Édition du
28 March 2017

Le cinquantième anniversaire des massacres du 17 octobre 1961

La manifestation du 17 octobre 1961, à Paris, fut l’ultime preuve de la dureté du régime colonial. En effet, à l’appel de la Fédération de France du FLN, des milliers d’Algériens bravèrent, et ce au péril de leur vie, le couvre-feu discriminatoire décrété par le préfet de police, Maurice Papon. Bien que cet événement n’émeuve pas de nos jours les autorités françaises, en cette occasion du cinquantième anniversaire des événements sanglants de Paris, la cinéaste Yasmina Adi a réalisé un documentaire sur les bavures indescriptibles de la police parisienne. Son but est bien entendu de faire jaillir la vérité. Dans le même esprit, le collectif du 17 octobre 1961, réclamant justice et vérité, demande à ce que la France reconnaisse officiellement ces crimes commis en plein capitale de l’hexagone. Cela dit, ce qui distingue cet événement des autres massacres coloniaux c’est le fait qu’il s’est produit en métropole. Car la France coloniale n’était pas à un crime prés. En effet, son système de domination reposait sur la seule répression. Du coup, cette violence d’octobre 1961 ne vint pas ex nihilo. Jusqu’au cessez-le-feu, intervenu le 19 mars 1962, le régime colonial est resté fidèle à sa logique de domination. Dans cette période, les exemples de bévues furent légion. Celui du 17 octobre 1961 est un peu particulier. En effet, à cette date précise, de Gaulle reconnaissait tacitement le principe de l’indépendance de l’Algérie. Or la reconnaissance de l’indépendance ne voulait nullement dire l’abandon des privilèges. En effet, la négociation butait sur la question du Sahara. Certes, de Gaulle voulait l’indépendance de l’Algérie, mais uniquement dans sa partie nord. Pire encore, de Gaulle ne fut pas suivi dans sa démarche par les Français. D’autres responsables ne voulaient même pas entendre parler d’un choix pouvant laisser les Algériens libres face à leur destin. Par conséquent, le réflexe de réprimer toute revendication « indigène » était une constante dans l’esprit des dominateurs. Plusieurs exemples peuvent corroborer ce réflexe de réprimer à tout va. En effet, avant le déclenchement de la guerre d’Algérie, la police parisienne avait réprimé la manifestation du 14 juillet 1953, à la place de la République. Le bilan était lourd : 5 morts et 50 blessés, selon Benjamin STORA. Selon le même historien, 11 Algériens furent tués par balle lors des manifestations du 9 mars 1956 contre le vote des « pouvoirs spéciaux en Algérie ». Ainsi, on peut affirmer que le rapport de force était la seule politique envisagée par le système colonial.

