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27 July 2017

Grave rupture de stocks de médicaments

Grave rupture de stocks de médicaments
Le ministère de la Santé fait la sourde oreille
El Watan, 24 juillet 2011

Malgré une gestion catastrophique du dossier du médicament depuis plus d’une année, le ministère de la Santé dégage toute

responsabilité quant à la rupture de stocks qui ne cesse de s’étendre.

Les malades sont aujourd’hui livrés à eux-mêmes sans que cela ne dérange personne. Le docteur Hamou Hafed, directeur de la pharmacie, au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, rejette la responsabilité sur les importateurs de médicaments. Dans une déclaration sur les ondes de la Chaîne III, M. Hafed n’a pas trouvé mieux que de dire : «Les programmes à l’importation des produits finis ont été tous signés. Il n’y a pas de raison qu’il y ait des ruptures.» Mais il a omis de préciser à quelle date ces programmes ont été justement délivrés, sachant que les procédures d’importation fixées par les cahiers des charges sont claires. L’obligation d’ouverture de lettres de crédit, le délai fixé pour faire les commandes, le contrôle des échantillons, le dédouanement et toute autre procédure exigée par la loi font que le produit ne peut être sur le marché que dans les trois mois, voire plus, qui suivent la signature des programmes. Lesquels n’ont été signés qu’à partir du mois d’avril dernier alors qu’habituellement, la procédure est entamée dès le mois de décembre.

«C’est scandaleux !» s’écrie une pharmacienne de la capitale avant de préciser que la situation s’aggrave de jour en jour : «Nous n’avons jamais connu une telle pénurie. Nous faisons face tous les jours au désarroi des patients. Malheureusement, nous ne pouvons rien faire. A un certain moment, lorsque certains produits venaient à manquer, on trouvait toujours le moyen de se les procurer auprès des confrères, mais là il n’est plus possible de répondre à la demande des patients», nous confie-t-elle avant de signaler que les médicaments concernés sont surtout ceux traitant les maladies chroniques. Dans cette longue liste, estimée, selon les pharmaciens, entre 150 et 200 médicaments introuvables, les officines sont aussi en rupture de stocks de pilules contraceptives. «Nous manquons pratiquement de tous les médicaments. Des dizaines d’ordonnances ne sont, hélas, pas satisfaites», avoue un autre pharmacien. Pour lui, «il est inconcevable que des produits tels que Digoxine soient manquants. Les patients souffrant de problèmes cardiaques risquent tout bonnement de mourir. Le traitement avec ce médicament ne doit pas être interrompu. Dans le cas contraire, le malade risque de décéder.» «Les autorités sanitaires ne veulent pas parler de rupture alors que la situation est dramatique», a-t-il déclaré avant de souligner que «ces ruptures s’accentuent de plus en plus. Chaque jour, un produit devient introuvable». Il en cite quelques-uns : Rovamycine sirop, Modurétic, Célestène, Diprostène, Tamgesic, Digoxine…

«Certains produits restent introuvables. Même les génériques fabriqués par Saidal ont disparu»,  ajoute-t-il. Les pilules contraceptives figurent aussi parmi les produits en rupture de stocks. Certaines marques comme Mercelan et Marvelan sont introuvables. Les pharmacies, qui reçoivent de petites quantités, n’arrivent plus à satisfaire la demande. «La liste des produits s’allonge sans que des solutions soient trouvées à cette situation. D’une part, on laisse les patients atteints de maladies chroniques mourir et, d’autre part, il y a un accroissement des naissances en raison du manque de pilules contraceptives», fait remarquer une pharmacienne, qui tente tant bien que mal de satisfaire sa clientèle. Selon les opérateurs en pharmacie, le problème risque encore de se compliquer avec l’interdiction d’importer 152 produits censés être fabriqués localement.

