Édition du
30 March 2017

La France et L’Algérie de la Culpabilité justificatrice à la Responsabilité édificatrice

Centre Socio-Culturel de Paris
13ème année
Séminaires 2011
Samedi 15 octobre 2011 de 14h00 à 20h00

La France et L’Algérie
de la Culpabilité justificatrice
à la Responsabilité édificatrice

14h00 Accueil

14h30 Ouverture : Larbi KECHAT, directeur du centre

Présidence de séance : Norman PALMA, maître de conférences, université de Paris- Sorbonne

v Abdelmadjid AIT-SAADI, ingénieur en retraite
«Les relations entre l’Algérie et la France, de 1515 à nos jours »

Lydia AIT SAADI, docteur en histoire
« Histoire en partage et guerre des mémoires, la réconciliation est elle possible? »

Abdeldjalil BOUHAFS, professeur-chercheur
« Les indigènes de la France coloniale»

v Mohamed CORSO, professeur des universités Alger
« Le droit des peuples anciennement colonisés »

v Fouad NOHRA, chargé de conférences auprès des universités de Lille
« Les enjeux diplomatiques du débat sur la colonisation française en Algérie »

16h35 – 16H50 : pause

20h30 : Clôture : Larbi KECHAT

PARTICIPATION AUX FRAIS : 5€

Centre Socio-Culturel de Paris
7-15 avenue de la porte de la Villette 75019 Paris
Metro : porte de la Villette, sortie N° 4 côté Taxisu>
Bus : 150 – 249 – 152 – PC2 et PC3
Arrêt porte de la Villette


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5 Commentaires sur cet article

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  • Abdel Madjid AIT SAADI
    19 octobre 2011 at 12 h 42 min - Reply

    1. La période ottomane 1515-1830
    Après la chute de Grenade en 1492, les espagnols et les portugais, vont attaquer et prendre les villes côtières méditerranéennes du fait de la faiblesse de l’État zyanide, qui a dû en 1512, signer un traité de paix avec l’Espagne. Pour libérer les ports conquis, les habitants de Bejaia suivis par ceux d’Alger, appelleront à leur secours les ottomans. En 1513, Arrouj et Kheiredine Barberousse, « répondront à cet appel », pour Jijel et en 1516, pour Alger. Le sultan Ottoman Selim investira Kheiredine Barberousse, en 1519, et celui-ci, portera le titre de Beylerbey (bey des beys) en 1588, avec droit de regard sur les régences de Tunis et de Tripoli. En 1659, le titre deviendra celui d’agha, et en 1671, le gouverneur s’appellera Dey quand l’Algérie jouira de son indépendance vis-à-vis de l’État ottoman, avec lequel les relations ne seront plus qu’honorifiques et nominales, sans plus.
    Les alliances au 16ème siècle, de la France de François 1er avec l’Algérie, sa protectrice. D’autre part, ils ne pouvaient ignorer les multiples traités signés entre les rois de France et l’Algérie. Louis XIV appelait l’Algérie, un royaume, et il décida d’acheter lui-même la charge consulaire à Alger en 1690. Suite à la victoire de la flotte de guerre d’Alger en mer de Manche contre la flotte hollandaise en 1689, Louis XIV nomma un ambassadeur à Alger avec rang de consul. D’un point de vue britannique, l’on se souviendra comment la reine Élisabeth I appela en 1587 Mourad Reis, afin de sauver l’Angleterre de l’invasion espagnole, durant la guerre de sept ans (1755-1763) en permettant à cette dernière l’ouverture d’un vice-consulat à Oran pour gérer des flux d’exportation de blé (50 navires en rotation permanente) pour soutenir l’effort de guerre du peuple britannique.
    Au début du XIXième siècle cependant, l’équilibre des forces en Méditerranée, va défavoriser l’Algérie, du fait de deux facteurs essentiels :
    – Au niveau interne, du fait de la réduction des revenus maritimes liés à la possibilité pour les européens clients, de s’approvisionner depuis leurs nouvelles colonies, sans devoir acheter à partir d’Algérie. Le Trésor, du fait de ce manque à gagner, augmentera les taxes sur les producteurs qui, criblés de dettes, préfèreront abandonner l’agriculture ou leurs ateliers, emportant dans leur sillage les rentiers militaires, et le gouvernement qu’ils supportaient faiblira.
    – Au niveau externe, la révolution industrielle, qui a permis en même temps la prise de nouvelles colonies, va amener les puissances européennes à devoir s’entendre pour partager ces colonies, notamment en 1815, au Congrès de Vienne, et d’Aix La Chapelle en 1818, ceci les obligera vaille que vaille, à s’entendre, tout au moins face à l’hégémonie de l’Algérie en Méditerranée. Ainsi en 1816, l’Algérie, se trouvera seule, face à une coalition de huit pays européens. En 1818, vingt pays européens signeront un Pacte de défense maritime contre l’Algérie ; en fait, il s’agissait d’une entente pour occuper l’Algérie. En 1827, la flotte algérienne sera détruite à Navarin en Grèce, alors que l’Algérie, prêtait aide et assistance à la marine ottomane agressée par les français, les Anglais et les Russes aidés par d’autres flottes de plus petits pays européens.

