Édition du
26 July 2017

Le pays a un besoin urgent de réarmement moral.

Par Zayat

Des événements tels que ceux du Bois des Pins d’Hydra ne sont que la confirmation irréfragable nous permettant de dire que l’Algérie se trouve entre les mains, non pas de gouvernants, mais d’individus sans foi ni loi, dont la seule préoccupation est la mise en coupe intégrale des richesses du pays. Dans un tel contexte, il n’y a pas de place à la politique proprement dite. C’est d’ailleurs ce qui explique que toutes les institutions, ayant soi-disant pour fonction de tisser des liens entre gouvernants et gouvernés, en vue de régler les problèmes, non seulement elles sont radicalement inefficaces, mais elles constituent elles-mêmes le problème fondamental. En effet leur rôle véritable est de tenir en laisse tout un chacun, face à toute décision prise unilatéralement, même si celle-ci va à l’encontre des droits élémentaires reconnus pourtant dans le monde entier, y compris en Algérie : droit au travail, à la liberté d’expression, à la santé, à l’éducation, à la culture, à un cadre de vie décent, etc… Mais chez nous, la loi, c’est une chose et son application en est une autre. Si les choses se passaient autrement, la corruption et la violence, aussi bien symbolique que physique, n’auraient pas pris autant d’ampleur. De tels satrapes ne pensent jamais qu’à satisfaire les besoins et les désirs, même les plus futiles de leurs rejetons et ceux de leurs clients. La césure, avec la jeunesse, en particulier celle qui n’est pas issue de la clientèle du pouvoir, a atteint son point culminant. Autrement dit, le phénomène de l’émeute a de beaux jours devant lui. Face à une telle situation, il n’est pas difficile de prévoir une augmentation continue des effectifs de police. En un mot, le régime a décidé inconsciemment d’emprunter une mauvaise voie qui est, à vrai dire, une fuite en avant désastreuse, parce que susceptible de mener le pays à un démembrement. Ce n’est point du pessimisme. C’est tout simplement parce que tous les indicateurs sont au rouge: économique, écologique, culturel, idéologique, religieux, éducationnel, etc… En un mot, le pays a un besoin urgent de réarmement moral. Et le pouvoir en place n’est pas capable de le réaliser. Il fait exactement l’inverse…


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6 Commentaires sur cet article

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  • Professeur Chems Chitour
    13 août 2011 at 22 h 57 min - Reply

    C’est un réquisitoire sans concession qui malheureseument est en grande partie fondé. Il eut été intéressant de creuser l’idée de réarmement moral. Je pense par exemple, à une remise à plat de l’Ecole ,en adoptant le parler vrai sans chercher à « durer » dans le poste. Il en va de même de la sous-culture moyen orientale que l’on tente de faire absorber de force en confondant tout la religion la langue,, la culture. Il y a enfin la jeunesse en panne d’espérance livrée à elle même , sans protection immunitaire qui lui permette de séparer le bon grain de l’ivraie aussi bien dans l’arrosage médiatique occidental que dans les sopirifiques des mille et une nuit.
    En un mot comme en mille nous ne pouvons remettre l’Algérie au travail qu’en mettant en place un projet de société qui sera opposable à chacun de nous, dans la mesure où on prendra le temps pour convaincre qu’en définitive avons nous un désir d’être ensemble pour constituer une Nation A Dieu ne plaise les combats d’arrière garde actuels insidieux ne fotn que reculer les échéances; Il est temps de savoir ce que nous voulons.

    Pr.C.E.Chitour




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  • halli
    14 août 2011 at 0 h 17 min - Reply

    « …Et le pouvoir en place n’est pas capable de le réaliser. Il fait exactement l’inverse… » Quoi ? ne me dites pas que vous esperiez que des Voyous , des Lapins et Lapines inscrits au Club ( chose qu’ils n’auraient meme pas rêvée dans un monde « normal ») allaient participer a ce « rearmement » qui les effacerait !!




