Édition du
26 July 2017

A la recherche de ce repère commun

 

ADEL H.

Une Algérie où toutes les élites se trouvent dans le même repère a plus de chances de vivre en paix et d’aller de l’avant qu’une Algérie où deux fractions antagoniques se combattent mutuellement et se déchirent à l’infini, chacune considérant l’autre comme un ennemi irréductible à éliminer, les uns étant pour les autres soit des kuffar, soit des talibans en puissance coupables de vouloir ramener le pays au moyen âge.

Ce repère commun peut-il être celui de la culture occidentale? Là est la question que l’on doit se poser en toute honnêteté. Pour beaucoup d’Algériens qui ont des rapports assez lâches avec la pratique de l’islam (prière et fréquentation de la mosquée, notamment), un retour au tout-islam est perçu comme une terrible régression. La perte, même temporaire, de l’apport de la culture occidentale leur semble être un événement dramatique, difficile à supporter. Il voient tout discours parsemé de versets coraniques ou de Hadiths comme un discours archaïque, totalement inutile et improductif. Mais il se trouve que la société algérienne, malgré 132 ans de colonisation française, est restée dans ses tréfonds plus réceptive à ce type de discours qu’au discours «moderniste», qu’il soit d’orientation libérale ou marxiste. Depuis les années 80, le courant «moderniste» qui a mené une politique socialiste marxisante sous Boumédiène est, du fait de son échec économique, de plus en plus contesté et débordé par le courant «islamiste». Ce dernier a été jusqu’à présent perçu par ses adversaires comme un bloc homogène (les «intégristes») alors qu’il est constitué de plusieurs tendances.

Est-il si difficile d’imaginer des Algériens sincèrement attachés à l’islam, ce dernier constituant le centre de leur vie et l’ultime référence, et aussi sincèrement attachés à la démocratie, à la liberté d’expression, au respect des droits de l’homme, etc. La haute culture islamique classique est pourtant riche en controverses et en écoles de pensée ayant divergé sur beaucoup de questions, qu’elles soient d’ordre théologique, juridique ou politique. Les musulmans seraient-ils aujourd’hui sommés d’être tous coulés dans le même moule ou de ne pas être?

Il n’est pas ici question de sciences ou de techniques. Ces dernières sont effectivement universelles et il n’y a pas de science ou de technique islamique. Il est plutôt question de culture dans ce que cette dernière a de plus humain et de plus fondamental, la partie irréductible qu’il y a en chaque individu attaché à sa communauté, ce qui fait qu’un musulman est différent d’un hindou, par exemple.

Ceux qui n’ont que des attaches lointaines avec l’islam rêvent d’une Algérie laïque où la religion deviendrait une affaire privée. Mais cette idée est fortement contestée par des pans de plus en plus larges de la jeunesse instruite, ceux et celles qui considèrent l’islam comme la seule référence pour tout ce qui a trait aux relations entre individus dans la société.

La colonisation française et l’occidentalisation forcée d’une partie de la population qui en a résulté n’aura-t-elle été qu’une parenthèse qui finira par se refermer ou bien l’impact sera-t-il durable et indélébile? La question mérite d’être posée et débattue.

Pour ma part, je suis favorable à une démocratie musulmane, c’est-à-dire un État et une société ancrés dans la culture islamique et dans lesquels la séparation des pouvoirs, l’alternance, la liberté d’expression et d’opinion sont garantis par la Constitution. Je suis convaincu que dans un État de ce type, l’Algérien moyen – celui d’en-bas – se sentirait plus apaisé et en sécurité. Mais est-ce si difficile à concevoir?


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19 Commentaires sur cet article

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  • jamil
    10 août 2011 at 5 h 26 min - Reply

    Bonjour,
    Les frères musulmans d’Egypte,se disent islamistes alors qu’ils reproduisent inconsciement le discours nassérien . Vous voulez réformer un systéme malade,victime de 50 ans de pensée unique par l’instauration de la pensée unique !
    Les algériens,ont le droit d’avoir des pensées et des références différentes . Par contre,ils n’ont pas le droit d’utiliser la violance pour faire entendre leurs voix . Ils n’ont pas le droit de monopoliser ce qui appartient à toutes et à tous les algériens à savoir l’Islam,le TAMAZIGHT et l’arabité .Autoriser des partis politiques qui se permettent ce genre de monopole est normalement anticonstitutionnel . La pensée Platonienne,qui consiste à rêver d’une société sans contradictions,est une utopie . Toute société est traversée de courants de pensées différents et même contradictoires . Les réformes consistent non pas à aller vers la pensée unique,mais à se mettre d’accord sur le minimum qui peut assainir le climat politique et nous éviter des affrontements . Ce minimum consiste à :
    -éviter comme le dit le professeur Addi,la violence qui ne s’exersera que par l’Etat en conformité avec la constitution,les lois et les droits de l’homme sans aucun abus .
    -Le non monopole d’une ou des trois composantes de l’identité algérienne par les partis politiques,à savoir l’Islam,le Tamazight et l’arabité .
    – La non utilisation de moyens appartenants à tous les algériens à des fins politiques partisanes :siéges des communes et des wilayas,mosquées,casernes…




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  • Anwar N Haddam
    10 août 2011 at 7 h 12 min - Reply

    Assalamu Alaikum
    Merci M. Adel. H pour avoir posé la question clé du repère. C’est à cette même question que nous avions essayé de répondre dans le Mémorandum du MLJS Pour une « Plate-forme Nationale pour un Changement Global et Graduel du Système Politique en Algérie » publié le 15 Juin 2011(voir ma page facebook).
    Ainsi nous au MLJS, et comme contribution au débat national à la recherche de ce repère, nous proposons 2 choses :
    1- Se mettre d’accord sur les fondements du nouveau système politique.
    2- S’entendre les mesures qui doivent être prises afin de parvenir à un changement effectif du système politique.

