Édition du
23 March 2017

A quand le printemps algérien ?

 

Adel HERIK

Salah-Eddine SIDHOUM

« L’Histoire, ce n’est pas seulement les faits, mais les leçons que l’on tire », disait un auteur. Hélas, chez nous, certains, pour ne pas dire beaucoup de compatriotes, ne semblent avoir tiré aucune leçon de notre Histoire contemporaine, faite de sang, de larmes et d’injustices multiformes.

Alors que les peuples du Maghreb et du Machrek s’éveillent et que les « djoumloukiates » des pantins-dictateurs vacillent et s’écroulent l’une après l’autre, l’Algérie, « bilad el Mou’djizates » prise en otage depuis 50 ans par une oligarchie antinationale, sans foi ni loi, continue de baigner dans un statu quo insupportable.

Le régime illégitime, nullement inquiet de la faillite sanglante dont il est le principal artisan, s’enferme dans une glaciation suicidaire pour le pays et la Nation. Ni le délabrement des institutions artificielles dont il s’est entouré, ni la déliquescence sociale, ni la violence politique ne semblent ébranler la conscience (si conscience il y a) de la voyoucratie, alors que le pays est au bord du précipite et qu’un tsunami populaire pointe à l’horizon.

Situation actuelle de la société et de la «classe politique»

Nous appartenons à cette catégorie d’intellectuels et politiques  qui refusent les fausses solutions et, encore plus, les honteuses compromissions. Devant la gravité de la situation, nous devons de ce fait faire preuve d’honnêteté et de pédagogie envers notre peuple, longtemps trompé et considéré par les troubadours de la «boulitique» comme un bendir qu’il fallait chauffer pour les besoins de la cause. Sans concessions ni complaisance, nous devons poser les véritables problèmes de fond et proposer des solutions réalistes pour une authentique sortie de crise.

La société, trahie par ses élites, est plongée dans une profonde léthargie. Désarticulée par la «boulitique» destructrice imposée depuis l’indépendance par les imposteurs et autres aventuriers érigés, par la force des armes, en tuteurs du pays, elle semble avoir perdu tous ses repères. C’est une société rongée par la gabegie, la corruption et l’opportunisme. C’est le retour aux réflexes tribaux négateurs de l’idée même de nation, au repli sur soi-même, avec la « kfaza » comme seule « valeur émancipatrice ». Les valeurs morales qui avaient fait la force et la grandeur de notre société durant la nuit coloniale et lui avaient permis de résister à l’opération d’anéantissement social et culturel programmée par le colonisateur se sont pratiquement évaporées. Toutes les strates sociales sont atteintes par cette gangrène.

Une grande partie des élites, fidèle à ses trahisons historiques, comme en 54, a été rapidement phagocytée par l’ignorance au pouvoir.  Les cinq décennies d’étouffement par le pouvoir en place de toute velléité de construction d’une alternative réellement démocratique ne sont pas seules responsables de cette stérilité. Nous devons aussi dénoncer haut et fort les honteuses compromissions (est-ce une tare congénitale de l’intellectuel algérien ?) d’une bonne partie de cette « élite », ce qui a privé notre peuple de cette lumière nécessaire pour éclairer la longue route ténébreuse dans laquelle l’ont engagé ceux qui ont confisqué son indépendance et ses libertés. En tant qu’anciens enseignants universitaires, et à titre d’exemple, nous connaissons tous, les moyens peu élogieux utilisés par ceux qui se faisaient parachuter aux fonctions des différents départements de notre malheureuse université. La décence et la morale ne nous permettent pas de les énumérer. «Pour grimper dans leur carrière professionnelle, ils descendaient l’échelle des valeurs humaines », dira un romancier algérien de cette faune d’alphabètes. Amara Rachid, Benzerdjeb, Lotfi, Farès Yahia, Benbaâtouche, Houhou, Damerdji, Aït Idir et tant d’autres intellectuels qui avaient déserté les bancs de l’Université pour répondre à l’Appel de la Patrie et tomber au champ d’honneur doivent se retourner dans leurs tombes. Le résultat affligeant de cette compromission entre un pouvoir porteur d’idées mortes et une «élite » porteuse d’idées mortelles, pour reprendre un penseur algérien, est là devant nos yeux, se passant de tout commentaire.

Les quelques rares compétences dignes s’exileront,  pour beaucoup, ou seront marginalisées, pour celles restées au pays. Rares sont celles qui continueront à agir frontalement, en électrons libres, contre cette fumisterie institutionnalisée.

La classe dite politique actuelle, résultat, en grande partie, d’une fécondation in vitro dans les laboratoires de la police politique, essaie vainement de donner le change par la gesticulation, la vocifération et l’invective à l’encontre du système qui l’a procréée. Sans vision politique sérieuse et sans ancrage populaire, elle se complait dans le rôle qui lui a été assigné, celui de simple vitrine « démocratique » et de faire-valoir d’un régime antinational.

Les partis politiques issus de la supercherie démocratique de 89 ont montré leurs limites et leur faillite. Reproduisant les réflexes et les pratiques malsaines du parti-administration qui a usurpé en 62 le glorieux sigle du FLN, ils constituent de véritables mini-partis uniques. Présidents à vie, culture du clanisme et de l’exclusion, refus de tout débat démocratique interne : telles sont les « vertus » de ces partis de l’opposition à l’algérienne. Toute voix discordante qui s’aventure à réclamer débat et transparence est rapidement étiquetée « agent du DRS » et exclue, à la manière soviétique. Baignant dans une suffisance crasse, ils s’autoproclament détenteurs exclusifs de la démocratie pour les uns, de l’Islam ou de l’identité pour les autres. Et ce sont ces prétentieux petits chefaillons qui distribueront les labels de démocratie, de degré de croyance religieuse ou d’Algérianité sélective aux Algériens. Gare aux contestataires, car l’excommunication est de rigueur !!

L’oligarchie militaro-financière, détentrice unique du pouvoir réel, agit derrière d’épais  rideaux et délègue le pouvoir apparent à un ramassis de potiches et de mercenaires politiques supposés « gérer » le pays et discuter avec une société dite civile factice – il serait plus juste de parler de « société servile» – que ce pouvoir a lui-même préfabriquée dans ses laboratoires.

