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24 March 2017

2000 Bagarres,plus de 100 blessés en 04 Jours,Quand Ramadhan rime avec violence

 

Liberté Vendredi 5 août à 23:27

La place publique devient infréquentable pendant le mois de carême du fait des agressions et des rixes. Les plaintes pleuvent au quotidien chez les services de sécurité. Le ventre vide et l’esprit hanté par les “démons”, ajoutés aux chaleurs torrides d’un mois d’août qui ne fait que commencer, certains jeûneurs recourent à une rare violence.

La vie d’un être humain ne vaut absolument pas grand-chose en Algérie. Surtout pendant le mois de Ramadhan. Elle ne tient qu’à un fil. Parfois à un simple regard qui tourne à la bagarre. Souvent à une geste délibéré par l’un ou par l’autre. Quelquefois pour une simple histoire de mauvais voisinage qui ressort au cœur du Ramadhan où des énergumènes ont les nerfs à fleur de peau. Sans limite et comme dans la jungle, certains jeûneurs se permettent tout. Cette année encore, alors que le mois sacré n’est qu’à son 6e jour, les Algériens assistent à des scénarios hitchcockiens.

Pas moins de 100 blessés et

4 morts sont enregistrés à Mascara, Sétif, Alger, Annaba, Biskra, Oran, Constantine et Sétif. Le bilan est le résultat d’altercations qui ont viré au drame. À la mort. Pour les quatre premiers jours du Ramadhan, 2 000 bagarres, avec une moyenne quotidienne de 250 à 300 accrochages verbaux et rixes sont signalées. La violence est malheureusement ancrée dans les mœurs des Algériens. Ces quelques illustrations montrent jusqu’où l’homme, le ventre vide, pourrait en arriver. La veille du Ramadhan alors que les préparatifs allaient bon train, un homme a assassiné son épouse à Alger. La raison : un différend familial.

Selon l’enquête de la Gendarmerie nationale, la victime a succombé à ses blessures causées par un coup de couteau asséné à sa nuque par son époux. Le mis en cause a été arrêté alors que le corps de la victime a été évacué à la morgue de Douéra. Le lendemain, le corps d’un ressortissant africain, âgé de 32 ans, en situation régulière sur le territoire algérien, a été découvert en bordure de la RN6 reliant Mascara à Saïda. La victime présentait des traces de violence au thorax et à la jambe gauche, occasionnées au moyen d’une arme blanche, selon les premiers éléments de la GN qui procède à l’enquête.

Au deuxième jour du mois du Ramadhan, la violence a connu une escalade sans précédent. C’est ainsi qu’un chauffeur d’un camion, en position de stationnement en bordure de la RN46 à la commune d’El-Milia, a été accosté par trois malfaiteurs. Armés d’arme blanche et de barres de fer, ces malfrats ont saccagé toutes les vitres de son camion avant de le rouer de coups et le déposséder d’une somme de 5 000 dinars et de son téléphone portable.

Alertés, les gendarmes de la brigade d’El-Milia se sont aussitôt déplacés sur les lieux où ils ont réussi, malgré l’obscurité, à interpeller deux auteurs présumés alors que le troisième est actuellement en fuite et fait l’objet de recherches chez les services de sécurité. Le même jour, vers 19h30, suite à un banal différend, un adolescent de 14 ans a tout simplement tué son frère âgé de 19 ans. Selon l’enquête menée par les gendarmes de Béni Zid, le drame a eu lieu devant le domicile parental où le mis en cause a asséné un coup de couteau à la victime lui occasionnant des blessures mortelles. Un drame familial qui a plongé la paisible localité de Béni Zid dans un terrible choc. Par ailleurs, les services de la Gendarmerie nationale ont enregistré des dizaines de plaintes pour coups et blessures volontaires (CBV), injures, menaces de morts et autres agressions sur la place publique.

