Édition du
28 March 2017

Le cinquantième anniversaire de l’arrivée de Ben Khedda à la tête du GPRA.

Par Ait Benali BoubekeurLe remaniement du GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne), il y a de cela cinquante ans, ne fut pas une nécessité impérieuse. De l’avis des spécialistes, la nouvelle équipe ne changea pas de stratégie. Bien que les mauvaises langues aient prêté à Ben Khedda son intention de gauchiser davantage le FLN, la difficulté effective se trouva ailleurs. En effet, les dissensions à la tête de la révolution handicapèrent le fonctionnement normal des institutions provisoires. Avant le remaniement, le prédécesseur de Ben Khedda, Ferhat Abbas, avait été décrié et contesté par l’EMG (État-major général), dirigé par Houari Boumediene. Deux mois plus tôt, un incident (la capture d’un pilote français par l’EMG) avait provoqué un différend entre le GPRA et l’EMG. A l’injonction du GPRA de restituer le pilote aux autorités tunisiennes, l’incident s’étant déroulé sur le territoire tunisien, l’EMG avait récusé l’ordre avant de s’incliner quelques jours plus tard. Et cet incident n’était qu’une goutte débordant le vase. La vraie crise était celle qui opposait le GPRA et l’EMG sur  la politique militaire du gouvernement. En effet, les tentatives de l’EMG de contrôler, à partir de l’extérieur, les wilayas intérieures furent le point d’achoppement des discussions. Initialement mis sous la tutelle du CIG (Comité Interministériel de la Guerre), l’EMG finit par écraser ce comité dans le premier temps et le GPRA dans le second temps. Cela dit, bien que   la création de l’EMG réponde à la nécessite de diminuer la multiplication des tensions aux frontières, cet organisme visait le pouvoir tout court. Selon Mohamed Harbi, dans « FLN, mirage et réalité », la prise des fonctions de l’EMG, le 23 janvier 1960, avait intervenu dans une phase de reflux. Pour remédier à cette situation, l’EMG recourut sans vergogne à la contrainte. Cette dernière, hélas, fit éloigner cette armée de sa structure initiale : l’armée de paysans. Désormais, il devint une armée classique sous la houlette de Boumediene. D’après Mohamed Harbi : « Les unités cantonnées aux frontières tunisiennes sont l’objet de soins particuliers de la part de l’état-major. Elles sont, avant l’heure, l’embryon de l’Etat futur et donneront à la future armée nationale populaire (ANP) la quasi-totalité de ses chefs ». Néanmoins, avant de s’emparer des rennes du pouvoir, l’EMG n’entendit pas se substituer aux personnalités compétentes en vue de mener la bataille diplomatique. C’est dans ce contexte que fut convoqué le CNRA (Conseil National de la Révolution Algérienne), du 9 au 27 août 1961. Lors de ces travaux, l’EMG défendit le principe de la création d’un organisme distinct du GPRA pour mener les négociations. Bien que ce dernier ait été reconnu par la quasi-totalité ou peu s’en faut des pays, sa remise en cause venait des rangs de la révolution. Ainsi, avant la session, l’EMG avait peaufiné sa stratégie. D’après Mohamed Harbi : « Dans un ordre du jour, en présence de Houari Boumediene cachant son regard derrière d’épaisses lunettes noires, le commandant Ali Mendjli exhorte les officiers « à donner une leçon » au gouvernement ». Lors des débats en plénière, les attaques contre le GPRA furent légion. Les membres de l’EMG accusèrent, sans preuves, le gouvernement de chercher une solution de type néocolonialiste. Evitant de se donner en spectacle, les membres du CNRA ne suivirent pas l’EMG dans son délire. Ne faisant plus l’unanimité, Ferhat Abbas fut évincé. Krim Belkacem tenta de lui succéder. Ce fut sans résultat. Ben Tobbal et Boussouf s’y opposèrent fermement. Car il y avait entre eux, les 3B, une sorte de contrat non écrit : ils étaient d’accord entre eux  pour partager le pouvoir. Mais aucun ne pouvait prendre le