Conscients de leur illégitimité, les tenants du pouvoir ont de tout temps mené une politique clientéliste qui leur a permis de se constituer au fil des ans une base sociale nullement négligeable, grassement entretenue par une généreuse distribution de la rente pétrolière. Des « dji’anines » (affamés), toutes couches sociales confondues, allant du professeur d’université au planton de mairie en passant par le beggar, ce  nouveau bourgeois arriviste de cette Algérie des miracles, constituent la façade « populaire » du système, qu’il agite lors des  campagnes électorales et référendaires, des visites « présidentielles » et autre carnaval fi dechra. De vieilles méthodes éculées dignes de Kim Il Sung, Ceausescu et  Mugabe.

La police politique est  omniprésente dans tous les secteurs de la vie socio-politique. C’est elle qui désigne le président du pouvoir apparent, le chef du gouvernement, les « ministres », les secrétaires généraux de ministères, les PDG d’entreprises nationales, les recteurs et doyens d’universités, les chefs d’une très grande partie des  formations politiques, avec comme  seuls critères de « recrutement » le larbinage,  l’allégeance et l’aplat-ventrisme.  Elle est partout : dans les ministères, les administrations, les associations professionnelles et de quartier, les marchés, etc. Elle « accrédite » les « correspondants » des rares chaînes satellitaires qui s’aventurent dans notre pays, tout comme elle recrute sur les bancs des universités les futurs mercenaires politiques qui mettront leur intelligence au service de l’ignorance au pouvoir et qui seront chargés des « sales besognes ». Ses antennes sont présentes dans toutes les ambassades et déploient une multitude d’agents chargés d’infiltrer notre émigration. Son rôle n’est pas de protéger le pays et la Nation du danger extérieur mais de surveiller la population et terroriser les opposants. C’est, pour ainsi dire,  l’«opposition réelle», sauf que son rôle est de s’opposer aux forces vives du peuple qui seraient susceptibles de remettre en question le régime illégitime. C’est la véritable colonne vertébrale du système politique algérien.

La presse privée issue de la supercherie démocratique de 89 s’avérera être avec le temps une vaste imposture intellectuelle. Elle s’autoproclamera pompeusement la presse « la plus libre du monde arabe ». De nombreux journalistes dignes deviendront les otages de véritables potentats, ex-chefs des BSP de la Pravda locale du temps de l’unique…. « Parti unique ». Durant la décennie de  sang et de larmes, certains titres joueront le rôle de la « Radio des Mille collines » rwandaise, attisant les feux de la discorde. De jeunes et brillants journalistes, prisonniers de cet enfer médiatique, nous diront par la suite comment, où et par qui étaient fabriqués les faux communiqués sécuritaires, les listes de citoyens accusés  d’affaires de « terrorisme » que les escadrons de la mort se chargeront par la suite de faire disparaitre. Tout comme nous connaissons le rôle joué par ces mêmes titres dans les graves et parfois sanglants conflits de gangs au sein du système (procès du général Benloucif,  affaire Adami, éviction de Betchine, déstabilisation de Zeroual, qui tentait de trouver une solution politique à la crise, tentative de déstabilisation de Bouteflika en 2004, affaire de Sonatrach, affaire de l’autoroute Est-Ouest, etc.). En un mot, cette presse privée, faussement qualifiée d’indépendante, n’a jamais été rien d’autre qu’une « presse de combat », pour reprendre Hadi Chalabi, au service d’une oligarchie qui lutte pour sa survie, après avoir déclaré la guerre aux « gueux ». Son rôle principal est de se livrer, sous les ordres des « cerveaux » et autres « intellectuels organiques » de la police politique, à une opération continue d’intoxication et de brouillage afin d’empêcher la population de comprendre les vrais enjeux et de trouver la vérité salvatrice qui lui permettrait de désigner clairement les responsables de tous ses malheurs passés et présents. Les différents titres de cette presse ont le choix de prêter allégeance à l’un ou l’autre des clans qui se partagent le pouvoir et de bénéficier de sa protection, l’enjeu étant toujours la taille de la part du gâteau qui revient à ce clan et, dans les périodes critiques, la survie même du clan. On a vu ainsi des hommes au fait de leur puissance balayés de la scène après une campagne médiatique bien orchestrée. Une fois le ménage fait, dans le plus pur style mafieux, avec parfois des cadavres que tout le monde s’empresse d’oublier, les mercenaires de la plume retournent à leurs tâches quotidiennes d’intoxication, afin de préserver ce qui constitue le dénominateur commun à tous les clans : le système politique mafieux lui-même, dont le seul ennemi est le peuple algérien.

Le changement est-il possible ?

La situation est peu reluisante. L’effondrement des valeurs morales, la décomposition sociale, la structuration mafieuse rampante, la déliquescence du système politique faisant fonction d’Etat, la corruption généralisée, le délabrement économique, la guerre meurtrière qui perdure, le discrédit de la classe dite politique et la couardise de la classe dite intellectuelle ne poussent certainement pas à l’optimisme. Une question nous vient d’emblée à l’esprit et nécessite une réponse franche et honnête : peut-on réaliser, dans de telles conditions  et avec ces fausses vitrines, un véritable changement du système politique ?

Certains de nos compatriotes, fatalistes, ne manqueront certainement pas de nous dire que ce tableau peu réconfortant de la situation et cette gangrène avancée rendent fort aléatoire tout effort prospectif et vain tout espoir d’éveil des consciences et de construction d’une alternative démocratique. Mais est-ce là une raison suffisante pour se cantonner dans l’expectative? « Les seuls combats qu’on risque de perdre sont ceux qu’on n’ose pas engager », disait un intellectuel et homme d’Etat tchèque.

Il existe de par le monde maints exemples de pays détruits par la bêtise humaine et reconstruits grâce à la volonté et la persévérance de leurs enfants dignes et honnêtes. Le peuple algérien est tout aussi capable qu’un autre d’accomplir cette tâche de reconstruction. Encore faudrait-t-il pour cela  une prise de conscience sincère de la part de la véritable élite nationale, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, afin d’insuffler une nouvelle dynamique de changement, libérée des cercles de la compromission et de la trahison, capable de mobiliser la population et de bousculer le « désordre » établi.

Aujourd’hui, plus qu’à toute époque passée, l’environnement régional et international est propice à la naissance et au développement de cette dynamique de changement pacifique  de système politique et de passage à une nouvelle ère, celle de la démocratie véritable et de l’État de droit. Le brusque réveil des peuples du monde arabe a en effet introduit une nouvelle donne dans le jeu fermé des dictatures, épaulées jusque là sans réserve par les puissances occidentales.