En effet, il ne se passe pas un jour sans que les mêmes services n’interviennent pour séparer des antagonistes qui s’échangent insultes, obscénités avant de buter sur des empoignades violentes. À El-Achour, deux pères de famille, pour une histoire de place au parking, en sont arrivés aux mains. Au carrefour de Dély-Ibrahim, reliant le complexe olympique du 5-Juillet à Ben Aknoun, c’est un automobiliste qui s’en est pris à une famille avant qu’il ne soit raisonné par des passants.

Batailles rangées entre voisins et familles

Une autre rixe spectaculaire a eu également lieu à Annaba. Et cette fois, ce sont deux familles de la cité Harrouchi, à Aïn El-Berda, qui se sont engagées dans une véritable bataille aux moyens de couteaux. La bagarre, qui a par ailleurs occasionné diverses blessures à trois personnes, s’est produite peu avant la rupture du jeûne.

Les victimes ont été évacuées vers l’hôpital local où une d’entre elles a été transférée sur le Centre hospitalo-universitaire (CHU) d’Annaba. Durant la même journée, une autre tragédie s’est produite à la gare routière de Guellal, dans la wilaya de Sétif. Selon les enquêteurs qui se sont aussitôt déplacés sur place et qui ont évité le pire, un citoyen, âgé seulement de 19 ans et originaire de Ouled Chebel, a assassiné son voisin à coups de couteaux. La victime a rendu l’âme juste après son évacuation à l’hôpital d’Aïn Oulmène. En revanche, la seconde victime, son voisin également, a échappé de justesse aux blessures que le mis en cause lui avait occasionnées. L’assassin présumé demeure en fuite alors qu’une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de cet autre drame. Dans les marchés, à l’intérieur des hôpitaux et des administrations, sur les routes, dans les aéroports, les gares routières et ferroviaires, les magasins et autres boulangeries, les bagarres sont monnaie courante. Avec tous les contrastes de la vie et des hommes, le Ramadhan finit par avoir raison de ces énergumènes qui le dénaturent.

Dernière rixe, celle qui s’est produite hier matin, vers 7h30 à l’entrée du parking de l’aéroport international Houari-Boumediene d’Alger où deux citoyens se sont accrochés devant les voyageurs et les policiers en faction pour offrir un spectacle désolant et une image sinistre pour les hôtes du pays. Fort heureusement, les policiers ont vite maîtrisé les deux antagonistes. Mais l’autre drame demeure dans certains comportements insolites des antagonistes qui, furieux et prêts à commettre l’irréparable durant le jour, finissent, juste après la rupture du jeûne, autour d’une tasse de thé, d’un morceau de qalbellouz et d’une partie de domino. Ils iront même ensemble accomplir la prière des tarawih avant de se séparer comme si de rien n’était. Comme quoi “Errare Humanum Est” (l’erreur est humaine) et que l’homme trouve toujours sur qui endosser ses égarements.

Le Ramadhan a encore une fois bon dos pour justifier des actes qui à la base relèvent beaucoup plus d’une absence d’éducation et de maîtrise de soi qu’autre chose. Si le premier enseignement du mois sacré est l’apprentissage de la patience, les Algériens finissent sous le coup de la faim, de la soif de la chaleur et de la fatigue à perdre le contrôle pour… commettre l’irréparable jusqu’à tuer.

 

 


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10 Commentaires sur cet article

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  • hamid
    6 août 2011 at 13 h 32 min - Reply

    permettez moi de préciser ces points : le ramadhan est un mois sacré, c’est une fête de tolérance et de prière ainsi de paix avant tous, les boxeurs et les judokas qu’on voient dans la rue exceptionnellement pendant ce mois!? sont des êtres comme vous et moi sauf, sont ignorant et vont contre les principes de l’islam, moi je conseille a ces gens de manger et boire et déclarer leurs non appartenance a cette religion.




