Édition du
29 March 2017

A nos destructeurs de forêts : leçon de patriotisme d’un ministre du tiers-Monde

Voir ci-dessous la réponse du ministre brésilien de l’Education interrogé par des étudiants d’une université américaine… La presse Nord Américaine a refusé de publier ce texte…
Sujet : Internationalisation de la foret Amazonienne !? 

 

Discours du ministre brésilien de l’Éducation aux Etats-Unis.
Pendant un débat dans une université aux Etats-Unis, le ministre de l’Éducation Cristovao Buarque, fut interrogé sur ce qu’il pensait
au sujet de l’internationalisation de l’Amazonie.
Le jeune étudiant américain commença sa question en affirmant qu’il espérait une réponse d’un humaniste et non d’un Brésilien.
Voici la réponse de M. Cristovao Buarque.

En effet, en tant que Brésilien, je m’élèverais tout simplement contre l’internationalisation de l’Amazonie.
Quelle que soit l’insuffisance de l’attention de nos gouvernements pour ce patrimoine, il est nôtre.

En tant qu’humaniste, conscient du risque de dégradation du milieu ambiant dont souffre l’Amazonie, je peux imaginer que
l’Amazonie soit internationalisée, comme du reste tout ce qui a de l’importance pour toute l’humanité.
Si, au nom d’une éthique humaniste, nous devions internationaliser l’Amazonie, alors nous devrions internationaliser les réserves de pétrole du monde entier.
Le pétrole est aussi important pour le bien-être de l’humanité que l’Amazonie l’est pour notre avenir. Et malgré cela, les maîtres des
réserves de pétrole se sentent le droit d’augmenter ou de diminuer l’extraction de pétrole, comme d’augmenter ou non son prix.

De la même manière, on devrait internationaliser le capital financier des pays riches. Si l’Amazonie est une réserve pour tous les
hommes, elle ne peut être brûlée par la volonté de son propriétaire, ou d’un pays.
Brûler l’Amazonie, c’est aussi grave que le chômage provoqué par les décisions arbitraires des spéculateurs de l’économie globale.
Nous ne pouvons pas laisser les réserves financières brûler des pays entiers pour le bon plaisir de la spéculation.

Avant l’Amazonie, j’aimerai assister à l’internationalisation de tous les grands musées du monde. Le Louvre ne doit pas appartenir à la seule France. Chaque musée du monde est le gardien des plus belles œuvres produites par le génie humain.
On ne peut pas laisser ce patrimoine culturel, au même titre que le patrimoine naturel de l’Amazonie, être manipulé et détruit selon la fantaisie d’un seul propriétaire ou d’un seul pays.
Il y a quelque temps, un millionnaire japonais a décidé d’enterrer avec lui le tableau d’un grand maître. Avant que cela n’arrive, il faudrait internationaliser ce tableau.

Pendant que cette rencontre se déroule, les Nations unies organisent le Forum du Millénaire, mais certains Présidents de pays ont eu des difficultés pour y assister, à cause de difficultés aux frontières des Etats-Unis. Je crois donc qu’il faudrait que New York, lieu du siège des Nations unies, soit internationalisé.
Au moins Manhattan devrait appartenir à toute l’humanité. Comme du reste Paris, Venise, Rome, Londres, Rio de Janeiro, Brasília, Recife, chaque ville avec sa beauté particulière, et son histoire du monde devraient appartenir au monde entier.

Si les Etats-Unis veulent internationaliser l’Amazonie, à cause du risque que fait courir le fait de la laisser entre les mains des Brésiliens, alors internationalisons aussi tout l’arsenal nucléaire des Etats-Unis. Ne serait-ce que par ce qu’ils sont capables d’utiliser de telles armes, ce qui provoquerait une destruction mille fois plus vaste que les déplorables incendies des forêts Brésiliennes.