L’année 2011 s’est ouverte avec le soulèvement du peuple tunisien  contre le dictateur Ben Ali et son régime honni. Ce fut le début d’une série de mouvements populaires sans précédent dans l’histoire de notre région. Le peuple égyptien se mobilisa à son tour et chassa Moubarak, mettant ainsi fin à 30 années de tyrannie, de prédation et de corruption. Prenant exemple sur ses deux voisins, le peuple libyen sortit de sa torpeur qui durait depuis 41 ans et mit un terme au régime de son président psychopathe autoproclamé Roi des rois d’Afrique.  Au Yémen, au  Bahrein et en Syrie, le mouvement populaire en faveur de la liberté, de la dignité et de l’État de droit prend chaque jour plus d’ampleur, poussant les pouvoirs illégitimes et tyranniques en place dans leurs derniers retranchements.

Mais le peuple algérien, trahi par ses élites, livré à lui-même, reste coi, n’ayant pas encore réussi à vaincre les blocages et les peurs, résultats de plusieurs décennies de manipulation et de violence imposée par le système en place.

On assista certes en début d’année à la naissance d’un mouvement de contestation populaire, dans la foulée de la révolution tunisienne, mais le régime et ses officines réussiront (mais pour combien de temps ?) à en atténuer les effets en suscitant des pseudo-mouvements dits du changement et de la démocratie pris en charge par des « opposants » du pouvoir et dans lesquels se sont engouffrés des opportunistes de tous bords et d’ex-apparatchiks en rupture de ban. La presse aux ordres participera amplement à cette campagne. Malheureusement, des militants sincères et crédules, peu au fait du grenouillage boulitique, participeront inconsciemment à ce carnaval fi dechra. Nous connaissons tous le résultat final de ce folklore politique. Tous les samedis, ils seront la risée de notre « ghachi » des quartiers populaires. Le régime poussera le cynisme et la dérision jusqu’à enfermer ces « opposants » dans des salles de cinéma pour réaliser leur « révolution » et leur « changement » virtuels. Ayant circonscrit le danger, le pouvoir passera ensuite à l’offensive en arrosant abondamment la population avec une pluie de mesures qui cibleront en priorité le « tube digestif ».

La révolution populaire libyenne et la chute de Kadhafi finiront cependant par mettre en évidence la panique qui commence à régner à bord et l’ampleur de la trahison de ce pouvoir qui n’a à aucun moment dénoncé les horribles exactions commises par ses frères-jumeaux contre leurs peuples et qui a accueilli les enfants du dictateur libyen déchu pour des « raisons humanitaires ». Aujourd’hui, le pouvoir illégitime, dépassé par les évènements, doutant de la loyauté de ses puissants protecteurs occidentaux,  ne sait plus à quel saint se vouer pour éviter l’effet de contagion. Trois dictateurs, chefs de files et symboles de régimes tyranniques, illégitimes, corrompus, prédateurs, arrogants et sûrs de leur impunité, qui – fait unique dans l’histoire mondiale contemporaine – s’apprêtaient à laisser le pouvoir « républicain » et « démocratique » à leur descendance, ont été chassés en quelques mois, comme de vulgaires malpropres, par des populations en colère et révoltées par tant de félonie et de trahison. Cela s’est passé à nos portes, chez nos voisins et frères. Il y a certainement là, pour les clans au pouvoir, de sérieuses raisons de s’inquiéter.

L’expérience des peuples de notre région qui se sont soulevés contre la tyrannie nous montre, malheureusement, que ces clans sont incapables d’engager un sérieux travail de remise en question et d’autocritique, s’accrochant bec et ongles au pouvoir jusqu’à la dernière minute. La mort de dizaines de milliers de leurs compatriotes et la destruction du pays ne pèse rien devant leurs personnes et leurs intérêts les plus étroits. Aveuglés par la puissance de leurs armées et le déploiement tous azimuts de leur police politique et de leurs réseaux clientélistes aux multiples ramifications, confortés par l’appui passé des puissances occidentales, plus soucieuses de la protection de leurs intérêts et de la stabilité des régimes que de la promotion des valeurs démocratiques, les clans au pouvoir choisissent de semer la mort et la désolation plutôt que de céder face à la pression des « gueux » qui les encerclent de toutes parts…

Les révolutions en cours dans le Maghreb et le Machrek ont mis en évidence plusieurs faits importants :

  1. La faillite des partis politiques classiques. Tous ont rejoint le train de la révolution en marche. Certains ont eu  l’outrecuidance  de tenter de récupérer les révolutions, voire d’aller s’asseoir à la table du pouvoir agonisant pour parler au nom de la rue, avant d’être rappelés à l’ordre par la jeunesse révoltée.
  2. Ces mouvements populaires n’ont pas eu besoin de « leaders » – les fameux zou’amas si chers à nos contrées – pour déclencher la révolution. Ce fut une action collective à laquelle toutes les couches sociales ont participé sans élitisme aucun.
  3. Malgré la politique systématique de déstructuration socio-politique entamée par les différents régimes illégitimes issus de coups d’Etat durant des décennies, les sociétés sont restées vivaces, politisées et ont été en avance sur leurs classes politiques sclérosées, enfermées dans la logique de l’intrigue et des calculs politiciens en vue d’un hypothétique partage du pouvoir.
  4. Le rapide ralliement des élites intellectuelles saines à ces mouvements populaires, ce qui leur a donné un incontestable souffle qui a ébranlé des régimes qui se croyaient éternels.
  5. Le rôle provocateur  voire criminel de la base sociale de ces régimes illégitimes par l’intermédiaire de leurs baltaguias, chebihas, milices, mercenaires  et autres gangs, selon les pays, téléguidés par les polices politiques.

A la lumière de ces données nationales et internationales, il apparaît clairement que les partis politiques actuels sont totalement disqualifiés aux yeux des citoyens pour mener une dynamique populaire de changement, encore moins un « leader » quelconque de ces formations factices.