pas sur les deux autres. Du coup, le choix fut porté sur Ben Khedda. Ainsi, il y a 50 ans, l’allié d’Abane Ramdane au premier CCE (Comité de Coordination et d’exécution), devint le deuxième président du GPRA. Hélas, ce choix ne permit pas d’apaiser les tensions entre le GPRA et l’EMG. En effet, en signe de désapprobation, les membres de l’EMG quittèrent la session du CNRA avant la clôture de ses travaux. Bien qu’il ne reçoive pas beaucoup de coups des congressistes, le plus dur  vint de l’un de ses membres. Selon Mohamed Harbi : « Pris de cours par les manœuvres de ses adversaires, s’estimant dupé par Ben Khedda, l’état-major doit encore affronter l’initiative de l’un de ses membres, le commandant Azzedine qui propose le retour de la direction  de l’armée en Algérie. Le terrain de la discussion est déplacé. On pourra dire que la politique de l’EMG vis-à-vis du gouvernement est dictée par sa crainte de regagner le territoire national ». Cependant, le défi du gouvernement fut double. Le premier fut le maintien de la cohésion de la révolution. Il ne fallait pas que les maquisards intérieurs soient affectés par ces tiraillements. Le second consistait à amener les membres de l’EMG à se soumettre à la politique gouvernementale. Du coup, la stratégie de Ben Khedda fut de revenir au schéma de 1958 avec l’expérience des COMs. Avait-il les moyens de mettre en œuvre son plan ? Le rapport de force, et c’est le moins que l’on puisse dire, n’était pas en sa faveur. Ainsi, lors de sa visite à Ghardimaou, la direction provisoire de l’EMG lui réserva un accueil glacial. La détermination des membres de l’EMG de laisser telle quelle  l’organisation finit par apporter ses fruits. Tout compte fait, Ben Khedda n’insista pas. Pour autant, il ne s’y résigna pas. Conscient du danger minant la révolution, Ben Khedda tenta de gagner les wilayas à ses vues. Il enjoignit, dans une note du 27 septembre 1961, aux chefs intérieurs de « cesser tout rapport avec l’état-major ». Cette tactique ne fut pas payante. En novembre 1961, il ne subsista plus de doute sur la victoire de l’EMG sur le GPRA. Le terrain étant balisé, Boumediene et ses adjoints rentrèrent juste après d’Allemagne. Ils rejoignirent du coup la base de Ghardimaou. Mohamed Harbi résume la suite en notant à juste titre : « Dans leur écrasante majorité, les officiers comprennent dès lors que selon le mot de l’un d’eux, « jouer le GPRA, c’est se retrouver dans le camp des perdants ». Cependant, à l’approche de la reprise des négociations, le GPRA tenta timidement de reprendre la main. Pour l’heure, l’EMG, bien qu’il ait été conscient de sa puissance, se limita à une simple opposition. Pour gêner l’action du GPRA, il n’hésita pas à créer des services parallèles à ceux du gouvernement. « A Tunis, les services d’information sont animés par le capitaine Ferhat qui s’installe dans un café proche du ministère de l’information et agit en concurrent de M’hamed Yazid », écrit Mohamed Harbi. Par conséquent, l’ouverture des négociations intervint sur fond de division. Bien que la France guette la moindre erreur à exploiter, le GPRA a su taire les divergences en vue de permettre au peuple algérien de recouvrer son indépendance. En ce sens, les négociateurs eurent une tâche doublement difficile. Pendant toute la période de négociation, ils travaillèrent sous pression. Beaucoup craignirent la rencontre du CNRA pour entériner les accords. Après le cessez-le-feu,  la plupart cédèrent la place. Saad Dahlab fut un cas illustrant. Et cela anticipa la prise du pouvoir par l’EMG rejoint par Ben Bella, une devanture civile. En conclusion, le troisième GPRA, présidé par Ben Khedda, a honoré sa mission. Cinquante ans après, ses efforts sont indéniables. La jeune génération doit reconnaitre la valeur de ces hommes ayant permis à l’Algérie de vivre dans la souveraineté. 