Cependant, bien que la responsabilité des autorités coloniales ait été totale, cinquante ans après, la décision de la Fédération de France du FLN doit être débattue sans fard ni acrimonie. Pour lever toute équivoque, on sait aujourd’hui que le GPRA ne fut pas favorable à une telle action en plein Paris. Éloignée de France depuis 1958, après plusieurs démantèlements de son organisation, la Fédération de France du FLN s’est réfugiée en Allemagne. Au lendemain de la promulgation du décret du 5 octobre 1961, où Maurice Papon, soutenu par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Roger FREY, fixa le couvre-feu aux seuls Algériens de 20h30 jusqu’à 5h30 du matin, la Fédération se réunit à Cologne en vue de mettre en échec cette politique discriminatoire. « Pour la direction de la Fédération de France du FLN réunie à Cologne le 6 octobre 1961, plusieurs arguments plaident en faveur d’une manifestation de rue. Riposte aux mesures répressives du préfet Maurice Papon, certes mais également volonté de mobiliser un nombre important d’immigrés pour mieux montrer sa force dans la phase de négociation difficile engagée avec le gouvernement français », note Benjamin Stora. Ainsi, en mobilisant les émigrés, la Fédération de France du FLN a-t-elle sous-estimé la réaction des autorités françaises ? Car, de son côté, le GPRA n’a pas soutenu cette manifestation. Ce dernier croyait-il à l’imminence des accords de cessez-le-feu ? D’où la prudence du GPRA à propos de cette manifestation. Cependant, en appelant à une manifestation de rue, les dirigeants de la Fédération de France du FLN n’ont pas craint pour la vie de milliers d’humbles ouvriers. D’ailleurs, sans la manifestation de rue, les deux premières semaines d’octobre 1961 ont été terribles. En effet, 54 cadavres d’Algériens furent recensés par les services de l’institut médico-légal de Paris. Ainsi, bien avant le 17 octobre 1961, la Seine rejetait sans discontinu les corps inanimés d’Algériens. En représailles, les commandos du FLN tuèrent, à leur tour, des policiers. Pour l’année 1961, et ce avant la manifestation du 17 octobre, 22 policiers trouvèrent la mort. Hélas, en ignorant les coups tordus des partisans de l’Algérie française, le Général de Gaulle orienta sa politique répressive contre le FLN en France. Pour Youcef Girard : « Le président donne carte blanche à Maurice Papon pour interdire la manifestation et la disperser par tous les moyens. Le préfet peut dire à ses hommes : « Désormais, vous êtes couverts !» Les policiers ne se le font pas dire deux fois… » Le feu vert étant donné, les policiers attendirent les manifestants de pied ferme. Bien que les responsables de la Fédération de France du FLN aient insisté sur le caractère pacifique de la manifestation, les 7000 policiers avaient déjà des instructions pour « la disperser par tous les moyens ». Ainsi, ce 17 octobre 1961, vers 20h30, heure du début du couvre-feu, les 30000 Algériens furent accueillis par une police déchainée. « Le palais des Sports, où devait se tenir un concert de Ray Charles, est réquisitionné pour parquer les détenus. Des milliers d’Algériens sont placés en détention ou expulsés », écrit Benjamin Stora. Selon des sources dignes de foi, il y avait 11730 arrestations. Par ailleurs, bien que le bilan officiel fasse état de 2 morts, les historiens parlent de plus de 200 morts. « Les autorités françaises de l’époque ne reconnaissent que deux morts et soixante-quatre blessés. L’inspection générale estime officieusement, selon la revue Les Temps modernes, à cent quarante le nombre de tués », note encore Benjamin Stora. Mais ce chiffre est revu à la hausse après les différents recensements.

Pour conclure, il va de soi que la police française a agi selon la conception coloniale de « la répression collective ». Bien que le FLN ait répondu à la répression par l’assassinat de policiers, le régime colonial se contentait de réprimer tous ceux qui avaient la peau basanée. D’ailleurs, plusieurs Tunisiens et Marocains furent confondus avec les Algériens. Cette logique de punition collective fut, à plusieurs reprises, confirmée. Lors de l’enterrement d’un policier tué par le FLN, Maurice Papon ne dit-il pas que « Pour un coup reçu, nous en porterons dix ». Cela dit, il y eut évidemment des policiers qui n’étaient pas adeptes de la répression aveugle. Plus tard, plusieurs d’entre eux témoignèrent de l’atrocité du massacre. Mais ces voix restent encore inaudibles. En effet, cinquante ans après les faits, les autorités françaises nient encore l’ampleur des dégâts. En tout cas, selon Sarkozy, toute reconnaissance est équivalente à la repentance. Du coup, comment attendre de Sarkozy qu’il reconnaisse le massacre d’une journée, le 17 octobre en l’occurrence, alors que la guerre d’Algérie n’a été admise qu’en 1999 par le parlement français.

Boubekeur Ait Benali
16 octobre 2011


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13 Commentaires sur cet article

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  • abd el allah el muslim
    16 octobre 2011 at 21 h 01 min - Reply

    helas l’histoire a touours tendence a ce répéter.