Seul un large front de tous les Algériens sans exclusion…

Maintenant que le jeu de ces pseudo-partis d’opposition est éventé et leur solidarité de fait avec le pouvoir démontrée, il est plus que jamais urgent pour tous les patriotes sincères à l’intérieur et à l’extérieur du pays de se regrouper et d’unir leurs forces. Seul un large front où se retrouveront tous ceux et toutes celles qui croient en une Algérie nouvelle, débarrassée de l’oligarchie antinationale qui la vampirise, régie par un État de droit, dans une république démocratique et sociale dans le cadre de nos valeurs et traditions, telle que voulue par les braves qui donnèrent leur vie pour que l’Algérie devienne indépendante, pourra redonner confiance au peuple algérien afin qu’il entame sans tarder le combat pacifique pour la liberté et la dignité. Il est impératif de sortir de ce cercle vicieux d’un POUVOIR SANS LEGITIMITE et d’un PEUPLE SANS SOUVERAINETE.

L’initiative prise par un groupe d’intellectuels et de militants de tous bords de créer, le 19 mars 2011, le Front du Changement National fut un premier pas dans la bonne direction. Le texte de la déclaration de création du FCN souligne que « ce large front ne pourra pas émerger sans la mise en place d’un compromis politique entre toutes les volontés intellectuelles, politiques et citoyennes, sans exclusion. Les grandes lignes de ce compromis sont :

  1. Le changement RADICAL et PACIFIQUE du régime politique.
  2. Notre indéfectible attachement à notre ALGERIANITE dans sa triple dimension (islamité, amazighité, arabité). Aucun des fondements de notre identité forgée par l’Histoire ne pourra, dans un quelconque but, être instrumentalisé ou monopolisé par une quelconque partie à des fins politiciennes, que celle-ci soit au pouvoir ou dans l’opposition.
  3. Le respect total de la dignité et des droits de la personne humaine, dans leur intégralité.
  4. Le respect des libertés individuelles et collectives, sans distinction de race, d’origine, de sexe ou de confession.
  5. Le respect de la souveraineté populaire : le peuple est la seule source de pouvoir et de légitimité.
  6. Le respect de la démocratie comme moyen de gestion politique et de régulation pacifique de la société et le rejet de toute forme de violence, que ce soit dans l’expression ou la gestion des conflits qui traversent la société.
  7. L’alternance au pouvoir à travers le suffrage universel.
  8. L’institution militaire, libérée de l’oligarchie qui l’a prise en otage depuis la fin de la guerre d’indépendance, doit devenir une institution républicaine dont la mission sera clairement définie par la Constitution issue de la volonté populaire. Aucune institution de l’Etat, quelle qu’elle soit, ne peut et ne doit se prévaloir d’être au-dessus de la souveraineté du peuple, seule source de légitimité. »

Il est important de souligner que la seule mission de ce front – creuset de tous les Algériens sans exclusion qui œuvrent pour un véritable changement et l’instauration d’un Etat de Droit – sera d’accompagner le mouvement populaire dans toutes ses étapes jusqu’à l’élection d’une Assemblée Constituante qui tracera les contours de l’Algérie nouvelle. Il n’est pas question qu’il s’érige en un nouveau parti unique qui se substituera à la volonté souveraine du peuple algérien, tel que cela fut malheureusement le cas en 1962. Il s’auto-dissoudra de facto une fois sa mission accomplie.

Les leçons à tirer du Printemps Arabe

Quelles leçons les forces du changement peuvent-elles tirer de l’expérience des peuples de la région qui nous ont précédés dans la voie de la dignité ? Les écueils qui doivent être évités et qui ont été mis en évidence par ces expériences sont :

–     Erreur de la désignation de vieux apparatchiks dans le gouvernement, le conseil consultatif et autres instances de gestion de la phase transitoire, objet de suspicion populaire et de blocage du processus de transition. Les exemples de l’Egypte et de la Tunisie sont assez clairs. Les défections des personnalités importantes du régime les plus honnêtes et leur ralliement au mouvement populaire dès le début de la contestation donne cependant un regain de vigueur et de crédibilité à cette dernière, mettant en difficulté la minorité jusqu’au-boutiste corrompue qui s’accroche au pouvoir. La pression des forces populaires – en particulier la jeunesse instruite – ne doit toutefois pas cesser, afin d’éviter la récupération du mouvement et son dévoiement vers une opération de replâtrage de l’ancien régime et de remise en selle de son personnel politique.

 

–     Eviter de tomber durant la phase transitoire dans les « chikayates » idéologiques et partisanes paralysantes.

 

–     Rôle primordial des médias et de la communication, en général. Les forces qui encadrent le mouvement populaire doivent utiliser de manière judicieuse et sur une grande échelle tous les moyens de communication modernes : internet, téléphone, télévision, etc. Il est en effet primordial de diffuser en continu et en temps réel, dans le pays et le monde entier, des images du mouvement, afin de prévenir toute opération d’étouffement de la part du pouvoir et contrer son appareil de propagande bien rôdé et auquel de larges pans de la population sont malheureusement sensibles. La machine d’intoxication des pouvoirs dictatoriaux est très puissante et sophistiquée. Elle peut jouer sur les cordes sensibles telles le nationalisme et la religion afin de discréditer les organisateurs et le mouvement de contestation dans son ensemble.

 

–     Rôle décisif de l’armée : selon que cette dernière adopte une attitude de neutralité ou de soutien au mouvement populaire ou au contraire se range franchement du côté du système en place et se lance dans une répression sanglante du mouvement populaire, le changement se déroulera de manière pacifique et sans trop de dégâts matériels et humains (Tunisie, Égypte, Yémen) ou se transformera en confrontation armée débouchant sur une véritable guerre civile (Libye, Syrie). Dans le cas où l’armée choisit la répression sanglante du mouvement populaire, le résultat sera, in fine, en sa défaveur et elle perdra tout, car le monde de 2011 n’est plus celui des années 90 où on assassinait et torturait à huis-clos.

Ce dernier point nous semble mériter de plus amples développements, tant il est clair que l’armée, par son attitude, constituera l’élément essentiel qui permettra au changement de se dérouler de manière pacifique.

Quelle est la position de l’armée par rapport à la dynamique populaire de changement pacifique dans notre pays aujourd’hui? Nous ne devons nous faire aucune illusion au sujet de ceux parmi les officiers supérieurs qui ont choisi leur camp depuis le coup d’État de janvier 92. Mais qu’en est-il des éléments sincères au sein de cette institution? Il est clair que ces derniers ne bougeront que s’il existe une pression populaire dans la rue (ainsi que l’ont montré les révolutions populaires en Tunisie et en Égypte). Dans la phase de préparation et de maturation de la dynamique de changement pacifique que nous traversons actuellement, il est primordial que le discours du FCN soit un discours rassembleur de toutes les volontés sincères et un appel à tous ceux au sein de l’institution militaire qui ont à cœur l’avenir de leur pays et de leur peuple à prendre leurs responsabilités. Il est important de dissocier les éléments intègres – qui sont nombreux – de l’oligarchie qui les tient en otage.

