Édition du
23 March 2017

La hogra des « ministres » de la République bananière

Fonction publique: Des cadres de l’Etat poussés vers la porte de sortie

par Ghania Oukazi, Le Quotidien d’Oran, 9 juillet 2011
De nombreux cadres de l’Etat vivent une situation de marginalisation dont l’objectif premier est de les pousser à la porte de sortie.

Rencontrés au détour d’un ministère, des cadres nommés par décret et occupant depuis longtemps des postes de responsabilités se voient, aujourd’hui, marginalisés par leur hiérarchie. C’est au nom du «changement» que certains ministres et hauts responsables d’institutions exigent de leurs anciens cadres de quitter leur emploi en procédant aux formalités de la retraite. «J’ai quatorze ans de décret, je souhaiterai rester au moins une année pour avoir le nombre d’années requis afin de prétendre à une retraite respectable,» nous disait mercredi l’un d’entre eux avec un air abattu. Un autre le rejoint pour nous raconter comment «les anciens sont mis en quarantaine et traités avec mépris.» Des ministres comme celui du Tourisme et de l’Artisanat a décidé, nous dit-on, «de mettre plusieurs de ses cadres à la retraite et de les remplacer par d’autres qu’il garde depuis longtemps sous la main.» Il semble que la revendication du changement a marqué les esprits des gouvernants mais dans le mauvais sens. «Ils nous demandent de partir parce qu’ils veulent, comme ils disent, nous remplacer par des jeunes, ce n’est même pas vrai, ils veulent s’entourer de nouveaux responsables qu’ils connaissent, qu’ils maîtrisent et qu’ils commandent bien…», nous disent-ils. «Il faut céder la place aux jeunes,» aurait dit Smaïl Mimoune à des cadres qui se plaignent de n’avoir plus de bureau ou même de chaise pour s’asseoir. C’est donc «au nom du changement des vieux par des jeunes», que ce dernier tenterait de modifier l’organigramme et d’en changer les personnels par d’autres qu’il aurait choisis selon des critères qui lui seraient propres. «On a appris qu’il veut mettre des gens qu’il connaît soit parce qu’ils viennent de son parti ou de son entourage, ça n’a absolument rien à voir avec cette question de jeunes qu’on met dans toutes les réformes,» précisait un des cadres. Rompu à l’examen des dossiers liés aux activités de leur secteur, des responsables de directions ou de services se retrouvent alors «dehors», tout en étant «dedans», sans que cela ne dérange aucunement leurs hiérarchies respectives. «Renvoyer quelqu’un à la cinquantaine est un véritable crime, ils savent qu’il ne peut prétendre à faire autre chose parce qu’il ne peut faire que ce qu’il a appris et dont il a fait toute une carrière,» se plaint notre interlocuteur.

Le ministère de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement (MIPPI), lui aussi, est plongé depuis de longs mois, dans la même situation. L’on a appris que le syndicat des travailleurs a pris attache avec le premier responsable du secteur, Mohamed Benmeradi, pour lui expliquer les tenants et les aboutissants ou précisément «les dessous» de comportements assez curieux de certains responsables. «On se retrouve d’un coup mis de côté, sans aucun dossier entre les mains, on nous a fait comprendre que nous sommes de trop,» nous expliquait mercredi un des cadres du MIPPI. En fait, c’est le jumelage des portefeuilles ministériels dans un seul qui a créé ce désordre au MIPPI.