 

 


Nombre de lectures : 2802
6 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • Mokdad
    30 août 2011 at 18 h 14 min - Reply

    Salam Saha Aidkoum

    Passage d’une conférence donnée par feu Benyoucef Benkhedda à l’occasion du :
    43e Anniversaire du GPRA
    19 septembre 1958 – 19 septembre 2001

    Par Benyoucef BENKHEDDA

    Bismillah

    Il y a 43 ans, le 19 septembre 1958, naquit le GPRA (gouvernement provisoire de la République algérienne) au Caire, capitale du monde arabe.

    Je vous ferais grâce d’un historique détaillé du GPRA ; le sujet étant vaste et le temps dévolu court je me limiterai à la période où j’avais été appelé à la présidence de cette instance, qui s’étend de septembre 1961 à l’indépendance en juillet 1962.

    A la succession de Ferhat Abbas à la tête du GPRA, nous devions faire face à deux problèmes majeurs qui se sont imposés autant par leur urgence que par leur impor-tance :

    – les négociations avec de Gaulle interrompues depuis deux mois,
    – le conflit avec l’Etat-major général (EMG) de l’ALN qui commençait à se manifester.

    Fallait-il affronter ces deux problèmes simultanément , Ou donner la priorité à l’un d’eux ?

    Les affronter simultanément ? Dans ce cas un conflit armé avec l’Etat-major n’était pas à écarter, et surtout que nous n’étions pas sûrs de la fidélité des troupes de l’ALN des frontières, soumises depuis plusieurs mois à une campagne de dénigrement et de propagande contre le GPRA.

    De plus, quelle qu’en fut l’issue, cela nous aurait terriblement affaiblis dans notre position face à l’adversaire français avec lequel nous étions en pourparlers. Notre force première étant l’unité de la Révolution surtout l’unité de la direction FLN-ALN, fut-elle de façade ; ç’eût été l’échec, et nous n’avions alors aucune solution de rechange.

    Nous donnâmes donc la priorité aux négociations qui pour nous engageaient di-rectement l’avenir de la Nation, tout en gardant l’espoir qu’une solution au conflit avec l’EMG pouvait être trouvée ultérieurement avec la libération des « cinq » ministres déte-nus en France .

    La bataille du tapis vert

    La bataille du tapis vert est aussi redoutable que la bataille armée. Elle a ses lois, ses objectifs, sa stratégie, sa tactique. L’ennemi peut les utiliser pour diviser, démo-raliser, manipuler, développer l’esprit de compromis et de capitulation. D’autant que l’histoire de la colonisation abonde d’exemples de cessez-le-feu violés, de traités de paix déchirés, d’engagements non tenus dont les peuples colonisés ont fait les frais.

    Nous devions faire preuve d’une vigilance extrême dans cette bataille décisive. Il fallait coûte que coûte éviter la division, face à un adversaire puissant qui combinait les moyens militaires aux moyens psychologiques et politiques. Aucune faille n’était permise chez le peuple et les cadres appelés par la suite à appliquer le cessez-le-feu et surtout au niveau du sommet. Le soucis d’associer les « cinq » ministres à la négociation et d’obtenir à la fois leur libération et leur accord a été une constante au GPRA. Aussi avons-nous veillé à les tenir informés pour préserver une position commune et l’unité des rangs.