Pour ce qui est du rôle futur de l’armée, une fois que la souveraineté aura été rendue au peuple et que l’oligarchie en place aura été défaite, il devra être clairement défini, comme précisé dans l’Appel du 19 mars 2009, et ce afin d’éviter tout malentendu quant à un appel du pied aux militaires:

L’institution militaire débarrassée de son oligarchie militaro-financière et de la police politique, aura pour mission de préserver la quiétude publique et l’unité nationale. Durant la phase de transition, elle aura une occasion historique de démontrer sa vocation républicaine à se maintenir hors de la gestion politique du pays et préservera sa neutralité politique jusqu’à l’échéance finale qu’est la mise en place d’institutions démocratiquement élues.

Les étapes de la phase de transition

Les grandes lignes de la phase de transition jusqu’à l’élection d’une Assemblée Constituante, telles qu’esquissées dans le texte de création du FCN sont :

  1. la mise en place d’un Gouvernement de transition : qui aura pour missions :

a)   la gestion des affaires courantes.

b)   la préparation de l’élection d’une Assemblée Constituante, seule voie légitime de restitution au peuple de sa souveraineté pleine et entière.

2.  la mise en place d’un Conseil  Consultatif : Il sera constitué de personnalités politiques et scientifiques moralement irréprochables, connues pour leur intégrité et leur probité. Son rôle sera d’accompagner et conseiller le gouvernement de transition.

Dès son installation, le  gouvernement de transition proclamera :

  1. La levée de toutes les contraintes légales et administratives sur les libertés individuelles et collectives.
  2. La dissolution des assemblées préfabriquées (Assemblée dite Nationale et « Sénat »).
  3. L’indépendance de la justice.
  4. La dissolution de la police politique.
  5. La liberté de création de partis politiques et de syndicats libres et le droit d’accès  aux médias publics pour toutes les opinions politiques.
  6. La libération de tous les détenus politiques et d’opinion, la levée immédiate de toutes les mesures de tous ordres concernant les condamnés pour ces mêmes délits, et la proclamation du droit de retour au pays de tous nos compatriotes réduits à un exil forcé.

Rejet de toute intervention étrangère

Un dernier point qui mérite d’être souligné et qui est d’une importance capitale est notre position claire et qui ne souffre d’aucune ambigüité par rapport aux interférences que le mouvement populaire pourrait subir de la part de certaines puissances occidentales désireuses d’orienter le cours des événements dans une direction qui soit conforme à leur stratégie de domination. En aucun cas nous n’admettrons l’intervention directe ou indirecte de ces puissances. Le meilleur soutien qu’elles puissent apporter au peuple algérien opprimé est de lever les appuis diplomatiques ou autres, au sein des institutions internationales, qu’elles offrent au régime illégitime en place et de respecter la volonté du Peuple. Dans ce cadre, il est important de souligner le rôle négatif de certains réseaux néocoloniaux Outre-Méditerranée qui s’appuient sur la minorité élitiste locale et la soutiennent. Ces réseaux ont leurs moyens d’information et de propagande, leur logistique et leurs relais « indigènes » sur place. Nous avons vu leur rôle durant la décennie de sang et de larmes et leur action médiatique dans la désinformation ou  la censure tout court, quant à la réalité du drame algérien. Et ce seront les mêmes que nous retrouverons dans leur rôle tout neuf de « défenseurs des libertés démocratiques » à Tunis, à la place Ettahrir du Caire ou à Benghazi.

Conclusion

Il est plus que certain que ce régime est en fin de cycle. C’est une évidence. Les révolutions du Machrek et du Maghreb risquent d’accélérer cette fin. C’est dire combien il est urgent – pour éviter les affres d’un changement non contrôlé dicté par la rue et donc violent – de faire émerger une véritable opposition représentative de tous les courants, sans exclusion aucune, porteuse d’une alternative de transition démocratique pacifique et crédible.  Une opposition, toutes tendances confondues, avec de véritables élites engagées, sans fil à la patte ni opportunistes, réunie autour de valeurs qui rassemblent le peuple sans exclusive. Une opposition « qui ne donnera pas dans le piège de jouer ses composantes les unes contre les autres, comme dans un passé récent », pour reprendre la réflexion d’un compatriote. Encore une fois, et nous ne nous lasserons pas de le répéter : aucun parti, ni courant, ni « leader » ne peut à lui seul mener cette dynamique du changement. Abane Ramdane  disait en 1956: « La libération de l’Algérie sera l’œuvre de tous les Algériens et non pas celle d’une fraction du peuple algérien, quelle que soit son importance ». Plus d’un demi-siècle plus tard, cette sentence est toujours d’actualité, s’agissant aujourd’hui de la reconstruction de notre pays détruit par cinq décennies d’illégitimité, de mensonges et d’impostures.

Les tenants – civils et militaires – du pouvoir mafieux qui dirige l’Algérie dans l’opacité et l’omerta doivent réaliser à présent que les Algériennes et Algériens dignes ont compris les véritables enjeux politiques et que leur silence n’est ni ignorance des réalités, ni soumission, mais souverain mépris. Nous leur disons : « Vous avez, et sans succès, usé et abusé de tous les stratagèmes. Vous avez transformé en moins de 40 ans ce pays aux potentialités humaines énormes et aux richesses incommensurables en un vaste gourbi de misère et de désespoir et placé près de la moitié de la population en situation de survie. Vous avez même réussi la prouesse d’hypothéquer l’avenir d’Algériens qui ne sont pas encore nés. Vous avez déclenché l’un des conflits internes les plus meurtriers de la fin du siècle dernier. Vous avez sacrifié des figures illustres qui ont façonné l’histoire de notre pays et déterré des cadavres politiques, pour tenter de sauver vos privilèges. En vain !