«Vous au moins, vous avez un syndicat»

«Les cadres de l’Industrie sont totalement ignorés, ceux de la PME veulent prendre tous les postes, on était tellement bien avant, on travaillait dans de bonnes conditions,» nous disent certains d’entre eux. Nos interlocuteurs se plaignent du fait qu’aujourd’hui «notre travail doit être apprécié et noté par des responsables qui n’ont jamais été avec nous, ni ne nous connaissent ni ont pris connaissance de ce que nous avons fait durant toutes ces années de travail.» Ils n’admettent pas de se voir «évaluer à la fin de notre carrière par des gens venus juste pour nous faire partir.» Ils reconnaissent cependant à Benmeradi «cette volonté et cette faculté à accepter de voir avant d’agir.» Une fois qu’il a pris connaissance de ce qui se tramait dans son ministère, Benmeradi a décidé, selon des cadres, de surseoir à toutes les décisions de changement de responsables. «Vous au moins, vous avez un syndicat,» lui répond un cadre du ministère de Mimoune qui se sent totalement perdu.

Au siège de la Télévision nationale, des journalistes se sont vus mettre à la retraite sans qu’ils ne le soient véritablement. «On m’a dit de rentrer chez toi et d’attendre, tu es payé alors prends ton temps, reposes-toi», s’indigne l’un d’entre eux. A la rédaction de journaux privés, des rédacteurs en chef se sont vu non seulement écartés brutalement de leur poste mais mutés dans des rubriques dont ils ne maîtrisaient pas les thèmes. «C’est pire que le parti unique,» avait lâché un responsable d’une institution, à propos des pressions que certains patrons de journaux exercent sur des journalistes. Le mépris affiché à l’égard des cadres de la Nation n’est pas chose nouvelle. L’actuel Premier ministre a été l’un des premiers gouvernants à en développer le syndrome et à l’inoculer à nombreux d’entre eux, au nom d’une campagne bien orchestrée. C’était durant les années 90, au temps où le terrorisme faisait rage et où les cadres rasaient les murs pour ne pas être assassinés. Limogés, humiliés, jugés, emprisonnés, beaucoup d’entre eux ont vu leur carrière brisée parce que le pouvoir d’alors avait désigné Ahmed Ouyahia pour mener contre eux, une indigne chasse aux sorcières.

Les gestes méprisables des responsables

Il semble que depuis mai dernier, mois durant lequel le gouvernement a été remanié, beaucoup de cadres de la Nation n’arrivent plus à travailler. Ils traînent dans les couloirs sans «objet» de travail. «Ils veulent nous pousser à bout pour qu’on quitte par nous mêmes,» disent certains d’entre eux, avec amertume. Au ministère de la Formation professionnelle, certains attendent la publication de leur décret de mise fin de fonction «pour qu’on puisse partir et tenter de voir ailleurs.» Aujourd’hui, l’on affirme que «c’est une véritable chasse aux anciens cadres, on veut les faire partir par n’importe quel moyen, pour cela, on prend tout en considération sauf la compétence,» s’indignent-ils. L’actuel ministre de la Solidarité a fait pire. Avant qu’il ne quitte son poste de ministre de l’Agriculture, Saïd Barkat avait pris le soin de renvoyer ou de muter tous les cadres qu’il soupçonnait proches de Rachid Benaïssa, alors ministre délégué chargé du Développement rural. Il a obligé certains d’entre eux à rejoindre leur poste initial à l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC). Une de ses secrétaires en a fait les frais. Elle passera par une profonde dépression et vivra de longs mois, dans un bureau exigu sans que personne ne daigne ni lui donner du travail ni même lui parler. Pour d’autres raisons qui restent à ce jour obscures, en tout cas loin d’être convaincantes, Barkat avait suspendu un des cadres de la direction centrale des Services vétérinaires. Brahim Messaoudi en avait longtemps souffert. Face au mépris affiché à son égard par sa hiérarchie, il sombra dans un profond chagrin jusqu’en perdre la vie. Il mourra après près de deux ans de suspension. Barkat a fait un autre geste méprisable, celui de le réhabiliter à titre posthume. Le ministre a encore d’autres forfaits de mépris à son actif. Barkat avait procédé en tant que ministre de la Santé à des changements à la tête des établissements hospitaliers. Une semaine à peine avant qu’il ne soit «muté» à la tête de la Solidarité nationale, il prendra un malin plaisir à relever un directeur de l’un de ces établissements pour le nommer… chef de bureau.