    Pour le premier, nous au MLJS clarifions un certain nombre de points à ce sujet que nous proposons pour le débat national; cela afin de rétablir la confiance entre les divers courants, et pour promouvoir les principes et fondements du système politique souhaité:

    a) Sur les éléments constitutifs de l‘identité nationale:
    Ils sont l’islam, l’Arabité et l’Amazighité. Il faut que ces éléments trouvent leur place et leur renforcement institutionnel sans exclusion ni marginalisation. Ainsi, des associations à caractère culturel ou religieux ont le droit d’œuvrer afin de promouvoir ces éléments, sans pour autant en monopoliser l’expression. Cependant, ces éléments ne devraient pas être utilisés à des fins de propagande politique partisane.

    b) Sur la relation de l’Etat et des partis politiques avec la religion:
    L’Islam est la religion adoptée par le peuple Algérien dans sa grande majorité depuis plus de 14 siècles. Ainsi, tout projet de changement de la situation en Algérie qui ne tiendrait pas compte de cet élément constitutif, important et essentiel, de l’identité des citoyens serait voué à l’échec. Cependant, afin d’éviter tout dépassement de la part de l’Etat ou des partis politiques, il est essentiel d’introduire dans la nouvelle constitution des articles traduisant les principes suivants concernant la relation du futur système politique avec l’Islam:
    – Refus de toute tentative par l’Etat ou les partis politiques de monopoliser l’expression de la vérité religieuse ; personne ne peut avoir le monopole de l’Islam, ni celui de sa compréhension. Il y a plusieurs interprétations possibles des textes religieux et de leur application.
    – Les partis politiques peuvent présenter des programmes politiques s’inspirant de leur propre interprétation de l’Islam ; c’est au peuple de choisir en toute transparence le programme politique qui répondrait à ses aspirations.
    – Le dénigrement des pratiques religieuses de toutes les religions, ainsi que la discrimination fondée sur la vie religieuse propre, sont des pratiques incompatibles avec les droits de l’homme et la liberté, et sont des pratiques anti-démocratiques.
    – Il n’est pas acceptable d’utiliser la religion à des fins politiques, ou de faire pression sur les citoyens qui vivent et pensent de manière différente.

    c) Sur le Processus Démocratique:
    Le véritable processus démocratique qui vise à établir un système de gouvernance démocratique, requiert:
    – Le respect et la promotion de la primauté de la Loi, l’égalité dans la citoyenneté, et la lutte contre la corruption et le régionalisme.
    – Le respect et la promotion des droits de l’homme tels que consacrés dans la déclaration universelle, les conventions internationales sur les droits de l’homme et les traités internationaux contre la torture.
    – La garantie des libertés fondamentales, individuelles et collectives, sans distinction de race, sexe, religion, ou langue.
    – La liberté de réunion pacifique ; la formation de syndicats, d’associations caritatives, culturelles ou religieuses, de partis politiques, et les médias non-gouvernementales écrites et audio-visuels;
    – Le respect de l’alternance du pouvoir par le biais d’élections libres et pluralistes, l’engagement du parti de la majorité à respecter les droits des autres partis politiques, de rejeter toute politique éradicatrice. De même, les partis minoritaires s’engagent à respecter le droit du parti majoritaire à la mise en œuvre de son programme tel que présenté au peuple lors des élections tout en préservant le droit d’exercer une opposition politique.
    – Le rejet de la violence comme moyen d’accès ou de préservation du pouvoir , et le rejet de toute dictature de quelque nature ou forme que se soit, le respect et la promotion de la tolérance et la diversité, la séparation des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires, et l’indépendance des médias; le peuple a le droit de défendre ses institutions élues.
    – La non-militarisation des partis politiques ou leur financement de l’étranger, et la non- ingérence de l’institution militaire et organes sécuritaires dans la compétition politique, respect du principe de soumission de celle-ci à l’autorité politique élue. Le respect des institutions constitutionnelles du pays et l’engagement à travailler dans le cadre de la Constitution, et que toute modification de la Constitution ne doit être faites que par le biais de la Constitution elle-même.

    d- Pour une Charte de Citoyenneté:
    Le peuple algérien est souverain, ce qui accorde à tout algérien, sans aucune discrimination ou exclusion, des droits individuels et collectifs de citoyenneté, qui doivent être considérés comme fondamentaux et permanents ne pouvant être modifiés suite aux changements de gouvernements ou de la constitution. Ces droits doivent être inclus dans une telle « Charte de Citoyenneté » qui devrait être soumise au référendum populaire. Parmi ces droits individuels et collectifs éternels du citoyen, nous proposons ce qui suit:
    – Le droit à l’égalité dans la citoyenneté pour tous les citoyens de toutes les différentes catégories du peuple algérien. Le droit à la justice, le droit à l’égalité devant la Loi.
    – Le droit à la vie et à la sécurité, et le droit à l’honneur et à la dignité. Le droit à l’éducation fondamentale, et le droit d’offrir une formation professionnelle pour un travail productif et enrichissant.
    – Le droit à la vie privée, et le droit des citoyens à protéger leur vie privée de toute forme d’espionnage ou surveillance. Le droit à la liberté, y compris la liberté de conscience et la liberté de croyance.
    – Le droit au minimum nécessaire à une vie décente: alimentation, habillement, logement, la santé, la sécurité et les transports publics. Le droit aux revenus légitimes et à la propriété privée. Le droit d’assurer la sécurité économique et le travail productif et gratifiant pour les citoyens en mesure de travailler. Le droit des citoyens incapables de travailler à l’accès gratuit aux nécessités de la vie.
    – Le droit de participer aux affaires publiques du pays. La liberté de réunion pacifique et la liberté d’expression et d’opinion, et le droit d’offrir des conseils et formuler des critiques dans le cadre du respect des droits des autres.
    – Toute fonction de responsabilité politique publique, à quel niveau que ce soit, doit émaner du choix du peuple: le peuple est la seule source de légitimité pour toute fonction politique publique. Le respect du choix du peuple et l’engagement envers le principe de l’alternance du pouvoir par le biais d’élections libres et pluralistes, et l’engagement à ne pas rester ou accéder au pouvoir par l’usage de la force.
    – Le droit de regard du peuple sur le pouvoir politique, dans ses deux pouvoirs législatif et exécutif, et l’amener à poursuivre une politique telle qu’acceptée par le peuple.