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  • MOHSEN
    6 août 2011 at 13 h 56 min - Reply

    Le mois de Ramadan : école de la réforme

    Article placé le 30 juil 2011, par Mecanopolis

    Extraits :

    Tous ceux qui considèrent avec amour et attention la situation de la communauté musulmane, sur le plan local comme sur le plan international, ressentent le besoin d’une réforme salutaire permettant aux musulmans de vivre pleinement selon leurs valeurs.
    Entendons-nous bien : se réformer ici ne consiste pas à transformer notre religion ou à y installer d’inutiles dissensions. Non, il s’agit simplement de retrouver l’élan matinal de l’Islam, qui lui a donné tant de lumière et de force à ses débuts.

    Quel est donc ce secret qui a fait de simples bergers du désert les porteurs d’un Message intemporel ? D’où vient cette détermination qui a conduit des hommes vivant dans le dénuement à propager les lumières d’une civilisation qui a éclairé, et éclaire encore les habitants de tous les continents ?

    Avant tout – et c’est là le plus grand des djihads, c’est là notre point de départ incontournable – de lutter contre le mal qui est en nous.

    Le mois de Ramadan est celui de la patience et de la maîtrise de nos instincts. Nous allons nous libérer de nos pesanteurs, du plaisir excessif des sens, de la lourdeur des repas et de la consommation outrancière.

    Par Hani Ramadan, docteur en lettres . Il dirige le Centre islamique de Genève.
    Source :http://www.mecanopolis.org/?p=23855

    Ramadan moubarak.




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  • Hchichet Ramadan
    6 août 2011 at 14 h 32 min - Reply

    Le Ramadan appelle à la tolérance, au pardon et à l’endurance de la faim et de la soif, ce que de nombreux Musulmans qui respectent le jeûne parviennent à faire. Mais pour d’autres, les difficultés les rendent plus enclins à transgresser les règles.

    De l’avis des observateurs, il est manifeste que certaines personnes sont facilement irritables durant ce mois. Chez les jeunes, les mots de colère et les insultes peuvent parfois dégénérer en violences graves.

    « Certains considèrent le jeûne comme une obligation et ont donc recours à des actes d’hostilité pour protester contre cette obligation », explique le sociologue Ali Shabani.

    Il met toutefois en garde contre le fait d’établir un lien direct entre actes violents et jeûne :

    « Nous ne devons pas lier de telles pratiques au jeûne, qui reste une affaire de croyance personnelle et de relation spirituelle avec Dieu. »

    « CE SONT LES CHANGEMENTS DANS LES HABITUDES QUOTIDIENNES QUI ENTRAINENT CHEZ CERTAINS UNE RUPTURE VIS-A-VIS DE CET ENGAGEMENT, PAS LE JEÜNE » AJOUTE T-IL .




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  • Nazim
    6 août 2011 at 17 h 46 min - Reply

    «3’la kerchu, yexli 3’archu» était considérée comme une grave insulte pour quiconque en faisait l’objet. Aujourd’hui elle est en passe de devenir une vertu. S’accaparer, toujours s’accaparer. Consommer, toujours consommer. Le ventre a pris(je devrais écrire «prix») les commandes sur le cerveau. Exactement comme l’Algérie en 1962, lorsque les chats se sont substitués aux lions ( comme disait Slimane Azem). 50 ans plus tard, le pays est peuplé de chats de gouttières qui ne s’intéressent qu’à ce qui sent la sardine.




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  • abon
    7 août 2011 at 0 h 11 min - Reply

    Merci pour ce survol d’Est en Ouest et du Nord au Sud, l’école Algérienne brille par sa régularité.




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  • Alilou
    7 août 2011 at 1 h 55 min - Reply

    Excusez-moi par avance….

    A la lecture de cet article et des comments….on ferait mieux d’arreter d’etre des musulmans, car de vous a moi on fait vraiment plus de tort que de bien.

    et vous pensez reellement que s’est possible la democratie halal ???