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  • aquerado
    16 octobre 2011 at 22 h 23 min - Reply

    Salam,
    A la veille de l’aniversaire de cette horrible tragedie qui ressemble par certains faits aux massacres des protestants lors de la St Barthelemy je voudrai saluer la memoire de ces Algeriens(Allah irahmhoum) qui ont subis les foudres d’une police aveugle digne de la gestapo ou pire encore.Akhli Yahiaten en parle tres bien dans sa chanson connue internationalement El Menfi(exile) ou dans la deuxieme partie de sa chanson il parle de Vincennes(Val de Marne). Des milliers d’Algeriens ont ete parques pendant plusieurs jours sans boire ni manger dans cette ville ou ils ne recevaient comme unique ration que des coups de matraques. Je parlais un jour avec un representant du FLN, responsable de la securite a Paris a l’ epoque de ces massacres, et selon lui, son equipe avaient comptabilises plus de 600 morts sans compter les disparus dont les familles etaient en Algerie. Les evenements de Setif du 8 mai 1945 et ceux du 17 octobre 1961 qui etaient a l’origine deux manifestations pacifiques resteront les moments les plus sombres de l’histoire coloniale Francaise et auront pour consequence de faire basculer definitivement le coeur des Algeriens vers l’independance a tout prix. Venus par milliers liberer la France, ces Algeriens recolteront comme ultime recompense les massacres de Setif, du jamais vu dans le monde! pour vous dire le coeur noir qu’avaient ces pied noirs. Ce sera la goutte qui fera deborder le vase.Vous dites Mr Boubekeur comment attendre de sarkosi qu’il reconnaisse les massacres du 17 octobre 1967. Personnellement je ne m’attends pas a se qu’il les reconnaisse, pour moi il ne represente pas du tout la France car ses origines Hongroises et son amour pour l’israel planent toujours en lui. J’aime mieux que se soit la France profonde qu’il le fasse car beaucoup plus franche, on dit bien qu’il vaut mieux demander au bon DIEU qu’a ces « saints », non?




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  • djoundi
    17 octobre 2011 at 9 h 02 min - Reply

    A quand l’anniversaire des massacres de la décennie noire perpétrée par des algeriens sur leurs propres frères.




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  • IRIS SAMY
    17 octobre 2011 at 9 h 02 min - Reply

    17 octobre 1961- 17 octobre 2011
    50ème anniversaire

    Vérité et Justice

    Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre feu discriminatoire qui leur avait été imposé par Maurice Papon, Préfet de police de Paris. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police.
    50 ans après, la Vérité est en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées, – en particulier la Guerre d’Algérie – non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elles ont entraînés, comme ce crime d’Etat que constitue le 17 octobre 1961. Certains osent encore aujourd’hui continuer à parler des « bienfaits de la colonisation », célébrer le putsch des généraux à Alger contre la République et le pouvoir encourage les nostalgiques de l’Algérie Française et de l’OAS.

    La « Fondation pour la mémoire de la Guerre d’Algérie « , dotée de plus de 7 millions d’euros, créée en application de l’article 3 (dont l’abrogation est demandée sous sa forme actuelle) de la loi du 23 février 2005 vantant les « aspects positifs de la colonisation » est sous la coupe d’associations nostalgiques qui voudraient pouvoir exiger des historiens qu’ils se plient à la mémoire de « certains » témoins. Pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs homologue des deux rives de la Méditerranée. La vérité doit être dite sur l’organisation criminelle de l’OAS que certains, au sein même du parti du Président de la République, cherchent à réhabiliter. Ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la guerre d’Algérie, à savoir le racisme dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyens ou de ressortissants d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières.

    On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations. 50 ans après, il est temps :
    ■que les plus hautes Autorités de la République reconnaissent les massacres commis par la Police Parisienne le 17 octobre 1961 et les jours suivants, comme un crime d’Etat.
    ■que la Fondation pour la Mémoire de la guerre d’Algérie soit re-fondée sur des bases totalement différentes.
    que la liberté d’accès aux archives soit effective pour tous, historiens et citoyens.
    que la recherche historique sur ces questions soit encouragée, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant.
    http://ahfe.unblog.fr




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  • bouzid
    17 octobre 2011 at 13 h 24 min - Reply

    Personnellement si j’étais vivant en cette époque là, je ferai la même chose, Pour moi l’important c’est maintenant, qu’est ce qu’ils ont fait? en 1962 on beacoup lieux en matière économique que les pays suivants ; Corée du sud, l’espagne, la malaisie, l’indonisie, la chine, ‘argentine, le venuzuela,etc…
    ce qu’on est devenu? un pays avec un peuple analphabète qui ignore ses droits de ses obligations?? le hamasse le foule, le sandwitch algérois, et le mahchi etc…..au secours