    Pour le 2ème point, concernant les mesures qui doivent être prises afin de parvenir à un changement effectif du système politique, nous proposons à ce sujet ce qui suit pour débat national :

    a- Définir le but du changement du système politique :
    continuer les efforts nationaux pour la réalisation du but de la révolution de Novembre 1954, à savoir : obtenir l’indépendance nationale par – la restauration de l’Etat algérien, souverain, démocratique et social, dans le cadre des principes de l’Islam. – le respect des libertés fondamentales, sans discrimination ethnique ou religieuse.

    b- Assurer une coupure réelle, de manière pacifique et concertée, avec le système politique en place, par:
    – la levée effective de l’état d’urgence, et les mesures extraordinaires qui s’en sont découlées,
    – L’annulation de la constitution actuelle et le retour à la constitution du 23 Février 1989, pendant la période transitoire, en attendant l’élaboration d’une nouvelle constitution par une Assemblé Nationale Constituante élue
    – Ouverture du champ politique et médiatique: le rétablissement des activités de tous les partis politiques sans exclusion, la levée de l’interdiction de la formation de nouveaux partis, et la levée de l’interdiction des journaux, publications, et livres.

    c – Le retour à la paix civile, la souveraineté populaire, et à la légalité constitutionnelle:
    -Tourner la page sur la tragédie nationale et réaliser une véritable réconciliation nationale: s’engager, après l’instauration d’un nouveau système politique et dans le cadre de la loi et d’une justice indépendante, à œuvrer pour le rétablissement de la vérité sur toutes les violations graves des droits de l’homme, et les crimes commis contre notre peuple,
    – Déterminer une période de transition: en consultation avec toutes les forces et les personnalités nationales, déterminer la période la plus courte possible permettant au peuple d’exercer pleinement sa souveraineté par:
    – L’Organisation d’élections libres et pluralistes d’une l’Assemblée Nationale constituante, des assemblées locales, ainsi que des présidentielles.

    Je profite de cette occasion afin de réitérer l’appel du MLJS aux mouvements de jeunes et la classe politique afin de prendre ensemble l’initiative de créer une dynamique politique en coordonnant nos efforts, et en communiquant directement, sur notre chère terre l’Algérie, avec notre peuple, afin d’apporter le changement souhaité du système politique, et établir ensemble une sorte de coordination dans le but : d’organiser et de superviser un débat national populaire, ouvert et élargi, à travers les villes et villages du pays, pour une «Plate-forme Nationale pour le Changement Pacifique du Système Politique», et de suivre la mise en application de ces mesures au cours de la phase de transition à définir ensemble.

    Wassalam
    Anwar N. Haddam




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  • el mokhtar
    10 août 2011 at 12 h 04 min - Reply

    On a vraiment marre nous peuples algeriens, avec tous ces paragraphes longues et n’ont rien apporter au changement de l’algérie!
    je permets quand même de poser certains questions ; quel est le problème en algérie?
    comment le résoudre?
    quel est l’aspect bénefique pour le citoyen algérien?
    comme faire rentrer d’argent dans les exportations hydrocarbure?
    comment produire des êtres humains « excuser moi du terme » cultivés
    développement ; à l’époque M.Ouyahia aider par certains responsables militaires et civils avaient fermé les entreprises, plus de 6 milions d’algériens se trouva au chômage! bien que on a dépasser cette crise, il va de même que nous soyons très attentifs dans l’avenir, il me paru après une longue expérience la seul manière de faire renter de l’argent au pays sans les hydrocarbures et le tourisme, question, est ce qu’on a des beaux établissement touristiques la réponse est Non..
    des beaux cafés ; non des beaux restaurants ; non, e personnels sourit ; non, pas d’agression ; non
    Pourquoi alors le ministre ment? est-il un menteur ; oui
    saha foutour’koum




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  • Rachid Belaid
    10 août 2011 at 13 h 10 min - Reply

    Mr. Haddam, dire:
    « – Il n’est pas acceptable d’utiliser la religion à des fins politiques, ou de faire pression sur les citoyens qui vivent et pensent de manière différente. »
    et:
    Ainsi, tout projet de changement de la situation en Algérie qui ne tiendrait pas compte de cet élément(Islam religion du peuple) constitutif, important et essentiel, de l’identité des citoyens serait voué à l’échec. »
    Ce sont la 2 elements qui se contredisent. La seule tache d’un etat de droit dans le religieux est d’interdire le proselytisme externe, qu’il soit isamique, chretien ou autre. La pratique religieuse et son epanouissement, quelque soit la religion, doit etre restreinte aux efforts de la population sans meme la moindre forme de subvention de l’etat, tout en tracant des lignes rouges a ne pas depasser telles que le recours a la violence ou l’intimidation. Dans un etat de droit, nulle reference au religieux ne doit transpirer de la tache du responsable. Je ne defends pas une idee a la « religion c’est prive » mais je reitere que la separation mosquee/etat doit etre fondamentalement encouragee et acceptee par tous. Sinon, pourquoi avons nous cette hantise nous musulmans a toujours avoir peur de perdre notre religion si nous ne lui assurons pas une assise faite d’obligation+violence+exclusion de l’autre?




