Édition du
26 July 2017

Appel pour la reconnaissance officielle de la tragédie du 17 octobre 1961 à Paris

12 Octobre 2011 Par Les invités de Mediapart
Edition : 17 octobre 1961
Le massacre de la manifestation pacifique du 17 octobre 1961 fait partie de notre histoire. En partenariat avec l’association Au nom de la mémoire, Mediapart lance, à l’aube du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, cet appel pour «une nouvelle fraternité franco-algérienne» fondée sur la vérité, «gage de réconciliation». Pour comprendre ou revisiter l’événement dramatique du 17 octobre 1961, Mediapart propose ici le documentaire de Mehdi Lallaoui, Le Silence du fleuve; là dix-sept contributions d’écrivains; enfin une étude des racines policières de cette répression raciste.

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«Il y a cinquante ans, le préfet de Police de la Seine, Maurice Papon, avec l’accord du gouvernement, imposa un couvre-feu visant exclusivement tous les Français musulmans d’Algérie.

«Ce couvre-feu raciste entraîna une réaction pacifique des Algériens, sous la forme d’une manifestation dans les rues de Paris. Au soir du mardi 17 octobre 1961, ils furent près de trente mille, hommes, femmes et enfants, à défiler pacifiquement sur les grandes artères de la capitale pour revendiquer le droit à l’égalité et défendre l’indépendance de l’Algérie.

«La répression policière de cette protestation non violente est une des pages les plus sombres de notre histoire. Longtemps dissimulée à l’opinion et désormais établie par les historiens, elle fut féroce : onze mille arrestations, des dizaines d’assassinats, dont de nombreux manifestants noyés dans la Seine, tués par balles, frappés à mort.

«Le temps est venu d’une reconnaissane officielle de cette tragédie dont la mémoire est aussi bien française qu’algérienne. Les victimes oubliées du 17 octobre 1961 travaillaient, habitaient et vivaient en France. Nous leur devons cette justice élémentaire, celle du souvenir.

«Reconnaître les crimes du 17 octobre 1961, c’est aussi ouvrir les pages d’une histoire apaisée entre les deux rives de la Méditerranée. En 2012, l’Algérie fêtera cinquante ans d’une indépendance qui fut aussi une déchirure française. A l’orée de cette commémoration, seule la vérité est gage de réconciliation.

«Ni vengeance, ni repentance, mais justice de la vérité et réconciliation des peuples: c’est ainsi que nous construirons une nouvelle fraternité franco-algérienne. »

Signez directement l’appel en ligne, en utilisant le formulaire ci-dessous.

Vous trouverez ensuite la liste de la première centaine de signatures que nous avons pu récolter avant cette mise en ligne. Parmi les nombreuses personnalités qui ont déjà donné leur accord, on remarque notamment les noms des anciens résistants Raymond Aubrac, Stéphane Hessel et Edgar Morin; du fondateur du Nouvel Observateur Jean Daniel, du directeur des Temps Modernes Claude Lanzmann et de celui de la revue Esprit, Olivier Mongin; des philosophes Régis Debray et Alain Badiou, de l’écrivain et ancien éditeur François Maspero, de l’écrivain Didier Daeninckx, des professeurs au Collège de France Françoise Héritier et Pierre Rosanvallon; des historiens André Burguière, Jean-Luc Einaudi, Gilles Manceron, Benjamin Stora, Tzvetan Todorov, Enzo Traverso, Françoise Vergès, Georges Vigarello; des avocats Henri Leclerc, Jean-Pierre Mignard et Roland Rappaport; enfin ceux de Florence Malraux, Alain Joxe et Mireille Fanon-Mendès France ainsi que de l’ancien premier ministre Michel Rocard.


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5 Commentaires sur cet article

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  • Alilou
    13 octobre 2011 at 0 h 50 min - Reply

    Liberons-nous d’abors de nos malfrats avant d’aller voir les Frenchies…la charue avant les boeufs




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  • El-Amel
    13 octobre 2011 at 14 h 36 min - Reply

    Il faut envoyer l’émissaire abadou voir le chef s’il est d’accord!
    Signez pour la libération du peuple algérien!




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  • HAMMANA
    13 octobre 2011 at 16 h 31 min - Reply

    Seul un gouvernement légitime pourrait faire aboutir un projet de cette envergure.Aucun appel ne sera entendu.Le gouvernement francais sait que tant que les généraux de la DRS sont là il n’a rien à craindre de ce coté là.C’est pourquoi ce sujet a été toujours occulté.Meme BOUMEDIENE n’a jamais soulevé cette question.Seuls les bénévoles s’agitent de temps à autre pour rappeler au monde cette tragédie.
    Ce n’est pas l’unique dossier qui fait depuis « l’indépendance »l’objet de black out.Il y la question des essais nucléaires au sahara et aussi le cas des déportés en nouvelle calédonie ou plusieurs centaines d’algériens y vivent depuis un siècle.
    Le dossier des massacres du 08 mai 1945 n’en a pas moins d’importance etc…sans oublier évidemment la tragédie nationale qui elle aussi est à inscrire à l’actif de la France vu le soutien qu’elle apporta à ses commanditaires.Les avoirs de nos officiels domiciliés dans les banques occidentales est aussi un dossier chaud.
    Mais avant de régler toutes ces questions il faut qu’un régime démocratiquement élu voit au préalable le jour afin que nous serions entendus sur la scéne internationale autrement ce serait comme donner un coup d’épée dans l’eau.L’émergence d’une direction politique nationaliste aura le double mérite de balayer ceux qui s’érigent en rempart contre tout projet incriminant la France et contraindra la communauté internationale à avoir plus de considération à notre égard.




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  • mohamed
    13 octobre 2011 at 16 h 45 min - Reply

    @Alilou, tu as raison. Je t’ approuve une fois de plus,Nous ne sommes pas dupes, c ‘est encore de la diversion, quand est ce qu’ on cessera de nous prendre pour des legumes?Liberez le peuple de l’ oppression maintenant puis ensuite faisons de l’ histoire.N ajoutez pas de la souffrance a la souffrance.




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  • SAID
    18 octobre 2011 at 22 h 23 min - Reply

    Le 17 octobre 1961 des algeriens sont sortis dans la rue pour exiger leur liberté: Papon en a tué 200.

    Le 5 octobre 1988 les algeriens sont sortis dans la rue pour exiger leur liberté : Chadli en a tué 600.

    En avril 2001, les algeriens sont sortis dans la rue pour exiger leur liberté : les gendarmes de Boutef ont en tué 127 jeunes à Tizi-ouzou.

    QUESTION: Quelle difference entre Papon, Chadli et Boutef ???

    Celui qui trouvera la réponse, l’enverra au ministere des « faux moudjahidines ».




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  • Congrès du Changement Démocratique