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  • Larbi Anti-DRS
    17 octobre 2011 at 16 h 49 min - Reply

    Oui pour juger les criminels du 17 octobre 1961, du 8 mai 1945, de 1830, mais aussi ceux qui ont assassiner leurs “propre” peuple, ceux qui ont perpetuer des assassinations extra-judiciare sur les prisonniers de Berouaguia, Serkadji, Constantine. Ceux qui ont fait disparaitre plus de 30,000 Algeriens, ceux qui ont fait assassiner 250,000 Algeriens, ceux qui ont utiliser le napalm pour bruler la faune et la flore Algerienne, ceux qui ont fait de l’Algerie un pays a bazars et strictement importateurs. Cela la majorites d’eux sont encore vivants et vivent encore en parasites sur l’Algerie et les Algeriens.




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  • Nazim
    17 octobre 2011 at 20 h 30 min - Reply

    Maurice Papon est le préfet de Police qui a «officiellement» organisé le massacre. En bon fonctionnaire qu’il a toujours été, il a fidèlement exécuté les ordres venant de sa hiérarchie (de Gaulle et Gouvernement-Debré). Rattrapé par l’Histoire, il fut condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l’Humanité en raison du rôle qu’il a joué à un moment donné dans la… déportation de juifs.
    Concernant les ordres donnés de jeter des Algériens dans la Seine en octobre 1961, il ne fut jamais inquiété. De même, que jamais d’autres fonctionnaires, de militaires ou encore de policiers auteurs de tortures et d’exécutions massives en Algérie, n’ont été inquiétés. Mais, pourquoi le seraient-ils ? Après tout, ce n’étaient que des opérations de «rétablissement de l’ordre» somme toute routinières. Des opérations, certes souvent excessives et quelque peu sanglantes, mais qui n’ont pas leur place dans la Grande Histoire.
    À la rigueur, on pourrait considérer tout cela comme de petites histoires sur lesquels on s’est tous mis d’accord pour jeter dessus un voile opaque. À commencer par notre Front de «Liquidation» Nationale (Dr Sidhoum où êtes-vous ?), parce que ça éclabousserait trop de monde.
    Une chose est sure, c’est qu’un jour, l’Histoire (la vraie) finira par nous rattraper tous.

    Gloire à nos Martyrs.




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  • Akika
    18 octobre 2011 at 1 h 09 min - Reply

    Paris 17 octobre 61, les Algériens sont jetés dans la Seine.