    L’appel aux armes du Premier novembre 1954 n’a jamais fermé la porte aux négociations, bien au contraire. Les contacts entre le FLN et le gouvernement français ont d’abord étaient secrets, depuis la rencontre Abane-Ben Khedda, en 1956 à Alger, avec l’envoyé de Pierre Mendès-France, l’avocat Maître Charles Verny, jusqu’aux accords d’Evian rendus publics le 19 mars 1962 revêtus des signatures de Krim et de Joxe, en passant par les entretiens, à Rome, entre d’une part Mohammed Khider, Abderrahmane Kiouane et M’hammed Yazid représentant le FLN, et Commin et Herbaut représentant le gouvernement de Guy Mollet d’autre part. Commin, secrétaire général par intérim de la SFIO avait eu un seul contact avec Khider au Caire. A Belgrade, Khider et Debbaghine ont eu une rencontre avec Herbaut. Tous ces contacts eurent lieu en 1956.

    Mais les négociations officielles débuteront en février 1961 et se poursuivront pendant plus d’an, jusqu’au 19 mars 1962, et même au-delà.

    C’est avec l’arrivée de de Gaulle au pouvoir et son discours sur l’autodétermination – 16 septembre 1960 – que le conflit algéro-français prend une nou-velle tournure…. A suivre




    0
  • Mokdad
    30 août 2011 at 18 h 19 min - Reply

    Suite conférence
    43e Anniversaire du GPRA
    19 septembre 1958 – 19 septembre 2001

    Par Benyoucef BENKHEDDA
    Divergences algéro-françaises

    Le lutte héroïque de notre peuple conjuguée à la pression internationale a mis de Gaulle dans l’obligation de proposer des mesures concrètes pour tenter de résoudre le conflit algérien qui coûtait de plus en plus cher à la France (1000 milliards/an) et la me-naçait dans son unité nationale même.
    Pour de Gaulle c’est l’autodétermination, c’est à dire l’organisation d’un réfé-rendum portant sur trois options : l’indépendance, l’association, la francisation.

    De Gaulle, tout en rejetant l’indépendance et la francisation, choisit l’association « le gouvernement des Algériens par les Algériens en union étroite avec elle (la France) pour l’économie, l’enseignement, la défense, les relations internationales ». C’est l’autonomie interne, c’est-à-dire la souveraineté limitée. Comme si cette limitation ne suffisait pas, il va encore plus loin et fractionne la nation en une mosaïque d’ethnies. Il conçoit des régions autonomes sur la base de communautés ethniques de régime du type fédéral « afin, dit-il, que les communautés diverses, française, arabe, kabyle, mozabite, etc., qui cohabitent dans le pays, y trouvent des garanties quant à leur vie propre et un cadre pour leur coopération ». C’est le régime fédéral qui aboutit en fait au morcellement de l’Algérie.

    A ce concept diviseur, le GPRA oppose celui de la nation algérienne formée d’un même peuple, façonnée depuis des siècles par une histoire et une culture arabo-islamique communes qui ont donné à l’Algérie son vrai visage et sa personnalité renforcée dans la lutte anticolonialiste. Aux côtés de ce peuple, une communauté dominante : la minorité européenne.
    Pour le GPRA Celle-ci ne doit pas être un prétexte pour le maintient des privi-lèges coloniaux. Ce problème doit être réglé dans le cadre d’un état algérien unitaire. De Gaulle brandi en outre la menace de la partition au cas où les Algériens se prononceraient pour l’indépendance. Il envisage pour les Européens des « zones » pour leur « re-groupement et leur établissement ». De plus la France garderait le Sahara ainsi que toute l’infrastructure pétrolière. « Toutes dispositions seraient prises pour que l’exploitation, l’acheminement, l’embarquement du pétrole saharien qui sont l’œuvre de la France et intéressent tout l’Occident, soient assurés quoiqu’il arrive » déclare de Gaulle. Ce pétrole va prolonger la guerre de trois ans.

    Pour l’autodétermination et son organisation ce sont « toutes les tendances poli-tiques » qui seraient représentées: MNA, PCA et autres formations et personnalités di-verses. C’est l’idée de « table ronde » qui est reprise et la non-reconnaissance du principe du FLN « représentant unique de la Résistance » .