    2. L’occupation française 1830 -1870.
    Les relations d’amitié entre l’Algérie et la France, remontent au XVIième siècle. La France obtint de ce fait, des privilèges commerciaux, elle ouvrit des comptoirs à Annaba et La Calle, pour la pêche du corail et l’exportation de céréales vers l’Europe. Lors de la Révolution française de 1789, l’Algérie fut au nombre des pays qui ont reconnu la République nouvelle qui subissait le blocus économique des autres pays européens. C’est à ce moment-là que l’Algérie accorda des « crédits sans intérêts », au gouvernement révolutionnaire français, et qu’elle l’autorisa à s’approvisionner auprès des ports algériens pour lever le blocus . Les relations étaient excellentes, puisque l’on peut lire dans Le Moniteur de juin 1793: « Tandis que l’Europe se coalise contre la France libre, une puissance africaine (Alger), plus loyale et fidèle, reconnaît la République et lui jure amitié». Ces relations durèrent tant que l’Algérie fut puissante. En 1799 et afin de nourrir les soldats de l’expédition d’Égypte menée par le général Bonaparte, Talleyrand négocie un paiement différé pour deux négociants juifs d’Alger, Bacri et Busnach, chargés d’importer du blé algérien en France. Ceux-là ne furent pas payés, et ne purent s’acquitter des taxes algériennes. Par ailleurs, la production de blé algérien se heurte à la concurrence de l’Europe de l’Est, et la chute de l’Empire français a privé l’Algérie d’un grand importateur. La crise sociale inhérente à ces baisses de revenus pour le Trésor algérien, déclenche une crise politique, le dey d’Alger semble contesté par les beys. La menace d’implosion intérieure ne cesse de s’amplifier dans les années 1820.
    A partir de 1815, les flottes britannique et française dominent la Méditerranée. Depuis la destruction de la flotte algérienne à Navarin en 1827, les conditions furent réunies pour imposer le blocus français et préparer l’invasion, qui commença le 16 juin 1827 .
    Origine française :
    Pour distraire une opinion publique agitée (Seconde Restauration) et encouragée par la Russie, la France se relance dans les campagnes coloniales sous des prétextes comme :
    – Le refus du Dey de parapher le mémorandum d’Aix La Chapelle qui lui a été présenté par les amiraux des flottes britannique et française en 1818.
    – La violation du traité de paix avec la France, durant les années 1826 et 1827, en procédant à l’inspection de navires et unités françaises ou sous protection française.
    – Le coup d’éventail asséné par le Dey au Consul de France et son refus de présenter des excuses à l’État français.
    Mais quels sont les véritables mobiles de cette agression ? Le ministre français De Polignac, dira « que la colonisation devrait être bénie par tous les chrétiens et le monde » : Il dira : «Si le combat qui va démarrer a bien un résultat important, ce sera celui qui doit être porté au crédit du christianisme », et ainsi il obtiendra l’assentiment populaire grâce aux sentiments religieux contre l’Algérie qui avait mené un Jihad maritime durant de longues périodes.
    – Profiter de la destruction de la flotte algérienne à Navarin.
    – Profiter de la supériorité des forces françaises qui s’étaient modernisées.
    – Reddition d’Alger le 5 Juillet 1830, après une bataille assez brève, de quelques jours.
    3.- La conquête française, de l’Algérie :
    La politique de colonisation française en Algérie,
    Le génocide Décimer la population « arabe », et terre brûlée.
    Parmi les stratégies et moyens employés par la France pour l’occupation de l’Algérie, nous noterons l’engagement sur l’honneur, adressé au peuple algérien par le général De Bourmont, commandant le corps expéditionnaire français par lequel il garantissait la liberté des habitants de toutes classes, leur religion, leur propriétés, leur industrie, qui ne devaient recevoir aucune atteinte. Il leur assurait également qu’il n’était pas là pour les combattre.
    Or, le massacre d’une tribu El Oufia, suivie d’une déclaration du Général Rovigo où il vante les mérites et la bravoure de ses hommes suite à ce massacre perpétré dans la nuit du 23 avril 1832 : «Au retour (de cette opération) nos cavaliers brandissaient des têtes humaines au bout de leurs épées, quant au bétail il fut vendu au consul du Danemark, et des morceaux de membres humains ensanglantés furent exposés dans une rue de Bâb Azzoun ».
    Tout comme, la déclaration du ministre français de la guerre, le maréchal Etienne Maurice Gérard, après sa nomination en juillet 1834: ne laisse aucun doute sur les objectifs : «Il est nécessaire de décimer tous les habitants arabes, par les massacres, les incendies, la détérioration des cultures agricoles, c’est la seule façon d’imposer notre domination »
    On rapporte le massacre en 1844, de plus de 500 membres d’une autre tribu dans une grotte où ils se réfugièrent avec hommes, femmes et enfants. Avant déjà, la politique de la « terre brûlée », de Bugeaud, un rapport d’une commission parlementaire française en 1833 attestait de la sauvagerie et de la barbarie de l’armée d’occupation française. Ce n’est qu’au début du XXième siècle, que se terminèrent les opérations d’occupation militaire .
    Les différents régimes qui se sont succédés au pouvoir en France depuis 1830 sous le règne de Charles X auquel succéda Louis Philippe qui régna jusqu’en 1848, puis ensuite, Napoléon III, alors président de la République française, avant de se proclamer empereur le 2 décembre 1852, jusqu’au 4 septembre 1870, date de l’avènement de la IIIe République, et de la chute du Second Empire, qui sera connue comme « la République des colons », ignoreront le sort des « indigènes ». Après la visite de l’Empereur Napoléon en Algérie en 1860, il déclarera en 1863: « l’Algérie n’est pas une colonie a proprement dire, c’est un royaume arabe, les indigènes ont comme les colons, un droit égal à ma protection». Mais hélas, ce souhait a été contrecarré par le peuplement européen de la colonie comme le dira le général Clauzel, le 9 août 1835 : Ainsi donc, le 4 novembre 1848, la Constitution française déclarera l’Algérie «terre française ». Cette décision sera préparée par le passage de 37.577 soldats français en 1830, à 128.280 en 1847. Le décret du «Sénatus-consulte » du 14 juillet 1870, fera des algériens des sujets français, soumis au droit islamique, sauf pour ceux qui voudraient acquérir la nationalité française, et seraient alors soumis au droit français. A contrario, les juifs algériens, avec le décret Crémieux, du 24 Octobre 1870, obtinrent la nationalité française tout en préservant leur code familial juif. Le Code de l’indigénat de Mars 1871, « révélé en 1874 », mis en application du 26 Juin 1881, jusqu’en 1944, fera des algériens, des « gens soumis aveuglément aux colons ».
    La politique d’expropriation :
    La politique d’expropriation d’une part, et de peuplement européen, d’autre part, dépouilleront les algériens de pratiquement toutes leurs terres fertiles, ils seront acculés à la misère et à vivre dans les montagnes ou le désert, comme du temps des romains. L’organisation économique et financière de la colonisation française en Algérie. Le texte dit ce qui suit : « Après avoir déstructuré le système de la propriété agraire commune par une série de lois et décrets comme celui du 16 juin 1851, la IIIe République entama à partir de 1870, l’application de la deuxième phase de sa politique de restructuration, du secteur agricole, visant à établir la colonisation officielle avec un financement de l’État par le biais de lois étatiques et officielles, ainsi que par la confiscation des terres ».
    Les textes donnent l’exemple de la loi Warniers en 1873 connue sous la désignation de « loi des colons » qui visait à combattre la propriété agraire pour les algériens et le développement du secteur agricole privée des colons que ce soit par la superficie accordée que par les moyens et méthodes de production. Cette loi visait également à la confiscation des terres et propriétés des familles et tribus ayant participé aux révoltes populaires notamment celle d’El Mokrani en 1871 qui a été à l’origine de la confiscation de près de 500 000 hectares de terres. Ces mesures furent à l’origine de la paupérisation de la population musulmane, et de nombreuses familles ne trouvèrent d’autres moyens de survie que l’émigration en terres étrangères.
    Ces lois permirent l’accélération du séquestre et de la confiscation des terres algériennes. En effet entre 1830 et 1870, les terres confisquées atteignirent un demi million d’hectares, alors qu’entre 1871 et 1898 un million d’hectares de terres furent volées aux propriétaires algériens. Pour garder ces terres, la France encouragea la colonisation de peuplement. Entre 1871-1914, la politique d’européanisation connut ainsi un franc succès, notamment en 1870 quand la France perdit l’Alsace et la Lorraine et qu’elle fit venir en Algérie , 877 familles qui avaient fui devant l’armée prussienne.
    Le système fiscal fut également utilisé par la France contre la population algérienne d’origine. Une loi de 1874 imposa un « impôt arabe » supplémentaire, qui fut appliqué jusqu’en 1919. Par exemple, entre 1885 et 1890 , les Algériens payèrent 40 800 000 francs dont 19 millions d’impôt arabe. Au 19e Siècle les arabes payèrent le double de ce qu’eurent ) payer les colons. « L’algérien vivra étranger dans son pays […] il considérera que la mort lui est préférable à la vie dans l’humiliation et le mépris » . « Au début du siècle, les algériens payaient 46% des impôts, alors qu’ils ne restait entre leurs mains que 37% des richesses globales du pays » Cependant ce seront les lois d’exception et les tribunaux spéciaux, qui permettent l’exil, l’expropriation, l’emprisonnement sans possibilité d’appel pour les indigènes, qui sèmeront la terreur parmi les algériens, et maintiendront vivace l’esprit de résistance. Pour clôturer le tout, la loi du 3 février 1912, qui permettra de mobiliser les algériens au service de la France suscitera la plus violente des résistances.
    Le génocide culturel :
    Les lois édictées ont non seulement dépouillé l’algérien de ses biens et de ses terres, et l’ont marginalisé dans la vie, mais au surplus, il a été soumis à la minorité européenne, réduit aux travaux les plus pénibles, écarté des bénéfices de la santé et des institutions sociales et mal nourri, en sus de la mise à l’écart de l’enseignement et des infrastructures. Pire, en plus de subir les massacres répétés à la suite de chaque insurrection, il sera dépouillé de sa personnalité algérienne et islamique. On tentera d’éradiquer sa mémoire sociale collective, et on divisera les tribus qu’on exilera de force de leurs foyers originels pour briser sa structure.
    Dès les premiers mois de la conquête française, l’autorité coloniale a recherché les moyens de
    répandre les ‘’bienfaits’’ de l’instruction et de la civilisation sur les ‘’barbares’’. Quelques années, plus tard, une meilleure connaissance du pays les amenait selon l’historien Guy Pervillé, à réviser leur jugement . En effet, plusieurs enquêtes sur le terrain ont montré que le peuple algérien était instruit dans la même proportion au moins, que le peuple français, démentant le mythe du  »peuple sauvage en mal de civilisation ». Alexis de Tocqueville, chargé d’une enquête parlementaire concluait en 1847, que l’œuvre française fut une régression .
    En effet, sous l’impulsion de l’administration militaire, les mosquées et zaouïas furent, soit démolies, soit reconverties (pharmacies militaires, entrepôts et pour comble, en écuries !..), ou transformées en églises, soit enfin vendues à des colons comme résidences. Ceci, malgré les promesses du général de Bourmont à la population, lors de la prise d’Alger en juin 1830, de respecter la religion : « Je vous garantis et vous fais la promesse solennelle et inaltérable que vos mosquées grandes et petites ne cesseront d’être fréquentées, comme elles le sont maintenant et plus encore, que personne n’apportera d’empêchement aux choses de votre religion ». Pendant les trente premières années de la colonisation, le commandant du corps expéditionnaire avait pour principal objectif, comme le dit si bien le duc de Rovigo, de : «Remplacer peu à peu l’arabe par le français ».
    La constitution de l’État-civil algérien, visera l’éradication de la nation, en affublant les habitants de noms n’ayant aucune origine d’ascendance. Par l’abandon de l’enseignement de la langue arabe, on a visé à couper les indigènes de leur histoire et de leur passé, en utilisant l’État civil , pour détacher les algériens de leur ascendance et de leurs tribus.
    Le colonialisme français a limité l’application du code islamique qu’il a intégré au sein de la justice française par une série de décrets, entre 1834 et 1892. Quand les algériens, ont refusé de se départir de leur code islamique, et évité de recourir aux tribunaux français, le gouverneur général De Gueydon, déclarera le 22 mai 1874. « La justice fait partie de la souveraineté, il appartient au juge musulman de se soumettre devant le juge français, et chacun doit comprendre que nous sommes les vainqueurs » .
    La France a eu pour principe d’éradiquer la personnalité algérienne, et d’effacer ses repères
    identitaires. Cette politique a reposé sur l’éradication de tous les lieux d’enseignement en arabe et de culture, la francisation de l’environnement et l’ouverture d’écoles pour simplement former des agents et des traducteurs devant servir d’intermédiaires avec le peuple. De Bourmont a brûlé les manuscrits et les documents d’Alger, tout comme avant lui, les Romains qui avaient brûlé Carthage. La langue arabe a été combattue, car elle constituait un élément essentiel de la composante arabe et islamique, elle fut remplacée dans tous les domaines par le français. La Presse elle, n’était que le prolongement de la presse française, la presse algérienne quand elle existait subissait les pressions et les procès.
    Au plan religieux, la France a combattu la langue arabe et la religion islamique qui constituaient les bases de la personnalité nationale algérienne, en tentant de mettre fin à la nation et nier même son existence. Dans ce but, elle a pris un certain nombre de mesures : Politique de christianisation confiée à des archevêques , des médecins, des enseignants et même à des militaires et à des hommes politiques. Quand l’émir Abdel Kader déclenchera le « Djihad », il ne faisait en réalité que lancer une guerre défensive comme le firent après lui, les chefs algériens durant la période de résistance à la conquête, et le terme n’a été utilisé que pour stimuler et entraîner derrière eux le peuple. L’appel en faveur de la Ouma islamiyya en danger, n’est rien moins synonyme de la « patrie en danger », consacré par la Révolution française. Un voyageur français, Poujoulat, dans un essai apologétique en 1844, sur la vocation chrétienne de la France en Algérie, rapporte un entretien qu’il eut avec Bugeaud :
    « Que faisons-nous en Afrique ? Poujoulat répondit à Bugeaud : Vous continuez l’oeuvre de Godefroy, de Louis VII et de Saint Louis », pour conclure par « Notre guerre d’Afrique est donc une continuation des Croisades ».
    Ainsi des mosquées ont été transformées en écuries, et en églises. Le pèlerinage fut soumis à autorisation. Des hommes de culte musulmans furent exilés. Le culte fut géré par des employés subalternes au sein de l’administration, sous le contrôle de l’armée.
    Au nombre des conséquences de la politique coloniale, il faut noter la politique de la terre brûlée qui a déstructuré l’économie du fait de son rattachement à la structure française capitaliste; la décomposition de la structure sociale; le démembrement des grandes familles après la saisie de leurs terres; l’exil; l’implantation d’une société étrangère et intruse dans ses mœurs et son mode de vie; la francisation de l’environnement pour éliminer la culture algérienne et faciliter l’intégration dans la société française. Toutes ces mesures conduiront à la pauvreté et à la famine. L’extension de l’ignorance et de l’analphabétisme a amené les écoles à agir dans la clandestinité. Cette politique de destruction de la société, aura pour issue son appauvrissement et son génocide planifié, avec la famine de 1867, dans un pays riche, pourtant. Ces atteintes graves au peuple algérien qui a tenté de se préserver, ont conduit à la naissance de résistances de formes multiples contre le colonialisme.
    1) Les premiers pas de la résistance politique et culturelle et la lutte intellectuelle :
    La naissance du mouvement national algérien dans le cadre de l’émergence des mouvements nationaux inspirés par le réformisme musulman à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle dans le monde arabo-musulman.
    a) Les jeunes algériens revenus au pays après avoir étudié dans les grandes universités moyen-orientales, et influencés par ces courant réformistes constitueront des formations, associations, et clubs, œuvrant à préserver et renforcer la culture arabo-musulmane, sur des bases déjà bien établies en Algérie, par les confréries religieuses et les Zawiya, qui avaient déjà largement contribué à la formation d’une conscience nationaliste algérienne et inspiré les révoltes populaires du 19e siècle.
    b) Deux courants d’intellectuels algériens du début du 20e siècle vont prendre forme.
    Le premier courant est celui des traditionalistes et conservateurs qui se battaient pour la préservation des valeurs culturelles arabes et musulmanes.
    c) L’autre courant était celui des modernistes qui avaient pour credo : l’ouverture sur le monde et l’époque moderne.
    d) Au début du 20e siècle, de nouvelles formes de lutte apparurent en Algérie, avec les clubs et associations à caractère culturel, qui utilisèrent la presse en langues arabe et française pour revendiquer les droits des Algériens.
    e) La lutte intellectuelle et culturelle qui précèdera la lutte politique entre 1870 et 1914.