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  • Sid-Ahmed Ouadah
    10 août 2011 at 13 h 34 min - Reply

    Penser les problèmes de l’Algérie en terme de « repère », c’est risquer de retomber dans la problématique destructrice de l’identité nationale. Pendant cinquante ans, on a culpabilisé les Algériens en leur serinant qu’ils parlaient mal l’arabe, qu’ils ne comprenaient pas leur religion, qu’ils avaient oublié leur origine amazighe. Alors, on a leur a concocté des programmes pour les arabiser, pour les islamiser, pour les amazighiser. Et on a fait la chose à l’algérienne, c’est-à-dire avec cette entièreté sûre d’elle-même et hermétique à tout ce qui n’est pas elle, mâtinée, hélas, d’une propension à l’impulsivité et à la violence qui sont la marque de la pratique politique chez nous. (L’empreinte du Fln, je veux dire d’une conception de la politique basée sur l’action directe, la violence, est encore très prégnante.) C’est ainsi que les enfants ont été chargés de corriger la langue fautive de leurs parents, de rectifier leur pratique déviante de l’islam, de ne pas se contenter de parler, de chanter, de vivre en amazigh mais de réclamer que tamazight soit nationale et officielle. Il faut en convenir : rarement peuple fut aussi malmené dans son être, discrédité dans sa pratique culturelle quotidienne que le nôtre, qui plus est par ses propres enfants (pour ne rien dire de la colonisation). Il n’y a pas besoin d’être versé en psychiatrie pour savoir que lorsque l’on infantilise l’adulte et que l’on élève l’enfant au statut d’adulte, les repères se perdent et l’on entre alors dans un processus destructeur de perte de l’estime de soi, de levée de tous les tabous : le déchaînement de la sauvagerie des années 90 était en creux, là.
    Je crois que nous ferions œuvre utile à rappeler que le peuple algérien n’est pas atteint du syndrome de la chauve-souris (Suis-je oiseau ? Suis-je souris ? Qui suis-je donc ?), qu’il a, à l’inverse, toujours eu une conscience très forte de son histoire, c’est-à-dire d’où il vient, qui il est et ce qu’il veut être, et qu’il n’a eu besoin de personne (ni Fln, ni Fis, ni Ffs) pour se être soi-même. (Dans la littérature coloniale, il est très fréquent de rencontrer cette pensée désabusée : « l’Arabe a une tendance stupéfiante à persévérer dans son être » !)
    Je crois également que la réponse à la question de l’acceptation par les Algériens de leurs modes et choix de vie différents, est liée à l’émergence d’une intelligentsia nationale qui aura dépassé le dualisme mortifère entre l’arabophone et la francophone, fait oublier la honte et l’abjection d’une situation de compétition, manipulée par le pouvoir des Équarrisseurs, où un Tahar Ouettar pouvait approuver publiquement l’assassinat d’un Tahar Djaout.




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  • Adel
    10 août 2011 at 17 h 21 min - Reply

    @jamil

    Bonjour,

    Ma démarche et mon questionnement vont justement dans le sens d’une dépolitisation de l’islam, car à partir du moment où il est l’un des éléments constitutifs (et non pas le seul) du repère commun, alors il ne peut être monopolisé par personne.

    Ce que j’appelle de mes vœux est plus un mouvement intellectuel qu’une action politique. C’est le dépassement de la dichotomie qui a résulté de 132 ans de colonisation et qui a divisé les élites algériennes en deux groupes. Avant 1830, les élites algériennes se trouvaient dans le même repère. En 1962, ce n’était plus le cas et les divergences se sont accentuées après 50 ans de manipulation et d’occultation par l’État des éléments constitutifs de ce qui devrait être notre repère commun. Les éléments qui ont été manipulés sont la la langue arabe et l’islam, celui qui a été occulté est la dimension amazighe.

    Lorsque je parle d’ancrage dans la civilisation islamique, je ne vais pas cependant dans le même sens que ceux qui appellent à une application intégrale de la chari3a islamique. Pour moi, la société a définitivement dépassé certaines pratiques et ces dernières ne peuvent pas être restaurées sans lui faire une grande violence. A titre d’exemple, je citerai : le fait de couper la main au voleur ou de lapider la femme adultère, la licéité de l’esclavage ou la possession de concubines par le musulman mâle, etc.

    Par contre, la société n’est pas en mesure de renoncer à certaines pratiques liées à l’islam et la forcer à le faire c’est lui faire une grande violence. La colonisation française a proposé aux Algériens de renoncer au statut personnel musulman afin d’accéder à la citoyenneté française, sans succès. De même les Algériennes, dans leur écrasante majorité, ont continué à se voiler.

    Un gouvernement algérien «moderniste» pourrait-il redonner vie à la culture de la vigne et la production du vin à grande échelle, tel que le firent les colons européens? Pourrait-il introduire l’élevage du porc? On voit bien, en utilisant ces exemples extrêmes, qu’une société ne peut pas tout faire et que des limites bien nettes existent. C’est cela le repère.

    Il me semble logique aujourd’hui en Algérie, pays dont la population est dans son écrasante majorité musulmane, que ce soit celui qui veut prendre une bière qui doive le faire discrètement, pas celui qui prie, car la prière s’est de tous temps faite en groupe, à la mosquée, en terre d’islam. C’est donc plus l’appel au respect de cette trame fragile qui maintient le lien social dans une société musulmane qu’autre chose.

    Dans un de vos commentaires sur un autre topic, vous avez cité, je crois, l’action positive d’Ataturk sur la Turquie moderne. Je vous fais remarquer que la même action a été menée en Algérie par la colonisation française, qui a définitivement détruit les structures tribales féodales dépassées par l’histoire. Elle a également rendu obsolètes beaucoup de pratiques. La colonisation française a donc été l’Ataturk de l’Algérie. Et de la même manière que la Turquie revient progressivement au repère islamique tout en gardant les acquis positifs introduits par le kemalisme, de même l’Algérie doit tourner la page de la colonisation française et retrouver son repère, tout en conservant les acquis positifs.