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  • abon
    14 août 2011 at 2 h 22 min - Reply

    Ce qui parait probable au vu des comportements, c’est que cette situation est tout simplement choisie (et en quelque sorte « d3esou-m3aahoum*). A l’approche de l’ouverture des archives de la révolution Algérienne, ce qui avait été présenté comme une indépendance, ressemble de plus en plus à une imposture rondement menée par l’ancien colonisateur et ses successeurs. Il n’est tout simplement pas normal que le pays se trouve dans un tel état de dégradation, sans que de véritables actions citoyennes et responsables ne soit menées ou ne serait-ce qu’envisagées, un silence totale hormis les déclarations d’autosatisfactions touchant tant la création d’emplois ou les taux de réussite aux examens.




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  • jamil
    15 août 2011 at 8 h 33 min - Reply

    Passant d’un occupant étranger à un autre sur une longue période de plus de 1000 ans,l’Algérie a atteint son niveau zéro en 1962 . Notre retard est remarquable dans tous les domaines . Nous gérons très mal notre temps,notre argent,notre espace et notre liberté . La notion du savoir,se limite chez nous au savoir lire et écrire,alors que les savoirs vivre et faire nous sont complètement étrangers .Nous gérons notre pays comme s’il été un butin de guerre,tout en ignorant les bases d’une gouvernance stable et efficace . La société algérienne a subit deux guerres en 30 ans (54 et 92),les crises sécuritaires et économiques engendrées par ces deux évènements ont débouché sur une crise sociale et morale . Il est à rappeler que l’origine de ces crises sus citées ,reste l’impasse politique.
    Outil de destruction du système colonial,le F.L.N ,a dépassé ses objectifs en voulant construire l’Algérie post coloniale . Sans visions politiques et idéologique,le F.L.N a conduit le pays dans une impasse . Les évènements d’octobre 88 ,ont conduit les dirigeants de l’époque à initier un projet d’ouverture politique en autorisant le pluralisme .
    Une cinquantaine de partis politiques,ont vu le jour après plusieurs siècles de vide politique . Sans aucune phase de transition et sans la mise en place de garde-fou pour orienter et protéger le processus l’amateurisme des autorités civiles et militaires,s’est fait rapidement sentir .Le processus sombra alors dans une guerre qui fera 200000 morts et des milliers de disparus .
    Nous sommes un peuple qui souffre des effets de plusieurs siècles de domination étrangère . Nous souffrons d’une crise politique qui a engendrée des crises sociale,économique,morale et sécuritaire . La solution,consiste à procéder à une rupture avec le système hérité de la guerre de libération en procédant à une nouvelle ouverture politique une ouverture politique comparable à celle qui a fait suite aux évènements de 88 tout en prenant soin de sécurisé le processus par la création d’un haut conseil de sécurité et d’orientation qui veillera à la conformité des lois par rapport à l’esprit de la nouvelle constitution et qui protégera la république contre d’éventuelles poussées extrémistes . Les partis politiques,s’engageront à respecter un pacte de bonne conduite et de respect des lois et des intérêts de la nation . Les critères de choix des membres civils et militaires de ce haut conseil,restent à définir .

    Cordialement




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  • zayat
    16 août 2011 at 2 h 05 min - Reply

