Édition du
29 July 2017

Zenga, Zenga…

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El Watan le 20.08.11

Ce fut le refrain assassin d’un «guide» encore maître des lieux en Libye qui promettant de suivre les «rats» rebelles où qu’ils soient et dans tous les coins et recoins du pays. Désormais, ce tube du printemps arabe, qui passe en boucle sur les chaînes d’info en continu, amuse plus qu’il n’apeure ces milliers de volontaires libyens qui ont enfilé l’uniforme de soldat pour aller déloger un homme délirant qui fait du pouvoir une lubie ad vitam æternam. Eh oui, ironie du sort, ce sont les rebelles venus de la lointaine Benghazi, ayant traversé le désert, qui cherchent maison après maison «zenga, zenga», El Gueddafi et ses sbires. Et ils y sont presque. Retranché dans son bunker à Bab Al Azizia, le chef déclinant a, dans une pitoyable posture, appelé ses partisans résiduels à prendre les armes pour «libérer la Libye de ses traîtres», (comprendre des rebelles).

Un appel qui résonne comme un chant de cygne, un appel de détresse d’un homme seul qui s’apprête à subir une fin sans gloire comme celle de ces chefs d’Etat détestables dont on ne retient que la poltronnerie et l’ignominie. Cerné à l’est et à l’ouest, ayant perdu les sources d’approvisionnement en carburant depuis la zone pétrolière de Brega, El Gueddafi sait désormais que son heure approche. Il sait qu’il ne pourra plus bomber le torse et «chosifier» ses compatriotes qui le combattent en ce mois sacré du Ramadhan pour le déloger de Tripoli. Alors, ultime lueur de lucidité passagère, il a appelé ce jeudi via son Premier ministre, Baghdadi Mahmoudi, à «un cessez-le-feu immédiat» et à un dialogue avec le CNT.

Malade du pouvoir, El Gueddafi souhaite encore sauver sa tête, puisque son plan ne prévoyait pas son départ…
Mais au-delà de cet attachement atavique au pouvoir, vouloir dialoguer avec ceux qu’il qualifiait, il y a encore quelques jours, de «rats» et de «traîtres», traduit tout le drame existentiel du guide irrémédiablement déboussolé.Au sommet de sa force, El Gueddafi promettait l’enfer à ses contradicteurs, sur un ton sec et menaçant, accompagné de gestes fermes. Mais entre temps, le vent a tourné et le rapport de force avec. Le «roi des rois d’Afrique» n’est même plus souverain à quelques kilomètres de sa forteresse de Tripoli. Puissamment armés de courage et de bravoure, des milliers de Libyens dignes défient la machine de guerre du régime. Chaque jour, ils plantent leur drapeau au fronton d’une nouvelle ville libérée. Un rituel depuis le début de la longue marche pour la liberté entreprise depuis Benghazi. Et El Gueddafi ne pourra pas arrêter cette marche de l’histoire. Les Libyens libres le chercheront zenga, zenga…!

Hassan Moali

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8 Commentaires sur cet article

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  • abon
    20 août 2011 at 17 h 40 min - Reply

    Quelque soit le contexte, je souhaite de tout cœur que l’avenir vous donne raison. Pour ma part je le vois très Sombre.
    Saha ftourkoum.




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  • Nazim
    20 août 2011 at 19 h 34 min - Reply

    @abon
    Je partage largement vos appréhensions concernant l’avenir de ce pays voisin et «frère».
    Déjà, Il est facile d’imaginer la situation que doit endurer la population de Tripoli en ce moment : Pluie de bombes déversées continuellement par l’Otan, pas de ramassage d’ordures, pénurie alimentaire… et impossible de fuir, les «frères» combattants de la liberté sont aux portes de la ville.
    À court terme, beaucoup serviront de« trophée» pour l’Aïd El-Fitr.
    À moyen terme, les survivants tiendront lieu d’exemples et de boucs émissaires aux nouveaux maitres du pays.
    À long terme, les enfants et les enfants des enfants seront régis ad-vitam aeternam par une constitution déjà prête et dont j’ai précédemment souligné les dangers et les restrictions, dans un commentaire qui n’a malheureusement pas franchi les filtres de la censure (je souhaite que celui-ci aura plus de chance).
    Tout comme vous @abon, je souhaite me tromper et que tout ceci débouchera sur un avenir radieux pour tous.