Le tribunal de l’Histoire a irrémédiablement et sévèrement condamné votre système. Regardez la réalité en face et soyez, un moment, lucides, le temps d’une courte réflexion. Revisitez l’Histoire. Que sont devenus tous les régimes qui ont fondé leur pouvoir sur l’injustice et le mépris de leurs peuples ? Que sont devenues hier toutes les dictatures sud-américaines ? Qu’est devenu l’empire totalitaire soviétique ? Qu’est-il advenu de la monarchie iranienne? Que sont devenus les Bokassa, Mobutu, Mengistu, Vidéla, Duvallier, Papadopoulos, Rédha Pahlavi, Ceauscescu, Pinochet, Salazar, Caetano, Stroessner, Marcos, Saddam et autres despotes qui avaient terrorisé leurs peuples ?  Que sont devenus aujourd’hui et plus proches de nous – et surtout de vous –  les Benali, Moubarak, Kadhafi et bientôt Abdallah Salah et Al Assad ? N’avaient-ils pas eux aussi la force des armes et de l’argent – et, pour certains,  même un peu d’intelligence ? Aviez-vous songé un seul moment au sort que leur a réservé  l’Histoire ? »

Nous demeurons convaincus que la solution à la crise nationale se trouve en Algérie, entre les mains des Algériennes et Algériens dignes qui se battent pour une Algérie de toutes et de tous, sans exclusion aucune. Une Algérie Etat de Droit. Une Algérie de dignité, de liberté et de solidarité entre citoyens. Nous ne devons compter que sur nos capacités et nos propres forces. Et elles sont grandes, pour peu que nous en prenions conscience.

Sommes-nous capables, tous ensemble, de relever le défi ?

L’Histoire, demain, implacable, nous jugera.


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14 Commentaires sur cet article

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  • A quand le printemps algérien ?
    8 septembre 2011 at 21 h 02 min - Reply

    […] Le Quotidien d’Algérie Tags: algérien, Printemps, Quand […]




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  • tarik
    8 septembre 2011 at 21 h 42 min - Reply

    Il faut appliqué la méme méthode que nos bourreau,nous leurs dirons que tout les biens mal aquis que vous avez légués illégalement a votre progénitures ,le future état démocratique les récupérera et en toute justice,transparence et équité,ainsi vous transmettrez a vos enfants et arriéres petits enfants que vos faits de traitre a la nation,et dites nous quel est le plus lourd héritage que celui de l’histoire,votre histoire,un fardeau que vous transmettez étérnellement.
    Et il y »aura méme un manuel scolaire pour la période a laquel vous nous avez colonisé,et d’ailleur c’est pour cette raison que vous vouliez hypothéqué l’avenir des petits algeriens en vendant la sonatrach,et faire une fausse réconciliation nationale,comme ça jamais TEFRA YA OULED EL H’RAM.




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  • A.Hocine
    9 septembre 2011 at 0 h 19 min - Reply

    Tarik a raison.Les vrais hizb franca qui dirigent le pays n`accepteront pas le changement et ne veulent pas vivrent sous le regime des lois qu`ils n`auront dictees.Si les alge-riens que nous sommes,souhaitent ne plus voir ces vieillards qui regissent le pays alors chiche: – 1/ -Desobeissance generale,2/Boycott des familles des dirigeants dans le commerce,les ecoles et dans les autres services.-3- Blocages des moyens de communications et de transports-4-campagne de communication tout azimuth avec la mise a nu des possessions et autres richesses detenues par ces gens.




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  • MissTmourt
    9 septembre 2011 at 3 h 32 min - Reply

    Je suis en accord avec tout ce que vous dites mais j’ai l’impression qu’il s’agit d’un énième appel à un rassemblement. Si c’est le cas, le texte n’est pas claire s’il s’agit d’un appel à rejoindre le FCN ou d’un appel pour créer un autre Front ?

    ===========================================
    في الاعادة افادة
    Il ne nous est pas interdit avec notre constance habituelle, d’appeler encore une fois au rassemblement de toutes les volontés sincères autour des principes qui nous unissent. Je crois que le texte est clair et s’inscrit dans le compromis politique énoncé par le FCN. A l’heure où les peuples opprimés se libèrent , nous, nous continuons à verser dans des chicayates stériles, hélas.
    Cordialement.
    Salah-Eddine




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  • Amel1
    9 septembre 2011 at 10 h 15 min - Reply

    salam,
    Les forces vives de la nation doivent profiter de cette brêche offerte par l’histoire en se mettant maintenant en contact pour créer ce gouvernement de transition,barakat mel khouf,el hadra batel!
    TAHYA ELJAZAIR!




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  • elforkan
    9 septembre 2011 at 10 h 32 min - Reply

    « A quand le printemps algérien ? »

    Lorsque la majorité de la population méritera le changement, il y aura du changement, pour l’heure et malheureusement, ce qui sont en haut ne sont que le reflet fidèle de l’image de ceux qui sont en bas !

    Sortez dans la rue…montez dans les bus….allez dans les administrations….dans les marchés,et vous aurez la confirmation de  » kama kountoum, youwala aleikoum « !!!
    La majorité chez nous est mauvaise !! si elle ne l’était pas, je ne croirais jamais que le Tout Miséricordieux nous imposerait un Boumédienne, ou Bouteflika, ou tel général ou tel autre, ou Belayat ou tel autre ministre…Dieu est JUSTE !!!
    mais attention ce n’est pas une fatalité:
    « En vérité, Allah ne change pas l’état d’un peuple, tant que les [individus qui le composent] ne changent pas ce qui est en eux-mêmes »

    La solution :Changeaons ce qui est mauvais en nous même et le printemps arrivera, les voleurs maffieux d’en haut ne sont pas en haut parce qu’ils sont plus malins ou puissants ou qu’ils jouissent de la protection des propriétaires de Hassi messaoud (les USA) ou du sionisme,pas ça du tout, mais tout simplement parce qu’on mérite pas mieux!




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  • Afif
    9 septembre 2011 at 11 h 12 min - Reply

    @ elforkan :

    En complément de ton post, peux-tu m’indiquer s’il existe « une charte du musulman dans la société », c’est-à-dire une codification de la conduite du musulman dans ses relations avec son environnement humain, avec la nature et même avec les animaux (Brigitte Bardot sera ravie d’apprendre cette charte dans son chapitre sur les animaux). Merci.