Djamila Kourta




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9 Commentaires sur cet article

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  • Grave rupture de stocks de médicaments
    24 juillet 2011 at 15 h 34 min - Reply

    […] Le Quotidien d’Algérie Tags: grave, médicaments, rupture, stocks […]




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  • mohamed
    24 juillet 2011 at 21 h 32 min - Reply

    C’est planifié, je regrette de le dire, mais quand un gouvernement achéte des equipements militaires par milliard de dollars, organise des galas ,offre en don des millions de dollars, etc, alors ne me dites surtout pas que se sont simplement des aleas, ces ruptures.Ces ministres, ce pouvoir, ces decideurs, ne sont pas quand meme des novices! Le dernier d entre eux a au moins une experience de plus de 10 ans sinon plus dans la (mal )gouvernance, alors qu’ on ne vienne pas nous raconter des salades.C est parfaitement inacceptable et criminel, ces penuries de medicaments, il s’ agit de non assitance a malades en danger, homicides volontaires, oui! c’est homicides volontaires ,ils savent nos (ir)responsables pertinemment que le malade va décédé s’ il ne prends pas ses medicaments regulierement.Tout pouvoir sans controle rend fou. Pauvre de nous, nos vies sont entre les mains de monstres.Dieu sauve nous.
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  • Malika
    25 juillet 2011 at 21 h 17 min - Reply

    Même la cosa nostra respecte certains principes mais la mafia dialna surtout du médicament h’sab’ha 3ind rabi oua7dou.




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  • Ettaki
    26 juillet 2011 at 0 h 20 min - Reply

    Le problème du médicament en Algérie d’après ce qui se raconte dans le milieu du médicament serait un différent entre le ministre de la santé et son premier ministre en faite un bras de force c’est installe entre les deux hommes au dépend des malades bien sur!!!D’un autre cote il y’ a la mafia du médicament et les grand laboratoires qui s’implique chaque jour davantage dans la politique du médicament en Algérie.




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  • Elmoustaquim
    26 juillet 2011 at 11 h 17 min - Reply

    Les hommes de droit parleront de non-assistance à peuple en danger, un fait condamnable aussi bien par la justice des hommes que par celle de Dieu.TITRE L’EXPRESSION
    C’est rare, très rare qu’un ministre de la République fasse un pareil aveu. Le ministre de la Santé, Djamel Ould Abbès a confié, hier, qu’il subit la pression des lobbys du médicament. «Il y a des personnes qui se présentent comme des fils de hauts responsables de l’Etat, afin que je cède à la pression, mais ils se trompent», a-t-il révélé en marge du lancement de la campagne d’information et de sensibilisation «Santé et jeûne» qui s’est déroulée au siège de son département. Par cette affirmation, M. Ould Abbès vient de jeter un véritable pavé dans la mare qui ne laissera certainement pas sans réaction les parties censées réagir à ce genre de comportement hautement nuisible aussi bien au bon fonctionnement du ministère de la Santé que de l’économie nationale. Des noms M le Ministre! L’opinion veut des noms! Qui sont ces lobbys, qui est derrière eux, qui les soutient? Ce sont des questions qui resteront longtemps sans réponse. Sauf si la justice s’autosaisissait, car, en pareille situation, il s’agit de la santé des citoyens mise en danger. Les hommes de droit parleront de non-assistance à peuple en danger, un fait condamnable aussi bien par la justice des hommes que par celle de Dieu. Reconnaissons au moins le courage du ministre de la Santé de l’avoir affirmé en public. C’est dans le même ordre d’idées qu’il a réagi à cette pénurie de médicaments en affirmant sans ambages qu’elle a été intentionnellement fabriquée. En d’autres termes, il s’agit d’un crime contre le peuple. Car susciter une pénurie c’est signer l’arrêt de mort des milliers de citoyens. «C’est une pénurie préfabriquée. Le problème existe plutôt au niveau de la distribution qui se répercute sur la disponibilité des produits au niveau des officines», a insisté Ould Abbès qui a pointé du doigt ces mêmes lobbys de l’importation. Plusieurs médicaments sont toujours introuvables dans les officines en dépit des innombrables mesures prises en urgence par le gouvernement qui a dégagé d’ailleurs les fonds nécessaires pour cela. Le 12 juillet dernier, une liste de 251 médicaments et de 12 dispositifs médicaux a été publiée dans le Journal officiel. Ces médicaments ont été interdits à l’importation car ils sont fabriqués localement. Mais cette décision d’interdire l’ importation des médicaments fabriqués localement, n’a pas stoppé cette pénurie. C’est dire à quel point la situation est grave. Soutenant que ces lobbys font tout pour imposer leurs produits aux dépens de la production locale, notamment les produits du groupe Saidal, le Dr Djamel Ould Abbès a simplement révélé qu’il subit des pressions quotidiennes. «Je reçois des appels quotidiennement au ministère à ce sujet, mais je ne cèderai pas». Au sujet du mouvement de protestation des médecins qui ont défrayé la chronique, le ministre de la Santé a répondu que «toutes les revendications sont satisfaites. Ceux qui veulent revenir sur la scène de la protestation, seront venus de la planète Jupiter» a-t-il ironisé.
    (Ya ould abbas un jour tu sera vomis par le peuple non seulement tu est un menteur et un des artisans de la mafia du médicament).