C’est dire que le pouvoir achève bien ses cadres. En l’absence de recours clairs et de règles d’éthique reconnues et respectées par l’ensemble des institutions de ce pays, nombreux sont les cadres qui sombrent dans la déprime. L’Etat est tenu comme premier responsable de la déchéance d’un capital-expérience dur à (re)construire.


Nombre de lectures : 3677
11 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • moufdi
    9 juillet 2011 at 12 h 22 min - Reply

    en effet la gestion des ministres est a l’image de celle de bouteflika c’est a dire copinage et regionalisme ,ministres d’abord ,DG,directeurs centraux ,secretaires generaux pour la plus part d’entre eux sont de tlemcen …donc ces mediocres ministres ne font que suivre ce que leur maitre fait depuis 99




    0
  • ALMIZANE
    9 juillet 2011 at 12 h 23 min - Reply

    Lorsque toute sa vie durant on a baissé son froc pour servir une Administration de Ploucs. On a droit à ce que l’on mérite. Que cela serve de leçon aux remplaçants.




    0
  • A.L
    9 juillet 2011 at 13 h 46 min - Reply

    Un médiocre remplace un ex-médiocre.Un haggar remplace un autre.Un clou chasse l’autre,comme on dit.Après l’article 120,vint la promotion des copains,et vogue la galère.
    Qu’ont-ils fait de bon ,ces cadres haut placés depuis l’indépendance? Sinon se la couler douce.Je ne généralise pas toutefois.




    0
  • NEDJMA
    9 juillet 2011 at 17 h 54 min - Reply

    Aux pédants de la presse aux ordres, sentez donc un peu plus la m… de votre pays,scribouillards vendus aux plus offrants cesser d’aménager la dictature pour la rendre plus acceptable,l’existence de l’Etat-DRS est une provocation permanente.




    0
  • medjeri
    9 juillet 2011 at 21 h 36 min - Reply

    quand je vois des tetes de chenapans tels que said barkat ou ould abbes je suis pris par une terrible envie de vomir hachakoum




    0
  • cortex
    10 juillet 2011 at 0 h 06 min - Reply

    Il est surprenant de remarquer que les excréments de madame Algérie se ressemblent tous n’est ce pas?
    Rien qu’à les voir je ressent un malaise profond et terrible.Mais ces individus ne sont que les produits des œuvres d’un peuple qui a délaissé sa religion au profit de l’égarement et de la soumission.Chers compatriotes,il n’y a qu’une seule vérité ,c’est l’islam.Tant que nous nous éloignerons d’elle nous nous éloignerons de la paie.Je met au défit celui qui me ramène une doctrine ou une autre voie qui a réussi sans faille dans l’histoire.Moi je n’en connais qu’une seule,c’est celle de Allah et ces messagers.
    Je vais illustrer mes propos par exemple pertinent.L’Algérie est passé par différentes phases au cours de son histoire tumultueuse.Dites moi à qu’elle époque ce pays a connu la quiétude?Je vous laisse répondre à cette question.
    Chers compatriotes,pendant que nous sommes entrain de constater notre médiocrité et de débattre sur des faits logiques et mérités sachez qu’Allah a dit:certes si vous délaissé ma religion alors je vous égarerai et je guiderai d’autres peuples qui m’aimeront et que j’aimerai.
    C’est donc nous les grands perdants.Résultat:plus de 70 européens se convertissent à l’islam par jour et ce chiffre est assez ancien, il a dut augmenté depuis.Parmi ces convertis la majorité son des intellectuels des pdg des médecins ,chercheurs,ingénieurs etc .Et,étrangement,plus de femmes que d’hommes.
    Chers frères chères sœurs prenons du recul et réfléchissons un tout petit peu mais pas trop non plus:ce ne sont pas des sots qui embrassent notre religion et je ne parle pas de ces opportunistes qui se convertissent par vils intérêts .Mais qu’allons nous penser.Qu’Allah n’exécute pas pas ses ordres?Hacha li Lah.
    Je termine par un proverbe arabe que j’ai déjas sité dans une autre rubrique: »la faute de l’orient déchu c’est qu’il ne pense plus et celle de l’occident déchu c’est qu’il pense trop et mal.L’orient dors sur des vérités et l’occident vie sur des erreurs.




