces enfants.




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  • Adam
    6 juillet 2011 at 6 h 32 min - Reply

    Chapeau Monsieur ou grand pere vous avez accomplis votre devoire envers la nation jeune et aujordhui vous nous eclaire les problems majeurs de notre nation et en plus tu nous donne un peut d espoire … merci pour votre services et sacrifice pour l algerie a nous les jeunnes de continue votre combat pour la liberte …




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  • guerriere de la lumière
    6 juillet 2011 at 15 h 26 min - Reply

    Je ne sais pas pour vous mais pour moi le messager est claire:
    « Patience encore et détermination surtout!
    La priorité est à la reconstruction (restauration) de la confiance entre nous tous et l’union(entre gens intègres) ensuite viendra l’heure de l’affrontement, de la délivrance! »
    Vivement ce jour……..

    Chapeau bas Dda L’Hocine!!!




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  • aquerado
    6 juillet 2011 at 19 h 06 min - Reply

    Salam,
    Je n’est pas grand chose a rajouter apres cette tres belle interview de Mr Ait Ahmed qui cerne profondement le mal Algerien et l’hommage emouvant de mr Djamel Benchenouf. Hormis le fait que vous etes deux grands freres aines que j’aime et apprecie pour votre sincerite et votre moralite elevee.




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  • OURIACHI
    6 juillet 2011 at 21 h 14 min - Reply

    je reste admiratif de l’analyse de notre grande figure historique sur la situation dramatique de notre pays;aux figures plus jeunes qui ne manquent pas de s’engager et de montrer le chemin aux algeriens afin qu’ils se liberent des sangsues qui malmenent notre pays.




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  • amine
    6 juillet 2011 at 23 h 35 min - Reply

    D’abord je rend un grand hommage a ait ahmed,je suis tout a fait d’accord avec son analyse politique sur la situation politique et banditique du pays,ce dont je ne suis pas d’accord c’est son silence ,avec son charisme il peut drainer toute l’algerie derriere lui et laisser le travail de proximité a son dauphin karim tabou,car en ce moment l’algerie est au fond du puit et elle essaye de creuser encore plus profondement.Cher da hocine ont est pas a l’heure des idéologies ,mais c’est toute la rue algerienne qui réclame au secour.
    Cher da hocine, vu votre age et avec tout le respect que je vous dois, j’ai vraiment honte de vous demander de faire encore du militantisme,alors que sa devrait etre a nous de reprendre le flambeau,mais que voulez_vous c’est votre passé et present qui temoigne pour votre personne.
    TAHIA EL DJAZAIR. sans r’khes.




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  • fouad
    8 juillet 2011 at 0 h 19 min - Reply

    bravo dda lhocine c bien dit




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  • W A H I D
    8 juillet 2011 at 3 h 07 min - Reply

    Si le leader et les cadres du FFS, réfléchissent intelligemment et sérieusement, ils pourront apporter une contribution significative au projet du changement.

    Le FFS peut aider à l’unification des forces de l’opposition, il faut travailler pour une réelle alternative, ce n’est pas possible que les opposants de différentes tendances veulent le changement du système alors qu’ils ne sont pas capable de s’organiser en une force unie, déterminée pour se proposer en une alternative à la coalition, RND/FLN/HAMAS, il faut réfléchir sérieusement et sortir des vieux paternes ( discours, débats, déclarations etc…) pour élaborer un sérieux et vivable projet d’unification, le plutôt serait le mieux pour le système en place et le peuple Algérien, il ne suffit pas de critiquer le système ou demander le changement du système, il faut convaincre, les élites qui sont le socle du système, les militaires qui sont les véritables décideurs, le peuple qui a la légitimité et le pouvoir de changer les choses, les partenaires étrangers qui exploitent, achètent gaz et pétrole, qui font la rente du pays, qui fournissent et livrent le pain quotidien au peuple. Il faut innover, ce n’est plus l’Algérie de gaule, c’est l’Algerie de, Ben bella, Boumediene, Chadl, Kafi,Boudiaf, Zeroual et de Bouteflika qu’il faut changer, il faut travailler pour démontrer que l’opposition est capacité de mener la transition, le changement dans l’ordre et la sérénité, sans ces conditions ni le peuple ni même les sympathisants du FFS ne vous accorderaient point de crédits et aussi longtemps que vous fonctionnez avec les vieux paternes et vous allez prolonger le malheur des Algériens.