Au cours de leurs débats, les actuels candidats à la Présidence des Etats-Unis ont soutenu l’idée d’une internationalisation des réserves florestales du monde en échange d’un effacement de la dette.
Commençons donc par utiliser cette dette pour s’assurer que tous les enfants du monde aient la possibilité de manger et d’aller à l’école. Internationalisons les enfants, en les traitant, où qu’ils naissent, comme un patrimoine qui mérite l’attention du monde entier.
Davantage encore que l’Amazonie.
Quand les dirigeants du monde traiteront les enfants pauvres du monde comme un Patrimoine de l’Humanité, ils ne les laisseront pas travailler alors qu’ils devraient aller à l’école; ils ne les laisseront pas mourir alors qu’ils devraient vivre.

En tant qu’humaniste, j’accepte de défendre l’idée d’une internationalisation du monde. Mais tant que le monde me traitera comme un Brésilien, je lutterai pour que l’Amazonie soit à nous. Et seulement à nous!

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5 Commentaires sur cet article

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  • mak
    9 août 2011 at 12 h 27 min - Reply

    whow! quelle grandeur
    Malheureusement ils y a très peut comme lui dans ce monde.
    Mais espérons que cela réveillera les esprits.




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  • kad
    9 août 2011 at 23 h 28 min - Reply

    ça, c’est une réponse…..bravo…monsieur le ministre…..vous serez gentil de  » flexi » un peu de bon sens à notre ministre à nous.




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  • rihane
    11 août 2011 at 15 h 09 min - Reply

    le brésil n’est pas devenue une puissance accidentellement alors que chez nous il n’y a que les médiocres qui occupent des postes,et voila le résultat pauvre Algérie avec toute les richesses qu’on possède le pays n’arrive pas à décoller.




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  • Hajar
    11 août 2011 at 16 h 02 min - Reply

    C’est en Mai 2000 que M. Cristovam Buarque a prononcé ce discours en réponse à un étudiant américain et à cette époque, il n’était pas encore ministre. Ce brillant intellectuel, écrivain et homme politique brésilien, est ingénieur en mécanique, titulaire d’un doctorat en économie et, en plus d’avoir été éducateur dans sa jeunesse, est aussi professeur d’université. C’est en cette qualité qu’il avait été invité, dans les années 2000, à faire des conférences dans des universités nord-américaines.

    Tête de file du Parti des Travailleurs (PDT), il a été ministre de l’éducation du Brésil de janvier 2003 à janvier 2004 lors du premier mandat du président Lula. Il est actuellement sénateur, charge à laquelle il a été réélu en 2010 pour un second mandat consécutif, qu’il exercera jusqu’aux élections sénatoriales de 2019. Cet homme politique d’envergure, qui pourrait donner des leçons de nationalisme, de patriotisme et de modestie aux politiciens du monde entier, à commencer par les nôtres, s’est toujours battu et continue de le faire, à 67 ans (il est né le 20 Février 1944 à Recife), pour l’alphabétisation des brésiliens, la réforme agraire, la santé et l’emploi, entre autres nobles combats qu’il mène.

    Si nous n’avions qu’un seul homme politique de son gabarit, lui qui lutte sans relâche contre la déforestation dans son pays (et pour ne parler que de ce sujet d’actualité brûlante), jamais la moindre pelleteuse n’aurait pénétré au Bois des Pins pour détruire de précieux arbres centenaires et jamais personne, du reste, n’aurait pu même envisager de perpétrer un tel massacre écologique face à un homme comme lui.




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  • sabir
    13 août 2011 at 15 h 19 min - Reply

    Bonjour, saha Ramdankoum,
    si nous réfléchissons bien nous trouvons que les pays de l’mérique latin sont brisé par les états unis, les pays de l’Afrique sont brisé par l’europe (France+ Angleterre) et le développement qui est passé en Asie car la Russie à laisser ces pays se développent et l’intervention des états unis et des pays de l’europe est moins dans l’Asie parraport en Afrique et l’amérique latine




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