    L’une des armes de l’administration coloniale était la colonisation morale qui consistait à marginaliser le peuple algérien et à l’éloigner des bases, arabo-musulmane et de son identité par l’assimilation et la christianisation. Apparaissent plusieurs clubs et associations culturelles à caractère arabo-musulman, la « Rachidia »1849 avec Ibn El Touhami , et le docteur Brihmat , L’association « Tawfiquia » 1908 présidée par Ibn Touhami, le club « Salah Bey » 1908, le club « El-Taraqi » (cercle du progrès), en 1927 qui est à l’origine de «l’Association des Ulémas Musulmans d’Algérie ». A leur côté également une liste de confréries soufis, la « Qadiriya », la « Tijaniya », « Shadhliya », la « Rahmaniya ». Ces associations sont toujours liées et en symbiose avec les révoltes populaires. Toutes ont un un programme de revendications des courants conservateurs et assimilationnistes. Nous pourrons dire à propos des « assimilationnistes » : « Malgré leur petit nombre au sein de la population algérienne, ils furent tout de même à l’origine d’une nouvelle forme de résistance. Les assimilationnistes, au tant que conservateurs, ont œuvré à améliorer la situation des Algériens ».
    2- La première guerre mondiale et l’émergence de la résistance politique organisée :
    La première guerre mondiale a eu des effets positifs sur le peuple algérien et la résistance politique qu’elle amorça une bonne fois pour toutes. On attribue la « paternité »de cette résistance politique organisée, à loi de conscription militaire de 1912. En effet, cette dernière sera le déclencheur de la mobilisation politique des algériens, sous la bannière suivante : « Si la France nous a pris nos biens, elle ne nous prendra pas nos fils ». D’après les chiffres publiés le 14 août 1920, par le journal « l’Écho d’Alger». Il situe le chiffre du nombres de soldats algériens morts au combat pendant la première guerre mondiale à 19.074 algériens, et 72.035 blessés, ainsi que 8.779 infirmes Le tiers des hommes algériens furent utilisés soit comme soldats au front soit exploités comme main d’œuvre, mais on ne saura pas la source de ces chiffres qui correspondent en fait à ceux donnés par le député M. Maurinaud […]dans les usines et les champs agricoles en France.
    L’étude reproduit un large extrait du chapitre de la lutte politique p.314. de l’ouvrage de Ferhat Abbas La Nuit Coloniale, qui chiffre, le nombre d’algériens tombés sur les fronts de la première guerre mondiale, à 56.000 morts, 82.000 blessés et 8.779 infirmes. Par contre ces sacrifices valurent aux Algériens d’apprendre à ne plus craindre la puissance militaire française. La guerre permit également aux jeunes Algériens de rencontrer d’autres colonisés (africains et asiatiques), également exploités par la France, et cela éveilla des idées nationalistes chez les soldats, alors que les travailleurs algériens apprirent les méthodes de luttes syndicales (manifestations, tracts…).
    3- La lutte politique entre les deux guerres mondiales:
    La lutte politique issue de la première guerre mondiale: Quand à la fin de la première guerre mondiale, les Algériens revendiquèrent leur droit à l’autodétermination (conformément à l’un des 14 points de la doctrine de Wilson sur « les droits des peuples à disposer d’eux-mêmes »), ce droit leur fut refusé. Cependant, en réponse aux revendications algériennes, par rapport aux promesses de Poincaré d’accorder des compensations, suite à la charge de la conscription militaire, la France proposa la réforme du 04 février 1919. Celle-ci visait à faciliter la naturalisation de certaines catégories d’Algériens et sous certaines conditions, mais également l’augmentation ou l’octroi de droits politiques aux « indigènes », ainsi que le droit de vote et la participation d’élus algériens à toutes les assemblées sans toutefois leur donner la parité. Une partie des intellectuels algériens l’accepta en y voyant un moyen d’arriver à l’égalité, et un autre courant s’opposa à cette loi, considérant que l’égalité n’était possible qu’avec le respect du statut personnel musulman ; l’émir Khaled fut de ceux là.
    Les partisans de l’égalité politique : Les études attribuent la véritable paternité de la lutte politique moderne à l’émir Khaled. La lutte de ce dernier visait à court terme à obtenir le droit de vote qui consacrera l’égalité entre colons et algériens d’origine arabe, et sur le long terme l’émir visait déjà à l’indépendance de l’Algérie. C’est ainsi que sa lutte prit un aspect révolutionnaire qui va se développer et mûrir jusqu’à aboutir à l’insurrection du 1er novembre 1954
    – Grâce à son projet politique (n’étant rien de plus que l’application des droits républicains français, sans faire référence à l’indépendance de l’Algérie), l’émir reçut le soutien des masses qui lui permit de gagner les élections municipales de septembre 1919, contre un assimilationniste, mais les autorités françaises prirent peur devant la victoire de l’émir et annulèrent l’élection. En 1923, l’émir Khaled est expulsé vers la métropole à cause de ses articles dans le journal « El-Ikdam ». En France, il fréquentera le milieu des travailleurs maghrébins. Aussi sa lutte politique prendra-elle une dimension maghrébine, car il partait du principe que l’indépendance de l’Algérie n’était possible qu’avec celle de la Tunisie et du Maroc qui étaient tous deux sous protectorat français. C’est dans ce cadre que fut organisé avec d’autres nationalistes maghrébins comme Messali Hadj, Ali El-Djamai El-Marakchi, Abdel Aziz El-Mounaouir, Abdel Kader Ben Hadj Ali, un congrès portant sur la situation des peuples maghrébins sous domination française et c’est ainsi que fut crée « l’Etoile Nord Africaine », ENA. C’est dans ce cadre que l’émir soutint la lutte de l’émir Abdel Krim El-Khattabi, pour libérer le Riff de la colonisation espagnole. Les positions courageuses de l’émir Khaled, lui valurent l’expulsion en 1926 vers Damas où il décéda en 1936. Le chapitre se termine sur la phrase suivante : « Si l’homme disparut de la scène politique, ses idées lui survécurent et elles continuèrent à inspirer la lutte politique »
    -Les assimilationnistes : Les assimilationnistes acceptèrent la naturalisation en se défaisant de leur statut personnel musulman en échange de l’obtention des mêmes droits que les colons européens en Algérie. Le représentant de ce courant était le docteur Bentami. Le manuel cite Ferhat Abbas qui disait à propos de la réforme du 04 février 1919: « il ne modifia pas notre statut de sujets et esclaves de la France, les français et les algériens demeurèrent séparés au regard de la loi, et le problème de nationalité et de l’égalité resta le même ».
    – Déclaration de Ferhat Abbas, 1936, où il nie la patrie algérienne, se découvrant une identité française. Il y explique qu’il a cherché la nation algérienne sans la trouver, et qu’il n’était pas prêt a mourir pour cette illusion de nation, et enfin qu’il n’y a rien dans Le Livre saint qui puisse empêcher un algérien musulman d’être nationalement un français.
    -Indépendantistes et Etoile Nord Africaine : Messali Hadj, ENA, PPA et MTLD étaient tabou dans l’histoire administrée, avant d’être partiellement réhabilités, depuis 2000.
    Plans coloniaux de paix :
    La résistance a obligé le colonialisme à proposer des plans tendant à tromper sa vigilance :
    Loi du 4 février 1919 : droits à quelques algériens pour les sacrifices de la guerre mondiale.
    Projet Blum Violette, 30 décembre 1936 : Du front populaire, quelques droits à quelques parties de la population sans contrepartie de l’abandon, du statut matrimonial musulman.
    Plan de Constantine, du 12 décembre 1943 : De gaulle, donne la citoyenneté à des milliers d’algériens, en contrepartie de leur abandon du statut personnel, et l’augmentation de la représentation des musulmans dans les assemblées et dans l’administration.
    Ordonnance du 7 mars 1944 : De Gaulle, accorde l’égalité des droits entre algériens et français, l’égalité devant la Loi, et l’abrogation des lois d’exception.
    Loi du 20 septembre 1947, Statut de l’Algérie : Un ensemble de réformes venant après les massacres du 8 mai 1945, pour calmer la situation et contenir le mouvement national, qui au contraire, redoublera d’ardeur pour arracher la liberté avec la révolution de libération.
    Résultats de la résistance durant la période étudiée :
    Les efforts de résistances, tant politiques que militaires, ont abouti à la persistance du rejet
    de toute soumission, et à l’échec de la politique de dissolution de la personnalité et de la société algériennes. Le peuple a pris conscience de la nécessité de l’unité à travers le Manifeste de février 1943, les amis du Manifeste en 1944 et le front commun pour la défense de la liberté en 1951. La résistance a dévoilé les contradictions coloniales entre les principes et les actes, avec les boucheries du 8 Mai 1945. Elle a réussi à garder l’Algérie dans le giron arabe et islamique, malgré les prétentions françaises de succès de l’intégration. Elle a préservé l’unité territoriale et géographique de la patrie algérienne par ses prolongements militaire et politique et malgré les efforts de division du colonialisme. Le mouvement national a montré dans ses différentes orientations la capacité de la nation algérienne pour l’ouverture, le progrès, de concert avec les valeurs de civilisations extérieures, et la préservation de l’origine et des principes nationaux. La résistance a pu préparer la génération qui a dirigé la révolution de libération.Face aux tentatives de couper les algériens de leurs langues, de leur civilisation et de leur culture, Abdel Hamid Ben Badis, le père spirituel de l’Algérie du XXè siècle répondra : « Quoique fasse le colonialisme, nous apprenons notre langue et notre religion, même sous le chas d’une aiguille, ou le fil aiguisé tel celui du Sirat »
    1859 : Le 10 novembre a lieu la rentrée solennelle de l’École d’Alger (enseignement supérieur). Notons le célèbre rapport du général Ducrot sur les « moyens pour assurer la pacification de l’Algérie » et partant, sur sa conception de l’enseignement religieux. Il écrit notamment dans son rapport : « Entravons autant que possible le développement des écoles musulmanes, des zaouïas, tendons en un mot au désarmement matériel et moral des indigènes». La population algérienne a espéré un changement avec la politique du ‘’royaume arabe’’ de l’Empereur Napoléon III : « La France n’est pas venue détruire la nationalité d’un peuple […] Je veux augmenter votre bien être, vous faire participer de plus en plus à l’administration de votre pays. Comme aux bienfaits de la civilisation ». L’Empereur Napoléon III signifia même au gouverneur Mac Mahon de traiter les arabes comme des compatriotes, les musulmans comme des citoyens français tout en conservant leur statut social et religieux. L’Empereur recommandera également le rétablissement des tribunaux musulmans supprimés dès les premiers temps de la colonisation, ainsi que la réorganisation de l’école publique. Cependant, parallèlement à cette politique, était promulgué le tristement célèbre Senatus Consulte de 1863, relatif à la propriété foncière des indigènes et qui eut pour résultat l’expropriation des tribus indigènes et des archs. Malgré ces dispositions favorables aux colons, le ‘’lobby’’ colon à Alger, relayé efficacement à Paris par l’opposition à l’Empereur, qui parlait de ‘’Royaume Arabe’’, criait au scandale !
    L’école au service du christianisme et une école laïque au rabais, provoquent la mise en place d’un système privé chez les musulmans.
    1863-1870 : Prosélytisme militant du cardinal Lavigerie, notamment vis-à-vis du peuple berbère ‘’superficiellement islamisé’’ et à qui le cardinal ne désespère pas de faire retrouver sa foi chrétienne
    1879 : Loi du 20 septembre sous l’impulsion de Jules Ferry. Cette loi est votée pour interdire aux missions religieuses d’enseigner sans autorisation sur tout le territoire français et en Algérie. La compagnie des Jésuites est de ce fait, dissoute en France.
    1879 : La loi du 20 décembre, marque la naissance des Écoles supérieures.
    1880 : Protestation indignée du cardinal Lavigerie, qui refuse d’appliquer la loi de Jules Ferry en Algérie. Pour le cardinal, cette loi si elle devait s’appliquer, doit aussi interdire aux zaouïas
    musulmanes de dispenser leur enseignement. L’intervention du prélat dans les hautes sphères à Paris, lui a permis de rapporter cette loi et de restreindre son application, uniquement à la
    métropole . Le prosélytisme est plus triomphant que jamais.
    1882 : Application de la nouvelle législation scolaire française, en Algérie. Indignation des colons : «… pas de constructions d’écoles pour cette foule de gueux ».
    1890 : 10 000 enfants, soit 1,9% des élèves en âge scolaire, fréquentent l’école française.
    Avant 1900 : l’enseignement secondaire n’accueille en Algérie en moyenne, que 84 élèves
    musulmans par an.
    1907 : Le 27 décembre, un décret est promulgué. Il étend à l’Algérie les dispositions de la loi
    française du 9 décembre 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État. Le décret restera lettre morte en ce qui concerne le culte musulman. 33.397 enfants musulmans sont scolarisés. Ils représentent 4,3% du total des enfants en âge d’être scolarisés (776.634 enfants).
    1909 : A la veille de la fondation de l’Université d’Alger, les Écoles Préparatoires d’Alger
    comptaient 1605 étudiants. Ces étudiants sont dans leur grande majorité des enfants de colons.
    1909 : La loi du 30 décembre 1909, consacre la création officielle de l’Université d’Alger. Quatre facultés sont créées en remplacement des anciennes Écoles : médecine et pharmacie, droit et sciences économiques, lettres, sciences.
    1914 : À peine 5% des enfants en âge de l’être, sont scolarisés, soit 47.263 élèves sur 945.000
    enfants. La même année, la faculté d’Alger avait couronné 34 bacheliers musulmans et 12 licenciés. La colonisation est marquée par la destruction des anciennes structures de l’éducation, Pélissier de Reynaud parle d’un véritable génocide culturel , l’administration coloniale commença à appliquer les lois de 1883, dites de Jules Ferry (laïcité, gratuité, caractère obligatoire de l’école). Cette politique fut un véritable appareil contre la langue arabe et l’Islam . Alfred Rambaud explicite clairement la position adoptée par le pouvoir colonial en écrivant que la troisième conquête se fera par l’école .
    1938 : Pour le pouvoir colonial, « L’Algérie, c’est la France, et tous les français doivent connaître leur langue ». Le décret Chautemps confirme la circulaire de 1936, considérant l’arabe comme langue étrangère en Algérie.
    1944 : Le 27 novembre, le premier des six décrets promulgués par le C.N.F.L. présidé par le général de Gaulle prolonge les mesures du 12 octobre 1943, en soumettant les écoles privées
    subventionnées (les médersas libres) à un contrôle renforcé portant, […] sur les programmes. Un deuxième décret établit une distinction qui favorise l’enseignement du français dans les écoles privées musulmanes. La politique d’assimilation, de francisation est continuée mais de façon plus habile. Le décret de novembre 1944 définit alors, le régime d’autorisation préalable pour les écoles privées qui n’enseignent pas le français .
    1944 : 110.000 élèves fréquentent l’école, soit 8,8% du total des enfants en âge de l’être.
    1945 : Création en octobre, de l’Institut d’Études Supérieures Islamiques, pour dispenser la culture arabo-islamique et une culture française. La durée des études est d’une année.
    1950 : Les Oulémas adressent à tous les membres de l’Assemblée algérienne un mémoire exposant la situation particulière qui est faite au culte musulman « soumis à la mainmise totale et sans réserve de l’Administration ». Les Oulémas après avoir fait l’historique depuis 1830, proposent «l’institution d’un Conseil Islamique Provisoire, qui prendra la gestion des biens habous, au lieu et place de l’Administration ». Ce projet n’eut pas de suite. Le 10 juillet 1950, les médersas du gouvernement français, seront finalement transformées par décret, en lycées d’enseignement franco-musulman, puis en lycées nationaux en 1959 .
    1952 : Dans les trois départements français d’Alger, Oran et Constantine, il existe pour le système éducatif en Algérie 18 lycées dont trois franco-musulmans, 28 collèges d’enseignement général, 6 Écoles Normales, 188 cours complémentaires et 102 centres d’apprentissage, 1.697 écoles primaires élémentaires et 128 écoles maternelles. Ces établissements sont dans les grandes villes et ceci pour 9 millions d’habitants (8,5 millions d’indigènes et 500.000 européens). Cette force de frappe du système éducatif est pratiquement la même, à la veille du déclenchement de la révolution du premier novembre 1954
    1952 : L’Université d’Alger compte à la rentrée d’octobre 1.777 inscrits. Moins de 10% de ces étudiants sont algériens, 200, soit 1 étudiant pour 50.000 indigènes .
    Situation du système colonial à la veille de l’indépendance: 1954-62
    Voici un aperçu du nombre d’établissements scolaires en Algérie. Ces écoles, et lycées étaient réservés aux enfants des colons européens, des juifs émancipés depuis les décrets d’Adolphe Isaac Crémieux, et en dernier lieu, aux indigènes.
    Nombre d’établissements à l’indépendance :
    Tableau1 : les établissements scolaires par niveau et par région à l’Indépendance
    Département Écoles primaires Lycées et collèges Écoles Maternelles
    Constantine 626 59 22
    Oran 443 34 49
    Alger 628 75 57
    Total 1697 188 128
    L’alternative pour les enfants qui n’étaient pas admis dans le système officiel était de s’inscrire dans les écoles libres créées par l’Association des Ouléma, qui pour la plupart, étaient clandestines.
    Production du système éducatif colonial :
    Contrairement à l’idée que la France, aurait « civilisé et instruit les algériens » son système d‘enseignement qui a exclu les indigènes , a plutôt mis en place, la généralisation de l’analphabétisme.
    En 1914, il n’est sorti du système d’éducation colonial, que 34 bacheliers algériens. Diplômés totaux jusqu’en 1962 : 354 avocats, 185 P.E.S, 28 techniciens, 4 ingénieurs, 350 médecins, pharmaciens, chirurgiens dentistes.
    Tableau 2 : Comparatif de taux d’évolution de scolarisation entre les populations indigène, européenne et
    métropolitaine. Tableau reconstitué sur la base des chiffres donnés dans les annuaires statistiques de France et d’Algérie.
    Année
    Enfants scolarisés en métropole Enfants européens scolarisés en
    Algérie Enfants indigènes scolarisés en Algérie
    1911 94.9% 80.1% 3.8%
    1936 85.0% 69.1% 7.9%
    1948 88.8% 83.2% 8.9%
    1954 97.6% 85.4% 16.7%