    0
  • Ammisaid
    10 juillet 2011 at 1 h 29 min - Reply

    Les vieux debout !
    Les jeunes assis !
    On change tout sauf les moribonds, les vieux chenapans et les agonisants. Ils on préparés la relève. Ils vont lui laisse la place pour que tout puisse paraitre nouveau et beau mais leurs cerveaux fonctionnera avec un même cerveau.




    0
  • Hanif
    10 juillet 2011 at 22 h 31 min - Reply

    La politique de gestion des ressources humaines menée à tous les niveaux des institutions étatiques s’appuie sur, des critères de clanisme régionalisme, douarisme, d’appartenance à la même famille politique ou lobby financier dans le recrutement ou la promotion des agents de l’Etat .

    Cette forme de corruption dans la gestion des ressources humaines du pays engendre des conséquences sur la dégradation de la situation économique du Pays bien plus graves que ceux engendrés par la corruption classique dans les gestion des ressources financière, pratiques qu’on rencontre dans les pays sous développés et à un degré moindre dans les pays développés.

    Une simple enquête sur les profils , expérience appartenance régionale, tribale , familiale et politique, moralité dans la gestion des affaires, des cadres recrutés fait apparaitre de graves anomalies dans le choix de ces cadres et des détournement manifestes des postes budgétaires qui exigent des profils bien spécifiques pour les attribuer à ces agents qui ne répondent à aucun cas aux critères exigés . Un Ministre , toujours en fonction actuellement , a recruté lors de son passage au Ministères de l’Agriculture aux postes de conseillers , inspecteurs directeurs de certaines institutions stratégiques du secteurs (OAIC ? Concession etc. , dentiste, instituteurs, ex directeur d’OPGI, licenciés en science politique et autre disciplines d’aucune utilité pour le secteur. etc.. Ces cadres , qui bénéficient de salaire et surtout de retraites confortables et autres avantages sont censés préparer pour le Ministre la politique de développement agricole inspectés l’exécution des programmes de développement . Le recrutement a engendré un climat malsain et une grande démobilisation parmi les ingénieurs agronomes du Ministère.. Nous rencontrons la même situation dans les autres secteurs et institutions étatiques

    C’est dans la gestion des ressources humaines du Pays qu’il a falloir chercher les vraies causes de la faiblesse des performances économiques de l’Algérie dans tous les secteurs économiques, et de la fuite des cerveaux.

    L’ensemble des institutions étatiques du Pays se sont fortement bureaucratiser et perdu toute efficacité et efficience, Elles sont devenues incapables de mener à biens les nombreux et couteux programme que le pouvoir politique a lancé ou en voie de l’être

    Les Pays développés mènent une politique de chasse et de rabattage des compétences à travers le Monde , quand à nous, après avoir dépenser des sommes colossales pour la formation de nos cadres , on les pousse à s’expatrier et offrir leur savoir faire et compétences ailleurs. Cette forme de cocufication n’inquiète apparemment aucun haut ( responsable ).




    0
  • Sema
    11 juillet 2011 at 14 h 29 min - Reply

    Salam alaykoum,

    Sachant qu’il n’existe pas de contre poid par ailleurs… la mascarade n’est pas prête de finir.
    A quand le rassemblement des patriotes du pays autour d’une plateforme salvatrice ?




