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20 July 2017

Le sud de la Syrie à feu et à sang au troisième vendredi du ramadan

In 24heures.ch

Conflit syrien | Vendredi, les autorités syriennes tiraient à balles réelles sur les manifestants, faisant 22 morts. Pour répondre à ces attaques, l’UE prévoit de nouvelles sanctions dans le secteur pétrolier.

© Keystone | Les opposants ont appelé sur Facebook à manifester bien que tous les foyers de la contestation soient quadrillés par les forces de sécurité

AFP | 19.08.2011 | 19:16Dernière mise à jour: 19.08.2011 | 19:16

Au lendemain du premier appel des Occidentaux au départ de Bachar al-Assad, le sang a coulé en ce troisième vendredi de ramadan dans le sud de la Syrie, où avait commencé mi-mars le mouvement de contestation contre le régime. Face à cette situation, l’UE prépare de nouvelles sanctions visant notamment le secteur pétrolier.

Sous le slogan «les prémices de la victoire», des manifestants ont bravé les forces de sécurité, qui ont tué 19 personnes et fait de nombreux blessés, selon les militants.

D’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH, basé à Londres), il y a eu 15 morts et 16 blessés dans des localités de la banlieue de Deraa, berceau de la contestation: huit à Ghabagheb, dont deux enfants de 11 et 16 ans, cinq à Hirak, un à Ankhel et un homme de 72 ans tombé sous les balles à Naawa.

En outre, un manifestant a été tué à Harasta, dans la banlieue de Damas, selon l’OSDH, et trois autres ont été tués à Homs (centre), selon un militant sur place. De plus, deux manifestants blessés jeudi, l’un dans la banlieue de Damas et l’autre à Homs ont succombé vendredi à leurs blessures.

Comme depuis le début du mouvement, l’agence officielle syrienne Sana a donné une version différente, annonçant que des «hommes armés» avaient tué trois policiers et un civil et blessé une dizaine de membres des forces de l’ordre à Ghabagheb, Ankhel et Harasta.

Rassemblements malgré le quadrillage

Un quadrillage massif par les forces de sécurité des foyers de la contestation et des arrestations massives, visant en particulier des meneurs présumés, limitent l’ampleur des manifestations.

Pourtant des rassemblements ont eu lieu à Homs, dont l’un a réuni 20.000 personnes, et dans une moindre mesure à Deir Ezzor (est), à Lattaquié et Banias sur la côté méditerranéenne, dans deux quartiers de Damas et dans plusieurs localités de sa banlieue ainsi que près de Hama (centre), selon des militants.
Et dans la région à majorité kurde du nord-est de la Syrie, près de 10.000 personnes ont défilé à Qamichli et Amouda, selon un militant sur place.

Pour plus d’efficacité dans sa lutte contre le régime, l’opposition a décidé d’unifier ses rangs en créant une coalition, «l’Instance générale de la révolution syrienne». Celle-ci est le fruit de la fusion de 44 groupes et comités de coordination qui animent depuis cinq mois la contestation en Syrie.

Nouvelles sanctions de l’UE

A Bruxelles, une réunion des ambassadeurs européens était prévue vendredi pour décider de nouvelles sanctions. Elles pourraient se traduire par un embargo des importations de pétrole syrien, a-t-on appris de source diplomatique européenne.

Si les mesures punitives prises par Washington ont peu d’effets sur Damas puisque les relations commerciales étaient déjà quasiment inexistantes, il n’en est pas de même pour l’Europe. Cette dernière achète en effet 95% du pétrole exporté par la Syrie, ce qui représente un tiers des recettes du pays.

En outre, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et le Portugal ont annoncé jeudi vouloir obtenir une résolution de l’ONU imposant des sanctions, en particulier un embargo sur les armes, un gel des avoirs syriens et une interdiction de voyage pour certains responsables.

Moscou soutient Damas

Face à cette avalanche de mauvaises nouvelles, Damas a obtenu vendredi le soutien de la Russie, qui dispose d’un droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU. Moscou a estimé que le président syrien avait besoin de temps pour mettre en place les réformes promises.

Indépendamment des débats sur les sanctions, une mission humanitaire de l’ONU doit se rendre en Syrie dans les prochains jours pour témoigner de la répression par Damas du mouvement de contestation, a annoncé le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha).

 


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