    Le désaccord est profond entre la conception gaulliste de l’autodétermination et celle du GPRA. Pour ce dernier, il y a des conditions politiques et militaires à remplir avant d’arriver à l’autodétermination. Il faut qu’il y ait cessez-le-feu d’abord, et le ces-sez-le-feu ne peut se concevoir sans l’accord préalable sur ses conditions.

    Les premiers contacts entre délégués français et délégués du GPRA se solderont par l’échec de Melun (25/29 juin 1960) où de Gaulle demande ni plus ni moins la capitu-lation de l’ALN, rejetée ipso facto par le GPRA. Mais c’est en décembre 1960 à la suite des manifestations monstres d’Alger et des grandes villes sous la bannière du FLN que les français sont contraints à s’asseoir de nouveau à la table des négociations pour des discussions sérieuses avec le FLN. Commencées à Lucerne en Suisse le 20 février 1961, c-à-d deux mois après ces événements historiques, elles feront apparaître des divergences fondamentales entre les deux délégations dont voici l’essentiel:

    Pour la partie française, l’ordre public demeure toujours assuré par les forces françaises, « Le Sahara ? Pas question, réplique Pompidou aux délégués du GPRA ; il ajoute : « Le Sahara, c’est une mer, elle a ses riverains ; l’Algérie, c’est un de ses riverains et la France se doit de les consulter tous ». Le problème de l’armée française est laissé à part ; Mers-El-Kébir est revendiqué comme propriété française, à l’image de Gibraltar, enclave britannique en territoire espagnol. De Gaulle ne veut pas entendre parler « guerre », pas plus que de « cessez-le-feu », mais de « trêve ». Une fois la trêve négo-ciée, dit-il, il y aurait une déclaration du gouvernement suivie de celle du GPRA con-damnant le « terrorisme » « ou tout acte de violence ». Les « cinq » ministres emprison-nés seraient libérés alors et participeraient aux négociations.

    Le GPRA refuse de discuter séparément du cessez-le-feu et des garanties d’application de l’autodétermination. Il ne veut pas réitérer Melun. Il rejette la « trêve » qui est la cessation des actions militaires entre deux parties, tandis que le cessez-le-feu règle au préalable les problèmes politiques et militaires, et n’est que l’aboutissement de discussions plus ou moins longues. Il repousse l’idée des « tendances » qui est un moyen de division afin d’isoler le FLN et rejette naturellement la partition du territoire.

    A Lucerne, donc, divergences profondes sur l’état algérien, que l’on peut résu-mer ainsi.

    De Gaulle GPRA

    Autonomie interne Pleine souveraineté,

    Algérie amputée du Sahara Intégrité du

    territoire, Sahara compris,

    Morcellement de l’Algérie
    en ethnies Unité de la nation

    algérienne : il n’y a pas

    deux peuples mais un seul,
    de culture arabo-islamique, et
    une minorité européenne
    étrangère,

    Table ronde Le FLN, interlocuteur unique,

    Trêve Cessez-le-feu.

    Ainsi apparaît la conception gaulliste de « l’association » : une Algérie amputée de son Sahara, avec une présence militaire française gardienne des privilèges économiques de la France et de ceux de la minorité française . De là découle le sort de cette minorité à laquelle de Gaulle réclame la double nationalité : algérienne et française, et rejetée sur-le-champ par le GPRA.

    On a prétendu que les accords d’Evian contenaient des dispositions secrètes. J’affirme qu’il n’y a jamais eu de clauses secrètes entre le GPRA et le gouvernement français. Ces accords ont paru intégralement et publiquement le 19 mars 1962. J’ai pu-blié un démenti à ce propos ainsi que M’hammed Yazid membre du GPRA et Réda Malek ancien Premier ministre qui ont participé tous les deux aux négociations. (Cf. Le Matin du 24 octobre 1997).

    Si après l’indépendance, le gouvernement algérien a signé un quelconque accord sur les armes chimiques et bactériologiques c’est à lui de répondre et de donner des explications.