    Les défis de l’Algérie de 2012 sont très différents de ceux de 1962, le combat et l’ennemi d’hier est différent de celui d’aujourd’hui, il ne s’agit pas de libérer un peuple d’un système colonial, mais de libérer les initiatives du citoyen Algérien, élever sa conscience et sa détermination de la nécessité du changement du système, des institutions et de la société, donc le peuple a besoin de ceux et celle parmi ces enfants les plus engagé, les plus brillants, le plus charismatiques dans l’union pour dirigent le véritable changement et assure la transition pacifique, celui qui rassure les forces qui jusqu’à présent craignent le changement du système politique en Algérie. Maintenant quant la personnalité qui va mener le changement, la question ne devrait même être posé, et l’histoire récente de l’Algérie nous a démontré que le pouvoir en Algérie ce n’est une question d’un homme, mais de système politique, d’institutions et de société.




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  • hakimM
    8 juillet 2011 at 17 h 24 min - Reply

    @Wahid,
    je veux rajouter un commentaire a ton article intéressant.
    Après 1992, le FLN, le FIS, le FFS que le peuple a donnée plus de 90 % des voix se sont réunis a Saint-Egidio contre les généraux assassins.
    Il y a eu un combat de politique contre la violence.
    Il n’y pas eu de combat entre la société civile organisée, unie contre cette mafia de la DAF et autres regroupements occultes
    Résultat, ce fut un échec.
    Si Ait Ahmed, figure intègre unie tous les partis démocrates ce sera une victoire politique contre le FLN-RND et autres partis inventées par la DRS qui attendent de jouer un rôle de pare-feu, on n’obtiendra rien.
    En réalité les democrates ont gagné le match du politique même désunis. Pourtant, rien n’a changé dans la gouvernance, Bouteflika et la DRS vomis par tous sont toujours aux règnes.

    Il n’y a que la victoire du peuple en formant une force unie qui investit la rue pendant des jours qui changera la peur.
    Car cela représente un refus clair et démontré de la mafia.
    Cela représente surtout une force mobilisée et décidée contre la mafia.
    J’arrive au fond de mon idée, contre la force il faut la force, pas des blabla et des vœux pieux ou des réunions dans la salle Harcha.
    Il y a 100 assassins au sommet du régime + 1000 corrompus vendus + 10 000 opportunistes de basse cours.
    Ils ne pourront rien faire contre des millions dans la rue et les policiers et militaires non corrompus ne vont pas obéir a ces 100 minables.

    C’est pour dire que le nerf de la guerre est le courage, l’union civile et la détermination d’aller jusqu’au bout et cela commence par les comités de quartiers et de villages. Il faut aussi que les Algériens se débarrassent de leur racisme cruel.




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  • slimane
    9 juillet 2011 at 10 h 12 min - Reply

    on se pose toujours les questions pourquoi AIT AHMLED n’est pas encore en Algérie, je me pose aussi la question, faut il peut etre prendre en compte son état de santé, ce n’est pas la même chose d’accorder une interview à un journaliste, que d’aller à la rencontre de la foule, c’est usant pour un homme de son age, avec le climat à la fois météorologique et sociétal en Algérie,

    je crois qu’il maintenant dire merci à M AIT AHMED, et laisser les plus jeunes que lui voler de leur propres ailes,
    voyez vous, un parcours qui dure depuis 1942, à 2011, combien de livre ont été écrits sur lui, ….zéro, certains attendent sa disparition pour se faire de l’agent sur son nom.c’est triste. et on demande encore de lui.
    il suffit de relire ses discours, ses conférences, ses actions, pour savoir quoi faire.




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