    ================================
    Oui Monsieur, les filtres de la censure ne permettent pas de laisser passer des commentaires qui insultent nos frères (sans guillemets, car ce sont nos frères) qui luttent héroïquement contre la dictature sanguinaire du fou de Tripoli et de ses fils. Notre ligne éditoriale est ainsi. Et nous n’avons pas besoin des réseaux Outre-Méditerranée pour nous expliquer ce qu’est une résistance populaire et une dictature.
    Cordialement.
    Salah-Eddine SIDHOUM




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  • sharif hussein
    20 août 2011 at 21 h 06 min - Reply

    Exclusif : un bataillon de combattants du Polisario revient de Libye.

    Selon des informations fiables recueillies par « Polisario Confidentiel » auprès d’un haut dirigeant du Front , près d’une centaine de combattants envoyés pour prêter main forte à Mouammar Kadhafi seraient rentrés à Tindouf dans la nuit de vendredi dernier, empruntant la voie terrestre et escortés par l’armée algérienne.
    Fourbus, épuisés par plusieurs semaines de combat intensif, ces mercenaires sont venus se reposer quelques jours avant de repartir auprès du guide de la révolution libyenne, qui les rémunère à hauteur de 500 dollars américains par jour.
    Selon le commandement unifié de l’OTAN, dans un rapport confidentiel dévoilé par le journal anglais Daily Telegraph, ce serait plusieurs milliers de soldats du Polisario qui se seraient rendus en Libye auprès de Kadhafi, et ce avec l’assentiment de l’armée algérienne qui les a assistés pour traverser la frontière via un corridor discret et sécurisé. Selon les informations qui ont pu être recueillies auprès du bataillon de combattants du Polisario qui viennent de revenir de Tripoli, ils seraient encore près de 2500 sahraouis de Tindouf à encore officier pour la protection de la capitale Libyenne, désormais encerclée par les rebelles. Les militaires algériens qui escortaient le bataillon du Polisario seraient quant à eux rémunérés « entre 5000 et 10 000 dollars US » pour chaque convoi qu’ils escortent jusqu’à la frontière libyenne, toujours selon la même source. Cependant, les militaires algériens s’inquièteraient du fait que la communauté internationale ait menacé Alger de sanctions si jamais des éléments matériels de sa collaboration avec Kadhafi venaient à être rendus publics. Les militaires ont ainsi conservé les cartes d’identité des combattants du Polisario, promettant de leur rendre « dès leur retour ». L’autre facteur d’inquiétude croissant des algériens est la naissance d’un trafic d’armes libyennes en direction du sahel et d’Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) , auquel participerait une faction du Polisario qui connaît les chemins du désert.

    Source:Polisario Confidentiel.




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  • still
    20 août 2011 at 22 h 09 min - Reply

    Dans une compagne tous azimut ,beaucoup de conpatriotes sont mobilises pour denigrer le Printemps Arabe dans le but d’avorter l’espoir d’une revolte en Algerie.Combien ils sont payes? Allah ya3lem.




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  • raxier666
    21 août 2011 at 2 h 49 min - Reply

    @nazim: c ‘est tres revelateur ce que tu expose, d’ autant plus que l’ armée algerienne a deja utilisé ces memes methodes lors de la guerre initié par haouari boumediene contre le maroc, des commandos algeriens penetraient la nuit au maroc avec des pieces d’ identirés sahraouis, dressaient des embuscades et retournaient au bercail au petit matin.




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  • elforkan
    21 août 2011 at 14 h 18 min - Reply

    @ tous les pessimistes ( et je m’excuse) qui craignent pour l’avenir (post révolutionnaire) des Libyens………je ne pense pas qu’il serait pire que leur présent avec le Kadhafi, et d’ailleurs serait-il croyable de penser que ça existerait pire situation que l’actuelle ! wallahi ça n’existe pas !!