    Tableau 3 : Évolution du nombre d’algériens, scolarisés par rapport à la population d’âge scolaire .
    Année garçons filles algériens total scolarisables algériens % algériens scolarisés Scolarisés algériens+Européens
    1891-92 12.300 590.000 2,0
    1901-02 22.763 1.409 24.172 660.000 3,7 114.899
    1911-12 36.585 3.084 39.669 750.000 4,9 152.274
    1921-22 41.215 4.555 45.670 830.000 5,5 144.952
    1931-32 61.996 7.260 69.256 950.000 7,3 184.870
    1937-38 87.462 17.286 104.748 1.150.000 9,1 233.830
    1945-46 100.025 29.276 129.301 1.280.000 10,1 240.128
    1946-47 114.300 35.848 150.148 1.400.000 10,7 262.672
    1950-51 164.371 53.374 217.745 1.800.000 12,1 337.330
    1953-54 210.123 73.685 283.808 1.900.000 14,9 410.627
    1954-55 225.289 81.448 306.737 1.990.000 15,4 436.577
    1959-60 372.138 221.773 513.911 2.500.000 20,5 724.870
    Les tableaux sont effarants, tant ils révèlent l’ampleur du désastre de la colonisation. Lors du Centenaire de l’occupation, la « mission civilisatrice coloniale », avait enfin parachevé son œuvre de dés-alphabétisation, quand seulement 7% des indigènes, fréquentaient l’école !
    1954 : En novembre suite au déclenchement de la lutte armée, la réaction du maire de Koléa qui demande à freiner la scolarisation, illustre parfaitement, l’attitude coloniale, vis-à-vis de l’instruction des indigènes. À cette date, l’association des Oulémas compte 181 écoles dont 58 médersas et 40.000 élèves. Dans l’enseignement public, 302.000 élèves dans le primaire (14,6%), 6.260 le secondaire, et 589 sont étudiants à l’université d’Alger.
    1954 : Quatre jours après le déclenchement de la lutte armée, le 5 novembre, un décret est pris pour interdire les médersas MTLD. Celles relevant des Oulémas, ne le seront qu’en 1956.
    1955 : Les arrêtés du 18 février et du 16 mars ferment neuf médersas et leurs biens sont placés sous séquestre, les maîtres eux, sont parqués dans des « centres d’hébergement »,
    1957 : Le nombre d’étudiants inscrits en médecine et en pharmacie atteint 976. Il était de 92 en 1889 et de 549 en 1929. L’immense majorité des étudiants est d’origine européenne.
    1962 : Dans la nuit du 5 au 6 juin, incendie de la bibliothèque universitaire d’Alger. Plus de 250.000 livres partent en fumée, parmi ceux-ci, des ouvrages uniques au monde, par leur ancienneté et le prestige de leurs auteurs. Le pouvoir colonial termine sa mission en Algérie comme il l’avait commencée : par la destruction des institutions d’éducation et de la culture.
    1962 : Le 5 juillet, après 132 années de colonisation, l’Algérie recouvre son indépendance. Le dernier incendie de la bibliothèque ne représente que la partie visible de l’iceberg du pillage culturel français qui s’est opéré tout au long de la colonisation, depuis l’accaparement du trésor de la Casbah et l’incendie des manuscrits de Constantine en 1837. Ce pillage d’une grande partie de la mémoire culturelle du peuple algérien est déposé dans les différents musées et bibliothèques de France, musées parisiens et centre d’Archives d’Aix en Provence.
    Même, s’il est évident que la population a résisté à ces tentatives de déstructuration, il est en
    revanche, hors de doute que 132 ans d’aliénation culturelle et religieuse ont laissé des traces
    perturbant l’imaginaire de générations d’algériens incapables de se réconcilier avec eux-mêmes, comme le résume si bien, Jean Daniel .
    Il faut tout de même nuancer ce constat selon Omar Carlier, à propos de la « genèse d’une société civile ». Dans son ouvrage Entre nation et djihad , il insiste sur le rôle de l’école française dans la reconstitution d’une élite, et il évoque le rapport à « l’autre école », musulmane, qui faisait sans cesse passer l’enfant – et le futur militant – d’un monde à l’autre, entre lesquels les échanges étaient asymétriques.
    L’Islam à la base des revendications nationalistes algériennes
    Pourrions-nous emboîter le pas, à ceux des historiens qui veulent exclure les autres partis de la préparation au déclenchement de la Révolution, et en particulier, l’Association des Oulémas, que l’on nous décrit, grâce à des amalgames qui les confondent insidieusement, avec une minorité de zaouïas, inféodées politiquement, et instrumentalisées par la colonisation, au motif que l’embryon révolutionnaire aurait été le PPA-MTLD, et le « comité des 22 », et que certains islahistes n’auraient rejoint le mouvement que «forcés et contraints»? Accepter cette thèse, c’est faire l’impasse sur le caractère national du mouvement, et surtout, sur le rôle éminemment culturel mais aussi social et politique, de l’Association, qui a agrégé tous les oulémas, marabouts ou non, et qui a joué depuis sa création, le 5 mai 1931, un rôle fédérateur et réussi, ce faisant, à canaliser le peuple vers l’idée de nation algérienne, musulmane, et jamais française. C’est ce rôle de catalyseur dans la préservation de l’identité religieuse algérienne, surtout, qui a permis de donner sens, au caractère sacré du Jihad, pour ceux qui vont se mobiliser en son nom, vu que le sens de nation Algérie, s’est émoussé au long des 124 années, alors, d’occupation et d’occultation de mémoire. Oublierait-t-on que les moudjahidines étaient surtout d’extraction rurale laquelle composait plus de 85% de la population algérienne, et le rôle du sacré et du religieux dans cette société, au point que toutes les résistances ont été menées au nom et sous la direction des hommes de religion, depuis, Abdel Kader, en passant par Cheikh Ahadad, Lalla Fadhma N’soumer et surtout dans le Sud ? Ali Al Shami, a placé la priorité de l’Association des Oulémas dans l’urgence des années 1920 à 1940, qui avec le centenaire, qui allaient voir l’administration « laïque en France», «chrétienne» en Algérie, tenter d’annihiler l’identité algérienne. L’urgence était donc pour elle, d’empêcher « la destruction de l’identité culturelle et de l’appartenance religieuse et de civilisation de la société algérienne». Il situe l’époque à un moment où : « La France décida de mener à son terme une stratégie d’occidentalisation totale de la société algérienne en l’arrachant à elle-même, en la francisant et en l’évangélisant, ce moment annonça le commencement de la confrontation de civilisations … entre des forces inégales …Un occident en position offensive et un Islam en position défensive». Ainsi, malgré la tendance à constituer un nationalisme algérien « qui imprégnait le mouvement de Ben Badis », son but principal était « l’affirmation de l’identité culturelle et nationale de l’Algérie ». Alors que la France cherchait à porter atteinte à la vivacité de la mosquée, et à détruire l’école traditionnelle, lui, tissait entre les deux des liens étroits, et c’est bien là le rôle apolitique de l’association et son objet. Ben Badis utilisa la Presse pour réagir contre les complots coloniaux au nombre desquels la dislocation de la société, tendant à semer la discorde entre arabes et berbères, et aussi pour franciser et évangéliser la société. Il dira enfin, que ce dernier se proposait pourtant de déclencher le Djihad, à la faveur de la guerre mondiale . Il cite Amar Talbi, pour dire au grand dam des historiens nationalistes, qu’Ibn Badis fut « l’initiateur idéologique de la révolution de 1954 ». Turki Rabih, qui a inspiré Ali Al Shami, résumera cette pensée en disant : « L’activité culturelle d’Ibn Badis, qui a duré un quart de siècle à la mosquée Al Akhdhar de Constantine, a été telle la dynamite qui a fait sauter les bases du colonialisme français en Algérie par la suite ».
    L’après 8 mai 1945 : Maturation de l’idée de lutte armée, début et causes de la crise au « sommet » du MTLD.
    Après les événements du 8 Mai 1945, les masses paysannes et urbaines rejoindront le PPA.
    Il combattit pour le respect des principes qu’il avait contribué à forger : la question de l’indépendance par la Constituante algérienne. Vis-à-vis du PCA et de l’UDMA, il négociait une action commune sur la base du « droit du peuple algérien d’être souverain et indépendant ». En octobre 1951, après le pèlerinage à La Mecque, de Messali Hadj, il rendra visite à l’Émir Abdelkrim, au Caire, où ils examinèrent ensemble l’avenir du Maghreb. « Nous avons aussi parlé de son soulèvement et de certains de ses aspects ». Lors de sa tournée devant les paysans, dans le Constantinois, dès le 15 avril 1952, il tint des propos véritablement ‘’incendiaires’’« Il faudra que le sang coule pour que l’Algérie soit libre ».
    Au IIe Congrès du MTLD, tenu du 4 au 6 avril 1953, il fit parvenir un message de Niort, après avoir constaté la bureaucratie de la direction, il dira que c’est une chimère que de compter sur autrui pour se libérer, mais uniquement sur ses propres moyens et combattre . A la veille du déclenchement de la Révolution, le PPA-MTLD, était non seulement divisé, sur les options fondamentales, telles que l’action nécessaire pour « arracher l’indépendance », mais, pire, il n’y avait plus de communication, ni à l’intérieur du parti, ni au sein de la direction.
    L’intermède 1946-1951, et la préparation à la lutte armée, en 1954.
    Lorsqu’en août 1947, l’Assemblée nationale française discuta du Statut de l’Algérie, elle ne retint ni la thèse du PPA pour une constituante algérienne, ni celle fédéraliste de l’UDMA, non élus, qui, sur le terrain politique, ont rompu avec l’assimilation. L’UDMA, réclame le respect de la personnalité algérienne, et l’autonomie de gestion dans le cadre de l’Union française. Le député MTLD, Lamine Debaghine, présent dans l’Assemblée protesta contre le projet. Le 20 août 1947, lors de la discussion du projet de loi portant statut organique de l’Algérie. Il y revendique avec force l’indépendance et dénonce la violation de souveraineté dont la France s’est rendue coupable. Il assène que l’Algérie a été une « nation » souveraine, en situant la constitution de cette nation dans l’histoire passée. « Ne l’oubliez pas, mesdames, messieurs, l’Algérie est une nation. Elle a été une nation, et elle a été souveraine. Seule l’agression de 1830 lui a fait perdre sa souveraineté « .
    Le député de Constantine conclut, au terme d’un long exposé historique qui provoque quelques remous dans l’hémicycle , à un retour à la souveraineté nationale algérienne. Lors des élections communales d’Octobre 1947, le MTLD proposera aux électeurs, qui l’ont plébiscité, de choisir entre le système colonial et son statut de l’Algérie d’une part, et la nation algérienne orientée par une constituante souveraine, d’autre part. L’UDMA tout en concédant la victoire rappellera que lui aussi œuvrait pour « une République algérienne démocratique et sociale avec son gouvernement, son parlement et son drapeau ». Le gouverneur général socialiste, Naegelen, décida de truquer les élections à l’assemblée algérienne d’avril 1948, pour faire passer des «candidats administratifs , Béni oui oui ». La répression massive des nationalistes, va obliger le PPA-MTLD dont les cadres vivent dans la clandestinité et le qui-vive permanent, à discipliner sévèrement les militants éloignés de leurs dirigeants.
    La Découverte de l’OS :
    Lorsqu’en mai 1950, l’OS fut sérieusement ébréchée et touchée par les arrestations, le MTLD
    ordonna à ses militants d’en nier l’existence. Estimant qu’il n’était pas prêt à l’action armée, il
    dissout l’organisation et dispersa ses responsables recherchés à travers le territoire national, ou bien vers la France et Le Caire.
    Vers le premier novembre (1951-1954) :
    La crise entre les Centralistes qui voulaient limiter les pouvoirs de Messali et ses partisans aboutit à la tenue de deux Congrès: les Centralistes se réuniront à Alger, le 10 juillet 1954, et les Messalistes à Hornu (Belgique), le 13 juillet 1954. Chacun exclura l’autre; mais les anciens de l’OS, eux, émergeront en lançant la lutte armée et en préparant le déclenchement de la lutte révolutionnaire, seule initiative à leurs yeux qui pourrait être salutaire pour le mouvement national menacé dans son existence. Le Comité Révolutionnaire d’Unité et d’Action, CRUA, fut donc créé le 23 mars 1954, pour maintenir l’unité du parti et lui donner une direction pour passer à l’action. Il se dissoudra de lui-même dès l’aval de la délégation du MTLD au Caire, et qu’il ait pris acte de son incapacité de sauver le parti de la scission .
    Le déclenchement de la « Révolution du 1ier Novembre 1954»
    Pendant que l’on continue d’écrire encore sur les tableaux noirs des écoles publiques : « Mes enfants aimez la France votre nouvelle patrie », la police coloniale fait la chasse aux écoles clandestines de langue arabe. Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, à l’instigation d’un groupe de « six des 22» dirigeants nationaux, le premier coup de feu fut tiré et des opérations militaires ont été menées dans tout le pays. Le fait que ces opérations aient touché de nombreuses régions du pays marque la différence entre le début de cette grande révolution libératrice et les précédentes révoltes populaires algériennes dont le point faible résidait dans leur isolement et leur régionalisme. « C’est en effet, au rythme d’une révolution armée par décennie que la lutte contre l’occupant français s’est poursuivie sans relâche. La Révolution du 1er novembre, ne se différenciant de ses précédentes que parce qu’elle fut victorieuse ».
    La proclamation du 1er novembre 1954 :
    Dans la proclamation du 1er novembre, il est a noter que l’article premier de son programme, pose la revendication de l’indépendance nationale par « la restauration de la souveraineté de l’État, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques ». La surdité française se lit à la Une de L’Écho d’Alger qui cite le ministre de l’intérieur François Mitterrand, réagissant à la proclamation du 1er novembre 1954, qui l’avait pris au dépourvu : « L’Algérie c’est la France, et la France ne reconnaît pas chez elle d’autre autorité que la sienne ».
    Rappel des causes immédiates du recours aux armes.
    Le peuple a combattu l’occupation depuis la première heure, et les algériens ont sacrifié pour leur nation, durant 40 ans, « entre 1830-1871, deux millions et demi de leurs enfants » soit, entre 50% et 80%, de la population d’alors, ce qui n’est rien d’autre qu’un génocide ethnique.
    La crise politique au sein du PPA, ayant provoqué chez les jeunes un manque de confiance dans l’action politique, les a au contraire poussés à la radicalisation. Les soulèvements au Maroc et en Tunisie, contre le protectorat, la défaite militaire subie par la France en Indochine, les pays arabes qui se sont défaits des occupations françaises et anglaises, la libération de la plupart des pays asiatiques après la deuxième guerre mondiale, et l’évolution générale du monde pour mettre fin au colonialisme, ont constitué des exemples et le levain pour lancer l’action armée.
    Les étapes de la révolution:
    La guerre de libération, peut se diviser en quatre phases : phase de départ, 1er novembre 1954 au 20 août 1956, phase d’organisation et de globalisation 1956-1958, phase de la guerre d’extermination 1958-1961, phase des négociations et d’indépendance 1961-1962.
    Après la chute du gouvernement Mendès France, celui d’Edgard Faure, approuve le 23 février 1955, l’application de l’État d’urgence, il nomme Soustelle comme nouveau gouverneur général, qui ne croyait que dans l’envoi de nouvelles forces alors qu’elles seront portées dès février 1956, à 400.000 soldats pour combattre 40.000 moudjahid. C’est à partir de ce point que Zighoud Youssef, organisera l’offensive du 20 août 1955 contre les français, pour réduire la pression sur les Aurès, et marquer sa solidarité avec le Maroc « frère », dont le roi Mohamed V, venait d’être exilé. A ces initiatives, l’ordre colonial a répondu en arrêtant et en exécutant sans jugement, 1500 patriotes. Les troupes françaises vont croître de 49.700 en 1954, à 600.000 hommes en 1957, et elles vont intensifier leurs opérations de ratissages, tandis que dans les prisons on utilisera la guillotine par l’exécution d’Ahmed Zahana, en 1954.
    Les évènements du 20 août 1955 : Journée du Moudjahid
    Zighoud Youssef, lance ses opérations du 20 au 27 août, 1955, contre les casernes les postes de police ou de gendarmerie, les intérêts économiques français. Au nombre des raisons des attaques, il y a la solidarité avec le Maroc, la tentative de réduction de l’encerclement de certaines zones comme les Aurès, ainsi que l’idée de porter la guerre des montagnes vers les villes, pour alerter le monde et l’opinion française, sur le fait que le peuple algérien a adopté le FLN, le soutient et qu’il se dit prêt à libérer son pays quel qu’en soit le prix. Au nombre des résultats, les français qui appelaient les moudjahidines « fellaghas, coupeurs de routes, hors la loi », durent les appeler les «révolutionnaires » . Un journaliste américain cité par Le Monde de l’Export paraissant en Amérique du Sud, parle de l’héroïsme des combattants algériens .
    Deuxième phase, 1956-1958, phase d’organisation et de globalité
    Cette phase est celle qui a vu la guerre gagner l’ensemble du territoire algérien. Les autorités françaises, mèneront dès lors, une guerre sans merci aux algériens, et la répression sera terrible. En effet, la France entamera une nouvelle phase en prenant des mesures telles que la création de zones interdites, couplées avec une répression « sauvage et aveugle » avec des arrestations massives, «dissuasives » et collectives, ainsi que des exécutions sommaires.
    Les pouvoirs spéciaux seront votés en France au bénéfice de l’armée coloniale, la police coloniale sera dès lors, subordonnée et intégrée à l’armée ; elle sera dans l’Algérois, sous le commandement du général Massu. Au nombre des mesures prises par les autorités françaises, il y a la création des zones interdites, la politique de la terre brûlée, le rationnement des produits de première nécessité, la création des Sections Administratives Spécialisées, S.A.S, comme en Indochine, la création des camps de concentrations ou de regroupement, l’usage de de la torture qui deviendra systématique et de plus en plus brutale et causera très souvent la mort et la disparition des victimes.
    La création des lignes minées et électrifiées Morice aux frontières, avec une zone no man’s land, devaient isoler les combattants de leurs bases arrière en Tunisie et au Maroc.
    Le Congrès de la Soummam, 20 août 1956 :
    Il est considéré comme le Congrès qui a formulé une « charte FLN », qui a créé le Comité de coordination et d’exécution, CCE, avec 5 membres, auxquels sont adjoints les chefs de wilayas ; le comité étant lui-même responsable devant le CNRA, qui sera créé avec 34 membres, qui deviendront 72 après 1957, devenant ainsi un « parlement populaire ». Il y organisera l’ALN, qui deviendra une armée moderne, avec des grades, des wilayas, des organes de commandement, y compris une police militaire, (la future sécurité militaire), des hôpitaux militaires, des écoles, des commissaires politiques, des assemblées populaires pour les collectes de fonds, ainsi que des chefs de wilaya et des adjoints et des Conseils. La plate-forme de la Soummam portait également sur la création d’un comité de coordination et d’exécution, CCE, (qui débuta ses activités en Algérie avant de passer à l’étranger) et d’un Conseil National de la Révolution algérienne, CNRA.
    La grève de huit jours, (28 Janvier – 4 février 1957),
    Un cliché de la Une de L’Écho d’Alger, daté du 29 janvier 1957, parle « d’échec à la grève », tout en avouant que : « plusieurs magasins ont dû être ouverts par la force ». Ces photos qu’il publie, montrent que l’armée et la police ont été déployés pour ouvrir de force les commerces, et conduire les travailleurs grévistes dans des camps de regroupements, les rues étant désertes. Face à ces allégations Franz Fanon, réplique dans Sociologie de la révolution . Cette grève massivement suivie a eu lieu à l’appel du FLN pour soutenir l’action armée en relation avec la présentation de la question algérienne devant les Nations Unies.
    En réaction, l’autorité coloniale utilisera tous les moyens pour faire avorter la grève : Répression et prison pour que le peuple abandonne la grève. Lancement d’une radio secrète mensongère pour la propagande et pour abuser le peuple. Menaces de sanctions et ouverture des locaux par la force. Remplissage des rues des villes avec les forces de sécurité et les parachutistes. Isolement des quartiers populaires de la capitale, en particulier la Casbah.
    La question algérienne devant les instances internationales
    L’Algérie devant l’ONU de Sept 1955, 1956, 1957, 1958, 1960, 1961, 1962, de la 10ième à la 16ièmesession : Lors de la 14ième session en 1959, le droit à l’autodétermination est reconnu avec 2/3 des voix. La question algérienne au niveau africain : 1957, (12.1958 : Résolution reconnaissant le droit à l’indépendance), 08.1959 : Admission de la délégation officielle du GPRA, 01.1960 : Ouverture aux volontaires militaires africains; 03.1961 : soutien à l’Unité du territoire dont le Sahara. La question algérienne dans le mouvement des non alignés : 04.1955 : Le FLN est admis comme membre observateur, 1957 : 44 États demandent l’indépendance et le lancement de négociations, 1961 : Insistent sur une solution immédiate et sans condition. La question algérienne au niveau arabe : 04.1958 (Tanger) : FLN représentant unique, indépendance, intégrité du territoire, demande à former le GPRA, 30.06.1961 : Assistance matérielle et politique, volontariat dans l’ALN, rupture de relations économiques et politiques avec la France. Ligue arabe : Soutien inconditionnel, Affaires impliquant la France : Inspection de bateaux, piraterie aérienne, affaire de Suez, Putsch d’Alger, bombardement de Sakiet Sidi Youssef, tentative de soustraire le Sahara.
    Stratégie colonialiste pour liquider la révolution: Phase guerre d’extermination 1958-1961.
    Le Plan Challe :
    Le plan Challe, visait à, isoler l’ALN du peuple, fermer les canaux de communications entre wilayas historiques. Accroitre les avions de guerre pour observer le terrain en permanence. Il s’est distingué par le lancement de 04 larges opérations militaires en 1959. Poursuite de la politique de la terre brûlée et mobilisation de collaborateurs et de harkis pour semer la discorde. Utilisation d’armes de destruction massives, interdites internationalement comme le napalm et les bombes à f




