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29 July 2017

[Vidéo] Affrontements entre policiers et riverains : Cinq blessés au Bois des Pins

Au moins cinq blessés ont été enregistrés hier, lors d’affrontements entre les forces de l’ordre et les habitants de la cité Bois des Pins, à Hydra, sur les hauteurs d’Alger.

En début de matinée, les résidents ont été surpris par la présence inhabituelle d’un grand nombre de policiers antiémeute qui encadraient rigoureusement le quartier. Et pour cause.

Des engins excavateurs ont commencé, très tôt le matin, à déblayer le terrain qui va servir à la construction d’un centre commercial et d’un parking à étages, dont on ignore d’ailleurs les promoteurs. L’assiette foncière réservée à l’édifice en question se trouve dans les entrailles mêmes de la cité, qui plus est à l’emplacement d’une forêt centenaire. Cette mainmise sur un des rares patrimoines forestiers de la capitale encore debout a soulevé une vive contestation de la part des habitants du Bois des Pins, qui ne cessent depuis des semaines de protester contre le lancement des travaux.




Les affrontements ont éclaté lorsque les éléments de la police antiémeute ont voulu assiéger les immeubles attenants au terrain. Les jeunes du quartier se sont alors regroupés et ont riposté en bloquant l’accès principal de la cité avec des objets hétéroclites. S’ensuivent alors des échanges de projectiles entre les deux camps. «Les policiers nous ont tiré dessus avec des armes à balles en caoutchouc, ces tirs n’étaient pas du tout sporadiques, car ils visaient les manifestants», déplorent les résidents, qui ajoutent : «Par la suite, les forces de l’ordre ont assailli les immeubles. Ils ont défoncé des portes et se sont introduits de force dans les logements. Nous avons essuyé des insultes, des crachats et nous nous sommes fait tabasser à l’intérieur de nos appartements, devant nos enfants.» Pris de panique, la plupart des habitants se sont retranchés chez eux ; certains ont même barricadé la porte d’entrée de leur habitation avec des meubles et des chevrons. Cela n’a pas pour autant empêché les policiers en faction de lancer un véritable assaut contre les résidents. «Cette incursion musclée est digne d’une scène de guerre. Les policiers ont fait preuve d’une rare violence. Nous en sommes marqués à vie», lance un père de famille dont la mère a été sérieusement affectée. «Prise de panique, ma mère a perdu l’usage de ses deux jambes. Depuis qu’elle a vu les policiers défoncer la porte de l’appartement, sa santé ne cesse de se détériorer», dit ce père de famille en larmes.

Les habitants de la cité du Bois des Pins, dont il ne subsiste que l’appellation, dénoncent le comportement brutal des policiers qui se sont non seulement permis de pénétrer dans des appartements occupés par des femmes seules, mais aussi de lancer des injures et des vulgarités en direction de femmes et d’enfants.
Aussi, ils déplorent les dégradations commises par ces derniers au niveau des espaces communs des immeubles. «Ils ont cassé toutes les boîtes aux lettres et déchiré le courrier des résidents», témoignent les habitants.

A partir de 11h, un calme précaire s’installe graduellement dans la cité, libérant les ruelles du quartier de leurs occupants ; le vide laissé par la foule laisse apparaître la chaussée parsemée de douilles de cartouches, qui témoignent de l’arsenal utilisé contre les riverains.

Toutefois, la présence d’un grand nombre de policiers en civil dans les rues attenantes au bois, ainsi que d’autres en uniforme au niveau des balcons communs aux immeubles et sur les terrasses, pourrait mettre le feu aux poudres. «Le fait que ces policiers circulent librement dans les espaces communs des bâtiments est un signe provocateur», déclarent à l’unanimité les résidents, qui attendaient, jusqu’en début d’après-midi, le retour incertain de trois de leurs voisins qui doivent comparaître devant le tribunal de Bir Mourad Raïs pour des faits les mettant en cause dans ce mouvement de protestation.

Saci Kheireddine
el watane 08 08 2011


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10 Commentaires sur cet article

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  • BF
    8 août 2011 at 10 h 54 min - Reply

    Comment le pouvoir arrive-t-il à retourner des fils du peuple contre les leurs? Quand je regarde cette vidéo j’ai l’impression que les policiers ont été recrutés dans un autre pays ou à club des lapins. Franchement je ne comprends pas leur violence. Cela prouve encore une fois que les laboratoires du pouvoir sont très performent en ce qui concerne le lavage des cerveaux cela à commencer avec le GIA et aujourd’hui avec la police anti-peuple (kouwates moukafahate echaab). Le cauchemar continu.