    Ce jour-là, des Algériens, hommes, femmes et enfants manifestèrent pacifiquement contre un couvre-feu spécialement instauré pour eux. Ils en avaient assez des humiliations. Ils ne voulaient plus raser les murs pour ne pas attirer l’attention des xénophobes qui n’hésitaient pas à les désigner à la police. Dès le début de la guerre, les émigrés avaient exprimé une farouche détermination à participer à la libération du pays. N’oublions pas que le premier parti politique revendiquant l’indépendance du pays est né en France. Cette détermination, ils l’avaient exprimé le 17 octobre 1961 qui étonna le monde par l’ampleur des manifestations et le courage des émigrés. Oui, dans la ville lumière, ces étranges étrangers avaient osé braver la machine policière qui s’est déchaînée contre mondiale. Les bruits de la circulation couvraient les cris des manifestants pourchassés, matraqués. La pluie ce jour-là lavait les chaussées du sang des blessés et la Seine charriait durant des semaines les cadavres d’hommes ligotés et jetés dans le fleuve. Oui ce jour-là, la police française avait écrit une page d’histoire dégoulinant de honte et de sauvagerie. Mais ce jour-là aussi, des anonymes avaient porté secours et soigné les parias livrés aux soudards ivres de haine. Oui ce jour-là, des photographes et des journalistes français ont témoigné pour l’histoire par l’écrit et photos à l’appui. Ce jour-là, dans ce vieux pays cher à De Gaulle, une frontière départageait le peuple français. Il y avait, harnachés et armés les sbires de la police dont les bruits de bottes remplissaient les rues d’une lugubre musique. A leur passage, ils semaient la mort sous les applaudissements de culs terreux qui s’offusquaient que des gueux viennent perturber leurs frasques dans Paris by night. Heureusement d’autres Français éduqués par la musique du ‘’ temps des cerises’’ sauvèrent l’honneur du peuple français. . Le film ‘’ les chasseurs de la nuit dans la ville lumière’’ qui accompagne ce texte est une modeste participation à ces manifestations organisées un peu partout en France.
    Pendant tous le mois d’octobre, des manifestations sont organisées pour que la France reconnaisse ce crime d’Etat. Ces manifestations font partie des combats que mènent les descendants de cette émigration. Ces luttes poursuivent plusieurs objectifs, honorer la mémoire des martyrs victimes du bain de sang de Papon, lutter contre le cancer du racisme pour ne plus raser les murs comme au temps de la nuit coloniale, faire reconnaître ces exactions comme crime d’Etat. Je veux profiter de l’occasion qui m’est donné pour parler de ces enfants de mères françaises dont les pères algériens ont disparu ce jour maudit du 17 octobre 1961. Ne pas oublier ce passé avec ces drames collectifs et personnels, c’est une manière de s’armer pour comprendre les drames d’aujourd’hui. Bien des choses du présent se nourrissent de la violence des années de la guerre d’Algérie. Quand les banlieues sont en feu, c’est d’une certaine façon les cendres de la guerre d’Algérie encore chaudes qui sont à l’origine de ces incendies. Hier c’étaient les parents, aujourd’hui ce sont leurs enfants qui perpétuent la quête inlassable de la dignité. Combat titanesque et obscur ! Ces enfants sont d’ici et d’ailleurs. Ils ont construit dans leur tête un pont qui les relie en permanence à ces deux mondes. Mais cette identité écartelée ne sied pas à la pensée schématique des chauvins qui sévissent ici et là.
    . Le film ‘’ les chasseurs de la nuit dans la ville lumière’’ qui accompagne ce texte est une modeste participation à ces manifestations organisées un peu partout en France. A tous ceux qui pratiquent le déni de réalité, qu’ils sachent que ce comportement mène droit à l’hiver de la pensée.

    Lien du film sur Internet : http://youtu.be/IMjrgPboMj0

    Ali Akika cinéaste




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  • W A H I D
    18 octobre 2011 at 1 h 17 min - Reply
  • fhamtelmeqsoud
    18 octobre 2011 at 8 h 15 min - Reply

    l’histoire rattrape les criminels français, et un jour la vérité éclatera sur la mission civilisatrice de la france vis à vis des algériens.
    Tous les criminels seront rattrapés et seront bannis par les peuples.
    l’animal humain n’a pas encore évolué culturellement




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  • IRIS SAMY
    18 octobre 2011 at 9 h 13 min - Reply

    Révisionnisme historique à la sauce et nostalgique des ……… pro-MNA:

    On oublie rapidement de préciser que des milliers d’Algériens ont été victimes… des Algériens eux même, que ce soit pendant la guerre civile entre MNA et FLN, une stupide guerre de pouvoir pour savoir qui dirigera le mouvement révolutionnaire Algérien…

    On oublie de préciser que les Algériens qui osaient se rebeller ou ne soutenaient pas le FLN étaient menacé de mort et tué pour certains,des Harkis» pro-MNA qu’on imposait aux Algériens vivant en France un impôt pour financer l’organisation du MAN, ou encore :

    « L’emprise du MNA sur la communauté algérienne en France s’étend à certains domaines de la vie quotidienne. Par exemple, il prescrit le respect de la loi coranique et interdit la consommation d’alcool. Le recours aux tribunaux français est également prohibé. Les contrevenants peuvent être purement et simplement éliminés »

    Et encore :

    « depuis 1957, les services de la police ont dénombré 2124 attentats imputés au MAN. Dans la plupart des cas, il s’agit d’attentats visant des Algériens qui contreviennent d’une façon ou d’une autre à la loi du FLN. 1252 morts et 1291 blessés ont été enregistrés. »