    A mon avis on ne fait que reculer et dans notre maniere de vivre et celle de penser et meme celle d’agir, j’ai l’impression que tres bientot en redeviendra des cro-magnons, on regresse a vue d’eoil et tous les jours…




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  • djeha
    7 août 2011 at 23 h 08 min - Reply

    Le Ramadhan n’a rien à voir la dedans.
    Le fait est que la tendance générale fait que nous sommes devenus un peuple sans foi ni loi.Nos cités sont sales et les gens agressifs durant toute l’année.Presque tout le monde triche et ment et ceux qui n’ont pas profité de la grande zerda dénigrent les voleurs et les nouveaux riches non pas par esprit de justice mais par pur frustration.
    L’autre jour, lors de la prière du vengredi le sujet abordé par l’imam tournait autour des sacs en plastique que les fidéles étaient obligés de trimbaler avec eux pour mettre leurs chaussures à l’abri des voleurs.
    Critiquer le pouvoir est facile.Le changement passera par notre révolte contre nous mêmes:que chacun éduque ses enfants,respecte son prochain,essaye de ne pas tricher,de nettoyer devant sa porte dans tous les sens du terme.Ce jour là, la pourriture au pouvoir commencera à trembler.
    Saha F’tourkoum




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  • chorfa
    8 août 2011 at 6 h 27 min - Reply

    salam, le ramadhan semble même affaiblir les facultés intellectuelles de l’auteur de l’article…. » 4 morts sont enregistrés à Mascara, Sétif, Alger, Annaba, Biskra, Oran, Constantine et Sétif..«  c.a.d 1/2 de mort par wilaya….un peu de professionnalisme messieurs les journalistes..saha ramdhankoum




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  • SalimEnter your name…
    14 juillet 2015 at 14 h 43 min - Reply

    Le problème ne date pas d’aujourd’hui et tout le monde le sait. Depuis l’indépendance, l’Algérie est gouvernée par un régime autoritaire qui, il faut le dire, utilise certaines méthodes qui à mon sens ne sont pas dans le respect des droits de l’homme. Je suis désolé, mais lors de la décénie noire, des personnes enlevées et soupçonnées d’appartenir à des groupes terroristes et en plus, ce régime s’est permis de manipuler l’opinion internationale lors des attentats de 95.




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  • Où ALLONS NOUS ?
    14 juillet 2015 at 20 h 52 min - Reply

    Ces histoires de rues, ces rixes, ces batailles rangées entre quartier, ces insultes, ces vengeances par le crimes n’ont pas beaucoup à voir avec le …. Ramadhan !

    C’est juste le résultat du chômage des jeunes et des moins jeunes , de la précarité économique, de l’oisiveté, mais aussi de notre inculture, de notre manque de civisme, de notre manque d’éducation, de notre manque de culture, de notre absence de conscience citoyenne, de notre manque d’instruction, de notre incapacité intellectuelle à comprendre les b.a.-ba du message Coranique ou du vivre ensemble en société, …. et bien sûr c’est aussi le reflet du comportement des voyous qui sont aux rênes du pouvoir et qui donnent le mauvais exemple sur tous les plans à nos enfants.

    L’abcence de l’Etat à ce niveau est aussi, très, très grave. Car la sécurité des biens et des personnes est l’élement primordial d’une république ! L’Etat est absent le plus souvent lors de ces scènes ! Peut-être est-il lui aussi dépassé devant la croissance importante de la démographie dont personne ne parle de peur de toucher à la sensibilité religieuse ou aux dogmes de la religion musulmane !

    C’est tout çà à la fois ! Et en plus nos écoles et nos universités depuis les années 1970 produisent plus de déchets que de la bonne graine et plus d’échecs scolaires que de réussites!

    Comment voulez-vous espérer une amélioration à court et moyen terme dans le pays ! Il faut vraiment ignorer la nouvelle réalité sociologique, économique et culturelle du pays ou être carrément un optimiste béat !

    Pôvre Algérie ! Pleure, ô pays bien aimé , titre que j’emprunte à l’écrivain sud-africain Alan Paton qui lui parle de l’apartheid en Afrique du Sud et de la ségrégation raciale dont les Noirs étaient victimes et que je me permets d’utiliser ici pour exprimer une autre détresse !




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  • Congrès du Changement Démocratique