    ….et même si ça existerait, l’essentiel et que chaque dictateur (et sa clique) doit payer, et si d’autres les remplaceront, hé bien , à leur tour, ils payeront et ainsi de suite….
    Et pour terminer je prie Allah en ce mois sacré du Ramadhan de maudire tous ceux qui sont au commandes et n’ont pas été choisi par le peuple, Qu’Allah les pulvérise eux, et les leurs et qu’il fasse que le cancer s’interposera entre les jouissances de ce bas monde et le magot qu’ils ont volé ….
    لعنة الله على من تولى أمرنا
    و خان الأمنة و نهب الأموالنا
    قسم الله ضهورهم و أذلهم و أخزاهم..من رئيس الجمهورية …..الى رئيس البلادية.




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  • elforkan
    21 août 2011 at 17 h 54 min - Reply

    @ sharif hocein
    « près d’une centaine de combattants envoyés pour prêter main forte à Mouammar Kadhafi.. »
    SVP ne me faites pas rire !! n’est pas combattant qui veut!! les types du POLISARIO chez eux au sahara, il n’y a que leurs femmes qui sortent manifester et les hommes où est ce qu’ils sont ??????
    Le sahara occidental n’est pas notre problème et celui qui veut libérer ce territoire, il n’a qu’à envoyer ses enfants, et s’il n’a pas d’enfants, qu’il aille lui même nous montrer sa bravoure et son courage, quant au courage dans QG climatisés et loin du baroud, nous sommes tous courageux !!!




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  • Nazim
    21 août 2011 at 21 h 01 min - Reply

    Aux débuts de l’intervention de l’Otan en Lybie, on nous laissait entendre que ce n’était qu’une question de jours et que les rebelles (pour les uns) ou combattants de la liberté (pour les autres) étaient déjà quasiment aux portes de Tripoli. 6 mois de bombardements et de tueries de part et d’autre plus tard, on nous annonce (El-Jazeera, AFP, BBC et CNN notamment) que Tripoli est sur le point de tomber.
    Cela fait-il partie de l’excitation journalistique et propagandiste habituellement observée dans ce type de situation ? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non.
    Personnellement, j’ai tendance à penser que l’on se rapproche effectivement de la défaite militaire de Khaddafi et de ses troupes. Ce qui, soit dit en passant, ferait toujours un despote de moins et ça ce n’est pas une mauvaise nouvelle.
    Le «rat» (c’est ainsi que Khaddafi est désigné dans beaucoup de commentaires de LQA) éliminé, ça sera au tour du « lapin» de Syrie (d’ailleurs la symphonie médiatique qui va dans ce sens, commence à se faire entendre de plus en plus fort).
    Peut-être aussi, que les prochains seront les autocrates-spoliateurs qui nous dirigent (il faudra leur trouver à eux aussi : un nom de rongeur). Ils n’auront que ce qu’ils méritent. Et, «kama toudine toudane», ils méritent tous de finir dans l’humiliation. Une chose est sure : moins il y a d’oppresseurs et d’illuminés, mieux le monde se portera.
    Cependant, ma pensée va surtout aux différents peuples concernés. Et quand je lis les déclarations comme celles du dénommé Jalloud (un futur dirigeant) s’adressant aux tribus récalcitrantes de Lybie «…Reniez ce tyran car il va partir et vous aurez à supporter son héritage », je ne trouve pas tout ça très rassurant.
    PS. À M. Salah-Eddine SIDHOUM, Je suis très déçu que vous ayez pensé que j’ai pu tenir des propos «insultants» dans certains de mes commentaires censurés. C’est vrai que mes propos ne vont pas toujours dans le sens du poil, que parfois ils peuvent heurter votre «ligne éditoriale», mais jamais, au grand jamais je ne permettrais d’insulter qui que ce soit. Ça ne fait pas partie de mon éducation. En revanche, j’apprécie beaucoup les débats contradictoires et je déteste souverainement l’uniformité, l’unanimisme, le suivisme et le «Beni-oui-ouisme». Je m’efforce toujours de réfléchir avant de gober une «vérité». Je sais aussi faire la différence entre «discuter» et «se disputer», entre «l’insulte» et «la critique constructive».
    Cordialement et fraternellement.




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