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  • Samir
    8 août 2011 at 15 h 05 min - Reply

    J’ai aussi trouvé ces images très violentes. Il s’agit bien d’une violente agression policière contre un quartier d’habitations.

    L’on note aussi clairement que notre régime est exactement sur la même longueur d’onde que les autres dictatures de la région (peut être pire!). Il n’hésite pas à réprimer même très violemment des revendications pourtant légitimes et surtout pacifiques.

    Ce régime risque de nous mettre tous dans une situation gravissime …

    Allah Yester …




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  • clandestin
    8 août 2011 at 17 h 02 min - Reply

    Je pense que de la courte distance dont laquelle tirent certains policiers , une balle en caoutchoux peut tuer , demain ils vont nous ramener des chars et vont tirer avec des obus en caoutchoux …c est vraiment triste de voir l’ entetement des autorités que ne veulent pas dialoguer et executent violemment à la lettre des ordres qui semblent venir d un militaire tres haut gradé , parceque la manière forte employé ne donne aucune chance à la raison ..aucune autorité civile ne semble pouvoir intervenir .




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  • moufdi
    8 août 2011 at 23 h 10 min - Reply

    @BF les mercenaires du régime criminels ne sont pas des fils du peuple comme tu le dis n’oublie pas que la grande majorité de l’effectif de la dgsn :direction générale de la saleté nationale sont des ex repris de justice ,proxénètes et  »dealers » de drogue et  »zatla » pour les femmes (flics)on sait bien le milieu auquel elles appartenaient et continue a fréquenter …les vraies familles algériennes de honte n’accepteront jamais que leur fils soit un mercenaire anti émeute encore moins leur fille…chez nous au sud  »honte a toute la famille si un des enfant s’engage dans la police …




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  • yaala
    9 août 2011 at 2 h 13 min - Reply

    rokoum tendbou teqqatlou djazairiyin… la verdure c’est l’oxygène !!! analphabètes !
    ça ressemble aux affrontements de la palestine. la rodjla des haggarins… des tirs sur des mémés… yenaalbouha bled…
    doq yaqqatlouna koul oucharbou demna… rabbe yasterna mennhoum… ma aandna win nahhadjrou… rabbe maana




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  • Rachid Belaid
    9 août 2011 at 11 h 55 min - Reply

    Un mot qui decrit la verite absolue prononce dans cette video: « rkhas ». Absolument vrai, il existe en Algerie cette facilite de trouver une masse importante de gens telle que cette flicaille et tous les corrompus de service. Il est peut etre temps d’arreter de blamer des symboles et se remettre en cause en tant que peuple. Somme nous vraiment un peuple?




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  • chajra
    9 août 2011 at 19 h 05 min - Reply

    On bombe le torse , on roule des mécaniques et on ne montre sa force qu’avec les mémés,les vieux et les jeunes ados.,enfin ,on ne tabasse que les civils sans défense venus défendre leur quartier contre la voracité de ceux dont l’environnement importe peu!




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  • Amel1
    9 août 2011 at 22 h 46 min - Reply

    salam,
    kiy ghibou sboua lagtout itghawlou hacha sam3in! ahhh!
    un seul sursaut national généralisé et s’en sera fini de nos cauchemards!
    Même dans les feuilletons nationaux ramadanesques les haggarines en bleu sont présent!yaw manhaboukoumch yaloukan tlaabou le rôle de prophétes!




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  • BF
    10 août 2011 at 9 h 25 min - Reply

    Aujourd’hui c’est le bois des pins demain ça va êrte le tour du club des pins inchallah




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  • ali cara
    10 août 2011 at 16 h 13 min - Reply

    Dans cette affaire la police algérienne utilise les mêmes méthodes que l’armée israelienne en Cisjordinie occupée. Intimidation, tirs à balles en caoutchouc, invasion brutale de domiciles privées et surtout impunité. On est en droit de se demander si notre police n’a pas suivi un stage auprès de son idole et j’ai nommé Tsahal.




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  • Congrès du Changement Démocratique