    0
  • Rédaction LQA
    11 juillet 2011 at 15 h 00 min - Reply

    Des ministres font le « changement » en saquant les « vieux » cadres
    Oussama Nadjib, Maghreb Emergent, 9 Juillet 2011

    C’est le Spoils System (système des dépouilles) à l’algérienne. Au nom d’un changement qui tarde à venir dans le pays, des ministres algériens prennent les devants en saquant des « vieux » cadres pour les remplacer par des « jeunes ». Mais quand les « vieux » qu’on cherche à envoyer à la retraite ont à peine cinquante ans, cela relativise l’argument de l’ancien et du jeune. Et ouvre le champ à l’accusation d’une nouvelle campagne de chasse aux cadres.

    La demande de changement de régime en Algérie reste toujours sans suite. La Commission BTB (Bensalah-Touati-Boughazi) créée par le président Abdelaziz Bouteflika qui n’a pas suscité un enthousiasme débordant n’a pas encore donné sa « synthèse ». Le changement reste suspendu… au bon vouloir du régime et au rapport de forces. Mais le thème du changement est utilisé avec un grand sens de l’opportunité par certains ministres qui mettent sur voie de garage des « vieux » cadres pour s’entourer de « nouveaux ». C’est ce qu’affirme notre confrère Le Quotidien d’Oran qui rapporte, dans son édition d’aujourd’hui, les propos désabusés de certains haut cadres dans les ministères. Le thème des « anciens » cadres contre les «jeunes » – qui aurait donné un peu de « sens » au changement- ne serait pas de mise. Il ne serait qu’un prétexte « in » pour reproduire de vieilles pratiques. Certains ministres profiteraient de l’attractivité du mot pour se débarrasser de cadres devenus indésirables. La revendication du changement «a marqué les esprits des gouvernants mais dans le mauvais sens » écrit le journal. En clair, on utilise le credo pour se débarrasser de cadres et les remplacer par d’autres pour des motivations subjectives. Les « anciens » qui n’ont plus les faveurs des ministres raseraient les murs et sont mis sous pression pour les pousser à la retraite. « Ils nous demandent de partir parce qu’ils veulent, comme ils disent, nous remplacer par des jeunes, ce n’est même pas vrai, ils veulent s’entourer de nouveaux responsables qu’ils connaissent, qu’ils maîtrisent et qu’ils commandent bien…» ont-il déclaré à la journaliste Ghania Oukazi.

    Mimoun suspecté, Benmeradi loué, Barkat au « top »

    Smail Mimoun, ministre du tourisme et de l’artisanat et néanmoins membre du MSP (islamiste) serait un des chantres de ce « changement » et il aurait décrété qu’il faut laisser la « place aux jeunes ». La suspicion est immédiate : il veut faire place nette pour des gens qui « viennent de son parti ou de son entourage, ça n’a absolument rien à voir avec cette question de jeunes qu’on met dans toutes les réformes ». Au ministère de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement (MIPPI), M.Mohamed Benmeradi, avisé par le syndicat sur des démarches peu conformes aurait décidé de surseoir à toutes les décisions de changement de responsables. Ce qui suscite l’envie des cadres en voie d’éjection du ministère du tourisme : « au moins vous avez un syndicat » auraient-ils dit à leurs collègues du MIPPI. Certains ne sont pas loin, selon notre consœur, ne sont pas loin de penser qu’une nouvelle « chasse aux cadres » est engagée sous couvert de changement ou de rajeunissement. Les choses se seraient particulièrement dégradées pour de nombreux « anciens » cadres à la suite du dernier remaniement gouvernemental. Dans ces pratiques, telles que rapportées par le Quotidien d’Oran, Said Barkat, aurait la palme. Il aurait, avant de quitter son poste de ministre de l’agriculture, renvoyé ou muter tous les cadres présumés proches de Rachid Benaissa alors ministre de alors ministre délégué chargé du Développement rural.