    Si nous examinons la situation en Europe, nous constatons que l’expansion du capitalisme, la révolution industrielle ainsi que la révolution scientifique et technique se sont déroulées dans le même repère, celui mis en place par les philosophes des Lumières. Le socialisme marxiste s’inscrit également dans le même repère et a constitué une tentative de corriger les effets négatifs de l’industrialisation et du capitalisme. Le marxisme s’est divisé en deux branches, une branche révolutionnaire léniniste qui a donné les révolutions russe, chinoise, cubaine, etc., et une branche réformiste (social-démocratie) dans les pays capitaliste développés. La France et l’Angleterre ont intégré dans leurs législations respectives beaucoup de dispositions proposées par les marxistes. La branche révolutionnaire s’est avérée avec le temps non viable car, au lieu de la dictature du prolétariat préconisée par Max et Lénine, les pays socialistes connurent la dictature du parti communiste et de la bureaucratie qu’il avait créée avec son corollaire, l’État policier.

    Si nous revenons à notre repère, est-il absurde d’imaginer une riposte islamique aux méfaits du capitalisme, riposte qui serait spécifique, s’inspirant du message coranique et des Hadiths? Les prédictions de Marx quand à la disparition du capitalisme s’étant avérées fausses, le débat reste ouvert et les musulmans peuvent jouer un rôle dans la construction d’une société post-capitaliste orientée vers la solidarité et l’affermissement du lien social, délivrée de l’emprise du profit à tout prix, de la marchandisation de tous les aspects de la vie et de l’individualisme outrancier.

    Nos intellectuels doivent donc enlever leurs œillères et reconsidérer notre société avec des yeux neufs, libres de tout dogmatisme.

    Cordialement




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  • Alilou
    10 août 2011 at 20 h 04 min - Reply

    Ce que je viens de lire concernant une societé algerienne ou l’ISlam, L’amazighité et l’arabité ne devraient pas etre monopolisés, je crois que c’EST TROP TARD, nous vivons dans une algerie ou tout est biasé ou tout a ete abusé et reusité, il serait vraiment naif aujourd’hui apres 2 decennies de luttes intestines, de haine du laic, de l’integriste, du religieu, du militaire, du policier, de l’administratif, du medecin, du gendarme etc…de croire que nous puissions creer une algerie plurielle sans aucun probleme, si vous croyez ca c’est que nous sommes vraiment immature.

    Apres 2 decennies de crimes de tous genres, d’abus en tout, d’usurpation de toutes les identités, la creation de toutes pieces de religions musulmanes n’ayant de musulman que le nom, d’hypocrisie on pense tout d’un coup comment pouvons nous creer une algerie nouvelle.

    L’Islam en algerie de ma jeunesse n’a jamais ete en danger que depuis l’importation d’un islam oriental, l’identité algerienne n’a jamais ete en danger que depuis qu’on importe tous les livres qui nous promettent des vierges 72, l’amazighité n’a jamais ete contestée que depuis la venue des kepi de oujda qui voie en elle le danger supreme,

    LA QUESTION A 1 MILLION DE DOLLARS QU’IL FAUT SE POSER EST CELLE-CI: QUE S’EST-IL PASSÉ POUR QU’AUJOURD’HUI ON EN ARRIVE LA A CHERCHER NOTRE VERITABLE IDENTITÉ ???

    Domage que mon post d’hier ait disparu, j’avais dis des choses claires avec mon verbe gentil…IL CONTENAIT LA REPONSE A CETTE QUESTION.




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  • Anwar N Haddam
    10 août 2011 at 20 h 26 min - Reply

    Assalamu Alaikum
    @ Rachid Belaid

    C’est là justement une grande partie du problème dans notre recherche d’un repère commun: comment réconcilier entre :
    le fait il ne faut pas utiliser la religion à des fins partisanes, du genre ‘ voter pour notre parti … c’est voter pour l’Islam’, ou ‘ voter FN(en France) ou Tea Party (aux USA) …c’est voter pour les valeurs Chrétiennes’…etc..

    et, d’un autre coté le fait que, pour nous du moins, politiciens d’obédience Islamique, tout projet de développement socio-politico-économique d’une société Musulmane dans sa majorité, serait voué à l’échec s’il ne tient pas compte de l’identité et de la culture des citoyens (voir par exemple l’essai du défunt Malik Bennabiالمسلم في عالم الاقتصاد ) .

    Ainsi, dans notre mémorandum, nous essayons de réconcilier entre ces 2 propositions qui apparaissent en effet contradictoires.
    Nous proposons que « … des associations à caractère culturel ou religieux ont le droit d’œuvrer afin de promouvoir ces éléments {i.e. l’islam, l’Amazighité et l’Arabité} sans pour autant en monopoliser l’expression.}
    Cela me semble est en accord avec votre proposition : « La pratique religieuse et son épanouissement, quelque soit la religion, doit être restreinte aux efforts de la population sans même la moindre forme de subvention de l’état, … »
    Plus,pour nous, cela permettrait aux politiciens de s’occuper de la politique uniquement … de s’occuper sur la manière de servir le peuple.