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  • AIT SAADI Abdel Madjid
    19 octobre 2011 at 12 h 47 min - Reply

    Stratégie colonialiste pour liquider la révolution: Phase guerre d’extermination 1958-1961.
    Le Plan Challe :
    Le plan Challe, visait à, isoler l’ALN du peuple, fermer les canaux de communications entre wilayas historiques. Accroitre les avions de guerre pour observer le terrain en permanence. Il s’est distingué par le lancement de 04 larges opérations militaires en 1959. Poursuite de la politique de la terre brûlée et mobilisation de collaborateurs et de harkis pour semer la discorde. Utilisation d’armes de destruction massives, interdites internationalement comme le napalm et les bombes à fragmentation. On notera parallèlement, le discours d’un De Gaulle, rappelé par les généraux « putschistes d’Alger », qui se veut militariste et refuse alors, toute discussion. Mais tous ces plans échoueront lamentablement, au point d’opposer les français entre eux. Le Journal d’Alger, du 25.01.1960, titre sur les fusillades entre gendarmes mobiles et manifestants français, qui ont occasionné 19 tués et 141 blessés parmi les européens, annonçant l’épisode des barricades d’Alger, et en tête de page, un rappel de la loi sur les pouvoirs spéciaux qui impose « la censure sur les moyens d’informations à compter du 24 janvier au soir». Ce plan diabolique se caractérise par des lignes électrifiées aux frontières algéro-tunisiennes et algéro-marocaines, des ratissages avec déploiement d’hélicoptères, et une explosion atomique. Le plan Challe se distinguera par deux objectifs essentiels: La politique de la « terre brûlée », et l’éradication complète des zones de combat qui sont encerclées et soumises à des ratissages devant permettre avec l’utilisation des trois armées de terre, air, mer d’éradiquer tout ce qui s’y trouve et toute vie, civile comprise.
    En parallèle, l’Algérie sera transformée en champ d’expériences nucléaires; avec quatre, 04 explosions nucléaires à Reggane, en février et avril 1960, décembre 1960 et avril 1961.
    Les déplacements de populations vers les centres de regroupement :
    La mise en place de cette politique inhumaine s’accompagnera de la mise en place de centres de regroupement vers lesquels furent déportés des dizaines de milliers de familles algériennes
    durant la guerre de libération. Les habitants des villages indépendantistes y furent internés. Près de trois millions d’algériens furent ainsi arrachés à leurs terres pour être soit exilés vers l’étranger, soit déplacés vers des camps de regroupements où les conditions de vie sont tout simplement exécrables, infra humaines et pénibles. Cependant ces camps se transformèrent assez rapidement en poches de résistance, et les liens reprirent avec les maquis, ce qui contribua à faire échouer le Plan Challe de l’intérieur. On estime le nombre d’algériens exilés vers la Tunisie à cent cinquante milles personnes, et à cent mille vers le Maroc, plus six cent mille autres vers les grandes villes algériennes, qui vont voir la généralisation des bidonvilles, mais surtout, porter à un million et demi, le nombre de personnes déplacées vers les camps de regroupements. En 1961, on estimait à 2600, le nombre de camps sur le territoire algérien.
    Les S.A.S :
    La création des services administratifs spécialisés sera l’une des méthodes de combat pacifique, de l’armée française. Ces S.A.S étaient constituées d’hommes entraînés à tisser des liens avec la population locale, ils connaissaient les us et coutumes des populations, en particulier rurales, et ils connaissaient les différents dialectes algériens.
    Les SAS, n’eurent aucun succès, car le peuple ne se désolidarisera pas « de son armée », malgré les prétentions de ces officiers, que le «terrorisme de l’armée française, n’était dirigé que contre les membres de l’ALN seulement». En fait les S.A.S étaient liées à deux noms célèbres605 : Jaques Soustelle et le général Parlange . A fin 1957, l’Algérie comptera, 585 S.A.S. sur l’ensemble du territoire puis, on créera 20 S.A.U, Sections Administratives Urbaines, et en 1961, les S.A.S seront transformées en C.A.A, Centre d’Aide Administrative.
    Les bases arrière du F.L.N et la ligne Morice :
    Durant la période allant de 1958 à 1961, qui ce fut l’époque de la modernisation de l’armée algérienne, la France construira la ligne Morice, pour étancher la frontière avec la Tunisie et couper l’ALN de ses bases extérieures. A partir de1957, l’armement de l’A.L.N se modernisera grâce à l’aide des pays amis et voisins. A l’intérieur, et grâce à l’apport des étudiants grévistes depuis Mai 1956, le niveau des combattants augmentera et on verra aux côtés des équipes sanitaires, des infirmières civiles ou militaires dans les maquis.
    La guerre urbaine, « la bataille d’Alger », et la torture :
    A partir de 1956, la guerre se transporta dans les villes. L’armée française se mit à frapper les villes en tentant de démanteler les réseaux algériens, mais comme il y avait beaucoup d’européens dans les grandes villes, les français ne pouvaient pas mener les mêmes opérations que dans les villages. A ce propos, la « bataille d’Alger » en 1957, imprima dans l’imaginaire européen la terreur partagée, tandis que pour les algériens, les noms de Bigeard et Massu, ainsi que la torture devenaient synonymes du terrorisme le plus abject, et pire, le «vrai visage de la pacification » démasquée. Face à la « guérilla urbaine », la France y opposa l’usage de la torture (l’électricité, l’eau et l’usage de la « gégène », plusieurs méthodes de tortures sont évoquées). Le sort des prisonniers était souvent la disparition ou la mort.
    Les harkis, les groupes de goumiers, Benlounis et les autres:
    La guerre psychologique menée contre le peuple algérien, incluait la politique de retournement des indigènes, utilisée avec les spahis et les zouaves, au XIXième siècle. Ces harkis étaient astreints à l’exécution vis-à-vis des civils, des besognes les plus abjectes moralement, conçues par l’armée française. Les groupes de goumiers ont eu à terroriser les civils, ils investissaient les villages, qu’ils brûlaient, ils en volaient les biens après voir tué, torturé. Ils emmenaient les jeunes et les vieux dans les centres militaires où ils les torturaient pour leur extorquer des aveux, sous les yeux des officiers français, qui ont instrumentalisé près d’un demi million d’algériens enrôlés de force, ainsi que des volontaires comme les «bleus de chauffe » et les collaborateurs dont le nombre atteignait les 100.000, ainsi que les algériens policiers, dont le nombre dépassait les 30.000, auxquels on a assigné, en compagnie de leurs collègues français, les tâches de porter atteinte aux valeurs algériennes, par les destructions et la torture, en exposant les corps des nationalistes assassinés ou les vivants emprisonnés, pour les corrompre et les exclure de leur communauté nationale. Le 12 janvier 1955, le rôle et l’utilisation des Harka seront officialisés par une instruction du Ministre de l’Intérieur, François Mitterrand . Dès son installation en décembre 1958, le général Challe demanda au général de Gaulle, l’autorisation de porter l’effectif harki à 60.000 en vue de créer 72 commandos de chasse, un par secteur opérationnel . Yves Courrières rapporte : « Il faut développer ce corps (Harka). On ne fait bien la guerre, qu’avec des autochtones ».
    Combien seront-ils, ces supplétifs de l’armée française ?
    Le 13 mars 1962, un rapport transmis à l’ONU, évalue le nombre de musulmans pro-français à 263.000 hommes, 20.000 militaires de carrière, 40.000 militaires du contingent, 58.000 harkis des unités supplétives, formées à partir de groupes civils d’autodéfense, parfois promus « commandos de chasse », 20.000 moghaznis, éléments de police constitués à l’échelon des localités, 15.000 membres des groupes mobiles de protection rurale, assimilés plus tard aux CRS, 60.000 membres des groupes civils d’auto défense, 50.000 élus, anciens combattants, fonctionnaires. Ces chiffres impressionnants contredisent la légende d’un peuple unanime derrière l’armée de libération nationale (ALN), qui comptait près de 100.000 hommes dans ses rangs pendant la guerre d’indépendance algérienne . Si le chiffre des supplétifs d’après le rapport cité ci-dessus totalise en effet, quelques 526.000 hommes, à comparer aux 100.000 hommes de l’ALN, il y a lieu de relativiser les comparaisons en rappelant que très souvent les supplétifs, n’ont pas choisi leur engagement, qui n’a été que le fruit de conjonctures forcées, de type professionnelles ou de « conscription » de jeunes hommes enrôlés, à leur corps défendant, dont certains sont d’ailleurs des prisonniers « retournés », et ayant accepté ou non, de collaborer, pour moult raisons, pas nécessairement assimilables à l’adhésion aux thèses de l’armée française, mais en tout état de cause, très rarement volontaires.
    Les plans d’appâts : Plan de Constantine 1959-1963, du 03 octobre 1958 :
    La visite du général De Gaulle à Constantine, marquera un repère l’approche économique qu’il tentera d’imprimer à la « pacification ». Il y a fait un discours où il a promis de réformer le système administratif sur cinq ans. Le projet portait sur : La distribution de 200.000 logements pour améliorer la vie dans les villages et bidonvilles. La fourniture de 400.000 emplois pour les algériens dans le secteur public et militaire. L’ouverture d’écoles pour le tiers des enfants en âge d’être scolarisés. L’augmentation des salaires des travailleurs émigrés en France. Le 23 octobre 1958, De Gaulle lançait un appel aux combattants algériens, auxquels il proposera la « paix des braves », c’est à dire un cessez-le feu et une reddition. Il explique qu’il n’est plus question « d’intégration », ni « d’Algérie française », mais de projets d’investissements et d’emplois. En fait, il va reprendre des formules anciennes telles que celles proposées au lendemain des évènements du 8 mai 1945. Mais, ce que n’annonce pas le général c’est l’arrivée en Algérie du général Challe qui remplacera Salan et préconisera la « paix par la destruction du potentiel des wilayas ». Si Challe, souhaitait une victoire militaire, le Plan de De Gaulle, était lui, de, lier éternellement l’Algérie à la France, vider la révolution de son contenu et de ses objectifs sublimes qui étaient de confirmer l’identité algérienne. L’extension des routes de communication ne devaient servir en fait, que les communications militaires et faciliter leurs approvisionnements, et pour atteindre les moudjahidines. La réforme agraire ne devait servir qu’à améliorer l’approvisionnement du marché français en produits et en matières premières. Les cliniques et centres de santé, ne devaient servir qu’aux blessés militaires français, sans parler des écoles à utiliser pour la colonisation culturelle. Quant à la construction des écoles, point  »le plus dangereux du plan », il avait pour objectif d’élargir la colonisation culturelle pour rendre difficile toute libération.