    0
  • IRIS SAMY
    21 juillet 2011 at 14 h 01 min - Reply

    Said Barkat
    De l’Agriculture à la Santé, il n’a de cesse de faire parler de lui. En mal plutôt qu’en bien. Lui, c’est Saïd Barkat, l’actuel ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, au gouvernement depuis 2000. Avec le scandale, il semble avoir conclu un contrat à durée indéterminée. Se sait-il intouchable, à l’abri de la sanction, lui qui dut son ascension politique à son amitié avec le président Bouteflika ? Sous son règne à la tête du ministère de l’Agriculture, le fameux tubercule qu’est la pomme de terre a eu à toiser de haut, vraiment de haut, les Algériens. Pourtant que d’argent englouti pour fertiliser un secteur agricole longtemps laissé en jachère et, partant, booster la production agricole nationale. Pour ce labeur, Saïd Barkat, arraché à la médecine qu’il pratiquait à Biskra où il avait son cabinet pour se voir confier, en 2000, le poste de ministre de l’Agriculture, a disposé d’une enveloppe à donner le tournis : 340 milliards de dinars, affectés au Plan national de développement agricole (PNDA). Plusieurs saisons de labours et de semailles plus tard, l’Algérien n’est pas parvenu à trouver le produit agricole à portée de sa bourse, encore moins à manger bio. Disposer d’autant d’argent et réussir une telle contre-performance, il faudra avoir nécessairement mal attelé les bœufs et semé hors sillon. C’est justement ce qui est reproché à Saïd Barkat. L’argent du PNDA a fait l’heur de privilégiés sans qu’il profite à l’agriculture à laquelle il était destiné. Rien que dans la wilaya de Djelfa, le détournement, dans le cadre de la GCA, est évalué à 140 milliards de dinars. L’affaire est du domaine public. Comme le sont désormais les scandales dont Al Khabar Al Ousboui a fait cas dans sa récente livraison. Ainsi, l’on apprend que 70% des aides destinées aux 14 wilayas du Sud ont bénéficié à la seule wilaya de Biskra dont est originaire le ministre. Le président Bouteflika aurait même eu à faire la remarque à Saïd Barkat en plein Conseil des ministres. Il lui aurait dit : «Je ne comprends pas qu’autant d’argent soit destiné à cette seule wilaya et puis qu’il ne profite pas aux méritants.» On apprend aussi que lorsqu’il était ministre de l’Agriculture, un certain A. Nabil, qui compte parmi ses amis d’enfance, se permettait le rare privilège de recevoir ses partenaires étrangers au siège même du ministre. On apprend enfin que Amar Saâdani, l’ex-président de l’APN, a bénéficié, lui, d’aides évaluées au total à 3000 milliards de centimes. Passe sur la location à 36 000 euros par jour d’avions pour la lutte antiacridienne. Des avions qui n’ont pas eu à décoller et dont la location a été payée pour une période de 90 jours. C’est sur un tel sinistre que Saïd Barkat fera ses adieux au ministère de l’Agriculture pour aller trôner à la tête du ministère de la Santé. Là aussi, il n’est pas resté sans faire parler de lui. Le 21 juin dernier, il s’est rendu l’auteur d’une circulaire qui autorise les directeurs de la santé au niveau des wilayas à délivrer des quitus pour l’implantation et l’ouverture de pharmacies en milieu urbain. L’Ordre des pharmaciens, éveillé aux desseins inavoués d’une telle circulaire, a dénoncé promptement la mesure, menaçant même de saisir le conseil d’Etat. Pour l’Ordre des pharmaciens, la circulaire foule aux pieds le dispositif réglementaire qui dispose que pour l’ouverture d’une pharmacie, il faudra une autorisation d’installation du ministère de la Santé et d’une inscription à l’Ordre des pharmaciens. Saïd Barkat se maintiendra-t-il au gouvernement en dépit de ces scandales qui le rattrapent les uns après les autres ? C’est le président Bouteflika qui tranchera entre sauvegarder une amitié et sanctionner, pour le moins qu’on puisse dire, de graves manquements à l’éthique de gestion.




    0
  • Congrès du Changement Démocratique