Édition du
28 March 2017

Les services de sécurité dans La grâce du Seigneur.

HAMMANA Mahmoud, retraité.

La récente décision prise par le ministère de la défense nationale d’augmenter la solde des militaires à hauteur de 20 % applicable à compter du mois de novembre avec effet rétroactif au mois d’avril n’a rien d’étonnant. Elle s’inscrit dans le cadre des privilèges
socioprofessionnels reconnus à cette institution constitutionnellement au service de la nation mais virtuellement servant d’ossature au système pour etre l’outil de répression par excellence compte tenu de son parcours fait de zones d’ombre et ce,depuis l’indépendance. Un parcours qui en dit long sur la définition à laquelle elle répond en réalité au regard de ce qui est advenu après l’arret du processus électoral en 1992 et de la
tragédie nationale à propos de laquelle la présomption de culpabilité pèse sur l’autorité militaire en tant que principale commanditaire.

BOUKHAROUBA M ohammed,alias HOUARI Boumediene, ne manquait pas à chaque occasion de souligner la prédominance de l’armée en répétant: » Un Etat sans armée n’est pas un Etat ».Sans doute insinuait-il qu’elle demeure le principal garant de la pérennité du
régime qu’il batit sur l’ostracisme,la terreur et la répression.

Dans l’exposé des motifs tel que repris en substance par le quotidien progouvernemental « ECHOUROUK »,il ressort que: »pour que l’armée soit capable de remplir les missions qui lui sont dévolues(protections de nos frontières,lutte anti-terroriste), l’Etat se doit d’assurer à ses éléments autant de droits que leurs homologues dans les autres secteurs paramilitaires(douanes,protection civile,police nationale,gardes communaux).Pour rappel,le dernier agent de police perçoit une fois et demi le salaire d’un ingénieur d’Etat
à la suite de la révision de la grille des salaires qui a permit à chacun d’eux d’encaisser un rappel de cent millions de centimes.

Protéger les frontières contre qui? Contre Israel avec qui les rapports de nos gouvernants sont plus qu’amicaux?Absolument pas.
Contre les retombées de la jeune démocratie Tunisienne qui inciterait le peuple algérien à la révolte par l’effet de contagion du printemps arabe.

Quant au terrorisme que notre armée est sensée combattre,il s’agit de la version officielle de la réaction d’un peuple à qui on a confisqué le droit de décider librement de son avenir en choisissant souverainement ses représentants à travers des élections exemptées
de toutes fraudes qui font des revendications populaires »un acte terroriste » répréhensible au regard de l’arsenal des lois scélérates qui ont été votées à l’occasion par un système à
court d’alibis pour justifier ses dérives. Un terrorisme dont l’Etat à travers ses institutions est à la fois l’auteur du scénario et le metteur en scène.

A l’heure ou nos universitaires souffrent le martyr pour bénéficier d’un emploi stable après un parcours estudiantin de deux décennies (s’ils ont la chance de participer à un concours c’est mille candidats pour dix postes)le DGSN ,le général HAMEL a annoncé il y
a trois jours l’intention de son département de créer dix mille postes budgétaires au titre de l’exercice 2012 dans la perspective de renforcer le dispositif sécuritaire afin de rendre la machine policière déjà répressive plus performante afin de parer à l’éventualité d’un soulèvement populaire dévastateur issu de l’implosion d »‘une société en ébullition et dont le calvaire gagne chaque jour en apreté .
Pour l’observateur impartial,la démarche ainsi faite par l’autorité militaire de décider unilatéralement en dehors de toutes consultations gouvernementales est un nouveau défi jeté à Mr OUYAHIA qui,à défaut de pouvoir le relever,ne lui reste que narguer le maillon
le plus faible de la société: Les retraités dont il s’est servi des cotisations pour dédommager les familles victimes du terrorisme en puisant sans réserves dans les fonds du C N R.


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  • HAMMANA
    24 octobre 2011 at 23 h 44 min - Reply

    Le délai de 10 jours imparti par le chef du gouvernement à la commission ad hoc qui devait en principe s’occuper de l’adaptation des résolutions de la tripartite à la catégorie des retraités est largement dépassé sans qu’aucune mesure s’inscrivant dans ses prérogatives n’ a été prise par la commission en question.
    La volte face de Mr OUYAHIA d’exclure à la dernière minute les retraités des débats de la tripartite ne présage rien de bon.Les promesses vont bon train mais aucune action n’est perceptible dans ce cadre ni de la part du ministre de tutelle ni de celle du chef de l’exécutif.
    Les retraités par le canal de la FNTR prévoit un sit-in devant le siège de l’UGTA demain,le 25 octobre mais des mesures plus énergiques doivent etre arrétées parallèlement afin de contraindre les autorités à donner suite à nos doléances et faire en sorte à ce que les fonds du CNR ne soient plus utilisés à d’autres fins que pour celles pour lesquelles ils sont destinés..
    Maintenant que les ambitions du président de la république à propos de la plus grande mosquée d’afrique commencent à prendre forme,mes craintes s’accentuent conséquemment sur le risque de voir notre caisse devenir un second trésor public qui autorise le gouvernement à y puiser chaque fois qu’il se trouve en face d’une question d’envergure nationale comme ce fut le cas avec l’indeminsation dans le cadre de l’application de la concorde civile.




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