    Et on s’étonne de la réaction des forces de l’ordre ? Des types à bout de nerf, hanter par les risques d’attentat, des dizaines de leurs collègues sont déjà morts et des dizaines d’autres blessés par le MNA

    Et lors de cette fameuse manifestation, enfin émeute, qui a tourné au drame, la faute à qui ? Au flics ? Oui et non, car qui a ordonné, obligé même, les Algériens à défilé avec femmes et enfants alors que le couvre-feu était décrété ? Le MAN, pour justement pousser à la faute les autorités Françaises qu’ils savaient à bout de nerf et opérant de plus en plus de représailles violentes à l’encontre d’Algérien supposé membre (avéré ou pas) du FLN.

    « La participation à la manifestation revêt un caractère obligatoire pour les populations contrôlées par le FLN »

    Et malheur à ceux qui osaient refuser…

    D’ailleurs qu’est-ce qui a déclenché cette sanglante répression des forces de l’ordre ? Les agitateurs du MNA qui ont tiré en l’air pour provoquer des policiers sous-tensions… Le résultat on le connait désormais, les fautes sont partagés, même si le FLN en est le principale facteur déclencheur.

    Rien n’excuse les actes des forces de l’ordre, mais de la a dédouaner entièrement le MNA qui a manipulé les Algériens vivant en France et causant eux même bien plus de morts Algériens que la police en 1961… Y’a une sacrée marge qu’évidement Rue89 et les bons gros gauchiasse ou pro-MAN se sont empressé de franchir.

    ps : Je précise, votre chiffre de quelques 300 manifestants tué est faux, car ce chiffre se rapporte sur TOUTE l’année 1961, pas juste cette seule nuit et ce chiffre est a partagé entre la police ET le FLN, trop de divergence d’ailleurs entres les historiens pour donner un chiffre plus ou moins exacte de cette seule nuit du 17 oct 1961, on parle d’une centaine de morts en automne 1961 autour de la période du 17, et ce chiffre est aussi à partagé entre victime de violence policière et du MNA.

    Bref hein, encore une histoire allègrement revisité sauce , assoc des …… pro-MNA j’en passe et des meilleurs…




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  • cottin
    20 octobre 2011 at 13 h 59 min - Reply

    toute action punitive aveugle et collective ne mène qu’à l’injustice. POur ce dit anniversaire ce sont les deux parties qui devraient s’excuser d’avoir fait couler tant de sang civil pour leurs causes politiques car les deux en ont sur les mains




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  • Vaduz
    27 octobre 2011 at 1 h 16 min - Reply

    Je recommande à vos lecteurs l’ouvrage qui vient d’être réédité :  » Les ratonnades d’octobre ». Par Michel Levine
    Editions Jean-Claude Gawsewitch 2011.

    En octobre 1961. A Paris, en pleine guerre d’Algérie, Maurice Papon, préfet de police et chef de la répression, instaure un couvre-feu pour les Algériens, citoyens français de seconde zone : chasse au faciès, interpellations systématiques, bouclages de quartiers, etc. Les conditions de vie deviennent infernales pour des milliers d’hommes et de femmes.
    En protestation contre ces mesures qui rappellent l’occupation nazie, le F.L.N. organise le 17 octobre une manifestation pacifique. Aussitôt, Papon « chauffe ses troupes ». La machine à tuer est en marche…On retrouvera des centaines de cadavres dans la Seine.
    Le crime commis, c’est le grand silence de la part des autorités et des médias, un mutisme absolu qui durera longtemps. Pour la première fois, on dévoile ce qui était ignoré de l’historiographie officielle ou soigneusement refoulé. L’auteur s’est livré à une véritable enquête, interrogeant victimes, avocats, témoins.
    Michel Levine revient sur cette période tragique de l’Histoire à l’occasion du 50e anniversaire des évènements d’octobre 1961.

    Michel Levine est historien des Droits de l’Homme. Il a notamment publié chez Fayard Affaires non classées (Archives inédites de la Ligue des Droits de l’Homme).




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  • Congrès du Changement Démocratique