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  • BRAHIM
    9 septembre 2011 at 12 h 11 min - Reply

    Cette intervention de Adel HERIK et de Salah-Eddine SIDHOUM est pour moi très honnête et ne souffre d’aucune ambigüité, vraiment aucune. Son contenu est le vœu de beaucoup de citoyens algériens (la grande majorité, je pense). Chaque algérien honnête, patriote et démocrate se retrouve en principes dans ses propositions. Les algériens qui ont soif de démocratie et de liberté doivent, cependant, se mobiliser pour espérer faire bouger les lignes et accélérer le changement du système. A mon avis, cette mobilisation doit être précédée par beaucoup de contact et de liens entre les différentes forces du changement. L’intégration de personnes respectables non souillées par le système (hommes historiques honnêtes, homme du monde culturel, hommes politiques loyaux , hommes intègres et patriotes de l’ANP etc..) est absolument incontournable. Ce travail doit être engagé rapidement, s’il n’est pas déjà engagé quelque part. C’est ce travail de création de lien et de réseau entre les hommes du changement qu’il faut privilégier pour espérer entrainer la mobilisation. Nous, le chaab, s’il est vrai qu’on ne veut plus de Zainisme, avons besoin tout de même d’un flambeau pour guider nos pas.Si ce travail est réalisé, ne nous vous en faîtes pas, le peuple suivra !




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  • Anonyme
    9 septembre 2011 at 13 h 25 min - Reply

    Texte magistral, où le ton apaisé ne cède en rien de sa lucidité. L’évidence est aveuglante, en effet. Ce régime est en fin de ressources, et il le sait lui-même. Mais il est aveuglé par les propres tares, la voracité, et la mégalomanie de ses barons. Aujourd’hui, épouvanté par les révolutions populaires qui ont fait vaciller, puis s’effondrer les régimes despotiques voisins, ce régime, plutôt que de prévenir une révolution violente, et de se résigner à rendre les clés de la maison, à son véritable propriétaire, le peuple algérien, plutôt que se rendre à l’évidence, il n’est préoccupé que d’une seule et unique inconnue: chercher à savoir, coûte que coûte, ce que sera la réaction de l’armée en cas de soulèvement populaire, et se la concilier par tous les moyens. C’est pour cela qu’il a très mal perçu la réaction des armées tunisienne et égyptienne. Il aurait voulu que celles-ci tirent sur les manifestants, et qu’elles les empêchent de chasser les despotes qui les broyaient. Aujourd’hui, il n’est obnubilé que par cette question. Rien ne le préoccupe davantage. Parce que hormis cette inconnue, il croit avoir pris toutes les précautions utiles. Les effectifs sécuritaires, entre policiers, gendarmes et miliciens, qu’il a alignés pour une répression programmée dans ses moindres détails, les augmentations de salaires, avec effet rétroactif sur trois années, qu’il a consenti à tous les militaires, policiers et gendarmes, les armements et une batterie ahurissantes de moyens qu’il a mis en place, pour réprimer toute velléité populaire de soulèvement, ne souffrent que d’un seul impondérable: La réaction de l’armée.
    Et les rumeurs qui circulent depuis plus de deux mois, dans des milieux d’officiers algériens ne sont pas pour le rassurer. Des milliers d’officiers font savoir, en effet, à leur manière, et au sein de leur propre institution, que le régime ne devra pas les solliciter pour faire tirer sur la population, et que bien au contraire, s’ils estiment que le peuple est l’objet d’exactions qui passent la limite de la légalité, leur camp naturel serait du côté de leur peuple, comme en Tunisie, et comme en Egypte. Et c’est là le principal problème de l’heure, le seul et le plus important en l’occurrence pour le régime, qui est totalement tabou, et qu’aucun média n’a seulement évoqué, serait-ce par allusion. C’est cela en effet le problème qui empêche les barons du régime de dormir, et qui les pousse à des attitudes qui frisent la panique, comme de déplacer leurs capitaux des banques américaines et européennes pour les placer dans les pays du Golfe, au Vénézuela et autres pays receleurs.
    En ce moment même, il règne au sein de l’armée algérienne un climat de chasse aux sorcières, où le DRS joue le même rôle que dans les années 90 où il lancait des traques qui finissaient souvent en assassinats, contre tous les officiers suspectés seulement d’avoir des sympathies islamistes. Aujourd’hui il n’a plus les moyens de ses turpitudes, et il ne peut plus faire assassiner une majorité de jeunes officiers. Trop nombreux, en une période qui n’est plus aussi permissive que pendant la décennie rouge. Mais il tente de leur faire peur, en même temps qu’il tend la carotte aux plus charismatiques d’entre-eux.
    Mais tant va la cruche à l’eau. Lorsqu’un régime s’est imposé par la peur et le carnage, et qu’il ne peut plus se livrer à de telles extrémités, ceux qui sa taisaient, ou qui se terraient, parce qu’ils craignaient pour leur vie, s’enhardissent et se manifestent de plus en plus ouvertement. Et ceci entraînant cela, le nombre des officiers qui affichent leur ralliement à leur seul peuple, comme on brandit un étendard, devient de plus en plus massif.

    C’est cela qui a jeté l’effroi dans le coeur des barons du régime. Car l’armée était leur principal garantie de survie. Aujourd’hui, ils ne craignent pas seulement que l’armée ne se range pas de leur côté, contre le peuple, mais ils savent, sans l’ombre d’un doute, que si le soulèvement est massif, l’armée algérienne serait à l’avant garde de la révolution. C’est cela le nombre d’or de la formule, si je puis dire. Et c’est pour cela qu’il nous faut multiplier les appels à nos frères officiers, sous-officiers et hommes de troupe. De leur engagement à nos côtés dépend la suite des évènements. Il suffirait qu’ils fassent connaître massivement leur intention de rallier la cause du peuple, pour que ce régime abdique. Car les exemples des despotes qui ont été balayés sont là pour lui rappeler qu’il est de son interêt, celui des barons qui le composent, de leurs clientèles et de leurs parentèles, qu’ils remettent les clés de la maison à son véritable propriétaire. De façon franche et irrévocable. Sans chercher à tergiverser, ni à ruser.
    Le temps n’est plus au replâtrage, mais à la démolition de tout l’édifice mafieux, et à l’avènement d’un Etat de Droit. Ces barons du régime peuvent épargner au pays, et surtout à eux-mêmes, de lourdes conséquences. Les situations comme celles qu vit notre pays, lorsqu’elles dégénèrent, peuvent devenir incontrôlables. Elles peuvent déboucher sur des tragédies immenses. C’est à eux qu’il appartient aujourd’hui de rendre ce pays à son peuple. Il leur sera tenu compte de cette sage résolution, si elle se produit. Et ils pourront peut-être jouir du fruit de leurs rapines, si le peuple le leur permettra, pour avoir su éviter de faire couler son sang. Sinon, le peuple algérien et son armée sauront qui aura été le principal responsable de toute tragédie qui viendrait endeuiller, encore une fois, les Algériens. Et ils sauraient que toutes les souffrances inutiles qui auront été infligées au peuple, n’auront été dictées que par le désir de s’accrocher au pouvoir, juste pour pouvoir continuer à piller le pays, au prix d’un fleuve de sang. A Dieu ne plaise !




