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24 March 2017

Ahmed Mestiri : “La contre révolution se manifeste ouvertement”


Nawaat.org | Jul 22, 2011  Short URL: http://wp.me/p16NIR-2qq

 

L’état du pays se dégrade de jour en jour sur tous les plans. Le sort de la Révolution est aléatoire. La contre révolution, de l’intérieur et de l’extérieur, se manifeste maintenant ouvertement, et utilise des bandes de criminels de droit commun, déguisés parfois en militants politiques pour s’attaquer aux biens et aux personnes.

Le Pouvoir en place tout en se déclarant provisoire et transitoire est un pouvoir de fait, mais, tout de même, un pouvoir réel; et tout se passe comme si ce pouvoir s’est octroyé la plupart des responsabilités; celles de légiférer, de gouverner le pays, de prendre en son nom des engagements financiers extérieurs à long terme, de nommer des ministres et des haut fonctionnaires, les gouverneurs, des magistrats, des généraux de l’armée, des ambassadeurs, des officiers supérieurs de la Garde Nationale et de la Police; celles de disposer des finances publiques, exercer son autorité sur l’armée, la police et les média audiovisuels publics, et ordonner des poursuites judiciaires.

Quant aux partis politiques, organisations professionnelles, diverses associations censées représenter la société civile pour constituer un contre pouvoir crédible, beaucoup d’entre eux ont été créés de toute pièce, pour les besoins de la cause, ou reçu les autorisations administratives avec une rapidité et une facilité déconcertantes, dans le dessein évident de salir l’image du pluripartisme et discréditer
le système démocratique lui-même dans l’esprit des citoyens.

Il convient d’ajouter à ce propos que l’argent – celui laissé par Ben Ali ou provenant d’autres sources – coule à flot pour entretenir la contre révolution mais aussi pour alimenter les caisses de certains partis, organisations, ou associations dans des desseins pas toujours innocents ni en toute légalité.

Tout cela ne présage rien de bon pour le proche avenir, après l’élection de l’assemblée constituante. Il m’appartient, comme citoyen indépendant, libre de tout engagement, d’exprimer publiquement mon opinion à ce sujet. Tout comme je me dois de déclarer clairement et dores et déjà, mon opposition formelle – une opposition politique, pacifique et éloignée de la violence – à la démarche du Pouvoir, celle de ses agents et de ses acolytes dans la classe politique – une démarche qui est de nature à compromettre l’avènement de l’Etat de Droit et du Régime Démocratique, à court et à long termes.

Ahmed Mestiri le 22 juillet 2011


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2 Commentaires sur cet article

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  • Ahmed Mestiri : “La contre révolution se manifeste ouvertement”
    22 juillet 2011 at 15 h 54 min - Reply

    […] Le Quotidien d’Algérie Tags: Ahmed, CONTRE, manifeste, Mestiri, ouvertement”, Révolution, “la […]




    0
  • Rédaction LQA
    22 juillet 2011 at 16 h 05 min - Reply

    Ahmed Mestiri: Appel du 16 Janvier 2011

    APPEL AUX CONSCIENCES LIBRES ET AUX CITOYENS DE BONNES VOLONTE

    J’ai quitté la scène politique depuis plus de 20 ans et j’ai gardé le silence durant toute cette période car ma conscience n’était pas totalement tranquille, depuis que j’ai apporté avec d’autres hommes politiques mon soutien au coup d’état du 7 novembre 1987 et à la déclaration qui l’a suivi je n’ai pas tardé à me rendre compte que les paroles et les promesses solennelles qu’elle contenait n’étaient pas suivies par des actes mais au contraire transgressés.

    Aujourd’hui alors que l’heure de la vérité a sonné pour tous je me sens dans l’obligation de rompre mon silence et de parler en toute clarté et en toute franchise.

    Une révolution spontanée et bénie de dieu, à l’initiative innocente du jeune Mohamed BOUAZIZI qui s’est dressé contre l’injustice, l’oppression et l’humiliation dans la ville de Sidi Bouzid, s’est rapidement propagée comme une trainée de poudre du centre du pays pour atteindre le sud et le nord.

    Cette révolution a éclaté sans aucune incitation douteuse ni organisation préalable.

    Aussitôt le peuple, frustré et en colère, de toutes générations et de toutes catégories, a ainsi fini par acculer le dictateur à la fuite ; et on ne peut oublier à cet égard l’attitude honorable de l’armée nationale, ses officiers, sous officiers et soldats qui ont refusé de tirer sur des citoyens innocents qui manifestaient paisiblement, les protégeant par la suite de l’agression des oppresseurs.

    Ceci étant il convient d’écouter la parole du peuple et de la suivre dans la mesure du possible, de rompre progressivement avec le régime précédent et de s’efforcer en même temps à sauvegarder les acquis de sa révolution.

    C’est pour cela qu’il convient de constituer un haut comité national de Salut public pour fixer les bases et le fondement et le cadre du programme de changement attendu, et de fixer dans l’immédiat le contenu de la période transitoire indispensable et inévitable en collaboration avec ce qui reste d’éléments honnêtes du régime précédent et la précieuse participation de notre armée nationale. Pour tout cela il importe :

    1er – le rétablissement de la paix civile dans tout le territoire national et instaurer la tranquillité dans les esprits chez nos concitoyens et leur assurer les moyens vitaux et l’accès à l’alimentation, aux services de santé, aux moyens de transport, sans oublier la reprise des cours dans les écoles les lycées et les universités.

    2ème – constituer un gouvernement provisoire, chargé d’assurer le fonctionnement des rouages de l’état, l’administration, ses organes centraux régionaux et locaux.

    3ème – généraliser le réseau des comités populaires qui se sont constitués dans plusieurs villages et dans les quartiers des villes pour protéger les droits des citoyens à la sécurité et à leurs besoins dans la vie quotidienne.

    4ème – d’autre part il convient dés maintenant de s’engager dans un processus de prise de contact au niveau national régional et local entre les parties d’oppositions véritables, l’UGTT, l’Association des Magistrats, le Conseil de l’Ordre des Avocats et celui des médecins, la Ligue des droits de l’homme, l’Association des journalistes et les diverses Association citoyennes, pour installer les organes du dialogue national.

    Au plan des relations extérieures nous assurons que la révolution tunisienne est la nôtre et ceux qui l’ont déclenchée et soutenue sont soucieux de préserver les relations de notre pays avec les pays frères arabes et musulmans de l’Orient et de l’Occident et de promouvoir le projet du Grand Maghreb Arabe.

    En conclusion et en ce qui me concerne personnellement qu’il me soit permis de souligner qu’ayant dépassé les 80 ans je n’ai plus aucune ambition politique ce qui ne m’empêche pas de me mettre à la disposition des citoyens de bonne volonté et des consciences libres pour consolider notre révolution et la mettre en œuvre au service de notre cher pays.

    Ahmed Mestiri

    Tunis, le 16 Janvier 2011




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