    Les plans politiques :
    Constitution de la troisième force :
    Choisis parmi les collaborateurs qui appartiennent aux classes bourgeoises locales, pour représenter l’Algérie et parler au nom du peuple, ils ont été utilisés pour tenter écarter le FLN, confisquer le droit des algériens à l’autodétermination et ainsi, leurrer l’opinion mondiale.
    Organisation du référendum populaire sur la Constitution de la Vième République 28.07.1958 :
    Les autorités françaises ont obligé les algériens à voter Oui, et le résultat selon les chiffres français étaient de 96.5% de Oui, et 3.5% pour le Non. Cela voulait dire qu’il n’existerait aucune révolution et que ce n’est qu’une rébellion de coupeurs de routes et de mercenaires, que le droit français équitable est compétent pour sanctionner ces derniers, ces résultats signifient que « l’Algérie est française », (le peuple algérien veut demeurer français), selon la propagande officielle, et le discours des officiers SAS.
    Successions de chutes des gouvernements français, Putsch du 13 mai 1958.
    La France a connu une crise constitutionnelle et politique à cause de la Révolution algérienne qui a conduit à une situation de rébellion à laquelle se sont livrés des généraux et des colonels, contre le gouvernement de Paris auquel ils reprochaient l’abandon de « l’Algérie française »; ils ont occupé le bureau du Délégué général et fondé un gouvernement de Salut public national présidé par les généraux Massu et Salan, le 13.05.1958. Cette rébellion était la preuve de l’impuissance de la France devant la Révolution algérienne, des victoires militaires et politiques successives du FLN et de l’ALN, de l’inquiétude des militaires et des colonels pour leur avenir en Algérie, et surtout, de l’impuissance des gouvernements successifs à régler le problème algérien. Il a provoqué la démission du gouvernement de Pierre Pflimlin, juste après sa nomination, le 28.05.1958, par le président Coty. S’en suit, le plébiscite de la République française au général De Gaulle, auquel il a été accordé les pleins pouvoirs.
    Chute de la IVième République et Constitution de la Vième République.
    Sept (7) gouvernements vont se succéder, selon le Centre national pour les études et la recherche sur le mouvement national et la révolution du 1ier novembre1954, soit un gouvernement chaque semestre entre février 1955, et le 13 mai 1958 !
    La paix des braves, le 23 Octobre 1958
    Au plan De Gaulle pour inviter les révolutionnaires à abandonner leurs armes et à se rendre en contrepartie de leur protection, il lui fut répondu que cette déclaration d’un chef d’état colonialiste est une supercherie qui trahit les principes de Novembre 1954.
    Les plans de division de l’Algérie:
    Le gouvernement a présenté une liste des projets de division de l’Algérie avec une carte dont l’une présente la division projetée de l’Algérie, pour séparer le Sahara de l’Algérie du Nord.
    a) Division du Nord en trois régions :
    En 1957, un premier plan prévoit de diviser l’Algérie en trois régions : République autonome de Constantine. Province française d’Alger et Oran. Région autonome de Tlemcen
    b) Plan de regroupement des colons de 1961
    Une série de cartes est donnée des divers plans dont l’une vise au regroupement des colons .
    c) Plan de scission entre le Sahara et le Nord de l’Algérie :
    La France considérait le Sahara vide, les algériens n’y ont aucun droit, il appartient aux nomades du Sahara ; elle y a donc installé « l’Organisation Commune de la Région Saharienne, OCRS », pour s’occuper des nombreuses affaires comprises dans la Loi du 10.01.1957. Elle a institué en Juin 1957, un ministère spécial pour les Affaires sahariennes. Ensuite, elle a divisé le Sud entre les deux départements de la Saoura et des Oasis, conformément aux décrets des 07.08.1957 et 07.12.1960. Ferhat Abbas, réagira au nom du GPRA, en mettant en garde les entreprises pétrolières . Cependant pour Georges Pompidou lors des négociations de Lausanne, ce dernier voulait inclure les africains riverains du Sahara, dans le partage des hydrocarbures, pour compliquer la donne. « La question de la souveraineté sur le Sahara n’est pas opportune, soulever ce problème n’est pas seulement chercher des difficultés avec la France, mais avec d’autres pays. La France divise actuellement cette province selon la meilleure méthode dans un cadre international…Le Sahara est une mer intérieure qui a ses voisins parmi lesquels il y a l’Algérie; la France s’engage à les consulter tous. Le négociateur algérien lui répondit : »Depuis quand la France, s’étend-elle de Dunkerque à Tamanrasset sans passer par l’Algérie ? » ». Cependant, De Gaulle reviendra sur cette position dans une déclaration sur le Sahara, le 05.09.1961 . Il admettra finalement la position algérienne de souveraineté sur le Sahara.
    La réponse algérienne aux manœuvres françaises :
    Constitution du Gouvernement provisoire de la république algérienne.
    Sur le plan international et face à ces tentatives de déstabilisation, la Révolution algérienne
    constitua un gouvernement provisoire, G.P.R.A, dès le 19 septembre 1958. L’Algérie donna au monde, la preuve de la volonté du peuple algérien de terminer la guerre, et le fait que le gouvernement français n’était pas fiable et qu’il ne respectait pas ses décisions et promesses.
    Manifestations du dimanche 11 décembre 1960, rejet de la politique De Gaulle.
    Les manifestations populaires dans les rues d’Alger ont éclaté spontanément, pour défier l’armée française, et se sont poursuivies du 11 au 16 décembre 1960. Les algériens sont descendus par dizaines de milliers dans les rues, en portant des drapeaux algériens et en scandant des slogans nationalistes à la gloire du F.L.N et l’A.L.N. Des manifestations identiques ont eu lieu dans la plupart des villes algériennes, avec les mêmes slogans. La réaction de l’armée française fut sauvage et aveugle, les correspondants de journaux rapportent que contre la population désarmée, ils «se servirent d’armes lourdes telles que les chars, les bombes » et qu’ils firent des «centaines de blessés et de morts ». Ces manifestations furent une nouvelle preuve de la solidarité algérienne avec ses combattants, et une preuve de son désir ardent d’indépendance. Yahia Bouaziz décrit le début de ces manifestations à Belcourt (à Alger) suivie de l’intervention des parachutistes à partir du deuxième jour . Ces manifestations furent l’une des réponses des algériens aux fantasmes des « manifestations Algérie française », imposées le 13 mai 1958, au « forum d’Alger », par les comités de salut public et l’armée. Le contexte de la 3ième visite de De Gaulle en Algérie (3e tournée des popotes) est complètement occulté. En fait, ces manifestations sont une réponse à un appel du F.L.N, ce n’était pourtant pas le cas au départ. En effet, à ce moment déjà, De Gaulle commençait à accélérer la mise en place de l’Algérie algérienne, ce qui agaçait les colons qui organisèrent un complot contre le chef de la République française, avec l’aide de quelques généraux. Dans un premier temps, il était demandé aux colons de descendre dans la rue et de scander Algérie française, pour témoigner de la farouche hostilité à la politique «d’abandon » de De Gaule ; en réaction, les S.A.U. poussèrent, sur instructions de la Délégation Générale, les musulmans à manifester en masse eux aussi, aux cris de « Vive l’Algérie algérienne ». Cependant les choses tourneront très vite en faveur du F.L.N. Les manifestants algériens sortiront des drapeaux verts et crieront « Vive l’indépendance et Vive le G.P.R.A ».
    Manifestations du 17 Octobre 1961 à Paris :
    Elles ont été organisées par les algériens émigrés pour supporter l’action politique et militaire,
    internationaliser l’affaire algérienne et dévoiler la politique coloniale. Organisées et initiées par la Fédération de France du FLN, elles ont regroupé 30.000 algériens au centre de Paris, pour appeler à une Algérie libre, en désignant le FLN comme seul interlocuteur légitime du peuple algérien. Elles ont été violemment réprimées par la police française et en une seule nuit 300 algériens sont tombés en martyrs, et plus de 1.200 furent emprisonnés, tandis que d’autres furent jetés dans la Seine. Elles ont été accompagnées par une campagne de propagande tendancieuse, orchestrée par le ministre français Roger Frey, qui qualifia les manifestations « d’actes terroristes inconscients et néfastes à la sécurité des citoyens ».
    Dispositions prises par la France :
    Les français ont décidé de mettre fin à leurs activités et à leurs relations avec les algériens, Arrêté interdisant la circulation des algériens dans les rues de Paris à partir de sept heures trente du soir jusqu’à cinq heures trente du matin et renvoi de nombreux algériens vers leur «douar d’origine ».
    Mesures prise contre ces dispositions :
    Briser l’interdiction de circulation par des manifestations à partir de cinq heures du soir.
    Manifestations de quelques étudiants français portant des banderoles « Algérie algérienne », sortie de femmes algériennes avec leurs enfants dans les rues de Paris, pour des sit-in qui sensibilisèrent l’opinion locale et internationale. Les manifestations pacifiques ont eu un rôle dans le succès de la Révolution algérienne, mais elles ont été réprimées d’une manière indigne. « Les scandales de la démocratie française et de sa civilisation s’éteignent dans la Seine » rappelle un article d’El Djeich . Ce comportement vis-à-vis des algériens et de leurs amis français, qui étaient tabassés et arrêtés avant d’être regroupés dans le stade Coubertin, pour les plus chanceux, les autres étant noyés dans la Seine, donnera l’occasion à Chou en Lai, premier ministre chinois, de conseiller aux algériens de se méfier lors des négociations prévues avec « l’impérialisme français qui pourrait toujours violer les accords pour faire éclater la guerre de nouveau… »
    Négociations et les accords d’indépendance
    La contrainte de la France coloniale à négocier fut un nouveau démarrage pour les algériens pour concrétiser la victoire de la révolution et la construction de l’État algérien à partir de la plate-forme de la révolution qui était « Par le peuple et pour le peuple ». Quelle fut l’étendue de la réussite de ces négociations et des accords d’indépendance ?
    Les étapes des négociations :
    Discussions de Melun : (27-29 Juin 1960) :
    Elles se sont conclues par un échec vu que les français exigeaient : Pas de discussions avant l’arrêt des combats. La négociation ne serait pas avec le seul FLN, mais elles incluraient les minorités raciales et politiques.
    Rencontre de Lucerne en Suisse : (20.02.1961) :
    Après que les manifestations du 11.12.1961, eurent démontré à la France et à l’opinion publique mondiale que le FLN est le représentant unique et légitime du peuple algérien, et après que le gouvernement français eut accepté le principe de l’autodétermination à la suite des résultats du référendum du 08.01.1960, la France fut convaincue de l’urgence nécessaire des négociations auxquelles elle accordera une plus grande attention. Elle eût lieu avec la médiation suisse. Lors de ces discussions les positions étaient très éloignées surtout sur la question du Sahara, sur laquelle la France avait confirmé qu’elle ne saurait faire l’objet de négociation, tout comme à propos de Mers el Kebir qu’elle considérait comme son domaine propre. Les deux positions se manifestaient par :
    Position française : Autodétermination, division de l’Algérie en races et religion, scission du Sahara du Nord, table ronde, trêve.
    Position algérienne : Souveraineté totale, unité de la nation algérienne, intégrité et unité du territoire, le FLN seul et unique représentant légitime, cessez le feu.
    Premières négociations d’Évian (20 Mai 1961) :
    Au cours de ces négociations, la France a annoncé la libération de milliers de détenus (dans les camps de concentration), et de prisonniers, le transfert des cinq prisonniers enlevés, de leur prison de l’île d’Aix vers le château Truquant. Mais elle demeura attachée à sa position sur le Sahara, et elle se radicalisa à propos de la conservation de privilèges au profit des colons, aussi les négociations prirent-elles du retard et elles furent suspendues le 13.06.1961.
    Rencontre de Bâle en Suisse, (Octobre à Novembre 1961) :
    Il y fut étudié nombre de questions comme : L’administration de la période transitoire, de
    l’administration française vers l’algérienne, l’Exécutif provisoire. La présence française dans la base de Mers el Kebir et l’adhésion de l’Algérie dans l’organisme de la francophonie. Le principe de la double nationalité. (éluder les questions difficiles par des questions marginales)
    Accords d’Évian, (7-18 Mars 1962) :
    Il fut introduit un certain nombre de rectifications aux textes d’accords antérieurs après qu’ils furent soumis à la révision du côté algérien à Tripoli, et à la fin, l’accord fut signé le 18 mars et le cessez le feu entra en exécution sur tout le territoire algérien à partir du 19 mars 1962.
    Réactions coloniales : Ils étaient contre les négociations aussi tentèrent-ils un coup d’État. Le 22 avril 1961, ils fondèrent l’Organisation armée sécrète, OAS, qui lança de larges opérations
    terroristes contre les algériens pour faire obstacle aux négociations.
    Le référendum et le transfert de pouvoirs aux algériens
    Circonstances de la constitution de l’État algérien :
    Le référendum sur l’autodétermination de l’Algérie, a été organisé le 01.07.1962, les résultats définitifs étaient de 96.5% de oui pour l’indépendance de l’Algérie. La proclamation de l’indépendance a été retardée au 05.07.1962 pour que la date coïncide avec la date d’occupation de l’Algérie. Ensuite, il a été formé une assemblée constitutionnelle sous la présidence de Ferhat Abbas en septembre 1962, qui a proclamé le 26.09.1962, la Constitution de la République algérienne indépendante dans le respect des résolutions de la plate-forme de Tripoli de 1962.
    La situation de l’Algérie, à la restauration de son indépendance:
    Socialement: Un million de chômeurs dans les villes et un million et demi dans les campagnes. Manque de logements, les bidonvilles ont pullulé avec les gourbis, les infrastructures sanitaires avaient été détruites surtout hors des villes, mauvaise santé. Émigration vers les villes et la France 400.000 sur les 700.000 qui ont quitté la campagne. 4/5 des algériens de plus de 6 ans, étaient analphabètes. C’est cette situation difficile à laquelle l’Algérie indépendante aura à faire face, en même temps que la chute du niveau de vie, la pauvreté, les maladies, la généralisation du chômage dans les villes et en particulier dans les campagnes. Ceci, du fait de la faiblesse du marché du travail, l’exode rural, le phénomène de l’émigration surtout vers l’Europe avec le manque de logements, l’existence de gourbis et de taudis proches de la destruction, sans parler de la propagation de l’analphabétisme dans les milieux algériens, qui a atteint une proportion de 80% du fait de la politique de propagation de l’ignorance et de l’accroissement démographique en déphasage avec l’économie.
    Bilan de la guerre et situation du pays à l’indépendance :
    Pour mener sa campagne de « pacification » la France a mobilisé en Algérie en 1959: 774.000 hommes pour l’armée de terre, 25.000 marine, 40.000 air, 1.000 avions, 23.500 officiers, 60 généraux, telle fut l’impressionnante armée à laquelle ont eu à faire face les moudjahidines. Mais malgré 7 ans et demi de guerre, le colonialisme a été forcé de négocier avec le FLN, pour finir la guerre. Le retrait des troupes françaises, et le départ des colons, seront concomitants avec la libération des détenus, le retour sous escorte de l’ALN des réfugiés, et les découvertes des charniers, ossuaires, tombes, villages rasés ou en ruine, et la création de centres pour y abriter les orphelins pris en charge, tout comme toutes les victimes, telles ces femmes et enfants dont le visage brûlé au napalm, rappelle les méthodes employées, pour tenter de faire capituler le peuple algérien. Le bilan de la guerre, qui a laissé, 1.500.000 martyrs , 300.000 orphelins, des milliers de veuves et d’handicapés […] 400.000 prisonniers, 500.000 réfugiés au Maroc et en Tunisie, 1.800.000 exilés de leurs villages et 8.000 villages détruits. Un exécutif provisoire exercera le pouvoir dans la période entre le cessez-le feu, le 19 mars 1962, jusqu’au 5 juillet 1962, mais durant cette période se tiendra le Congrès de Tripoli, tenu en Juin 1962, alors que le pays est livré aux exactions des colons, et aux crimes de l’OAS, contre les ouvriers du port d’Alger, par exemple, ou le bombardement de cités comme Air de France, ou Belcourt, le 2 mai 1962, dont les crimes ont laissé 3.000 morts, ainsi que les incendies comme la bibliothèque de l’Université d’Alger.
    Le 3 juillet 1962, sera la date de la reconnaissance française, du nouvel État algérien, puis ensuite il y aura la constitution de l’Assemblée Constituante prévue par les accords d’Évian, présidée par Ferhat Abbas, qui annonce le 25 septembre 1962, la fondation de la République algérienne démocratique et populaire, avec l’élection d’Ahmed Ben Bella, comme Président avec 159 voix contre une, confirmant de la part des représentants du peuple, le choix de ses représentants et de ses administrateurs.
    L’OAS et la terreur pour faire fuir les français :
    Les organisations terroristes fondées par les colons, depuis 1956, jusqu’à la fondation en février 1960 de l’OAS, vont imprégner un climat de terreur tel, à l’encontre de leurs compatriotes, que ces derniers, ne penseront qu’à fuir le pays. Au moment où se déroulaient les négociations les colons européens ont tenté de s’opposer à leur gouvernement qu’ils accusaient de les abandonner, ils s’opposèrent à la poursuite des négociations et tentèrent de l’obliger à se cramponner à « l’Algérie française ». Les « ultra » refusèrent de reconnaître le cessez-le-feu, ils multiplièrent l’assassinat de milliers de gens, hommes, femmes et enfants dans les rues, les lieux de travail, les hôpitaux, ainsi que les destructions d’infrastructures. Au nombre des pires crimes qu’ils ont commis, il y a eu l’explosion d’une voiture piégée à Alger, le 2 mai 1962, qui a laissé 62 morts et 110 blessés, et le 7 juin, ils ont brûlé la bibliothèque de l’Université d’Alger avec la destruction de 600.000 volumes, selon les sources algériennes. L’objectif de ces actes était de provoquer le peuple et l’ALN, pour les pousser à la confrontation qui romprait le cessez-le-feu et donnerait à l’armée française, l’alibi pour reprendre la guerre. Les crimes de l’OAS, se sont étendus à tous les colons européens favorables à l’indépendance de l’Algérie, ils ont terrorisé cette population européenne auxquels ils laissaient croire que les algériens se vengeraient sur tous les européens présents en Algérie, après l’indépendance. Ainsi des milliers de médecins, d’ingénieurs, et d’ouvriers qualifiés, se sont précipités vers les ports et les aéroports pour fuir vers la France. L’objectif de l’OAS, était la destruction de l’économie algérienne, pour empêcher les algériens de bénéficier des services de cadres compétents. Aux côtés de l’OAS, les autorités françaises ont constitué une troisième force constituée de quelques algériens qui ne croyaient pas dans l’indépendance de l’Algérie, elle les a organisés dans le cadre du « mouvement pour la coopération avec la France », et « le front d’action démocratique algérien », elle leur a donné des aides nombreuses de la part des services de renseignements. La fonction de la troisième force était d’affaiblir l’influence du FLN, et d’obstruer l’action du Comité exécutif provisoire (Rocher noir). « Le 5 juillet 1962, jour de l’indépendance ».
    NON TRAITES mais quelques titres à soumettre au débat.
    1.-Les nationalisations des hydrocarbures : 24 fevrier 1971, et les accords pétroliers.
    2.- Le soutien aux généraux putschistes et à la guerre contre la démocratie, durant la décennie 90’s.
    3.-Le soutien aux organisations se réclamant des « droits de l’homme et de la démocratie ».
    4.-Les questions de visas, et d’émigration,
    5.- de « l’indemnisation des pieds noirs », de « la demande de repentance »…
    6.- La difficile coopération culturelle, commerciale, et technologique.