    Nous proposons aussi, et afin d’éviter tout dépassement de la part de l’Etat ou des partis politiques, qu’il faut refuser « … toute tentative par l’Etat ou les partis politiques de monopoliser l’expression de la vérité religieuse ; personne ne peut avoir le monopole de l’Islam, ni celui de sa compréhension. Il y a plusieurs interprétations possibles des textes religieux et de leur application… »,
    …tout en permettant aux politiciens de « …présenter des programmes politiques s’inspirant de leur propre interprétation de l’Islam ; c’est au peuple de choisir en toute transparence le programme politique qui répondrait à ses aspirations… »

    Wassalam
    Anwar N. Haddam




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  • aissa
    10 août 2011 at 21 h 34 min - Reply

    @Ouadah
    voila ce que Tahar Ouettar a dit sur Tahar Djaout (Allah yerhamhoum):http://www.youtube.com/watch?v=zoXoO3eABKY
    je pense que meme s’il ya une intelligentsia nationale qui depassera l’innacceptable dualite entre arabophone et francophone le probleme resteras toujours, a savoir le model de societe qu’on veut avoir en Algerie ..on regardant la Tunisie meme si l’ont pas le probleme qu’on a entre arabophone et francophone il ya une confrontation entre laique et islamiste(Tunisie arabo-musulmane) ,de meme en Egypte c’est une population arabophone mais dernierement il y avait des protestations entre les franges de la societe sur l’article 2,je pense ,qui reclame que l’Islam est la religion d’etat se que veut dire en quelque sorte source de legislation …
    meme en Europe se pose plus ou moin le meme probleme, il ya 3ans ou plus , il y avait un debat en grande bretagne dans les journaux sur ce que ca veut dire etre british(britishness)..et comment conserver le charactere Chretien et occidentale du pays de meme que la France dans un contest laique..et d’ailleure c’etait le message qui a envie de passe le terroriste norvegien.. il n’ait pas le seul et c’est pour ca que son proces etait a huit clos « pour eviter ces idees extremistes de poluer les esprits des jeunes norvegiens »a dit quelques uns des responsables Norvegien.c’est ce qu’ils font pour stopper les idees extremistes dans leurs pays tandis que nous Aljazzera passe des heures a nous montrer les agents « binladen » et « dawahire » pronant des discours qui ont detruises les societes musulmanes ..




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  • abon
    11 août 2011 at 1 h 06 min - Reply

    Je me permets de remettre ce commentaire qui n’a pas été publié ; je le modifie légèrement.
    L’Algérie n’est pas Arabe, elle est plurielle.
    L’Algérie n’est pas Tamazight, elle est plurielle.
    L’Algérie n’est pas Musulmane, elle est laïque.
    A l’indépendance ont participé musulmans, Chrétiens (même s’il n’y en avait qu’un), Juif (même s’il n’y en avait qu’un). Que l’Islam soit religion d’état, oui car il faut bien définir les jours de congés ; il n’est pas question de donner congé l’Aïd, Mouloud, et Pâque et Noël mais pas pour plus que ça.
    S’il y a des crimes et massacres de citoyens et citoyennes de tous âges qui font encore l’objet de surenchère « qui tue qui ? » ; il y a des massacres d’Algériens et d’Algériennes de tous âges que vous avez glorifié Monsieur Hadam. Les Algériens et les Algériennes de tous âges n’ont pas oublié.
    Maintenant s’agissant de faire des parallèles entre la société européenne et l’Algérie, il faut opposer la religiosité des deux sociétés ou le progrès sociale et technologique des deux sociétés et non la religiosité de l’Algérie comparée au progrès de l’Europe. Du point de vu religieux, la société européenne, les églises on tu les sons des clochers le dimanche pour respecter le repos dominical du citoyen, là ou nous, nous redoublons de décibels pour prouver notre foi, les mosquées que nous visitons en France, en Allemagne ou partout ailleurs en Europe n’ont rien à voir avec les nôtres sans pour autant aller dans les détailles car ils ne sont pas à notre avantage (la propreté est une action de foi). Donc commençons par retourner aux pratiques de nos parents et grand parents qui même s’ils ne fréquenter assidument la mosquée que le vendredi (le reste du temps, ils priaient à la maison même en groupe), il le faisait avec foi et conviction, ils mettaient leur plus beaux habits et se parfumé même, et les mosquées en ces temps là il y faisait bon respirer et nous nous y sentions en sécurité. Aujourd’hui même une vielle paire de sandale n’est pas épargnée.




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  • Radia Bouchiba
    11 août 2011 at 8 h 56 min - Reply

    @abon
    Désolée, mais en tant qu’algérienne, je ne suis pas venue du néant, pour ne pas dire autre chose. Je suis musulmane, amazigh et arabe. Comme les américains, les anglais et les allemands ont leurs propres origines. Il faudrait que cette poignée d’algériens qui doute de ses origines arrête d’imposer cette vision érronée et absurde à la majorité. Ne perdez pas votre temps. La colonisation avec tous les moyens en sa possession n’a pas pu nous ôter nos racines. Parlons de choses sérieuses.




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  • Alilou
    11 août 2011 at 17 h 46 min - Reply

    @Mr Anwar Haddam,

    Dites moi S’il vous plais, ezst-ce que nous avions besoin avant des associations pour nous promouvoir ou nous faire connaitre l’islam, l’arabe ou l’amazighe???

    On est la au jour d’aujourd’hui arrivé au point d’avoir besoin de reperes et d’associations pour nous faire connaitre notre veritable identité.

    j’ai vecue une periode ou ces associations dont vous parlez ont oeuvré a promouvoir une identité qui n’est pas la mienne ni celle de mes ancetres, une religion qui n’est pas la mienne ni celle de mes ancetres et une culture qui n’est pas la mienne ni celle de mes ancetres.

    Tout projet actuel de société algérienne est voué a l’échec car la donne est faussée et tout est biaisé, quelque soit le parti crée, il aura automatiquement une étiquette…pro X, pro-Y etc…

    il faut changer les hommes qui ont été de pré- ou de loin associés a une quelconque mouvance du passé…des années 90 a nos jours.

    Vous même Mr Haddam, votre parti a une connotation religieuse, vous parlez de société musulmane, de projet musulman etc… les berbères feront la même chose etc….tout est biaisé….