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  • Kader
    26 juillet 2011 at 16 h 50 min - Reply

    Un ver n’a jamais sauvé un fruit puisqu’il y est, dedans.Y aura t il un Zorro ou un Antar ibn Chaddad pour désinfecter tout ça et avec quoi ? le feu , le crésol , le formol , les rayons ultra violets ou la chaleur sèche du Sahara? De toutes les façons , la désinfection se fera tôt ou tard sinon les bergers vont perdre leurs troupeaux!!!!!




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  • mohamed
    30 juillet 2011 at 17 h 16 min - Reply

    si je suis encore vivant c’est grace au maroc




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  • balak
    30 juillet 2011 at 18 h 10 min - Reply

    Mais si DJAMEL OULD Abbes subit des pressions alors cela voudrait dire que c’est lui qui est reponsable de ces penuries? Il est alors egalement responsable, par deduction, du deces de centaines de malades qui sont victimes de cette penurie.Ould Abbés peut jouer avec la vie des autres car lui, sa famille et tous les membres de la nomenklatura( et les autres) sont à l’ abri, dès qu ‘ils ont un tout petit bobo, ils s’ envolent ,illico presto, pour la suisse ou aux USA se soigner(?)( au frais de la princesse).Si pressions il y a, alors pourquoi ne pas entamer des negociations en urgence(la vie des citoyens est en jeu) avec ce lobby et permettre aux citoyens en danger de mort de retrouver leur medicament(et leur vie)? c est une affaire beaucoup trop grave pour tergiverser, chaque seconde qui passe, des malades decèdent à cause de ces penuries.Pourquoi tant d’ indifference et de mepris a l’ egard de ce peuple ? Meme la presse traite ce drame particulierement grave comme s’il s’ agissait d un simple fait divers, il n’ y a qu’ a voir l’emplacement accordé à l’ article, alors qu’ en principe, les journaux devraient en faire la une (dans les pays civilisés) .c’ est un veritable drame d’ une extreme gravité) qui se joue chez nous.Notre presse dans son ensemble ne semble pas apprehender la gravité de la sitution, on fait comme s’ il s’ agissait d’ un evenement banal(quelle horreur). Le ministre n’ a pas le droit de faire de la resistance en mettant en peril la vie de milliers de malades.Pourquoi l’ etat ne prendrait pas des mesures exceptionnelles en important en urgence ces medicaments en rupture( programme anti penuris)? Le gouvenement est il a court d ‘idée ou alors les malades n’ en valent pas la peine? »Le pouvoir sans controle rend fou » ça se verifie de jour en jour.




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  • balak
    30 juillet 2011 at 18 h 20 min - Reply

    PS:il ne cedera pas dit il!!!! comprenez :meme si des miliers de malades meurent par manque de medicament il restera inflexible,Djamel ould abbés s’ en fout.Parce que lui, il a des principes?il prefere voir des malades mourrir que de ceder sur quelques millions d’ euros .L ‘algerie n ‘a pas les moyens d ‘acheter des medicaments ,mais pour acheter du materiel militaire et des avions en milliards de dollars ,là nous en avons.




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