    Intervention de M. Abdel Madjid AIT SAADI, Séminaire du samedi 15 octobre 2011. Centre, sur la base de la thèse de doctorat d’histoire, soutenue à l’INALCO, Janvier 2010, par Mme BOURAS, née AIT SAADI Lydia, sur  » L’émergence de la nation algérienne à travers les manuels, scolaires d’histoire, algériens. »




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  • Abdel Madjid AIT SAADI
    20 octobre 2011 at 0 h 40 min - Reply

    Notes de bas de pages:

    Tout en m’excusant du fait que les références et les numéros de renvois aient disparus, je vous donne tout de même quelques notes de bas de pages, pour des références bibliographiques éventuelles, pour ceux qui pourraient y trouver un quelconque intérêt.

    1543 : la flotte de Barberousse hiverne à Toulon : L’hivernage de la puissante flotte (on parle de cent bateaux turcs) de Barberousse à Toulon est à inscrire dans le cadre des projets échafaudés contre Charles Quint. François Ier songe à utiliser Barberousse en vue d’une nouvelle attaque contre l’Italie ; Barberousse qui écume depuis Alger les eaux méditerranéennes et ravage les côtes italiennes, la Corse, la Sardaigne, débarque à Marseille le 15 juin et est accueilli par François de Bourbon, duc d’Enghien, qui lui remet une épée d’honneur. Mais les équipages turcs ne peuvent pas s’avitailler à Marseille et c’est finalement Toulon (après une tentative avortée de siège de Nice, alors dépendante du Duché de Savoie) qui les accueille. Barberousse, perdant apparemment l’envie de participer à une campagne avec les Français, quittera Toulon en mai 1544 pour Istanbul, en prenant à son bord le nouvel Ambassadeur de France auprès du Grand Turc, le baron de Lagarde. http://www.ambafrance-tr.org/spip.php?article22

    Benjamin Stora, Algérie, Histoire contemporaine 1830-1988, Casbah Éditions, Alger, 2004, p.19
    Ibid., p. 110
    Saâdallah, Abulkacem: Recherches et opinions sur l’histoire d’Algérie, Tome 2, SNED, Alger 1981
    Benjamin Stora, Op. Cit., p. 25, confirme que Pélissier, colonel de la colonne Bugeaud, enfume et asphyxie un millier d’hommes de la tribu des Ouled Riah, réfugiés dans les grottes […] Ce qui fera dire à un membre de la commission d’enquête constituée par le royaume de France en 1833: « Nous avons dépassé en barbarie les barbares que nous venions civiliser ».
    Idem, pp. 112-113
    Salah Abbad, qui rapporte la directive du général Clauzel. L’Algérie entre la France et les colons. Alger 1999. « Vous devez savoir aussi que cette force (militaire), qui est sous mon commandement, n’est qu’un moyen secondaire. En effet, il ne nous est pas possible d’implanter des racines ici sans seulement l’aide de l’émigration européenne. Mais l’implantation des colons en Algérie, ne peut se faire qu’au détriment des algériens».
    Saâdallah, Abulkacem: Le mouvement national algérien ( 1900-1930), Tome 2, 3ème édition , SNED Alger 1983
    Djamel Kanan, Cas et études dans l’histoire de l’Algérie contemporaine, Textes politiques algériens 1830-1914, OPU, Alger 1993
    G. Pervillé. Les étudiants algériens de l’université française, 1880-1962, Ed. Casbah, Alger, 1997.
    (Alexis de Tocqueville, « Rapport sur l’Algérie, 1847 », Extrait de travaux parlementaires de Tocqueville sur l’Algérie, édition électronique réalisée à partir du livre L’Ancien régime et la Révolution, 1856, p.14. «La société musulmane n’était pas incivilisée, elle avait seulement une civilisation arriérée et imparfaite. Il existait dans son sein un grand nombre de fondations pieuses, ayant pour objet de pourvoir aux besoins de la charité ou de l’instruction publique […] Nous avons laissé tomber les écoles et dispersé les séminaires. Autour de nous, les lumières se sont éteintes. C’est-à-dire, que nous avons rendu la société musulmane plus ignorante et plus barbare qu’elle n’était, avant de nous connaître »).
    http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/classiques_des_sciences_sociales/index/html.
    Saâdallah, Abulkacem, Le mouvement national algérien, T.2. op. cit. « L’époque de Tirman, 1881-1891, verra la constitution de l’État Civil algérien conformément au plan d’éradication de la mémoire populaire. Les noms de familles, l’appartenance à la tribu, au pays et à la nation, faisaient partie des éléments d’attachement à l’ascendance et à l’héritage de civilisation. Mais les français ne pouvaient se suffire de cela, ils avaient pour plan de souiller la mémoire algérienne après avoir fait oublier l’histoire nationale et islamique et abandonné la langue arabe. Ainsi l’algérien fut coupé de son passé, et il fut préparé, par les français, à accepter une autre civilisation et à y être dissous… »
    Ali Merad, Le réformisme musulman en Algérie, 1925 à 1940, Paris, La Haye, Mouton & Cie, 1967.
    (Le Cardinal Lavigerie, cité par Benjamin Stora, p. 38, Op. Cit, s’est fixé pour programme de: « faire de la terre
    algérienne le berceau d’une nation grande, généreuse, chrétienne, d’une autre France en un mot», Encyclopédie coloniale, Algérie-Sahara, éd. Encyclopédie de l’Empire français, Paris, 1948.
    Poujoulat : Voyage en Algérie, pp. 285-288.
    Benjamin Stora, Algérie, Histoire contemporaine 1830-1988, Op. Cit. p.31, sur la base d’un article de Bennoune M., « Les fondements socio-historiques de l’État algérien contemporain », L’Algérie et la modernité, CODESRIA, Alger, 1989, confirme que l’application des lois françaises sur la propriété privée de la terre s’accompagne d’un programme de démembrement des grandes tribus…. fractions d’origine et de statut social différents regroupées autour de chefs. L’abolition de droits de la terre, permettra de détruire le pouvoir indépendant des grands lignages, qui ne pourront plus procéder aux distributions gratuites des réserves de grains. Avec les douars ainsi constitués avec des fractions issues de tribus différentes, ils provoqueront le déclin des grandes tribus et celui des grands seigneurs. La loi de 1863, met fin aux distributions de bienfaisance des « loges » religieuses (zaouïas) qui tiraient leurs ressources des biens habous. Ces propriétés une fois devenues terres privées, se trouvent sur le marché, ce qui permettra aux colons ou à l’État de les racheter, pendant que les nouveaux douars, négligeront les distributions à partir des silos communaux, et c’est ce qui expliquera les épisodes des grandes famines, et ouvrira la porte aux usuriers.
    (A. Philipps, Missions des Pères Blancs, Missions en Tunisie, Algérie, Kabylie, Sahara, Ed. Dillen & Cie, p. 64, 1930. « L’École d’Alger, dit le recteur Delacroix, se distinguera des écoles de France par la composition de son personnel étudiant. A côté des élèves français viendront s’asseoir dans nos salles de cours les jeunes gens de toutes les nations, qui contribuent au peuplement de l’Algérie. Bientôt, grâce à certaines mesures spéciales, les indigènes pourront profiter de la nouvelle école. De tous les enseignements que nous leur offrirons, il n’en est pas que les Arabes soient plus disposés à accepter que l’enseignement de la médecine […] Donnons leur des praticiens de leur culte et de leur race».
    M. Lacheraf, Algérie nation et société, p. 107, Éditions SNED, Alger, 1996.
    Mgr. Baunard, Le cardinal Lavigerie, tome 2, éd. De Gigord, p. 38-39, Paris 1922
    C’est aussi l’expression utilisée dans les manuels algériens, et également par le président algérien Abdelaziz Bouteflika.
    A. Djeghloul, « La formation des intellectuels algériens modernes », (1880-1930), dans un ouvrage collectif : Lettrés intellectuels et militants en Algérie : 1880-1950, Ed. O.P.U. p. 4, Alger 1988. p.6.
    A. Rambaud cité par Fanny Colonna in Instituteurs algériens 1883-1939, Éditions O.P.U., Alger 1975, Cité par Kadri Op. Cité. p. 35. « La première conquête de l’Algérie a été accomplie par les armes et s’est terminée en 1871 par le désarmement de la Kabylie. La seconde conquête a consisté à faire accepter par les indigènes notre administration et notre justice. La troisième conquête se fera par l’école. Elle devra assurer la prédominance de notre langue sur les divers idiomes locaux, inculquer aux musulmans l’idée que nous avons nous-mêmes de la France et de son rôle dans le monde, substituer à l’ignorance et aux préjugés fanatiques, des notions élémentaires mais précises de science européenne ».
    C. Collot, Les institutions de l’Algérie durant la période coloniale (1830-1862), Op.cit. p.323.
    ( Cité par Kadri Op. Cité. p. 35), Sur les trois lycées franco musulmans d’Alger, Constantine et Tlemcen, seul ce dernier est resté ouvert pendant la guerre, suite à la grève générale ordonnée par le F.L.N, en mai 1956.
    Annuaire de l’Éducation nationale, Paris 1952.
    Idem, Annuaire de l’Éducation nationale, Paris 1952.
    Annuaire de l’Éducation nationale, Paris, 1952, cité par Chems Eddine Chitour, Le système éducatif algérien, Éditions Marinoor, Alger, 2002. p 78.
    C.E. Chitour : Le passé revisité, Éditions Casbah, Alger, 1998, p. 79
    Tableau reconstitué à partir de l’Annuaire statistique de l’Algérie, Alger, 1960, p.67.
    Yves Courrières, Les fils de la Toussaint, p. 411-412, éd. Fayard, 1968. « Les agités, ceux à qui la France a donné l’instruction, ceux à qui cette instruction est journellement donnée. Et là, je dirai à l’Assemblée algérienne qu’avec son programme de scolarisation horizontale qui amène des maîtres jusqu’à l’intérieur des forêts, pour apprendre aux gosses qui gardent leurs chèvres en jouant de la flûte, à se réciter à eux-mêmes des vers de la Fontaine, je dis que c’est une folie…Modérez votre programme d’instruction, ne l’élargissez pas ! ».
    C. Collot, Les institutions de l’Algérie pendant la période coloniale (1830-1962), Op. Cité., p. 327.
    J. Daniel, Le temps qui reste, Paris 1974.Livre de poche, p.315 «Quand on sait les ravages occasionnés dans l’imaginaire des français par l’occupation allemande en seulement cinq ans, on comprend ce qui a dû se passer dans la tête des algériens».
    Omar Carlier, Entre nation et djihad. Histoire sociale des radicalismes algériens. Paris, Presses de sciences po, 1995, 443 p.
    Ali Al Shami, « Le conflit des ‘asabiyyât-s civilisationnelles : La société algérienne face à l’occidentalisation » in AlMuntaka, courrier de l’Islam, revue trimestrielle, N°3, mars 1984, CEDI, p.35.
    Idem « Il prit quelques mois avant sa mort, une position dont il est rarement question lors des exposés historiques des activités et de la pensée d’Ibn Badis. Il fit montre en effet d’un grand désir de couronner le travail idéologique par un soulèvement total contre l’occupation française. Lorsque la deuxième guerre mondiale fut déclarée, un groupe d’adeptes et de membres de son mouvement se rassemblèrent autour de lui, il leur demanda de lui donner le ‘ahd (serment). Lorsqu’ils le firent, il leur dit : Je vais déclarer la révolution contre la France dès que l’Italie lui aura déclaré la guerre. Un autre de ses élèves dit qu’Ibn Badis voulait déclarer la guerre contre la France à partir des montagnes des Aurès, s’il avait trouvé des hommes pour l’y aider. »
    Amar Talbi, Ibn Badis, sa vie et son oeuvre, T.1, p.89 et suivantes, cité par Shami, p49. « Ibn Badis, représente par sa modeste expérience, l’initiateur idéologique de la révolution de 1954 et sa victoire. Que ceux qui ont remporté la victoire aient suivi sa voie ou non, il n’en demeure pas moins qu’il reste la plus importante personnalité algérienne ayant lutté pour semer les graines de la résistance locale.»
    Turki Rabih, Cheikh Abdel Hamid Ben Badis, Falsafatuhu wa djuhuduhu fi Ettarbiya wa etta’lim, Ed. SNED, Alger, (en arabe) 1974, p. 338.
    Benjamin Stora, Op. Cité, pp.201-225
    Messali, Discours « Une grande figure maghrébine vient de disparaître ». Le cri… février 1963, cité par Benjamin Stora, Op., p.210.
    Guérin, Ci-gît le colonialisme, Mouton, 1973, 505 p., cité par Benjamin Stora, Opus cité, p. 211.
    (Messali, Alger, 4-5-6, avril. IIe Congrès national du MTLD. Brochure éditée par le MTLD, pp. 13-14, cité par Benjamin Stora, Opus cité, p.214. « […] La politique de coexistence prônée par Staline […] peut se développer dans le sens d’une entente au détriment des peuples coloniaux […]. Il ne faut pas compter sur l’aide de l’ONU ou des États des pays afro-asiatiques et encore moins sur la Ligue arabe. Il ne faut compter que sur ses propres moyens et combattre ». […]. Un parti politique vraiment sérieux ne doit compter que sur lui-même, son esprit de sacrifice et sa volonté de vaincre l’exploiteur par tous les moyens. Nous devons aujourd’hui, nous qui avons créé l’espoir dans le cœur du peuple algérien […], éviter de nourrir de dangereuses chimères. Nulle trace dans l’histoire des peuples libérés par d’autres peuples par amour de l’humanité. »
    Lamine Debaghine, Assemblée Nationale française, discours du 20 aout 1947. (http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/biographies/IVRepublique/lamine-debaghine-mohamed-24011917.asp ). « Le peuple algérien nous a mandatés, nous élus nationalistes algériens, pour proclamer au peuple français et au monde entier que l’Algérie ne reconnaît pas l’état de fait créé par la conquête de 1830, que l’Algérie n’est pas française, qu’elle ne l’a jamais été et qu’elle ne reconnaît pas à la France le droit de lui donner un statut quel qu’il soit, et qu’au surplus, aucune solution ne peut être acceptée par le peuple algérien si elle n’implique pas au premier chef la garantie absolue d’un retour à la souveraineté nationale […]. C’est pourquoi nous réclamons l’élection d’une assemblée constituante algérienne, souveraine, élue au suffrage universel, sans distinction de race ni de religion. C’est la seule solution qui, en postulant un retour à la souveraineté nationale de son peuple, constitue, par là même, la solution juste et démocratique du problème algérien ».»
    Boudiaf, Où va l’Algérie ? Ed. L’Etoile, 1964, p.70.
    Communication de l’ancien président algérien, Ben Bella, présentée lors de la conférence du Conseil Islamique, tenue à Genève, les 10 et 11 mars 1985.
    Un document (Au nombre) Des batailles de la Révolution de la Libération, page 28, de l’Organisation nationale des moudjahidines, fait référence à un certain Toha, alors directeur adjoint du cabinet du ministre de l’intérieur français à la suite d’une visite éclair après les évènements du 20 août 1956. Je pense que la traduction aurait dû être « insurgés » et non « révolutionnaires », mais je n’ai pas pu avoir le texte original pour le vérifier. Ceci dit, la suite du texte peut effectivement justifier le qualificatif de révolutionnaire, ces « révolutionnaires ont démontré qu’ils ont bénéficié de formations importantes pour les batailles de rues ».
    Selon Hadj Lakhdar Abid in El Moudjahid en langue arabe, Tunis, 18.05.1958, N° 42, p. 9. Qui le cite, celui-ci a écrit : « Les algériens dans leur guerre contre les petits fils de Napoléon Bonaparte, I, mènent une guerre inégale, contre une armée immense, disposant des ressources de l’OTAN […] Face à l’armée française, un groupe de gens convaincus et croyants qui représentent un peuple jeune, […] ils ont commencé avec quelques fusils de chasse […] Le secret dans cette force fondée sur la foi,[…]se trouve être dans la conviction de ce peuple qu’il n’est pas français mais arabe… »
    Franz Fanon, Sociologie de la révolution. « Le front de libération nationale n’a pas craint jusques dans les moments quand le peuple souffrait des pires agressions de la part du colonialisme, d’interdire certaines actions, il a rappelé, aux unités de son armée, les lois internationales de la guerre. Le peuple dans une guerre de libération doit vaincre, il est nécessaire pour lui de vaincre, mais il doit vaincre sans sauvagerie ».
    Discours de De Gaulle, du 16.09.1959 : « Oui la France restera ici éternellement […] Je mets tous les moyens à la disposition de l’armée française pour que nous puissions effacer la honte de la défaite que nous avons subie en Indochine et ailleurs […] La France ne reconnaîtra pas ceux qui ont été trompés par les mensonges et ont tenté d’imposer leurs désirs par la force et elle n’acceptera pas de quelque façon que ce soit de traiter ou de négocier avec eux au sujet de l’autodétermination du peuple algérien ».
    Si Othmane, L’Algérie l’origine de la crise, Dialogues Éditions, Histoire, Paris, 1997, ISBN 2-911061-06-3, pp. 114-115.
    Idem, p. 220. « Ce sont des groupes de personnes qui ont préféré se vendre à l’ennemi depuis le XIXe siècle et
    combattre leur propres frères, déjà lors des premières révoltes du XIXe siècle, en échange d’argent, de biens et de titres. C’est groupes de harkas ont été responsables des pires répressions contre les civils algériens, ce sont eux qui étaient chargés, de brûler les villages, des interrogatoires, de la torture et des assassinats, soit, de la sale besogne de l’armée française ».
    Si Othmane, op.cit, p 96.
    Faivre M., Les Combattants Musulmans de la Guerre d’Algérie, Les soldats sacrifiés. Ed. L’Harmattan, Paris, p.55
    Yves Courrières, La guerre d’Algérie : 1958-1962. Editions Laffont, Paris. 1990. p.403
    Benjamin Stora, Le massacre des harkis, in « Le drame algérien », Reporters sans Frontières, Ed. La Découverte, 1995, p 73
    une carte de ce plan, appelé Plan Hersant, 1957, d’après le journal Le Monde diplomatique, Mai, 1957, que cite Benyoucef Benkhedda, Les accords d’Évian, OPU,Alger,1986, 120p
    Idem, carte de ce plan, appelé Plan Alain Peyrefitte, 1961, extrait de Alain Peyrefitte, Faut-il diviser l’Algérie ? Ed. Belon, p. 146-147, cité par Benyoucef Benkhedda, dans Les accords d’Évian.
    CHIKH (Slimane) : L’Algérie en armes, ou le temps des certitudes. Paris, Economica, et Alger, OPU, 511 p., Mise en garde de Ferhat Abbas, Président du GPRA aux sociétés pétrolières «contre tout agrément avec les autorités coloniales qui possèdent actuellement le pouvoir de gouverner le Sahara, du fait de la colonisation qui est confrontée par la guerre de récupération. Toute concession dans la région de l’OCRS demeurera incertaine tant que le peuple algérien ne disposera pas de sa liberté et de son indépendance».
    Idem, p.201, Déclaration De Gaulle sur le Sahara du 05.09.1961. « Quant au Sahara, notre démarche est celle qui préserve nos intérêts et qui prend en compte les réalités. Nos intérêts sont représentés par : la liberté d’exploitation du pétrole et du gaz que nous avons découverts et que nous découvrirons. Quant aux réalités, elles sont qu’il n’existe aucun algérien, et j’en suis convaincu, qui ne voit pas que le Sahara doit être une partie intégrante de l’Algérie et qu’il ne saurait y avoir un gouvernement algérien quelque fut son orientation vis-à-vis de la France qui accepterait de renoncer à exiger la souveraineté sur le Sahara. Enfin, la réalité est que si l’État algérien est constitué et qu’il soit associé à la France, la majorité des habitants du Sahara pencheraient vers l’annexion à cet État, même s’ils n’en font pas la demande clairement auparavant. Cela veut dire que dans le débat algéro-français, qui doit reprendre avec le FLN ou avec tout autre organe représentatif comme l’organe des élus par exemple, la question de la souveraineté sur le Sahara ne doit pas être un point à considérer tout au moins du côté français […] Mais ce qui nous intéresse est qu’il sorte de cet accord une association qui préserve nos intérêts. »
    Bouaziz, Yahia: Les révoltes en Algérie au cours des 19ème et 20ème siècles, tome2, 2ème édition, Publications du musée national du Djihad
    Doucy A., Les révolutions algériennes, pp. 360-361, Ed. Fayard, 1972, 364 pp.. «Le 10 décembre 1960, les manifestations nationalistes ont démarré à Belcourt. Les manifestants brandissaient des drapeaux nationaux (algérien), ils scandaient le mot d’ordre de l’indépendance algérienne et des slogans de soutien au FLN et au GPRA, et ils vilipendaient le colonialisme […] Les forces coloniales ont encerclé le quartier pour l’isoler des quartiers européens, entre temps, les civils européens ont commencé à tirer sur les manifestants […] Le jour suivant, les parachutistes sont intervenus, ils tirèrent comme des démons et avec sauvagerie sur la foule de 17h à 04h du matin […] les foules ne furent pas concernées par ce qui leur arrivait, elles continuèrent leurs manifestations […] Elles s’étendirent aux autres quartiers de la capitale, ensuite la plupart des villes d’Algérie, suivirent le mouvement».
    Claude Paillat, p.586, Vingt ans qui déchirèrent la France, tome 2 : la liquidation : 1954-1962. Histoire et
    documents. Paris, Robert Laffont, 1972 796 p.
    Revue « El Djeich », N° 436, de novembre 1999. « Sous la conduite du ministre de l’intérieur et du préfet de police de Paris, Maurice Papon, les moyens de répression ont été mis en œuvre pour transformer la marche pacifique à laquelle ont participé des enfants en une boucherie avec 300 martyrs algériens, des milliers de blessés et des milliers rapatriés en Algérie. 12.000 ont été internés, ils avaient participé à la manifestation, ils ont été conduits vers le stade Coubertin, où ils demeurèrent 5 jours sous la pression, la peur, la faim et le froid.
    Selon des témoins qui ont vécu les évènements, durant tout le mois maudit d’Octobre, la Seine rejetait les corps des algériens. C’est avec ce type d’actions que la France civilisée qui parle des droits de l’homme, a exprimé la valeur de sa civilisation et c’est aussi elle qui a gratifié Papon, pour ses crimes, en le confirmant à son poste de préfet de police de Paris, entre 1958 et 1967 ».