    A l’attention du Professeur Chitour,

    De prime abord, je vous sais gré d’avoir bien voulu lire ma spontanée contribution, et de m’avoir interpellé sur certains points. Effectivement, je reconnais que celle-ci ressemble à un réquisitoire, comme vous dites. Mais à qui la faute ? J’ai essayé, tout simplement, de synthétiser le tableau brossant la situation générale du pays, à travers toutes ses subdivisions, qui ne sont autres que les piliers sur lesquels repose une Nation. Et j’ai constaté, preuves à l’appui, que l’on a tout fait faux, outre le fait que nombre d’individus n’avaient point manqué, de par leurs fonctions officielles, opérant dans tel ou tel autre secteur, de se servir trop exagérément et ce, au détriment des intérêts du pays. Et ce qui semble extravagant, c’est que même lorsque le responsable est pris la main dans le sac, comme l’on dit, il ne risque rien. Pire que cela, il a même des chances de bénéficier d’une surprenante promotion. Cet état de chose, qui n’existe dans aucun ouvrage de science politique, ne peut pas ne pas inciter fortement à se poser certaines questions. Et de fil en aiguille, l’on arrive à appréhender assez correctement la nature du régime, autrement dit du système sociétal. Au demeurant, un tel travail d’investigation ne peut être mené à bien, qu’à la condition expresse, d’être soi-même un homme libre, autrement dit n’ayant aucun fil attaché à la patte. Je crois que c’est mon cas, dans la mesure où je n’ai jamais fait de courbettes à l’égard de qui que ce soit, et aucune perspective de promotion agitée devant moi n’a eu le moindre impact sur mon esprit. Quoi qu’il en soit, j’ai eu l’opportunité de lire certains de vos ouvrages, en particulier sur l’éducation. Ce qui me permet de comprendre aisément la raison de votre intérêt, quant à cette préoccupation Pourtant vous n’êtes pas un spécialiste des sciences sociales et humaines. C’est ce qui me permet de dire, sans exagération aucune, que vous bénéficiez d’un double mérite, dès lors que vous tentez, en même temps, de vous interroger aussi bien sur la spécialité pour laquelle vous avez été formé, relevant comme on dit de « sciences exactes » et que vous dispensez à l’Ecole nationale polytechnique depuis des lustres, tout en déployant des efforts fort louables dans la sphère du phénomène de l’éducation, l’un des plus redoutables pour la compréhension, et les plus décisifs, lorsqu’on le relie étroitement et dialectiquement avec un second phénomène social, qu’est celui inhérent à la justice. Au demeurant, à partir de ce couple institutionnel découle dans une large mesure tout le reste. D’ailleurs, tout un chacun a pu remarquer, sans efforts, que toutes les tentatives, visant la « réforme » de ces deux créneaux, ô combien cardinaux de la nature d’une Nation, ont été un échec cuisant, en mot un fiasco. C’est que non seulement la volonté de bien faire faisait défaut, mais encore les individus et les groupes qui gangrènent le pouvoir politique, surtout depuis 1979, n’avaient point intérêt à voir ces deux institutions- clés assainies, autrement dit, adaptées à la lumière d’une esquisse du futur. Pour cela, il aurait fallu, cela va de soi, concevoir, comme vous le dites si bien un projet de société. Or, depuis une trentaine d’années, notre pauvre pays tourne en rond, en donnant parfois l’impression d’avancer, aux yeux de certains. Certes, l’Algérie avançait, mais à reculons. Et personnellement, j’estime que cela était dû aussi bien à une volonté délibérée de certains satrapes et prévaricateurs, qu’à l’ignorance crasse de ceux qui avaient pour charge de reconstruire l’identité nationale, et de la préserver. Finalement, les uns et les autres n’ont pas manqué de mener le pays dans le mur. C’est qu’effectivement tous les indicateurs sont au rouge, et clignotent désespérément. Ne pas intervenir, équivaudrait à une non- assistance à peuple en danger. Comme une réforme du système éducatif suppose beaucoup de temps, surtout si l’opération est menée simultanément avec la réforme du système judiciaire (et cela me paraît fort souhaitable, pour diverses raisons), il devient indéniablement indispensable de tout mettre en œuvre, en vue de changer dans les