    En fin de compte, ne cessons pas de le rappeler : les négociations se sont terminées par une grande victoire pour l’Algérie : l’indépendance dans l’intégrité territoriale …. A suivre




    0
  • BRAHIM
    30 août 2011 at 19 h 54 min - Reply

    Benyoucef BENKHEDDA, voilà aussi un GRAND HOMME que les fossoyeurs de l’Algérie ont gommé.
    Que Dieu vous maudissent ! comme dis un chanteur …




    0
  • Mokdad
    30 août 2011 at 20 h 23 min - Reply

    Suite et fin de la
    conférence
    43e Anniversaire du GPRA
    19 septembre 1958 – 19 septembre 2001

    Une grande victoire

    L’ennemi n’a pas digéré à ce jour la « perte » de l’Algérie, une de ses plus grandes défaites, qu’il se garde bien d’avouer ou de reconnaître publiquement. Notre victoire sur lui fut une victoire éclatante, et l’une des plus glorieuses de notre histoire. Elle peut être une leçon pour tout le monde : celle d’un petit peuple, qui réussit à triom-pher d’une grande puissance moderne parce que sa cause était juste et qu’il était uni. Que cette grande puissance ait mobilisé l’immense supériorité de son potentiel humain, matériel, militaire et financier, qu’elle ait bénéficié de l’appui sans réserve de l’Occident et des quinze Etats membres de l’OTAN, ne changera rien au succès du peuple algérien. Sa victoire, on ne le répètera jamais assez, s’est terminée par le retrait d’une armée d’occupation de 500 000 hommes appuyés par 200 000 supplétifs ( soit environ un soldat pour huit Algériens). Elle a acculé un million d’Européens enracinés dans le pays depuis plus d’un siècle à un départ massif vers la France. Surtout, elle a contraint la France à reconnaître solennellement à l’Algérie sa souveraineté nationale dans le cadre de son intégrité territoriale, Sahara compris.

    Tout cela est prodigieux, et doit constituer une source d’enrichissement et de fierté pour chaque Algérien. Tout cela honore notre mémoire collective. C’est un patri-moine moral exceptionnel qui consolide la nation et ses valeurs patriotiques.

    Une victoire mal gérée

    A l’indépendance, l’Algérie dispose de cinq atouts majeurs pour son dévelop-pement :

    – le Sahara et ses immenses richesses,
    – la souveraineté nationale qui lui permet d’opter pour un choix de développe-ment,
    – un prestige international sans pareil,
    – un peuple uni, prêt à se lancer dans la bataille du développement,
    – un sens du civisme et de la morale très élevé.

    Quel a été le bilan de quarante années d’indépendance ?

    Le Sahara pourvoyeuse de devises qui nous a permis de survivre est en passe de nous échapper au profit des grandes sociétés transnationales ; l’Algérien du Nord ren-contre les pires difficultés pour s’y rendre, comme si la partition du territoire national était un fait acquis.

    La souveraineté nationale se perd au profit des grandes puissances et leurs ins-truments de domination mondiale : le FMI et autres instances internationales qui nous humilient et nous imposent leurs diktats.

    Notre prestige à l’étranger est au plus bas et nous continuons à traîner à l’arrière du cortège des nations en voie de développement.

    Le peuple quant à lui, uni et discipliné en 1962, est plus divisé que jamais. Le virus du régionalisme a fait sa réapparition à un point tel que certains poussent l’outrecuidance jusqu’à réclamer l’autonomie de leur province, encouragés dans la voie du séparatisme par l’ancienne puissance coloniale. A l’heure de la mondialisation et alors que l’Union Européenne poursuit sa consolidation, ces gens-là veulent nous faire marcher à reculons et nous plonger dans la régression. L’affaiblissement des valeurs islamiques a donné lieu à l’exaltation du particularisme narcissique.