    La solution a mon avis est de laissé la place a une élite intellectuelle compétente et nationaliste et neutre dans le seul but serait de mettre sur pied un projet de sortie de crise national sans aucune allusion ni a la religion ni a l’ethnie ni a autre chose, la seule motivation serait de redresser l’économie national, rétablir l’ordre, la sécurité, la justice et les droits de l’homme. une véritable élite NEUTRE, par la je veux dire exclusion de toutes les personnes avec un passé pro ou anti gouvernement, pro ou anti islam, pro ou anti berbère pro- ou anti arabe etc… des hommes dont le seule objectif claire et limpide est de remettre la patrie sur les rails naturels de sa destinée, c’est a dire ALGERIENNE, MULTI-ETHNIQUE ET MULTICULTURELLE, MULTI_CONFESSIONNELLE une algerie ou il fait bon vivre pour tous les algeriens sans exclusion aucune et sans PARTI_PRIS.

    L’armée doit retourner dans les casernes, la police et la gendarmerie doivent servir et protéger le citoyen, la mosquée, l’église, la synagogue, le temple ou autre lieu de culte doivent servir uniquement au culte et ne doivent pas servir de lieu d’endoctrinement ni de division, les écoles doivent êtres publique laïc, les médias doivent être entièrement indépendants, l’état doit être laïc non partisan pour servir tous les algériens etc…ca on est capable de le faire et de le réaliser si on mettait de coté nos divisions et notre taghenante individuelle….




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  • Nazim
    11 août 2011 at 23 h 22 min - Reply

    Dans la laïcité, la loi est au-dessus de tout. La religion est une affaire privée que chacun peut pratiquer à sa guise, mais sans l’imposer à autrui. Son exercice ne saurait outrepasser le contexte de la loi, car : « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres».
    Dans la religion, Dieu est au-dessus de tout. La foi est absolue. Elle ne souffre d’aucune contestation et ne peut évidemment être soumise à aucune analyse critique. Il ne peut y avoir de loi au dessus de «la loi divine». Tout le reste n’est que blasphème.
    En gros : Le laïc est démocrate, le religieux est théocrate.
    Mais, tout ceci n’est valable bien entendu que sur papier. Dans la réalité de tous les jours, il y a parmi les «laïcs» et les «religieux» autant de zélés intolérants et définitivement convaincus que de personnes hantées par le doute et qui se remettent constamment en question. Chez nous et du fait même de la constitutionnalisation de l’Islam, les «laïcs» apparaissent comme des hors-la-loi qu’il faut débusquer de n’importe quelle manière en vérifiant son assiduité religieuse, son apparence et ses habitudes vestimentaires, son langage même,… car, pour beaucoup : un laïc est un mauvais musulman voire définitivement, un «athée» qui doit répondre de ses fautes ici-bas avant l’au-delà. En fait, on a beau examiné le problème dans tous les sens : l’insuffisance d’éducation apparait toujours comme la raison principale de cet état des choses. Cette éducation qui a été confiée à de douteux étrangers dans les années 1960 et 1970. Résultat : une Algérie 1990 et 2000, insuffisamment «éduquée», divisée et méconnaissable.




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  • jamil
    12 août 2011 at 0 h 24 min - Reply

    Bonsoir,Adel et tout le monde,

    Monsieur Haddam,se réfère à la déclaration universelle des droits de l’homme . C’est une grande évolution que nous saluons surtout quand elle vient d’un responsable d’un parti qui considérait el haquimiya li allah et que l’homme n’a de choix que l’obéissance à dieu à travers ses « représentants sur terre » : les islamamistes . D’ailleurs,j’interpelle monsieur Haddam pour qu’il nous dise, ce que pense son mouvement de ce slogan(al hakimya li allah), né du temps des KHAWARIDJ et repris par Sayed Kotob et par AL Mawdoudi . Ces deux références de la pensée islamistes ont vidé l’islam de sa spéritualité pour en faire une tendance politique contestée et source de divisions et de violences(el fitna) .
    Monsieur Haddam,a omis de nous parler des gates kippers ou gardes-fou,qui assureraient la bonne tenues de chacun et interviennent en cas de dépassement ou de comportement anti-constitutionnel .
    Pour ma part,vu le vide politique dont nous souffrons depuis des siécles,une « conduite accompagnée  » s’impose dans un premier temps . Un conseil de sécurité et d’orientation où siegeront des sages civils et militaires,accompagnera le processus de démocratisation le long d’une période de transition qui reste à définir . Ce conseil,veillera sur le caractére constitutionnel ou pas des lois,il se chargera de protéger la république contre toute poussée d’extrémisme .
    @adil,
    Une puissance coloniale comme la France,n’avait pas vocation à moderniser sa proie . Le colonialisme,relève de la prédation . L’Algérie a raté un projet de modernité en perdant une personnalité comme Farhat ABBAS . Cette personnalité moderniste aurait pu exploiter autrement les richesses du pays pour faire de l’Algérie un pays moderne,stable et riche .




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  • benamina
    12 août 2011 at 1 h 15 min - Reply

    Démocratie à l’algérienne: les représentants ou militants de partis politiques présents dans 2 ou 3 wilayas et dont les scores ne dépassent pas 10% aux élections nationales trônent (depuis des décennies)sur des ministères, siègent dans des assemblées et des institutions nationales et placent leurs congénères aux plus hauts postes de la haute administration, et ceux qui manifestent la moindre sympathie pour une obédience présente dans le plus petit douar du bled et qui lorsque les élections furent « propres et honnêtes » ont gagné des scores dépassant les 70% (nationales), ceux-là sont marginalisés, fichés, liquidés ou ,quand ils sont plus chanceux, exilés.




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  • Adel
    12 août 2011 at 1 h 56 min - Reply

    @jamil

    Bonjour,

    La France colonial a dans un certain sens «modernisé» (ce mot n’a pas que des connotations positives, l’action d’Ataturk n’ayant pas elle aussi eu que des aspects positifs) l’Algérie sans le vouloir, par le simple fait d’y introduire le capitalisme. La destruction des structures tribales traditionnelles a permis l’émergence de nouvelle élites plus à même de continuer le combat pour l’indépendance. Ferhat Abbas en a été l’un des représentants.