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  • mohamed
    9 septembre 2011 at 13 h 39 min - Reply

    On doit reprendre le mot d’ ordre(slogan) de nos freres syriens: la mort plutot que l’ humiliation.ça c ‘est des hommes, on a longtemps, nous algeriens ,gonflé le torse, finalement on s ‘est degonflé , certains meprisaient pele mele les egyptiens ,les tunisiens ,les syriens , finalement il s’ est averée que c ‘etaient nous les algeriens qui etaient des poules muoillées et qui avaient une grosse gueule , que l’ on se trouve dernier de la classe.Les algeriens ont prouvés leur cupidité, certains diront pas tous, evidemment pour noyer le poisson, on s ‘illustrera pas des propos langue de bois ,du genre: non il y a des hommes, faut pas generaliser, etc ,le fait est que la majorité se laisse faire et profite des miettes que le pouvoir predateur lui jette au sol.




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  • HAMED
    9 septembre 2011 at 14 h 03 min - Reply

    je lance un appel aux gens sincères,les gens de bonne familles, qui aiment leur pays et son peuple,l’anp,la police,la gendarmerie,de ne pas tirer sur le peuple le jour ou il soulevra,après la révolution c’est leurs familles qui subiront les conséquences, il faut qu’ils pensent à eux dés maintenant,car ce jour là viendra si ALLAH le tout puissant,le veut.GLOIRE A NOS CHOUAHADA




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  • elforkan
    9 septembre 2011 at 14 h 07 min - Reply

    @ Afif
    « « une charte du musulman dans la société » »
    Mon cher compatriote , la voici la fameuse charte du musulman :
    « Certes, Allah commande l’équité, la bienfaisance et l’assistance aux proches. Et Il interdit la turpitude, l’acte répréhensible et la rébellion. Il vous exhorte afin que vous vous souveniez.*
    Soyez fidèles au pacte d’Allah après l’avoir contracté et ne violez pas vos serments après les avoir solennellement prêtés et avoir pris Allah comme garant [de votre bonne foi]. Vraiment Allah sait ce que vous faites! » verset 90 et 91 sourate en’nahl( les abeilles).
    Pour la pseudo Défenseuse des animaux la Brigitte Bardot qui n’a d’œil que ce que font ‘subir’les musulmans au pauvre mouton le jour de l’Aid el Adha, et oublie chez elle dans ce monde judéo-chrétien laico civilisé que pour distraire les hommes blancs au ventre plein, on larder le taureau, à seville dans leurs arènes, de coup de piques pour son seul tort d’être un taureau vivant en Europe et que le ventre plein capitaliste s’ennuie souvent et,il faut bien le distraire …
    j’ajourerai que l’animal n’a pas attendu l’avocate Brigitte Bardot, il a été défendu voilà presque 15 siècles,par un homme qui n’a cherché ni gloire, ni prestige, ni notoriété :

    Le Messager d’Allah (saws) a dit : « Une femme fut châtiée (en enfer) à cause d’une chatte, car elle l’enferma jusqu’à la mort en ne l’ayant point nourrie ni abreuvée et sans l’avoir autorisée à sortir pour qu’elle puisse manger les petites bêtes et autres insectes de la terre. » Rapporté par Boukhâry et Mouslim.
    Le Messager d’Allah (saws) a dit : « Il n’y a point un moineau ou un animal plus gros, que l’homme ne tue sans excuse, sans qu’Allah ne lui demande des comptes le jour de la résurrection au sujet de ce qu’il a tué. » Rapporté par Nassâï et authentifié par Albâny.

    Le Prophète entra dans le jardin d’un homme où se trouvait un chameau. Ce dernier, après avoir aperçu le Prophète (saws), vint à lui. Soudain, il se mit à pleurer. Le Prophète (saws) sécha ses larmes et le chameau cessa de pleurer. Ensuite, le Prophète appela le propriétaire de la bête et lui dit : « Ne crains-tu pas Allah au sujet de cette bête qu’Allah t’a attribuée ?! Cette bête s’est, en effet, plainte de toi, car tu l’affames et tu lui imposes un travail qu’elle ne peut supporter. » Rapporté par Aboû Dawoûd et authentifié par Albâny.

    Alors aurons nous le droit de douter que l’Islam a défendu les animaux bien avant bien cette Brigitte Bardot qui au lieu de pleurnicher sur le sort des animaux, aurait du pleurnicher sur le sort des algériens qui se faisaient massacrer par dizaines de milliers de 1830 à 1962 par ses semblables « pseudo humanistes » laïcs !

    Sans rancune, aucune et mes sincères salutations.

    =============================
    Evitons de sortir du sujet en débat.
    Je ne pense pas que l’écrasante majorité des lecteurs et lectrices aient besoin de leçons de fiqh. Nous sommes tous imprégnés de nos valeurs civilisationnelles auxquelles nous tenons. Il serait plus utile de les appliquer sur le terrain, plutôt que les rappeler théoriquement à tout bout de champs.
    Salah-Eddine




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  • MissTmourt
    9 septembre 2011 at 15 h 12 min - Reply

    Merci Frère S.E. pour les précisions. Votre constance sera marquée en lettre d’or dans les livres d’Histoire.

    @ Djamel

    Quelles sont vos sources ? Êtes vous dans l’armée pour affirmer ce que vous dites ?

    Sinon vous avez tout à fait raison, il faut que les officiers intègres rejoignent le mouvement. Le jour où une large coalition représentant véritablement l’opposition algerienne les appellera à choisir leur camp, ce jour là sera la fin de ce régime pourri qui se cache derrière l’armée pour se protéger du peuple…en attendant il faut continuer le travail de sensibilisation en direction de l’armée.




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  • Mouloud Y
    9 septembre 2011 at 15 h 30 min - Reply

    @elforkan,

    Il me semble que les croisades ne sont pas encore fini !




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  • Congrès du Changement Démocratique