    Un coup terrible a été donné à l’unité nationale. C’est grâce à cette unité natio-nale que la victoire de l’indépendance a été acquise. Nos ancêtres ont perdu la guerre contre l’occupant colonial parce qu’ils ont lutté en ordre dispersé ; malgré leur héroïsme et leurs immenses sacrifices, ils ont été défaits. A aucun moment ils n’ont opposé un front commun à l’ennemi. Seul le FLN, en faisant appel à tous les Algériens sans distinction de région, d’origine, de classe, ou de parti, a pu unifier les rangs de la Révolution et libérer la patrie.

    L’Islam a été le ciment de l’Union. C’est parce que nous avons évacué de nos pensées et de nos actes les valeurs morales et spirituelles de l’Islam que nous avons perdu la bataille du développement. Le mobile matériel est devenu la seule finalité de l’existence. Nous nous sommes éloignés de la Proclamation du Premier novembre 1954 et du message légué par nos chouhadas :

    « L’Etat algérien souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques »

    L’Islam enseigne que l’Homme, qu’il soit Arabe, Berbère ou de toute origine est d’essence divine et que le respect de la personne humaine est un principe sacré.

    « O hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle ; nous vous avons répartis en peuples et en tribus. Le plus noble d’entre vous auprès de Dieu est le plus pieux. Dieu est omniscient, en vérité, et bien informé » (Le Coran, Sourate Al-hujurât).

    Si l’Algérie est aujourd’hui endeuillée par 10 ans de guerre civile ; 200 000 morts et des milliers de disparus, nous en sommes tous responsables, les uns et les autres, chacun à son niveau ; la plus grande responsabilité incombe cependant aux régimes et aux hommes qui nous ont gouvernés depuis 1962.

    Je n’ai pas de solution miracle à proposer à la sortie de la crise que nous vivons ; je pense néanmoins qu’il faut arrêter coûte que coûte l’effusion de sang sur le terrain dans l’immédiat et que toute solution passe d’abord par le redressement de nos valeurs morales et spirituelles islamiques qui s’opposent à la désintégration de la société.

    Avant de terminer, permettez-moi d’avoir une pensée pour les enfants de l’Intifada et le peuple palestinien qui luttent pour leur survie.

    Qui mieux que le peuple algérien comprend les souffrances du peuple palesti-nien livré à lui-même, face à l’armada sioniste et qui subit une véritable guerre d’extermination de la part de l’Etat raciste d’Israël avec le soutien inconditionnel des Etats-Unis.

    Colonie de peuplement à l’image de « l’Algérie fran,çaise », la Palestine martyre et le combat héroïque qu’elle mène n’est pas sans rappeler la guerre coloniale sanglante menée par la France en Algérie avec ses exactions et sa répression féroce : assassinats d’enfants, extermination des chefs, tortures, violation flagrantes des droits de l’homme, politique de la terre brûlée…

    Mais nous disons à nos frères palestiniens : Patientez et persévérez dans votre combat contre l’oppresseur, restez unis car aucune force au monde ne peut venir à bout d’un peuple qui lutte pour une cause juste. C’est la grande leçon de la Révolution algé-rienne.




    0
  • Le cinquantième anniversaire de l’arrivée de Ben Khedda à la tête du GPRA.
    31 août 2011 at 16 h 05 min - Reply

    […] Le Quotidien d’Algérie Tags: anniversaire, cinquantième, GPRA., Khedda, l’arrivée, tête […]




    0
  • Badis
    2 septembre 2011 at 18 h 28 min - Reply

    Salamo 3likoum,
    Saha 3idkoum,
    C’est un homme qui mérite tout le respect pour son courage et son intégrité. Il a pu eviter la guerre civile pour l’algerie en 1962.
    Avec des hommes honnêtes est intègres comme Ben Khedda, Ferhat Abbes et le colonnel Mohamed Chaabani l’Algérie aurait pu avoir ces beaux jours et eviter cette situation chaotique produite par BenBlla, Boumedien, Bouteflika, Chadli et les cabranes de l’armmée francaise (Nezzar, l’Ammari, Belkhir, Mediene, Touati et le reste)
    Rabbi khir




    0
  • Congrès du Changement Démocratique