meilleurs délais le régime actuel qui, à l’analyse, s’avère constituer, sans conteste, le problème primordial, qui génère, tant les déficits matériels et financiers, que culturels, spirituels et par conséquent moraux. L’essentiel dans tout cela, c’est de savoir décrypter ce qui est essentiel et pérenne, et ce qui est secondaire, et partant conjoncturel. Si l’on parvenait à agir avec discipline dans cette perspective, les Algériens, qui ont l’Algérie dans les tripes, donc qui ne possèdent point de pays de rechange, contrairement à d’aucuns, qui se permettent même de le claironner, toute honte bue, s’approcheraient à grands pas vers le bout du tunnel. Pour ce faire, la société civile, à travers tout ce qu’elle recèle de personnalités respectables, devra impérativement intervenir dans chaque étape du processus. Il ne faut pas se leurrer, le pouvoir actuel est viscéralement irréformable quoi qu’on fasse. Aussi, chaque jour d’attente dans l’espoir de le voir s’amender, par une opération du Saint-Esprit, serait peine perdue, aggravant davantage la démoralisation des citoyens, singulièrement la jeunesse qui mène, comme chacun sait une existence d’enfer, sur tous les plans. Au reste, l’Algérie sera capable, par la suite, de construire une économie solide et diversifiée, à même de permettre à tous les citoyens d’être fiers d’appartenir à un tel pays. Une économie résolument créatrice, en étroite relation, non pas avec les hydrocarbures, mais avec l’accumulation du savoir, dans toutes les disciplines, que les universitaires et chercheurs auront transformée en richesses qui généreront un tissu industriel et technologique, notamment en fonction des potentialités du pays et du marché international, en commençant par le continent africain, dont on fait partie intégrante et qui manque de tout. Ce que je dis là, n’est nullement un rêve. C’est plutôt une projection qui a pour soubassement les potentialités immenses de notre pays, en tout point de vue. La place me manque pour entrer dans les détails. Pour l’heure, ce qui ne devrait pas être ignoré, c’est que l’heure a sonné pour instaurer la Première République sociale démocratique et partant plurielle où tout un chacun serait à même de pouvoir prétendre à une vie empreinte, tout au long de sa vie, de dignité au sens plein du terme. En guise de conclusion, j’ajouterais qu’il faudrait nécessairement pour les textes fondamentaux de départ, revenir aussi bien à la déclaration de Novembre 54, ainsi qu’aux conclusions auxquelles était parvenu le fameux Congrès de la Soummam. Tout ce qui précède avait été rédigé, grâce à la vertu de « l’analyse consciente d’une situation inconsciente , pour reprendre la formule d’un célèbre penseur et homme politique. Ce qui compte le plus, c’est, dit-on, le premier pas. Et accepter de débattre de toutes ces questions, grâce à un espace communicationnel virtuel, la toile, constitue à bien des égards, une opportunité en or, à ne jamais mésestimer ; il ya lieu donc d’en user sans modération, mais en exprimant, dans la mesure du possible des idées et des propositions fondées sur leur faisabilité. Croyez-moi, c’est ce que j’ai tenté de faire et ce, en vue, cela va de soi, de susciter d’autres réflexions utiles contribuant, à n’en pas douter, à réaliser un réarmement moral au moins dans une première étape, chez les intellectuels qui constituent, comme chacun sait, une élite ressemblant largement à une poussière de personnes, considérées comme quantité négligeable par ceux qui ont mis honteusement le pays en coupe réglée. Il ne faut donc point s’étonner, que l’on soit interdits et de télévision et même de radio. Cet état de choses est dans la logique du système dont j’ai parlé…Cordialement cher professeur et bon courage !




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  • abon
    16 août 2011 at 18 h 27 min - Reply

    @zayat dit :
    16 août 2011 à 2 h 05 min
    A l’attention du Professeur Chitour.

    Barak-Allahou Fikoum. En gardant espoir que beaucoup d’hommes et de femmes viennent prendre maille dans une grande chaîne de l’ESPOIR.

    Saha Ftourkoum.




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  • Congrès du Changement Démocratique