    Germaine Tillon, citée par Stora, Benjamin, page 109, Algérie, Histoire contemporaine 1830-1988, Casbah Éditions, Alger, 2004, 367 p. « La proportion d’illettrés en langue française reste de 94% chez les hommes, et 98% chez les femmes ». Dans son ouvrage L’Algérie en 1957, l’ethnologue, parlera de la clochardisation d’une population de paysans sans terre et sans avenir, qui n’auront d’autres choix que d’aller grossir les bidonvilles ou aller en France, comme le remarquent Pierre Bourdieu et Abdelmalek Sayad, Le déracinement. La crise de l’agriculture traditionnelle, Paris, Les Éditions de Minuit, 1964.
    L’armée française donne un total général des musulmans victimes de la guerre de 227.000, et Benjamin Stora, qui rapporte ce décompte, l’estime lui, à près de 500.000 morts (toutes catégories confondues mais surtout algériens), p.208-209, Algérie Histoire contemporaine, Op. Cit.
    Benjamin Stora, Algérie, Histoire contemporaine, op. Cit., p. 197, ne parle que de 60.000 volumes.




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  • Abdelmadjid AIT SAADI
    3 octobre 2013 at 19 h 31 min - Reply

    Assalâmou ‘alaïkoum wa Rahmatou Allahi wa Barakâtouhou;

    Juste à titre de rafraîchissement de la mémoire de quelques uns de nos frères, qui persistent, çà et là, à encore seriner la chansonnette de « L’Algérie colonie turque », entre 1515 et 1830.
    Ouf, heureusement les Français sont venus nous délivrer des « Turques qui avaient mis l’Algérie, en coupe réglée, à force de taxations et autres impôts… »

    La même France, qui nous aurait sauvés, nous a pourtant amputés de quelques 7 à 10 millions de vies, mais me diriez-vous, ce fut pour la bonne cause, n’est-ce pas ?

    Il fallait bien « nous civiliser », lors même que Tocqueville, écrit dans un Rapport d’enquête au Parlement français, que « partout où nous sommes passés, les lumières se sont éteintes… »




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  • Abdelmadjid AIT SAADI
    3 novembre 2013 at 8 h 14 min - Reply

    ABDELMADJID CHIKHI, DIRECTEUR GÉNÉRAL DES ARCHIVES NATIONALES, vient confirmer mes propos, tirés de la thèse de Lydia AIT SAADI, en début de ce fil de discussion, ainsi que le génocide de 7 à 10 millions d’Algériens, durant la colonisation :

    « Ceux qui prétendent que l’Algérie n’était pas un Etat avant 1830, ne savent rien à l’histoire »

    « Certaines personnes incultes, héritage de la pensée colonialiste, prétendent que l’Algérie avant 1830, soit avant l’invasion française, n’était pas un Etat jouissant de la souveraineté absolue. D’autres plus graves encore pensent fortement que c’est le général de Gaulle qui a offert l’indépendance au peuple algérien et ce n’est pas les sacrifices de ce peuple grandiose qui a fait que notre pays devienne cette grande nation »,c’est ce qu’a affirmé Abdelmadjid Chikhi,directeur général des Archives nationales,lors d’une conférence historique au forumde la Sûreté nationale organisée, au standde la Sûreté nationale, sis au Palais des ex-positions, Pins Maritimes.Cette intervention inscrite dans le cadre de la célébration du 59e anniversaire du déclenchement de la Révolution de Novembre, vient contredire nombre de ceux qui veulent discréditer et envoyer aux calendes grecques les sacrifices de tout un peuple qui a combattu l’oppression, la terreur,l’inégalité et l’idéologie d’un pays qui voulait avant tout s’emparer des richesses d’un pays, et assurer son approvisionnement en matières premières.Pour ceux qui pensent que « l’Algérie n’était pas un État avant l’invasion du colonisateur», et « que c’est la France qui adonné un nom à notre pays, doivent revoir leurs sources et actualiser leurs connaissance », a signifié M. Chikhi. Et d’ajouter: « Nous avons des preuves irréfutables qu’avant 1830 l’Algérie avait paraphé pas moins d’une centaine de conventions avec des pays européens, dont 79 uniquement avec la France et le reste avec la Grande-Bretagne, l’Espagne, le Portugal, et plu-sieurs principautés italiennes. « Des signatures qui prouvent largement que l’Algérie était un État souverain » a-t-il lancé. « Quel est ce pays qui signe des conventions avec d’autres pays s’il n’a pas de poids et le respect des autres nations ? »a-t-il poursuivi. « Nous avons dans nos archives les documents authentiques quiprouvent nos dires », expliquera le premier responsable des Archives nationales.Dans le même ordre d’idées, Abdel-madjid Chikhi était, au forum de la police,catégorique quant à la position de l’Algérie durant la période ottomane. « L’Algérie n’a jamais était une wilaya des wilayas de l’empire ottoman », au contraire « nous dé-tenons un document qui prouve que c’est l’Algérie qui a demandé son intégration pour devenir un partenaire de l’empire afin de participer à la politique de gérance de la zone méditerranée », a réaffirmé le moudjahid. Selon le conférencier, la demande d’aide est intervenue afin de combattre les armées espagnoles qui chassaient les musulmans de l’Andalousie qui se sont enfuis vers l’Algérie après la prise de Cordoue parles militaires ibériques.Dans un autre registre, l’invité du forum a précisé, amèrement, qu’entre 1830et 1860, les armées françaises ont tué pas moins de 7 millions d’Algériens des 10millions existant à cette période « l’objectif des Français était de décimer tout un peuple particulièrement les intellectuels, les enseignants, les hommes de culture, les personnes cultivées et autres étudiants », a ajouté le conférencier. Au cours de cette période de référence,80% des Algériens savaient lire et écrire contrairement à la France qui comptait uniquement 20% de la population lettrée.
    Mohamed Mendaci
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