    Cordialement




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  • jamil
    12 août 2011 at 3 h 14 min - Reply

    Bonjour,
    @Adel,
    Il y a 4 ou 5 ans,un conflit tribal est né entre deux tribus,l’une installée à Sétif,l’autre à Batna . Le conflit a duré des semaines . Il fut réglé aux frontiéres des deux wilayas par les deux chefs de tribus . La remise de la Diya s’est passée en présence des deux walis respectifs .
    Je suis désolé,la France n’a pas mis fin à l’organisation tribale en Algérie . l’ancienne puissance coloniale,a construit des cités et même des villes entiéres selon un style moderne pour accueillir des européens . Plus on s’éloigne de 62,plus ces cités et ces villes tombées entre nos mains,sont dénaturées et même détruites car la France et nos dirigeants depuis l’indépendance ont oublié justement de nous moderniser . En effet,il est à constater,que l’Algérie contrairement à la Tunisie de BOURGUIBA et à la Turquie de Ataturk,n’a jamais connu de projet de modernité . La solution du probléme algérien passe justement par un immence chantier de modernité .
    Amicalement .




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  • Sid-Ahmed Ouadah
    12 août 2011 at 12 h 52 min - Reply

    Bonjour à tous ;

    Depuis le mois de janvier 2011, les peuples arabes ont entrepris une critique radicale des systèmes politiques en place chez eux. Leur courage inouï suscite l’admiration du monde entier, leur exemple inspire des mouvements de masse en Europe et même -quel pied de nez !- « dans la seule démocratie du Moyen-Orient », je veux dire le système spoliateur, tribal et théocratique qui s’est mis en place dans la Palestine occupée. Il est évident que nous n’avons pas encore pris la mesure de cet immense événement. Pourtant, il suffirait de revenir au mots d’ordre des foules de manifestants : « le peuple veut la chute du système ». Pourquoi ce mot d’ordre connaît-il cette fortune à travers tout le monde arabe, en dépit des différences de situations ? Parce que les systèmes de domination arabes sont de même essence : la patrimonialisation, en vertu de quoi le pouvoir, le pays et le peuple sont propriété privée d’une FAMILLE, le terme étant compris comme désignant un groupe uni par des liens de sang ou d’intérêts ; pour le dire autrement, dans un sens anthropologique ou sicilien.
    [Le cas de l’Algérie est, à cet égard, exemplaire puisque les dominateurs ont inventé la notion de « FAMILLE REVOLUTIONNAIRE » par quoi ils désignent benoîtement l’ensemble de ceux qui sont admis au buffet froid de la prédation. Ces dernières années, ils ont été obligés d’élargir leur cercle à quelque 200 000 nouveaux membres, les miliciens des années de plomb, qu’ils voudraient bien maintenant rayer des effectifs des convives.]
    Faisons le pari que les peuples arabes -qu’ils en aient conscience ou non, qu’ils le veuillent ou non- sont en train de faire la critique pratique (pas théorique) de leur propre système anthropologique dominant, le patriarcat. Les nouvelles générations, alphabétisées, cultivées, très au fait des technologies de la communication se retrouvent en décalage abyssal avec les dictateurs incultes et kleptocrates qui se sont arrogé un droit de vie et de mort sur eux. Ces jeunes sont en train de « tuer le père », que ce dernier prenne l’apparence du bouffon sanguinaire qui les gouverne ou du « prêtre » qui prétend les guider. En un mot : finie la dictature et fini l’islamisme politique. (Les plus perspicaces parmi les leaders islamistes l’ont bien compris ; « Nous ne voulons pas un état islamique, nous voulons un état de droit moderne qui garantisse les droits et les libertés de chacun » ont dit El Ghannouchi et El Qardhaoui.)
    Face à ce mouvement de fond (prévu de longue date par des chercheurs sérieux comme Olivier Roy et Emmanuel Todd, dont j’ai repris ici l’essence de ses analyses), on peut toujours continuer à proposer, sur le modèle paléo-FLN (Soumam 56, Tripoli 62, Alger 64, Nationale 76…) une charte !
    Karl Marx a dit une chose qui doit faire réfléchir. Pressé de donner une définition du communisme, il répondit : « Je ne connais qu’une sorte de communisme, le mouvement réel qui abolit l’état de choses existant ».




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  • ahmed
    14 août 2011 at 0 h 01 min - Reply

    Ce qui se passe actuellement en Egypte,montre que le monde musulman sunnite est dans une impasse idéologique . Dés la chute de Boubarek,Fréres musulmans ,Salafistes,Soufistes,Nassériens,libéraux… se bousculent pour dominer un peuple qui sort à peine de 50 ans de domination et de dictature . Les deux grandes victimes de cette bousculades sont le peuple et l’islam qu’on manipule dans tous les sens . Religion de paix ,d’amour et de science,notre religion est exploitée à des fins politiques et partisanes . Nous assistons avec tristesse à une évolution qui risque de salir un peu plus l’Islam .
    Le pire est de vouloir imposer l’islam comme source principale de législation . Mettons nous d’accord,l’Islam fait partie des richesses de l’humanité mais il ne s’est jamais considéré comme la seule richesse . De nombreux versets coraniques,invitent le musulman à la découverte des cieux et des terres et à tout ce qui se rattache à ces espaces come cultures et experiences . Nous voulons à tout prix nous enfermer et nous priver des experiences Pharaoniques,chinoises,arabo-berbéres,occidentales…
    Quand on a une grande maison et une grande famille,le bon sens veut qu’on exploite le maximum d’espace et non d’enfermer femme et enfants dans une seule piéce .




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  • Congrès du Changement Démocratique